Live d'Algérie Part avec Abdou Semmar : l’idée que l’agriculture “rattrape” les hydrocarbures en Algérie, comme suggéré dans les articles et contenus diffusés récemment par les médias algériens affiliés au Régime Tebboune, est en effet une exagération qui frise la désinformation si on la prend au pied de la lettre. Ce récit repose sur une comparaison étroite en valeur nominale au PIB pour un seul trimestre (Q2 2025), où l’agriculture atteint environ 11 milliards USD contre 12 milliards pour les hydrocarbures, avec une croissance agricole de +4,6 % contre une contraction de -9,5 % pour les hydrocarbures. Mais cela masque la réalité structurelle : les hydrocarbures restent dominants en termes d’exports, de recettes budgétaires et d’importance globale pour l’économie. Voici une déconstruction factuelle de ce “mensonge”, basée sur des données récentes (2025 et projections 2026), pour montrer pourquoi l’agriculture ne rattrapera pas les hydrocarbures de sitôt. Les hydrocarbures représentent toujours 90 % des exports totaux et 60 % des recettes budgétaires en 2025, générant environ 43,7 milliards USD d’exports (sur un total de 43,73 milliards projetés). L’agriculture, en revanche, ne contribue qu’à une fraction infime : les exports agroalimentaires sont autour de 0,3-0,5 milliard USD en 2025, soit moins de 1 % des exports totaux, malgré une hausse récente (triplement des exports hors hydrocarbures depuis 2017, mais ces derniers ne pèsent que 2-3 % du PIB). Sans hydrocarbures, l’Algérie n’équilibre pas sa balance commerciale. Les exportations agricoles (dattes, huile d’olive, fruits) sont limitées par des contraintes climatiques, logistiques et une orientation vers le marché local. Les importations alimentaires explosent (+30 % en 2025), aggravant le déficit. Ce narratif sert à promouvoir les “efforts de diversification” du Régime Tebboune, en exagérant un indicateur isolé pour masquer les vulnérabilités : déficit budgétaire à 14,5 % du PIB en 2025, chômage à ~12 %, inflation à 4 %. Les médias privés ou officiels algériens amplifient cela, mais des sources indépendantes (Banque mondiale, Coface) tempèrent : sans gains de productivité et réallocation d’emplois vers des secteurs à haute valeur (industrie, services), la croissance stagnera à 3-4 %, loin d’une “révolution agricole”. Pour un vrai rattrapage, il faudrait des exportations agricoles à 10-20 milliards USD/an, ce qui est irréaliste sans des décennies d’investissements. Explications.
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