- Speaker #0
Français dans le monde.fr, la première plateforme multimédia d'aide à la mobilité internationale. Bienvenue sur notre podcast, je suis Gauthier Sey. Il s'agit le plaisir de vous présenter Alexandre Boué. Nous allons passer dix minutes sur une île du bout du monde.
- Speaker #1
Dix minutes, le podcast des Français dans le monde.
- Speaker #0
Je vous jure que c'est vrai, il est dans son hamac. Il a une vue splendide au pied d'un des trois cratères, d'un des trois volcans de l'île. Il est sur une île qui est à 14 000 km de la métropole. Et souvent, je parle des Français qui vivent en expatriation. Là-bas, il y en a 15. On va à un endroit assez inédit, un petit coin du Chili que pour autant tout le monde connaît. Bienvenue sur l'île de Pâques et bienvenue à Alexandre Boué sur l'antenne de Français dans le Monde.
- Speaker #2
Bonjour, ça va bien ?
- Speaker #0
Pas mal, t'es bien dans ton hamac ?
- Speaker #2
Super bien, la vie est belle, je regarde l'horizon, l'océan et je suis heureux.
- Speaker #0
Est-ce que tu vois la tour de Montparnasse depuis ton hamac ?
- Speaker #2
De très très loin, je vois cette petite tour un peu noire avec un ciel gris et là je vois que le soleil.
- Speaker #0
Un papa Picard, toi tu es originaire de Paris, 15ème, ça semble bien loin tout ça. Très jeune, dès que tu as 18 ans, tu vas devenir comme tu m'as dit un serial killer du PVT. C'est le fameux programme vacances-travail qui permet pour les plus jeunes de découvrir le monde avec des visas facilités. Toi très vite tu t'es dit mais ça c'est pour moi.
- Speaker #2
Exactement, j'ai profité, je ne sais pas si le fait d'avoir gardé des émissions un peu Nicolas Hulot ou autres qui m'ont ouvert un peu les yeux, et j'ai profité directement pour partir en Australie dès mes 18 ans. Et de là, en fait, comme on dit, je n'ai pas arrêté. Et quand on commence et qu'on profite, pourquoi dire non ?
- Speaker #0
Tu m'as dit quand j'étais en Australie, j'étais tout jeune. j'ai appris l'anglais et puis j'ai rencontré ça un endroit qui est très cosmopolite j'ai découvert un peu les choses vraies le monde tel qu'il est et éviter les images d'épinal exactement en fait je pense qu'on grandit en
- Speaker #2
France ou au moins je ne peux pas comparer parce que Paris ce n'est pas la France mais dans le sens de cette mentalité un petit peu parisienne J'avais peut-être beaucoup de stéréotypes, que ce soit sur nos frères, les Allemands ou autres. Et donc, en voyageant en Australie, j'ai commencé à apprendre l'anglais, car malheureusement, je n'ai pas réussi à l'apprendre en désistant d'école. Et j'ai découvert d'autres gens, d'autres mentalités. Et ça m'a vraiment ouvert les yeux sur plein de choses. Et ça m'a montré que le monde était très vaste et qu'il fallait en profiter. Et voilà.
- Speaker #0
Et bien, t'en profites puisque tu vas faire tes études au Canada. Tu pars pendant cinq ans. À Montréal, différent, on est dans un autre coin du monde, souvent on me dit que l'hiver est long, très très long, très très très long.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai. L'hiver fait mal. Il y a d'ailleurs une chanson au Québec qui raconte bien ça. Mais oui, la chaleur des gens, franchement, c'est juste incroyable. Je suis tombé amoureux des Québécois et même encore aujourd'hui, je pense que j'ai laissé une grande partie de mon cœur au Québec. Et ces cinq années universitaires ont été absolument incroyables. Et Montréal, c'est une ville cosmopolite. C'est vraiment, Ça vaut vraiment le coup. Donc, c'est à recommander. Et d'ailleurs, je pense que ça marche bien parce que depuis ce temps-là, il y a énormément de Français qui vont étudier. Il y a même un petit coin de Montréal qu'on appelle la petite France, un quartier où tous les Français sont réunis.
- Speaker #0
Un jour, tu vois qu'il y a un PVT au Chili. À part les champs dans les stades, tu ne connais pas bien, bien, bien le Chili. Tu te dis pourquoi pas et te vois là à Valparaiso pendant quatre mois. C'était un bon choix, visiblement.
- Speaker #2
Exactement, en fait je ne connaissais rien du tout du Chili, c'était vraiment très loin, caché derrière la cordillère, et je me suis dit pourquoi pas, je suis arrivé quelques semaines à Santiago, après c'était vite la grande ville, donc ça m'a rappelé un petit peu Paris, et j'ai décidé d'aller voir cette ville portuaire de Valparaiso, et de là j'ai découvert un peu la bohème portuaire de cette belle ville, et de fil en aiguille j'ai atterri sur l'île, et c'était vraiment un très bon choix, ça s'est fait vraiment un peu comme ça. On discutait avec une amie et on a vu qu'il cherchait des guides sur l'île de Pâques et j'ai dit pourquoi pas. Et de fil en aiguille, ça m'a amené sur cette île absolument magnifique. Et je suis subjugué d'avoir réussi à vivre.
- Speaker #0
Alors bah, on fait de la radio, moi là je suis en visio avec Alex pendant qu'on enregistre ce podcast, tu m'as fait la visite avec la caméra. Bon c'est pas mal, le décor est plutôt joli, tu poses les pieds sur l'île de Pâques en juin 2016, tu y es depuis. Avec une petite parenthèse Covid, faut dire que cette période a été difficile pour tout le monde, mais sur une île... En particulier, elle a été fermée pendant 28 mois, il n'y avait plus d'avions, il n'y avait plus de touristes. Tu n'es pas resté sur cette période, c'était difficile.
- Speaker #2
Oui, c'était un petit peu difficile, je suis resté 6 mois. Donc ce qui était super, c'est que la municipalité a offert du travail à tous les gens qui travaillaient dans le tourisme. Mais on travaillait pour payer le loyer, pour payer un petit peu les factures. Mais c'était assez difficile dans ces temps-là d'être loin de la famille et de ne pas savoir ce qui peut se passer. Il y avait beaucoup d'incertitudes. Et il y avait des avions à peu près tous les trois mois, comme ils appellent ça, des charters humanitaires. Et il y en avait un en décembre, juste avant Noël. Et j'ai dit, si je ne le prends pas, ce sera dans six mois. Et je me suis dit, pourquoi pas ? Je savais que j'allais rester en France quelques mois, mais je ne pensais pas que j'allais rester deux ans. Et j'ai été très content. J'ai beaucoup adoré. J'étais vraiment avec ma famille. J'ai connu mon neveu qui grandissait. Mais voilà. Après, Lille, par contre, je n'ai pas réussi à... à la sortir de ma tête et j'avais toujours cette idée, cette image des 15 mouailles alignées de l'océan derrière et je me suis dit non il faut que je revienne et je suis de retour depuis déjà presque deux ans.
- Speaker #0
Et bien Alex si tu veux bien faire le guide en français, tu parles en anglais, en espagnol et un peu en portugais aussi mais on va le faire en français ce sera plus simple, est-ce que tu peux me décrire un peu déjà le tourisme au Chili, on connaît souvent la Patagonie ou le désert ?
- Speaker #2
Oui, en fait, c'est ça, le Chili, c'est quand même assez connu sur le continent sud-américain. Il y a énormément de touristes. D'ailleurs, tous les touristes qui viennent sur l'île, avant, ils font ou la Patagonie ou Atacama ou peut-être ils vont aussi au Brésil, à Rio ou d'autres endroits. Mais c'est quand même un lieu assez important du tourisme chilien et c'est absolument incroyable. Donc, c'est une île quand même qui est coupée du continent, qui a cinq heures à peu près de vol. de Santiago, il n'y a qu'une ligne directe de cette compagnie Latam chilienne et il y a un avion par jour aujourd'hui, voire deux avions pendant l'été. Et donc à peu près 300 touristes arrivent chaque jour sur cette île. Et depuis le Covid, tous les touristes sont obligés de rentrer sur les parcs avec un guide. Et donc, ça fait le bonheur de tous, j'espère, des statues et de nous, et surtout aussi des touristes pour qu'ils partent avec une meilleure expérience.
- Speaker #0
Alors en effet, on va parler de ces statues, les fameux Moai. On a tous dans notre imaginaire l'idée qu'ils sont une quinzaine alignés côte à côte et qu'on les trouve sur cette magnifique île de Pâques. En vrai, tu m'as appris avant de lancer cet enregistrement que c'était des tombes déjà, des hommages aux ancêtres et qu'il y en avait plus de mille sur l'île.
- Speaker #2
Exactement. En fait, sur le livre, il y a à peu près 1000 Moai. Il n'y a pas très longtemps d'ailleurs, il y a eu malheureusement un feu dans la carrière des Moai. Ils ont encore trouvé un Moai à l'intérieur du cratère. Donc, vous avez à peu près 1000 statues. Donc, ces statues sont des Ahu, ce qu'on appelle Marae à Tahiti. Et donc, c'est ça, ces Moai, ces statues qui représentent des ancêtres sont souvent des tombes. Et c'est un peu la relation à l'ancêtre. qu'ont les Polynésiens et on le retrouve à peu près partout, on le retrouve surtout sur l'île, mais c'est quelque chose quand même qu'on retrouve en Polynésie. Donc il ne faut pas oublier en fait que Rapanui, le nom aujourd'hui officiel de l'île, donc le nom Polynésien, Rapanui ce sont les gens, Rapanui c'est le nom de l'île et Rapanui aussi c'est la langue, la langue Polynésienne qui existe sur cette île et donc elle fait partie vraiment de ce triangle Polynésien que vous avez avec Hawaï-Nord, et la Nouvelle-Zélande à l'est. Et donc, voilà, nous sommes la porte la plus éloignée à l'est de la Polynésie.
- Speaker #0
C'est moi ou la visite de ces statues en pleine nuit, ça doit être complètement magique ?
- Speaker #2
Alors, il y a exactement, en pleine nuit, il n'y a pas de pollution lumineuse. Et donc, en fait, c'est couvert d'étoiles et c'est absolument incroyable. Il y a aussi sur l'île ce qu'on appelle les stargazing, les tours des étoiles. Et c'est absolument incroyable de voir le contraste entre ces statues, l'ombre des statues et derrière la voie lactée. C'est vraiment très très très très beau.
- Speaker #0
Alors on va maintenant parler un peu des avantages et des inconvénients d'être sur une île. On a souvent les mêmes réflexions. Vivre sur une île, c'est vivre sur une île. Avec ces avantages qui sont pour vous la qualité de vie, un endroit qui est sûr en Chili, avec pour les fans de surf un océan magnifique, des températures agréables toute l'année. Mais à l'inverse, c'est un village et il faut aimer le fait d'être un peu coupé du monde.
- Speaker #2
Eh oui, malheureusement, tout n'est pas parfait. Mais bon, je pense que c'est la vie, c'est ça. Il y a des hauts et des bas où, comme on dit, la vie est comme un arc-en-ciel. Il faut des couleurs et de la pluie pour en apprécier les couleurs. Et donc, un petit village de 8000 habitants, tout le monde se connaît. Donc, si tu sors et malheureusement, tu fais la gueule. pour dire bonjour à tout le monde. C'est assez difficile. C'est plutôt sympa, ce n'est pas fait pour tout le monde, mais c'est assez jovial, c'est assez agréable. Par contre, on n'a pas tant de vie privée, mais c'est assez joyeux, donc moi j'aime bien.
- Speaker #0
Tu m'as dit que tout le monde se connaît.
- Speaker #2
Oui, exactement, on se connaît tous parce qu'il n'y a qu'un seul village, on a à peu près 8000 habitants. Dès que tu sors pour aller faire tes courses, pour aller à la banque ou autre, tu croises les mêmes personnes. Donc, il ne faut pas avoir d'ennemis. Je pense que le côté social... Il faut vraiment le développer et voilà, il faut apprendre à aimer, à dire bonjour tous les jours.
- Speaker #0
Tu as été professeur dans l'alliance française la plus isolée du monde, puisque sur cette île de Pâques, il y a une alliance française. Et tu m'as dit justement le fait d'avoir été prof quelque part sur cette île, dans la philosophie, tu as donné plutôt que tu as pris. Et c'est ce qui t'a donné un statut, ça plus guide, un statut d'honorabilité ?
- Speaker #2
Je pense que c'est vraiment aussi important pour le peuple ou pour les gens à Rapa Nui que les étrangers viennent et qu'ils apportent quelque chose. Il y a énormément de rapprochements avec la Polynésie française. D'ailleurs, avant le Covid, il y avait un avion hebdomadaire jusqu'à Tahiti. Il y avait énormément de contacts. Et même aussi dans l'histoire de Rapa Nui, il y a eu beaucoup de contacts avec la Polynésie française. Et donc, la langue française est très appréciée à Rapa Nui. Et... Pour vous dire la vérité, si l'île pouvait choisir, je pense qu'elle aimerait plus regarder à l'ouest vers la Polynésie que à l'est vers le Chili. Et donc, les gens aiment beaucoup la langue française. J'ai eu la chance d'atterrir. Donc, l'Alliance française m'a recruté comme professeur et j'ai pu enseigner pendant cinq ans le français. Et c'est ce qui m'a permis vraiment de connaître beaucoup plus de monde et, comme vous dites, de me faire un peu connaître comme professeur et d'apporter plus que de prendre sur cette île. magique.
- Speaker #0
Pour conclure, Paris, donc à 14 000 km de toi, est-ce que Paris, la France, les amis, la famille, est-ce que ça te manque parfois ? Est-ce que tu as un peu le blues ?
- Speaker #2
Je dirais, cet été, pour les JO, peut-être que j'y retournerai. Mais oui, la famille me manque, surtout le fait d'être présent pour voir grandir les neveux et les nièces. Mais autrement, je profite. tout simplement de la vie et de la chance que j'ai d'être ici, avec beaucoup d'humilité, de gratitude et je suis vraiment heureux de rentrer en France à chaque fois et aussi de recevoir donc je vous invite à visiter cette île, de recevoir les amis, la famille et de profiter vraiment de ce coin un petit peu mystérieux et idyllique
- Speaker #0
C'est moi ou tu vas faire la sieste maintenant ?
- Speaker #2
Exactement, ouais il ne faut pas trop travailler, on est quand même dans une île et la vie il faut aussi en profiter Merci.
- Speaker #0
je vais partir sur la pointe des pieds pour te laisser t'endormir avec le décor de rêve merci Alex merci à vous et à très bientôt sur cette île salut