- Speaker #0
Saviez-vous que certains patients ont mal une grosse semaine après avoir bénéficié d'une vasectomie ? C'est ce qu'on appelle le syndrome du dixième jour, ou plutôt ce que le docteur Ruperton appelle le syndrome du dixième jour. Bonjour docteur.
- Speaker #1
Bonjour Cyril.
- Speaker #0
Et oui, pourtant la vasectomie est souvent présentée comme une opération légère, mini-invasive. Alors on va voir d'abord pour commencer, qui est concerné docteur ? Ça concerne beaucoup d'hommes.
- Speaker #1
On peut considérer... Sur la base des statistiques perso, via les SMS qui me sont envoyés, un homme sur dix peut décrire ce type de gêne. On n'est pas tout à fait dans la douleur, c'est entre gêne et très faible douleur, mais un homme sur dix quand même.
- Speaker #0
Alors, en termes de gêne ou de douleur, ça représente quoi ? C'est pas très fort, c'est pas très intense globalement ?
- Speaker #1
On a l'habitude d'évaluer l'intensité de la douleur à l'aide d'une chaîne visuelle analogique, la fameuse EVA, qui va de zéro absence de douleur, 10 c'est au maximum. et les statistiques sur ce qu'ils appellent, on est entre 3 et 5. Donc une douleur qui est suffisamment présente pour inciter, pour assez questionner, mais pas nécessairement dramatique au point d'aller aux urgences.
- Speaker #0
Ce n'est pas une douleur insupportable, mais on ressent quand même quelque chose, au moins une forte gêne.
- Speaker #1
La gêne, elle est toujours là.
- Speaker #0
Alors elle a quel niveau, la gêne ? Comment ça se passe ? C'est quoi la douleur qu'on ressent ?
- Speaker #1
Le plus souvent, ce qui est assez typique, elle est décrite non pas au niveau... de la zone qui a été opérée, non pas au niveau des testicules, mais le plus souvent au niveau du bas-ventre. C'est l'endroit où le canal différent, qui a été sectionné, va quitter l'extérieur, va rentrer dans la cavité abdominale, au niveau de l'orifice inguinaire. au niveau de l'œufie cinguinale, c'est à cet endroit donc, elle est perçue en bas du ventre, donc c'est une douleur qui survient après un intervalle libre, à savoir aucune douleur post-opératoire immédiat, rarement des deux côtés, le plus souvent d'un seul côté, est ressentie au niveau du bas ventre et parfois une petite douleur juste au dessus du testicule.
- Speaker #0
Et c'est quoi, c'est comme un picotement, comme un tiraillement, comme... comment on pourrait décrire ça ?
- Speaker #1
C'est décrit, ça brûle, ça tiraille, ça fait mal, les termes sont variés mais on est plutôt dans ce type de tiraillement si vous voulez.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce qui explique cette douleur ? Quel est le phénomène derrière cette gêne ?
- Speaker #1
Le phénomène, c'est assez typique, c'est que lorsqu'on va couper le canal différent, il veut se réparer.
- Speaker #0
C'est ce qu'on a expliqué dans un précédent épisode, le canal essaie de recanaliser.
- Speaker #1
Exactement. Et comme pour empêcher la réparation, on réalise notamment la fameuse interruption des facias, les deux fragments ne sont pas en contact. Cela étant, le canal, l'extrémité... l'extrémité inférieure va envoyer une espèce de bourgeon qui va créer un granulome de tissu qui va essayer de trouver l'autre extrémité pour pouvoir rétablir la continuité.
- Speaker #0
Et c'est ça qui est douloureux, c'est une inflammation, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est le processus de réparation, donc le corps, lorsque l'on a une section, la première chose qui se passe, c'est que le corps envoie En première ligne, des cellules inflammatoires qui vont fabriquer un tronc de collagène qui vont colmater la brèche. Donc c'est l'inflammation du grand lomb de cicatrisation.
- Speaker #0
Dans le 1 cas sur 10 où ça arrive, quelle est la bonne réaction ?
- Speaker #1
La vasectomie, c'est une intervention qui est particulière. Je crois que l'équipe doit créer un lien particulier avec les patients parce que ça génère... de l'anxiété. Donc, il faut qu'il y ait un lien. Idéalement, il faut pouvoir contacter soit le chirurgien, soit l'équipe qui a réalisé l'intervention.
- Speaker #0
Vous, dans votre cas, par exemple, vous laissez votre numéro de téléphone portable au... patients pour qu'ils puissent vous contacter ?
- Speaker #1
C'est quelque chose de très récent, car au début de mon activité, comme tout le monde, on a dit, s'il y a un problème, vous appelez les urgences, vous appelez la clinique, et puis je me suis rendu compte que finalement, c'est beaucoup plus simple. Donc, tous les patients, tous, doivent me contacter, de préférence par SMS, et en trois SMS, voire un appel, le plus souvent, l'histoire est réglée.
- Speaker #0
Oui, vous me disiez que souvent, il y avait un petit peu le côté psychologique qui jouait le simple fait de s'appeler quelques minutes, et en fait, un jour ou deux après, ça a été
- Speaker #1
ça allait déjà beaucoup mieux ? Déjà, vous voyez, quand je vois les échanges que j'ai avec les patients, c'est rarement que ça aboutit à une consultation. Évidemment, il faut examiner. Je m'arrange pour recevoir très rapidement les patients pour les examiner parce qu'un SMS ou la consultation vidéo, qu'il faut éviter d'ailleurs, ne remplace pas l'examen clinique. Il faut mettre les doigts, examiner les gens, voir ce qui se passe. Et que souvent, on a trois SMS, trois échanges, un appel, l'histoire est réglée. Donc, c'est très facile parce qu'il y a ces dimensions très psychologiques de ces douleurs. Qui d'ailleurs, rappelons-le, ça survient après 3-4 jours, une semaine avec zéro douleur au minimum.
- Speaker #0
On était très bien et là, il y a une douleur qui est plus vive et on se dit, ce n'est pas normal.
- Speaker #1
Oui, et le réflexe, c'est quoi ? C'est une infection.
- Speaker #0
Alors, vous disiez également... On évite d'aller, si possible, aux urgences ou d'appeler SOS médecin parce qu'ils connaissent moins bien qu'un neurologue la vasectomie.
- Speaker #1
Non, le message est simple. Si vous avez quelque chose d'atypique, d'anormal, qui n'était pas prévu, il faut pouvoir contacter un médecin. Idéalement, contacter le chirurgien qui vous opère et voir l'équipe qui a les interventions. Mais bien sûr, si le médecin n'est pas joignable, s'il est en vacances, il est absent, il faut pouvoir être examiné. Mais évitez la vidéo. Il faut être examiné in situ avec quelqu'un qui, avec son expérience, va voir si tout se passe bien, au besoin, à l'aide d'une échographie, etc. Mais il faut être examiné par un médecin, quel qu'il soit.
- Speaker #0
Donc en priorité l'urologue, et si jamais il n'est pas disponible, SOS médecin ou les urgences, ou un généraliste peut-être ?
- Speaker #1
N'importe qui, il faut qu'il y ait... Alors idéalement, encore une fois, c'est quelqu'un qui a l'habitude. Or, pour l'instant, la vasectomie est quand même très méconnue par la plupart des équipes médicales. Mais... C'est en cours, on commence à savoir comment ça se passe. Donc il y a des messages qui sont passés au niveau des médecins pour savoir comment gérer, notamment ce contexte qui est très anxiogène de la vasectomie.
- Speaker #0
Ces douleurs du dixième jour, est-ce qu'elles arrivent quand on fait mal quelque chose, quand on ne suit pas les consignes de l'urologue, ou alors ça peut arriver à tout le monde ?
- Speaker #1
Un certain nombre des hommes m'avouent ne pas avoir respecté comme ceux qui n'avaient pas du tout mal. Ou ceux qui pensaient que, par exemple, le couper du bois, évidemment, sur ma fiche d'information, ce n'est pas marqué, il faut éviter de couper du bois, mais moi, c'est du bon sens. Je crois que pour le post-opératoire, il y a des consignes de bon sens. Une semaine de repos, une semaine pour éviter les déplacements, une semaine sans aucune éjaculation et éviter les transports, les déplacements.
- Speaker #0
On évite le sport aussi ?
- Speaker #1
Une semaine. Aucune activité sportive.
- Speaker #0
On parlait aussi dans notre épisode du jogstrap. Il peut être utile dans ce cas-là ?
- Speaker #1
Lorsqu'on a mal, il faut avant tout rassurer. Deux, il faut soulager la douleur. Et l'élément... clé, c'est le jockstrap qui assure le maintien de testicules et il complète bien sûr les moyens anti-inflammatoires qui sont les anti-inflammatoires plus la cryothérapie. Donc il faut récapituler. Post-opératoire après vasectomie, repos. On évite les déplacements, cryothérapie, jockstrap, et si besoin, de temps en temps, on peut prescrire un anti-inflammatoire.
- Speaker #0
Alors cryothérapie, ça va être le paquet de petits pois congelés qu'on va mettre sur la zone qui fait mal. Et le jockstrap, juste pour expliquer ce que c'est, c'est un dispositif, c'est une sorte de slip qui va maintenir tout ça en place, c'est ça ?
- Speaker #1
qui empêche les vibrations, que le testicule soit très mobile, donc assure une certaine immobilité. Vous savez, c'est comme une attelle, c'est exactement la même logique. La logique de l'attelle, sauf que ce n'est pas une attelle, c'est un jogstrap qui va renforcer le caleçon, le boxer, et assurer l'immobilité de testicule.
- Speaker #0
On résume la petite checklist pour éviter ce syndrome du dixième jour. Grand 1, si jamais ça arrive, c'est pas logique comment ça se passe, grand 1, on adapte son emploi du temps pour se remettre de l'opération. en gros une semaine de repos après avoir bénéficié de la vasectomie c'est bien ça docteur ? absolument grand 2 on suit les consignes pas de sport pas d'activité sexuelle pas de coupage de bois pas de choses de ce genre et si jamais il y a quand même des douleurs et bien on contacte le plus possible un médecin il faut contacter son chirurgien si possible ou bien un médecin pour être examiné Cet épisode touche déjà à sa fin. Merci beaucoup, docteur Huppertan. Merci. C'était passionnant, comme à chaque fois. Et vous, avez-vous peur de ce syndrome du dixième jour ? Au contraire, cet épisode vous a-t-il rassuré sur les éventuelles douleurs que vous pouvez ressentir après une vasectomie ? Dites-le nous en nous écrivant à audio.huppertan.com. Vous pouvez également, avec cette adresse e-mail, nous écrire, nous interpeller, nous poser d'autres questions. Et puis, si vous avez aimé ce podcast, n'hésitez pas à mettre un j'aime, à le commenter également. Ça permet à d'autres personnes de découvrir cette émission. Et puis, partagez-la également à votre frère, à votre ami, à votre mari ou votre cousin. Bref, n'importe quel homme ou couple dans votre entourage que cela peut intéresser. Nous, on se retrouve la semaine prochaine, docteur. On vous racontera l'histoire de Jean-Marc. Il vient d'avoir 50 ans. Et pour lui, la vasectomie, ça a été salvateur afin de ne plus du tout être inquiété par une éventuelle grossesse. À la semaine prochaine.