Live d'Algérie Part avec Abdou Semmar : Un nouveau document du FMI (le modèle AMPM) lève pour la première fois le voile sur ce qui était jusqu'ici une "boîte noire". Ce qu'on appelle la « formule secrète » du dinar algéreien n'est pas un chiffre fixe, mais une règle de réaction mathématique que la Banque d'Algérie (BA) suit pour décider si elle doit augmenter ou baisser la valeur du dinar. Voici les détails de cette mécanique, décomposée en trois piliers : 1. La correction du "Désalignement" (Le point d'équilibre). C'est le cœur de la formule. Le FMI explique que la Banque d'Algérie calcule en permanence ce qu'on appelle le Taux de Change Réel Effectif (TCRE) d'équilibre. Le principe : Si le dinar est trop "fort" par rapport à la réalité de l'économie (productivité, prix du pétrole), il est dit "surévalué". L'action : La formule force alors une dépréciation progressive du dinar pour qu'il revienne vers son niveau d'équilibre. Cela permet d'éviter une crise brutale des réserves de change. Le document révèle que la Banque d'Algérie déteste les chocs brusques. Contrairement aux monnaies de marché qui peuvent perdre 5 % en une journée, la formule algérienne intègre un coefficient de lissage. La règle : Même si le pétrole chute de 20 % d'un coup, la formule ne fera baisser le dinar que très lentement, jour après jour. L'objectif : Donner de la visibilité aux importateurs et éviter la panique. C'est ce que le FMI appelle l'ancrage rampant (crawl-like arrangement) : on bouge, mais à petits pas calculés. Le "Canal de l'Inflation" (L'outil politique) de la Banque d'Algérie est sans doute la révélation la plus intéressante du rapport du FMI car la Banque d'Algérie utilise le dinar comme une arme contre la vie chère. Le document indique que la Banque d'Algérie surveille l'écart entre l'inflation réelle et une cible de 4 %. Si l'inflation dépasse largement 4 % (comme on l'a vu récemment avec la hausse des prix alimentaires mondiaux), la Banque d'Algérie peut décider d'apprécier le dinar (augmenter sa valeur officielle). Pourquoi ? Parce qu'un dinar plus fort rend les produits importés (blé, lait, machines) moins chers en dinars sur le marché local. C'est ce qu'on appelle la "désinflation importée". Le rapport du FMI est très clair : puisque la Banque d'Algérie détient le monopole quasi total des devises (via Sonatrach), elle n'a pas besoin d'écouter le marché. Elle remplace la "main invisible" du marché par une équation mathématique qui arbitre entre trois priorités : . Protéger les réserves de change (en dévaluant si le pétrole baisse). Protéger le budget de l'État (en augmentant les recettes fiscales pétrolières via le taux de change). Le problème souligné par le rapport : Cette formule ne s'applique qu'au circuit officiel. Comme elle ignore les forces de l'offre et de la demande réelles des citoyens, elle entre souvent en conflit avec le marché parallèle (le Square), ce qui crée l'écart de prix que tout le monde observe en Algérie. Explications.
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