Live d’Algérie Part avec Abdou Semmar : Arrêtez tout et allez lire sans attendre le compte rendu du procès incroyablement délirant de Boualem Sansal qui s'est tenu le 20 mars dernier au tribunal de Dar El-Beida à Alger. L'audience a duré uniquement 20 minutes. 20 minutes seulement d'échanges entre Boualem Sansal, l'écrivain franco-algérien, et ses juges ont permis de dévoiler la chronique de la catastrophe qui ébranle de plein fouet la Justice Algérienne. Une justice totalement irrationnelle, extravagante et qui se nourrit de l'absurde. Et pour cause, toute l'affaire Boualem Sansal qui a provoqué un tollé international et une vague d'indignation planétaire repose au final sur... des messages personnels WhatsApp et des conversations privées de Boualem Sansal avec l'actuel ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet et un autre ancien ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt. Des passages de ces échanges privés ont été instrumentalisés par la Justice algérienne pour accuser Boualem Sansal "d’atteinte à l’unité nationale, d’outrage à corps constitué (l’armée), d’atteinte à l’économie nationale et de détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité nationale". Pour appuyer ces accusations gravissimes, les juges algériens ont utilisé des messages personnels et totalement privés de Boualem Sansal y compris des propos extraits de blagues ou de traits d'humour retrouvés dans des conversations entre l'écrivain et Xavier Driencourt. A titre d'exemple, le passage suivant : "Pourquoi es-tu es heureux ? Parce qu’on a le pétrole et Chengriha" a été considéré comme une offense à Corps Constitué ! Le juge ayant présidé l'audience du procès a interrogé le plus sérieusement du monde Boualem Sansal sur ces propos privés et ces blagues personnelles échangées avec des contacts français. D'autres passages ont été exploités par les juges du tribunal de Dar El-Beida pour accabler Boualem Sansal. Il s'agit de propos échangés avec un "Kabyle" prénommé Yazid présenté comme membre du mouvement séparatiste "MAK" ou un commentaire concernant l'échec de l'Algérie dans le processus d'intégration au sein des BRICS+ en août 2023. Ce commentaire encore une fois totalement privé et contenu dans des messages WhatsApp a été considéré par la Justice Algérienne comme "une atteinte à l'économie nationale" ! Plongez avec nous dans les profondeurs du plus grand délire judiciaire de l'histoire.
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