- Speaker #0
Sommes-nous dans une bulle spéculative de l'intelligence artificielle ? Cette année, c'est vrai que c'est un peu la folie. Chaque géant de la tech, d'Oracle à OpenEI, voit sa valorisation exploser. Et on parle même de milliards de dollars d'investissement. Mais attention, le marché s'emballe, le cours de l'action grimpe, le prix est riche, mais le ratio de profit suit-il vraiment ? Est-ce la fin du cycle économique actuel ou une vraie révolution technologique comme Internet ? Alors Thomas, est-ce que la bulle IA est prête à... éclaté, on décrypte tout ça maintenant. Et le Thomas ?
- Speaker #1
Salut Mélissa, merci pour l'intro. Alors effectivement, c'est la grande question depuis pas mal de semaines. Est-ce qu'il y a une bulle ? Je pense qu'il y a une bulle qui est en train de gonfler. Est-ce qu'elle est sur le point d'éclater ? Pas encore tout à fait, mais on ne peut pas l'exclure et donc il va y avoir un certain nombre d'indicateurs à suivre. Alors ce qui évidemment fait que les gens se posent la question, c'est qu'on entend parler d'investissements colossaux par... les grands labos, notamment les géants du digital historique, comme Meta, Alphabet, c'est-à-dire Google, et d'autres, mais aussi par les nouveaux labos, comme OpenAI et Anthropy, qui sont bien plus jeunes, qui ont beaucoup moins d'épaisseur, beaucoup moins d'historique derrière eux, donc eux-mêmes lèvent énormément. Et donc, on se demande s'ils vont pouvoir rentabiliser leurs investissements, parce qu'en fait, quand on regarde... les montants qu'ils lèvent, les montants qu'ils investissent et leurs revenus à ce jour, qui ne sont quand même pas non plus encore énormes, quand on regarde ces revenus de l'IA, on se dit que ceci est viable, est-ce que ceci va exploser ou non ? Et en même temps, on se dit que ces gens savent sans doute ce qu'ils sont en train de faire. S'ils lèvent cet argent, ils doivent avoir un business plan, ils peuvent se dire que oui, on perd de l'argent pendant un certain nombre d'années, mais après on va en gagner. Et donc, on se dit que tout ça devrait être sous contrôle. Mais en réalité, il y a un certain nombre d'économistes et d'analystes qui explique que ce n'est pas possible qu'ils gagnent tous. Peut-être qu'il y en a un qui va réussir à rentabiliser ses investissements, mais c'est impossible qu'en fait tous ces acteurs rentabilisent tous leurs investissements. Parce que ça voudrait dire qu'il y a beaucoup plus de demandes que ce qu'on pourrait imaginer pour ces services d'IA, ou en tout cas que les gens seraient prêts à payer beaucoup plus que ce qu'on peut imaginer. Donc chacun dans son coin, dans un monde idéal peut-être, mais tous pris ensemble, qu'ils attendent tous autant de revenus. à la hauteur de leurs incissements, ça paraît douteux. Alors, on va rentrer un peu plus dans le détail, mais peut-être que tu as déjà une question ?
- Speaker #0
Oui, en fait, ce que tu es en train de nous dire, c'est que dans quelques temps, on va avoir un petit peu les acteurs de l'IA qui vont s'écrémer. Tu as une idée de combien de temps il va falloir pour justement que cette bulle de l'IA éclate ? Parce que c'est violé. Et déjà, y a-t-il une bulle de l'IA dont toi, tu nous dis oui partiellement ?
- Speaker #1
Oui, il y a une bulle qui est en train de gonfler. Mais c'est vrai qu'en fait, tant que la bulle n'a pas éclaté, on n'est jamais sûr de danser une bulle. C'est toujours pareil. Alors, ce qu'il faut comprendre, c'est que dans une bulle, ce qui se passe, c'est qu'on a des montants toujours plus importants qui sont investis, mais les revenus qui peuvent traîner. Ça ne veut pas dire que ce dans quoi on investit ne va servir à rien ou n'aura pas de valeur en soi. C'est juste qu'il y a un décalage qui va être trop élevé dans le temps entre... les revenus qu'on va attendre de ces investissements et la nature de ces investissements. Si bien qu'en fait, ceux qui ont fait ces investissements ne vont pas être en mesure de payer des dividendes à ceux qui ont investi dans l'entreprise ou s'ils ont emprunté, ils vont être en mesure de rembourser leurs emprunts. Et c'est un des éléments d'abus, on va entrer dans le détail, mais c'est d'où viennent les fonds. Est-ce que c'est de l'investissement ? Est-ce que c'est de l'emprunt ? Si c'est de l'emprunt, en général, ça veut dire que ce sont des banques qui ont prêté et les banques, en fait, où est-ce qu'elles trouvent l'argent ? Parce qu'elles collectent l'épargne de toute une série d'acteurs et donc si les banques font des prêts à ces labos et que ces labos ne sont pas en mesure de rembourser, et donc que les banques ne sont pas en mesure de rembourser les épargnants, c'est-à-dire qu'en cascade, on peut avoir une crise qui contamine, on va dire, une grande partie du reste de l'économie. Donc c'est aussi un des sujets. C'est d'où vient l'argent ? C'est pas que combien d'argent. Donc ce que je voulais dire là, en plus en plus, c'est que ça ne veut pas dire que ce dont on investit est bidon, il ne sert à rien, il n'a aucune utilité. C'est juste qu'en fait, on investit beaucoup trop par rapport aux revenus qu'on peut attendre dans une temporalité donnée, qui fait qu'en fait, on ne retombe pas sur ses pieds et qu'il y a des acteurs qui vont se retrouver en race campagne et qui devront cesser d'opérer avec des faillites. Alors, si l'argent, en fonction d'où vient l'argent, une faillite ne peut pas avoir trop de conséquences. Mais si l'argent vient plus largement d'une grande partie des épargnants, là, c'est là où ça peut devenir très critique. Mais encore une fois, on est encore un peu loin du compte. Peut-être que tu avais d'autres questions, parce qu'après, j'ai d'autres choses aussi à ajouter.
- Speaker #0
Justement, par rapport à ça, il y a d'autres signes d'une bulle spéculative ou pas, en plus de ces montants énormes qui sont investis ?
- Speaker #1
Oui, alors en fait, si on veut essayer de caractériser une bulle, c'est difficile parce que ça reste très intangible. Encore une fois, tant qu'elle n'a pas explosé, c'est difficile de savoir si on est vraiment dans une bulle ou pas. Mais ce qu'on va utiliser pour savoir si on est dans une bulle ou pas, ou si cette bulle est en train de gonfler ou pas, ce sont des indicateurs qui reposent sur l'analyse de montant ou de ratio. Donc on en revient quand même à des chiffres. On a une analyse un peu chiffrée pour savoir si c'est dans une bulle. Et je vais lister quelques indicateurs. On aura l'impression qu'ils ont des nombres barres, mais quand je vais les expliquer, ça devrait être un peu plus digeste. Mais déjà, ce que je voudrais dire, c'est que cette histoire de la rentabilité de tous ces investissements, en fait, il y a une espèce de dilemme qui se pose à tous ces labos, au sens où soit on se dit que le progrès en IA va continuer pendant encore longtemps, et du coup, le problème, c'est qu'à un instant T, un labo est en train de faire deux choses. Il est en train de gagner de l'argent grâce au dernier modèle qu'il a entraîné, Donc ça, ce sont ses revenus. Et de l'autre, il est en train d'investir de l'argent pour préparer les modèles de demain. Mais comme l'IA progresse, c'est la première bâtisse qu'on fait ici, ce dont on se rend compte, c'est qu'en fait, les revenus du modèle d'aujourd'hui ne suffisent pas à payer les investissements du modèle de demain. Donc, s'il y a un constamment en train de progresser, à un instant T, sur une année donnée, en fait, on est en perte. Parce que, certes, mon modèle du moment me génère des revenus. Et d'ailleurs... chaque année les nouveaux modèles vont générer toujours plus de revenus. Le problème, c'est qu'en parallèle, en même temps, on est aussi en train d'entraîner le modèle d'après et que cet entraînement demande encore plus de ressources que le modèle d'avant. Et c'est un peu la difficulté. Donc, si on se passe dans un scénario où l'IA va continuer de progresser comme ça d'année en année pendant encore longtemps, en fait, ça veut dire que ces labos vont être en perte de façon systématique année après année pendant encore longtemps. Et ça, ce n'est pas du tout ce qu'ils ont internalisé dans leur... dans leur plan d'affaires, dans leur business plan, quand ils sont allés emprunter de l'argent pour certains ou quand ils sont allés lever des fonds pour d'autres, comme notamment les labos les plus jeunes, comme Antitropic AI et Open AI. Donc là, on a affaire à un vrai problème. S'il y a un continu, effectivement, de progresser pendant un certain nombre d'années, en fait, ces gens-là vont être en terre. Alors que normalement, dans leur business plan, ils sont censés commencer à gagner de l'argent dès 2030, pendant ces environs-là. Et donc, on voit mal comment ils vont résoudre cette équation. Alors, l'autre hypothèse, l'autre scénario, c'est si en fait, au bout d'un moment, les progrès en IA finissent par stagner. On atteint un plateau. Et là, l'idée, c'est de se dire, ah ben voilà, je n'ai plus besoin de me ruiner et d'entraîner le modèle d'après, parce qu'en fait, on a atteint un plateau et je vais faire évoluer à la marge mes modèles. Et en tout cas, je n'ai plus besoin d'investir autant. Mais ça, c'est possible ?
- Speaker #2
C'est possible d'atteindre un plateau ? Oui. Parce que j'ai l'impression qu'on peut tout le temps faire évoluer les différents modèles.
- Speaker #1
Alors, oui. Oui, mais est-ce qu'on peut la faire évoluer de façon aussi radicale, avec des progrès aussi incroyables que ceux qu'on a vus ces dernières années ? Ce n'est pas certain. Donc, en fait, c'est pour ça que moi, je n'ai pas de certitude de moi-même. Je dis juste que justement, les analystes imaginent, par exemple, ces deux scénarios. Et je pense qu'effectivement, avec ces deux scénarios, on court presque tous les ventales possibles. Donc, premier scénario, comme je disais, l'IA ne cesse de progresser. Et là, on se dit, en fait, ils seront tous le gros pire. Ce qui se passe, c'est qu'au bout d'un moment, tous les grands acteurs de l'IA se retrouvent au même niveau à la pointe de la tête. technologie et ils nous offrent tous plus ou moins les mêmes services. Et dans un tel scénario, comment on peut imaginer qu'il y en ait un d'entre eux qui puisse nous charger de façon déraisonnable ? Si OpenAI nous fait payer 100 euros par mois pour avoir accès à cette IA de pointe, mais que Gemini, d'Alphabet, Google, en fait nous propose la même IA pour trois fois moins cher, c'est évident qu'on va pas payer ce que nous demande OpenAI et ce que OpenAI a utilisé pour son business plan en fait.
- Speaker #0
C'est un peu le cas aujourd'hui, non ? Ils proposent tous à peu près la même chose avec quelques petites variantes.
- Speaker #1
Exactement. Et donc, en fait, ça devrait même s'accentuer encore parce que pendant longtemps, OpenAI faisait la course en tête parce qu'ils avaient profité évidemment de l'effet chat GPT au départ. Et puis, il y a l'effet de marque qui joue encore un peu. Les gens sont attachés à OpenAI parce qu'en réalité, OpenAI, beaucoup l'utilisent encore gratuitement. Mais OpenAI, pour qu'ils rentrent dans leurs sous, au bout d'un moment, ils vont vouloir que de plus en plus de gens payent. Et c'est là que ça va... commencer à être compliqué parce que quand les gens vont devoir vraiment commencer à payer ils vont se dire mais pourquoi payer pour OpenAI si je peux utiliser Gemini gratuitement ou même DeepSea que les modèles chinois ou même tous les autres modèles qui sont en train de fleurir et donc ce qu'on se dit là c'est qu'en réalité il semblerait que que tous ces fournisseurs de modèles ils puissent pas vraiment nous les faire payer beaucoup plus cher que ce que ça leur coûte de les faire ils vont les vendre presque à prix coûtant et en fait ils ne vont pas beaucoup gagner d'argent et du coup on se dit mais OpenAI qui lève des milliards qui est valorisé à plus de 800 milliards de dollars. Mais comment ? Comment est-ce qu'ils peuvent être valorisés autant si en réalité, ils vont se retrouver à ne pouvoir nous charger qu'à prix coûtant, que juste au-dessus de ce que ça leur coûte, parce qu'il y aurait une telle concurrence entre tous ces acteurs. Et quand cette prise de conscience va se faire, on va se dire, mais ils ne peuvent pas être valorisés autant. Et du coup, ils sont incapables de relever sur des mêmes niveaux de valorisation. Et donc, c'est là que tu peux avoir un éclatement de la bulle, en fait. Donc, on est face à ce dilemme. Il y a ces deux scénarios. Et quel que soit le scénario que tu regardes, on a du mal à voir comment ils vont rentrer dans leurs frais.
- Speaker #0
Tu ne penses pas que la publicité, justement, avec ChatGPT Shopping, des choses comme ça, et puis ChatGPT, je crois, a dit aussi que bientôt, il y allait avoir des pubs entre les recherches, etc. Tu ne penses pas que ça, justement, c'est plutôt ça qui va les rémunérer plus que les recherches ou que les abonnements ?
- Speaker #1
Très bonne question. Je pense qu'effectivement, ça peut être une façon de se rémunérer parce que tu ne fais pas payer directement l'utilisateur. C'est le fameux modèle publicitaire. qui fait de Google un géant, qui fait de Facebook un géant. Donc, c'est une possibilité. Le problème, c'est là, quel est le facteur limitant ? C'est le temps d'attention. Et ce temps d'attention, si tu veux, il est déjà très partagé avec Google, Meta. Et si tu veux, les idées que les gens se sont faites sur OpenAI, ce n'était pas ça. Ce n'était pas que ça allait être un géant de la pub parmi d'autres, qu'il y avait le temps de cerveau disponible des gens en grignotant quelque part de marché à Google ou à Meta, Facebook, Instagram, etc. Non. L'idée, c'était qu'on avait affaire à quelque chose de bien plus incroyable, une révolution. On ne parle pas de l'énième géant de la pub quand on parlait d'Open AI. On parlait de la vague de l'intelligence artificielle qui est la plus grande révolution de l'histoire de l'humanité et des technologies. Et donc, on s'imaginait qu'il y allait y avoir des business models bien plus rémunérateurs. Et donc, même si ce que tu dis est vrai et qu'ils pourraient finalement devenir des business très respectables et en fait énormes, En fait, il pourrait... bien plus petit que ce que certains avaient commencé à imaginer et bien plus petit que les valorisations qu'on commençait un peu à entrevoir au vu des montants qu'ils avaient levés, etc. Et donc, c'est là qu'il peut y avoir une grosse déception qui se matérialise et qui conduise à l'éclatement de cette bulle. Donc là, c'est affaire à suivre parce qu'encore une fois, l'IA, les services d'IA, c'est une chaîne. En fait, tu as ceux qui fabriquent les puces au départ, tu as ceux qui les conçoivent comme Nvidia. Donc là, c'est la boîte qui est... parmi les mieux cotés en bourse, etc. Parce que eux, si tu veux, ils vendent des pioches aux chercheurs d'or, entre guillemets, tu vois. Donc, eux, ils profitent clairement parce qu'en plus, ils ont presque une situation de monopole pour l'instant. Donc, les fabricants, les concepteurs de puces, eux, parfaits. Ceux qui achètent des puces et construisent des data centers parce que les data centers, ils sont nécessaires, tu sais, pour faire tourner justement les modèles. Donc, eux, en fait, ils en profitent largement. Mais en fait, tu as plusieurs acteurs là-dedans. Tu vas retrouver qui ? Google Cloud. Tu vas retrouver Microsoft. Azure, Microsoft, tu vas retrouver, bien sûr, Amazon et AWS. Après, tu as Oracle aussi. Donc là, tu as les quatre géants du cloud. Alors, eux, ils en profitent et ils progressent, mais ça reste un business où tu construis des data centers et tu les loues. Donc, il y a de belles marges, mais ils se les partagent à quatre. Il y a quand même une certaine concurrence. Ce sont des beaux business, mais ce ne sont pas les business révolutionnaires qu'on nous promettait. Mais eux, en tout cas, ils en profitent quand même de cette vague. Après, tu as ceux qui conçoivent les modèles. Et là, c'est ce qu'on se dit, c'est qu'en fait, ceux qui consomment les modèles, ces modèles sont en train de devenir des commodities, c'est-à-dire des choses qui sont vendues à prix coûtant. Et tu peux en trouver plein et tu as le choix. Et donc, ces gens-là, en fait, si tu ne fais que fournir des modèles, à un avis, tu ne vas pas gagner beaucoup d'argent. Et donc, c'est là où il y a un gros risque pour des gens comme Entropiq, pour OpenAI, etc. Puis après, il y a la dernière vague, c'est les produits que tu construis, que tu vends aux utilisateurs, les services que tu vends vraiment aux utilisateurs grâce à ces modèles. Et là, par exemple... Google, qu'est-ce qu'ils font ? Ils éditent ces modèles, mais ils s'en servent dans YouTube, ils vont s'en servir dans différents de leurs services. Facebook, ils vont pouvoir écouler l'IA indirectement, peut-être en faisant payer pour certains services sur WhatsApp ou sur Meta, par exemple, j'en sais rien, ou juste parce qu'ils rendent les gens encore plus accros à Facebook, et du coup, ils gagnent plus d'argent grâce à la pub. Et ce qu'essaient de développer, par exemple, Anthropik et OpenAI, et notamment Anthropik, c'est le service aux entreprises. Donc là, c'est juste de dire on va aider les entreprises à être plus productives et donc on va faire payer les entreprises. Donc là, c'est là où ils peuvent espérer gagner de l'argent. Mais encore une fois, c'est peut-être un peu moins révolutionnaire que certains imaginaient. Donc pour conclure sur cette histoire de bulles, j'aimerais qu'on regarde une grille d'analyse très, très intéressante partagée par un analyste anglo-saxon. Alors là, je vais partager mon écran. Hop, un instant. Voilà. Donc, en fait, cet analyste avec son équipe, ils ont identifié cinq indicateurs. Est-ce que tu vois l'écran ?
- Speaker #0
Oui, je vois bien.
- Speaker #1
Alors, ça paraît un peu barbare, mais je vais expliquer en quelques mots. Donc, le premier, en fait, c'est juste le montant des investissements dans l'IA aux États-Unis divisé par le PIB des États-Unis. Donc ça nous donne un ratio, un pourcentage. Et l'idée, c'est de se dire, par rapport au PIB des États-Unis, quel est le pourcentage qui va correspondre aux investissements dans les data centers et dans l'IA. Et donc là, on s'aperçoit qu'on est autour de 1%. Il faut savoir qu'au plus fort des bulles précédentes, donc c'est la bulle des télécoms dans les années 90, on était à 4%. La bulle du chemin de fer au XIXe siècle, on était monté à 6% du PIB, qui était investi directement dans les chemins de fer. Donc, en fait, là, on est encore assez bas.
- Speaker #2
On voit que l'aiguille est dans le vert.
- Speaker #1
En fait, ce qu'on comprend ici, c'est que si on a, d'après ces analyses, si on a au moins trois indicateurs dans le rouge, là, on peut vraiment commencer à parler de bulles. Il faut vraiment s'inquiéter. Ce qu'on constate en premier coup d'œil, c'est qu'en fait, ici, il n'y a qu'une seule des jauges, il n'y a qu'un seul des indicateurs qui est dans le rouge. Donc,
- Speaker #0
ça va encore.
- Speaker #1
Donc, je vais passer en revue rapidement. pour donner une idée de ce qu'ils veulent dire. Le deuxième en fait, là ce qu'on prend c'est les investissements dans l'IA divisé par les revenus de l'IA. Donc là on s'aperçoit qu'on a investi 7 fois plus que les revenus sur une année donnée, on va dire sur 2025, on a investi 7 fois plus qu'on a retiré de revenus. Donc ça veut dire que c'est chaud. Et là pour le coup c'est un des indicateurs quels que soient les bulles concernées, les plus hauts qu'on ait pu identifier et là on est dans le rouge. Donc là ça va pas. Ça s'améliore un petit peu depuis quelques semaines, mais c'est chaud. Troisième indicateur, c'est le temps qu'il faut pour que les revenus doublent. C'est l'accélération, parce que là, le deuxième indicateur, c'était les revenus les dernières. Le troisième indicateur, c'est combien de temps ça met pour doubler les revenus. Là, on s'aperçoit que les revenus augmentent très vite. On est dans un boom de l'IA, un boom, c'est plutôt positif, c'est-à-dire que les revenus explosent. Mais c'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est que tu peux avoir beaucoup de revenus. Mais si tu apparaît encore plus d'investissement et que tu as plus de dépenses que de revenus et que ça dure pendant des années, au bout d'un moment, ta valorisation en prend un coup parce qu'on se dit « mais attends, ce n'était pas ce qu'on imaginait » ou alors tu ne peux pas rembourser tes créditeurs, ceux qui t'ont prêté l'argent. Et là, tu peux avoir un grave risque de crise. Donc là, pour le coup, on est vraiment dans le vert, ça va très bien, les revenus issus de l'IA, ils explosent. Donc ça, c'est très bien. En soi, ça ne suffit pas à essayer. C'est une grille d'analyse, il y a cinq indicateurs pour regarder les autres. Alors, le quatrième, très intéressant, là, c'est la valorisation des boîtes qui sont dans l'IA, divisé par leur rentabilité. Alors là, on parle des boîtes qui sont cotées. Les startups qui ne sont pas encore en bourse, comme OpenAI ou Instropic, elles ne sont pas concernées, mais là, on prend toutes les boîtes tech. en réalité, pas que les boîtes de l'IA, toutes les boîtes tech, c'est l'indice Nasdaq aux Etats-Unis, on prend leur valorisation en bourse et on divise par leur rentabilité. Et là, on voit qu'en gros, c'est 33 le facteur. Ça veut dire qu'en fait, un euro de profit est valorisé 33 euros en bourse. C'est un facteur de 33.
- Speaker #0
Donc là, il y a Microsoft dedans, Google, tout ça, c'est ça ?
- Speaker #1
Voilà, et plein d'autres. Il faut savoir qu'au plus fort de la crise de la bulle Internet dans les années 2000, on était à 72. Ça veut dire qu'un euro de profit était valorisé 72 euros en bourse. Il faut comparer les ratios pour se donner une idée en soi. Ce n'est pas forcément très parlant. Mais 33, là, on est in the middle. Dans l'orange, ça commence à ne pas être trop génial. Ça s'améliore un petit peu depuis quelques semaines, mais il y a quand même de très grosses valorisations par rapport aux… Merci. à la rentabilité de ces boîtes. Et le deuxième indicateur, c'est l'origine des fonds. Est-ce que ce sont des boîtes qui s'autofinancent et à la limite, elles prennent leurs propres risques ? Si Google ou Meta, ils investissent tous leurs profilières pour investir dans l'IA, à la limite, si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Mais à l'inverse, il y a un certain nombre de ces acteurs qui commencent par contre à emprunter. Et Meta, d'ailleurs, Meta qui jusqu'à maintenant gagnait tellement d'argent qu'ils pouvaient investir plus ou moins autant qu'ils voulaient, en utilisant leur propre argent, la rentabilité des années précédentes. Là, ils se disent, puisque c'est possible, puisqu'on veut bien nous prêter, on va emprunter. Et donc, on se retrouve à avoir des grands groupes qui commencent à emprunter. Donc là, attention au danger. Et je ne te parle pas des startups qui sont à côté, comme Anthropic et OpenAI, qui, elles, peuvent aussi vouloir commencer à emprunter. et il va... Si tu empruntes, c'est un peu différent, comme je disais, parce que tu fais appel à des banques et ce sont des fonds, en général, qui émanent de bien plus de sources. Et donc, ça veut dire que si derrière, il y a un défaut de paiement, ça se propage tout de suite à beaucoup plus de monde. Et c'était un des gros problèmes, on s'en souvient, de la crise des subprimes, de la crise de l'immobilier aux États-Unis, qui s'était… enfin, il y a eu un phénomène de contagion dans tout le reste du monde parce qu'en fait, beaucoup de gens étaient impliqués là-dedans. Alors là, on n'y est pas encore. Là-bas, on est in the middle, donc on n'est pas dans le rouge, mais voilà, en gros, les 5 gros indicateurs. On va continuer de donner des informations aux humiles ou pas.
- Speaker #0
On progresse bien, on va dire. On en a trois qui sont un peu critiques. Un qui est déjà dans le rouge. Justement,
- Speaker #1
pour toi... Oui, vas-y, je t'en prie.
- Speaker #0
Moi, la question qui me vient, c'est est-ce que du coup, ça vaut le coup encore d'investir dans l'IA ou il faut faire hyper attention ? Qu'est-ce que toi, tu recommanderais ?
- Speaker #1
Oui, c'est une grande question. De toute façon, en investissant dans l'IA, tu peux investir en bourse. ou tu peux, si tu as l'occasion, investir dans des boîtes privées. Mais c'est toujours pareil, c'est du cas par cas. Ça dépend du patrimoine que les gens ont déjà. Ça reste quand même assez risqué. Il semble que la bourse soit quand même assez surévaluée. Donc, est-ce qu'elle peut encore s'apprécier ? Je ne sais pas. Il y a beaucoup de bénéfices à attendre de l'IA. Ils sont déjà prêts, comme on dit, dans les cours de bourse. Donc, moi, je ne suis pas un expert pour conseiller les gens sur l'investissement. Donc, je me garde bien de donner quelques conseils, que ce soit. mais il semblerait qu'on soit dans un effet de bulle. Et ça, ça repose sur le paradigme actuel de l'IA, notamment les large language models. Ce qui est intéressant avec, par exemple, un acteur comme Yann Lequin qui a quitté Meta, c'est que lui, il veut lancer sa nouvelle boîte, mais il veut se lancer sur les world models, les modèles qui essaient de comprendre le monde, parler au-delà du texte. Et peut-être que justement, ce genre de boîte, c'est un moyen de s'inscrire contre la hype des large language models. Donc, tu vois... C'est très compliqué de savoir s'il faut investir ou pas à titre personnel. Ce qui est sûr, c'est qu'au niveau macroéconomique, il y a une espèce de surchauffe, mais les revenus, en même temps, explosent. Des acteurs vont s'en sortir, ça, c'est sûr. Moi, j'ai, par exemple, un acteur comme Alphabet. C'est incroyable. Ils conçoivent leur propre plus. Donc, ils sont capables, en fait, presque de concurrencer, pas pour l'instant, mais de concurrencer Nvidia. Donc, ils s'équipent avec leur propre plus, en partie, pas que, mais en partie. Ils sont présents dans le cloud, donc ils ont leur propre data center, ils éditent leur propre modèle et ils ont plein de produits. Le nombre de produits édités par Alphabet Google qui ont plus d'un milliard d'utilisateurs, c'est incroyable. Il y a Gmail, il y a Chrome, il y a Android, il y a Google Maps, il y a... j'en oublie, mais il y en a plus de cinq, voire six, je ne sais plus. Donc c'est YouTube, évidemment il y a YouTube. Donc c'est incroyable. Donc eux, ils peuvent écouler l'IA dans tous ses services. Donc franchement, je pense que si il y a un acteur qui va pouvoir continuer à prospérer grâce à l'IA, c'est bien Google. On voit que Meta, ils sont en difficulté. Yann Leclerc vient de se barrer. CLLM, Open Source, finalement, ils ne sont pas au niveau. Donc il a embauché une nouvelle team, mais il y a déjà quelques frictions. Donc Meta, il faudra attendre de voir.
- Speaker #2
Je ne suis pas d'accord.
- Speaker #1
Oui, voilà. Après, Open AI et Anthropics, ce sont des nouveaux labos. ils sont partis de rien, donc ils ont besoin de lever, lever, lever, lever, et ils n'ont pas toutes les épaisseurs d'infrastructures et d'historiques que Google peut avoir. Beaucoup parlent de l'année « make or break » pour OpenAI, les économistes titraient là-dessus. Donc, 2026 va être une année potentiellement décisive pour OpenAI. Et si les entreprises n'arrivent pas à tirer de l'IA autant de bénéfices que certains commençaient à annoncer, Là, il va y avoir une recalibration de toutes les valorisations et ça pourra faire mal à certains de ces acteurs, notamment les nouveaux labos.
- Speaker #0
Ok, Google sont assez safe dans cette bulle qui risque d'éclater.
- Speaker #1
Oui, je dirais.
- Speaker #0
Ok, merci Thomas. Ça nous a permis, en tout cas pour moi, de mieux comprendre ce que c'est la bulle de l'IA et ce qu'elle va éclater. Je pense qu'on peut refaire un point dans six mois, ça aura peut-être bougé. Tu nous remonteras les indicateurs, ce sera intéressant de voir leur évolution. Merci beaucoup et on espère que ça vous aura aidé à vous aussi. N'hésitez pas, si vous avez des questions, un commentaire, on y répondra avec plaisir. Merci à toi.
- Speaker #1
Merci.