Speaker #0Bonsoir, il est 2h17 du matin, tout le monde dort sauf les pensées qui n'en finissent jamais. Ce que je vais dire ici, je le dirai probablement pas à la lumière du jour. Bienvenue à 2h17 du matin. Ce soir, je vais vous parler de quelque chose que je n'aime pas dire, de quelque chose que je n'aime pas chez moi. C'est mon prénom. Je ne l'ai jamais vraiment aimé. Et à 2h17 du matin, j'ai envie de vous raconter pourquoi. Je crois que ça a commencé très tôt, la première fois que quelqu'un l'a prononcé d'une manière qui me faisait me sentir bizarre, une blague, un surnom, une remarque, que j'ai sûrement oublié, mais qui a inconsciemment m'a marqué. Déjà de base, le prénom Dylan a une forte connotation. avec les stéréotypes associés dans la tête des gens. Vraiment une vibe très particulière, comme une espèce de ressenti inconscient chez les gens. Et moi j'ai voulu très vite m'en débarrasser, très vite pour être libre. Mais je pense que dans cette fuite, je me suis dissous et ma propre personne m'était devenue étrangère. Tu vois ce sentiment de pourquoi je fais ça, pourquoi je réagis comme ça. Et bien en fait, maintenant c'est devenu des automatismes à force de vouloir changer. J'ai voulu changer de prénom à multiples reprises dans ma vie. Mais il y a toujours ce truc de... En fait c'est un peu comme une honte, c'est un peu honteux, je sais pas comment l'expliquer. Et aussi auprès des proches. qui comprennent pas ou qui les jugent ou qui te disent bah pour moi ça restera Dylan alors que moi j'ai plus envie en tout cas j'ai pas envie que si je change de prénom que les gens m'appellent comme ça parce que je n'ai pas subi tout ça pour qu'on continue à m'appeler comme ça ou alors ils me disent que ce n'est qu'un prénom sauf que pour moi ce n'est pas qu'un prénom j'ai juste l'impression que ce prénom reflète ce que je ne suis plus ou du moins c'est pas ce que je veux montrer aux autres j'ai pas envie de montrer ce que j'étais avant parce que la personne d'avant c'était pas moi et je je sais je savais pas qu'un simple prénom pouvait changer autant de choses et à avoir un impact aussi violent sur certaines personnes dont moi Et ça c'est un truc que j'ai appris récemment en fait, c'est à force le soir, tard, les pensées qui viennent à me dire pourquoi est-ce que je réagis comme ça dans certaines situations, pourquoi ? Et en fait je me rends compte que ces situations-là je les ai créées au fur et à mesure de ma vie pour justement me débarrasser des stéréotypes associés. à ce type de prénom ou ce type de personne qu'on m'avait mis cette étiquette de cette personne s'appelle comme ça ou ressemble à ça et moi je voulais tout faire pour justement comment dire détourner cette attention détourner ce stéréotype pour dire ah non cette personne n'est pas comme ça pendant très longtemps j'ai même encore maintenant j'ai quand mes amis m'appellent par mon prénom ça me fait un petit truc C'est vraiment, c'est très particulier, mais en fait j'ai les poils qui s'irisent quand on m'appelle comme ça. J'ai vraiment du mal. Peut-être que vous aussi, vous avez quelque chose que vous n'aimez pas chez vous, quelque chose que vous cachez le jour, mais généralement la nuit, elle le révèle très bien. Je crois que j'aime pas mon prénom, mais il est 2h10 du matin, c'est le seul que j'ai. Et ce soir, je ne l'assume pas totalement, à contre-cœur, mais peut-être qu'un jour, je l'approviserai, je l'apprivoiserai, pardon, ou peut-être pas. Et c'est ça la vérité de la nuit au final, c'est qu'on se confronte à ce qu'on cache le jour. On pense toujours à des situations où j'aurais dû lire, ou des embrouilles qu'on a passées la journée et que le soir, on se dit j'aurais dû répondre ça. pourquoi j'ai fait ça, ou j'aurais dû faire ça. Et en fait, la nuit, elle aime bien nous le rappeler. qu'on a fait ça et que c'était pas bien ou que c'était pas nous. Ces moments un peu humiliants au collège, au lycée, les trucs qu'on a fait, qu'on a dit. La nuit aime bien nous le remettre dans la gueule. Je pense que c'est une sorte d'autothérapie, les nuits comme ça. Parce qu'en fait, on se... On se confronte un peu à nos démons, à ce qu'on a fait. Et généralement, on n'est pas très bien. Mais je pense aussi que ça peut nous aider à appréhender le futur, à se dire que j'ai fait ces erreurs-là ou j'ai eu ces situations-là et je n'ai pas envie de les revivre, tout simplement. Je pense que la nuit, on s'en plaint souvent, mais je pense qu'elle a beaucoup de choses à nous apprendre, très honnêtement. Euh... Ouais, je pense que la nuit c'est quand même quelque chose de dingue. Ça nous fait réfléchir à tellement de choses, à notre parcours de vie, qui on a fréquenté, qui on a parlé, avec qui on a ri, avec qui on a pleuré. Il est 2h17 du matin et mes pensées commencent à se taire pour l'instant. Merci d'avoir... J'arrive plus à parler. Merci d'avoir été là. À écouter ce que je n'ose pas dire le jour. On se retrouve la prochaine fois peut-être. Quand la nuit me parlera à nouveau. Mais en tout cas, c'était un petit podcast. Mon premier podcast. J'espère qu'il vous aura plu. à... C'était 2h17 du matin, à très bientôt et bon courage pour votre nuit, je pense que vous en aurez besoin.