- Speaker #0
Et c'est à l'oeil, on ne peut pas dire on va mettre telle dimension de fenêtre de passe-partout pour telle oeuvre. Ah bah oui tout à fait, oui oui. Et puis c'est pareil, il ne faut pas que le passe-partout soit trop près non plus de la gravure, de la plaque de la gravure, il faut de l'espace, il faut que ça respire autour, donc voilà. Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Bienvenue dans Horde, le podcast qui va vous faire vivre les coulisses pendant deux ans. Du futur musée des beaux-arts, Lhermine Havane. C'est vrai,
- Speaker #0
quand on voit les œuvres encadrées dans le musée, on se dit, voilà, c'est une belle expo, c'est très beau, mais c'est vrai que derrière, il y a du travail.
- Speaker #1
Un projet XXL, entre tradition et modernité, entre passion et transmission.
- Speaker #2
Vous avez une bonne jeunesse,
- Speaker #0
presque. Voilà, c'est ça, oui. Ça se trouve, celle-ci n'a presque jamais été présentée au musée, donc du coup, ça va être une occasion aussi pour les visiteurs de voir des œuvres qu'ils n'ont pas vues jusque-là.
- Speaker #1
Lui, Théolivier. C'est le binôme d'Yves que vous avez rencontré lors du premier épisode. Quand Yves a terminé de fabriquer les baguettes, c'est Olivier qui prend le relais pour la suite du montage des arts graphiques.
- Speaker #0
Voilà, je ne vous quitte pas. Un second du côté.
- Speaker #1
Il nous attend dans son atelier, situé juste en dessous des réserves du musée. Mais en passant, on va déjà s'arrêter chez Sophie. Vous allez comprendre pourquoi. Hors d'oeuvre, épisode 2. Dans les coulisses du montage des arts graphiques.
- Speaker #2
Alors là en fait je suis sur la base de données qui gère les collections du musée et je suis en train de chercher une oeuvre. C'est l'étape indispensable, d'en plus qu'on a plus de 7000 arts graphiques dans les collections, donc il faut pouvoir les retrouver facilement et qu'ils soient rapidement accessibles. Troisième étage.
- Speaker #1
Allez, troisième étage.
- Speaker #2
Du coup je m'appelle Sophie de Grande, donc je suis régisseuse des collections pour les musées de Vannes depuis maintenant 3 ans. Ici nous entrons dans la réserve des arts graphiques. Les arts graphiques sont particulièrement sensibles à la lumière. C'est pour ça que comme tu vois il n'y a pas de fenêtre. Et là je suis en train de mettre mes gants pour protéger les œuvres de notre propre acidité en fait. Donc je prépare la pochette. Je prépare le papier de soie qui va permettre de recevoir l'œuvre. Tu vois ce sont des grands tiroirs avec des différents types de formats. On en a des moyens. Puis ici on a un meuble de pupitres avec des... très grand format, et chaque œuvre est conservée à plat.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, Olivier, il va monter quelle œuvre ?
- Speaker #2
C'est un paysage suite à une gravure de Thierry Le Seik. Donc il y a à la fois des zones de réserve et à la fois des zones ancrées qui permettent de faire ressortir le paysage.
- Speaker #1
Elle est belle, c'est très épuré.
- Speaker #2
Oui, c'est très épuré, mais ça, c'est l'art de Thierry Le Seik qui travaille avec le vide et le plein.
- Speaker #1
On va aller donner ça à Olivier, là ?
- Speaker #2
Oui, exactement. Donc là, je vais en le mettre dans la pochette, comme tu vois. Et puis, on va pouvoir redescendre, lui apporter ses œuvres. Puis je commence à bosser. Puis je commence à bosser.
- Speaker #1
C'est pas faux. J'aime pas la chance à moi. Et voilà, je vais commencer à monter l'oct. C'était vraiment un travail d'équipe. On s'en rend compte, là. L'atelier menuiserie.
- Speaker #2
Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Je me coupe un seul côté. Voilà. Un deuxième côté. Alors donc là je suis sur les plans de présentation de l'Hermine. Donc on part sur un mur qui se situe dans l'espace figuré intérieur. Tous les plans que j'ai effectivement été faits par les scénographes du musée. Olivier Quejot, je suis responsable technique au musée et je m'occupe de tout ce qui est du travail du papier, c'est-à-dire les passe-partout, le montage des œuvres d'art graphique notamment. Merci. Eh oui ! Voilà un grand plan de travail et sous le plan de travail j'ai des grands tiroirs de 80 par 120 cm et qui permettent de conserver tous mes papiers, mes cartons neutres, tout est conservé sous le meuble. On fait très attention dans les musées à avoir tous les matériaux qui touchent l'oeuvre sont des matériaux qui sont chimiquement neutres, donc c'est des cartons de conservation spécifiques qui ont des normes et qui permettent d'éviter des transferts d'éléments chimiques vers l'oeuvre. Donc l'oeuvre est totalement isolée dans son cadre et entourée de matériaux neutres. Donc, d'un premier temps, je vais m'occuper du carton de dos. Sur ce carton, je vais fixer des attaches. On met tout le temps deux attaches, nous, au musée, parce qu'une seule attache au milieu, donc le cadre a tendance à bouger d'un côté de l'autre, il n'est jamais droit.
- Speaker #1
C'est un métier où il faut prendre son temps.
- Speaker #0
Ah oui, tout à fait. Le but, c'est de faire quelque chose de plus parfait possible.
- Speaker #2
Le carton de fond,
- Speaker #0
les rivets dépassent un tout petit peu derrière. Je vais mettre un papier, un velin d'arche 300 grammes. C'est un papier neutre. également voilà qui va venir sur le fond et c'est vrai quand on voit les oeuvres encadrées dans le musée bon on dit voilà c'est une belle expo c'est très beau mais c'est vrai que derrière il ya du travail le plus important nous au niveau des musées c'est la protection de l'oeuvre c'est à dire que tout doit être fait pour que l'oeuvre soit bien isolée et soit protégée voilà l'important c'est la conservation on est là pour conserver les oeuvres et donc dans toutes les étapes d'une oeuvre c'est que ce soit dans les tiroirs quand elle est rangée en réserve ou encadrée, dans toutes les étapes, elle doit être protégée au maximum. Du coup, là, je vais aller me laver les mains, parce que quand je manipule les œuvres, je me lave les mains. Quand on manipule les œuvres en réserve, on a des gants. En encadrement, je ne peux pas utiliser des gants pour encadrer. Donc résultat, régulièrement, je me lave les mains. Voilà, et puis voilà.
- Speaker #1
C'est un métier où on est plutôt au calme ici.
- Speaker #0
Ah oui. Oui, c'est clair, oui. Il faut vraiment être concentré. Dès qu'on travaille avec des œuvres, de toute façon, il faut vraiment être au calme et puis voilà, c'est important.
- Speaker #1
Le patron, ça va ? Non, non, ça va, ça va.
- Speaker #0
Dans les cartons de passe-partout, on peut avoir des teintes un petit peu très blanches comme ceci. Et puis pour des œuvres 19e, quelquefois, on entend ça mettre des teintes un petit peu plus jaunes. Du coup quand on travaille sur un ensemble, sur un panneau ou sur une grande vitrine, en amont avec Marianne Yavry, l'épisophie de grande. Donc on discute effectivement des teintes pour harmoniser, je dirais, l'ensemble de la présentation.
- Speaker #1
C'est que ça n'est pas harmonieux.
- Speaker #2
Parfait. Voilà, on a la gravure, on a des marges. Je vais regarder visuellement ce qui est le plus harmonieux vis-à-vis de la gravure.
- Speaker #0
Et c'est à l'œil. Enfin voilà, ça se fait à l'œil, ça ne peut pas déterminer. On ne peut pas dire, on va mettre telle dimension de fenêtre de passe-partout pour telle œuvre.
- Speaker #1
T'es esthétique là.
- Speaker #0
Ah bah oui, tout à fait. Et puis c'est pareil, il ne faut pas que le passe-partout soit trop près non plus de la gravure, de la plaque de la gravure. Il faut de l'espace, il faut que ça respire autour. Respire,
- Speaker #1
c'est vrai.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. C'est ce qu'on dit souvent. Il faut que l'œuvre respire un petit peu dans son cadre et puis qu'elle ne soit pas étouffée.
- Speaker #1
Il faut que tu respires les œuvres.
- Speaker #0
Oui, on peut dire ça comme ça.
- Speaker #1
Pas carrément vous monter sur un tabouret ?
- Speaker #0
Oui, parce que la table est un petit peu haute. Je dois être au-dessus. Au-dessus pour bien maintenir le carton. On fait une découpe. Voilà, tout à fait. Je mets le carton sous la règle. C'est une table de découpe qui fait pratiquement pas loin de 1,80 m de long, 1,70 m. Ça permet de couper des grands cartons pour des grandes œuvres. Donc ici je vais presser le carton. J'ai un ensemble de coupes qui est sur rail et qui permet d'avoir une coupe parfaitement rectiligne et à 45° avec un 45° parfaitement droit dans le carton. Je vais venir ici jusqu'au repère. Voilà. Je relève et comme ça j'ai les quatre côtés à faire. Voilà, disons que ça va venir par-dessus l'oeuvre, par-dessus tout le montage que j'ai fait tout à l'heure. La découpe est faite. Oui, c'est un métier de passion, j'ai toujours aimé travailler dans les musées. C'est vrai que d'être au contact, de manipuler les oeuvres, d'être au contact des oeuvres, quand on monte des expos, on travaille toujours avec des artistes différents, sur des sujets différents.
- Speaker #2
C'est vrai que c'est vraiment très enrichissant.
- Speaker #1
Ça s'appelle une fenêtre ?
- Speaker #2
Oui voilà c'est ça. Et puis donc je vais venir avec un plioir.
- Speaker #0
Donc c'est un ustensile en os en fait qui va permettre de rabattre un petit peu le bord du papier. Avec la coupe il y a un léger petit bord sur le papier. Donc là je vais rabattre le bord du papier ici. Et on se trouve donc du coup avec le passe partout.
- Speaker #1
et théoriquement voilà ça va donner ça.
- Speaker #0
J'ai toujours tendance quand je visite expo à regarder les montages, regarder les cadres, regarder les éclairages, c'est une déformation. Alors j'y vais pour les oeuvres forcément mais j'ai toujours tendance à regarder un petit peu ou trouver des nouvelles techniques voir comment ils accrochent. comme vous allez voir voilà donc du coup bah oui forcément je regarde pas que les oeuvres j'ai tendance aussi à regarder un petit peu ce que les gens ne regardent pas habituellement ensuite Le cadre va venir dessus.
- Speaker #1
Ça, c'est le cadre qu'a fabriqué ? Voilà,
- Speaker #0
tout à fait, oui. Alors, normalement, tout rentre parfaitement.
- Speaker #1
Bah oui, tout rentre.
- Speaker #0
Sans jeu.
- Speaker #1
Vous avez bien travaillé, alors, les deux.
- Speaker #0
Eh oui. Voilà, puis je vais mettre des petites agrafes pour le faire tenir. Dans le fond, le gros avantage de ces agrafes, c'est qu'elles vont être facilement enlevées quand on va réouvrir le cadre, au bout de six mois ou un peu plus. Donc, du coup... Il va être facilement démonté et réutilisé. Normalement, il va être présenté entre 6 et 8 mois. Ensuite, il y aura une rotation, c'est-à-dire qu'il y aura de nouvelles œuvres de présentées. Et celle-ci, elle va être mise en tiroir dans le noir pendant 3 ans, normalement. 3 ans ? Oui, normalement, après un temps d'exposition, comme ça, c'est 3 ans dans le noir.
- Speaker #1
Jeunesse présente.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Ça se trouve, celle-ci n'a presque jamais été présentée au musée. Donc, du coup, ça va être l'occasion aussi pour les visiteurs de voir des œuvres qu'ils n'ont pas vues jusque-là. L'avantage d'un fonds très important en arts graphiques, ça va permettre de renouveler vraiment tous les espaces dans le nouveau musée.
- Speaker #1
Dans le futur musée, la spécificité, c'est que l'atelier dans lequel vous travaillez... Aujourd'hui, il sera transféré dans le futur musée Lhermine.
- Speaker #0
Il y aura un petit atelier de montage, effectivement, attenant à la réserve d'art graphique, justement pour permettre cette rotation. Il y aura un encadreur qui travaillera, qui préparera tous ces encadrements pour les rotations sur place. Il n'y aura pas de déplacement d'œuvres d'un lieu à un autre. Plus facile.
- Speaker #1
Ils seront aussi...
- Speaker #0
Ils seront dans le futur musée, voilà.
- Speaker #1
Le cadreur, ça ne sera pas vous ? Non,
- Speaker #0
ce ne sera pas moi, effectivement, parce que je serai parti en retraite. Je vais finir pratiquement au moment de la fermeture de la COU, dans laquelle je suis depuis 34 ans. Moi, je trouve que c'est bien de finir un petit peu comme ça, puis d'après laisser le nouveau musée à des techniciens plus jeunes. Voilà, avec une nouvelle équipe, effectivement.
- Speaker #1
Retrouvez une fois par mois un épisode qui mettra en valeur les savoir-faire, les métiers, les talents, les hommes, les femmes, au service d'un chantier XXL, un chantier culturel, patrimonial, architectural, urbain. Le futur musée des beaux-arts, Lhermine. Kenavo.