Live d’Algérie Part avec Abdou Semmar : Le Tribunal du Pôle économique et financier de Sidi M’hamed (Alger) a entamé hier le 6 mai l’examen de l’une des affaires les plus sensibles liées à l’élection présidentielle de 2024, portant sur des faits présumés de corruption électorale. Il est question d’un stratagème impliquant des candidats et des élus, visant à acheter des voix à hauteur de 800 dinars par électeur en contrepartie de leur soutien. Il s'agit du fameux scandale "Saïda Neghza" ando Co portant sur des pratiques illégales liées au transfert de formulaires et à l’achat présumé de « fonds de vote ». Accusés d’avoir acheté des parrainages d’élus, trois prétendants à l’élection présidentielle du 7 septembre 2024 en Algérie avaient été placés sous contrôle judiciaire depuis le 4 août 2024 pour « corruption politique ». Il s’agit de Saïda Neghza, présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), de Belkacem Sahli, secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR), et d’Abdelhakim Hamadi, directeur d’un laboratoire de produits vétérinaires. Candidats à la magistrature suprême, tous trois avaient vu leur dossier rejeté par la Cour constitutionnelle le 31 juillet 2024. Après leur audition, par un juge du pôle pénal économique et financier, ils avaient échappé au mandat de dépôt. Une « chance » que n’ont pas eue 80 autres accusés, des élus locaux et des « intermédiaires » poursuivis pour « corruption » dans l’opération de collecte des signatures en vue du scrutin présidentiel. Le procès qui se tient dans la salle 5 du tribunal de Sidi M'hamed à Alger a été marqué durant sa première audience par des révélations qui ont été étouffées par la Justice algérienne et les médias algériens. Et pour cause, des témoignages et déclarations de 22 accusés ont révélé des faits choquants, soulevant ainsi de sérieuses interrogations quant à la régularité des procédures judiciaires lancées dans ce dossier délicat et au respect des droits humains en Algérie. En effet, au moins 22 détenus ont affirmé devant les juges du tribunal de Sidi M'hamed avoir subi des tortures physiques et psychologiques dans des centres relevant de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), à savoir la Police Nationale en Algérie. Selon leurs témoignages, ils auraient été contraints de signer des procès-verbaux ne reflétant pas leurs véritables déclarations, mais contenant des affirmations formulées sous la contrainte dans le seul but de compromettre la candidate à la présidentielle anticipée du 7 septembre 2024, Saïda Neghza. Parmi ces témoignages, nous pouvons citer le cas de Bilal Frifra, originaire de la wilaya de Blida, lequel a révélé que "le juge d'instruction lui avait proposé au cours de l'une de ses auditions une libération conditionnelle en échange d'accusations portées contre Neghza". Ce témoignage jette un doute sérieux sur l'impartialité de la justice. Le témoignage le plus grave est, certainement, celui du détenu prénommé Adlane, qui a affirmé devant le juge avoir été "torturé et même violé par des agents des services de sécurité" pour avoir refusé d'accuser Saïda Neghza et ses enfants de corruption lors de la collecte des parrainages électoraux. Les révélations de ces accusés n'ont pas, malheureusement, attiré l'attention des magistrats du tribunal de Sidi M'hamed et ce scandale politico-judiciaire autour de l'affaire Saïda Neghza risque d'aboutir à des injustices fracassantes. Explications.
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