Speaker #0Salut, moi c'est Vincent. Le spleen, ce n'est pas seulement la mélancolie. C'est aussi une façon de ressentir le monde un peu plus fort, de s'émerveiller, de douter, de rire et de s'agacer. Une impression de mouvement, comme une pensée qui n'est jamais tout à fait achevée. Bienvenue sur A fleur de spleen. Tout ça, c'est un peu l'idée d'une boîte vocale. Un truc un peu barge et décalé sur lequel chaque mercredi, je te laisserai un long message. Évoquer ainsi avec toi mes coups de cœur, mes coups de foudre, mes coups de gueule, mes coups de sang, les hauts, les bas et tout ce qui gravite entre les deux. Bref, la vie vraie, sans filtre, enfin, un podcast quoi. Alors installe-toi confortablement sans plus attendre, je t'emmène dans les coulisses de mon quotidien. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce tout nouvel épisode de À fleur de spleen. Tu sais, pour le moment, mon rythme d'enregistrement de ces capsules, de ces épisodes, on est plus ou moins dans un épisode par semaine, comme pour la diffusion finalement. Je suis très occupé au boulot, c'est une période assez intense, donc quand je rentre à la maison le soir, je suis assez fatigué. Donc c'est vrai que pour l'instant, j'ai pas trop d'avance dans mes épisodes, et en même temps, il n'y a pas de retard, donc tout va bien. Mais ça n'empêche pas que j'y pense. Je pense à vous, à toi, à ces sujets dont j'aimerais vous parler. Alors il y a toute une liste, évidemment, mais c'est pas parce que c'est sur la liste que j'ai envie d'en parler tout de suite. Et c'est vrai que j'aime bien, de temps en temps, me dire « Ah bah tiens, ce serait cool de parler de ça. » Enfin, cool ou pas, finalement, mais... La plupart du temps, c'est assez cool. Hier, dans mon quotidien, j'ai été assez interpellé par une phrase que j'ai entendue. Un enfant, un petit garçon pleurait. Son papa s'est agenouillé pour se mettre à son niveau et lui a dit « Un homme, ça ne pleure pas. Pleurer, c'est pour les petites filles. » Alors, sur le coup, ça semblait très bienveillant. évidemment, c'était sans doute pour le rassurer et malgré ça, cette phrase m'a interpellé, sur le coup je me suis dit, mais c'est quoi cette éducation en fait, enfin, c'est quoi cette image que tu donnes plutôt, dire à un enfant pleurer c'est pour les filles mais en fait pourquoi ce serait réservé uniquement aux filles j'ai finalement trouvé ça assez Assez macho comme genre de phrase, mais très révélateur aussi du mal-être de la société dans laquelle on baigne depuis un moment maintenant. Et justement, ça m'a donné envie d'en parler dans cet épisode. Un homme, en 2026, est-il finalement encore en droit de pleurer ou pas ? Et cette question, souvent on se la pose finalement, notamment sur les réseaux sociaux, le défouloir du reste du monde, comme j'appelle ça de temps en temps, réseau où on voit souvent deux écoles, deux mondes, deux ambiances complètement distinctes l'une de l'autre s'affronter. D'un côté, on a l'homme déconstruit, entre guillemets. alors un homme déconstruit pour notre société, pour les réseaux sociaux, c'est quoi ? C'est ces jeunes mecs, ou moins jeunes finalement, qui utilisent ce qu'on appelle les codes de la féminité. Des mecs qui mettent du vernis sur leurs ongles, des mecs qui se colorent ou se décolorent les cheveux, les mecs qui se maquillent, et il y a comme ça tout un tas d'exemples. En opposition à cela, on a tous ces gens dont la faculté première est de commenter sans trop agir, parce que finalement c'est toujours les haters qui crachent le plus de venin, mais qu'on voit souvent le moins prendre de risques, notamment en matière d'image, puisque généralement ils ne s'affichent pas, ces gens-là, on ne les voit pas, on ne sait pas qui c'est, c'est pour très bien être des bots, ce ne serait pas... ce serait pas plus utile finalement, critiquer, et un argument qu'on voit très souvent apparaître sous ces vidéos, sous ces photos, de mecs déconstruits, entre guillemets, c'est si demain c'était la guerre, c'est pas avec ça qu'on gagnerait. Trois petits points, lol. Un peu du même acabit finalement que ces postes qui arborent des... des vieilles photos de l'homme des années 20, 30 et plus, en costard, avec un long impaire, un grand chapeau, ce qui représentait à l'époque l'idée virile et classe que l'homme se devait d'aborder pour montrer que blablabla, et accompagné d'une légende, qu'est-ce qui s'est passé entre-temps. Et à côté, on voit... L'autre extrême, les mecs hyper déconstruits de notre société, qui effectivement n'arborent plus aucun code de la masculinité. Alors j'utilise le terme de déconstruction, pourquoi ? Tout simplement parce que c'est les termes qu'on utilise aujourd'hui. Pour autant, c'est pas un terme que moi j'apprécie beaucoup. Pourquoi ? Parce que déconstruction, ça voulait dire, c'est dit ce que ça veut dire, c'est déconstruit. Un peu finalement comme si l'homme était un espèce de concept, l'homme masculin, machiste, l'homme, était cette espèce de concept qui est figé dans le temps, gravé dans le marbre, qui ne peut pas se remettre en question, évoluer, se faire plaisir, changer tout simplement. Perso, si je me réfère à moi, Je suis un homme, enfin en tout cas je pense, j'ai tout ce qu'il faut pour... Je me sens homme et je me sens parfaitement bien dans ma peau d'homme, même si je peux avoir de temps en temps, comme tout un chacun finalement, et renier ça c'est un petit peu se voiler la face, mais je pense qu'on a tous un petit côté du sexe opposé en soi, donc j'ai sans doute parfois des... petits côtés féminins qui doivent ressortir, notamment dans la coquetterie ou des choses comme ça par exemple, ou dans l'idée de la séduction. Et pour autant, je suis un homme, et je ne permettrai pas que quelqu'un me dise le contraire. Et pour autant, malgré cette masculinité qui, je pense, me définit, il y a quelques années, quand j'avais mon entreprise, ma société, dans l'événementiel grand public, j'étais complètement libre au niveau images et pendant, je crois, deux ou trois ans, j'ai porté des ongles vernis. Alors, attention, quand je dis ongles vernis, sortez-vous de la tête, les longs ongles que les femmes portent aujourd'hui, c'était pas du tout ça, mes ongles étaient tout aussi courts qu'aujourd'hui. Je choisissais volontairement des couleurs assez sombres, du noir, du gris, je n'allais pas vers des paillettes ou vers des strass. C'était mon image de la masculinité. Maintenant, tout ça est très relatif. Et je donne toujours l'exemple de la chaise. Si je vous dis dans une phrase Cette chaise est au milieu de la pièce. Chacun, avec sa propre interprétation, avec sa propre sensibilité, avec ses propres images, avec sa propre histoire, va imaginer une chaise à sa façon. Certains vont voir une chaise d'église, d'autres vont voir une chaise en métal très moderne, très design, d'autres encore peuvent voir une chaise tout ce qui est plus classique, là où d'autres vont... voire une chaise style salon de jardin. Finalement, chacun aura sa propre interprétation de la phrase. Là, la masculinité, finalement, c'est la même chose. C'est-à-dire que chacun, avec sa propre sensibilité, avec sa propre personnalité, sa propre histoire, va avoir des analyses complètement différentes. Là où moi, avec mes ongles vernis, je me trouvais toujours aussi masculin, d'autres auraient pu très bien dire bah non c'est pas masculin du tout parce que les ongles vernis c'est réservé aux femmes blablabla, on connait l'histoire là où d'autres vont trouver que c'est pas du tout féminin parce que j'ai gardé un look mec, masculin il n'y avait rien d'autre de féminin dans le look, dans le style Pour certains, est-ce que j'étais à l'époque un mec déconstruit de par ses ongles ? Oui, inévitablement. Et pour autant, j'avais pas l'impression, moi, d'avoir déconstruit quelque chose dans ma personnalité pour le reconstruire. J'ai toujours été la même personne, j'ai toujours été moi à ce niveau-là. Je n'avais pas envie de cacher cela. Alors c'est vrai que, par contre, lorsque j'ai commencé, les premiers jours, je ne vais pas dire que c'était galère, mais c'est vrai qu'il n'y avait pas une espèce de honte, mais c'est vrai que j'avais tendance à cacher mes mains. Parce que je ne savais pas trop comment ça allait être interprété, surtout dans des réunions. T'imagines que j'avais mon entreprise, donc j'avais des réunions. toujours dans le domaine de l'événementiel, on est bien d'accord, donc ça sauve un peu le truc. J'avais pas rendez-vous dans des banques, par exemple. Mais effectivement, c'est vrai qu'au départ, je savais pas trop. Et puis très vite, finalement, parce que je pense que mon caractère est comme ça aussi, j'en avais plus rien à faire, parce que moi-même, finalement, puisque je vivais avec ça H24 au quotidien, et que c'est vrai, tes mains, tes ongles, tu les vois tout le temps. je suis vite passé à autre chose, j'ai vite oublié, entre guillemets. C'est un peu comme l'idée des tatouages. J'ai beaucoup de tatouages. Moi, je ne les vois plus, je n'y pense plus, parce que je ne les vois pas. Et quand je les vois, finalement, c'est une extension de moi-même. Donc finalement, c'est quelque chose de très banal. Là où parfois, quand je crois certaines personnes pour la première fois, notamment au boulot, je pense qu'effectivement, ça peut... Pas déranger, oui ça dérange certaines personnes, c'est pas là la question, mais ça peut interpeller parce que ça peut rester parfois un peu atypique, surtout dans la quantité, peu importe. Tout cela pour revenir au terme de la déconstruction, c'est un terme que j'utilise parce qu'on est censé se comprendre relativement vite, pour autant ce n'est pas un terme que j'apprécie parce que pour moi il n'est absolument pas du tout réel. J'estime qu'un homme, en 2026... quel que soit son degré de masculinité ou le degré qu'il veut donner, sur lequel il veut jouer, parce que c'est aussi un choix, finalement, j'ai pas l'impression qu'il soit déconstruit pour autant et un homme doit pouvoir revendiquer aussi à ce genre de truc, pourquoi pas. Comme finalement, les femmes peuvent faire ce qu'on appelle des métiers d'hommes. Moi, j'ai toujours beaucoup d'admiration. Pour ces femmes qu'on voit conduire des semi-remorques, travailler dans le bâtiment, moi je trouve ça très très bien finalement. Et généralement, ces bonnes femmes-là, elles n'ont pas peur de foncer dans les murs et de montrer ce qu'elles valent. Souvent au boulot, j'ai justement une conductrice. Une chauffeuse. Alors je ne sais pas si c'est le bon mot, vous m'excuserez. Mais je la vois tous les matins. La meuf, elle envoie du lourd. Et elle donne vraiment l'envie de la respecter. Parce que ce n'est pas le cliché de la faible femme. D'ailleurs, ce genre de cliché, il faudrait peut-être arrêter à un moment. Bref. Pour en revenir à notre sujet. Si jusqu'au 19ème siècle, il était de bon ton de montrer ses émotions en public, depuis, la société a fait un pas en arrière, voire plusieurs, et un homme qui pleure peut donner une mauvaise image de lui, parce que trop sensible, parce que trop féminin. On va y aller en matière de clichés, ça peut être marrant aussi. Fragile. c'est sans doute un homosexuel sous prétexte qu'il pleure. Voilà, des clichés comme ça, je pense qu'on en connaît tous. On peut tous les pointer du doigt et beaucoup rire d'ailleurs, parce que souvent, quand on analyse le truc, c'est pas très très haut niveau, on va dire. Mais c'est vrai que cette société, depuis un bon moment maintenant, très patriarcale, là encore une fois, j'aime pas trop le terme, mais c'est vrai qu'il faut constater qu'effectivement, C'est comme ça que notre société fonctionne depuis un bon moment, où finalement la femme n'est pas l'égale de l'homme, où il y a toujours de grosses différences, malgré que ce ne soit pas très logique finalement, notamment en matière de salaire. Et finalement, un homme qui pleure, ce n'est pas l'idéal type de la maîtrise de soi. Comme si, parce qu'un homme s'autorise des émotions, il n'avait pas le contrôle de ses émotions, de son image, ce qui est complètement bidon finalement. D'ailleurs, ce terme, le sexe fort, alors là, je vous jure, putain, je trouve que ce terme, il est tellement bidon qu'il devrait complètement sortir de notre vocabulaire. Parce que, attends, sexe fort, donc, par extension, sexe faible. Donc, en fait, parce qu'une femme est une femme, elle est moins quelque chose qu'un homme. Mais sérieux, t'as vu le délire de ces deux mots, sexe fort ? Non mais celui qui lâche ce genre de terme en face de moi, j'ai qu'une seule envie, c'est de lui envoyer deux bonnes tartes dans la tronche. Mais effectivement, force est de constater que le code de conduite de la masculinité depuis des années a toujours reposé sur l'interdiction des larmes. Moi je me souviens très bien quand j'étais petit, le nombre de fois, parce que c'est vrai que j'étais assez sensible, je ne m'en cache pas, parce que je ne vois pas pourquoi je devrais m'en cacher, et je pense qu'il y a toujours une très grosse, très forte sensibilité chez moi, mais le nombre de fois où j'ai entendu « tu ne peux pas pleurer, un garçon ça ne pleure pas » , cette phrase « pleurer c'est pour les filles » , donc ma soeur pouvait pleurer, mais moi je ne pouvais pas. Et en fait, moi, c'est vraiment comme ça que je voyais, j'analysais cette phrase dans ma tête de coche, je me disais, mais pourquoi elle, elle a le droit de pleurer, et moi, je peux pas ? Et c'est vrai que quand tu regardes, notamment au niveau des écoles, souvent, souvent, quand un petit garçon pleure, on l'empêche de pleurer, et puis quand on suit une fille, c'est autre chose. Mais allô, les gens, on est où, en fait ? De mon côté... Comme tout le monde, je vis. Alors c'est complètement bidon ce genre de phrase aussi, parce que je dis ça comme si j'avais 150 ans. C'est loin, loin, loin d'être le cas, je te rassure. Et quand bien même, finalement, même si ce n'était pas le cas, mais c'est vrai que je constate qu'avec les années, finalement, je change, et qu'effectivement, il y a tout un tas de choses, quand tu es beaucoup plus jeune, que tu t'empêches de faire, que tu t'empêches de vivre, que tu... cache. Souvent, dans certaines situations tristes, je vois mes potes se retourner pour qu'on ne les voit pas quand il y a une larme à verser. Moi-même, le premier, quand je suis en face d'un film émouvant, il m'arrive souvent d'avoir les larmes qui montent. Et j'aime pas ça, et je le cache finalement pour que ça se voit pas, notamment mon mari, quand on mate un film ensemble, ou des amis. Et puis finalement, je me dis, mais en fait, c'est bidon. Pourquoi se cacher, pourquoi se priver d'émotions ? Surtout, moi qui suis toujours en train de dire, je ne me refuse aucune émotion. Alors, non, je la refuse pas, quand les larmes montent. quand je suis face à quelque chose qui peut m'émouvoir, mais je le cache. Pourquoi le cacher, finalement ? Tout simplement parce que c'est l'influence de la société sur ce que je suis, malgré le fait d'être un électron libre, bien libre d'ailleurs, malgré le fait de le revendiquer régulièrement et d'en faire une force, Bah... Il m'arrive, moi aussi, d'être influencé par cette toxicité de notre société, de la société dans laquelle on vit. Et puis paradoxalement, face à certaines personnes avec qui je suis complètement moi, avec qui je suis en totale confiance finalement, quand les larmes montent, je ne les cache pas. En fait, un bête exemple, il y a quelques jours, je suis dans le bureau de ma supérieure, pour qui j'ai énormément de respect et de considération, et d'amitié aussi d'ailleurs. J'ai une très bonne nouvelle qui m'est annoncée, très bonne nouvelle à laquelle je ne m'attends absolument pas du tout, parce que vraiment, tu m'aurais dit ça, je n'aurais pas cru en fait. Et je prends la parole, puisqu'elle me donne la parole, pour me dire ce que j'en pense et tout. Donc je commence à parler. Et évidemment, tu sais, quand je parle, je ne mâche pas mes mots, je ne cache... pas justement ces mots M-O-T-S, mais aussi M-A-U-X quand il y en a. Et à un moment dans la conversation, les larmes montent, et je ne m'en cache pas, mais évidemment ça a un effet sur le débit de parole, sur l'intonation de la voix, et là elle me tend une boîte de mouchoirs, et je rigole parce que je dis non mais ça va ! mais effectivement, là j'ai pas besoin de le cacher, alors va analyser ça, c'est peut-être une chose que je devrais faire un jour, peu importe, là j'avais en tout cas pas le besoin de le cacher. Mais je constate qu'avec les années qui passent, effectivement, je m'autorise de plus en plus de choses. notamment les larmes et parfois même en public et les larmes montent réellement parfois alors qu'on ne les attend pas du tout un autre exemple complètement bidon il y a deux jours je retombe par hasard sur une vidéo d'animation de quelques minutes qui a été construite sur la chanson, alors si je ne dis pas de bêtises, ça s'appelle Sugar Baby Love, c'est une très vieille chanson que j'adore, notamment parce qu'il y avait ce clip de prévention contre les MST et le sida qui tournait quand j'étais à la fin de l'adolescence. Quant à l'homosexualité, c'était... C'était vraiment l'histoire d'un jeune gay qui découvre son homosexualité, qui grandit moqué, puis qui découvre l'amour et les montagnes russes des premiers amours. Plus tard, d'ailleurs. Peu importe. C'est vrai que cette vidéo, moi, je l'avais vraiment... Cette animation, je l'avais vraiment idéalisée. Je l'ai... Je l'ai admiré pendant très très longtemps, et puis je ne l'ai plus vu. Et puis là, je suis retombé dessus il y a deux jours. Et le fait de revoir cette vidéo, de me replonger dedans, en soi, il n'y a rien de triste, parce que c'est rempli d'espoir, finalement, même si c'est très réaliste, du milieu gay. Le milieu que tu fréquentes lorsque tu découvres et que tu assumes ton homosexualité. C'est rempli d'histoire, d'espoir en fait, cette vidéo. Et pour autant, le fait de revoir cette vidéo m'a vraiment ému à un instant, et les larmes sont montées, alors qu'il n'y a rien de triste en fait dans cette vidéo. Mais force est de constater que effectivement, chez moi aussi, les larmes montent, et ce n'est pas un problème finalement. Et on est en train d'assister à une espèce de changement. Alors évidemment, ce changement, comme tout changement, ne marque pas tout le monde, n'atteint pas tout le monde de la même façon. Il y en a certains que ça ne va pas atteindre du tout. Je pense sans doute notamment aux haters dont on parlait au départ de cette capsule. Mais un constat est là, les hommes pleurent. Ils pleurent de plus en plus à la télévision ou au cinéma. Le plan serré sur des yeux humides ou presque devenu une scène obligée. Bon, après, là encore, voir l'idée de la manipulation qui se cache derrière ça. Parce qu'effectivement, si on se réfère à des séries, qu'on va se référer à des séries de type Netflix, je ne suis pas sûr que ce soit toujours de l'excellent ton finalement. Parce qu'on connaît tous les déboires. En matière de wokisme, par exemple, de Netflix, avec lesquels je ne suis pas toujours d'accord, il y a des choses très bien et puis il y a des choses qui sont vachement abusées, qui vont beaucoup trop loin à mon sens. Mais en tout cas, effectivement, on constate que le cinéma a tendance à montrer des hommes d'une virilité qui est moins cliché que celle qu'on nous a montrée pendant des années. Quant aux spectateurs, finalement, on constate qu'ils sont beaucoup plus sensibles à la chose, beaucoup moins résistants que leur aîné à la contagion des larmes. Bon, perso, en matière d'exemple, c'est peut-être pas ce qu'il y a de plus intéressant à analyser. J'ai grandi avec un père et un grand-père, un seul sur les deux. Ni l'un ni l'autre, je ne les ai vus pleurer un jour. Même à des enterrements, des choses comme ça. Bon, mon grand-père, j'étais sans doute trop jeune pour analyser la chose. Mon père, n'étant certainement pas le meilleur exemple à suivre, on ne va même pas analyser le truc parce que... franchement j'ai mieux à faire. Par contre, un truc qui me fait toujours rire, c'est que vous savez, j'ai quasi pas de potes, j'ai un pote homosexuel, pas plus, donc tous les autres sont par définition hétéros, c'était soit l'un, soit l'autre finalement. Mais alors il y a toujours un truc qui me fait très marrer, c'est que j'ai des potes qui sont très intelligents. et qui savent jouer sur la corde sensible. Et l'autre jour, ça me faisait assez rire parce que j'ai un pote à côté de moi, un ami, qui est en train de draguer. Et à un moment, le mec dit « Ouais, je suis ému par rapport à cette situation-là, parce que la fille est là, il est en train de la pécho sévère. » Et moi, je suis à côté et je me dis Putain, mais mec, en fait, on a déjà parlé de ce truc et t'en as rien à foutre. Je pense qu'il parlait d'un film. Mais je sais que c'est pas du tout le genre de film qu'il kiffe. Il va même pas regarder ce genre de film. Mais juste parce que voilà, à un moment, il lâche. Ah ouais, à la fin, bon, je me suis caché, mais j'ai pleuré. Et la fille était in love. Mais tout simplement parce que ça le rend plus... les larmes, les soi-disant larmes de crocodile, dont il parle à ce moment-là, qui sans doute n'ont jamais existé. Désolé, frère, mais... Oui, c'est quoi l'utilisation qu'on en fait, la récupération qu'on en fait ? Il y a ce petit côté mystérieux, c'est un mec un peu macho de temps en temps, mais qui n'hésite pas quand c'est utile. à dire, ah ouais t'as vu mais j'ai un petit côté mystérieux, je te le dis pas mais je pleure quand même. Donc d'un côté on a les gens qui se cachent, et puis de l'autre côté il y a les gens qui se disent, il y a quand même une bonne récupération à faire du truc, on va y aller parce que ça peut être un bon argument de drague. Et finalement je vais pas non plus jeter la pierre à la fille qui tombe dans le piège entre guillemets, bon c'est un gentil piège en l'occurrence. Parce que vraiment, le mec dont je parle, il est méga adorable. Mais finalement, les filles qui s'émeuvent de voir un mec pleurer, je trouve ça très mignon, finalement. A contrario, si je voyais une meuf se moquer d'un mec qui n'hésite pas à lui montrer sa sensibilité, j'aurais envie de lui dire, mais grosse conne, quoi, tu vois. Et finalement, c'est les meufs qui vont très bien avec ces mecs qui veulent absolument cacher leur côté féminin, qui veulent montrer une virilité absolue, qui n'existe pas d'ailleurs, complètement bidon. Et ces deux-là vont très bien ensemble et très loin de moi, finalement. Parce que finalement, pleurer, c'est quelque chose de naturel. C'est la réponse de notre corps à des stimuli comme la douleur, la peur, les émotions fortes comme la tristesse, et même les crises de rire, avec une bonne série comique par exemple, ou quand c'est votre tour de couper les oignons pour du roast beef, pour autre chose, et croire qu'un genre entier ne devrait pas le faire, et être très arriéré, nuisible et très toxique d'ailleurs par extension. Peut-être parce que quand on n'a pas peur de sa propre sensibilité, on ne comprendra jamais pourquoi pleurer, c'est un truc de femme. Pleurer, finalement, c'est quelque chose de très sain quand tu analyses le truc. Tu peux pleurer suite à une émotion de tristesse, mais aussi de bonheur. Moi, je sais que quand il y a des choses qui me touchent particulièrement de façon positive, ça peut faire monter les larmes. Je sais que la culpabilité peut aussi parfois amener une autre forme de larmes. D'ailleurs, selon la science, il existe trois types de larmes. Réflexes, continues et émotionnels. Les larmes réflexes, c'est finalement tout simplement une réaction du corps qui élimine les débris qui s'accumulent dans les yeux. Bon, jusque là, c'est juste un simple réflexe du corps et a priori, celui qui va essayer de duter contre ça, il n'a absolument rien compris du tout. Ensuite. On a les larmes continues qui lubrifient et protègent contre les infections. Et enfin, les larmes émotionnelles qui contiennent les hormones de stress et parfois d'autres toxines qui sont évacuées de notre système lorsqu'elles sont bonnes. D'ailleurs, est-ce que tu le savais, pleurer aide aussi à se calmer ou à réduire la douleur. Pleurer pendant une période un peu plus longue Bon alors, je ne te parle pas de jouer les pleureuses éperdues qu'on connaît tous dans les enterrements. Je te parle de pleurer de façon naturelle. Libère de l'oxytocine et des endorphines, des substances chimiques qui produisent un sentiment de bien-être et de bonheur, qui réduisent la douleur physique et émotionnelle. L'oxytocine permet de se sentir calme et... toutes les substances libérées de celle-ci ont un effet anesthésiant sur la douleur. Moi, perso, je ne le savais pas. Donc, au final, c'est vrai que parfois je te pose des questions à travers mes podcasts en n'y apportant pas vraiment de réponse ou ma réponse, au final, parce que parfois, je ne sais pas. Quand je te parle de peine de mort, je discute avec toi du pour et du contre, et au final, je te dis Bah je sais pas trop, il faut que je réfléchisse encore. Avant d'avoir un sujet défini sur le truc, je te laisse avec cette merde-là, débrouille-toi. Ici, quand je te pose la question, un homme peut-il encore pleurer en 2026 ? Putain, les mecs, mais... Enfin, les mecs et le reste du monde, laissez les hommes pleurer. Qu'est-ce que ça peut vous foutre, en fait ? Oui, un homme pleure. C'est la vie. Il pleure doucement ou pas. Avec intensité ou avec retenue, mais le plus souvent avec un élargissement de leur être. Et ça, c'est très bien. Finalement, pourquoi jouer un rôle ? Pourquoi se cacher du reste du monde ? Putain, mais en fait, on est qui on est. On n'a pas à se justifier, on n'a pas à adapter qui on est à notre société. On doit déjà... bien assez souvent le faire comme ça toute la journée au boulot. C'est bon, dans la vie privée, on va pas commencer à jouer un rôle et à se cacher en fait. Si j'ai envie de pleurer parce que quelque chose m'émeut, parce que quelque chose me touche, parce que quelque chose me blesse, parce que quelque chose me ramène à un souvenir, une sensation, un sentiment, en fait je vais pas me cacher. Et si ça te dérange, ben toi va te cacher, toi tourne ta tête, toi barre-toi. Pourquoi est-ce que moi je devrais... Non, et j'ai pas de pudeur à avoir avec ça. Oui, j'aurais une certaine pudeur si je suis avec des connards. Donc si à un moment je dois me cacher parce que j'ai des larmes qui montent, parce que l'émotion fait que... Ben en fait, t'es peut-être pas là où tu devrais être. Oui, il y a des hommes. Oui, il y a des larmes. Et peut-être finalement pour une masculinité un peu plus positive. Parce que finalement, mis à part, on va mettre de côté cette espèce de maladresse qui fait que la société nous influence tous, moi y compris, je viens de t'en parler. Est-ce que finalement ces mecs qui cachent leurs larmes parce qu'eux veulent montrer une virilité absolue, est-ce que t'as vraiment envie de fréquenter ce mec-là ? Est-ce que c'est pas ces mecs-là qui vont à un moment être assez relous, qui vont à un moment ne pas respecter la femme, ou en tout cas ne pas en faire son égal ? Parce que finalement, c'est pas la respecter aussi, le fait de dire « tu es une femme, donc tu es moins que moi qui suis homme » . C'est un peu comme Tarzan qui descend de sa liane avec toute cette immaturité qui peut le définir. en tout cas c'est moi comme ça c'est la lecture que j'en fais moi perso c'est pas ce genre de mec là qui va me toucher il va peut-être me faire fantasmer à un certain moment quelques secondes et encore ça s'arrête là Bref, il ne reste qu'une question à se poser pour conclure cet épisode. Et toi, quand as-tu pleuré la dernière fois ? Merci, merci d'avoir été là jusque là pour ce xième épisode. Merci de m'écouter, d'être de plus en plus nombreux chaque semaine à écouter mes délires, mes tourments, mes conneries. Bref, toutes ces choses qui aussi me définissent qui je suis. Comme d'habitude, si tu connais ce mec qui se tourne pour pleurer lorsque quelque chose l'émeut, notamment la fin d'un film triste, ou si tu connais ce mec qui fond en larmes dès que le vent change de sens, que ce soit l'un, que ce soit l'autre, n'hésite pas à me dire. pas à leur envoyer cet épisode afin de partager pas cet épisode, tout simplement. Je vous laisse là-dessus. N'oubliez pas, encore une fois, que la vie est courte, que la vie est belle. En tout cas, elle peut être belle à partir du moment où on n'a pas peur de l'admirer telle qu'elle est, on n'a pas peur de... je ne sais pas, de l'authenticité peut-être, de rester qui on est. Pas jouer de rôle, de pas porter de masque, de pas faire semblant. Parce que finalement, le naturel nous rattrape toujours, tôt ou tard. Et surtout, ce naturel-là. Puis finalement, on a tous besoin d'amour, on a tous besoin d'être aimé. Quitte à ce qu'on nous aime, autant qu'on nous aime pour ce qu'on est, et pas pour ce qu'on n'est pas, finalement. Je te dis à très bientôt, à la semaine prochaine. Mercredi prochain pour un nouvel épisode, prends soin de toi.