- Speaker #0
Bonjour à tous, aujourd'hui dans 1001 vasectomies, on évoque une question que vous nous posez régulièrement, une idée reçue qui revient en fait très fréquemment, le nombre de cancers de la prostate augmente chez les hommes qui ont fait une vasectomie. Alors, qu'en est-il vraiment ? Vous entendrez que cette fausse information ne vient en réalité pas de nulle part. On en parle avec le docteur Vincent Hupertan et avec David Benaroche. Chirurgien à Paris, spécialiste en urologie et en andrologie. Cet épisode a été enregistré mi-novembre à l'occasion de notre live YouTube pour la World Vasectomité.
- Speaker #1
David Benaroche qui est chirurgien urologue, spécialiste en urologie et andrologue. Donc du coup on travaille beaucoup en andrologie. D'ailleurs on consulte ensemble dans le même cabinet Urologie Paris Opéra. Et il prend en charge tout ce qui concerne l'andrologie, varicocèle, vasectomie. troubles de direction donc et qui d'autre que d'avis pour évoquer ce lien entre movember santé masculine cancer de la prostate et vasectomie David, qu'est-ce que tu en penses ? Quel est ton sentiment par rapport à ça ?
- Speaker #2
Alors bonjour à vous, bonjour Cyril, bonjour Vincent, bonjour à tous ceux qui nous écoutent. Et tout d'abord, je voudrais vous féliciter pour cet événement, c'est vraiment impressionnant le travail que vous avez fait et puis tous les sujets qui sont abordés, qui sont tous extrêmement intéressants pour nos patients et même pour nous-mêmes. On apprend aussi beaucoup de choses en tant que médecin quand on vous écoute, donc c'est super. Donc effectivement, cette question, elle est... Elle est très importante, c'est une source d'inquiétude pour nos patients. On a beaucoup de patients qui nous posent cette question et qui sont parfois même déjà très informés sur ce sujet. Donc c'est très important de pouvoir informer au maximum les patients avant d'aller jusqu'à cette intervention, jusqu'à la vasectomie. Et donc quand on s'intéresse à cette question, on va être confronté à une difficulté, c'est que les patients qui nous consultent, qui viennent voir un neurologue, vont bénéficier d'un suivi médical, d'un dépistage et d'une surveillance qui va être organisée beaucoup plus régulière que des patients qui ne consultent pas ou qui vont peu voir leur médecin. Ce qui signifie qu'on va se confronter à cette difficulté d'un suivi, d'un dépistage augmenté dans ce groupe de patients. et donc on peut le comprendre un un potentiel surdiagnostic, en tout cas un diagnostic beaucoup plus précoce du cancer de la prostate.
- Speaker #1
Donc effectivement, parce que cette question revient, depuis, comme disent mes copains experts de la diéctomie et même autres authentiques, c'est démon, c'est l'histoire, il vient fréquemment. depuis qu'on fait des bases d'économie chaque fois il y a toujours une publication très statistique qui va nous dire qu'il y a un sur-risque et donc chaque fois qu'il y a une publication il y a de suite une autre réaction qui essaie de revoir les mêmes données pour avoir une analyse différente pour comprendre pour comprendre quel est le lien statistique est ce qu'il y a vraiment un sujet la réalité est la suivante ça fait plus de quarante ans qu'on en parle aucune société savante n'a fait le lien et dont les explications parce que les chiffres et sont là donc on peut pas nier il ya voilà exactement voilà il ya ce lier c'est que c'est le cancer de la prostate il se cherche d'ailleurs on parle de dépistage parce que si on attend le diagnostic C'est trop tard. Donc, il y a un dépistage qui se fait par un examen simple, c'est une piste de sang, il n'y a pas plus simple que ça, complété par un examen clinique, mais avant tout une piste de sang. Parce que si on ne le cherche pas, si on attend que la maladie se développe par elle-même, qu'on ait des signes cliniques,
- Speaker #2
on est déjà à un stade tardif.
- Speaker #1
Donc, Ma mon exemple est ce que tu viens de dire c'est que les hommes qui font des vasectomies sont très sache pas sur l'hygiène sur les dépistages de cancer donc le psa donc évidemment on va diagnostiquer davantage 1. Des hommes, donc on va mieux les traiter.
- Speaker #2
C'est ça. Alors effectivement, comme tu l'as dit, les études existent. On peut retrouver facilement de nombreuses études qui vont conclure à une ascension. association entre cancer de prostate et vasectomie, mais association statistique ne veut pas dire lien de cause à effet. Comme on l'a expliqué, cette association, on l'explique facilement par le fait que ces patients vont bénéficier davantage d'un dépistage avec le PSA, comme tu l'as dit, et d'une surveillance, ce qui va amener forcément à un diagnostic plus précoce et parfois même un surdiagnostic dans ce groupe de patients. Pour expliquer ça, c'est l'autre difficulté. Comment on explique, malgré tout, potentiellement un lien entre cancer de prostate et vasectomie ? on n'a pas d'explication scientifique évidente à apporter. C'est certain.
- Speaker #1
Donc, effectivement, pour conclure, il faut, un, une hypothèse. Donc, tous les articles où on met une évidence, on va mettre un stabilo, attention, il y a un sur-risque, aucune n'est en mesure de donner une explication pourquoi ça... Ensuite, il y a l'aspect des erreurs, des biais analytiques de sélection. Il y a ce que c'est pas toujours évident de savoir à quelle fréquence on a dépisté le PSA. Il y a quand même quelques chiffres qui sont très parlants dans une des études très agressives sur le lien potentiel. Lorsqu'on va analyser leurs chiffres, le PSA dans le groupe vasectomie est presque la moitié que le PSA dans le groupe diagnostique. Du cancer, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on a fait des PSA plus fréquemment, donc il y a plus de suivis. Mais je le vois, la première fois qu'un homme consulte, je le demande de se déshabiller. Ils ne vont pas tomber dans les pommes. Ce n'est pas de malaise. Mais ils ne sont pas à l'aise. Ils ne sont pas fiers quand ils disent « Allez, je vous examine » .
- Speaker #0
Ce n'est pas facile. Beaucoup d'hommes n'ont pas l'habitude de ça.
- Speaker #1
Alors qu'une femme a 35, 38 ans, l'âge moyen 40 ans, elle a déjà pris le gynécologue, elle s'est fait examiner. Quasiment tous les ans. Donc, ce n'est pas un problème. Une femme n'a aucun problème de s'explorer dans cet aspect très intime. Oh là là, des contours. Donc, le fait d'avoir fait le premier pas de la vasectomie Il montait son intime. intimité, il y a un relation de confiance parce que c'est les urologues la plupart qui font également des dépistages d'apostates. Donc, on était sensible à ça. Et donc, à partir de là, l'homme, il s'est examiné une fois. On a les testicules sur la table. Du coup, s'il faut repasser l'urologue pour examiner l'apostate et pas les valards, les hommes, ils ont beaucoup moins de complexe que ceux qui n'ont jamais consulté pour cette sujeur-là.
- Speaker #2
Je pense qu'il faut avoir un message clair. Il ne faut pas que cet inquiet qui étude soit un frein à la vasectomie. Aujourd'hui, on le sait, comme tu l'as dit, quand on s'intéresse vraiment aux chiffres donnés de la littérature scientifique, si on regarde vraiment les chiffres des patients après vasectomie qui ont un suivi régulier du PSA, en comparaison avec d'autres qui n'ont pas eu de vasectomie, le sur-risque de cancer de la prostate est quasiment nul. Donc c'est important d'apporter un maximum d'informations, de pouvoir répondre clairement aux questions des patients. Et sur cette question-là, je pense qu'on peut...
- Speaker #1
dans l'état actuel de nos connaissances dire qu'il ne faut pas avoir cette inquiétude ne pas penser après je vais paraphraser Michel Labrecq qui est mon amie mentor et maintenant ami qui m'a expliqué quand je suis allé chez lui au Québec et comme il aborde avec les patients ces sujets là, il a dit écoutez la vasectomie ça reste une chirurgie faite par le meilleur expert au monde dans des conditions d'excellence Merci. Il n'y a aucun problème, ça reste une chirurgie, et toute chirurgie, il y a quand même un risque minime, on est de l'ordre de 0,001, minime. Si vous ne voulez pas de complication qu'il y en soit, je parle des matins, voilà. Pas grave, ne fait pas la vasectomie. Et puis quand je dis ne fait pas la vasectomie, laissez votre femme qui elle va prendre la pilule, parce qu'il y a quand même quelqu'un qui va gérer cette contraception. Ce n'est pas juste la vasectomie contre rien. C'est vasectomie versus qu'est-ce qu'elle va faire la femme. Eh bien, on parle, on parlait de l'autobrose, du cancer du sang. Mais là, le lien entre les hormones et la pilule va. Donc, il faut regarder, non pas très ponctueux ce lien,
- Speaker #2
voir dans le groupe le rapport,
- Speaker #1
le bénéfice qu'il y a à la partenaire. Et donc, si on en pense qu'il est trop précieux, faites pas mal de vasectomie.
- Speaker #2
Après, il y a aussi la question des patients qui, potentiellement, ont un contexte familial de cancer de la prostate. Peut-être que pour ce groupe de patients-là, on pourrait en discuter en amont. Mais là, on évoque.
- Speaker #1
Et que ces patients-là, j'en ai quelques-uns, c'est l'occasion d'aborder le sujet. Et donc, on va être très proactifs parce qu'on va rentrer dans une... dans une approche très proactive de diagnostic. On les informe, on les examine. Donc, on fait des PSA plus précocement. Il y a plus de patients. C'est aussi l'occasion d'eux. Il faut informer, C'est mauvais, c'est le mois de sensibiliser, d'informer. La constatation pour contraception masculine, c'est une occasion qu'il ne faut pas rater.
- Speaker #2
Exactement. Toutes les occasions sont bonnes pour le dépistage du cancer de la prostate.
- Speaker #1
Merci, David. Je rappelle à tous que tous les mardis matin on va faire des talk show on va essayer de parler sur la même chaîne youtube donc si vous voulez vous abonner n'hésitez pas on va parler des sujets on va parler d'élections on va parler de traitement hormonal on va parler des compléments alimentaires on va parler de varicocèle de la chine varicocèle de la fertilité tous les sujets qui ce qui va donc c'est un direct sur youtube et les autres plateformes
- Speaker #0
Et j'en profite que vous soyez encore avec nous quelques instants, David Benaroche. On a une question sur le live, question de Stanley, qui nous dit « Bonjour, avec ma femme depuis 10 ans, mariée depuis 7, et on ne veut pas du tout d'enfant, d'autant plus que sa maladie l'empêche de prendre la pilule. Question donc, qu'est-ce qui m'empêcherait d'envisager une vasectomie ? »
- Speaker #2
Eh bien, rien ne l'empêche. Le fait de ne pas avoir d'enfant n'est absolument pas une contre-indication à la vasectomie, ça c'est certain. Il suffit d'être majeur et d'être consentant à la chirurgie et il n'y a aucune contre-indication vis-à-vis du nombre d'enfants ou pas, ça c'est certain. Donc aucune inquiétude à ce niveau-là. En tout cas, on ne refusera pas la vasectomie à Stanley si c'est son souhait de le faire.
- Speaker #0
On sait que certains urologes neurologue refuse de faire des vasectomies à des hommes trop jeunes. Je ne sais pas quel âge il a, Stanley. Est-ce qu'effectivement, ça peut poser problème ?
- Speaker #2
Je pense qu'il ne faut pas refuser l'accès aux soins aux patients simplement pour des questions de morale personnelle. D'autant plus qu'on peut proposer, nous on propose systématiquement une conservation de sperme. dans une banque de sperme avant l'intervention qui n'est pas du tout obligatoire évidemment mais qui peut être proposée possible envisageable et on en a longuement discuté des techniques de reconstruction des canaux différents, vasovasectomie, qui sont des techniques maintenant qui sont de plus en plus connues des urologues et qui permettent, qui apportent de très bons résultats. Donc je pense, en tout cas à mon avis, c'est de ne pas refuser à un patient cette technique de contraception s'il le demande, s'il est majeur et qui consent à l'intervention.
- Speaker #0
On a apporté une réponse à Stanley dans le live sur Youtube.
- Speaker #1
Donc oui, je crois qu'on est face à des hommes qui sont informés, qui sont éduqués. on n'est plus comme disait notre ami canadien au moyen âge de la contraception par la pilule tout au long de la vie d'une femme donc ça se discute il y a du pour il y a du contre il n'y a pas de contraception parfaite quelle que soit même le préservatif avec les risques c'est quand même une méthode très risquée avec un taux d'échec qui est pas négligeable oui il y a des contraceptions ça se discute il n'y a qu'une seule règle pour ma part d'être dans une logique de définitivement même si on peut définitive définitive c'est la seule règle ce temps qu'un homme quel que soit son âge il est dans un souci de préserver sa fertilité naturel pour plus tard Voilà, donc non, pas de vasectomie dans ce cas-là.
- Speaker #0
Parfait, merci beaucoup David Benaroche. Vous travaillez donc avec le Dr Hupertan au cabinet Urologie Paris Opéra. Vous êtes venu pas très loin, vous êtes au bureau d'à côté.
- Speaker #2
Exactement, j'étais dans le bureau juste à côté, donc c'était très pratique.
- Speaker #0
Merci à vous deux, Dr Vincent Hupertan et Dr David Benaroche, pour cet épisode de 1001 Vasectomies. Tout notre podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes préférées. Ausha, iTunes, Deezer, Spotify. Vous pouvez également retrouver tous les épisodes et toutes les informations sur la vasectomie sur le site du Dr. Hupertan, vasectomiparis.fr. Si vous avez une question ou un témoignage, écrivez-nous à audio.hupertan.com. Et nous, on se retrouve la semaine prochaine.