Description
Live d’Algérie Part avec Abdou Semmar : nous avons fait le choix de publier et de traduire le compte-rendu de l’audience du procés de Boualem Sansal qui s’est tenu à Alger ce jeudi 20 Mars. Ce texte est le récit complet, précis et, surtout, sidérant des échanges qui se sont déroulés au tribunal de Dar El-Beida entre Boualem Sansal et les juges Algériens.
"Le juge procède à l’interrogatoire de l’accusé Boualem Sansal.
Le juge : Parlez-vous arabe ?
Sansal : Monsieur le Président, franchement, je ne le maîtrise pas.
Juge : Et Darija ? Nous parlerons « en langage familier », essayez de répondre autant que possible et de comprendre les questions qui vous seront posées.
Le prévenu — Je ne comprends pas non plus le dialecte, Monsieur le Président.
Le juge demande à Sansal son nom complet, vérifie son identité, sa date de naissance et ses informations personnelles, puis énumère les accusations : Délits d’atteinte à l’unité nationale, d’outrage à un corps constitué, de pratiques qui nuiraientt à la sécurité nationale et à l’économie nationale, de possession de vidéos qui menacent la sécurité nationale. Reconnaissez-vous ces accusations ou niez-vous ?
Sansal : Non, Monsieur le Président, je nie catégoriquement ces accusations.
Le juge : Une fouille électronique de vos appareils, y compris un téléphone portable, a permis de découvrir un message adressé à une personne nommée « Yazid », qui appartient au mouvement « MAK », lui disant que vous êtes satisfait de ce que l’organisation fait pour obtenir l’indépendance et la sécession de la région de la Kabylie.
SANSAL : Non, je ne le lui ai pas envoyé, Monsieur le Président.
Juge : Il y a un autre chef d’accusation lié à l’outrage à une institution, en l’occurrence le parlement algérien, où des messages ont été échangés entre vous et un membre de l’ambassade de France.
Sansal : « je n’ai pas compris.
Le juge explique : Il y a des messages via WhatsApp entre vous et l’actuel ambassadeur de France qui incluent une insulte à l’armée et aux institutions gouvernementales ?
Sansal : Oui, je ne nie pas l’existence de ces messages, mais ils n’étaient qu’une conversation normale et ne contenaient aucune insulte.
Le Juge : Une autre question, selon les résultats de la fouille électronique, des messages échangés entre vous et l’ancien ambassadeur de France en Algérie, où vous exprimiez votre satisfaction face à la situation actuelle en Algérie et ont été trouvés, vous lui disiez : « Je suis heureux, nous possédons du pétrole et Changriha ». Qu’entendez-vous par là ?
Sansal : Oui, il y a eu des messages entre nous, nous sommes amis, dans lesquels je lui ai exprimé la réalité de la situation financière et sécuritaire en Algérie, et exprimé mon contentement de la situation sécuritaire et financière stable de notre pays. Cela n’inclut aucune insulte ou moquerie, et je n’avais aucune mauvaise intention derrière ces messages.
Le juge : Qu’en est-il de l’article que nous avons trouvé en votre possession sur le sujet de la puissance militaire de l’Algérie et de l’armée ?
Sansal : J’exprimais mon opinion en tant que citoyen algérien, et j’ai écrit cet article pour présenter mon point de vue sans aucune intention de nuire à l’institution militaire, que je respecte tant.
Le juge : Il y a une autre accusation liée à l’atteinte à l’économie nationale, basée sur la recherche dans votre téléphone et la récupération de messages et de conversations personnelles avec l’ancien ambassadeur de France, où vous avez parlé à deux reprises des décisions de rejeter l’adhésion de l’Algérie aux BRICS.
Sansal : Ces messages n’étaient qu’une conversation entre moi et l’ambassadeur,...
"Le juge procède à l’interrogatoire de l’accusé Boualem Sansal.
Le juge : Parlez-vous arabe ?
Sansal : Monsieur le Président, franchement, je ne le maîtrise pas.
Juge : Et Darija ? Nous parlerons « en langage familier », essayez de répondre autant que possible et de comprendre les questions qui vous seront posées.
Le prévenu — Je ne comprends pas non plus le dialecte, Monsieur le Président.
Le juge demande à Sansal son nom complet, vérifie son identité, sa date de naissance et ses informations personnelles, puis énumère les accusations : Délits d’atteinte à l’unité nationale, d’outrage à un corps constitué, de pratiques qui nuiraientt à la sécurité nationale et à l’économie nationale, de possession de vidéos qui menacent la sécurité nationale. Reconnaissez-vous ces accusations ou niez-vous ?
Sansal : Non, Monsieur le Président, je nie catégoriquement ces accusations.
Le juge : Une fouille électronique de vos appareils, y compris un téléphone portable, a permis de découvrir un message adressé à une personne nommée « Yazid », qui appartient au mouvement « MAK », lui disant que vous êtes satisfait de ce que l’organisation fait pour obtenir l’indépendance et la sécession de la région de la Kabylie.
SANSAL : Non, je ne le lui ai pas envoyé, Monsieur le Président.
Juge : Il y a un autre chef d’accusation lié à l’outrage à une institution, en l’occurrence le parlement algérien, où des messages ont été échangés entre vous et un membre de l’ambassade de France.
Sansal : « je n’ai pas compris.
Le juge explique : Il y a des messages via WhatsApp entre vous et l’actuel ambassadeur de France qui incluent une insulte à l’armée et aux institutions gouvernementales ?
Sansal : Oui, je ne nie pas l’existence de ces messages, mais ils n’étaient qu’une conversation normale et ne contenaient aucune insulte.
Le Juge : Une autre question, selon les résultats de la fouille électronique, des messages échangés entre vous et l’ancien ambassadeur de France en Algérie, où vous exprimiez votre satisfaction face à la situation actuelle en Algérie et ont été trouvés, vous lui disiez : « Je suis heureux, nous possédons du pétrole et Changriha ». Qu’entendez-vous par là ?
Sansal : Oui, il y a eu des messages entre nous, nous sommes amis, dans lesquels je lui ai exprimé la réalité de la situation financière et sécuritaire en Algérie, et exprimé mon contentement de la situation sécuritaire et financière stable de notre pays. Cela n’inclut aucune insulte ou moquerie, et je n’avais aucune mauvaise intention derrière ces messages.
Le juge : Qu’en est-il de l’article que nous avons trouvé en votre possession sur le sujet de la puissance militaire de l’Algérie et de l’armée ?
Sansal : J’exprimais mon opinion en tant que citoyen algérien, et j’ai écrit cet article pour présenter mon point de vue sans aucune intention de nuire à l’institution militaire, que je respecte tant.
Le juge : Il y a une autre accusation liée à l’atteinte à l’économie nationale, basée sur la recherche dans votre téléphone et la récupération de messages et de conversations personnelles avec l’ancien ambassadeur de France, où vous avez parlé à deux reprises des décisions de rejeter l’adhésion de l’Algérie aux BRICS.
Sansal : Ces messages n’étaient qu’une conversation entre moi et l’ambassadeur,...





