- Speaker #0
Et c'est parti, on y va !
- Speaker #1
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans 12 points, le podcast qui décrypte...
- Speaker #0
L'envision !
- Speaker #1
Aujourd'hui, on fait un épisode de le masque et la plume, un épisode où nous allons parler sérieusement. J'aurais pu porter mes lunettes, Quentin, aujourd'hui pour ta... accompagner dans cet épisode, mais non, je ne l'ai pas fait parce que je vois très bien. Et en fait, nous allons aujourd'hui parler d'Eurovision et de la littérature. On a sorti notre livre Eurovision, la petite histoire du grand concours avec toute l'équipe du podcast il y a maintenant presque deux ans. Et en fait, depuis, de nouveaux ouvrages sont parus sur le marché, à commencer par Fabien Rondan, journaliste culture chez 20 minutes et fidèle de l'émission, présent à nos côtés depuis les débuts du podcast. Il explore l'Eurovision comme un espace de liberté et de visibilité à travers son ouvrage Queerovision. Il retrace l'histoire du concours comme un miroir essentiel des luttes et des identités LGBTQIA+. On l'applaudit fort. Bonsoir Fabien. Bonsoir Thomas. Bonsoir à tous. Deuxième invité aujourd'hui à avoir sorti un livre, Sébastien Apioti, maître de conférence au CELSA Sorbonne Université. Il étudie le concours sous l'angle des sciences de l'information et de la communication. Co-fondateur du réseau de recherche international ENCORE, Eurovision Network for Collaborative Research and Exploration. Il présente Comprendre l'Eurovision que je vous présente ici. Ouvrage collectif, co-dirigé avec Lisa Boltz ici derrière, qui mobilise 15 chercheurs et experts autour du monde pour décrypter les rouages de ce méga événement. Bonsoir Sébastien, bienvenue ! Bonsoir tout le monde ! Et enfin, nous avons Florent Parmentier, à ma gauche, secrétaire général du CIVIPOF Sciences Po. Il analyse le concours comme un miroir des relations internationales, avec son ouvrage géopolitique de l'Eurovision... co-écrit avec Cyril Bret, il nous montre comment cette compétition est devenue un véritable instrument de soft power et la bande sont des fractures diplomatiques de l'Europe. Bonsoir Florent !
- Speaker #2
Bonsoir Thomas, bonsoir à tous !
- Speaker #1
Alors voilà, quatre ouvrages... Je vais quand même vous... Ah oui ! Qui ne connaîtraient pas bien notre bouquin, le voici et surtout pour la photographe. Je présente également notre ouvrage La petite histoire du grand concours Qui évoque l'Eurovision comme on le fait dans le podcast Sous ses diverses thématiques Et on commence du coup tout de suite Cette émission Eurovision et littérature Alors je salue également Agathe et Vincent Qui sont dans la salle Merci beaucoup à vous ! et qui nous rejoindront au cours de l'émission. On va commencer avec cette première partie, messieurs, qui va évoquer le déclic de l'écriture. Moi, ce que j'aimerais comprendre, c'est qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire sur l'Eurovision ? L'Eurovision qui est un peu vue en France comme quelque chose d'assez kitsch, difficile à aller traiter de manière assez sérieuse. Et je voudrais commencer par toi, Florent. Qu'est-ce qui t'a donné l'envie et donné cette possibilité d'écrire autour de l'Eurovision ?
- Speaker #2
C'est vrai que les décisions d'écrire sont toujours un peu personnelles, c'est des processus longs, compliqués parfois, etc. Donc il y a plusieurs choses. Premier élément, si on regarde l'Eurovision depuis ailleurs que la France, moi je suis plutôt quelqu'un qui ai fait des sciences politiques, je me suis intéressé à l'espace post-soviétique, ce qui s'est passé après l'Union soviétique, la Moldavie, l'Ukraine, avant que ce soit la mode. Et le premier élément, c'est que je me suis dit, c'est curieux, en fait, il y a énormément d'échos sur le concours à l'extérieur. Et finalement, assez peu en France. Ça, je me suis dit, il y a un premier paradoxe. Un livre, il mérite d'être écrit quand il y a un paradoxe et je n'arrive pas totalement à l'expliquer, donc il faut à un moment l'écrire. Ça prend plus de temps, mais au moins on arrive à une réponse qui est un peu plus satisfaisante. Deuxième élément, c'était de se dire, là aussi, qu'il y avait vraiment une différence assez nette entre l'écho, l'ampleur qu'a ce concours, 166 millions de personnes qui le regardent en 2025, qui vivent un concours parce que ce n'est pas seulement un soir de mai. C'est finalement tout au long de l'année qu'il y a des vrais geeks qui sont là et qui sont présents et qui regardent un peu les différents éléments. Donc là aussi, je me suis dit, tiens, il y a vraiment une différence très nette entre la manière dont on le présente en France, où c'est vu, et puis la manière telle qu'elle se vit pour beaucoup. Donc là, il y avait un deuxième élément. Et donc, au-delà de ça, en fait, je me suis dit, c'est quand même frappant. On parle systématiquement à chaque fois de blocs de vote. On parle des pays qui sont participants, etc. Mais je me suis dit... où est-ce qu'on peut aller avec tout ça ? tout ça. Et on peut aller assez loin, en tout cas, il y a énormément de choses là-dessus à creuser, et de paradoxes de l'Eurovision.
- Speaker #3
Et justement, je prolonge la première question de Thomas, d'un point de vue chronologique, entre guillemets, quelle est ton analyse sur pourquoi tu as écrit ce bouquin maintenant ? en 2026 ou 2025, le temps de l'écriture ? Pourquoi c'est maintenant et ce n'était pas il y a 5 ans, ce n'était pas il y a 10 ans, ce n'était pas il y a 15 ans ? Est-ce que le contexte français ne serait pas justement en train de changer ? Et avec différentes approches, que ce soit dans le monde académique ou dans le monde médiatique, qu'est-ce qui là t'a poussé maintenant ? maintenant à sortir ce bouquin en 2026 ?
- Speaker #2
Alors, ça fait... D'abord, il y a le concours tel qu'on le regarde. Ça, c'est arrivé depuis... Enfin, on a tous entendu parler du concours enfant. Et puis, il y a tel qu'on l'analyse. Ça devient un objet, on va dire, pour moi, vers 2014. Vers 2014, on a une première guerre entre la Russie et l'Ukraine. Et on voit que l'Eurovision est un petit peu ce terrain de jeu dans lequel, et côté russe et côté ukrainien, on commence à se poser la question. Puis après, on écrit... j'allais dire un peu plus et puis en creusant en 2022 j'ai eu l'opportunité là aussi de faire le live géopolitique du monde et ça quand le monde s'intéresse à un sujet on se dit eh bien il y a quelque chose qui rentre moins dans enfin un peu plus dans le mainstream mais un peu moins dans ce qui est marginal et puis après ça a été finalement après 2022 énormément d'interrogations dessus énormément de reprises et donc c'est ça je pense qui a mené c'est un peu un cheminement qui nous amène vers là Et alors,
- Speaker #1
2014, c'est aussi une grande année pour l'Eurovision, puisque c'est une année un peu de changement dans la représentation LGBTQIA+, avec la victoire de Conchita Wurst. Et du coup, la transition est formidable. Fabien, qu'est-ce qui t'a donné envie et le déclic d'écrire Queerovision, la plus grande scène du monde ?
- Speaker #4
C'est vrai que 2014 a été le moment de changement, où je suis passé aussi de simple spectateur de l'Eurovision à journaliste qui va parler de l'Eurovision, puisque le premier concours que j'ai couvert fait le concours suivant, 2015, à Vienne, que je couvre depuis tous les ans, pour 20 minutes, et l'envie d'écrire un livre sur l'Eurovision m'est venue, on va dire, vers 2021, 2022, quand je me suis dit que toute cette expérience ou ces concours, ça faisait 5-6 ans que j'y allais tous les ans, était riche en anecdotes, en histoires personnelles, sur les artistes qui viennent raconter. raconter quelque chose, qui vivent parfois des choses très personnelles ou qui s'expriment ou qui expriment des choses très personnelles à travers leurs chansons. Et avec ce constat effectivement qui était fait qu'il y a très peu de livres francophones sur l'Eurovision. Donc c'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à essayer de contacter des maisons d'édition pour dire voilà, c'est un chant qui n'est jamais évoqué, qui nous donne finalement place. place à très peu de livres. Donc, il y a des choses à dire, il y a des choses à faire et peut-être que je peux faire quelque chose.
- Speaker #1
Et le prisme LGBT, spécifiquement, comment il t'est venu pour traiter ce programme ?
- Speaker #4
En fait, il est venu progressivement. Au début, je me suis dit, si je veux écrire un livre sur l'Eurovision, il faut que j'ai un angle assez généraliste. Et donc, je commençais à contacter les maisons d'édition, soit directement, soit par des intermédiaires, en me disant, voilà, je peux, par exemple, faire mes mémoires de l'Eurovision, raconter comment ça se passe en coulisses, ce qui a pu Merci. se passer un petit peu comme petit conflit par exemple entre tel et tel artiste ou comment tel artiste a vécu un vrai chemin de croix dans sa préparation à l'Eurovision et la réponse qui était faite le plus souvent pour schématiser c'est un peu ah mais l'Eurovision ça n'intéresse personne c'est un soir dans l'année. It's a niche c'est ça, c'est niche et j'avais quand même en tête cette idée que quand on va dans une librairie quand on va à la FNAC par exemple on peut voir dans le rayon Merci. on se porte 5-6 livres sur le tennis de table. Je me dis, si on peut avoir des livres sur le tennis de table, on peut avoir des livres sur le tennis de table. Mais dire, voilà, je pense qu'il y a de la place pour tout. Et puis surtout, moi, je suis convaincu que l'Eurovision, en fait, c'est un support et ça permet d'analyser des questions à travers la pop culture, des questions géopolitiques, des questions sociétales. Et donc, en fait, que c'est un matériau interro très... très riche pour ça. Et donc, il y a eu plein de portes fermées comme ça. Puis, est arrivé 2024 ou 2023 plutôt. 2023, quand vous avez commencé à travailler sur votre livre... On a montré la voie. Mais voilà, en fait, je me suis dit, oui, il y a des éditeurs qui sont ouverts à ça. J'ai gardé ça dans un coin de ma tête et j'ai laissé la vie suivre son cours. cours et puis quand j'étais Au concours à Malmeux, c'était 2024, j'ai été contacté sur Instagram en DM par un éditeur qui me dit « Bonjour, je relis vos articles avec intérêt. Je pense qu'il y a un problème. » il y a quelque chose à faire au sujet de l'Eurovision, un livre. Est-ce qu'on pourrait se rencontrer ? Et donc, effectivement, on s'est rencontrés. Et moi qui avais justement essayé d'être le plus possible, malléable au potentiel volontaire. t'es en vie des éditeurs je m'étais dit, allez on y va dans des angles assez généralistes, j'étais allé même jusqu'à me dire, bon je vous propose par exemple les 200 chansons de l'Eurovision qu'il faut connaître qui raconteraient et du coup c'est comme ça que de fil en aiguille t'es venu à traiter LGBT et voilà, et en fait le truc c'est au final ce qui fait que les choses retombent bien, c'est qu'en discutant avec cet éditeur qui s'appelle Double Ponctuation qui publie essentiellement
- Speaker #1
des livres sur des thématiques féministes ou sur les minorités telles que les personnes LGBT dans la discussion en fait je me suis autorisé à dire mais je pense qu'il y a quelque chose à faire sur les identités LGBT à l'Eurovision et tu as eu raison et il y a encore autre chose à faire avec l'Eurovision et de manière très récente également Sébastien Apioti avec Lisa Bolch vous avez lancé du coup cet ouvrage Comprendre l'Eurovision qui est co-dirigé et c'est un ouvrage collectif de plusieurs penseurs et penseuses autour de l'Eurovision. Et vous, vous êtes vraiment le témoin d'une transition de ringardise à une légitimité scientifique quelque part, parce que c'est dans le cadre de recherche universitaire que vous sortez cet ouvrage. Comment vous avez réussi et comment vous est venue l'idée du coup de sortir, comprendre l'Eurovision politique publique imaginaire européen. Et imaginaire européen, pardon, chez MKF Éditions. Je rappelle que Géopolitique de l'Eurovision est édité chez Bréal. Et ce que tu diras, Marc ?
- Speaker #0
Merci, Thomas, pour le placement de produit. Alors, comment nous est venue l'idée ? En fait, je dirais que c'est en trois étapes. La première, c'est avec certains collègues du CELSA, donc l'école où j'enseigne et je cherche. On a eu l'idée d'abord de fonder une sorte de groupe de recherche informelle sur l'Eurovision. Et dans ce cadre-là, dans un premier temps, on a souhaité, comme l'a très bien expliqué Florence, c'est-à-dire voir ce qui se faisait un peu à la fois en France et à l'étranger. Et donc, on a organisé un séminaire. on voulait entendre... on voulait entendre parler des gens. On a eu par exemple l'idée d'inviter le meilleur podcast sur l'Eurovision, en tout cas à l'échelle francophone, c'est-à-dire vous.
- Speaker #1
Oh là là, merci !
- Speaker #0
Spoiler démagogique, 12 points à un chapitre dans notre ouvrage. Donc pour entendre justement se nourrir encore une fois de ces pensées, comme tu l'as dit. Et c'est dans un troisième temps qu'on s'est dit, pourquoi pas en faire un livre ? parce que l'objet livre aussi a une symbolique et tu l'as dit, il joue un rôle légitimant il a le mérite d'exister il y a encore dans l'imaginaire collectif justement ce poids ou cette symbolique du livre à la fois chez les journalistes ça vous légitime, vous avez quelque chose à présenter vous êtes l'expert d'eux et puis vous pouvez faire du placement de produits mais plus largement au delà de cette question là, ça permet aussi de juste dire ce qu'on sait faire à l'université et nos missions de service public Merci. c'est-à-dire notamment pour nous quelque chose qui est important avec Lisa et les autres chercheurs, c'est-à-dire produire des savoirs qui sont utiles pour la société et pas simplement légitimes pour grosso modo trois pelées et quatre tons de vue, c'est important. Donc pour reprendre le tennis de table, moi je prendrais le curling par exemple. C'est-à-dire qu'il y a bien des recherches qui sont financées par exemple sur le curling. Voilà, prenez votre sport préféré du coup.
- Speaker #1
Mais plus côté physique alors. On va calculer les vecteurs.
- Speaker #0
Pourquoi pas. Pourquoi ? Pourquoi pas sur l'Eurovision ? Pour moi, c'est important. Et le dernier point, c'est, je dirais, finalement, c'est le paradoxe qui a relevé Florent, c'est-à-dire qui a besoin d'un livre ? Et je pense que... Alors certes, on espère avoir des lecteurs, mais je dirais que c'est avant tout nous, en tant que chercheurs, qui avons besoin de se dire que c'était possible, comme l'a dit Florent, comme l'a dit Fabien, de se dire que c'était possible d'aller jusqu'au bout de cette aventure éditoriale. Et la preuve, du coup, il y a quatre livres sur la table.
- Speaker #3
Et justement, je rebondis sur un élément élément, Fabien, de ta réponse. Tu t'as expliqué qu'il y avait, dans un premier temps, en tout cas, chez les éditeurs, une espèce de froideur en disant « c'est pas porteur, c'est trop niche, on n'y croit pas trop » . Est-ce que, là, on a compris maintenant que tu avais réussi à trouver un éditeur qui te faisait confiance et voir sur la thématique qui te plaisait en plus particulièrement. Est-ce que, Florent, par exemple, chez Studi Ramabréal, est-ce que c'était une forme de commande, cet ouvrage, ou est-ce que c'est toi qui leur as proposé, dans une collection, je précise que c'est une collection sur L'œil géopolitique donc. La géopolitique du sport, la géopolitique de la chanson, la géopolitique dans tout un tas de thématiques. C'est plutôt toi qui as été au devant de cet éditeur ou c'est comme Fabien, c'est un éditeur qui est venu te chercher là-dessus ?
- Speaker #2
Alors c'est plutôt moi qui l'ai proposé pour le coup. Avec quel... Je ne sais pas s'il y a une géopolitique du tennis de table qui a été publiée. Je ne sais pas encore. Dans Marti Suprême, on voit qu'il y en a. Du curling non plus, d'ailleurs. Il y a probablement des sujets à traiter. Et donc, ça a été... plutôt une démarche en se disant aussi bien que c'était l'occasion aussi cette année en particulier, cette année c'est les 70 ans et donc on se dit bien 70 ans 70 compétitions puisque là il y a une 71ème qui avait été annulée en 2020 c'était aussi l'occasion de faire un bilan il y a à la fois j'allais dire un livre c'est la rencontre il faut avoir une vision particulière,
- Speaker #1
des choses à dire et puis un moment et donc ce moment c'est aussi je pense celui des 70 ans c'est bien aussi d'utiliser les bons atouts marketing pour savoir vendre un livre Merci. CQFD.
- Speaker #3
Ceci est un message subliminal pour quelqu'un.
- Speaker #4
Je voulais rajouter effectivement que la question c'est vraiment la légitimité mais que je retrouve dans l'exercice de mon métier quand je dis que je vais couvrir l'Eurovision pendant 10 jours sur place et avec un succès en termes d'audience pour mon métier. C'est qu'il y a un intérêt pour ça mais il y a toujours ce côté, cette légitimité qui est toujours à aller chercher, défendre alors que par exemple pour le football ça va de soi, même pour le rugby ça va de soi et sur ce regard français effectivement c'est vrai qu'il y a cette image auprès du grand public que oui l'Eurovision c'est kitsch c'est ringard, enfin c'est des a priori en tout cas c'est juste festif, c'est juste un divertissement et même le fait de m'autoproclamer expert Eurovision parce que j'interviens aussi auprès de médias Tu peux le dire. plein de collègues, mais c'est vraiment quelque chose aussi un peu comme du retournement du stigmate. Parce que certains l'utilisent sur les réseaux sociaux en mode, regardez les conneries qu'ils racontent, ils se disent experts de l'Eurovision, donc ça en dit long, mais en même temps, pourquoi est-ce qu'on a des émissions à la télévision où on va débriefer des matchs de foot qui se sont passés pendant des heures et des heures, pourquoi est-ce que ça serait plus intéressant ou moins intéressant que de passer en revue les chansons en lice à l'Eurovision et de dire dire voilà qu'est-ce qu'elle raconte, pourquoi est-ce qu'elles sont bien, pas bien, intéressantes ou non. Et c'est toujours ce regard-là. Et je pense que c'est aussi à la croise du thème de mon livre qui est les questions LGBT. Finalement, c'est un concours qui est très important pour les personnes LGBT. Et donc, comme ça ne fait pas partie du regard ou du prisme dominant, c'est négligé et mis de côté.
- Speaker #1
Eh bien, merci pour ces réponses. On va maintenant passer au cœur des sujets de vos travaux respectifs. avec un premier angle autour de la géopolitique et de la sociologie de l'Eurovision qui sont abordées dans vos ouvrages. Puisqu'en fait, on l'évoque, et c'est ce que nous, on fait dans le podcast maintenant depuis cinq ans, l'Eurovision, au-delà de l'événement festif qu'il est, c'est aussi un laboratoire d'identité et de valeur européenne. Et ça, c'est vraiment très fort. Et c'est quelque chose qu'on a pu observer de manière très nette dans ton ouvrage, Florent. Est-ce que tu peux nous décrire un peu plus que l'Eurovision est comme symbole en termes de géopolitique ? sur Tui ?
- Speaker #2
Alors, il y a énormément à dire et en fait, pendant très longtemps, j'ai une dizaine d'années à peu près, chaque année, il y a 2-3 personnes qui me demandent « Tiens, on a envie d'avoir un angle originel sur la géopolitique, on va parler de... Enfin, un angle originel sur l'Eurovision, on va parler de géopolitique de l'Eurovision. » Alors, première année, on se dit « Tiens, c'est marrant, c'est intéressant. » Puis la deuxième année, on le fait quelques fois et parfois, on se dit « Tiens, on a envie quand même d'aller un peu plus loin. » C'est-à-dire, on sait Merci. Je vais vous faire quelque chose. Tous les aficionados le savent. Cette année, il est très vraisemblable que la Roumanie donne 12 points à la Moldavie et que la Moldavie donne 12 points à la Roumanie. Jusqu'à présent, il n'y aura rien de nouveau là-dessus. Et je veux dire, on peut aller sur place, on peut demander, etc. Il y a plein de raisons historiques. Donc pour quelqu'un qui s'intéresse aux questions européennes depuis une vingtaine d'années, j'allais dire que c'est un terrain très très riche parce que ça montre en fait non pas l'Europe à travers les institutions, mais plutôt l'Europe à travers les ressorts émotionnels. Et ça, c'est tout à fait frappant. Et il y a, je pense, quelque chose qu'avait dit Jacques Attali à la fin des années 70 dans un bouquin qui s'appelait « Bruit » , qui était l'idée selon laquelle la musique est prophétique. Elle annonce quelque chose. Je me suis dit, Marion, deux idées. Disons que l'Eurovision est un reflet déformant de l'Europe. Et disons à la fois que l'Eurovision, c'est... enfin avec la musique anticipée. L'Eurovision, est-ce que c'est une forme d'anticiper de ce qu'est l'Europe ? C'est une idée qui est venue de manière assez simple. Et en y réfléchissant, il y a quand même quelques éléments. Et il y a une expérience personnelle qui me l'a confirmé. Je devais intervenir dans une table ronde sur l'Europe à 35. Je me suis dit, on va regarder, etc. Et donc l'Europe à 35, parfois on est en panne d'inspiration. Donc deux heures avant, je me suis dit, bon... Qu'est-ce que je peux dire de vraiment original que je n'ai pas dit ? Bon, une heure avant de partir, je me suis dit là il faut quand même se presser parce qu'il va quand même falloir parler de cet article. Je me suis dit bah tiens on va donner une idée. L'Europe à 35, en fait, on a essayé de la regarder sur une carte, mais il ne fallait pas regarder sur une carte, elle existe déjà, il suffit de l'écouter. Cette Europe à 35, c'est l'Europe de l'Eurovision. Bon, 35 participants cette année, mais ils ne sont pas tous l'Union Européenne. Mais partons de ce paradoxe, je me suis dit, eh bien, voilà les 5 leçons qu'on peut tirer sur... l'anticipation d'une Europe multiple. Et ce que nous donne déjà à voir l'Eurovision en tant qu'organisation de concours, c'est qu'il a fallu changer des institutions. La raison pour laquelle on a des demi-finales, c'est finalement l'après-89. C'est quand beaucoup d'États sont venus frapper à la porte. Et donc, partant de là, je me dis, là, on a quelque chose sur lequel... Une personne dans la salle lève la main, elle dit, voilà, commenter différents trucs. Et... Et... Alors déjà à l'époque, déjà au moment du conflit, je précise. Et il dit, ben voilà, etc. Puis j'étais intéressé à ce que disait Florent, parce que j'ai moi-même dirigé l'Union Européenne de Radio-Télévision. Ah bon ? Et donc on était au moins deux dans la salle à pouvoir savoir que, j'ai l'air, l'Eurovision ne sort pas des institutions de l'Union Européenne, mais quelque chose d'autre. Une communauté professionnelle de droit suisse, etc. Ce qu'on sait dans cette salle. Mais ce qu'on ne sait pas généralement, et ça fait partie des idées reçues souvent sur le... Partant de là, l'idée, ça a été d'essayer de voir un peu beaucoup d'idées reçues sur l'Europe et comment l'Eurovision est un peu ce terrain fertile qui nous permet de penser ces identités européennes avec ce paradoxe qui, à la fois, ça rassemble tout le monde, ça rassemble beaucoup des pays européens et puis chacun essaie de défendre sa propre stratégie, sa propre identité.
- Speaker #3
Et justement, dans un de tes chapitres de ton ouvrage, tu parles de l'Eurovision comme une forme imparfaite d'intégration politique européenne, c'est-à-dire que certains pays qui ne sont pas dans l'Union européenne... font tout un tas de démarches pour rentrer dans l'Eurovision ou dans l'UR, notamment pour jouer sur leur stratégie d'européanisation de leur image publique ou de leur national branding au niveau européen. Et Sébastien, du coup, le lien est pertinent, je pense, avec un de tes chapitres, en tout cas, pas un des tiens, mais en tout cas un des chapitres que tu as co-dirigé, celui de Joan Boitio avec le concours Eurovision de la chanson, une alternative médiatique à l'Europe politique. Et de fait, par rapport à ce que vient de dire Florent, est-ce que d'un point de vue recherche académique, on va dire pur... Ça se questionne, cette idée de double intégration européenne, à la fois dans l'Union européenne et à la fois dans l'Eurovision. Est-ce qu'il y a suffisamment d'indices qui montrent ça ? Et quelques contre-exemples. Alors bien sûr, on ne parlera pas de l'Australie, parce que géographiquement, elle n'est pas dans l'Union européenne. Enfin, elle n'est pas non plus dans le continent européen. Mais est-ce que ça peut fonctionner, d'un point de vue académique, ce rapprochement des deux dynamiques ?
- Speaker #0
Alors, ce que dit Juan Boitio dans son chapitre, justement, il dit que son titre même est une provocation. et puis après il explique pourquoi Pourquoi ? Et il explique justement son chapitre, pour le résumer pour ceux qui n'auraient pas encore lu l'ouvrage, c'est grosso modo d'interroger ce paradoxe où on a d'un côté l'UR qui se prétend apolitique et neutre et d'un côté en fait la politique. qui s'infiltrent de partout, les dynamiques de politisation qui s'infiltrent de partout, sur scène et hors scène, et finalement c'est le chapitre, voilà, et Johan justement, Boitio montre comment il y a ces dynamiques et ces stratégies de politisation à la fois dans les performances mais aussi dans la scénographie, mais aussi dans les règlements de l'UR, etc. Donc ce que j'aurais tendance à dire de manière plus large par rapport à ta question, c'est qu'en fait, d'un point de vue académique, mais aussi d'un point de vue de l'expertise sur l'Eurovision, aucun expert ou aucun chercheur ne peut prétendre seul embrasser 70 ans d'un objet aussi complexe. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible d'un point de vue disciplinaire, c'est-à-dire sociologie, géopolitique, musicologie, etc. Il y a plein, voilà, ça finit tout par « ologie » . Ça ne fonctionne pas. Et donc, en fait, pour comprendre vraiment la complexité de l'Eurovision, et par exemple la double intégration qui peut passer par la culture et par une forme molle ou souple de... de politique via l'UR. On a besoin de cette complexité-là. Et d'où le fait que, comme j'ai dit tout à l'heure, il y a ces quatre ouvrages sur la table, mais parce qu'en fait, l'objet est tellement complexe, il se rejoue chaque année. Alors, c'est les mêmes télédiffuseurs, sauf quand il y a des boycotts comme cette année, mais nouveaux artistes, nouvelles stratégies, nouveaux brandings aussi. C'est le branding des artistes. Et donc, chaque année, la partition se rejoue. Finalement, il nécessite donc cette approche complexe.
- Speaker #1
Florent, tu as dit à l'instant que l'Eurovision veut montrer une vision anticipée de l'Europe. J'ai trouvé la formule très intéressante, puisqu'on l'évoquait en introduction de cette émission. Finalement, ce qu'elle va défendre, ce sont des valeurs très occidentales, notamment, qui vont aussi faire fuir certains pays participants, notamment. Qu'est-ce qu'aujourd'hui l'Eurovision, dans ce véhicule-là, arrive à faire encore fonctionner, malgré les tensions géopolitiques ?
- Speaker #2
Alors c'est une question fondamentale et ça ne doit pas faire oublier qu'en réalité, premier élément, l'Eurovision est normalement apolitique. Donc on a ce paradoxe. On a à la fois un concours qui prétend et qui revendique son apolitisme, mais dont les tentatives, en tout cas les effets de politisation jouent à plein. C'est ce que disait très bien Sébastien auparavant. Il y a cette idée sur laquelle, eh bien, je veux dire, vous pouvez proclamer que vous êtes apolitique, mais si des acteurs sociaux prennent, sociaux, politiques ou autres, prennent le pari de se dire... on va quand même essayer de faire valoir un certain nombre de préférences politiques, sociales, personnelles, préférences, etc. C'est quelque chose qui tend à se politiser par ce biais-là. Donc il y a ce premier élément, revendication de l'apolitisme, mais une revendication qui n'est pas totalement aboutie. Deuxième élément, il ne faut pas oublier que le paradoxe, c'est que quand on pense, et c'est la conséquence de l'apolitisme, très souvent, l'Eurovision est passée à côté de certaines causes. On a eu peu de chansons sur la guerre du Vietnam. C'est quelque chose qui... qui a enflammé l'imaginaire, notamment dans les pays occidentaux, mais ça n'a pas fait l'objet de chansons, précisément pour les questions de la politisme. Ça n'a pas nécessairement soutenu toutes les causes des femmes. Certaines, oui, et certaines causes sociales, mais pas toutes. C'est intéressant de voir comment, finalement, un certain nombre de chansons... Enfin, l'Eurovision est aussi passée à côté d'un certain nombre de causes ou d'éléments engagés, quand bien même elle en a pris d'autres. Et ça, Fabien le montre très bien dans son ouvrage. Donc on a ces... Et on a ces éléments-là. Troisième élément, peut-être, c'est l'idée selon laquelle, eh bien, j'allais dire, oui, l'Eurovision affirme aujourd'hui ou est présente sur un certain nombre de causes. Et on sent bien que ça fait l'objet d'un certain nombre de critiques. Et d'ailleurs, on le voit même très récemment. Ce même mois d'avril, en Hongrie, Viktor Orban, qui avait plus ou moins poussé à sortir du concours de l'Eurovision, a été battu. Alors pas par, j'allais dire, quelqu'un qui a soutenu Orban jusqu'en 2024. Peter Magyar, dans sa campagne électorale au mois de juillet dernier, a dit « Eh bien, si jamais j'arrive au pouvoir, il serait logique, en tout cas, je souhaite... » J'encouragerais le fait que nous rentrions dans l'Eurovision. Et on pourrait regarder, il y a eu différentes réponses. La politique attentiste est toujours la politique de la Turquie. La Turquie n'a pas fait mine aujourd'hui de rejoindre le concours. Et il y a le cas de la Russie qui est radicalement différent. C'est-à-dire que la Russie est exclue du concours en 2022 en raison de la guerre en Ukraine et crée son propre Eurovision, l'Intervision. Vous avez commenté d'ailleurs sur 12 points. Avec effectivement...
- Speaker #3
On n'y est pas les mains mortes.
- Speaker #2
Avec effectivement... pour mettre au coucou Pour ce qui est vérité, mais en tout cas, ce qu'on voit là, c'est qu'il y a donc à la fois un jeu extrêmement compliqué de la part de l'UER, c'est-à-dire à la fois faire valoir de la politisme, mais tolérer et en quelque sorte aussi voir qu'il y a certaines causes qui tiennent au cœur du projet. Et dans le même temps, voir un peu ces sentiments de rejet. Donc il y a une Eurovision en réalité en 2026 qui est peut-être un peu, j'allais dire, affaiblie en son cœur. parce qu'il y a des boycotts, parce qu'il y a un certain nombre de questions sur la participation de plusieurs pays mais en même temps qui c'était la nouvelle finalement de ces deux derniers mois qui va trouver un modèle Eurovision Asie enfin Eurovision Asie, ce qui montre que le modèle est capable de s'exporter au moment même où il a fait le bilan sur le cœur, ça c'est un élément intéressant Quentin ?
- Speaker #4
Et je voulais rajouter un élément que tu viens de développer sur Florence, sur l'apolitisme il faut aussi rajouter que bien sûr ça c'est le discours officiel de l'institution EER Mais l'apolitisme ou la neutralité est une position politique. C'est-à-dire que, bien sûr, ils essayent de camoufler ça en disant « Nous sommes neutres, nous n'avons pas de valeurs » ou « Les peu de valeurs qu'on a, en fait, normalement, on n'a pas à discuter de ces valeurs » . Mais ce sont justement des valeurs politisées. Et ils essayent, et j'allais dire jusqu'à peut-être même 2014, ça s'est vu, c'est-à-dire que cet apolitisme de façade a fonctionné parce qu'il y avait une espèce de consensus assez global sur l'essentiel des valeurs de l'Eurovision. Et les pays qui étaient vraiment trop en conflit de valeurs trop brutaux sont partis. C'est-à-dire ne sont pas restés pour faire de l'intérieur une bataille culturelle. Ils sont partis. On a évoqué la Turquie, on a évoqué la Hongrie. Et là, ce qui se passe depuis 2-3 ans, c'est qu'en fait, les pays, sauf là depuis quelques mois, pendant quelques années, ils sont restés dans l'UE-R et ils ont critiqué pendant 2 ans les valeurs de l'UE-R d'apparence neutre et apolitique, ce qu'elles ne sont pas. Je prends un exemple très concret de 2026, comme ça j'arrive à le caler. C'est la Moldavie cette année qui chante « Viva Moldova » . En réalité, je comprends bien la stratégie qu'il y a derrière, mais l'EER n'a absolument rien dit sur les paroles de « Viva Moldova » qui sont extrêmement critiques vis-à-vis de la Russie, puisqu'en sous-texte, on sait bien que c'est la Russie. C'est jamais dit frontalement, mais on a compris le sous-texte. Et surtout, c'est une chanson extrêmement pro-européenne, pro-construction européenne. Donc c'est politique.
- Speaker #1
Comme c'était le cas de Juste pour les Pays-Bas il y a deux ans.
- Speaker #4
Absolument, qui était très Europapa, qui était très pro-construction européenne, circulation, espace Schengen. Il y avait même Schengen dans les paroles. C'est quand même, si ça, c'est pas politique. Et bien là, l'UER, non, non, ça c'est bon, c'est nos valeurs, donc on accepte. Sauf qu'à juste après, ils nous disent, non mais nous, on n'a pas de valeurs, on est neutre. Au bout d'un moment, les cocos, il faut trancher, il faut le dire ouvertement.
- Speaker #1
Alors justement, s'il y a des pays...
- Speaker #4
Oui,
- Speaker #3
justement pour la Moldavie, j'ai effectivement interviewé récemment l'artiste Moldav Satocci qui, dans ses propos, ne cache clairement pas le fait que sa chanson a une dimension politique où il me dit les deux raisons pour lesquelles je souhaite défendre cette chanson c'est un pour ne pas que la Moldavie disparaisse ou se fasse avaler et c'est aussi pour raconter je schématise les propos cette soif d'Europe de rejoindre l'Union Européenne la Moldavie a entamé le processus pour intégrer l'Union Européenne donc ça c'est des propos qu'il tient micro ouverts Alors que le code de conduite mis en place par l'UER justement pour notamment éviter tout propos concernant Israël interdit aux artistes dans le cadre de l'Eurovision ou d'un événement lié à l'Eurovision à l'Eurovision de prendre une prise de position politique. Là, en l'occurrence, on est dans une prise de position politique qui est celle aussi de tous les artistes ukrainiens depuis 2021-2022 qui, à chaque fois, en interview, disent qu'on ne veut pas être oublié. par le reste de l'Europe. On ne veut pas que la guerre passe au second plan. Aidez-nous, pensez encore à nous.
- Speaker #1
Et c'est ça qui prend le sous-titre de ton livre, Florent, l'Eurovision est la bande-son finalement de la construction européenne puisque chacun va venir y défendre et à... adhérer à ses valeurs, d'autres vont la quitter. Quand je parle notamment de ses valeurs, ce sont les valeurs LGBTQIA+, et la transition est parfaite puisque j'invite à Agathe de nous rejoindre sur scène. Salut Agathe, comment tu vas ? Bienvenue !
- Speaker #5
Écoutez, merci, je me sens très LGBT avec vous ce soir. Je ne me suis jamais sentie autant dans une safe place en tant qu'hétéro.
- Speaker #1
Alors, on invite Agathe sur scène pour cette fois prendre le prisme de ton ouvrage, Fabien, qui était celui de documenter l'histoire LGBTQIA+, du concours, de manière très formelle. Quelles sont toutes les histoires que tu racontes dans ton domaine ? L'ouvrage, celle qui t'a le plus marqué ?
- Speaker #3
Ah, il y en a plein. Après, celle qui m'a le plus marqué à titre personnel, c'était vraiment, je pense, Conchita Wurst, qui remporte le concours en 2014 avec A Rise Like a Phoenix. Donc, il y a Conchita Wurst, qui est une drag queen incarnée par Tom Neuwirth. Et qui arrive à un moment justement où l'Europe, notamment sur la question des droits LGBT, est traversée par la question du mariage égalitaire. Le mariage pour tous, la loi dit. Vite mariage pour tous a été mise en place en France en 2013. Et juste avant, il y a eu pendant plusieurs mois, notamment la manif pour tous, des manifestations avec des millions de personnes dans les rues qui ont été d'une violence symbolique assez grande et importante où une grande partie de la communauté LGBT française aujourd'hui garde encore, on va dire, certaines cicatrices qui ne sont pas tout à fait refermées. Et c'est vrai que cette candidature-là, elle... elle pose la question de, voilà, de quel côté êtes-vous ? Est-ce que vous êtes en soutien des droits LGBT ou non ? C'est un peu schématique de résumer ça comme ça. Mais c'est vrai que de l'avoir triomphé, Conchita, avec vote du jury, vote du public, une sorte d'unanimité auprès de tous les pays, même ceux a priori plus conservateurs, C'était comme, on va dire, un pansement. Quelque chose qui est réconforté et après, c'est une victoire symbolique qui vient réparer des violences symboliques. Et voilà, à titre personnel, c'est celle qui m'a le plus marqué.
- Speaker #5
Oui, je trouve qu'on le sent vraiment bien dans ton livre. Et il y a des questions qui se posent par rapport à ça. Tu expliques vraiment pas mal comment ce soft power aussi peut être utilisé. Est-ce que tu veux bien nous en dire quelques mots ? Parce qu'il y a quand même aussi des pays qui l'ont utilisé pas hyper ouf. Je pense à la Russie. je pense à Israël, est-ce que tu peux nous en parler un peu ?
- Speaker #3
Oui, ben Conchita Avon c'est un peu la figure qui va aussi cliver et crisper et quand on parlait de la Hongrie tout à l'heure, la Hongrie qui a quitté l'Eurovision aux alentours de 2019 je crois n'a pas dit officiellement pourquoi, mais il y avait des journalistes des porte-paroles proches d'Orban qui disaient, ben oui c'est une flottille homosexuelle, sous-entendu on est dans un espèce de divertissement woke et progressif et on ne se retrouve pas dans ces valeurs-là. Donc, on s'en va. Et c'est vrai que la question LGBT, l'Eurovision en tant que telle, ne s'est pas construite pour être une tribune pour les voix LGBT. C'est plutôt au fil des ans, et notamment dans les années 90, qu'elle l'est devenue, puisque le premier candidat ouvertement gay l'a été en 97. C'était le candidat islandais. et pourtant avant et c'est ce que je raconte dans le livre à travers les portraits, il y a eu d'autres artistes LGBT, mais dont l'homosexualité, la bisexualité étaient tues, étaient cachées, etc. Oui,
- Speaker #5
à qui aussi on conseillait de ne rien dire, carrément.
- Speaker #3
Voilà, c'est le cas de Christophe Björkman, qui pour le coup, Christophe Björkman, qui est un artiste suédois, il participe en 92 et il m'a expliqué voilà, j'ai gagné ma sélection suédoise, le Melody Festivalen, le Festival des chansons. c'était juste pour te faire dire ça t'as vu comme je suis maligne c'est très malin tu vois tu y es arrivé et il remporte cette sélection là et cette chanson parle d'un amour pour une femme et lui il m'explique mais moi à l'époque j'étais déjà ouvertement gay auprès de tout le monde, de ma famille, de mes amis c'est pas quelque chose que je cachais même si effectivement sa maison de disque lui disait oui n'insiste pas trop sur ça pour le concours va chanter ta chanson etc Il n'a pas fait un trait. bon classement et d'ailleurs quand quelques années plus tard il retentera de participer à la sélection suédoise il ira avec une chanson où il parle ouvertement de son amour pour un homme et finira dans les dernières places et ensuite il est devenu un homme fort de l'eurovision puisque dans le courant des années 2000 il est devenu notamment producteur du concours et donc il a mis sa patte sur la construction du conducteur sur en fait il a contribué à faire de l'Eurovision le divertissement que le concours est aujourd'hui avec quelque chose de très produit en public puisque jusqu'en 98 jusqu'à la fin des années 90 le concours se tient dans des salles on va dire restreintes la plupart des gens du public sont invités, il y a un côté un peu collémenté, on y va en tenue de soirée c'est très poli C'est très... voilà.
- Speaker #1
Et puis les gays sont arrivés et ils ont tout envoyé valser.
- Speaker #3
Et c'est ça. Et à la fin des années 90, l'Eurovision se déroule dans des arénas, dans des émites, enfin des équivalents, dans des salles de 10 000, 20 000 places, etc. Les fosses apparaissent. Et dans les fosses, les drapeaux arc-en-ciel de la communauté LGBT. Et petit à petit, l'Eurovision est devenue un rendez-vous important pour la communauté LGBT et aussi un endroit où les artistes LGBT se sont dit, Voilà, on peut être nous-mêmes et effectivement... L'Eurovision, c'est finalement un espace où, en dehors de toute question d'orientation sexuelle ou d'identité sexuelle, d'identité de genre, on peut s'autoriser à être soi-même, à venir raconter quelque chose de soi, à sortir d'une forme de carcan imposé peut-être par une sorte de vision de ce que doit être la pop culture.
- Speaker #1
et ce dans les deux sens parce que quand bien même tu l'évoques ce prisme LGBTQIA+. L'Eurovision permet aussi des chansons à messages très conservateurs, notamment dans les pays de l'Est, on a eu notamment Maïslové... Quentin, aide-moi. Non, tu sais, Maïslové, les femmes qui battent le beurre, là. Oui, Maïslové. Voilà.
- Speaker #3
La même année que Conti d'Avance, d'ailleurs.
- Speaker #1
Voilà, donc très intéressant pour ça. L'Eurovision mérite d'être traitée sous tous ses angles. Agathe, est-ce que tu veux rajouter quelque chose, ou on enchaîne avec quelques
- Speaker #5
quelques mots. J'ai le temps ?
- Speaker #1
Oui, vas-y.
- Speaker #5
Non, mais sinon, je m'en fiche.
- Speaker #1
Non, vas-y, on peut rajouter une question.
- Speaker #5
C'est pourtant du conducteur. Non, moi, ça m'intéressait vite fait d'aborder tout ce qui est très bien dit dans ton livre aussi, Fabien. C'est tout ce qui est côté un peu pinkwashing, notamment via le cas Tattoo qui, moi, m'a beaucoup choquée. J'avoue que je l'ai su, parce qu'on l'a su un peu plus tard, mais je ne savais pas que ça avait vraiment débuté à le revivre. vision le fait qu'en fait elles aient commencé enfin qu'on ait vraiment compris que c'était très commercial en fait tout ça Tattoo à l'époque c'était en 2003 leur participation il y avait eu tout le tout le succès de All the things she said bon voilà elles se sont vraiment passées pour un couple lesbien mais finalement un petit peu pour exciter le mal en route je ne reprends pas tes mots ce sont les miens est-ce
- Speaker #3
que tu pourrais nous en parler un petit peu c'était un peu la raison d'être du groupe Tattoo qui a été créé par un producteur enfin ce duo Ouh ! et de jouer sur une imagerie justement d'adolescentes, de lycéennes qui ont une relation, sa fille, etc. Mais ça à travers ce qu'on appelle le male gaze, donc un regard très masculin. Qu'est-ce qui peut exciter le regard masculin ? Je ne suis pas sûr que... Après, c'est ça qui est assez intéressant, c'est que c'est un groupe qui, avec le recul où aussi la communauté lesbienne s'est retrouvée dedans et même la It Is Reverie a utilisé la chanson, une de leurs chansons dans... dans sa BO et c'est redevenu un petit phénomène à toute proportion gardée. Mais c'est vrai que c'était un groupe qui était conçu par un mec hétéro avec deux femmes hétéro qui jouaient les lesbiennes pour jouer une sorte d'homosexualité très commerciale, mais qui n'allait pas raconter grand-chose. Et c'est justement à l'Eurovision, cette année-là, donc 2003, il était question qu'elles s'embrassent sur scène, qu'elles se fassent un petit smack. Et là, il y avait l'UER, là, pour le coup, qui était très conservateur en disant, non, non, il faut surtout ou pas, c'est un message, c'est un divertissement, c'est un message politique, mais on est dans un divertissement familial, donc il faut que ça reste très cadré et tout, et finalement elles ne l'ont pas fait, et après coup, au fil des années, l'une des deux membres du groupe a tenu des propos très homophobes, et essentiellement gayphobes, puisque c'était pas le côté lesbien qui semblait la déranger, mais elle disait si j'ai un fils gay, j'aurais raté quelque chose, et voilà, un homme ne doit pas être un pédé. Alors Sébastien,
- Speaker #1
dans le cadre des recherches universitaires, autour de l'Eurovision. J'imagine que cette question de la représentation LGBT, minoritaire, peu importe, a été prépondérante. Quel axe vous avez choisi quand vous avez choisi de traiter ce sujet qu'est l'Eurovision pour parler justement des sujets politiques et pas géopolitiques à travers le concours ?
- Speaker #0
En fait, on est parti du principe que pour comprendre l'Eurovision, il fallait vraiment l'appréhender comme un fait social total. Ce n'est pas moi qui dis ça, c'est un chercheur qui s'appelle Marcel Moss. Et donc ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que l'Eurovision, ce n'est pas simplement une mise en... en scène ou une arène où des états par les télédiffuseurs publics se mettent en scène mais c'est aussi des publics il y a la dimension corporelle, émotionnelle qui est importante, c'est des sons, des médias des fans plus ou moins sobres des passionnés, des industries je me tais tu peux y aller et c'est des territoires qui sont mis en scène on le voit par exemple qu'il y a tout un storytelling cette année autour de Vienne Le côté patrimonial, mais aussi les cafés, par exemple, chaque pays a un café attribué, donc il y a vraiment cet héritage viennois des cafés qui est mis en scène. Et donc ces enjeux de représentation-là, on les a traités de cette manière-là, c'est-à-dire les enjeux de représentation, alors oui, la question LGBT, pardon, la visibilité LGBTQIA+, elle est importante et elle peut parfois relever du pinkwashing, voilà, pour certaines prestations, très clairement, mais il y a aussi d'autres manières, ou en tout cas d'autres enjeux, ou rapports de pouvoir. qui agissent sur les représentations. C'est-à-dire, par exemple, la manière dont l'identité de genre féminine va être représentée. La manière aussi dont les publics, je ne sais pas, la manière dont les publics sont filmés. Les tensions qui peuvent exister entre les normes qui sont véhiculées sur scène et la question des marges, c'est-à-dire à quel point l'Eurovision, finalement, peut mettre en scène ce qu'une de nos autrices, Catherine Baker, appelle la nation queer. Et par exemple, Catherine Baker, elle est extrêmement critique Merci. sur la manière dont ce qu'elle appelle, je cite, la nation queer est représentée à l'Eurovision. Parce qu'en fait, il y a certaines formes de queerness qui sont représentées à l'Eurovision et d'autres qui ne le sont pas. Et notamment quand c'est des formes de queerness, de couleur. En tout cas, il y a un angle mort de l'Eurovision là-dessus. Et c'est bon.
- Speaker #5
Dans l'ouvrage aussi, est-ce que tu peux nous faire un petit mot sur les Gaylympics ?
- Speaker #0
Les quoi ?
- Speaker #5
Galant Pics. Je l'ai dit à l'American, Galant Pics.
- Speaker #0
J'ai cru que c'était la québécoise, mais je ne m'aventurais pas à faire l'accent.
- Speaker #5
J'aurais pu sauver des Galant Pics. J'aurais pu sauver comme ça, mais en fait, c'est choisi.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #5
Je t'en prie, c'est un bon lancement.
- Speaker #0
Plaisir d'offrir, joie de recevoir. Oui, alors ça, c'est un encart qui a été fait par Thibaut Grison, dans lequel, en fait, il s'interroge, justement, on l'a dit tout à l'heure. Fabien a parlé finalement du foot, qu'on ne se posait pas la question de la légitimité du foot. Et Thibaut Grison, il est parti de ce principe-là. En fait, l'Eurovision, c'est les Jeux Olympiques de la communauté LGBTQIA+. Et donc justement, dans ce format qu'on a prévu sur l'ouvrage, c'est des pages noires typo blanches qui sont très courtes, une page, une page et demie, où justement on est vraiment dans des formats très vulgarisés. Il s'est posé cette question-là de justement, comment... justement cette question LGBTQIA+, est représentée avec des petites pistes. Justement, qu'est-ce que c'est que le pickwashing ? Qu'est-ce que c'est que l'homonationalisme ? Qui est, par exemple, régulièrement mobilisé par un État dont on ne parle absolument jamais pour l'Eurovision depuis 2024, à savoir Israël. Voilà. Et donc, c'est-à-dire qu'il a abordé à la fois ces sujets sérieux et il explique aussi qu'il y a tout un tas de pratiques sociales. Parce que l'Eurovision c'est aussi ça, c'est les pratiques sociales, c'est les watch parties, c'est, je faisais la blague tout à l'heure sur l'alcool, mais pardon, mais ça fait partie de l'Eurovision, ça fait le kitsch aussi.
- Speaker #5
Pas chez nous, on ne boit jamais.
- Speaker #1
Ou du moins on mange 5 fruits et légumes par jour pour compenser.
- Speaker #5
Absolument.
- Speaker #0
Dont ceux qui sont dans les cocktails. Et donc oui, c'est ça qui l'a définie, c'est-à-dire à la fois la dimension politique et la dimension sociale. Parce que l'Eurovision c'est aussi ça, c'est une expérience sociale totale.
- Speaker #1
Eh bien on l'aura compris, l'Eurovision c'est beaucoup plus qu'un concours de chansons, c'est des enjeux qui dépassent la perception qu'on peut en avoir à la télé. Et j'invite Vincent à nous rejoindre sur scène !
- Speaker #6
Vincent.
- Speaker #7
Bonsoir, bonsoir. Bienvenue dans notre émission bouillon de culture à cette heure tardive de la nuit où celles et ceux qui regardent le service public sont les gardiens de parking et les insomniaques. Nous plaçons cette soirée sous le thème bien particulier de l'Eurovision, mais pas n'importe quelle Eurovision, mais c'est bien sûr... L'Eurovision dans la littérature,
- Speaker #6
que nous allons aborder ce soir. Non bon c'est bon j'arrête, Mon imitation de Bernard Pivot est plus que catastrophique, et puis de toute façon, le seul pivot que je maîtrise, c'est quand je suis sur une... Hello, hello, hello ! I'm so glad to be part of the show ! Oups, sorry, désolé pour les francophones, mais depuis que vous avez fait votre épisode sur la géopolifion, la je sais quoi, j'étais très surpris à l'écoute de découvrir que le pote... Le podcast devenait international ! Ça se pique l'anglais, je verris bien ! C'est fou, on est devenus bilingues ! Oui, c'est la même chose que bilingue, mais pour les anus. Oui, je sais, je sais, ça commence fort. Mais je pense qu'en préparant l'émission, Thomas a eu un petit peu peur, qu'on ait envie de s'ouvrir les veines avec... Avec une fourchette à huîtres, ah bah oui, vous le savez pas mais dans le conducteur il y a écrit chronique humour, Vincent prend la parole, séquence décalée pour briser le côté académique et relancer l'énergie Eh bah comme ça j'ai pas du tout la pression hein, voilà, bon, transparence totale hein, les garçons là, voilà Comme sur le service public hein, voilà, bisous Charles Fironcle Je préfère vous prévenir tout de suite, cher, charmant et estimé auteur, mea culpa, c'est du latin, Agathe, je n'ai pas lu vos bouquins. Ah mais pas le temps, pas le temps, pas le temps, je vous dis, pas le temps. Je reviens d'un mois et demi en Alsace où j'ai performé au grand cabaret de Kiervilleur, coincé entre des danseurs qui venaient des quatre coins du monde et qui avaient des corps si parfaits qu'on aurait dit qu'ils ont été sculptés par les dieux. Oh, je peux vous dire que j'ai travaillé toutes sortes de langues. Une sorte d'Erasmus finalement. Enfin plutôt Erasmus. C'est la même chose mais pour les anus. Ah, mais qu'est-ce qui me prend à parler de ma vie sexuelle comme ça en public dans une chronique ? On dirait Agathe. Aïe, Ah non, Désolé, désolé, vraiment. j'ai vraiment pas eu le temps. Néanmoins, j'applaudis vraiment votre dextérité. Non, non, c'est pas le mot. Votre passion. Non, trop faible. Ah, votre acharnement. Voilà. À vouloir écrire des ouvrages en français sur le sujet niche qu'est l'Eurovision, en sachant pertinemment que le meilleur bouquin sur ce thème est déjà sorti, à savoir le nôtre chez 12 points. Et qu'on en a vendu, ne nous mentons pas, 4 exemplaires. Et encore, c'était nos mères. Mais je le regrette, je le regrette, si vous saviez comme je regrette profondément de ne pas avoir pris le temps de lire vos ouvrages dans ces moments où j'étais en train de me faire bronzer l'arrêt sur la terrasse entre deux shows avec un spritz à la main et dans l'autre une... Ah ! Ah ! Gatte, arrête ! C'est pas possible ! Oui, je le regrette. Car nous savons toutes et tous ici, autour de cette table et dans le public, que reading is what ? Fondamental ! Et donc, dans la tradition du film Paris is Burning, je vais donc procéder à... reading de vous toutes et tous autour de cette table. Attention, ça risque de tirer à blague réelle. Le jeu de mots. Oh, Niki !
- Speaker #1
Je déclare officiellement la bibliothèque ouverte.
- Speaker #6
Faut imaginer que j'ai des lunettes. Florent Parmentier, mon petit Hachy, on m'a dit d'y aller mollo avec toi parce qu'apparemment les mecs de Sciences Po n'ont pas trop de second degré. Ok, on passe à quelqu'un d'autre. Sébastien Apioti. Alors là, pour le coup, il faut que je prenne des pincettes parce que l'année dernière à Bâle, j'ai eu droit à une scène parce que je ne l'avais pas reconnue. Tu sais, mon chou, je ne suis pas obligé de reconnaître tous les fans qui en veulent à mon corps. Vous êtes si nombreux. Néanmoins, pour me faire pardonner et pour te récompenser comme il se doit de ton ouvrage et de ton admiration pour moi, j'aimerais, mesdames et messieurs de l'assistance, qu'on l'apiotise bien fort. Fabien Randon, ce cher journaliste de 20 minutes. Ah ben au moins avec lui, pas de surprise. 20 minutes top chrono. Paf ! L'endurance est dans l'intitulé. Je peux vous dire que sachant ça et qu'à la fréquence où il est invité dans le podcast, le prochain ring qu'on va lui offrir, il sera pas pour ta serviette. Thomas, oui bon, on peut pas gagner à tous les coups.
- Speaker #3
Bah Laurent de Serviette je lui dis déjà pour ça.
- Speaker #6
C'est un format XXL. Thomas, Thomas, Thomas, plus de 20 ans d'amitié ça ne s'invente pas. Je t'ai connu dans tous tes looks les plus chatoyants. Le vaudou child au face galbé. L'animateur d'Olympiade au t-shirt coloré. Et enfin, les lunettes rondes et la barbe du professeur Biquette de Wikid. Mais qu'est-ce qui s'est passé en fait ? Quentin. Oh, Quentin. Son cerveau au service de la nation. Son velours côtelé au service de ses vestons. Sans oublier, au service des polissons. Son énorme... Et enfin, Agathe ! Ma gaga ! Oh, ma gaga ! Ma rasade de goulayant vieunier. Mon sein maternel au beurre de micelle. Ma femme des années 50 aux règles abondantes. Je t'aime. Et maintenant des blagues de chatte ! La chatte d'Agathe est tellement militante que quand on l'approche de son oreille, on peut l'entendre hurler « Ah bah, le patriarcat ! » La chatte d'Agathe est tellement militante qu'à la fin des manifs, on peut la retrouver au cul du camion en train de se décapsuler une binge avec le clit. La chatte d'Agathe est tellement militante qu'avec son pelage naturel, si on la place à côté de Gus, on n'a plus qu'une envie, appeler Pépita et Marion Genardi pour jouer à « Qui est qui ? » Bien, après tout ça, je peux déclarer la librairie officiellement fermée. Oui mes amis, chers auditeurs et auditrices, chers... Membre de cette délicieuse assemblée que vous formez ce soir, lire est fondamental. Car comme chacun sait, la lecture est le portail qui développe l'imaginaire, qui construit notre esprit critique, qui permet de faire de nous des êtres éclairés, des têtes pensantes, des passeurs d'histoire. Alors évidemment, chacun ses goûts, et je ne jugerai pas, bon peut-être un peu quand même, mais quand on voit les gros problèmes que rencontre le monde de l'édition aujourd'hui, big up aux auteurs et aux autrices des Missionnaires de chez Grasset. Les livres qui sont mis en avant dans les points relais, qui si vous ne le savez pas appartiennent au groupe Bolloré, et les unes de Paris Match sur Bardella et Marie-Claude Tille des Trois Périnées, soyons vigilants sur nos lectures. Et surtout, ne nous contentons pas d'une seule source. Cherchons, confrontons, débattons, fact-checkons comme disent les anglo-saxons. Car c'est avant tout cela qui fera de nous des bons lecteurs, des penseurs, mais surtout des rêveurs. Et Thomas ? La prochaine fois qu'on se la joue dans le podcast, Grande Librairie invite au moins Augustin Trapenard qu'il puisse, avec son consentement évidemment, faire partie de ma vie sexuelle. Merci.
- Speaker #1
Bravo ! Merci beaucoup Vincent, merci beaucoup. Restez là les amis, restez là les amis un instant. J'aimerais, avant qu'on passe à la suite, vous dire à quel point je suis... Très touché de vous avoir tous autour de ce micro ce soir parce qu'écrire autour de l'Eurovision, ça n'a pas été simple vraiment d'arriver à trouver le moyen de pouvoir le faire, d'arriver à mobiliser des fonds d'éditeurs pour pouvoir convaincre que le sujet méritait qu'on s'y attelle. Et en fait aujourd'hui vous prouvez à la suite d'autres que c'est devenu un sujet qui mérite d'être porté et d'être sanctuarisé en légitimité par l'écrit. Merci Florent, merci Sébastien, merci Fabien pour ça. Et avant de passer à la section questions-réponses du public, j'aimerais inviter mes acolytes autour de ce micro, car nous allons également parler une dernière fois de l'ouvrage que nous-mêmes avons écrit il y a maintenant de ça presque deux ans. Bravo ! Eurovision, la petite histoire du grand concours aux éditions hors collection. Qui a écrit ce chef-d'oeuvre ? C'est un ouvrage qu'on a écrit tous ensemble, tous les quatre autour de cette table et qui reprend les thématiques de notre podcast. L'histoire évidemment, la francophonie, les langues, la France, la géopolitique, la mode, etc. Les tubes ! Les tubes ! T'oublies pas les tubes ! Et c'est un livre qui nous a été commandé car l'éditeur appréciait notre travail. et voilà, merci, bonne soirée au-delà de la blague les amis je voudrais vous remercier quand même pour le travail collectif on n'a jamais eu le temps de le faire comme ça de manière commune en public après
- Speaker #5
ça nous a pris quoi, une heure chacun ?
- Speaker #1
c'est bon on a failli mettre fin à ce podcast quand même ces bouquins tous ensemble mais à coup de pas,
- Speaker #5
c'est du latin
- Speaker #1
Aujourd'hui, en 2026, quand on voit des ouvrages comme Géopolitique de l'Eurovision, le sujet que nous, nous avons aussi voulu traiter dès le début du podcast.
- Speaker #5
J'ai l'impression qu'il y a quelqu'un qui t'a coupé l'herbe sous le pied, Quentin. Tu ne lui en veux pas trop ?
- Speaker #1
Quand on voit que l'université et des chercheurs prennent le sujet de l'Eurovision, rappelons-nous d'où on vient en 2021, personne ne voulait traiter le sujet au moment où on en parlait. Quelques journalistes comme Fabien, en fait, étaient en train de battre le fer, mais ils étaient bien seuls. Et puis Queer Eurovision, où là aujourd'hui, plus personne ne se cache sur le fait que l'Eurovision soit... Qu'on est tous pédés ! Voilà, soit quelque chose...
- Speaker #4
Première nouvelle !
- Speaker #1
En tout cas, soit une icône pop LGBT. Voilà, sanctuariser notre travail dans un bouquin et voir aujourd'hui où est-ce que ça mène côté édition. Quentin, comment tu le vis aujourd'hui ?
- Speaker #4
Alors, je le vis vraiment bien à premier degré dans le sens où... de par moi, en tout cas mon métier d'enseignant chercheur, d'enseignant surtout à l'université, je me dis, là où il y a 10 ans, j'ai bataillé pour ne serait-ce faire qu'un mémoire de recherche à Paris 1 pour dire, non mais vraiment, il y a un truc scientifique, il y a un truc académique qui marche, ça peut marcher. Vraiment, on m'a dit, non, je ne crois pas. Donc j'ai quand même trouvé d'autres personnes ressources de l'université qui étaient d'accord et qui factuellement ont bien dit, mais en fait, oui, il y a des trucs sérieux qu'on peut traiter ce concours de manière académique. voir ces quatre bouquins francophones sortis en moins de deux ans, franchement, moi, je voudrais qu'il y en ait douze encore, chaque année qu'ils sortent. Ce ne sont même pas des concurrents, parce qu'on n'en vend pas. Et on ne compte pas en vendre dans les années suivantes.
- Speaker #6
Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, parce que moi, on m'arrête sans... ...dans la rue, avec des exemples. Ah, c'est mieux, c'est mieux !
- Speaker #4
Mais donc voilà, au-delà de ça, je serais très content que chaque année, il y ait quatre nouveaux bouquins qui arrivent, avec des angles différents, avec des publics différents, parce que pareil, ces quatre bouquins-là n'ont pas le même public, c'est-à-dire qu'ils ne s'adressent pas aux mêmes individus. Et justement, pour bien clôturer un peu tout le domaine, c'est bien d'avoir une variété d'axes, de méthodes et de champs lexicals d'écriture.
- Speaker #1
Agathe, toi qui n'y connaissais rien à l'Eurovision, voir ton nom aujourd'hui référencé sur Google comme co-autrice d'un bouquin autour de l'Eurovision... Alors,
- Speaker #5
je vous avoue que j'avais pensé être édité d'une autre manière pour la première fois de ma vie, puisque à mes heures perdues j'écris vraiment d'autres choses. Mais je vous remercie beaucoup d'avoir été, du coup, grâce à vous, publié pour un sujet auquel je ne connaissais rien.
- Speaker #1
Oui, car aujourd'hui on peut... plus dire que tu n'y connais plus rien. Non,
- Speaker #5
c'est vrai que bon, voilà, je me suis un peu renseignée. Pire, j'aime. Je ne le dis pas trop, je vais le faire.
- Speaker #6
C'est pas grave,
- Speaker #5
ma chérie. Déjà, pour l'exercice que ça a été, j'ai trouvé ça incroyable. Écrire un bouquin, c'est quelque chose. Écrire à 2, 4, 6, 8 mains, oui, j'ai besoin de faire le calcul. C'est aussi un challenge de malade et je suis hyper fière de ce qu'on a fait. C'est vrai que nous, on a dû aussi... militer même auprès de la je sais pas si j'ai le droit de dire la maison d'édition on a dû militer auprès de la maison d'édition aussi pour être en tête des gondoles etc ou les relais médiatiques alors que par exemple quand on est à l'Eurovision les médias veulent nous parler donc c'est un peu mais bon c'est pas grave tu penses à Julien
- Speaker #6
Baldacchino quand tu dis ça je le connais
- Speaker #1
Vincent, toi, quand on a sorti ce livre, je me souviens, tu as été très ému par l'objet, par le fait d'arriver à avoir quelque chose de tangible, de souvenir de ce podcast.
- Speaker #6
Parce qu'il est jaune.
- Speaker #1
Oui, c'est ma couleur préférée, sachez-le.
- Speaker #6
Et comme c'est la couleur préférée de Thomas et qu'on n'a pas eu le droit de choisir la couleur, c'est comme ça. C'était catchy. C'était très catchy. Non, mais c'est vrai que c'est un bel objet. Et moi, j'aime bien les beaux objets. Et voilà. Non, mais c'est vrai que c'est émouvant, en fait, d'avoir un truc et tu dis genre... C'est quand même un truc qu'on a fait ensemble et tu veux rebondir n'est-ce pas ? Et donc du coup, qu'on a fait ensemble et oui, au prix de larmes et de sueurs, mais on l'a fait et donc c'est cool.
- Speaker #4
Oui, je te rejoins Vincent, c'est-à-dire qu'on fait un podcast, enfin vraiment depuis 5 ans, et rien n'est tangible, c'est-à-dire vraiment, alors certes on rencontre des fois des auditeurs, et je trouve que ça a plutôt, c'est pas une histoire de clôture, mais en tout cas il y a une trace physique de quelque chose qu'on a fait pendant 5 ans. Et on a donné du temps et de l'énergie. Au-delà du bouquin en lui-même, c'est une trace où dans 20 ans, on retombera sur le livre qu'on a pu réaliser.
- Speaker #5
Tu as dit ça dès le départ et je repense souvent à ça et je suis d'accord. C'est une trace du boulot qu'on a pu faire et surtout de... Enfin, hé, moi je me marre bien avec vous, putain, bah ça c'est une trace de chat, quoi !
- Speaker #1
Et alors moi si je voulais rajouter une chose pour conclure cette petite parenthèse, c'est remercier Florent Parmentier, remercier Sébastien Piotier, et remercier Fabien Rondan, qui au-delà de leurs témoignages ce soir et sur leurs ouvrages que je vous représenterai en clôture de cette émission, nous ont cités dans leur bibliographie, donc on peut dire que nous avons inspiré... On n'a pas vu la route ! Nous avons inspiré et nous continuerons d'inspirer les auteurs de demain. Eurovision, la petite histoire du grand concours aux éditions hors collection. C'est disponible toujours à la vente sur les plateformes essentiellement. Sur les internets. Comme disent les jeunes. Est-ce que dans l'assistance, vous avez des questions pour cette émission, pour nos auteurs ce soir ? Sandrine.
- Speaker #5
Évidemment, toujours la même. Allez,
- Speaker #6
on applaudit Sandrine, s'il vous plaît.
- Speaker #1
On applaudit Sandrine. Bonsoir Sandrine, merci d'être avec nous ce soir.
- Speaker #5
Merci à vous, quand bien même nous ne sommes pas nombreux, nous sommes des personnes de qualité.
- Speaker #1
Absolument !