- Speaker #0
Vous allez plonger au cœur d'une nouvelle histoire inspirante. Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent, qui vivent ou qui rentrent de mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j'ai le plaisir de passer 10 minutes avec Florence Chabert d'hier. Je la connais pas d'hier et pourtant on va découvrir aujourd'hui grâce à cette interview toute sa vie.
- Speaker #1
10 minutes Le podcast des Français dans le Monde.
- Speaker #2
françaisdanslemonde.fr
- Speaker #0
Je ne la connais pas d'hier, c'est quand même une belle petite blague pour commencer Floflo. Bonjour, bienvenue !
- Speaker #2
Merci beaucoup Gauthier, bravo !
- Speaker #0
On va expliquer aux auditeurs qu'on travaille ensemble depuis 4 années, depuis le début de la radio des Français dans le monde, parce que tu as créé, tu es la fondatrice de Expat Village, que j'avais besoin d'experts et qu'on s'est mis à travailler ensemble. Mais au final, tu rafles en 2025 le prix du grand public des trophées 2025 des Français au Royaume-Uni, signé par le Petit Journal. Et on décide de faire ton portrait aujourd'hui. J'ai appris plein de choses sur toi, dis donc.
- Speaker #2
Ça me croit, il était temps, il fallait que j'ai ce trophée pour que tu t'intéresses à moi, Gauthier !
- Speaker #0
Alors en l'occurrence, tu es formatrice interculturelle, et je pense que beaucoup d'auditeurs vont, notamment grâce à cette interview, mieux comprendre pourquoi tu travailles dans ce monde de l'interculturelle, parce que ton parcours t'a toujours mené à découvrir la vie des autres, rencontrer, partager, et puis dans des trucs cools ou moins cools, on va le raconter, ça te va ?
- Speaker #2
Exactement, avec grand plaisir.
- Speaker #0
Alors au moment où on se parle, tu es à Londres, c'est une ville qui est revenue plusieurs fois dans ton parcours, mais il faut le savoir que tu es originaire du Sri Lanka, tu as été adoptée par tes parents, maman est italienne, papa est français, alors là on peut faire de l'interculturel, déjà la première semaine de vie, tu as déjà tout ce qu'il faut toi.
- Speaker #2
Je suis tombée dedans quand j'étais petite, c'est sûr.
- Speaker #0
Alors on embrasse tes parents, tu as grandi du coup à Lyon et assez vite tu as travaillé en école internationale et donc être en contact avec les langues, le français, l'anglais, l'espagnol, tu comprends l'italien, tu parles un peu l'arabe. C'était des armes pour te lancer dans cette vie de formatrice interculturelle ?
- Speaker #2
Alors je ne sais pas si ce sont des armes, c'est surtout que je suis nulle en maths. C'est un fait avéré, mes filles me le rappellent au quotidien. C'est surtout que je crois que j'ai toujours eu cette appétence pour les différentes cultures. Et pour moi, ça passe aussi par la langue.
- Speaker #0
Alors tu vas, il y a quelques années, faire une recherche sur tes origines. Tu sais que tu as été adopté depuis le Sri Lanka. Et en fait, en faisant la recherche, tu découvres que tu es issu d'un trafic d'enfants.
- Speaker #2
Exactement. Alors c'est une de mes amies, on était en Arabie Saoudite à l'époque, qui me dit « Regarde l'émission spéciale « Les enfants volés du Sri Lanka » . » Puis j'étais en plein déménagement et comme on le sait tous, les déménagements, on a autre chose à faire. Et puis quand je suis arrivée à Manchester, je me suis dit « Tiens, si je regardais cette petite émission, je vous invite à regarder qui est très bien faite. » Et c'est là où je me suis dit « Ah, il y a peut-être un couac. » Et quand on devient maman, on transmet aussi. Et donc c'est là où on a d'autres questions identitaires. Et cette question identitaire de savoir d'où je venais a un peu éclos. Et c'est comme ça que je suis partie à la recherche de mes origines.
- Speaker #0
Et résultat, aujourd'hui, dans ton travail, la recherche d'identité, tu comprends bien ce que c'est.
- Speaker #2
Exactement. Parce qu'en fait, en faisant référence, comme tu disais, à ce trafic d'enfants, ce que j'ai appris, c'est que même si on ne sait pas d'où on vient, parce qu'aujourd'hui, je sais que je ne saurais jamais d'où je viens à cause de ce trafic, eh bien, ça nous aide à construire quand même notre identité. Ça fait partie de nous. Et ça nous permet de savoir où on va.
- Speaker #0
On revient sur ton parcours, tu vas faire de nombreux séjours linguistiques avec des vraies immersions. Tu vas vivre ça en Angleterre, d'ailleurs tu es toujours en contact avec la famille qui t'avait reçu à l'époque.
- Speaker #2
Et oui, et ce qui est assez drôle, et comme le hasard n'existe pas, elle habite à 20 minutes de chez moi.
- Speaker #0
C'est incroyable. Tu vas aussi vivre à Madrid, Düsseldorf, et puis revenir faire un centre franco-américain de management à Lyon. tu voulais faire du marketing et du management interculturel, parfait. Tu vas même aller faire ton master à New York. C'est ta première vie à l'étranger, en solo, une longue période. Nous voilà en 2005. Et tu choisis New York parce que, de base, t'es fan de Sex and the City. Et cette ville te fascine.
- Speaker #2
On ne peut rien te cacher. Non, mais je crois que c'est important d'avoir des rêves quand on est jeune. Et quand on a un coup de cœur, c'est ce que je te disais, Je crois qu'il faut se donner... le moyen de réaliser nos ambitions, nos rêves. Et New York, c'était le premier pays dans lequel je voulais habiter.
- Speaker #0
Florence, rappelle-moi, s'il te plaît, ce que tu ressens le premier jour où tu es en plein cœur de Manhattan, que tu lèves les yeux, que tu vois les grattes ciel. À l'époque, il y avait les Twin Towers. Encore d'ailleurs, non, plus.
- Speaker #2
Non, plus. Il y avait un gros trou à côté de mon université. Mais oui, oui. Mais je les avais vus les Twin Towers parce que j'avais fait un voyage à New York avec mes parents justement et déjà j'avais eu un énorme coup de cœur. Eh bien, on se dit que tout est possible. Je crois que j'aime bien habiter dans des villes où on se dit que rien n'est impossible. Dubaï, c'est exactement ça, la ville qui est sortie du désert. de J'aime bien avoir des atmosphères qui nous portent.
- Speaker #0
Et tu vas vivre aussi une aventure en Australie, alors là c'est un pays qui me fascine. Je le trouve en même temps très beau et extrêmement dangereux avec tous ces animaux et cette flore. C'est un pays qui me fait un peu peur aussi. C'est quoi tes souvenirs d'Australie ?
- Speaker #2
Alors je vais te réconforter Gauthier, j'ai une énorme phobie des serpents. Et à l'époque on était jeunes et fous donc on avait pris un van, on avait travaillé pendant une certaine période et après on avait... l'occasion de partir en road trip en backpacker comme on dit je n'ai jamais vu une seule araignée et un seul serpent donc tu peux y aller les yeux fermés les oiseaux ils te piquent la tête
- Speaker #0
J'ai déjà regardé des documentaires parce que c'est vrai que je suis très attiré par l'océanie mais alors moins par les animaux qui y vivent en fait voilà tout simplement non mais quand tu vas tomber devant un petit koala
- Speaker #2
Sur son eucalyptus et puis un petit kangourou avec son bébé dans la poche, tu vas prendre... Un kangourou,
- Speaker #0
t'as vu quand il se lève et qu'il sort ses muscles, c'est effrayant !
- Speaker #2
T'as vu, je fais pas 1m80, j'ai pas eu peur !
- Speaker #0
Tu vas vivre aussi en Suisse, et tu l'as dit, au Moyen-Orient, des univers très différents. C'était pour tester l'interculturel, de vivre dans des endroits si différents dans le monde ?
- Speaker #2
Et c'est surtout pour s'enrichir de toutes ces cultures différentes.
- Speaker #0
On sort comment de ces expériences ? On est différent que si on était resté à Lyon en famille ?
- Speaker #2
Je pense que la réponse est dans le fait que j'ai créé cet outil qui s'appelle le burger de l'identité et qui permet de comprendre qu'au fur et à mesure des expériences qu'on vit à l'international, on rajoute des ingrédients dans notre burger et ce qui nous permet de créer notre identité. Donc on prend ce qui nous parle, nos valeurs, comment développer son intelligence culturelle, comment est-ce qu'on répond à nos besoins. Et au fur et à mesure, on devient, comme je dis en anglais, il fallait quand même que je mette un petit mot en anglais.
- Speaker #0
Elle va nous dire des mots en anglais, je vous préviens, chers auditeurs.
- Speaker #2
Un juicy burger, et c'est comme ça qu'on se rend compte que chaque expérience, qu'elle soit bonne ou plus difficile, on arrive à se construire, et c'est ce qu'il y a de plus important quand on vit à l'étranger.
- Speaker #0
Sur la radio des français dans le monde on est en plein cadre d'un dossier sur les ados et l'expatriation pour les parents qui nous écoutent, pour les plus jeunes qui nous écoutent ça peut faire peur d'aller en solo à l'étranger, est-ce que tu penses, est-ce que tu préconises cette expérience ?
- Speaker #2
Elle est vitale, c'est vital de partir découvrir le monde pour se créer le sien, vraiment de faire de découvrir en fait qui nous sommes en développant notre global mindset, donc notre état d'esprit. Et l'état d'esprit, je suis aussi praticienne en brain gym, donc tout ce qui est neurosciences. Et quand on comprend comment fonctionne notre cerveau, notre corps, eh bien on est à même de pouvoir communiquer avec les autres beaucoup plus facilement. Et donc une expérience à l'étranger, ça nous permet de pouvoir se retrouver dans des situations insolites qui nous font grandir, donc foncer. Et il ne faut pas attendre forcément le post-bac, comme je l'ai fait moi quand j'étais petite, j'ai commencé à partir à 7-8 ans, alors c'était sur 3 semaines et après ça s'est rallongé, mais c'est très important de se donner les moyens de le faire.
- Speaker #0
Côté vie privée, tu as rencontré ton mari, il y a 3 filles qui sont nées de cette union, des enfants de 3ème culture puisqu'ils n'ont jamais vécu en France. Alors c'est ablusant, c'est que 2 sont dans le système anglais et 2 et 1 dans le système français. Ce n'est pas la même chose pour tout le monde parce que les enfants sont différents ?
- Speaker #2
Exactement. Alors déjà, elles sont dubaillottes. Et selon les pays dans lesquels on vit, on n'a pas forcément de lycée français. Il faut quand même le savoir. Donc parfois, c'est par choix. Parfois, c'est par obligation. Et puis effectivement, je pense qu'il faut être à l'écoute de son enfant. Donc notre première est un petit peu plus scolaire. Et donc le lycée français lui va très bien. Et les deux autres, elles préféraient être en système anglais. et donc du coup je pense que c'est important d'écouter ces enfants
- Speaker #0
Tu es loin de la France depuis 20 ans quel regard tu portes sur la France et les Français qui sont un peu ras leur on est sur l'interculturel je fais appel à tes compétences parce que c'est finalement un beau pays c'est ce que beaucoup de Français de l'étranger me disent au micro de la radio mais
- Speaker #2
qu'on ne s'en rend peut-être pas forcément compte qu'on a autant de chance Gauthier tu sais que ma mission c'est que tu sois bilingue à un moment donné Yes absolument Merci. Je formais encore quelqu'un qui est arrivé à Paris ce matin et qui me dit Je ne comprends pas pourquoi les Français ne parlent pas en anglais. Et donc c'est vraiment aussi ma mission à travers le village de faire en sorte que tout le monde puisse avoir cette ouverture d'esprit. La France est un pays merveilleux. J'ai eu des problèmes de santé récemment, comme tu le sais. Et du coup, on ne se rend pas forcément compte du système de santé qu'il y a en France. Alors tout le monde grinche, tout le monde dit c'est nul, etc. Mais je peux vous dire que j'en ai fait quand même dans pas mal de pays. Eh bien on est quand même bien en France pour se faire soigner.
- Speaker #0
Alors le partenariat entre Expat Village et la Radio des Français dans le monde, tu as vu la radio à ses tout débuts.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
On a 3 millions d'auditeurs, on va vers les 4 millions d'auditeurs mensuels maintenant. Un petit mot justement sur ce village, sur l'idée de mettre à disposition des experts, des compétences, des savoir-faire pour les Français qui vivent la mobilité internationale.
- Speaker #2
Alors déjà ce qui est... Ce qui est génial, c'est que tous nos villageois ont accès à la radio des Français dans le monde. Ça, c'est bien. Et c'est primordial parce qu'en fait, en expat, on se sent quand même seul. On le voit, les langues commencent à se délier. Mais ce qui est important, c'est de ne jamais rester seul. Et c'est ça qui m'a vraiment porté en créant Expat Village. C'est de trouver des solutions pour tous les expatriés, peu importe l'endroit où ils se trouvent.
- Speaker #0
Très bien. Et donc du coup, la radio qui n'existait pas avant, il y a 4 ans, elle est utile dans le quotidien des Français qui vivent à l'étranger ?
- Speaker #2
Complètement, bien sûr, parce qu'entre la radio et le petit journal, on arrive à vivre notre expatriation tout en ayant encore des nouvelles de la France.
- Speaker #0
Absolument. Justement, un mot sur le petit journal et ce trophée, quand tu le rafles, toutes ces années de travail, toutes ces rencontres, toutes ces réunions, tous ces coachings, ça fait plaisir.
- Speaker #2
Ça fait plaisir, c'est une très belle reconnaissance. L'équipe du Petit Journal est formidable et je la salue. On a été reçus dans un endroit absolument merveilleux. On avait eu la chance en septembre dernier de faire notre événement Expat Village à l'Institut français à Londres, un peu on stage. Un peu comme les Grammy Awards, donc vraiment dingue. Et là, j'aurai la chance d'être au mois de mars pour les trophées. Et j'espère qu'on va se voir pour la première fois. Et ça aussi, la beauté de l'expat.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on ne s'est pas vu encore. Ça, c'est quand même incroyable. Par contre, on a beaucoup travaillé ensemble depuis 4 ans. Et alors, malgré en effet tes problèmes de santé récents, tu as toujours le sourire, tu as toujours la pêche, tu es toujours optimiste. Ça vient d'où ?
- Speaker #2
C'est le mindset, je pense. Et beaucoup de Nutella. C'est ça, mon secret.
- Speaker #0
En tout cas,
- Speaker #2
un grand merci. Et puis, si vous avez besoin pour répondre à ta question, on va faire un webinaire justement le 6 février avec le Petit Journal. J'allais en parler. Donc, voilà. Si vous avez besoin de tips and tricks pour vos jeunes dans cette période de parcours sup et puis d'orientation, on espère vous apporter bon nombre de solutions avec Hervé.
- Speaker #0
Dans le lien de ce podcast, on va mettre une URL pour avoir plus d'informations sur cet événement.
- Speaker #2
En espérant que vous soyez tous inscrits exactement.
- Speaker #0
Eh bien Florence, merci pour ce podcast sur la radio des Français dans le monde. On va tous découvrir une Florence très différente. Je suis sûr que tu auras plein de retours suite à la diffusion de ce podcast.
- Speaker #2
Merci beaucoup Gauthier. Je crois que c'est important d'être transparent. Et puis voilà, il y a des hauts et des bas en expat et c'est important de partager les deux.