- Speaker #0
Quand t'as le don de la musique, t'as forcément le don de la prophétie.
- Speaker #1
La première fois que je t'ai parlé, j'ai ressenti la même chose que quand j'ai parlé à Arafat.
- Speaker #0
Moi je signe, j'ai 23 ans, première prod que je place avec MHD, c'est Inga Chabedi, c'est la faute rap 5. On était joué sur LRJ, sur RTL, sur Proce à Terre, c'est plus Skyrock. HMACDOM il m'appelle, Fali il fait un son avec Whiz Kid. Quoi ? Ouais avec Whiz Kid, ouais, on voit des sons, on va choisir. C'est plaisant quand tu vois que le regard a changé. C'est-à-dire même si je ne suis pas dans l'actualité, quand on se voit, tu me regardes d'une autre manière. Parce que... On a mes consciences, je sais que sans prétention aucune, il y a un niveau.
- Speaker #1
Ton destin était écrit ou est-ce que tu penses l'avoir fait ?
- Speaker #0
J'aime bien dire le bec toube. C'est ça le vrai succès. C'est le début des ennuis.
- Speaker #1
Salut à tous, bienvenue dans le deuxième épisode de 7ème Dan, le podcast produit par Savoir-être. Ici, on reçoit des personnalités impactantes qui reviennent avec nous sur leur parcours et sur les moments charnières de leur vie. Alors merci à tous pour le premier épisode, vous avez été hyper nombreux à nous envoyer de l'amour sur YouTube ou sur Instagram, sur TikTok. Merci pour les messages, merci pour les partages, merci pour les commentaires, merci à toute la communauté. Merci aussi à Ichon qui a joué le jeu, merci à toi mon frérot Ichon. Et si j'ai un message pour vous, attendez pas demain matin. Ça c'est une dédicace pour mon frérot Radim, Radim Thiam. Et pour ce deuxième épisode, je suis très heureux de recevoir mon gars, DSK. Comment ça va DSK ?
- Speaker #0
Ça va très bien et toi ?
- Speaker #1
Ça va tranquille. Ça vient d'où ?
- Speaker #0
Alors DSK, ça vient d'où ? C'est mes initiales, je ne suis pas cherché loin. C'est mes initiales David Stéphane Kader ou David Stéphane Konaté pour certains.
- Speaker #1
Exactement, on est ensemble. Merci d'être là frérot. Toi, tu es un peu plus qu'un beatmaker, tu es un compositeur, un producteur, un auteur, un directeur artistique et certainement plein d'autres trucs. Et tu es très discret dans les médias, tu ne fais pas beaucoup d'interviews donc vraiment merci d'être là avec nous, merci de répondre à l'invitation.
- Speaker #0
Le plaisir à prendre.
- Speaker #1
Avant de revenir sur tes trophées, tu sais, je rappelle aux gens qui peut-être ne te connaissent pas mais tu as travaillé vraiment avec les plus grands noms de la musique. Aussi françaises que nigériennes qu'africaines, des Leto, Damso, Whiskid, Stromae, MHD, la liste est encore longue, mais tu as travaillé vraiment avec les plus grands noms. Et avant de revenir sur ça, sur ta signature musicale, j'aimerais vraiment qu'on aille au début. Vraiment au début, comment tu commences la musique ?
- Speaker #0
En fait, de mes souvenirs, ça a commencé... Avec beaucoup de percussions, quand on est petit, on tape un peu partout. J'ai su dès le bas âge que j'avais un amour particulier avec la musique, avec tout ce qui est rythme. Parce que je suis issu d'une famille du côté maternel qui sont des... des danseurs tu vois, il y a du rythme dans la danse, c'est très chaleureux tu vois. Comme les anglais disent, especially ma grand-mère, spécialement ma grand-mère, paix à son âme, qui était une grande, grande danseuse, ben elle est bêtise tu vois, quand elle prend la queue de cheval, la terre elle tremble. Et ouais ça a commencé comme ça, après je suis arrivé en Europe, en Europe. Je suis né à Bihan. Je suis arrivé en Europe et tout. en France notamment, il y avait un piano à la maison, tu vois, il y avait un piano à queue, non pas à queue, un piano droit à la maison. Et ça a commencé là, j'ai commencé à toucher un petit peu. C'est un instrument qui t'attire dès le début, tu vois. Ensuite, par la suite, j'ai écouté des sons qui ont réveillé en fait cette passion en moi, tu vois, qui m'ont endormi.
- Speaker #1
Ok, donc c'est très familial et c'est important, on va en revenir dessus. Mais on va revenir dessus. Et du coup, à quel moment, toi, tu décides de faire carrière dans la musique ? À quel moment tu te dis que...
- Speaker #0
À quel moment ? Parce que déjà, moi, je n'étais pas forcément dans le quartier, mais au quartier, il y avait des grands qui rappaient et tout ça. Et comme je t'ai dit, dans ma famille, on aime beaucoup le rythme. Donc j'avais un nom qui rappait aussi. La musique était toujours proche de moi. Toujours in the cone, comme on dit. Dans le petit coin, tu vois. Et j'ai commencé à enregistrer les gens. J'ai commencé à installer les logiciels. Donc, dès le début, en fait, je ne composais pas directement. C'est après des années que je me suis vraiment lancé, tu vois. Quand j'ai commencé à jouer au piano. Mais véritablement, tu vois. Je me suis dit, mais pourquoi s'arrêter juste... être un pianiste pourquoi pas aller plus loin parce que être pianiste je veux pas dire que t'es compositeur ou que t'es beatmaker ouais c'est ça t'es juste pianiste c'est toujours ce que tu veux dire ouais t'es juste pianiste, y'a des pianistes qui peuvent pas te composer une musique c'est que du par coeur, ils ont des partitions en tête depuis qu'ils sont petits ils ont fait le solfège, t'es dans un box tu vois ouais je vois ce que tu veux dire comme on dit you need to fake outside the box donc j'ai je suis sorti en fait de ma zone de confort qui est juste être un pianiste tu vois et là j'ai mis fur et à mesure vers les études de musique etc etc
- Speaker #1
Ok, donc t'as fait des études de musique. Ok, je savais pas ça. Tu vois, c'est intéressant.
- Speaker #0
Oui, j'ai fait musique technologie, j'ai fait sciences de la musique.
- Speaker #1
D'accord. À Londres ?
- Speaker #0
À Londres,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Ok. Au British Academy of New Music. J'ai fait donc musique technologie, sciences de la musique, musique théorie, entre guillemets, et tout ce qui suit, les dérivés maths dans la musique, physique dans la musique.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ouais, sciences, la science quoi. La musique c'est une science, tu vois.
- Speaker #1
Ah ouais, j'ai fait... Ah ouais, j'ai fait... Je suis pas conscient.
- Speaker #0
Ouais, j'ai fait des études.
- Speaker #1
Ok. Et si on revient au début de ta carrière, toi, une fois que tu sors de ça, comment tu places tes instruments ? Comment tu te...
- Speaker #0
Comment je place ? Il y a beaucoup de... C'est beaucoup du bouche à oreille.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et il faut savoir, on est une communauté... Je parle de la communauté black, tu vois. Et je dirais même plutôt africaine. On se connaît un peu. On sait qu'il fait quoi. Parce qu'au début, on peut te négliger. Mais on sait au moins que tu sais. Lui, on sait t'identifier à un secteur d'activité. On sait que lui, il fait du foot. Et évidemment, il fait de la musique. Donc, j'ai commencé dans les églises. Donc, on sait que je suis pianiste et tout. Et pas mal de personnes qui sont assez proches savent que je fais du son. Donc, c'est du bouche à oreille. D'accord. C'est parti de là. Et j'ai rencontré des personnes au fur et à mesure du temps. Et j'ai commencé à placer, c'était pas difficile, mais il fallait être sûr de toi. Quand j'arrive à Paris, je croise H-Magnum, je crois que j'avais une séance avec Ken Zafara et le petit frère de Drogba.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc ouais, je fais Ken Zafara pour la Cannes, je pense que c'est 2012, je fais Ken Zafara featuring Joel Drogba.
- Speaker #1
Ok, dédicace à Jojo. Ouais,
- Speaker #0
Joel Drogba, ouais. Et dans les coulisses, je rencontre Ash Magnum dans la foulée. Ash Magnum qui est un grand rappeur et un grand auteur. C'est ça,
- Speaker #1
il était chez Watibé à l'époque.
- Speaker #0
Ouais, c'est lui qui a plugué les Watibé et Dawala. Il fait partie des médiateurs, comme on dit chez nous. C'est parti de là, j'ai commencé à faire des proies de très sombres trappes pour Ash Magnum. Donc là, je te parle 2012, 2013. Jusqu'en 2014-2015, je suis avec H. Chez Factor, encore Big Up à Factor. Et on était dans le 19ème. Ah, Patrick Kondisi ! À rue AXO.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Rue AXO, oui. Et ouais, ça commence là, je rencontre H Magnum. Et la Suisse n'est que histoire.
- Speaker #1
Ouais, exactement. Et donc, tu as commencé par la trap, tu m'as dit que tu faisais du piano à l'église. Mais ta signature musicale est un peu plus connue dans l'afro. Donc je pense que c'est ça qui fait ta musique en fait, c'est que ta signature musicale, elle est éclectique.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ça fait attention à aucune.
- Speaker #0
Elle est assez vaste parce que quand j'ai commencé, j'ai fait beaucoup de genres de musique. J'ai fait de la German Bass, j'ai fait de la Dubstep, j'ai fait de l'Electro.
- Speaker #1
J'ai fait de la Dubstep. Ouais, j'ai fait de la Dubstep.
- Speaker #0
J'ai fait de la Funky House. On va dire que le seul genre musical que j'ai pas fait, c'est du Reggae. Et encore, j'ai fait beaucoup de live Reggae. J'ai vraiment joué et tout. J'ai vraiment parcouru tous les genres, et je pense que l'afro et le rap sont sortis du lot. Et le scoring, la musique de film, etc.
- Speaker #1
C'est ce que tu veux dire.
- Speaker #0
L'afro, comme je disais, c'est notre communauté, c'est notre culture. Donc, un noir, c'est pas raciste ce que je vais dire, un noir qui ne fait pas de musique africaine, qui est inspiré de musique africaine c'est un noir soit il est né en france et il est jamais allé en afrique soit il est vraiment dans une famille d'accueil tu vois ce que tu veux dire no offense mais on baigne dans cette culture depuis le bas âge donc ça commence moi ma grand mère elle me chantait du cheb mamie du cheb mamie et du chreb kaled tu vois il y a un son de kaled qui fait Aditi Ma grand-mère, elle me chantait ça, tu vois, quand j'étais tout petit. Et tellement j'écoutais le son, étant petit, je n'avais pas encore forcément les synapses propices pour parler. Donc, moi, je disais Didi. Et le nom Didi est resté sur ma grand-mère. Elle s'appelle Valentine. Mais moi, j'entendais Didi dans la chanson. Donc, tout le monde dans la famille, depuis 1993, l'appelle Didi.
- Speaker #1
Ok, grâce à toi.
- Speaker #0
Et c'était inspiré de Chef Khaled.
- Speaker #1
Ok, ok, je vois. Et avec toutes ces influences-là et toutes ces palettes à ton arc, toi aujourd'hui quand tu fais une instru, comment tu commences l'instru ? Est-ce que tu pars d'un sample ? Est-ce que tu pars d'une mélodie ? Est-ce que tu pars d'une émotion ? Même est-ce que tu as un process de création d'instru ?
- Speaker #0
Oui, il y a un proverbe que j'aime bien qui dit « L'architecture, c'est la musique muette » .
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est la musique, c'est le même procédé, sauf que la musique émane des vibrations, et des fréquences, et les hertz, et tout ce qui suit. En réalité, il n'y a pas forcément une manière de procéder quelconque. Il n'y a pas... Franchement, il y a plusieurs manières. C'est assez spécial quand même. C'est difficile à expliquer, mais je peux partir de rien du tout. Je peux partir d'un son que j'ai entendu au marché, je peux partir d'un son que j'ai vu ou que j'ai entendu étant devant mon ordi. Je peux partir d'une idée que j'avais déjà. Je peux chercher des mélodies, puisque je suis pianiste, je peux chercher des mélodies. En fait, ça peut partir de n'importe quoi. Donc, il y a plusieurs manières de composer la musique. Il y a des artistes qui viennent avec leurs idées. Je veux un son cheval de Troie, gaulois, coupé-décalé. Ah ouais ? Cheval de Troie, gaulois, coupé-décalé. Donc, tu vois, Mésopotamie. Ok, Mésopotamie. Tu vois ce que je veux dire ? Musique classique française, batterie coupée-décalée. Ok, let's go. Normalement, je me considère... Peut-être qu'on en discutera plus tard. Mais je me considère plus comme un scientifique qu'un musicien.
- Speaker #1
Ok, je vois totalement ce que tu veux dire. Et la question d'après c'est, moi je suis déjà venu à ton studio, justement je suis venu te voir, je suis passé voir Moses aussi, à qui je dis bonjour. Et je me demande toi ton studio, est-ce que tu le considères comme un laboratoire, où tu tests des trucs, où tu expérimentes des trucs ?
- Speaker #0
Ouais c'est...
- Speaker #1
Un planctuaire, où tu vois t'as des règles carrées comme dans un dojo et il faut pas sortir, ou une usine à hits, c'est-à-dire que quand on rentre là-bas, Il y a une notion de performance derrière où il faut sortir un hit ?
- Speaker #0
Pour être honnête avec toi, je ne pense pas qu'il y ait des idées à hits qui existent. Parce qu'à la fin de la journée, comme les politiciens, c'est le peuple qui vote. Donc c'est le peuple qui écoute. Donc pour nous, ça peut être un hit entre quatre murs. Mais quand la musique est déployée dans la nature. C'est pas toi qui décide. Aujourd'hui, l'algorithme peut être favorable. Tu peux tomber dans une heure de pointe, l'algorithme était content et tout le monde l'a vu. Et ça partage dans toute la France, dans toute l'Europe, dans toute l'Afrique. Donc aujourd'hui, je pense que un studio, c'est plus un labo. C'est l'endroit... Pas forcément où on fait des recherches. Je pense qu'on fait des recherches en amont, quand on est vraiment solo. Mais le studio, pour moi, c'est le labo. Et c'est aussi un sanctuaire. Parce qu'il y a certaines choses que tu ne fais pas au studio. Il y a certains studios où tu ne fumes pas. Il y a des règles. Il y a certains studios... Il n'y a même pas Internet. Je ne vis même pas internet, donc on est comme on aime appeler ça dans notre langage du show business, c'est la salle du temps. Il n'y a pas de fenêtre.
- Speaker #1
Tu peux rester toute la nuit.
- Speaker #0
J'en ai fait des sessions studio overnight, tu vois. Nuit blanche, nuit blanche. C'est le laboratoire où tu ne regardes pas forcément l'heure. Et tu peux passer des heures, pas forcément à composer, mais à écouter. Et écouter même des discussions entre compositeurs, tu vois. S'échanger un certain savoir, tu vois. Tu vois, s'élever de manière mutuelle, tu vois.
- Speaker #1
Ok. Merci pour ça. Merci pour ce retour, frérot. Et si on revient un peu, toi... On va passer à ton histoire. Tu exploses vers 2014-2015, j'ai envie de le dire.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Avec l'Afro Trap et la série de freestyle de MHD. J'aimerais qu'on revienne à cette partie-là de ta vie. C'est quoi la première instru Afro Trap que tu fais ? Et est-ce que tu avais déjà MHD dans la tête au moment où tu fais l'instru ?
- Speaker #0
Pour être honnête, j'ai grandi en Angleterre. Donc tout ce qui est Vague, Whiskey, Two Faced Baba, Peace Square... Je l'ai eu dans la gueule,
- Speaker #1
tu vois. Ouais,
- Speaker #0
c'est le moment. C'était... Donc, on a eu aussi Pérasondam, DJ Arafat. Moi, je ne suis pas de la génération de Duxaga. J'étais un peu plus jeune que ça. Mais je suis tombé dedans parce que j'ai essayé de refaire l'Afrobeat. J'ai essayé de refaire l'Afrobeat et en pratiquant, je me suis créé mon style. Donc, en écoutant aussi tout ce qui est DJ Arafat, Champi Kilo. tout ce qui est afro, j'aime bien le zuglo aussi. Donc bon, c'est les mêmes mélodies qui ressortent d'une manière différente. C'est les mêmes rythmiques, mais qui ressortent de la manière DSK. En vrai. Donc c'est un peu, comme on dit, j'ai piqué un peu à gauche, à droite, avec des vibes aussi très spirituelles de l'église. Les accords de l'église, parce qu'en réalité, les accords, il n'y en a pas tellement. On se répète dans la musique. Quand je crée mon style, à un moment, je sens que je suis arrivé à un produit brut DSK. Donc, ma première prod que je place avec MHD, c'est une gacha BD. C'est la FOTRAP 5. Ça veut dire que j'arrive au 5. Je suis là dès le début. J'observe. J'observe, je lui envoie un pack. Et dans le pack... Voilà, tout le monde sait ce qui se passe après.
- Speaker #1
Ouais, N'Gacha Bedi. Je crois que c'était mon morceau préféré de la série freestyle, en tout cas. Après, vous avez fait beaucoup d'autres hits. Oui, oui, exactement. Je crois que vous avez fait Roger Mila aussi.
- Speaker #0
Ouais, Roger Mila dans la foulée, ouais.
- Speaker #1
Ouais, ouais, mais N'Gacha Bedi, pour moi, c'est même un tournant un peu, tu vois, parce que c'est moins trap et c'est plus mélodieux dans la série. Et donc, je pense que c'est un petit tournant un peu dans ses débuts. Et au moment où tu fais N'Gacha Bedi, Roger Mila, est-ce que vous êtes... Cette question a deux parties. Est-ce que vous êtes conscient que vous êtes en train de révolutionner un peu le rap français ? Et deuxième partie, est-ce que les gens vous comprennent ? Est-ce que vous discutez avec des médias, des maisons de disques ? Est-ce qu'ils comprennent ce que vous êtes en train de faire ?
- Speaker #0
Je pense que les aînés ont fait le taf. Quand je prends les aînés, je vais un peu plus loin. Comme Magisystem, comme Asalfo, comme Duxaga. Je pense que la musique africaine, la jet set, etc. La musique africaine, surtout Westaf. Elle a pris du terrain en France, en Occident, en métropole. Elle a pris du terrain depuis les années 2000. Et elle a pris du terrain de manière crescendo. Et je pense qu'en 2015, quand MHD arrive avec l'Afro Trap 5, Inga Tchabedi, je pense que les gens sont prêts, et mentalement et physiquement, c'est déjà bon. tout le monde aussi danse, tout le monde est assez familier aux mélodies, aux rythmiques. On n'arrive pas avec la tectonique, tu vois. Tu vois ce que je veux dire, on n'arrive pas avec du reggae rock ou je ne sais pas quoi. On arrive avec une musique qui a déjà un blueprint, qui a déjà aussi une identité. C'est-à-dire que nous, on est des jeunes. On est des jeunes... Des jeunes qui ont une double culture, mais on n'a pas inventé le ciel, on n'a pas inventé le soleil. On arrive avec un dérivé de tout ce qui existe déjà. C'est différent. Un rappeur qui chante sur de la musique afro, on l'a déjà entendu, Big Up à Mokobé, il l'avait. Moi je me rappelle Urfa, je ne sais pas si tu connais Urfa le loup. Urfa le loup d'habitude. Tu vois ce que je veux dire ? Urfa il rappait sur des instructions Bikilou. Et tu vois donc on arrive avec un style, mais qui n'avait pas forcément un nom.
- Speaker #1
Ça avait pas un nom et c'était peut-être un peu moins pris au sérieux. Tu vois, Mokobu... 113 était très pris au sérieux mais... Tu sais l'afro avant vous, quand quelqu'un faisait de l'afro, il était moins pris au sérieux qu'un rappeur. Ah oui oui oui ! Tu vois, et un rappeur c'était très sérieux.
- Speaker #0
Hum hum.
- Speaker #1
Et donc c'est... Pour moi c'est quand même un tournant. Y'a des rappeurs qui s'aventuraient pas trop à faire ça. Ouais. À part 113, à part euh... J'ai envie de dire Sectora, Stomy Bugsy, Pasi et tout, qui eux ont... On en fait leur identité, tu vois ? On en revient à la double culture, t'as raison. Mais c'était un peu moins pris au sérieux et je pense que le début de l'afro, après toute la vague qui a découlé, ça part de là. T'as un rappeur qui...
- Speaker #0
Comme j'aime bien le dire, en coulisses, on a cassé la porte pour que tout le monde passe. Et on a fait la passerelle entre l'Europe et l'Afrique.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi.
- Speaker #0
Mais là, en fait, on a donné l'accès à tout le monde. Je me rappelle, on était joué sur NRJ, sur RTL... Françaterre, c'est plus Skyrock là. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
C'est totalement, avec de la musique africaine.
- Speaker #0
Ouais, avec des sonorités, des sonorités africaines et un refrain en langue étrangère. Ingati Abedi, c'est pas français. Comme par exemple Akelelta, c'est pas français.
- Speaker #1
Il y a même des français qui le chantaient sans connaître l'exemple du méga.
- Speaker #0
L'exemple du méga, tu vois. Donc ouais, c'est... Après, sur ce genre de choses, il faut être très humble, il faut être très modeste parce que... Il n'y a rien de nouveau sur le soleil, tu vois. Mais on a donné un nom à un nouveau genre, et je pense que le public était réceptif.
- Speaker #1
Le public était réceptif. Et il y a un truc que tu viens de dire, si on a cassé les portes et il faut être humble, moi je sais que t'es humble, on se connaît un peu, je sais que t'es humble, mais je me rappelle la première fois que je t'ai vu. Je ne sais plus c'était en quelle année, c'était peut-être 2015, 2016 ?
- Speaker #0
Ouais, 2016 ou 17.
- Speaker #1
Ouais, ok, peut-être 2016, 2017. Et j'ai toujours dit que la première fois que je t'ai parlé, j'ai ressenti la même chose que quand j'ai parlé à Arafat. La première fois que j'ai rencontré Arafat, c'était un peu avant. C'était, petit aparté, c'était après, il y avait une cérémonie qui s'appelait les Ausha Awards. Au Burkina. Et lui, il avait perdu les Ausha Awards, il était avec mon oncle Jean-Marc Guérandou. Et il perd à leur âme aux deux. Et donc quand il perd les Ausha, il rentre à Abidjan et ils sont hyper frustrés. Et à ce moment-là, ils prophétisent. Ils nous expliquent que lui, sa musique, il prend ça très au sérieux. Lui, ce qu'il fait, c'est pour la Côte d'Ivoire, il va mettre la Côte d'Ivoire devant. Et il prophétise un peu le succès qu'il va avoir derrière et l'impact qu'il aura. Et la domination qu'il aura. Il était déjà prêt à ça. Et quelques années après, quand je l'ai vu avoir son Ausha, et que je l'ai vu devenir encore plus big qu'il l'était avant, je me suis dit, putain, il me l'avait dit avant. Et peut-être quand il me l'a dit, je ne l'ai pas pris trop au sérieux. Je me suis dit, vas-y, ouais, tu vois. Et quand je l'ai vu avoir son Ausha à Bijan quelques années après, j'ai repensé à la discussion qu'on avait eue. ça m'avait choqué, je me suis dit putain il a prophétisé Et c'est la même chose que j'ai avec toi, quand à cette époque-là on se rencontre dans une galerie d'art avec les frérots, on parle de l'afro, MHD a un peu pris, et tu nous parles de l'afro, tu nous dis, c'est vers nous que les caméras vont se tourner maintenant, c'est vers l'Afrique, c'est vers ce genre de sonorité-là, et tu étais déjà très convaincu, et que les gens qui nous regardent comprennent, au moment où tu nous dis ça...
- Speaker #0
J'ai pas envie de dire c'est embryonnaire, mais il n'y a que MHD, il n'y a pas beaucoup d'afro. Et quand tu nous dis non, c'est vers nous que ça va se tourner maintenant, c'est ce genre de musique qui va marcher, ok on te regarde, on te croit, et quelques années après, quand Booba sort Validé, Booba sort DKR, que même l'afro c'est le truc le plus populaire en France.
- Speaker #1
Ouais Kinambaya.
- Speaker #0
Ouais c'est ça, avec Nasak Black, on se dit putain il a prophétisé tu vois. Et c'est peut-être une histoire que je t'ai racontée, mais j'ai ressenti la même chose que quand je t'ai rencontré toi, Et quand j'ai rencontré Arafat, ces deux gars qui avaient une vision, Et l'histoire leur a donné raison. Ils n'ont pas trop parlé au début, ils ont beaucoup bossé. Et l'histoire leur a donné raison. Et si on en revient à Arafat, et même à ton taf, toi tu as vraiment été un pont entre les sonorités de là-bas et les publics d'ici, et même les gros artistes de là-bas. Et je crois qu'Arafat, quand il signe chez Universal, et qu'il doit faire son premier album, c'est toi qui fais l'instru de Enfant Béni. Et donc, est-ce que tu peux revenir à cette époque-là ? Comment se passe le... comment tu fais l'instru ?
- Speaker #1
Et comment ça se passe en fait ? En fait, au Béni, j'ai fait la prod tout seul. J'ai fait la prod chez moi. Et il y a un jour comme ça, on m'appelle et tout. Je pense que c'est Charles Tabou qui m'appelle et me dit « Ouais, t'es ici avec Arafata, je veux pas savoir, mais faut que tu viennes au studio. » On a besoin de... On a essayé. On a essayé plusieurs projets avec différents... compositeur, mais on n'arrive pas à démarrer. Je dis « Ah ouais, ok. » Encore une fois, tout humblement, avec ma petite modestie là, j'arrive en gros dos, tu vois. J'arrive au studio. À l'époque, excuse-moi, je suis... je me grippais. A l'époque, c'était un grand armé, porte-maillot, dans le centre commercial. Tu vois, la porte-maillot, c'était là. Donc la porte, elle est sur la petite avenue parallèle. Et on rentre et tout, boom. J'y étais déjà allé, tu vois, parce qu'en 2013, déjà, je bossais assez souvent à Porte Maillot, avec mon vieux père Parigo, tu vois.
- Speaker #0
Dédicace à Parigo. Dédicace à Parigo.
- Speaker #1
Il m'avait déjà envoyé dans ce genre de studio. Quand j'arrive, je dis, ah, bon. En plus, ça avait un peu changé. Bon. Donc, en fait, et là, je pense qu'il y avait Sofiane, le rappeur Sofiane, dédicace à Sofiane.
- Speaker #0
Fianso.
- Speaker #1
Fianso, ouais. Fianso, qui a aidé le Yoron, qui l'a lidé un peu dans l'écriture. Parce que là, on lui a dit, on t'a essayé, t'as essayé ce que tu sais faire, mais là, on veut que ça soit un peu plus conventionnel, plus posé et plus réfléchi. Donc, parle un peu de ta vie, va un peu en profondeur, comme on dit les Iboriens. Donc, il est allé en profondeur, il a parlé. Quand on écoute Enfant Béni, il parle beaucoup, il nous donne des conseils, il dit soyez fort. C'est ce qu'il sait. Tu sais, dans la vie, quand tu as une grande destinée, tu sais qu'à tout moment, ça peut s'arrêter. Donc quand ils nous disent soyez forts, ils savent de quoi ils parlent. Et ouais, c'est parti de là. Et je me rappelle, mon ordinateur était cassé. L'écran était cassé. Donc il fallait que je me branche en HDMI. Donc ils ont fait toute une logistique. Ils m'ont ramené un écran, je crois, à 65 pouces. Donc là, tout le monde... Tout le monde voyait mon bureau. J'ai fait le truc, j'ai fait quelques arrangements, j'ai mis la posée. Je pense que je ne suis pas resté jusqu'à la fin. Ça remonte quand même, je ne suis pas resté jusqu'à la fin. Je n'aime pas trop quand les artistes enregistrent. J'aime bien partir et revenir avant. une surprise.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ça dépend comment je travaille, ça dépend. Mais ouais, donc là, vu qu'il y avait un peu de friction dans l'air... C'est entre toi et le frérot ? Ouais, entre moi et DJ, mais c'est un truc banal. Il n'y a pas d'animosité, il n'y a jamais eu d'animosité. Et je pense qu'un raffin n'a jamais été dans l'animosité. Tout est une question de business. Comme on dit, il n'y a rien de personnel, c'est du business. Et après, Charles Tabou, il m'a envoyé le son et j'ai bien kiffé. Et c'est le son que les médias ont utilisé pendant le drame.
- Speaker #0
Je kiffe aussi le son. Et t'as raison, c'est un peu un tournant dans le sens où là, il y a du sens dans ses paroles. Donc je pense qu'il s'est forcé à écrire des trucs. Il n'a pas à faire du bruit. Quand je dis du bruit, tu comprends, je ne critique pas. Mais c'est différent des chansons qu'il faisait avant. Là, il a mis plus d'efforts dans l'écriture.
- Speaker #1
Il a quelques sons comme ça, qui sortent du lot. Il dit des choses très sensées.
- Speaker #0
Tu sais,
- Speaker #1
j'aime... La musique, c'est quelque chose de très, très deep. Et quand t'as le don de la musique, t'as forcément le don de la prophétie. Ouais. Comme les Anglais disent, « You speak, it will exist » . je ne sais pas comment dire ça en français mais quand tu parles ça tu prophétises speak into existence ce que tu dis ça va forcément exister ça existe déjà dans l'univers mais le temps que ça arrive là ça ne va pas à la vitesse de la lumière ça peut tourner sur Neptune, Saturne ouf je réussis en terre allez ok
- Speaker #0
Et après Arafat, il y a un autre artiste aussi qui était très connu en Afrique et qui a eu un moment, un tournant, qui s'est dit je vais conquérir la France, c'est Fali. Il me semble que tu travailles aussi sur son premier album. Est-ce que c'est les mêmes conditions qu'Arafat ? Est-ce que tu vois des similarités entre eux ?
- Speaker #1
Non, non, non. Parce qu'il faut savoir que je rencontre Fali bien avant MHD.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et je pense que la séance, quand je rencontre Arafat pour la première fois, je ne sais pas si c'est après Fali. Mais je pense que c'est dans la même période, c'est allé trop vite. Ouais,
- Speaker #0
c'est dans la même période.
- Speaker #1
H-Magnum, il m'appelle. Ouais, DSK, t'es où ce jour-là ? J'étais à Argenteuil. Je dis, ouais, je suis à Argenteuil, là. Je suis un peu occupé et tout. Ah ouais ? Bon, ouais, Fali, il fait un son avec Wizkid. J'ai dit quoi ? Ouais avec Wizkid On voit des sons on va choisir Je dis ok je t'envoie et à cette époque là j'étais vraiment en mode la gigance très robot. Donc je ne sortais pas énormément mais je bossais énormément. Donc quand je sortais de temps en temps pour chiller tu vois. Et j'avais beaucoup de sons sur mon mail, donc j'ai fait une sélection, j'ai envoyé à H-Magnum. Le lendemain, il m'appelle, il m'envoie l'adresse du studio. Ah, on a choisi, je crois, deux de tes sons et tout. Ah ouais ? Bon, les deux sons vont sur l'album de Fali, tout ça. Je pète un câble. Fali Whiskey, j'arrive au studio. Et à l'époque, encore une fois, c'est un ancien studio très mythique, studio d'Avou. Grand studio et tout. Quand tu rentres dans le studio, tu sens qu'il y a des choses qui se sont passées. Et je suis là. Je suis là comme un enfant à la création. Toys R Us. T'es là. Il y a Whiskey qui arrive. T'en fallait, il est déjà là. Tu ne sais pas trop comment te comporter. T'es dans ton coin. C'est ta prod, hein ! Donc quelque part, c'est toi, tu vois. Et il y a Whiskey qui arrive, ça papote, etc. Ça prend des photos. Et là, à l'époque, Joey Touch... qui était dans tout ce qui est jokes, qui était dans la team Avengers là, avec Ritchie Beats, etc.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et Joey, il avait sa cabine. Joey, il bossait avec Scalp. Scalp, il avait quelques cabines et il avait des compos qui bossaient avec lui à l'époque. Nya Jiko, par exemple. Et c'est Nya Jiko qui était l'ingénieur à la séance. Et là, Joey, il appelle son pote, il dit « mon pote qui arrive, Travis Scott, il débarque » .
- Speaker #0
Ce soir-là ?
- Speaker #1
Ouais. Donc ce soir-là, je suis dans l'autre séance, dans l'autre cabine avec Fali Poupa, Ashman, Nom et Wizkid. Et dans l'autre cabine, parce que je t'ai dit, je n'aime pas quand les artistes s'y posent. Donc je m'éclipses un peu et je vais dans l'autre cabine avec Joey. Il y a Travis Scott qui est quand vous l'écoutez, qui écoute les sons de Joey. Et là, on est en 2015.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et je te jure, je te jure, et je te jure Travis il a demandé à Kanye et Rihanna de venir Il y avait trop d'engoutéages. Il y avait un trafic de balades, c'était la fashion week. Et là ils ont dit, vas-y on va se capter plus tard. Et je me suis dit là, attends... Là t'es avec H Magnum, Fali Poupa, Wizkid, à même pas 20 mètres, t'es avec Travis Scott, et là y'a sûrement Rihanna et Kanye qui vont arriver. What the hell ? J'ai dit ah ouais donc ça commence bien. Et boum c'est parti de là. Et j'ai bossé après pas mal d'artistes africains. En fait j'ai fait en sorte d'être présent, et sur le continent européen, et aussi de manière très... Je vais te dire,
- Speaker #0
ouais, j'en ai vu l'occurrence en Afrique, en Afrique,
- Speaker #1
si dû en Afrique,
- Speaker #0
si dû, ouais, et de tous les artistes. T'étais avec Fali, Wizkid, mais t'as bossé avec le frérot Sike aussi, qui n'était pas même dédicace à lui, mais ouais, c'est ça, t'étais assidu dans les deux. Et là, t'as parlé de Wizkid, et moi, je crois que si t'as fait une prod pour Mr. Easy, à l'époque,
- Speaker #1
c'était big, tu vois,
- Speaker #0
et est-ce que tu vois une différence ? Et à la fin, tu en parlais aussi des différences entre les Nigériens et eux, et les francophones. Est-ce que tu as vu une différence un peu dans la façon de bosser ou quand tu as vu Whisky d'Izéi et pas d'Efrani ?
- Speaker #1
Bah côté business, les Nigériens t'annoncent déjà la couleur. Les francophones sont un peu… Bah tu sais, comme on est français, on cache un peu la richesse, on parle pas trop d'argent. Les nidjas, les anglophones, même pas les nidjas. tu annonces la couleur. Tu sais. Et tu sais dans quoi tu baignes. C'est pas flou. C'est très structuré. Deux fois, non. Parce que ça peut être dur à n'importe quoi aussi au niveau des anglophones. Mais... Tu sais, comme c'est level up, les anglais, tu vois, les anglais, ils sont... C'est un autre mindset, même dans la façon, la manière de procéder, de créer, tu vois. C'est différent. Ils sont... C'est différent. Moi, j'ai vu des compositeurs anglophones, comment ils composent. J'ai fait, ah ouais. Ouais, OK. Les francophones, je pense qu'on cherche plus. Eux, ils sont... Pas dans du copier-coller, mais celui qui copie bien, fait bien. OK. Voilà. C'est ça. Et le côté business, ils sont très durs. Mais il y a plus d'argent du côté anglophone. Peut-être pas maintenant, mais à l'époque, oui.
- Speaker #0
Ok, ok. Et si on parle un peu de la musique afro avant de revenir sur notre discussion, tu vois, on dit souvent afro comme si c'était un mot valise qui englobait tout, mais il y a plusieurs sous-genres. Toi, tu as la ma piano, tu as l'afro beat des Naija, tu as l'afro comme on le fait en France. T'as eu le Maïmouna comme on le faisait chez nous, tu vois, et t'as le... Est-ce que toi aussi, aujourd'hui, tu vois d'autres mutations ? Et j'ai envie de te parler de l'afro-futuriste, c'est comme ça que j'appelle un peu la musique que tu fais en ce moment. Est-ce que toi, tu vois des prochaines mutations et comment tu vois cette chose-là en fait ?
- Speaker #1
Vous parlez en termes géopolitiques, en termes géoculturels. L'Afrique est un continent... Vaste, avec tellement de culture, et qui dit culture, dit rythmique, instrument. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on est un peuple qui est très éveillé, dans le sens où on est un peuple qui est très jeune. On est le peuple le plus jeune du monde, actuellement. 80% de l'Afrique, c'est des jeunes, contrairement à l'Europe. L'Asie, ils ne font plus d'enfants, par exemple, à part l'Inde. Sinon, quand on enlève l'Inde en Asie, ils ne sont pas beaucoup. Du fait que la culture est tellement diversifiée, tellement variée, dans les différents pays, dans les différents villages qu'il y a en Afrique, donc les sous-genres... émanent de partout.
- Speaker #0
C'est normal carrément.
- Speaker #1
C'est normal. Et je pense qu'on n'est même pas au bout de nos surprises parce que demain, on aura de l'afro-rock fusion. Il y a de la funk. Oui, oui, il y a. Tu prends l'afro-gospel, par exemple. C'est ouf. Et je pense qu'ils n'ont même pas encore exploré tout ce qui est gospel parce que le gospel, encore une fois, c'est large. Donc l'afro-jazz, par exemple. Par exemple, ce que l'artiste Ikei fait. Je ne sais pas. pas comment ils appellent ça mais Réma c'est de l'afro, c'est un autre genre d'afro, ce que Whisky fait c'est du jazz mélangé du blues avec l'afro swing, elle a fait l'akuti mais nouvelle génération c'est ouf tu vois, c'est tellement rare, des artistes comme même l'afro reggae tu vois. Bernard il fait beaucoup d'afro reggae tu vois. Donc ouais c'est... Moi, pour moi, je pense qu'on est qu'au début d'un exposé à scène ouverte. C'est un exposé, c'est un exposé pour moi. C'est un exposé ce qu'on fait en ce moment. On met en pratique ce qu'on a enduré, ce qu'on a entendu. Comment on a grandi, ce qu'on a vu, les voyages à travers le monde aussi. Parce qu'il faut savoir que les Africains sont des grands nomades aussi. On est un peu partout, partout, comme on dit. Donc, on revient avec des cultures. Et déjà, on a une culture qui est assez très strong, qui est très puissante. Que ce soit les Congolais ou les Ivoiriens ou les Gabonais ou les Camerounais ou les Marocains ou les Sud-Africains. On a des cultures vraiment très denses chez nous. Donc quand on voyage, ça crée encore d'autres genres, de sous-genres. Comme je parlais tout à l'heure, comme je disais, avec l'infraud trap, c'est un sous-genre, mais ce n'est pas forcément quelque chose qu'on a créé de toute pièce. On ne peut pas prendre la grosse tête dans ce sens-ci.
- Speaker #0
Je vois ce que tu veux dire. Je comprends ce que tu veux dire maintenant. Et si on revient un peu à ta carrière, si je pense à un morceau à toi qui m'a mis une claque, je me rappelle la première fois que je l'ai écouté carrément. Et c'est Zédo, le frérot Zédo qui me disait ça, c'est DSK, c'est qui ? Ah oui, c'est qui ? C'est Kylnabel. Je crois sur cet album de Damso, tu fais Kylnabel et Dieu ne ment jamais.
- Speaker #1
Dieu ne ment jamais,
- Speaker #0
ouais. Les deux, ils sont certifiés aujourd'hui. Mais si on revient sur Kylnabel, est-ce que tu te rappelles comment vous vous connectez, comment tu places l'instru et c'était quoi le... Parce que l'instru, elle est folle. C'est comment tu places l'instru ?
- Speaker #1
Bah, qui n'a pas le... J'avais déjà fait avec un compo
- Speaker #0
BGRZ Ah oui je connais Bangerz Oui je connais Bangerz,
- Speaker #1
Bangerz il a joué quelques trucs Et d'un coup on avait fait un album 9 de 8 Les gens savent pas. Le grand public n'est pas forcément con. On a fait un album 9T. Avec Damso, Benaj, Seaboy et Chai. Donc on a fait je pense que c'était quoi ? Deux semaines de studio dans Paris. Donc on faisait... C'était le rush-a-rush. On faisait des studios par-ci, par-là, à Boulogne, à Paris, dans le premier. Et on tournait. Et Mme Seymour, on l'a bien connue, on l'a bien sympathisée. Et j'ai pris son numéro. Donc je lui ai envoyé la preuve de « Je ne mens jamais » . Et le jour même qu'on s'est rencontrés, je lui ai envoyé la preuve de « Je ne mens jamais » parce qu'il avait écouté dans ma voiture. Donc quand on changeait de studio, il est monté avec moi et on partait à rue des Prairies, à la mode piqué. Il est monté avec moi tout le trajet et tout. Donc, je pense qu'on est quitté dans le 11e. On est allé dans le 16e, je crois, 16e ou 8e. Et ouais, il était dans ma voiture. Il a kiffé la prod. Il a dit, ouais, celle-là. Et on a fait une vidéo. Et j'ai fait une vidéo devant le studio. Il a dit, je vais la plier, la prod. Effectivement, quelques années après, disque de diamant. Et qu'il l'a belle. Ça a suivi. Il m'a dit, ouais, je veux bien un truc afro, mais qui me ressemble. C'est OK.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai peaufiné tout ça, etc. Et je l'ai envoyé.
- Speaker #0
Et ça a fait un classique.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est un classique. Il est diamant, oui.
- Speaker #0
Classique. La veille, pour moi, c'est un classique. De cette époque-là. Et de Damso aussi, je pense.
- Speaker #1
Merci, merci.
- Speaker #0
De rien, de rien. Et donc, c'est à cette époque-là que, toi, ça s'accélère un peu. J'ai envie de dire, il y a de plus en plus de certifications. Et puis, des gros trucs, des diamants, des triples platines, etc. Et donc... Toi, à cette consécration-là, comment tu vois la chose ? Est-ce que tu te dis, je vais multiplier les morceaux pour faire des hits et puis avoir encore plus de disques, de certifications plutôt ? Ou est-ce que tu es dans un mood où tu te dis, comme j'ai ma signature musicale, je vais être plus rare et avoir des morceaux plus percutants ? Est-ce que même tu te fixes une stratégie à ce moment-là ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Je suis très jeune. Quand je suis très jeune, ça fait presque 10 ans, plus de 10 ans. Oui, ça fait 10 ans. Oui, je suis très jeune quand je signe, j'ai 23 ans. J'ai 23 ans, je suis... Il n'y a pas forcément de stratégie parce que tu es un passionné. Et ce qui m'arrive en ce moment, ou ce qui m'arrivait à l'époque, je l'ai perçu d'une autre manière. Je me suis dit, le succès c'est le début du commencement. C'est ça le vrai succès. C'est le début des ennuis. C'est sûr. Donc quand tu fais un hit, il faut faire un deuxième. Quand tu as un diamant, il faut en faire dix, il faut en faire quinze. Il y a un pote qui m'a dit, une carrière de cinq ans, c'est de la chance. Mais après cinq ans, c'est Dieu donné. Tu vois, c'est... C'est ce que tu veux dire. Tu n'es pas installé, mais tu es assis. Donc à partir de 5 ans, ça devient, c'est plus un métier, c'est une carrière. Donc tu te fixes des objectifs, bien évidemment. Et comme j'aime bien dire, quand t'es partout, t'es nulle part. Mais tu dois bosser. J'en ai fait des sons. Il y a plein de sons que j'ai faits que les gens ne sont pas au courant, les gens ignorent. Mais après, je ne me fixe pas des objectifs parce que j'aime bien dire que le temps n'a pas le temps du temps, mais le temps arrive à temps. Donc tu peux tout faire, mais ça marche pas. Donc tu te fixes les objectifs, mais chaque jour est un nouveau départ, et chaque jour c'est le plus ancien jour que tu vas vivre. Tu te dis, ah je vais arriver là, je vais faire des sans-pourri à là, t'es un peu dans la folie des grandeurs, tu te donnes des objectifs très loin, mais c'est pour te reconforter dans un sens, parce que tu sais que du jour au lendemain ça peut basculer. Donc quelque part tu te dis je vais tout faire Et il y a des choses que tu fais mal Et je pense que dans la vie on a plusieurs essais Surtout dans le succès Et dans la réussite Deux fois Dieu te donne une réussite qui peut durer deux ans Il te donne une réussite qui peut durer dix ans Ça dépend de toi Et comment tu vis-à-vis Et comment tu réagis vis-à-vis de la réussite Donc C'est bizarre.
- Speaker #0
Je vois ce que tu veux dire. Et donc c'est comme si, en fait, les gens pensent que le succès c'est quand t'es arrivé, mais ce que tu dis c'est en fait c'est le début d'un truc. Donc tu te rends compte que t'as tes premiers succès, que limite là tu dois rentrer dans un tunnel, où il faut bosser encore plus, où c'est encore plus dur, pour en faire encore tu vois. Et c'est Jay-Z qui disait tu l'as fait une fois c'est bien, maintenant prouve que c'était pas la chose.
- Speaker #1
et faire une deuxième bah oui faire une deuxième Et tu prends un autre artiste et tu vois, bah ok bah, ouais DSK avec MHD, ouais DSK avec Fali, ouais DSK avec Damso, avec DSK avec Arafat, c'est plus une coïncidence. Ouais c'est ça. Tu vois c'est, tu vois sans prétention aucune hein.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais, ah ouais mais ça marche. Ah oui, là, un truc, je me rappelle, Pete Baccarati me disait, ouais, t'as une manière de faire la musique qui nous touche. Tu as des mélodies, là. Je dis, ouais, tu sais faire ça encore. Il dit, mais oui, oui, je sais faire ça encore, tu vois. Il y casse un Pete. Il y casse un Pete, ouais, je sais faire ça encore. Et je pense qu'en tant que compositeur, les gens, ils ont vu que 15% de mon talent. Parce que, par exemple, je peux faire des vidéos où je suis en train de jouer au piano, mais ce n'est pas du live, avec un artiste et tout, j'accompagne. Tu vois, j'ai la possibilité de faire vraiment des choses vraiment très différentes et qui ne se ressemblent pas. Donc, ouais, je suis quelqu'un où je ne me mets pas trop la pression. La vie est easy going, tu vois. Je ne me mets pas trop la pression.
- Speaker #0
Je vois ce que tu veux dire. Et quand tu dis que les gens ont vu qu'une palette de ce que tu peux faire, je pense qu'à cette époque aussi, toi et nous qui te suivons un peu, on se rend compte de tout ce qu'on peut faire dans la musique. Tu peux placer une instru, tu peux faire de la musique pour des films. Tu peux faire des... C'est beaucoup plus large en fait. Et quand tu rentres dans ce milieu, c'est vrai que tu te rends compte qu'il faut être productif et il faut toucher à plein de trucs. Et c'est un truc que tu m'as... Je crois que c'est toi qui m'avais ouvert les yeux à une époque sur la musique des films. Mais quand tu te places dans un film, c'est pas la même chose.
- Speaker #1
Ah bah non, là tu passes de... Tu passes de Range Rover à... Quoi est-ce que c'est ? Ah oui, oui.
- Speaker #0
Ça c'est totalement...
- Speaker #1
C'est... Imagine tu fais un film qui a 100 millions d'entrées. 100 millions d'entrées... T'as des pourcentages sur les tickets à l'entrée.
- Speaker #0
Je vois totalement.
- Speaker #1
Tu vois, donc ouais, c'est différent.
- Speaker #0
C'est ça, c'est une industrie. Il n'y a pas qu'une façon de faire des... Oui,
- Speaker #1
il y a plusieurs manières. Il y a des gens qui font que des... Des sons de documentaires. Et ça marche très bien. Imagine le mec qui a fait Zone Interdite. Zone Interdite, Zone Interdite. Lui c'est à vie, c'est bon. C'est la SACEM Life. Tu vois, c'est... Tu tiens les murs de la SACEM. T'es la fondation même. Donc ouais ouais. C'est... C'est l'art.
- Speaker #0
Et si on change un peu de sujet, toi et moi on a quelque chose qui nous rapproche, c'est les arts martiaux. Et justement cette émission là, le média s'appelle Savoir-être, mais cette émission elle s'appelle 7ème Dan. Déjà c'est un hommage à mon grand-père qui était 7ème Dan de judo, et de Aikido place son âme, mais c'est aussi que j'aime beaucoup la symbolique derrière 7ème Dan là, ou dans le sens où quand t'es ceinture noire au judo, Tu peux passer 1er dan, 2e dan, 3e dan et du 1er au 6e dan c'est qu'une question de technique. Plus t'es bon et plus tu passes les grades. Mais le 7e il est un peu symbolique dans le sens où au-delà d'être bon, tu dois prouver que tu as un impact sur ta communauté. Donc pour être 7e dan, t'es obligé d'ouvrir un dojo, de donner des cours et de montrer que t'es utile pour ta communauté. Et je pense que c'est une belle... Tous les arts martiaux, mais ça en général c'est une belle métaphore sur la vie. Au début, tu es obligé de travailler ton art, aiguiser tes lames et de travailler sur toi. Mais quand tu arrives à un niveau, tu dois transmettre. Tu dois être proche des gens un peu plus bas que toi, leur apprendre et transmettre. Et toi, c'est quelque chose que tu as un peu naturellement. On parlait tout à l'heure que tu étais autant avec Stromae ou Wizkid, autant avec des gens un peu moins connus en Afrique, des Siké, notre frérot, ou des Yannick Jones, des choses comme ça. et D'où ça te vient ça ? Est-ce qu'à un moment tu t'es dit bon là je suis arrivé à un stade, il faut que je donne ? Est-ce que c'est naturel chez toi parce que c'est comme ça que tu as grandi ? D'où ça te vient ça ?
- Speaker #1
D'où ça me vient en fait ? Avant de m'appeler Descande de Bide, on m'appelait Maître Kader.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Maître Kader. Pas parce que j'étais fan de Maître Gibbs, mais je suis fan de Gibbs aussi. Mais je pense que ça fait partie de mon ADN de vouloir... Je ne suis pas le bon samaritain.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais de vouloir... retransmettre. Après, je suis papa. Tu vois, mon fils, il a 15 ans. Ma fille, elle a 6 ans. Ça fait partie de moi de... De transmettre. Je suis toujours au milieu de gens, pas des gens qui sont fans de moi, mais des gens qui sont un peu à l'écoute aussi, tu vois. Qui aiment bien me poser des questions, qui aiment bien avoir mon avis. Et je suis grand frère aussi, j'ai trois petites soeurs. Donc quelque part, c'est intuitif. C'est naturel. Je ne le fais pas si à moi. Je pense que ça fait partie de moi.
- Speaker #0
Ça fait partie de toi, parce que pour t'avoir vu au studio, tu ne différencies pas. Un artiste qui est un peu moins connu ou qui est au début de sa carrière ou qui est en développement et quelqu'un qui enchaîne les hits, tu ne différencies pas, tu gères ta session de la même façon.
- Speaker #1
Un docteur, il ne verra pas qu'il a un cancer. Tu as une bronchite, ok, tu as mal à tout, ok. Tu as mal à la tête, ok, tiens. Donc, non, je suis de foi, pour rigoler, un peu. On est des docteurs, quoi. Tu viens me voir avec une ordonnance, et je te lis ton ordonnance, et ton ordonnance, c'est l'instru. Tu as des médicaments, c'est l'instru. Donc, tu viens, tu poses ta voix, il y a une synergie. Donc, la synergie, et le savoir et l'énergie du docteur est en énergie, crée une synergie, et tu guéris. Ouais,
- Speaker #0
c'est exactement ce que tu veux dire.
- Speaker #1
Donc, voilà, tu vois.
- Speaker #0
Et le fait de dire docteur, ça revient à ce que je disais au début, c'est que t'es pas juste beatmaker. T'es pas quelqu'un qui envoie un pack de preuves. Non. C'est une fois dans ton process de création, tu peux aider à... Laissez quelqu'un enregistrer et retravailler derrière. Ouais,
- Speaker #1
chef de projet, je fais des arrangements. C'est ça le vrai nom d'être un arrangeur. C'est-à-dire que le son est fini, on te l'envoie et on te dit « Deska, fais ta magie » .
- Speaker #0
Tu vois.
- Speaker #1
Donc le beat-lecure, il a jamais tous ces trucs. L'artiste a posé tous ses bacs, les vocaux, les harmonies, etc. Les instrumentistes ont joué. Toi, tu rentres dans le jeu maintenant. Tu coupes là, tu mutes là, tu actives là, tu mets les décibels ici, le volume ici, la reverb ici. Tu places un piano, tu mets une basse. En fait, tu peux recréer. De fois même, la prod, tu l'exportes et tu la samples, la prod. Tu crées un nouveau truc. Et la musique, c'est l'infini. C'est comme l'univers. C'est bon. On continue d'avancer sur le voileau.
- Speaker #0
Totalement ce que tu veux dire. Et si on revient un peu aux arts martiaux de toi, est-ce que tu peux nous en parler un peu de la place que ça a ? Et où est-ce que tu en es dedans ? Et est-ce que tu t'inspires un peu des valeurs ou de la discipline que tu mets dans les arts martiaux ? Les arts martiaux, c'est... Bon, les arts martiaux avec la musique, c'est quelque chose de très différent.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est sûr. La musique, c'est cérébral. C'est mental. Les arts martiaux, c'est aussi mental, mais c'est aussi physique. La musique aussi, c'est physique. Mais je peux rester assis dans mon canapé pendant 8 heures en train de faire une instrumentation, mais je peux pas faire 8 heures de judo. Tu vois, à un moment donné, ça va me saouler. Donc c'est différent. Et la discipline de la musique... Ce n'est pas la même discipline des arts martiaux ou du sport. C'est quelque chose de différent. Mais il y a certains facteurs qui se relient. Je pense que, premièrement, ne jamais rien lâcher. Et deuxièmement, comme au judo, il n'y a pas de... T'attaques pas. Quand tu n'attaques pas, tu prends un point en moins. Donc il faut attaquer. Et dans la musique, c'est comme ça que je suis. Donc il faut rester actif. Il faut être en douette, comme je dis. Donc moi, je vais vers les jambes. Et c'est pareil au judo, tu vas vers ton adversaire. Tu fuis pas ton adversaire, on n'est pas dans les mêmes matchs. Tu sais, je te prends, je te jette. Ou on te prend, on te jette. Et c'est comme ça dans le showbiz. Soit tu prends, tu jettes, soit on te prend, on va te jeter.
- Speaker #1
C'est ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Donc ouais, et les arts martiaux te donnent une certaine confiance en soi. Ça veut pas dire que t'es Bruce tout puissant, mais... Tu sais un peu de quoi tu es capable. Tu vois, sans forcément abuser. Parce qu'après, on n'est pas des gens petits, tu vois. On a une certaine taille, une certaine voix. Donc déjà, ça, c'est déjà oppressant pour certains. J'imagine de savoir que lui, il est ceinture noire et tout. Ou il fait du MMA, ou il fait du Graf Maga, ou il fait du Jiu-Jitsu brésilien. Ça fait beaucoup. Et tu vois, donc, ouais. Et je pense que les arts martiaux, c'est quelque chose de privé. Personne n'a jamais vu une vidéo de moi en train de pratiquer. Il y a eu des photos, il n'y a pas de vidéo alors que la musique a beaucoup de vidéos je suis en train de mixer je suis en train de jouer au piano je suis en train de faire une instru et je trouve que les arts martiaux c'est quelque chose de privé l'art martial comme on dit c'est martial donc qui dit martial dit armé dit discipline donc les gens n'ont pas forcément besoin de savoir ce que tu fais au dojo entre quatre murs mais la musique c'est plus c'est beaucoup plus public donc ça ça me ça me donne un côté très réservé et très private.
- Speaker #1
Et sûr de toi un peu. Tu as parlé de discipline. Moi, ce que je retiens des arts martiaux, c'est discipline, confiance en soi. Tu es sûr de toi, mais tu n'en fais pas trop. Tu es sûr de toi.
- Speaker #0
Sans négliger l'adversaire.
- Speaker #1
Et c'est l'intention que tu fais. Je ne suis pas un boxeur,
- Speaker #0
je suis judoka. Il faut que je sois un peu proche pour qu'il se passe quelque chose. Moi, j'ai fait un peu de boxe.
- Speaker #1
Et c'est l'intention que tu fais quand tu révises tes coups, ton acceptation du parcours. Au judo, il y a l'air blanche, jaune, c'est un marathon. Et c'est l'intention. Et si on revient à l'intention et à ton parcours un peu, toi, on disait que tu avais commencé à faire du piano un peu à l'église ou à la maison. Pour moi, il y a un morceau qui est marquant dans ta carrière, c'est le morceau « Qui » de Taiki.
- Speaker #0
« Qui » oui.
- Speaker #1
C'est un morceau chrétien. C'est 2.0, mais c'est un morceau chrétien, c'est un morceau qui parle de Dieu. Et de spiritualité, c'est le mot que je cherchais. C'est un morceau très spirituel, très puissant. Est-ce que tu te rappelles de comment tu étais quand tu as fait cet instrument ? Est-ce que tu étais au studio avec lui ? Oui. Comment vous avez fait ce morceau ?
- Speaker #0
Moi, je remercie Dieu parce que la plupart du temps, quand j'ai placé des sons, il y a eu des fois où j'ai envoyé par mail, mais la plupart du temps, j'étais avec les artistes en direct. Donc, qui ? C'est des sons qui se sont faits en direct, avec l'artiste. Et c'est un échange d'idées. Donc, Taïk souffle des trucs à l'oreille et c'est parti. Et c'est vraiment un saut. La deuxième séance que je faisais avec Taïk, on avait fait Namiko. Il a vu que ça fonctionnait. Ses producteurs étaient assez satisfaits et tout. On a fait Key. Et c'était spécial. Il y avait une certaine chaleur au studio. Je savais qu'il allait y avoir quelque chose. Mais après, comme je t'ai dit, la musique, c'est les auditeurs. C'est les jokers. Tu ne sais pas sur quoi tu vas tomber.
- Speaker #1
Quand tu fais un son comme ça, tu n'es pas sûr. Tu n'es jamais sûr. Mais tu as une petite intuition quand même. Oui,
- Speaker #0
le morceau est lourd. Tu te dis, le morceau est lourd. Mais il est lourd pour toi. Il peut être lourd pour tes proches, pour tes collègues. Mais le public... Combien de morceaux j'ai fait des sons pour Leto qui sont passés à la trappe ? Mais alors qu'en réalité quand tu écoutes la prod, il y a des prods où je me suis débattu. Je ne suis pas battu, je me suis débattu avec la pose. Je suis allé loin dans la réflexion, dans la compo. Les auditeurs, ils ne sont pas aussi pointueux et fins comme nous. Deux fois, c'est bien de... Donc ici, c'était très minimaliste.
- Speaker #1
Mais ça fonctionne.
- Speaker #0
Et je pense que les gens n'ont pas forcément remarqué, mais je suis très minimaliste dans ma musique. Je peux mettre beaucoup de choses, je peux mettre beaucoup d'informations, mais je suis très minimaliste. Que ce soit dans la recherche de mes mélodies ou dans la recherche de mes rythmiques. Mais je complique à ma manière. Mais je suis très, très minimaliste. Ça veut dire qu'il y a une gachabédie où Dieu ne ment jamais de Damso, tu peux le rejouer. Ouais,
- Speaker #1
tu vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Il y a des sons où c'est compliqué. Je ne peux pas le rejouer. Mais la plupart de mes sons... Et je fais en sorte que mes sons puissent être joués en live. Ça veut dire que j'utilise des instruments propices au live. Peut-être que les gens n'ont pas jamais remarqué, mais j'utilise des instruments qui sont communs, qui sont proches des humains. La guitare, le sax. Les tambours, les tam-tams, etc. Les percussions, la flûte, dans la main piano il y a la flûte, le sifflet. Donc ouais.
- Speaker #1
Ouais c'est peut-être aussi pour le grand public, il faut que ce soit minimaliste. Mais minimaliste ça veut pas dire simple, ça veut pas dire... Non ça veut pas dire que c'est ballot. Ça veut pas dire que c'est bien fait. Ouais c'est bien fait ouais.
- Speaker #0
Et qui c'était ? Et on s'est un peu battu sur le son parce qu'il voulait rajouter des trucs avec ses guitaristes qu'il refusait catégoriquement. J'aime pas trop quand on touche à mes sons. Ah ouais, je me suis mis tellement de gens à dos pour ça. J'aime pas, tu vois.
- Speaker #1
Ok, ok, merci pour ça frérot. Moi je te jure, je te l'ai déjà dit, mais c'est un de mes sons préférés. parce que j'aime la musique et parce que j'aime ce qu'il a dit sur ce sujet. Et si on revient un peu à toi, et tu sais toute la symbolique du 7ème Dan un peu et tout, toi t'es un peu un 7ème Dan dans la musique, t'es allé loin, t'as eu beaucoup de succès, et puis aujourd'hui tu transmets, donc c'est totalement ce que nous on veut faire paraître.
- Speaker #0
Je suis toujours là, c'est juste qu'on communique différemment.
- Speaker #1
Et du coup c'est quoi qui te rend le plus fier dans ta carrière ? Est-ce que c'est les trophées ? Est-ce que c'est la longévité ? Est-ce que c'est la consécration, le fait que t'es... Tu as eu la vision, Tho, sur un genre musical ? Est-ce que c'est une question que tu te poses ? Est-ce que des fois, tu es toujours là ? Est-ce que des fois, tu regardes en arrière et tu te dis, ça, ça me rend fier, je suis fier de ça ?
- Speaker #0
Oui, oui. Ce qui me rend le plus fier, je pense que c'est le fait d'avoir pas lâché. C'est ça qui me rend le plus fier. Une chose que je ne dis pas souvent, mais les moqueries, les manques de considération, la négligence, ça peut être vis-à-vis même de ta famille. Et tout ça, c'est des choses qui me renfièrent aujourd'hui. Parce que, tu vois, c'est plaisant, et ce n'est pas enfantin ou ce n'est pas vicieux ce que je dis, mais c'est plaisant quand tu vois que le regard a... a changé.
- Speaker #1
Ah oui. Et tu vois quand le regard change.
- Speaker #0
Et tu vois que le regard, il a changé. Ça fait un petit moment que le regard, il a changé. Ça veut dire, même si je ne suis pas dans l'actualité, quand on se voit, tu me regardes d'une autre manière.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Parce qu'on a mes consciences, tu sais que sans prétention aucune, il y a un niveau. T'as un niveau en face. Tu vois.
- Speaker #1
Et il y a des certifs. Il y a des certifs.
- Speaker #0
Et les chiffres ne montent pas. Et les chiffres ne font que grimper. Et Quand tu rentres dans une pièce, on sait que tu es là. Tu peux donner ton avis, ou tu peux ne pas donner ton avis, mais tu installes un certain stress, tu vois. Un certain respect aussi. Et il y a des gens qui ne t'aiment pas, bien évidemment. Mais au niveau musical, en termes de talent, il n'y a personne qui discute.
- Speaker #1
Ouais parce que t'as prouvé.
- Speaker #0
Ouais, y'a personne qui discute et les gens sont capables. Moi j'ai des phrases qui me disent... T'entends des phrases comme ça ? BDSK tu vas faire quoi encore ? Tu vois ? Et c'est un peu frustrant.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Parce que oui oui oui parce que... On est des passionnés. Et on ne se met pas de limites. Peut-être que je peux avoir 100 diamants, mais le 102ème, ça sera le bout. Et ils vont dire, ah c'est bon là, c'est bon, allez, votre histoire de musique, ça l'a... Mais on est des éternels insatisfaits. Mais de voir dans le regard des gens que, ah, ça a changé, comme ils me regardent, comme ils s'adressent à toi, ça, ça rend fier. Mais de n'avoir rien lâché, je crois que c'est le but d'un homme. De rien lâcher. Et on tombe hein ! On tombe mais on remonte. On est toujours là, dix ans après. Et on sait faire la musique. C'est ça. Et ça, c'est le plus difficile. Savoir faire la musique. J'ai pas dit de faire une instru, j'ai dit de savoir faire la musique. Ha ha ha ha ! Tu vois ? Parce que tout le monde peut faire une instru aujourd'hui.
- Speaker #1
Tout le monde peut faire une instru, surtout aujourd'hui. Donc ce que je retiens, c'est ça, c'est l'abnégation et c'est les... Il y a l'abnégation. Et c'est les trophées. Vraiment les trophées, vraiment en carrière ça ment pas. C'est... Je me rappelle quand t'es entré sociétaire à la SACEM.
- Speaker #0
Yeah.
- Speaker #1
Ça ment pas, tu vois, c'est tellement fort.
- Speaker #0
Yeah.
- Speaker #1
Que tu peux... Tu peux juste respecter. Vraiment, respect. Quand tu regardes ta carrière... Bon, là, c'est une question un peu philosophique. C'est entre nous. C'est entre David. Est-ce que tu penses que ton destin était écrit ou est-ce que tu penses l'avoir fait toi-même ?
- Speaker #0
J'aime bien dire le mectoub. Ouais. Le mectoub. C'est-à-dire que le mectoub,
- Speaker #1
c'est écrit, mais c'est écrit que ce ne sera pas facile.
- Speaker #0
Mais l'alchimiste le dit. Ouais. L'alchimiste le dit. Et il y a un proverbe aussi dans la Bible. À la fin, on va te demander ce que tu as fait de tes dons. Donc, est-ce que c'est écrit ou est-ce que tu as le livre arbitre ? Question ! Je pense que c'est dans les deux sides. C'est écrit et tu as le livre arbitre. Et la prophétie ne revient jamais à Dieu sans avoir été accomplie.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu dois toujours essayer. Oui, tu dois toujours essayer. Et surtout, quand tu as été avisé et on t'a indiqué la direction. Quand je dis on t'a indiqué la direction, ça veut dire que le vent t'envoie vers une certaine destination. Donc tu sais à peu près où tu vas. Tu rencontres des gens, tu es dans des endroits, tu es dans des salles, tu es dans des réunions, tu tournes même ton entourage, donc tu sais un peu où tu vas. Et tu sais d'où tu viens surtout. Donc ouais, c'est mi fig, mi raza. Donc le destin est... Et ta force de caractère ? La force de caractère et le travail.
- Speaker #1
Ouais, et le travail.
- Speaker #0
Toi,
- Speaker #1
le travail paye. Comme dit le président du Saga. Merci. Et là, on parle beaucoup du parcours et tout, des moments compliqués, des trophées, des moments compliqués. Et du coup, toi, pendant ces dix dernières années-là, quand il y avait des moments de doute ou des moments où c'était un peu plus calme, comme ça arrive à tout le monde, comment tu gérais ça ? Est-ce que tu te disais, je suis DSK, j'ai déjà réussi une fois, je peux le réussir plusieurs fois ? Ou comment tu te commandes ? t'accrocher en fait ?
- Speaker #0
Moi je suis quelqu'un qui se prend beaucoup la tête qui se prend beaucoup la tête parce que toi quand t'es jeune t'as la dalle et comme je l'ai dit tout à l'heure t'as un éternel insatisfait mais un jour j'ai reçu quand j'ai perdu ma grand-mère en fait dans mon deuil j'ai reçu l'appel d'un de mes potes, Junior Nadje chef Junior Nadje il m'a dit ouais et franchement t'as fait des trucs T'as fait des trucs... Et combien d'Ivoriens sont allés à coaché là ? Pas en tant que fêtard, hein ! Mais en tant qu'artiste ! Je dis, ah ouais c'est vrai ! Et t'as fait des trucs ! Donc t'as le droit de te reposer, et t'as le droit de passer aussi à autre chose si tu veux. Donc... avec beaucoup de recul, tu te rends compte que c'est rien pourtant. Il y a des gens qui ont 30 ans de carrière, mais en 30 ans de carrière, peut-être qu'ils ne sont pas faits ce que moi j'ai fait en 2015, 2016, 2017. Donc ouais... C'est bizarre, c'est bizarre.
- Speaker #1
C'est ça, on va retenir ça. Merci pour ton retour d'expérience. Et là on arrive au moment un peu plus fun de l'émission. On a beaucoup parlé, je crois qu'on a parlé un peu plus d'une heure là carrément. On arrive au moment un peu plus fun de l'émission où le but c'est de te connaître un peu, de connaître tes goûts. Ce que t'aimes ou ce que t'aimes pas. Donc là je vais te proposer peut-être deux artistes. Tu vas me dire lequel tu préfères, lequel t'aimes, lequel t'inspires le plus. Premier c'est simple, c'est Jay-Z ou Nas.
- Speaker #0
J'ai pas écouté Nas.
- Speaker #1
Sérieux ?
- Speaker #0
pas savoir Sérieux ? Ouais. Et ouais, c'est souvent les histoires de co-hooks de street, c'est bon.
- Speaker #1
Ouais, je peux pas parler de ton appris, le nassé.
- Speaker #0
Ouais, je préfère Jay-Z, c'est plus volupté. Moi,
- Speaker #1
je suis plus Jay-Z aussi. Ouais,
- Speaker #0
les meufs frères, tu vois, j'aime bien Jay-Z, c'est cocky, j'aime bien, c'est bouncy, tu vois, c'est...
- Speaker #1
C'est le rapiste.
- Speaker #0
C'est le rapiste, tu vois. Quand il dit « I got five fastpokes, I'm never gonna jail » , tu te sens bien dans le personnage. Alors que parler de Gram, ah ! Je respecte Naz, c'est un beau gosse. C'est un sex-molle aussi. La gente féminine, elle nous aime bien. C'est un bel homme. Il représente une certaine communauté et certains types de noirs. Mais Jay-Z, j'aime bien le profil. J'aime bien ce qu'il dégage. Je suis pas d'accord tout à fait avec tout ce qu'il fait, mais je préfère Jay-Z.
- Speaker #1
Ok, pareil, Team Jay-Z. Yeah. Et Team Drake aussi, pour Alpha.
- Speaker #0
Yeah.
- Speaker #1
Et en termes de producteur, est-ce que t'es plus... Kanye ou Pharell ?
- Speaker #0
Oh Kanye de loin ! Ah oui Kanye c'est...
- Speaker #1
Même mon compositeur ?
- Speaker #0
Ah oui Kanye c'est suprême ! Ouais. Je respecte Pharell, franchement. Je respecte Pharell. Ils sont comme je l'appelle à Kizrat, c'est nagré. Mais Kanye ! Kanye il te fait Bonnie and Clyde. Il te fait... Il te fait Run This Town. Il te fait Otis. Pharell ! Pharell ! Tu vois ? Pharell ! Il y a eu une époque. 80% de la musique c'était Pharell. Avec sa signature. Avec sa signature, mais encore une fois, il n'y a aucune prod de Pharell qui m'a choqué. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Et c'est très conventionnel. C'est très conventionnel ce que Pharell fait. Je ne dirais pas qu'il n'y a pas de génie, il y a du génie dans tout ce qu'on fait. Mais Kanye, il va loin. Kanye, il te prend une voix, il te fait ceci, il te fait cela. Il s'entoure de grands musiciens. Il n'y a pas que My Dean. À l'époque, il y avait, je ne sais pas, Goldenberg, je ne sais pas quoi. Il y avait un pianiste comme ça avec qui il travaillait. Mais le mec, on ne l'avait jamais vu. Mais il faisait des accompagnements. dans les sons, je dis... Et c'est les idées de Cagné qui n'arrivent pas forcément à... Parce que c'est pas forcément un grand musicien, mais c'est un grand musicien. C'est pas comme Doctandry, il te prend le piano, il fait du accord. Mais à Cagné, c'est trop fort, les gars.
- Speaker #1
C'est un chef d'orchestre.
- Speaker #0
Ouais, Cagné, c'est un malade. Et tout le monde le sait.
- Speaker #1
Tout le monde le sait.
- Speaker #0
Je parle pas du caractère de l'artiste, je parle du compositeur, du talent de musicien-compositeur. Et de visionnaire, surtout, parce que Cagné, c'est pas que la musique. Merci. Même dans la sape, il nous a touchés. Et tout le monde sait, quand il met un cuir et des Jordans et un tee-shirt blanc avec une Rolex qui part, avec une grosse chaîne gold. Et il dit « Niggaz in Paris » , tu vois. Non, non, Kanye, c'est fort.
- Speaker #1
C'est fort. Et moi, c'est un des mecs qui m'a le plus choqué aussi. Mais je pense les gens de ma génération. Kanye, c'est le premier rappeur visionnaire, peut-être avec 50 aussi, où les rappeurs avancent, les Jay-Z et tout. C'était des rappeurs, donc on savait comment les... les identités mais Kanye c'est un autre délire c'est tout un engouement 50 ça c'est c'est c'est
- Speaker #0
Kanye je respecte Farid franchement big up Farid mais Kanye supreme nigger et 50 ou Jarol ? 50 oh la la Quelle question ? 50 50 c'est Tout l'histoire Il avait des bons tubes aussi Oui, comme tu le dis Il avait des bons tubes, tu peux pas dire ça 50 il avait des bons tubes,
- Speaker #1
non
- Speaker #0
icône. 50, moi je me rappelle, j'ai ramené un poster de 50 à la maison. Ma mère, elle a vu. Elle a déchiré. Tellement 50 dégageait un truc. Et c'était pas que bad. Mais c'était que, en tant que...
- Speaker #1
C'était son aura.
- Speaker #0
En tant que jeune noir, quand tu vois 50, tu te dis, ah ouais. Il dégage un bail, tu vois. Il dit, ah ouais, l'histoire, neuf balles, il a encore envie. Ah non, Dieu l'aime beaucoup, lui. Tu vois ou pas ? C'est tout ça. Les gens pensent que c'est que le côté gangster. Non, non, non, non. Le storytelling de chaque individu est le plus important dans la destinée de la personne. Comment on raconte ton histoire ? Et comment tu la racontes aussi ? Et comment tu vis ton histoire ? Et 50, il est parti de succès en succès. mais Mais c'est un mec qui est trop smart.
- Speaker #1
Et son histoire, il a fait de la musique.
- Speaker #0
Oui, il a fait de la musique. Il fait du cinéma.
- Speaker #1
Un jeu vidéo, une série.
- Speaker #0
De l'eau, des bouteilles d'eau.
- Speaker #1
Des marques de vêtements.
- Speaker #0
Des marques de vêtements. On a tous eu les G-Unit.
- Speaker #1
Oui, oui. On a tous eu les G-Unit. Oui,
- Speaker #0
mais on a les G-DG. Quand j'étais à l'Angleterre, j'avais les G-Unit.
- Speaker #1
Les Reebok. Les Reebok, non.
- Speaker #0
Il y avait plusieurs G-Unit. Il y avait plusieurs types de G-Unit. Plusieurs modèles. Mais FFT, ça veut dire qu'avant que Kanye arrive... Avec tout ce qui est Yeezy, mais JZunit ça nous avait touché déjà.
- Speaker #1
Les Reeboks de JZunit. J'ai l'impression que Jay-Z aussi a fait des Reeboks, mais c'était même pas au même niveau. Non,
- Speaker #0
c'était les RBK là, le temps de 50, c'était une période de dingue.
- Speaker #1
C'était autre chose. Ah ouais,
- Speaker #0
non, non, il a pris tous les fous. Il a ramené pas mal de joueurs de la NBA chez Reebok. Ah ouais Nike, ils devenaient fous. Ils disaient mais attends, il se passe quoi ? On est en train de perdre des gars là. Allez Jordan, petit shake.
- Speaker #1
Donc 50-50 devant Jaroul. Si on revient dans le rap français, est-ce que toi tu t'es plus pris Sniper ou 113 ?
- Speaker #0
Bonne question. Je suis un gars du 9-4. Je respecte beaucoup 113. Ils ont des putains de hits. C'est la culture. Mais Sniper, c'était profond. C'était deep. Avec Blacko, Blacko... Moi, un de mes sons préférés, c'est Sans repères.
- Speaker #1
Moi aussi. Sans repères,
- Speaker #0
c'est pas que ça nous fait pleurer. Sans repères, ça part de nos histoires. Et c'est bien écrit. C'est bien écrit. C'est de la poésie. Sans traite, c'était différent. C'était un blueprint différent. Tu vois, c'était l'ambiance, etc. C'était la street. Mais Sniper c'était profond.
- Speaker #1
C'était un peu plus difficile. Effectivement.
- Speaker #0
C'était profond. C'était profond. Través dans la roche.
- Speaker #1
Très pour très.
- Speaker #0
Très pour très. Dans mon monde. Ouais ouais ouais. Mais sans repères. Même la musicalité du son. Le piano là, ça te touche direct.
- Speaker #1
Tu pleures. Même si t'as entendu ton père tu pleures.
- Speaker #0
Ouais mais j'aime bien tonton Dubled aussi. Mais euh non. Sniper c'était trop grave.
- Speaker #1
Sniper c'est grave.
- Speaker #0
Ouais. La période de LimeWare. Tu vois. tu vois
- Speaker #1
Ouais c'est ça et là on a deux groupes, deux piliers du rap français là et j'ai deux grands à moi, dédicace à Mokobé, dédicace à Akéto.
- Speaker #0
Ça c'est des blabos aussi que je vois souvent sur TikTok. Ah ok,
- Speaker #1
oui oui je vois des blabos sur TikTok. Et ça eux c'est un peu des 7e Dan tu vois, ils sont allés au bout de leur truc et ils ont beaucoup transmis derrière, ils ont ouvert beaucoup de portes derrière.
- Speaker #0
Ouais Toulouse Agneau, Toulouse Agneau. Ouais mais Toulouse Agneau, Toulouse Agneau aussi, Toulouse Agneau. Toulouse Agneau je pense qu'il est producteur de Big Foley non ?
- Speaker #1
Ouais je sais pas, il a fait vague d'ossier.
- Speaker #0
Vague d'ossier, vague de Big Foley il y a un truc. Ouais non non ils ont... Ils sont allés au bout du truc,
- Speaker #1
c'est des piliers, c'est des anciens. Donc dédicace au groupe. Mais t'as choisi Sniper.
- Speaker #0
Sniper, ouais. Moi, je suis un sniper.
- Speaker #1
Et dans la musique que t'écoutes, on a beaucoup parlé de spiritualité, etc. Est-ce que t'es plus musique gospel américaine ou les chansons chrétiennes de Côte d'Ivoire ?
- Speaker #0
Je suis gospel africain francophone. C'est bien le gospel américain, mais je pense que les Américains nous ont beaucoup alignés.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
Et moi quand on arrive dans le gospel Je préfère la vibe Francophone africaine Je trouve que c'est C'est plus deep C'est plus profond et ça me touche plus Quand j'écoute du gospel Américain j'ai l'impression qu'ils font des performances
- Speaker #1
Ouais
- Speaker #0
Ils sont forts, c'est trop parfait. Alors que Dieu n'est pas dans le parfait. Dieu est dans l'imparfait.
- Speaker #1
Il est dans les détails aussi.
- Speaker #0
Il est dans les détails. C'est les détails qui font que ces choses sont imparfaites. Parce que toi tu vois l'imparfait, mais les gens ne le voient pas. pas là bas donc ouais non je suis plus ce plus gospel africain francophone ok ok merci un peu anglophone africain anglophone ouais je connais tous les nidja les gagnants là ouais c'est sûr ou qui est un bateau oui mais non ils ont des soins à ouest 4 à ma faille elle en est sans fond de ce trop fort alors j'ai beaucoup joué avec des nageurs si quand je suis à londres ouais je sais moi j'ai fait des grandes églises nidja et il y a plus de 1000 personnes et tout Ouais, je connais un peu leur chant. Mais le gospel américain, alors que j'aime bien le blues et le jazz. Mais je trouve que ça reste des performances.
- Speaker #1
Je suis un peu comme toi. Je préfère le... Ah non,
- Speaker #0
je préfère Néstor David.
- Speaker #1
Onel Mala.
- Speaker #0
Onel Mala, attention.
- Speaker #1
Pasteur Guy. Non, les gars. Pasteur Guy,
- Speaker #0
Vincent. Constance Amand.
- Speaker #1
Je ne connais pas Constance Amand.
- Speaker #0
La Shekina.
- Speaker #1
Oui, Shekina.
- Speaker #0
Brûle en moi.
- Speaker #1
C'est terrible.
- Speaker #0
Le prophète Cacus Severin. Jésus fait des miracles. Non, non, on a des sons. Attention. Blondine,
- Speaker #1
Papou et je sais pas quoi il y a pas mal de temps mais Chiquina c'était un grand groupe la folie frérot c'était la dernière question on a parlé un peu plus d'une heure, merci pour ça merci d'avoir répondu à l'invitation si vous avez aimé cet épisode n'hésitez pas à nous suivre sur Instagram TikTok, Youtube et Twitter on est aussi sur Twitter grosse dédicace à Air Afrique pour les chaussures et on est ensemble, on se revoit très vite merci beaucoup