- Speaker #0
Sans réserve, le podcast qui lève toutes les réserves.
- Speaker #1
Sans réserve et pas une de plus.
- Speaker #0
Chères auditrices, chers auditeurs, bonjour. J'espère que vous allez bien en ces temps ensoleillés. Avec Nicolas, nous sommes très heureux de vous retrouver aujourd'hui pour notre tout premier épisode Sans réserve. Nous avons le plaisir d'accueillir notre ancien responsable pédagogique, mais aussi notre collègue et ami, Dr Bouba Kensek, maître de conférence sur les thématiques de la transition digitale. et énergétique du bâtiment à l'école polytechnique de Thiès au Sénégal. Il est spécialisé en génie civil, BIM et maquettes numériques, ainsi qu'en management de projets de construction. Dans cet épisode, on va parler recherche, matériaux biosossés, BIM et bien d'autres thématiques encore. Sans oublier la réserve à lever à la fin de l'épisode. Bienvenue et bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, on se retrouve pour notre nouvel épisode de podcast et on accueille un nouvel invité. Boubacar,
- Speaker #0
bonjour. Bonjour Boubacar et bienvenue dans Sans-Réserves.
- Speaker #1
Donc Boubacar, aujourd'hui tu vas pouvoir nous parler un peu plus de toi, de ton parcours. Qu'est-ce que tu as réalisé ? D'où tu proviens ? Quels ont été les débuts ? Et globalement, comment es-tu en arrivé là où tu es aujourd'hui ?
- Speaker #2
Je vais essayer tout d'abord de recontextualiser en fait. Parce qu'il y a un concept, il y a quelque chose qui est ancré en moi. Avant de conceptualiser, il faut contextualiser. Moi je m'appelle Boubacar Seck. Je suis actuellement enseignant-chercheur à l'école polytechnique de Thiès et également directeur d'une entreprise qui s'appelle Senn Smart Concept. Je suis arrivé en France en 2008 après avoir obtenu mon bac S1, série scientifique, donc avec deux majeures.
- Speaker #1
Initialement tu étais d'où ?
- Speaker #2
Initialement j'étais au Sénégal, c'est là où j'ai fait toute ma formation, élémentaire, collège. Je suis lycé dans une ville qui s'appelle Barnier, je suis fier, je viens d'une ville qui s'appelle Barnier, qui est à côté d'une côte, avec une belle vue sur la plage et tout.
- Speaker #1
Un cadre assez agréable quand même.
- Speaker #2
Un cadre assez agréable.
- Speaker #0
Et nous prévevez vos bacs arts.
- Speaker #2
Oui, mais par contre, cette ville est agressée de partout par des industries qui sont présentes, je reviendrai là-dessus, certainement là-dessus. Mais après l'obtention de mon bac en 2008, je suis arrivé en France pour faire ma formation dans la partie supérieure. D'accord. Et de ce fait, sur cette partie supérieure-là, j'ai fréquenté l'université Pierre-Marie Curie où j'ai obtenu ma licence en mécanique et en mathématiques. Donc, j'ai fait un double parcours, licence Math-Méca à l'université Pierre-Marie Curie. Donc,
- Speaker #1
très scientifique. Très scientifique, c'est ça. C'est quelque chose qui a été relativement... C'est des notions que tu arrivais à comprendre facilement ? Tu as un profil scientifique de base ? Oui,
- Speaker #2
j'ai un profil scientifique de base. Je suis né dans une famille scientifique.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Et quand les gens me voient aujourd'hui en me disant que je suis intelligent ou je ne sais pas quoi, ça me fait rire parce que tout simplement, mon grand frère aîné est beaucoup plus intelligent que moi. Il y a des années de luce entre lui et moi. Donc voilà. Mais bon, je reviens sur mon parcours après ma licence mathématique et mécanique à l'université Pierre-Emmanuel Curie. J'ai pu rejoindre l'université de Serge Pontoise, qui s'appelle aujourd'hui Soaï, où j'ai fait un double master également. Un double master, je précise ça parce que tout simplement c'est un master qui se fait en même temps. Il y a un parcours professionnel et un parcours recherche. Dans le parcours professionnel, j'ai fait tout ce qui est génie civil et infrastructure. Donc j'ai des compétences en génie civil et infrastructure. Et sur la partie recherche, j'avais des cours en plus pour ceux qui suivaient le master recherche qui était axé sur tout ce qui est matériaux, tout ce qui est mécanique, matériaux de construction du génie civil. Donc du coup, j'ai fait ce double parcours-là et j'ai obtenu mon master de génie civil. Après ce double master, partie pro et partie recherche, j'ai pu travailler à Vinci CBC, qui est une entreprise de construction, où j'ai pu piloter en tant que conducteur de travaux une construction d'un R12. Et au bout de quelques temps, ça ne m'a pas trop pu l'aspect chantier. Parce que je trouvais que ce n'était pas assez réfléchi. Je suis désolé, je ne dis pas que la suite de chantier n'est pas réfléchie. Non,
- Speaker #1
mais peut-être que tu n'arriverais pas à t'y retrouver. Peut-être que ça ne parlait pas à ta fibre de chercheur. Oui,
- Speaker #2
sur chantier, on avait quasiment tout le temps... Ça a commencé à devenir de la routine, je vais dire. D'accord. Ça a commencé à devenir de la routine. Après ça, j'ai pu continuer mes études avec mon master de recherche. J'ai travaillé sur la caractérisation des matériaux de construction. Donc, j'étais très sensible. dès le début de ma carrière à tout ce qui est transition écologique. Et là, j'ai étudié les phénomènes des différends dans les matériaux de construction. Donc la durabilité des structures de génie civil. Après ce master, j'ai continué naturellement en thèse de doctorat à l'université Paris-Nanterre et plus précisément à l'UT de Ville d'Avray, où j'ai développé ma thèse de doctorat sur la robustesse des structures de génie civil. Et cette thèse, comme par hasard, et que le hasard n'existe pas, je tiens à le dire, ça a regroupé en fait tout ce que j'ai fait dans mon parcours précédent. Parce que la caractérisation de la robustesse des structures de génie civil, il y avait de la mécanique et il y avait des mathématiques parce que je me basais sur les approches. probabiliste, la partie robustesse c'est la partie génie civile puis le dur. Donc de ce fait, j'avais réuni mes trois expériences sur ma thèse de doctorat et l'objectif c'était de pouvoir faire évoluer les codes de construction, à savoir les horocodes sur la robustesse des structures de génie civile. Donc ma thèse de doctorat une fois que je l'ai validée et parallèlement avec ma thèse de doctorat il y a une anecdote qui est hyper importante j'ai commencé à enseigner à l'âge de 24 ans.
- Speaker #1
Ah oui, ça c'est vraiment un petit peu similaire à mon parcours aussi. J'ai enseigné assez jeune et c'est vrai que c'est ultra formateur finalement la formation. C'était quelque chose, c'était une volonté aussi de ta part de combler cela avec la recherche ou pas forcément ?
- Speaker #2
C'est une volonté parce que tout simplement moi dans ma conception, j'ai toujours rêvé de pouvoir allier le monde professionnel et le monde académique. Je reviendrai en détail là-dessus. et donc du coup J'ai commencé à enseigner très jeune parce que tout simplement j'ai eu l'opportunité de le faire à l'université Paris Nanterre où j'animais les formations en lien avec tout ce qui est le calcul de structure, tout ce qui est la mécanique des milieux contenus d'une manière générale.
- Speaker #1
Tes thématiques.
- Speaker #2
Mes thématiques de recherche et du coup ça m'avait beaucoup aidé et ça m'avait forgé sur mon désir de devenir aujourd'hui enseignant chercheur. Donc du coup après, j'ai enseigné très jeune à l'âge de 24 ans à l'université Paris Nanterre. En même temps que ma thèse de doctorat, j'ai eu un poste d'assistant d'enseignement et de recherche à l'IUT de Ville d'Array pendant deux ans. Et à la suite de ma thèse de doctorat, j'ai rejoint l'université de Serge-Pontoise, à savoir l'IUT de Neuville, où j'ai fait mon double parcours de master et là j'ai enseigné pendant un an et demi dans le département génie civil construction durable. Et c'est là où j'ai commencé à développer d'autres compétences en lien avec le développement durable.
- Speaker #1
Super, ok. Tu vas pouvoir nous en dire plus sur cette thématique du développement durable, vu qu'on voit que ce sont des sujets qui te tiennent très à cœur actuellement dans ce que tu réalises. Là, actuellement, tu fais quoi ?
- Speaker #2
Actuellement, après l'université Sergi Pontoise, j'ai rejoint le CISI en 2020. Au sein du CISI, j'ai commencé à enseigner toutes les thématiques en lien avec l'hygiène civile, les calculs de structure et autres. Au bout de six mois, j'ai pris en charge le master spécialisé en septembre 2020. sur le management de projet de construction, option BIM et maquette numérique. Le BIM et la maquette numérique est une option. Le socle de la formation, c'est le management de projet. Du coup, c'est un master spécialisé BAC plus 6 qui forme des jeunes, qui forme des chefs de projet sur 12 mois, avec de l'alternance. Donc, d'où vous venez, bien sûr. Oh non,
- Speaker #0
du tout, On ne te connaît pas, Poubacar.
- Speaker #1
Effectivement, on a eu, pour la petite histoire, moi, j'ai eu la chance et puis toi aussi. D'avoir Bouba Karsek en tant que responsable pédagogique de la formation, donc du master spécialisé. Tu étais un très bon responsable, on peut dire, parce qu'au-delà de ça, c'est aussi dans la continuité de la chose, on est resté en contact. Nos liens ont bien évidemment évolué. Et en ce sens, maintenant, tu n'es plus qu'un responsable, mais tu es un ami. Et ça nous fait très plaisir de pouvoir te compter parmi nous aujourd'hui.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est important pour nous de... De t'interviewer dans notre beau projet.
- Speaker #1
Oui, et puis ça fait partie de la continuité du lien justement, parce que c'est vrai que dans la formation, c'est quelque chose qu'on retrouve le plus. C'est-à-dire qu'à un moment donné, il y a des personnalités avec lesquelles ça matche le plus, et puis forcément, des liens se créent. Et en ce sens, ça fait plaisir aussi de voir les évolutions de parcours, les chemins des diverses personnes qu'on a pu côtoyer. Et donc, en ce sens, c'est toujours une certaine richesse humaine. Toi, par rapport à ça, tu as dû en voir pas mal des étudiants quand même.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai. Dans ma jeune carrière d'enseignant-chercheur, j'ai pu voir pas mal de personnes évoluer. Et je suis heureux aujourd'hui d'être avec mes collègues, je vais dire, pas mes étudiants, parce que tout simplement, vous avez été mes anciens étudiants. Mais aujourd'hui, on est des collègues et on travaille sur plusieurs projets professionnels actuellement. Et qui prouvent qu'en fait, dans la transmission de savoir, les étudiants que nous avons aujourd'hui sont nos collègues de demain ou même... mieux même, peuvent être non supérieurs. Oui, ça c'est vrai aussi. Donc du coup, lorsqu'on a cette notion en tête, on ne peut faire que les choses très bien, c'est-à-dire... chercher à transmettre le savoir comme on peut et dans la meilleure du possible. Donc je reviens à Cési, lorsque je suis responsable de la formation du master spécialisé management de projet de construction. Parallèlement, j'ai mené des activités de recherche sur tout ce qui est transition digitale et écologique du bâtiment, avec notamment le smart building de Cési, où l'objectif était de pouvoir développer des activités de recherche. en lien avec ces bâtiments-là. Et cette expérience que j'ai eue à Sisi, ça m'a permis de rencontrer des personnes superbes. Donc, vous me le permettrez, je vais citer notamment David Greenwood, qui est de l'Université de Northumbria, avec qui vous avez rencontré. Bien sûr, parce que tout simplement, nous sommes sur Croix-Rouge à chaque fois. Donc, du coup, David Greenwood, que vous connaissez parfaitement, parce que tout simplement... En 2022 et 2023, vous avez fait des usures à Newcastle. Exactement. Je ne vais pas raconter les détails. Ce qui a été à Newcastle reste à Newcastle. Exactement.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #2
Donc du coup, je tiens à remercier David Greenwood, avec qui je continue d'ailleurs de travailler sur mes thématiques de recherche, et particulièrement aussi Omar Doukari, parce que tout simplement, Omar Doukari a facilité la connaissance que j'ai eue avec David Greenwood. Je travaille beaucoup avec Northumbria, Omar Doukari, David Greenwood, sur les thématiques en lien avec la transition numérique. Et d'ailleurs même, on a publié ensemble récemment plusieurs articles scientifiques dans les années 2022-2023. Et là, on a produit un article scientifique qui va sortir incessamment sur la structuration des données pour le Facility Management. Donc, Northumbria, c'est quelque chose qui m'a marqué pendant mon expérience à Sési. Parce que tout simplement, j'ai beaucoup collaboré avec les Anglais. que sont David Greenwood et Omar Doukari, que je remercie au passage et je continue de collaborer avec eux jusqu'à présent. Ça, c'est sur la partie recherche. Sur la partie professionnelle, j'ai rencontré des personnes superbes lors de mon passage en tant que responsable de la formation. Je vais les citer si vous voulez parce que tout simplement, c'est important pour moi. Oui, tout à fait. Bruno Lopez, quelqu'un avec qui j'ai beaucoup échangé. Rida Ben Sayela également. qui est devenu un frère aujourd'hui, Henri-Georges Miniem, quelqu'un que je considère comme étant un des pères fondateurs de la méthode AGM et qui a une prestance incroyable devant les étudiants, il faut le souligner.
- Speaker #1
Oui, ça fait partie aussi du job du formateur, en fait, effectivement de pouvoir, on va dire, être éloquent et puis pouvoir transmettre facilement des compétences et donc savoir correctement s'exprimer, avoir des capacités oratoires, c'est quand même la base.
- Speaker #2
c'est passionné c'est passionné et passionnant effectivement je peux en citer d'autres je peux en citer également je vais vous le dire aussi les cours qui m'ont le plus fasciné que j'avais envie d'écouter c'était les cours d'Yves Ben Saïd et de Nadege Grenon parce que tout simplement tout ce qui est management d'équipe et tout ce qui est transformation sociologique des organisations ça me tenait à coeur et j'aimais beaucoup échanger avec eux sur ces thématiques-là parce que moi aujourd'hui je considère qu'au-delà des compétences techniques, un chef de projet doit être capable de mener ses équipes sur le plan humain et donc du coup moi ce qui me passionnait le plus au-delà des aspects techniques c'est les formations en lien avec la partie sociologique, management d'équipe, transformation des organisations. Donc voilà. Donc j'ai rencontré des personnes, aussi mes collègues, je ne vais pas les oublier. Il y a mon ami de tous les jours, avec qui j'entends hyper bien, avec qui j'échange beaucoup avec lui, à savoir Norbert.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
Très bon ami.
- Speaker #0
Je sais qu'il écoute nos podcasts en plus,
- Speaker #1
donc si tu nous dis Norbert. Tu sais qu'on pense à toi. On te fait le coucou.
- Speaker #2
Sans oublier Cyril Chatur également. Et aussi tous les collègues que j'ai pu croiser à Cési.
- Speaker #1
Donc ça a été quand même une expérience qui a été énormément bénéfique, sur laquelle tu as pu capitaliser cette expérience au Cési.
- Speaker #2
Effectivement, le Cési a beaucoup changé ma vision de la formation.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Parce que j'ai beaucoup évolué dans les universités françaises. à savoir l'université Paris-Lantère, l'université Serge-Pontoise. Donc j'ai travaillé dans les universités françaises en tant qu'enseignant, chercheur ou bien en tant qu'enseignant. Mais au sein de Cési, j'ai une nouvelle vision d'un enseignement où l'objectif c'est de pouvoir faire la pédagogie par projet. Et la pédagogie par projet a pour vocation de mettre les étudiants en situation. Et aussi au Cési, cette capacité à mettre en situation les étudiants, ça a beaucoup transformer mon approche pédagogique.
- Speaker #1
Toi, tu considères que c'est un des leviers sur lesquels la formation devrait s'accentuer et justement pour la montée en compétence des étudiants, la pédagogie par projet, toi ça te parle ?
- Speaker #2
Effectivement, pour moi aujourd'hui, si on doit former les jeunes sur des métiers, la pédagogie par projet est une des solutions sur lesquelles les gens peuvent s'appuyer pour transmettre des compétences très très très rapidement parce que tout simplement ça aide à avoir le métier. en soi et de se mettre en situation en qualité professionnelle. Et depuis, à chaque fois que je m'adresse à mes étudiants, qu'ils soient des étudiants de première année ou des étudiants de bac plus 20, J'essaie d'apporter la pédagogie par projet. Donc du coup, après le CISI, je vais essayer de décourter parce que tout simplement on est toujours sur la présentation. Je sais que je parle beaucoup et que ça peut être très long quand je me présente. Il y a des aspects que j'ai pu sauter. Mais aujourd'hui, en 2023, j'ai raison le Sénégal, notamment dans la première école d'ingénieurs sénégalaise qui a été créée dans les années 70 dans un partenariat entre le Sénégal et le Canada, qui est l'école polytechnique de Thies. qui est la première école d'ingénieurs sénégalaise que j'ai rejoint en 2023 et qui forme l'élite sénégalaise parce que tout simplement, la sélection est très rude. Au niveau du bac, il faut avoir franchement un bon niveau scientifique pour pouvoir intégrer cette école d'ingénieurs. Donc j'ai rejoint l'école polytechnique de Tchès en 2023. Et quand j'ai rejoint l'école polytechnique de Tchès en 2023, J'ai commencé à enseigner tout ce qui est calcul de structure. J'ai également enseigné tout ce qui est transition digitale, à savoir tout ce qui est BIM et maquette numérique. Et je développe aujourd'hui mes activités de recherche sur la transformation digitale et écologique du bâtiment. Donc, j'ai rejoint le Sénégal dans un but de pouvoir transférer mes compétences au Sénégal. Donc voilà, aujourd'hui je suis à l'école polytechnique de Tchès en tant qu'enseignant-chercheur. Et j'ai rejoint une équipe qui est assez dynamique et avec beaucoup de projets à mener. Et je salue de passage tous mes collègues de l'école polytechnique de Thiers, notamment mon jumeau que je vais appeler jumeau aujourd'hui parce que tout simplement, on s'appelle tous les jours Cyril Moussourdienne qui est un des profs avec qui on a été recruté au même moment au sein de l'école polytechnique de Thiers.
- Speaker #1
Donc forcément ça favorise le lien.
- Speaker #0
Donc là Boubacar, tu nous as parlé de la France, du Sénégal. Tu as un peu un pied entre les deux, si je comprends bien, entre la France et le Sénégal à ce jour. Comment ça se passe en fait, le lien entre les deux ? Est-ce que tu peux nous parler un peu de l'évolution du BIM au Sénégal également ? Qu'est-ce que tu peux nous en dire ?
- Speaker #2
Du coup, j'ai parlé beaucoup du Sénégal et de la France, mais pas que. Parce que tout simplement j'ai continué ma collaboration avec l'université de Northumbria, je l'ai dit tout à l'heure avec David Greenwood et Omar Doukari. J'ai également développé d'autres partenariats avec un projet Erasmus+, qui a été financé par le programme Erasmus en France, visant à promouvoir le transfert de compétences entre les pays développés, l'Europe, et les pays du tiers-monde. Donc du coup, là, l'université Paris-Nanterre, avec notamment Cannes, qui est un enseignant-chercheur à l'Université de Paris-Nanterre. Donc on a pu gagner un projet Erasmus qui vise à promouvoir la mobilité enseignante et la mobilité étudiante. Aujourd'hui, nous avons deux étudiants sénégalais de l'école polytechnique de Thiès qui sont à l'Université Paris-Nanterre et précisément dans le site de Ville d'Avray qui travaillent sur deux sujets porteurs, à savoir les matériaux biosourcés et les biocombustibles. Donc du coup, et aussi on a eu des mobilités, c'est-à-dire des enseignants-chercheurs de l'Université Paris-Lantère qui ont fait leur voyage au Sénégal pendant une période, notamment piloté par Cannes, qui est un très bon ami aujourd'hui, avec qui je travaille beaucoup sur ces sujets. Et des enseignants-chercheurs ont quitté le Sénégal pour faire la mobilité à l'Université Paris-Lantère grâce à cette collaboration. J'ai d'autres collaborations avec l'Université Serge Pontoise, je ne vais pas oublier de citer Prosper. post-verbe « via » . Hadim Diaye, aussi avec l'EMT de Lille, avec Mohamed Oamar. Donc du coup, j'ai beaucoup de collaborations en termes d'activité de recherche et énormément de projets que je mène aujourd'hui. Ça, c'est que dans le secteur universitaire, mais dans le secteur professionnel avec les entreprises également, j'ai beaucoup de projets. Je ne vais pas trop m'attarder sur les détails là-dessus parce que tout simplement, ça risque d'être long. Mais pour revenir sur une et une chose, c'est que mon objectif aujourd'hui, ma vision, consiste à transférer... Les compétences que j'ai pu acquérir en France, au Sénégal, et l'expérience que je développe au Sénégal, que je puisse le partager en retour. En France également, avec les autres pays dans lesquels j'interviens. Donc je joue le rôle de pont, comme le dit bien le génie civil, nous sommes là pour concevoir des ponts. Donc je joue le rôle de pont entre les pays de l'Afrique et les pays européens, pour l'instant.
- Speaker #0
Et donc alors, le BIM au Sénégal, on en est où ? Qu'est-ce qui se passe là-bas ?
- Speaker #2
Pour dire vrai, le BIM au Sénégal est au début. Ce n'est pas comme en France où ça a été lancé avec le plan de transition numérique. du bâtiment en 2014-2015. Là au Sénégal, on est au début du BIM. On est sur le début du BIM. Et franchement, la première promo que j'ai pu former en BIM, c'est je pense en 2022. C'était avec l'université Gaston Berger.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Avec un ami qui m'avait convié à participer à former ces jeunes sur le BIM, à savoir le docteur Baba Kardjouf, qui est un très bon ami. avec qui j'ai beaucoup collaboré et du coup j'ai commencé à former au BIM. Donc au Sénégal, au BIM, on est vraiment au début. Et pour moi, ça serait intéressant que ça commence à prendre de l'ampleur au Sénégal. Donc là, on est au début du BIM.
- Speaker #1
Merci beaucoup Boubacar pour l'ensemble de ces informations. Et toi, tu nous as parlé d'énormément de projets. Visiblement, on voit que quand même tu as un parcours assez riche en expériences. Là, actuellement, sur quel sujet innovant tu travailles ? Peux-tu nous en dire plus par rapport à cela ?
- Speaker #2
Pour rebondir tout à l'heure à la question de la convergence géomatique BIM, avec le professeur Sénéman Soudienne, on a pu faire la convergence géomatique BIM dans l'année 2024-2025. Ensuite, cette année, on est parti à l'échelle du campus. Parce que lorsqu'on avait testé que ça marchait à l'échelle du bâtiment, on est allé à l'échelle du campus. L'objectif, c'est de créer un smart campus. Du coup, on a pu cartographier tout le campus de l'EPT par données géospatiales. Et ensuite, là, on est en train de faire la modélisation BIM et on est en train de pouvoir incorporer les maquettes numériques dans son territoire. Et donc, là, on est en train de faire des études à l'échelle du territoire.
- Speaker #1
Donc, on est même sur du CIM.
- Speaker #2
On est sur la convergence, je veux dire. On est sur du CIM. Oui, on est sur du CIM. C'est-à-dire SIG. SIG, BIM. Et là, on est en train d'instrumenter avec un collègue qui est le professeur Ubrahima K, le bâtiment géobéton. on a pu installer des capteurs nous permettant de collecter les données de température et d'humidité du bâtiment géobéton. On est en train de travailler sur ce sujet-là avec le professeur Ibrahima Kaye et le professeur Ibrahima Gaye.
- Speaker #1
À titre de curiosité, à quoi ça te sert de capter cette donnée-là, c'est-à-dire l'humidité, les propriétés de ton béton ? C'est dans quel but, quelle finalité en fait ?
- Speaker #2
L'objectif, en fait, la finalité c'est de pouvoir regarder les performances énergétiques du bâtiment et de voir en réalité est-ce que notre bâtiment, on peut, quelle est l'énergie de notre bâtiment ? Est-ce que notre bâtiment est capable à s'autoréguler, vu que c'est des matériaux biosourcés qui ont été utilisés pour la construction du bâtiment, quelles sont les performances thermiques de ces matériaux biosourcés et quelles ont été leurs capacités à pouvoir absorber la chaleur pour pouvoir... garantir un confort à l'intérieur du bâtiment.
- Speaker #1
Oui, ok. Donc ça rentre dans les enjeux un petit peu énergétiques contemporains, effectivement le confort aussi bien en termes d'hiver qu'en termes d'été. C'est hyper intéressant. Et donc par rapport à cela, tu nous as parlé de bâtiments connectés. Est-ce que tu peux nous en dire plus par rapport à tes travaux autour des bâtiments connectés ? Pour toi, qu'est-ce qu'il y a déjà un bâtiment intelligent ?
- Speaker #2
Alors, pour moi, c'est quoi un bâtiment intelligent ? C'est un bâtiment... En fait, les gens ont tendance à considérer qu'un bâtiment à intelligence, il est rempli de capteurs. Oui, généralement,
- Speaker #0
c'est un peu ça la définition qu'on entend.
- Speaker #1
On considère que les capteurs IoT permettent de capter la donnée pour pouvoir être transcrite sur une solution logicielle qui permet de réaliser la gestion de ton actif. C'est normalement cela.
- Speaker #2
Oui, mais moi, ce n'est pas la définition que je vais donner à un bâtiment à intelligence. Pourquoi ? Parce qu'un bâtiment, il devient intelligent lorsqu'il est capable d'aider ses occupants.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #2
c'est le bâtiment au service des occupants. C'est ça. Et que le bâtiment devienne intelligent s'il est capable d'aider ses occupants. D'aider les occupants, c'est-à-dire quoi ? Optimiser les performances énergétiques. C'est-à-dire qu'un bâtiment est intelligent si, admettons aujourd'hui, on nettoie dans la pièce. Si la pièce était intelligente, elle aurait dû être capable de réguler la température en fonction du nombre de personnes présentes dans la pièce.
- Speaker #1
D'accord. Premièrement.
- Speaker #2
Un bâtiment, ça c'est un exemple que je donne par rapport à un bâtiment intelligent. Et qu'un bâtiment intelligent aussi, s'il est capable d'anticiper sur le dysfonctionnement du bâtiment en fonction de l'environnement. Et moi c'est ça que je considère un bâtiment intelligent. C'est un bâtiment qui est capable de s'autogérer et de s'autoréguler en fonction de l'environnement. Il fait à peu près 20... Degrés à l'extérieur, est-ce qu'on a besoin de monter la clim dans la pièce où nous sommes ? Non, que la clim s'adapte en fonction de l'humidité, de la température et des caractéristiques thermiques de la pièce. Pour pouvoir dire, c'est ça la température qui nous permet d'avoir le confort. tel que prescrit dans la réglementation.
- Speaker #0
Et ce type de bâtiment, tu penses que c'est applicable du coup au Sénégal ? Ça s'adapte ? Est-ce que le bâtiment doit s'adapter aussi en fonction de sa localisation sur terre ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait, parce que tout simplement les conditions climatiques d'un pays à un autre ne sont pas les mêmes. D'ailleurs même, je tiens à le rappeler à chaque fois à mes étudiants, que je sois dans un pays ou un autre, je dis à chaque fois, les problématiques des pays européens ne sont pas les mêmes que les problématiques des pays africains. En Afrique, la problématique que nous avons, c'est... La climatisation, alors qu'en Europe, la problématique centrale, c'est le chauffage.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Donc la manière de conceptualiser déjà le bâtiment diffère. Diffère.
- Speaker #2
Donc du coup, la manière de conceptualiser diffère. Il y a certains matériaux que l'on peut utiliser en Europe, que l'on ne peut pas utiliser au Sénégal. Je donne un exemple. À l'EPT, on avait fait la thermographie du campus de l'EPT, avec mes différents collègues, professeurs Ababakar Fahal, Seyni Mansoudian et autres. On a pu faire la démographie aérienne. du bâtiment et du campus, à l'échelle du campus qui fait à peu près 13 hectares. Et on s'est rendu compte, les parties où il y a des bâtiments en toile métallique, les températures pouvaient aller jusqu'à 63 degrés.
- Speaker #1
Oui, donc c'est effectivement pas tenable.
- Speaker #0
Mais en même temps, il faut de la toile pour pouvoir évacuer la pluie quand il y a des fortes pluies.
- Speaker #2
Donc du coup, je suis d'accord avec vous. Donc du coup, c'est là où je dis que ce qui me porte cœur aujourd'hui au niveau de... Mon objectif, mon ambition aujourd'hui dans le BTP, ça a beaucoup évolué parce que tout simplement, j'ai pu échanger avec beaucoup de professionnels, j'ai pu participer dans beaucoup de projets de construction. Mais aujourd'hui, pour moi, la solution est dans l'éco-construction, dans les constructions bioclimatiques, parce que tout simplement, on ne peut plus se permettre de reproduire les erreurs du passé. Et aujourd'hui, il ne faudra pas considérer l'Afrique comme étant...
- Speaker #0
l'avenir du monde, mais je tiens à dire que l'Afrique est le présent. Parce que tout simplement, c'est une urbanisation très rapide, avec une augmentation considérable de la population. Pour moi, ces questions-là doivent être prises en considération dès aujourd'hui et essayer de proposer des solutions d'adaptation climatique et de pouvoir garantir un confort aux différents usagers. dans l'Afrique. Il n'y a plus l'avenir, mais c'est le présent, comme l'a rappelé mon cher ami et grand frère Dameng.
- Speaker #1
D'accord, très bien.
- Speaker #2
Et donc pour toi Boubacar, l'éco-construction, c'est une partie de la transition énergétique ? Est-ce que c'est une nouveauté ? Est-ce que c'est ancien ? Comment est-ce que ça se situe par rapport à la transition énergétique ?
- Speaker #0
En fait, pourquoi je considère l'éco-construction comme étant une solution ? Parce que les gens ont tendance à réfléchir la construction que la phase conception-réalisation. Mais un bâtiment est construit pour 50 ans.
- Speaker #2
Au moins.
- Speaker #0
Au moins. Si c'est toi l'ingénieur structure,
- Speaker #2
normalement, ça dure 200 ans.
- Speaker #0
Donc du coup, les codes de construction nous disent qu'un bâtiment est construit pour 50 ans. D'accord, minimum, ok. Donc du coup, la phase conception-réalisation n'est qu'une petite phase de ces 50 ans. Et la phase la plus importante, c'est la phase exploitation et maintenance. Et dans cette phase exploitation et maintenance, lorsqu'on réfléchit en termes de coûts global, ça fait partie de mes sujets. qui me tiennent à cœur, l'approche par coût global. Au lieu de faire de façon sectorielle, je vais réfléchir qu'est-ce que je dépense en conception, qu'est-ce que je dépense en réalisation, il faudra avoir une approche en coût global. Qu'est-ce que je dépense dans mon bâtiment sur les 50 ans ? Et donc, si on a une approche en coût global, on va voir que la phase exploitation et maintenance, selon les tendances et selon la littérature, 75% des coûts sont dépensés pendant la phase exploitation et maintenance. Et dans cette phase d'exploitation et maintenance, le poste de dépense le plus cher, c'est la consommation énergétique. Donc, concevoir un bâtiment capable de réduire la consommation énergétique nous permet de réduire nos factures pendant la phase d'exploitation et maintenance. Et donc,
- Speaker #1
indirectement, de réduire le coût global sur l'ensemble du projet.
- Speaker #0
Sur l'ensemble du projet.
- Speaker #1
C'est vrai que... Donc,
- Speaker #0
du coup, je te laisse terminer si tu veux. Non, non, vas-y. Mais juste pour dire que la transition énergétique est hyper importante dans le secteur du BTP. Parce que tout simplement, en base d'exploitation et maintenance, c'est le poste de dépense le plus cher. D'où la nécessité d'avoir des bâtiments qui tiennent compte des transformations climatiques que nous vivons aujourd'hui et que de promouvoir tout ce qui est éco-construction. Et je travaille beaucoup dans ce secteur aujourd'hui.
- Speaker #1
Très bien. Donc c'est vrai que par rapport à ce que tu nous avais dit sur le coût global, c'est quelque chose qui est une pratique aussi en tant qu'économiste de la construction. C'est quelque chose aussi qu'on... peut prendre en compte, qui est parfois demandaire dans le cadre des marchés, la projection sur 50 ans. D'ailleurs, 50 ans, c'est une valeur qu'on peut retrouver notamment aussi pour l'analyse de cycle de vie sur la base des calculs des matériaux. Et donc, par rapport à cela, toi, cette approche coût global, tu t'efforces en tout cas à l'intégrer dans tes projets de recherche sur l'éco-construction et les matériaux biosourcés. Comment cette approche de coût global, concrètement, elle te permet de valoriser un petit peu tes solutions ? Est-ce que c'est des sujets par rapport aux matériaux biosourcés et l'approche coût global que tu valorises ? Pourquoi ça te semble aussi stratégique aujourd'hui ?
- Speaker #0
Parce qu'en fait, c'est que les choix d'antan nous ont toujours rattrapés.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Il faut se le dire parce que tout simplement, on a attendu que le choc pétrolier de 1979 pour créer la première réglementation thermique.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
On est bien d'accord là-dessus. Et donc, du coup, on a pu construire 77% des bâtiments européens avant les années 90. Et aujourd'hui, l'Union européenne fixe un taux de rénovation de 3% par année de ces bâtiments-là. Et selon la littérature, on est autour de 0,4 et 1,2% par an de rénovation des bâtiments. Et pour faire cela, il nous faudrait quasiment... plus de 100 ans pour pouvoir rénover les bâtiments européens qui ont été construits avant 1990. Donc du coup, pour moi les nouvelles constructions doivent être réalisées en se basant et en apprenant sur les erreurs du passé. Et donc c'est là où je mets en corrélation entre mes activités de recherche, mes pilotages de projets et le monde académique. Parce qu'on ne peut pas terminer un projet sans capitaliser. Et moi, la capitalisation, c'est quoi ? C'est faire un vrai REX. Un vrai REX, un retour sur l'expérience, c'est quelque chose qui doit être consigné dans un document tracé et écrit, ce qui représente les connaissances de l'entreprise. Et aujourd'hui, il faut qu'on se le dise, beaucoup de projets ont été réalisés et il n'y a pas eu de retour d'expérience réel. Et donc, mon objectif aujourd'hui, sur tous les projets sur lesquels je suis engagé, c'est qu'il y ait un retour d'expérience permettant de capitaliser les savoirs qui ont été réalisés. D'accord ? Donc ça c'est le premier point. Et donc si on apprend sur les erreurs du passé, sur les modes constructifs, je ne dis pas que tout ce qui a été fait dans le passé n'est pas bon. Il y a des choses qui ont été très bien faites. Mais aujourd'hui, l'environnement a évolué, les conditions climatiques ont évolué. Hier, il faisait super moche, le Paris. Aujourd'hui, il fait super beau.
- Speaker #2
Ah ben hier, c'était l'hiver, l'automne et le printemps en même temps.
- Speaker #0
C'est ça. On a eu les trois saisons en une journée. Donc, du coup, il faudra prendre en considération ces aspects-là. Et de pouvoir construire des bâtiments capables de s'adapter par rapport à l'environnement dans lequel nous évoluons. Donc pour moi, cette approche de coût global est essentielle dans la mesure où les choix constructifs doivent se faire dès la conception en se disant que si on fait des mauvais choix, on risque d'augmenter les coûts pendant la phase d'exploitation et maintenance. D'où les bons choix se font en conception, en prenant en compte le cycle de vie du produit. C'est hyper important.
- Speaker #1
Ok, donc au-delà du coût global, il y a aussi ce fameux calcul de la CV qui rentre en ligne de mire, on va dire qui rentre en compte dans la balance et qui fait si oui ou non tu vas arbitrer sur tel ou tel choix de matériaux. Est-ce que, par ailleurs, moi ça m'inspire une question, par rapport à cela, là on ne parle que de la construction de bâtiments, mais effectivement les bâtiments existants, puisqu'on sait que c'est un enjeu aussi dans le cadre de nous, la stratégie française qui est de rénover l'ensemble des passoires thermiques. à travers tout ce qui est des PE, etc., les diagnostics de performance énergétique des bâtiments, et notamment les améliorer pour gagner en confort et justement gagner des classes, donc A, B, C, D, etc. Par rapport à cela, comment est-ce que ça fait partie de tes projets de recherche, le fait de traiter le parc immobilier existant, où là, pour le moment, tes travaux ne se concentrent que sur la construction ?
- Speaker #0
Ah oui, là, actuellement, toutes mes activités de recherche sont essentiellement basées sur le parc existant. Parce que l'objectif c'était de valoriser le parc existant, parce que tout simplement le parc existant aujourd'hui, c'est ce qui fait que 11% de la population européenne aujourd'hui utilise des bâtiments de qualité médiocre. Oui, la précarité énergétique. La précarité énergétique, d'où mes activités de recherche de performance énergétique avec North Sombria sur le smart building de saisine en terre. Et d'où aussi mes activités de recherche au Sénégal sur le bâtiment géobéton qui a été construit à bloc de terre. L'objectif c'est de pouvoir expérimenter toutes les solutions que j'ai pu développer par-ci et par-là. au Sénégal et essayer de pouvoir établir un REX là-dessus et de dire, voilà, maintenant, si on veut construire avec les bâtiments de demain, il nous faut apprendre des erreurs du passé et de voir comment on pourrait améliorer un petit peu nos modes de construction. Donc, pour moi, les bâtiments existants doivent être valorisés et comment les valoriser en les transformant en des smart buildings.
- Speaker #2
Et finalement, du coup, il y a un lien entre les matériaux biosourcés et le smart building ?
- Speaker #0
Non, en fait, les matériaux biosourcés, il y a... Il y a un lien dans tout. Mais qu'un bâtiment soit construit en béton ou bien qu'il soit construit à base de conteneurs maritimes ou je ne sais pas quoi, l'objectif, c'est de dire, est-ce que mon bâtiment est capable de me réduire mes postes de dépense en phase d'exploitation et de maintenance ? Parce que la facture énergétique, c'est ce qu'il y a de plus cher dans un bâtiment. Et les maintenances courantes aussi, c'est le deuxième poste de dépense le plus cher. Donc, les choix qu'on fera, il faudra savoir les assumer pendant la phase d'exploitation et de maintenance. Et comment les assumer ? C'est de faire en sorte qu'on a les coûts de plus en plus moindres et de pouvoir bien gérer nos bâtiments en phase d'exploitation et de maintenance.
- Speaker #1
Donc par rapport à cela, Boubacar, c'était hyper intéressant les projets que tu nous as partagés, notamment tes travaux sur l'éco-construction et plus particulièrement les matériaux biosourcés. Et par rapport à tous ces projets, est-ce que tu as des projets annexes sur lesquels tu souhaitais développer peut-être ? les sujets sur lesquels tu travailles, peut-être dans le cadre ou au milieu associatif.
- Speaker #0
Merci Nicolas pour cette question qui me tient à cœur le monde associatif parce que pour moi j'ai toujours considéré la collaboration comme étant quelque chose d'essentiel entre le monde professionnel, académique et recherche. C'est dans ce cadre qu'on a mis en place une association sénégalaise des universitaires et professionnels du génie civil qui a été créée en novembre 2025 et qui organisera une grosse activité. le 20 et le 21 novembre 2026. Le 20 novembre 2026, nous allons organiser un colloque de partage de recherches scientifiques sous forme d'articles scientifiques. Et le 21, ça va être une journée de présentation des projets de génie civil qui ont été développés par des entreprises de génie civil. Donc le J1, c'est accordé aux chercheurs et le J2 aux professionnels. L'objectif, c'est de créer une synergie. entre ces deux mondes socioprofessionnels.
- Speaker #2
Et donc la communication vis-à-vis de ces événements vont arriver prochainement ? Est-ce que c'est gratuit ? Est-ce que nos auditeurs qui sont actuellement au Sénégal ou souhaitent se déplacer jusqu'au Sénégal, on ne sait pas, dites-nous un peu plus.
- Speaker #0
Alors l'appel à communication a été lancé cette semaine-là et du coup cet appel à communication a été posté dans les différents réseaux. Le site est en cours de construction pour montrer comment on va pouvoir déposer les différentes contributions scientifiques ainsi que les différents projets sur lesquels les entreprises veulent faire du REX. Et donc du coup, on va aussi organiser tout ce qui est pris de jeunes chercheurs également lors de cet événement. Et l'objectif c'est de pouvoir publier tous les travaux scientifiques qui ont été développés dans des journaux de type A et 6 heures. Donc c'est notre objectif, on va pouvoir le faire. Et cette association a pour vocation de créer un cadre d'échange entre les différents acteurs du génie civil au Sénégal.
- Speaker #1
Très bien, ça permet aussi de valoriser les productions sénégalaises et puis les travaux qui sont menés.
- Speaker #0
Et surtout de créer un cadre d'échange pour le monde du génie civil, parce que ça va être une conférence qui va regrouper tous les acteurs du génie civil au Sénégal le 20 et le 21 novembre 2026.
- Speaker #1
Très bien. On voit à travers notre discussion que tu as énormément de casquettes, énormément d'activités, aussi bien dans le milieu enseignement académique que dans le secteur professionnel. Comment tu gères un petit peu les différents liens entre ces différentes activités ?
- Speaker #0
Alors, du coup, pour moi, ces différentes activités sont complémentaires. Pourquoi je dis que ces différentes activités sont complémentaires ? Parce que la recherche permet de produire de nouvelles connaissances. Également, l'enseignement permet de transmettre. ces connaissances-là. Et de plus, la formation professionnelle permet de les adapter aux besoins du terrain. Et in fine, l'innovation consiste à transformer ces idées en solutions concrètes. Donc, c'est comme ça que j'essaye de créer un lien entre ces différentes activités-là. La recherche qui nourrit mon enseignement et la formation professionnelle me permettent d'adapter ces connaissances-là. avec les besoins du terrain et je termine par l'innovation qui nous permet de pouvoir transformer ces idées en solutions concrètes pour les communautés.
- Speaker #1
Très bien, merci pour le partage de ta vision Boubacar. Et donc en ce sens, par rapport à ces différentes activités, est-ce qu'on a bien compris le lien entre le fait d'exercer des projets et de mettre au cœur des enjeux, les projets et les différentes pratiques qui s'articulent autour de celui-ci ? Par rapport à cela, est-ce que toi tu aurais une démarche que tu souhaiterais mettre en avant ? Est-ce que tu as un combat professionnel ? Est-ce que tu milites d'ailleurs par rapport à ces différentes activités que tu exerces sur divers sujets ?
- Speaker #0
Le rapprochement entre l'innovation et la recherche terrain, c'est ça qui m'a amené à mettre en place une entreprise qui permet de répondre aux différentes problématiques du terrain, de la conception jusqu'à la déconstruction. Dans ce cadre-là, nous avons pu mettre en place... Une entreprise qui s'appelle Sense Smart Concept, qui a été créée par l'association de trois personnes, à savoir Mme Fatima Mdoui, qui est la préfinante, et Céline Mansourdienne, qui est le co-directeur et moi-même, dont l'objectif est de créer une entreprise qui est basée en centre-ville à Dakar et qui intervient sur tout le cycle de vie d'un projet de construction. Donc, partant de la conception jusqu'à la gestion, exploitation et maintenance et, en fin de compte, vers la déconstruction. Donc, pendant la phase conception, nous proposons des solutions liées avec tout ce qui est la topographie, l'assainissement. Tout ce qui est également lié à la conception 3D BIM, avec également sur les solutions BIM, la modélisation 3D BIM, et s'appuyer sur la maquette numérique pour faire tout ce qui est calcul de structure, études de prix également, et faire l'analyse en termes de flouement durable des projets de conception.
- Speaker #1
Ça rejoint carrément les applications sur lesquelles tu as travaillé durant tout ton parcours.
- Speaker #0
Effectivement.
- Speaker #1
Et tu proposes ces services-là.
- Speaker #0
On propose ces services-là dans le cadre de cette entreprise.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et cette entreprise essaie de répondre de manière concrète. toutes ces solutions qui ont été développées dans mes expériences précédentes.
- Speaker #1
Très bien, je te remercie pour ta réponse. Et puis, on est dans 100 réserves, on a un concept un peu particulier dans 100 réserves puisque l'objectif c'est quand même d'approfondir certaines notions et donc de lever une réserve. Donc parmi les réserves qu'on a à te proposer à lever, ce que je te propose de faire c'est de choisir un chiffre ou un nombre Compris entre 1 à 100, tu choisis le chiffre ou le nombre que tu souhaites. Et puis en ce sens, on te posera une question, il faudra lever la réserve par rapport à cette question.
- Speaker #0
Je vais choisir naturellement le chiffre qu'aime bien ma fille, à savoir le chiffre numéro 5.
- Speaker #1
Ok, donc pour le chiffre numéro 5, la réserve à lever est la suivante, Boubacar. Si tu pouvais imposer une seule réforme dans l'enseignement supérieur du BTP dès demain matin, laquelle serait-elle ?
- Speaker #0
Je vais répondre naturellement à cette question et c'est une question qui me plaît bien parce que tout simplement je ne savais pas que cette question numéro 5 coïncidait avec le numéro fétiche de ma fille. Mais en fait, il y a un sujet qui me tient à cœur, c'est de généraliser l'apprentissage par projet, c'est-à-dire en partenariat direct avec les entreprises. Les étudiants doivent travailler dès leur formation sur des problématiques réelles d'entreprise et pour moi c'est quelque chose que je souhaite. mettre en place, et d'ailleurs même c'est ce que je mets en place sur toutes les formations que je suis en train de dispenser dans les différentes écoles d'ingénieurs que j'interviens un petit peu partout dans le monde. Et donc du coup, pour moi, l'apprentissage par projet est une solution permettant de former les jeunes très rapidement et de les rendre opérationnels.
- Speaker #2
Merci beaucoup Boubacar pour toutes ces réponses et tous ces éclaircissements sur ton parcours, sur ce que tu fais ici en France, au Sénégal. Comme tu le sais, peut-être les auditeurs ne le savent pas, ils vont le savoir maintenant. Ça faisait déjà plusieurs années que je voulais interviewer Boubacar. Et donc aujourd'hui, Nicolas et moi, on a cette chance d'avoir Boubacar avec nous.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Et donc Boubacar, si tu pouvais transmettre un seul message aux professionnels qui construiront le monde de demain. Donc ces professionnels, bien évidemment, ce sont... notamment les étudiants que tu croises en formation, quel serait le message que tu souhaiterais leur passer ?
- Speaker #0
Alors, merci. Avant de répondre à cette question sur le mot de la fin, je voudrais bien lancer un clin d'œil à un de mes cousins qui m'a dit une fois ou plusieurs fois même, pourquoi tu ne parles jamais de tes activités professionnelles ? Et donc, du coup, je vais répondre à sa demande, raison pour laquelle je suis venu aujourd'hui répondre. Tout à fait. Trois années de sollicitations pour que je puisse venir faire... Il faut que tu lui envoies le podcast. Il faut que tu lui envoies. Donc je lui enverrai le podcast, à savoir mon cousin Matarba, qui est très taquin, qui me dit que je passe tout le temps à parler de politique. Je ne parle jamais de mes activités professionnelles. Donc j'ai accepté de faire cette année. Donc c'est fait aujourd'hui. Donc aujourd'hui, je ne vais parler que de mon parcours. C'est dans ce sens que j'ai répondu à ton invitation, me permettant de pouvoir retracer toi et Nicolas, Bien sûr, des anciens... étudiants qui sont devenus aujourd'hui collègues avec qui je partage mon quotidien du monde professionnel parce que tout simplement nous collaborons sur plusieurs projets et que ça me fait énormément plaisir. Le plaisir est partagé. Et ça fait plaisir et je tenais à le préciser. Alors pour répondre au mot de la fin, pour dire ça au monde professionnel, je dirais en une phrase ne jamais opposer la performance économique avec l'innovation technologique. et la responsabilité environnementale. Pourquoi je dis cela ? Parce que tout simplement, l'avenir appartient à ceux qui sauront concilier ces trois dimensions-là. Et si on veut construire durablement demain, et la construction durable demain n'est plus une option, c'est une responsabilité collective. Je vous remercie pour votre invitation et je vous dis à très bientôt.
- Speaker #1
On te remercie également pour ta présence. Et puis merci aux auditeurs aussi qui nous ont écoutés jusqu'au bout. Merci à tous. Merci.