Description
Live d'Algérie Part avec Abdou Semmar : L'investissement nécessaire pour le transfert d'eau vers Ghara Djebilet est colossal pour l'Algérie, car il ne s'agit pas d'un simple raccordement, mais d'une infrastructure de dimension continentale. Bien que le gouvernement algérien ne communique pas toujours un chiffre isolé uniquement pour le "tuyau" d'eau, on peut estimer l'envergure financière via les projets similaires et le budget global du complexe. Le projet global de Ghara Djebilet (mine + usines de traitement + logistique) est estimé entre 12 et 15 milliards de dollars. Dans cette enveloppe, le volet hydraulique représente une part stratégique majeure : Infrastructures lourdes : Le transfert depuis la nappe de l'Albien (Adrar) nécessite un pipeline de plus de 1 300 km. À titre de comparaison, le transfert In Salah-Tamanrasset (750 km) avait coûté environ 2,5 milliards de dollars à l'époque. Le coût actuel : Pour un transfert deux fois plus long et avec des stations de pompage plus puissantes pour le minerai, l'investissement spécifique à l'eau pourrait osciller entre 4 et 6 milliards de dollars. L'argent n'est pas seulement utilisé pour les tuyaux, mais pour un système industriel complexe : Le champ de captage : Forage de dizaines de puits profonds dans la nappe de l'Albien (plus de 1 000 mètres de profondeur parfois). Les stations de pompage : Il faut une énergie énorme pour pousser l'eau sur 1 300 km à travers le Sahara. Cela inclut souvent la construction de centrales électriques dédiées (solaire/gaz) le long du tracé. Les usines de déphosphoration : Une partie de l'investissement va dans les unités chimiques sur le site de la mine qui utiliseront cette eau pour purifier le fer. On estime que le projet aura besoin d'environ 3 millions de mètres cubes (m^3) d'eau par an pour ses opérations industrielles de base. À titre de comparaison : Cela représente l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville moyenne d'environ 30 000 à 40 000 habitants en zone aride.
Ce chiffre, bien que gérable sur le papier, devient un "poids" pour l'avenir du projet à cause de trois facteurs : Le traitement du phosphore : Le minerai de fer de Ghara Djebilet est "pollué" par le phosphore. Pour l'éliminer, il faut normalement beaucoup d'eau. Pour réduire ce besoin, l'Algérie a dû investir dans des technologies de traitement à sec ou à faible consommation d'eau avec des partenaires chinois, ce qui augmente le coût des machines. Le coût du transport : Puisqu'il n'y a pas assez d'eau sur place à Tindouf, l'eau doit être acheminée via un méga-transfert de 1 400 km depuis la nappe de l'Albien (Adrar). Le coût énergétique pour pomper cette eau sur une telle distance pèse directement sur le prix de revient de chaque tonne de fer produite. Le risque de stress hydrique : Même si la nappe de l'Albien est immense (souvent appelée "mer souterraine"), elle n'est pas renouvelable à l'échelle humaine. Utiliser des millions de m^3 pour l'industrie dans une région qui mise aussi sur l'agriculture (comme le projet "Baladna") crée une concurrence pour la ressource. Oui, mais ce n'est plus un obstacle bloquant. L'avenir du projet ne dépend plus de si on trouvera l'eau, mais de combien cela va coûter. Le gouvernement a déjà engagé les travaux pour sécuriser l'alimentation (forages et canalisations de 44 km pour la phase 1, puis le grand transfert). Le véritable test sera la rentabilité finale : si le prix du fer sur le marché mondial baisse, le coût élevé de l'eau (et du transport ferroviaire de 950 km vers Béchar) pourrait devenir un fardeau financier pour l'État, voire un véritable gouffre qui va aspirer les finances de l'Algérie. Nos explications.
Suivez chaque jour toutes les infos sur l'actualité algérienne et maghrébine.🔔 Abonnez-vous à notre chaîne sur YouTube : https://www.youtube.com/@AbdouSemmar21💬 Partagez vos comment...