Live d’Algérie Part avec Abdou Semmar : le 9 mars dernier, les autorités algériennes ont décidé subitement et sans aucune réflexion sérieuse au préalable d'annoncer l'importation d'un million de moutons pour le sacrifice de l’Aïd 2025 qui est prévu le 5 juin prochain. Comment en moins de 90 jours, l'Algérie peut-elle s'offrir sur un marché mondial tendu et complexe 1 millions de moutons ? Pour cette opération, aucun pays ne peut fournir seul un million de têtes, surtout avec une demande mondiale accrue autour de l’Aïd et un cahier des charges algérien strict : moutons sains, vaccinés, âgés d’au moins 6 mois et pesant 40 à 45 kg/carcasse, reconnaissent à ce sujet de nombreux experts et connaisseurs en économie agricole. Par ailleurs, l'Algérie n'a aucunement les moyens logistiques adéquats pour accueillir au niveau de ces onze ports de commerce la cinquantaine de navires ou bétaillères maritimes qui devraient transport tout ce cheptel. Le coût logistique du fret maritime et l'acheminement de ces moutons jusqu'aux consommateurs algériens sera très élevé et compliqué à gérer en un temps aussi court, à savoir moins de 90 jours. Par ailleurs, cette opération d'importation va coûter un colossal budget en devises pour l'Etat algérien. Et pour cause, sur le marché international, «le prix d’un mouton vivant oscille entre 4 et 8 dollars/kg selon les pays (Roumanie, Espagne, Australie, Argentine, etc.). Avec un poids de 40 à 45 kg/carcasse exigé dans le cahier des charges algérien, et en retenant une moyenne de 5 dollars/kg, le coût par mouton s’élèverait à environ 200 à 225 dollars. Et pour un million de têtes, cela représente un coût brut de 200 à 225 millions de dollars. Ajoutant les frais de transport maritime (10 à 20 dollars par tête), les assurances et des taxes douanières réduites à 5 %, l’opération pourrait atteindre 230 à 260 millions de dollars US sans pouvoir pour autant respecter les délais très courts impartis pour garantir la disponibilité de ces moutons à l'occasion de l'Aïd El Adha 2025. En vérité, cette annonce du gouvernement algérien d'importer hâtivement 1 million de moutons est une pure lubie, une utopie et un excès désastreux de populisme dont le seul but est de narguer le Maroc, le rival voisin, dont les autorités publiques ont interdit à la population de sacrifier le mouton lors de la fête de l’Aïd qui aura lieu au début du mois de juin, en raison d’une diminution du cheptel liée à la sécheresse qui a fait grimper les prix. Explications.
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