Live d’Algérie Part avec Abdou Semmar : Pour la première fois dans l’histoire du football Algérien, un ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF) est incarcéré. Kheireddine Zetchi, à la tête de la FAF entre 2017 et 2021, a été placé sous mandat de dépôt hier mercredi 27 novembre 2024 sur ordre du juge d’instruction du pôle pénal national économique et financier de Sidi M’hamed, à Alger. Envoyé à la prison de Koléa après son audition, cet homme d’affaires de 59 ans, également fondateur du club Paradou AC, est impliqué dans une enquête portant sur des soupçons de corruption, de détournement de fonds publics et d’octroi de privilèges injustifiés. Le traitement judiciaire de ce dossier soulève, malheureusement, des doutes sur l'impartialité et l'objectivité de l'appareil judiciaire. Il semble clairement que Kheireddine Zetchi a été ciblé personnellement parce qu'il n'est pas aimé par les tenants du régime actuel en raison de ses liens passés avec les dirigeants du régime déchu de Bouteflika. En dépit d'un bilan sportif excellent avec notamment une Coupe d'Afrique des Nations brillamment remportée en 2019, Zetchi a fait les frais d'une opération judiciaire digne d'un très bas règlement de comptes. Preuve en est, la Justice algérienne a pris le soin d'épargner les successeurs de Zetchi à la tête de la FAF, à savoir Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef, qui sont fortement liés à l'actuel régime aux commandes du pays. Quand aux éléments du dossier accablant Zetch, il s'avère qu'il porte sur des transactions financières très dérisoires et les fonds de la FAF sont majoritairement privés car ils proviennent de sponsors nationaux et internationaux. L'accusation de dilapidation des deniers publics est donc difficilement convaincante. A titre d'exemple, l'enquête judiciaire accablant Zetchi se base sur certaines dépenses enregistrées dans le bilan de 2020 comme par exemple une dépense de près de 1 million de dinars (environ 6 900 euros) pour l’achat de cartes mémoires et 1 710 660 dinars (environ 12 000 euros) de dépenses de carburant. Par ailleurs, les juges utilisent dans leur enquête sur Zetchi certaines dépenses de 2021 comme les 50 millions de dinars (près de 350 000 euros) consacrés au renouvèlement du parc automobile de la FAF et les 7 millions de dinars (environ 48 000 euros) à la prime du mouton de l’Aïd au profit de ses employés. Ces pratiques financières constitue-t-elle des preuves d'enrichissement illicite ou de dilapidation de l'argent public ? Pas si sûr. Le contexte dans lequel est intervenu l'affaire Zetchi et le mode d'emploi expéditif de la Justice algérienne nous amène à conclure que nous sommes encore une fois face à une Justice des... Règlements de Comptes. Explications.
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