A Parte

Créer un média, c’est de l’artisanat: l’exemple de Geek junior, avec Christophe Coquis

Créer un média, c’est de l’artisanat: l’exemple de Geek junior, avec Christophe Coquis

35min |30/04/2020
Listen
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Créer un média, c’est de l’artisanat: l’exemple de Geek junior, avec Christophe Coquis

35min |30/04/2020
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Description

Christophe Coquis a eu des sueurs froides en lançant le financement participatif de la version papier de Geek Junior pile au moment où la France se confinait pour lutter contre le coronavirus. A quelques jours de la fin, tout va mieux : la collecte est un succès. Le site d’info geek pour les ados, créé en 2015, va se décliner en magazine dès le mois de mai.

Geek Junior vise à permettre aux ados de mieux maîtriser leur environnement numérique et aussi à aider les adultes autour d’eux à les accompagner dans cette exploration. Le magazine a été pensé sous forme de tutos, avec des fiches à découper. Pour assurer la pérennité du média, Christophe Coquis peut donc maintenant compter sur ses premiers abonnés issus de la campagne participative ainsi qu’un partenariat avec Okapi. Il va aussi développer les abonnements dans les CDI des collèges à travers la France.

Basé dans le Tarn, le serial entrepreneur des médias est un habitué de la frugalité. Il développe ce projet comme il avait déjà lancé il y a quelques années Gaillac info, un site d’info hyperlocale accompagné d’un mensuel gratuit. Ses règles d’or : la passion et la patience.

-----

Pour aller plus loin

La campagne de financement participatif sur Ulule 

-----

L’essentiel de l’épisode


L’origine de Geek Junior

[00:03:14] 

C'est vrai qu'on a une vision de l'adolescent toujours collé à son écran, qui serait un geek en puissance, capable de tout faire avec son appareil mobile ou avec un ordinateur. En fait, on en est assez loin. C’est à ça que j'ai pensé en créant le média en ligne Geek Junior. L'objectif était de pouvoir aider les adolescents à mieux mieux maîtriser leur environnement numérique.

[00:04:42] 

On peut aussi parler de sujets beaucoup plus larges de l'univers geek, les séries télé, les mangas, tout ce qui tourne autour de l'univers geek au sens large. 

[00:05:18] 

L'article qui fonctionne le mieux depuis depuis longtemps, c'est un récapitulatif de toutes les ressources pour apprendre à coder. 

Une version papier pour les parents ?

[00:13:47] 

On a pensé aux parents, mais aussi aux professeurs, notamment aux professeurs documentalistes. A tous ceux qui transmettent l'information et qui peuvent aussi se nourrir de cette information pour améliorer leurs pratiques et aussi mieux transmettre ces pratiques auprès des adolescents. C'est un peu l'idée du magazine. On sait que ces magazines papier, les adolescents ne vont pas naturellement aller sur ce type de supports.

[00:15:31] 

Le magazine, je l'ai conçu sous la forme de tutos. Il y a un tiers sur l'actu et deux tiers sous la forme de tutos, avec des fiches qu'on va pouvoir découper facilement.

[00:16:17] 

On veut faire découvrir Geek Junior d'une manière différente auprès des ados par des tiers. A l'intérieur du magazine, il y aura quatre pages détachables pour les parents. Et là, c'est vraiment sur. Pour accompagner les parents par rapport à la pratique du numérique vis à vis de leurs enfants, notamment la gestion des écrans.

Objectif 1000 abonnés 

[00:17:33] 

On a besoin d’un minimum d’argent quand on passe au papier. C'est pour ça qu'on est déjà là, à la campagne Ulule. C'est pour ça aussi que je me suis entouré de personnes qui ont commencé à investir dans le magazine, dans tout ça pour commencer à construire quelque chose de plus solide.

[00:18:18] 

Au début, on pensait on espérait entre 15 et 20.000 euros. Après, il y a eu le confinement qui est arrivé et là, on a beaucoup moins fait les malins parce que notre campagne Ulule a commencé juste avant de confinement. On a vraiment flippé et malgré tout, on a réussi à dépasser l’objectif initial. On est presque à 12.000 euros. Il nous reste encore une vingtaine de jours. Je pense qu'on va arriver pas loin des 15 000.

Donc, on n'est pas si loin de l'objectif initial. Avec ça, qu'est ce qu'on peut faire? On peut imprimer les premiers numéros, payer la graphiste, payer le routage pour envoyer les magazines.Et puis c'est à peu près tout. Moi, je n'arrive pas à me payer avec trois cents abonnés, c'est évident. L'objectif derrière, c'est de proposer le magazine auprès notamment des bibliothécaires, des professeurs documentalistes pour qu'ils puissent s'abonner à leur collège.

[00:19:24] 

Il y a 5.000 collèges en France. Si on arrive déjà à attirer 10% de ces collèges, ça fait 500. Et là, ça commence à être intéressant. L'objectif, c'est d'arriver très rapidement à 1.000 abonnés pour trouver un modèle économique et payer les charges du magazine. 

Convaincre les ados… et leurs parents

[00:21:01] 

C'est bien l'idée avec ce magazine d'éducation numérique, c'est que les parents puissent se dire : tiens, mon enfant va pouvoir découvrir peut-être autre chose que ce qu'il fait habituellement sur son téléphone portable, où il a tout le temps le nez sur les deux mêmes applications, Instagram et Tik Tok, par exemple.

En tout cas, c'est l'objectif du magazine de proposer autre chose, de montrer ou de développer la culture, les compétences numériques des adolescents. Et c'est là dessus qu'on joue auprès des parents pour les motiver à abonner leurs enfants. 

Serial entrepreneur frugal

[00:21:51.610] 

Avec Gaillac info, j’ai été un des pionniers des médias locaux en ligne. C'était à la fois un média en ligne et un magazine papier gratuit qu'on livrait tous les mois chez les commerçants. C'était de l'hyper local, un micro média. 

Je me suis beaucoup amusé avec ça. L'idée quand je crée un média, c'est de m'amuser avec une thématique qui m'intéresse. Et puis, c'est une première expérience pour moi en termes de création de média. J'en avais créé d'autres au sein d'entreprises avant, mais là, c'était moi tout seul et j'ai fait ça pendant quatre ans.

[00:22:55] 

Et après, j'ai revendu Gaillac Info à une agence de communication locale et je suis parti à Barcelone pendant quatre années où j'étais le rédacteur en chef de la version française d'un site d'informations technologiques qui s'appelait SofTonic. 

[00:25:58] 

J'interviens de temps en temps dans les collèges, dans les lycées, notamment pour tout ce qui concerne l'éducation aux médias. J'interviens aussi auprès des bibliothécaires, médiathécaires pour essayer d'attirer de nouveau les adolescents dans leurs structures. Et c'est effectivement grâce notamment à l'activité de Geek junior que j'arrive à faire ça et c'est une partie de ma rémunération.

[00:27:33] 

Geek Junior est partenaire de Okapi, du groupe Bayard Presse. On fait la page geek de Okapi. C'est geek junior qu'il a produit, enfin c'est surtout moit. 

[00:29:08] 

C'est facile de lancer un média en ligne ou créer un site web. Ce n'est pas très compliqué mais ce qu'il faut, c'est de la constance. Et puis, ne pas oublier quelles sont ses priorités personnelles. 

C'est super important, et notamment les priorités financières, surtout quand on arrive à un certain âge, avec une maison à payer, des enfants, etc.

[00:32:06] 

Quand on a créé un média, c'est généralement pas par hasard. C'est parce qu'on a vraiment déjà beaucoup travaillé sur le sujet. On connaît bien le sujet et on sent qu'il y a un vrai besoin. Donc il faut suivre son intuition, bien définir ce qu'on veut faire au niveau, au niveau professionnel et quel équilibre on veut avoir.

Moi, je vis dans le Tarn, ça a plein d'avantages: il n'y a pas beaucoup de cas de coronavirus... Mais en même temps, pour créer un média national, c'est compliqué. Pour tous les réseaux à créer, c'est plus long. Justement, ça permet aussi de faire des choix et ne pas perdre son temps. 

Et ensuite, comme je l'ai déjà dit, il faut vraiment faire attention à s'assurer une indépendance financière, quelle qu'elle soit.

[00:33:49] 

Moi, je savais ce que cela pouvait donner. Et puis, tout de suite, j'ai eu beaucoup de retours et je me suis dit: tiens, a priori, il y a un vrai besoin et en tout cas, ça intéresse du monde. Mais il faut tester, savoir aussi arrêter un média si ça ne marche pas ou si vous avez plus l'envie. Si ça devient une punition pour vous, il faut arrêter.

-----

Crédits 

Interviews : Sébastien Bailly, Elise Colette, Philippe Couve, Jean-Baptiste Diebold, Marianne Rigaux
Idée originale :  Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
Réalisation sonore : Raphaël Bellon
Design graphique : Benjamin Laible
Communication : Laurie Lejeune
Générique et habillage sonore : Boris Laible
Intégration web : Florent Jonville
Production : Ginkio et Samsa.fr

Description

Christophe Coquis a eu des sueurs froides en lançant le financement participatif de la version papier de Geek Junior pile au moment où la France se confinait pour lutter contre le coronavirus. A quelques jours de la fin, tout va mieux : la collecte est un succès. Le site d’info geek pour les ados, créé en 2015, va se décliner en magazine dès le mois de mai.

Geek Junior vise à permettre aux ados de mieux maîtriser leur environnement numérique et aussi à aider les adultes autour d’eux à les accompagner dans cette exploration. Le magazine a été pensé sous forme de tutos, avec des fiches à découper. Pour assurer la pérennité du média, Christophe Coquis peut donc maintenant compter sur ses premiers abonnés issus de la campagne participative ainsi qu’un partenariat avec Okapi. Il va aussi développer les abonnements dans les CDI des collèges à travers la France.

Basé dans le Tarn, le serial entrepreneur des médias est un habitué de la frugalité. Il développe ce projet comme il avait déjà lancé il y a quelques années Gaillac info, un site d’info hyperlocale accompagné d’un mensuel gratuit. Ses règles d’or : la passion et la patience.

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Pour aller plus loin

La campagne de financement participatif sur Ulule 

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L’essentiel de l’épisode


L’origine de Geek Junior

[00:03:14] 

C'est vrai qu'on a une vision de l'adolescent toujours collé à son écran, qui serait un geek en puissance, capable de tout faire avec son appareil mobile ou avec un ordinateur. En fait, on en est assez loin. C’est à ça que j'ai pensé en créant le média en ligne Geek Junior. L'objectif était de pouvoir aider les adolescents à mieux mieux maîtriser leur environnement numérique.

[00:04:42] 

On peut aussi parler de sujets beaucoup plus larges de l'univers geek, les séries télé, les mangas, tout ce qui tourne autour de l'univers geek au sens large. 

[00:05:18] 

L'article qui fonctionne le mieux depuis depuis longtemps, c'est un récapitulatif de toutes les ressources pour apprendre à coder. 

Une version papier pour les parents ?

[00:13:47] 

On a pensé aux parents, mais aussi aux professeurs, notamment aux professeurs documentalistes. A tous ceux qui transmettent l'information et qui peuvent aussi se nourrir de cette information pour améliorer leurs pratiques et aussi mieux transmettre ces pratiques auprès des adolescents. C'est un peu l'idée du magazine. On sait que ces magazines papier, les adolescents ne vont pas naturellement aller sur ce type de supports.

[00:15:31] 

Le magazine, je l'ai conçu sous la forme de tutos. Il y a un tiers sur l'actu et deux tiers sous la forme de tutos, avec des fiches qu'on va pouvoir découper facilement.

[00:16:17] 

On veut faire découvrir Geek Junior d'une manière différente auprès des ados par des tiers. A l'intérieur du magazine, il y aura quatre pages détachables pour les parents. Et là, c'est vraiment sur. Pour accompagner les parents par rapport à la pratique du numérique vis à vis de leurs enfants, notamment la gestion des écrans.

Objectif 1000 abonnés 

[00:17:33] 

On a besoin d’un minimum d’argent quand on passe au papier. C'est pour ça qu'on est déjà là, à la campagne Ulule. C'est pour ça aussi que je me suis entouré de personnes qui ont commencé à investir dans le magazine, dans tout ça pour commencer à construire quelque chose de plus solide.

[00:18:18] 

Au début, on pensait on espérait entre 15 et 20.000 euros. Après, il y a eu le confinement qui est arrivé et là, on a beaucoup moins fait les malins parce que notre campagne Ulule a commencé juste avant de confinement. On a vraiment flippé et malgré tout, on a réussi à dépasser l’objectif initial. On est presque à 12.000 euros. Il nous reste encore une vingtaine de jours. Je pense qu'on va arriver pas loin des 15 000.

Donc, on n'est pas si loin de l'objectif initial. Avec ça, qu'est ce qu'on peut faire? On peut imprimer les premiers numéros, payer la graphiste, payer le routage pour envoyer les magazines.Et puis c'est à peu près tout. Moi, je n'arrive pas à me payer avec trois cents abonnés, c'est évident. L'objectif derrière, c'est de proposer le magazine auprès notamment des bibliothécaires, des professeurs documentalistes pour qu'ils puissent s'abonner à leur collège.

[00:19:24] 

Il y a 5.000 collèges en France. Si on arrive déjà à attirer 10% de ces collèges, ça fait 500. Et là, ça commence à être intéressant. L'objectif, c'est d'arriver très rapidement à 1.000 abonnés pour trouver un modèle économique et payer les charges du magazine. 

Convaincre les ados… et leurs parents

[00:21:01] 

C'est bien l'idée avec ce magazine d'éducation numérique, c'est que les parents puissent se dire : tiens, mon enfant va pouvoir découvrir peut-être autre chose que ce qu'il fait habituellement sur son téléphone portable, où il a tout le temps le nez sur les deux mêmes applications, Instagram et Tik Tok, par exemple.

En tout cas, c'est l'objectif du magazine de proposer autre chose, de montrer ou de développer la culture, les compétences numériques des adolescents. Et c'est là dessus qu'on joue auprès des parents pour les motiver à abonner leurs enfants. 

Serial entrepreneur frugal

[00:21:51.610] 

Avec Gaillac info, j’ai été un des pionniers des médias locaux en ligne. C'était à la fois un média en ligne et un magazine papier gratuit qu'on livrait tous les mois chez les commerçants. C'était de l'hyper local, un micro média. 

Je me suis beaucoup amusé avec ça. L'idée quand je crée un média, c'est de m'amuser avec une thématique qui m'intéresse. Et puis, c'est une première expérience pour moi en termes de création de média. J'en avais créé d'autres au sein d'entreprises avant, mais là, c'était moi tout seul et j'ai fait ça pendant quatre ans.

[00:22:55] 

Et après, j'ai revendu Gaillac Info à une agence de communication locale et je suis parti à Barcelone pendant quatre années où j'étais le rédacteur en chef de la version française d'un site d'informations technologiques qui s'appelait SofTonic. 

[00:25:58] 

J'interviens de temps en temps dans les collèges, dans les lycées, notamment pour tout ce qui concerne l'éducation aux médias. J'interviens aussi auprès des bibliothécaires, médiathécaires pour essayer d'attirer de nouveau les adolescents dans leurs structures. Et c'est effectivement grâce notamment à l'activité de Geek junior que j'arrive à faire ça et c'est une partie de ma rémunération.

[00:27:33] 

Geek Junior est partenaire de Okapi, du groupe Bayard Presse. On fait la page geek de Okapi. C'est geek junior qu'il a produit, enfin c'est surtout moit. 

[00:29:08] 

C'est facile de lancer un média en ligne ou créer un site web. Ce n'est pas très compliqué mais ce qu'il faut, c'est de la constance. Et puis, ne pas oublier quelles sont ses priorités personnelles. 

C'est super important, et notamment les priorités financières, surtout quand on arrive à un certain âge, avec une maison à payer, des enfants, etc.

[00:32:06] 

Quand on a créé un média, c'est généralement pas par hasard. C'est parce qu'on a vraiment déjà beaucoup travaillé sur le sujet. On connaît bien le sujet et on sent qu'il y a un vrai besoin. Donc il faut suivre son intuition, bien définir ce qu'on veut faire au niveau, au niveau professionnel et quel équilibre on veut avoir.

Moi, je vis dans le Tarn, ça a plein d'avantages: il n'y a pas beaucoup de cas de coronavirus... Mais en même temps, pour créer un média national, c'est compliqué. Pour tous les réseaux à créer, c'est plus long. Justement, ça permet aussi de faire des choix et ne pas perdre son temps. 

Et ensuite, comme je l'ai déjà dit, il faut vraiment faire attention à s'assurer une indépendance financière, quelle qu'elle soit.

[00:33:49] 

Moi, je savais ce que cela pouvait donner. Et puis, tout de suite, j'ai eu beaucoup de retours et je me suis dit: tiens, a priori, il y a un vrai besoin et en tout cas, ça intéresse du monde. Mais il faut tester, savoir aussi arrêter un média si ça ne marche pas ou si vous avez plus l'envie. Si ça devient une punition pour vous, il faut arrêter.

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Crédits 

Interviews : Sébastien Bailly, Elise Colette, Philippe Couve, Jean-Baptiste Diebold, Marianne Rigaux
Idée originale :  Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
Réalisation sonore : Raphaël Bellon
Design graphique : Benjamin Laible
Communication : Laurie Lejeune
Générique et habillage sonore : Boris Laible
Intégration web : Florent Jonville
Production : Ginkio et Samsa.fr

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Christophe Coquis a eu des sueurs froides en lançant le financement participatif de la version papier de Geek Junior pile au moment où la France se confinait pour lutter contre le coronavirus. A quelques jours de la fin, tout va mieux : la collecte est un succès. Le site d’info geek pour les ados, créé en 2015, va se décliner en magazine dès le mois de mai.

Geek Junior vise à permettre aux ados de mieux maîtriser leur environnement numérique et aussi à aider les adultes autour d’eux à les accompagner dans cette exploration. Le magazine a été pensé sous forme de tutos, avec des fiches à découper. Pour assurer la pérennité du média, Christophe Coquis peut donc maintenant compter sur ses premiers abonnés issus de la campagne participative ainsi qu’un partenariat avec Okapi. Il va aussi développer les abonnements dans les CDI des collèges à travers la France.

Basé dans le Tarn, le serial entrepreneur des médias est un habitué de la frugalité. Il développe ce projet comme il avait déjà lancé il y a quelques années Gaillac info, un site d’info hyperlocale accompagné d’un mensuel gratuit. Ses règles d’or : la passion et la patience.

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Pour aller plus loin

La campagne de financement participatif sur Ulule 

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L’essentiel de l’épisode


L’origine de Geek Junior

[00:03:14] 

C'est vrai qu'on a une vision de l'adolescent toujours collé à son écran, qui serait un geek en puissance, capable de tout faire avec son appareil mobile ou avec un ordinateur. En fait, on en est assez loin. C’est à ça que j'ai pensé en créant le média en ligne Geek Junior. L'objectif était de pouvoir aider les adolescents à mieux mieux maîtriser leur environnement numérique.

[00:04:42] 

On peut aussi parler de sujets beaucoup plus larges de l'univers geek, les séries télé, les mangas, tout ce qui tourne autour de l'univers geek au sens large. 

[00:05:18] 

L'article qui fonctionne le mieux depuis depuis longtemps, c'est un récapitulatif de toutes les ressources pour apprendre à coder. 

Une version papier pour les parents ?

[00:13:47] 

On a pensé aux parents, mais aussi aux professeurs, notamment aux professeurs documentalistes. A tous ceux qui transmettent l'information et qui peuvent aussi se nourrir de cette information pour améliorer leurs pratiques et aussi mieux transmettre ces pratiques auprès des adolescents. C'est un peu l'idée du magazine. On sait que ces magazines papier, les adolescents ne vont pas naturellement aller sur ce type de supports.

[00:15:31] 

Le magazine, je l'ai conçu sous la forme de tutos. Il y a un tiers sur l'actu et deux tiers sous la forme de tutos, avec des fiches qu'on va pouvoir découper facilement.

[00:16:17] 

On veut faire découvrir Geek Junior d'une manière différente auprès des ados par des tiers. A l'intérieur du magazine, il y aura quatre pages détachables pour les parents. Et là, c'est vraiment sur. Pour accompagner les parents par rapport à la pratique du numérique vis à vis de leurs enfants, notamment la gestion des écrans.

Objectif 1000 abonnés 

[00:17:33] 

On a besoin d’un minimum d’argent quand on passe au papier. C'est pour ça qu'on est déjà là, à la campagne Ulule. C'est pour ça aussi que je me suis entouré de personnes qui ont commencé à investir dans le magazine, dans tout ça pour commencer à construire quelque chose de plus solide.

[00:18:18] 

Au début, on pensait on espérait entre 15 et 20.000 euros. Après, il y a eu le confinement qui est arrivé et là, on a beaucoup moins fait les malins parce que notre campagne Ulule a commencé juste avant de confinement. On a vraiment flippé et malgré tout, on a réussi à dépasser l’objectif initial. On est presque à 12.000 euros. Il nous reste encore une vingtaine de jours. Je pense qu'on va arriver pas loin des 15 000.

Donc, on n'est pas si loin de l'objectif initial. Avec ça, qu'est ce qu'on peut faire? On peut imprimer les premiers numéros, payer la graphiste, payer le routage pour envoyer les magazines.Et puis c'est à peu près tout. Moi, je n'arrive pas à me payer avec trois cents abonnés, c'est évident. L'objectif derrière, c'est de proposer le magazine auprès notamment des bibliothécaires, des professeurs documentalistes pour qu'ils puissent s'abonner à leur collège.

[00:19:24] 

Il y a 5.000 collèges en France. Si on arrive déjà à attirer 10% de ces collèges, ça fait 500. Et là, ça commence à être intéressant. L'objectif, c'est d'arriver très rapidement à 1.000 abonnés pour trouver un modèle économique et payer les charges du magazine. 

Convaincre les ados… et leurs parents

[00:21:01] 

C'est bien l'idée avec ce magazine d'éducation numérique, c'est que les parents puissent se dire : tiens, mon enfant va pouvoir découvrir peut-être autre chose que ce qu'il fait habituellement sur son téléphone portable, où il a tout le temps le nez sur les deux mêmes applications, Instagram et Tik Tok, par exemple.

En tout cas, c'est l'objectif du magazine de proposer autre chose, de montrer ou de développer la culture, les compétences numériques des adolescents. Et c'est là dessus qu'on joue auprès des parents pour les motiver à abonner leurs enfants. 

Serial entrepreneur frugal

[00:21:51.610] 

Avec Gaillac info, j’ai été un des pionniers des médias locaux en ligne. C'était à la fois un média en ligne et un magazine papier gratuit qu'on livrait tous les mois chez les commerçants. C'était de l'hyper local, un micro média. 

Je me suis beaucoup amusé avec ça. L'idée quand je crée un média, c'est de m'amuser avec une thématique qui m'intéresse. Et puis, c'est une première expérience pour moi en termes de création de média. J'en avais créé d'autres au sein d'entreprises avant, mais là, c'était moi tout seul et j'ai fait ça pendant quatre ans.

[00:22:55] 

Et après, j'ai revendu Gaillac Info à une agence de communication locale et je suis parti à Barcelone pendant quatre années où j'étais le rédacteur en chef de la version française d'un site d'informations technologiques qui s'appelait SofTonic. 

[00:25:58] 

J'interviens de temps en temps dans les collèges, dans les lycées, notamment pour tout ce qui concerne l'éducation aux médias. J'interviens aussi auprès des bibliothécaires, médiathécaires pour essayer d'attirer de nouveau les adolescents dans leurs structures. Et c'est effectivement grâce notamment à l'activité de Geek junior que j'arrive à faire ça et c'est une partie de ma rémunération.

[00:27:33] 

Geek Junior est partenaire de Okapi, du groupe Bayard Presse. On fait la page geek de Okapi. C'est geek junior qu'il a produit, enfin c'est surtout moit. 

[00:29:08] 

C'est facile de lancer un média en ligne ou créer un site web. Ce n'est pas très compliqué mais ce qu'il faut, c'est de la constance. Et puis, ne pas oublier quelles sont ses priorités personnelles. 

C'est super important, et notamment les priorités financières, surtout quand on arrive à un certain âge, avec une maison à payer, des enfants, etc.

[00:32:06] 

Quand on a créé un média, c'est généralement pas par hasard. C'est parce qu'on a vraiment déjà beaucoup travaillé sur le sujet. On connaît bien le sujet et on sent qu'il y a un vrai besoin. Donc il faut suivre son intuition, bien définir ce qu'on veut faire au niveau, au niveau professionnel et quel équilibre on veut avoir.

Moi, je vis dans le Tarn, ça a plein d'avantages: il n'y a pas beaucoup de cas de coronavirus... Mais en même temps, pour créer un média national, c'est compliqué. Pour tous les réseaux à créer, c'est plus long. Justement, ça permet aussi de faire des choix et ne pas perdre son temps. 

Et ensuite, comme je l'ai déjà dit, il faut vraiment faire attention à s'assurer une indépendance financière, quelle qu'elle soit.

[00:33:49] 

Moi, je savais ce que cela pouvait donner. Et puis, tout de suite, j'ai eu beaucoup de retours et je me suis dit: tiens, a priori, il y a un vrai besoin et en tout cas, ça intéresse du monde. Mais il faut tester, savoir aussi arrêter un média si ça ne marche pas ou si vous avez plus l'envie. Si ça devient une punition pour vous, il faut arrêter.

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Crédits 

Interviews : Sébastien Bailly, Elise Colette, Philippe Couve, Jean-Baptiste Diebold, Marianne Rigaux
Idée originale :  Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
Réalisation sonore : Raphaël Bellon
Design graphique : Benjamin Laible
Communication : Laurie Lejeune
Générique et habillage sonore : Boris Laible
Intégration web : Florent Jonville
Production : Ginkio et Samsa.fr

Description

Christophe Coquis a eu des sueurs froides en lançant le financement participatif de la version papier de Geek Junior pile au moment où la France se confinait pour lutter contre le coronavirus. A quelques jours de la fin, tout va mieux : la collecte est un succès. Le site d’info geek pour les ados, créé en 2015, va se décliner en magazine dès le mois de mai.

Geek Junior vise à permettre aux ados de mieux maîtriser leur environnement numérique et aussi à aider les adultes autour d’eux à les accompagner dans cette exploration. Le magazine a été pensé sous forme de tutos, avec des fiches à découper. Pour assurer la pérennité du média, Christophe Coquis peut donc maintenant compter sur ses premiers abonnés issus de la campagne participative ainsi qu’un partenariat avec Okapi. Il va aussi développer les abonnements dans les CDI des collèges à travers la France.

Basé dans le Tarn, le serial entrepreneur des médias est un habitué de la frugalité. Il développe ce projet comme il avait déjà lancé il y a quelques années Gaillac info, un site d’info hyperlocale accompagné d’un mensuel gratuit. Ses règles d’or : la passion et la patience.

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Pour aller plus loin

La campagne de financement participatif sur Ulule 

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L’essentiel de l’épisode


L’origine de Geek Junior

[00:03:14] 

C'est vrai qu'on a une vision de l'adolescent toujours collé à son écran, qui serait un geek en puissance, capable de tout faire avec son appareil mobile ou avec un ordinateur. En fait, on en est assez loin. C’est à ça que j'ai pensé en créant le média en ligne Geek Junior. L'objectif était de pouvoir aider les adolescents à mieux mieux maîtriser leur environnement numérique.

[00:04:42] 

On peut aussi parler de sujets beaucoup plus larges de l'univers geek, les séries télé, les mangas, tout ce qui tourne autour de l'univers geek au sens large. 

[00:05:18] 

L'article qui fonctionne le mieux depuis depuis longtemps, c'est un récapitulatif de toutes les ressources pour apprendre à coder. 

Une version papier pour les parents ?

[00:13:47] 

On a pensé aux parents, mais aussi aux professeurs, notamment aux professeurs documentalistes. A tous ceux qui transmettent l'information et qui peuvent aussi se nourrir de cette information pour améliorer leurs pratiques et aussi mieux transmettre ces pratiques auprès des adolescents. C'est un peu l'idée du magazine. On sait que ces magazines papier, les adolescents ne vont pas naturellement aller sur ce type de supports.

[00:15:31] 

Le magazine, je l'ai conçu sous la forme de tutos. Il y a un tiers sur l'actu et deux tiers sous la forme de tutos, avec des fiches qu'on va pouvoir découper facilement.

[00:16:17] 

On veut faire découvrir Geek Junior d'une manière différente auprès des ados par des tiers. A l'intérieur du magazine, il y aura quatre pages détachables pour les parents. Et là, c'est vraiment sur. Pour accompagner les parents par rapport à la pratique du numérique vis à vis de leurs enfants, notamment la gestion des écrans.

Objectif 1000 abonnés 

[00:17:33] 

On a besoin d’un minimum d’argent quand on passe au papier. C'est pour ça qu'on est déjà là, à la campagne Ulule. C'est pour ça aussi que je me suis entouré de personnes qui ont commencé à investir dans le magazine, dans tout ça pour commencer à construire quelque chose de plus solide.

[00:18:18] 

Au début, on pensait on espérait entre 15 et 20.000 euros. Après, il y a eu le confinement qui est arrivé et là, on a beaucoup moins fait les malins parce que notre campagne Ulule a commencé juste avant de confinement. On a vraiment flippé et malgré tout, on a réussi à dépasser l’objectif initial. On est presque à 12.000 euros. Il nous reste encore une vingtaine de jours. Je pense qu'on va arriver pas loin des 15 000.

Donc, on n'est pas si loin de l'objectif initial. Avec ça, qu'est ce qu'on peut faire? On peut imprimer les premiers numéros, payer la graphiste, payer le routage pour envoyer les magazines.Et puis c'est à peu près tout. Moi, je n'arrive pas à me payer avec trois cents abonnés, c'est évident. L'objectif derrière, c'est de proposer le magazine auprès notamment des bibliothécaires, des professeurs documentalistes pour qu'ils puissent s'abonner à leur collège.

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Il y a 5.000 collèges en France. Si on arrive déjà à attirer 10% de ces collèges, ça fait 500. Et là, ça commence à être intéressant. L'objectif, c'est d'arriver très rapidement à 1.000 abonnés pour trouver un modèle économique et payer les charges du magazine. 

Convaincre les ados… et leurs parents

[00:21:01] 

C'est bien l'idée avec ce magazine d'éducation numérique, c'est que les parents puissent se dire : tiens, mon enfant va pouvoir découvrir peut-être autre chose que ce qu'il fait habituellement sur son téléphone portable, où il a tout le temps le nez sur les deux mêmes applications, Instagram et Tik Tok, par exemple.

En tout cas, c'est l'objectif du magazine de proposer autre chose, de montrer ou de développer la culture, les compétences numériques des adolescents. Et c'est là dessus qu'on joue auprès des parents pour les motiver à abonner leurs enfants. 

Serial entrepreneur frugal

[00:21:51.610] 

Avec Gaillac info, j’ai été un des pionniers des médias locaux en ligne. C'était à la fois un média en ligne et un magazine papier gratuit qu'on livrait tous les mois chez les commerçants. C'était de l'hyper local, un micro média. 

Je me suis beaucoup amusé avec ça. L'idée quand je crée un média, c'est de m'amuser avec une thématique qui m'intéresse. Et puis, c'est une première expérience pour moi en termes de création de média. J'en avais créé d'autres au sein d'entreprises avant, mais là, c'était moi tout seul et j'ai fait ça pendant quatre ans.

[00:22:55] 

Et après, j'ai revendu Gaillac Info à une agence de communication locale et je suis parti à Barcelone pendant quatre années où j'étais le rédacteur en chef de la version française d'un site d'informations technologiques qui s'appelait SofTonic. 

[00:25:58] 

J'interviens de temps en temps dans les collèges, dans les lycées, notamment pour tout ce qui concerne l'éducation aux médias. J'interviens aussi auprès des bibliothécaires, médiathécaires pour essayer d'attirer de nouveau les adolescents dans leurs structures. Et c'est effectivement grâce notamment à l'activité de Geek junior que j'arrive à faire ça et c'est une partie de ma rémunération.

[00:27:33] 

Geek Junior est partenaire de Okapi, du groupe Bayard Presse. On fait la page geek de Okapi. C'est geek junior qu'il a produit, enfin c'est surtout moit. 

[00:29:08] 

C'est facile de lancer un média en ligne ou créer un site web. Ce n'est pas très compliqué mais ce qu'il faut, c'est de la constance. Et puis, ne pas oublier quelles sont ses priorités personnelles. 

C'est super important, et notamment les priorités financières, surtout quand on arrive à un certain âge, avec une maison à payer, des enfants, etc.

[00:32:06] 

Quand on a créé un média, c'est généralement pas par hasard. C'est parce qu'on a vraiment déjà beaucoup travaillé sur le sujet. On connaît bien le sujet et on sent qu'il y a un vrai besoin. Donc il faut suivre son intuition, bien définir ce qu'on veut faire au niveau, au niveau professionnel et quel équilibre on veut avoir.

Moi, je vis dans le Tarn, ça a plein d'avantages: il n'y a pas beaucoup de cas de coronavirus... Mais en même temps, pour créer un média national, c'est compliqué. Pour tous les réseaux à créer, c'est plus long. Justement, ça permet aussi de faire des choix et ne pas perdre son temps. 

Et ensuite, comme je l'ai déjà dit, il faut vraiment faire attention à s'assurer une indépendance financière, quelle qu'elle soit.

[00:33:49] 

Moi, je savais ce que cela pouvait donner. Et puis, tout de suite, j'ai eu beaucoup de retours et je me suis dit: tiens, a priori, il y a un vrai besoin et en tout cas, ça intéresse du monde. Mais il faut tester, savoir aussi arrêter un média si ça ne marche pas ou si vous avez plus l'envie. Si ça devient une punition pour vous, il faut arrêter.

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Crédits 

Interviews : Sébastien Bailly, Elise Colette, Philippe Couve, Jean-Baptiste Diebold, Marianne Rigaux
Idée originale :  Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
Réalisation sonore : Raphaël Bellon
Design graphique : Benjamin Laible
Communication : Laurie Lejeune
Générique et habillage sonore : Boris Laible
Intégration web : Florent Jonville
Production : Ginkio et Samsa.fr

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