- Speaker #0
10 minutes, le podcast des Français dans le Monde.
- Speaker #1
françaisdanslemonde.fr
- Speaker #0
Aujourd'hui, je vous avoue que le thème, il n'est pas facile à aborder, mais on tenait à le faire avec Isabelle Thinet, qui est avec nous par téléphone depuis Nantes. Bonjour Isabelle. Bonjour Dapier. Je salue ExpatPro, qui nous a mis en relation. C'est vrai que quand on parle divorce et expatriation, t'es un peu la star des réseaux.
- Speaker #2
Oui, c'est un grand mot. Merci tout d'abord à Expatro, Catherine Martel, qui nous a remis en contact. Oui, effectivement, moi j'ai créé un groupe Facebook en novembre 2016, suite à ma séparation après l'expatriation. Pourquoi je l'ai créé ? Parce que moi j'étais en France, donc j'étais déjà rentrée depuis janvier 2015. Et puis j'étais dans la problématique du choc culturel inversé et puis de ma séparation qui était suite à mon expatriation. Et je ne trouvais nulle part d'article, de lieu où je pouvais en parler. Peut-être double problématique. Et puis de la même manière que j'avais créé le groupe Expat Nana Back to France en 2014, avant même de rentrer à Nantes, je me suis dit, j'ai besoin de... De dire ce que j'avais sur le cœur, de partager, et puis ça fait boule de neige. Le groupe a fêté ses 5 ans en novembre dernier, et il y a actuellement 957 femmes dans le groupe, des femmes françaises en instant de séparation, et elles sont dans le monde entier en fait.
- Speaker #0
Alors, toi tu étais à Singapour, tu as connu cette expérience, et il s'avère qu'actuellement c'est vrai, on est un peu démunis face à cette face à cette situation. On ne sait pas vers quelles structures se tourner. L'État lui-même n'a pas trop la réponse juridique. Quand tu te tournes vers les structures en place actuellement, il y a un petit flou, un petit problème à régler.
- Speaker #2
Il y a un petit problème à régler. À l'heure actuelle, il n'y a pas de réponse officielle. Il n'y a pas d'association. Moi j'administre le groupe de façon bénévole et ça répond à un grand besoin, un besoin d'informations juridiques, sociales, psychologiques, familiales, un besoin économique aussi. Il y a des situations très compliquées, très complexes et il y a des situations de violences conjugales. Donc voilà, j'essaye d'alerter de toutes les manières possibles qu'il y a vraiment un gros problème. moi je suis un... Je suis bien souvent la première personne à qui ces femmes peuvent parler de situations très difficiles. Quand je dis difficiles, on va vraiment dans des situations de violences conjugales, de violences des coups, de violences psychologiques. Et après, à l'étranger, moi je renvoie les femmes vers effectivement le service social des consulats. vers le consul, vers monsieur l'ambassadeur. Il n'y a pas de petit 1, petit 2. Je donne toutes les possibilités qui sont possibles. Je les renvoie vers les représentants des Français d'étrangers qui, eux, sont des personnes à part du consulat. Je dis ça parce qu'on ne sait pas trop comment les positionner. Ils peuvent aider, ils peuvent agir. Il y a France Victime. Une association qui peut aider les personnes qui ont des difficultés. Il y a un annuaire qui regroupe tous les lieux dédiés aux victimes. Vous pouvez le trouver, je vous mettrai le lien. Après, c'est quand on rentre en France. Bien évidemment, c'est passé par un avocat, mais est-ce qu'on passe un avocat local ? On passe à un avocat qui est français. Ça, c'est toute la difficulté. Est-ce qu'on est marié ? Est-ce qu'on est paxé ? Où sont les enfants ? Donc ça, c'est vraiment demander de l'aide à un avocat. C'est très complexe. Et le retour en France, c'est ne pas rester seul, en fait, avec la problématique du choc culturel inversé, parce que ce n'est pas rien. Et la problématique, je rentre en France au bout de tant d'années, j'ai perdu le contact avec la France, tout ce qui est administratif, association, professionnel, et tout ce qu'il y a autour d'un retour. Donc c'est pour les mamans, et pour les papas aussi, moi je parle de femmes, parce que mon groupe est essentiellement de femmes, mais j'ai des papas qui sont en difficulté, s'il y a 957 femmes, c'est Il y a majorité, il y a des papas derrière et il y a des papas qui me contactent aussi. Donc, c'est tout d'abord contacter la CAF. Ça, c'est s'inscrire à la CAF. Vous pouvez avoir la CAF avec toutes les aides possibles qui existent. Ils ont une newsletter et là, suivant les départements et suivant les villes, il y a des choses, des réunions de mise en place. Par exemple, je sais que le samedi, il y a des réunions à Nantes. Il y a des réunions pour les parents solos. Voilà, c'est contacter une assistante sociale qui pourra vous aider sur plein de thèmes, justement les enfants, le logement, votre profession. Contactez le CIDF, le Centre de la formation des droits des femmes et de la famille. Là, il y a des centres un peu partout en France. Eux, ils aident au niveau de l'aide au logement, de la formation, du travail, d'avoir une aide juridique, une aide psychologique. Ça va dépendre un peu de ce que propose le centre. C'est gratuit, vous pouvez prendre rendez-vous par téléphone. Avec le Covid, avec le confinement, le rendez-vous a dû se faire en ligne. Contactez la mairie via le service social, le CCAS, le Centre Communal d'Action Sociale, qui eux, ils peuvent effectivement donner des aides ponctuelles, aider à trouver un logement. Il y a tout ce qu'au niveau juridique. Donc là, ça va dépendre de la ville. Contactez la maison des avocats. Contactez Solidarité Femmes, qui peuvent vous envoyer une liste d'avocats. Le 39-19.
- Speaker #0
Qui ne marche que quand on est en France, celui-là.
- Speaker #2
Qui ne marche que quand on est en France, effectivement. Et voilà, je renvoie aussi à France Victime. France Victime, il y a un numéro européen et il y a un numéro international. Il y a la maison de justice et du droit, les MJD. À Paris, ça dépend vraiment des villes, les points d'accès au droit. Et après, tout ce qui est lien social, c'est venir vers les centres socioculturels. C'est aussi bien, ce que je dis, c'est prendre du temps pour soi en tant que maman. et aussi pour les enfants, pour ne pas rester dans sa propre bulle, isolée, avec sa propre problématique entre soi. Il faut vraiment casser cette bulle, progressivement, il y aura beaucoup de bienveillance et d'amour de soi. Il y a toutes les associations de parents solos, là il y en a de plus en plus, on entend, comme il y avait quand même 85% des familles monoparentales et c'est des mamans solos. Il y a notamment l'association Moi et mes enfants sur Paris, qui propose plein d'activités avec les parents, avec les parents-enfants ou sans les enfants. Il y a tous les lieux accueils par enfant. Donc là, il y en a partout en France. C'est du soutien à la parentalité. Moi, je suis à Nantes, je suis présidente de l'association MiloFamille. On fait du soutien à la parentalité. Il y a un lieu accueil par enfant. Et puis à côté, il y a plein de réunions sur l'épuisement parental. Vraiment ne pas passer peur. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. La situation est déjà très difficile. Si en plus on s'isole, c'est une période de retour en France où déjà tout est à reconstruire. Il y a ça en plus. On peut avoir l'impression que c'est insurmontable. Donc, il faut un petit coup de main. Le message principal peut-être, c'est de se tourner vers des gens bienveillants qui vont pouvoir... en tout cas vous donner un petit conseil et éviter l'isolement qui est la pire des situations. Là, on est dans les cas les mieux, c'est-à-dire que la personne a pu rentrer quand même en France. On rappelait, quand on a préparé cette interview, qu'il y a quand même des situations extrêmement difficiles dans le cadre même de l'expatriation, avec un conjoint qui a retenu le passeport, par exemple, avec ce conjoint qui ne peut pas rentrer. Enfin, il y a des cas, tu as vu, des cas qui étaient extrêmement critiques.
- Speaker #2
C'était extrêmement critique, donc ne pas hésiter de passer par le consulat, l'ambassade, le représentant des Français d'étrangers, le député qui est responsable de votre circonscription, qui est responsable du pays, et contacter France JQI, ne pas hésiter. J'insiste là-dessus parce que ça peut être très compliqué, notamment pour les femmes dont les conjoints sont des diplomates. des militaires, des postes haut placés, parce qu'elles sont dans l'incapacité, dans l'impossibilité de pouvoir en parler assez librement. Moi, j'ai eu des cas concrets, donc c'est passé effectivement par les députés. Et de se dire qu'il y a toujours une solution. Donc oui, pour le passeport, il y a des solutions. Dans tous les cas, personne n'a le droit de vous retenir dans un pays par quelconque moyen. donc il y a effectivement de ne pas hésiter à s'adresser aux associations, aux institutions qui peuvent aider il y a l'association France Horizon qui peut aider en cas de rapatriement, c'est passé effectivement par le consul il y a tout un protocole à suivre on a donné plusieurs pistes,
- Speaker #0
il y a plusieurs choses faisables que vous soyez encore en expatriation ou que vous rentrez en France Vous pouvez aussi contacter Isabelle via son groupe pour peut-être avoir le bon contact, la bonne personne à l'endroit où vous êtes. Merci beaucoup Isabelle, ça ne doit pas être facile, facile tous les jours. Tu dois vivre parfois des moments extrêmement douloureux.
- Speaker #2
Oui, ce n'est pas facile tous les jours. C'est pour ça que je suis éducatrice de jeunes enfants, travailleur social depuis une vingtaine d'années. Je sais que je ne dois pas rester seule. Il y a beaucoup de travail entre professionnels. J'ai la chance d'avoir un bon réseau de professionnels qui m'accompagnent et qui me soutiennent sur cette problématique. Et j'encourage les associations. Il y a plein d'associations d'aide aux Français d'étrangers de s'accompagner de professionnels, parce qu'eux aussi sont en difficulté, sont démunis face à des situations difficiles. J'encourage aussi les représentants des Français et de l'étranger qui me soutiennent aussi dans ces problématiques, parce que j'ai bien souvent affaire à eux de dire, voilà, là, il y a une situation difficile, comment vous pouvez m'aider, comment eux, je peux les aider. Donc, c'est un travail de partenariat et voilà. Après, voilà, c'est tous les groupes d'anciens expatriés. Ça, il y en a énormément depuis 2015. J'ai le mien à Nantes, mais il y en a plein à Paris, toutes les grandes villes.
- Speaker #0
Merci beaucoup. En tout cas, le message est passé. Ne restez pas saines dans cette situation. C'est vraiment le sujet principal. Merci d'avoir été avec nous, Isabelle, sur cette antenne.
- Speaker #2
Merci, Gauthier.
- Speaker #3
On s'étend le monde.