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le podcast de médecine préventive,
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la rétro 2025. Retour sur les moments forts de l'année autour d'un thème fondamental, l'alimentation. Perte de poids, équilibre alimentaire et prévention du diabète, explosion des allergies alimentaires chez les enfants, trois regards, trois notions clés pour mieux nourrir notre santé. On commence avec une idée simple. Mais souvent oublié, notre corps ne se transforme pas à coup de régime express. Retour sur notre balance énergétique avec sa rallongée.
- Speaker #1
Votre métabolisme énergétique se fait sur 15 jours. Il faut comprendre un truc, vous pouvez être en repas de fête, Noël, jour de l'an, enchaîner les grandes tablées et vous faire plaisir. Ce n'est pas un problème si vous compensez à côté. C'est-à-dire que comme le métabolisme se fait sur 15 jours, vous avez le droit de manger des plats en sauce. et puis des desserts gargantuesques, mais ensuite de compenser, c'est-à-dire de faire attention sur les jours d'après en mettant des choses plutôt légères, légumes, salades, fruits, justement pour compenser ce métabolisme. Vu que la balance doit se calculer sur 15 jours, ça va en fait. Moi, une question que je pose en général pour faire prendre conscience aux gens de comment tout ça va se dérouler, depuis quand vous êtes en surpoids, depuis quand vous avez pris du poids ? C'est rare qu'il y ait une prise de poids qui date d'il y a 6 mois, 1 an. en général, les gens te disent C'est ça. Souvent, ça peut arriver qu'il y ait un surpoids qui soit là installé depuis plusieurs années ou 5 ans ou 10 ans. Et ensuite, je demande aux gens, combien de temps vous vous donnez pour perdre ce poids ? Parce que vous ne pouvez pas demander de perdre du poids en 6 mois alors que le surpoids est installé depuis 10 ans. C'est inenvisageable physiologiquement. Alors oui, je dis aux gens, vous pourrez perdre du poids rapidement. On peut faire un régime hyperprotéiné, on peut faire un régime cétogène, on peut faire un régime restrictif qui va être extrêmement violent. Mais les études montrent que si vous perdez rapidement, vous reprendrez du poids par la suite, mais beaucoup plus que le poids que vous aviez avant. Donc on ne conseille pas du tout ça. En tout cas, moi, ce n'est pas la manière de penser. Parce qu'en fait, il y a plein d'écoles dans la réflexion de la perte de poids, des diététiciennes, des nutritionnistes, des médecins qui travaillent de manière différente. Mais en fait, il faut regarder ce qui fonctionne. Et quand on regarde ce qui fonctionne, c'est l'approche globale où on regarde beaucoup de choses. c'est-à-dire qu'on ne va pas s'intéresser qu'à l'assiette. Moi, hier, je vois une dame en consultation qui a son surpoids depuis plus de dix ans, qui a déjà vu trois diététiciennes, trois nutritionnistes. Qu'est-ce que je lui ai dit en début de consultation ? Elle pourrait témoigner. Je lui ai dit, on ne va pas parler du contenu de l'assiette pendant une heure ensemble. Elle m'a dit, OK. Et donc, on a fait une approche qui est vraiment globale et qui est aussi tournée sur plein d'aspects de sa vie personnelle pour qu'on comprenne. d'où vient ce poids et comment on va travailler dessus. Et donc il y a une approche qui est comportementale et qui est essentielle, c'est quel rapport on a avec son assiette plutôt que qu'est-ce qu'il y a dans l'assiette. Et la balance, je n'aime pas trop parce qu'en fait vous allez juste avoir un poids. Il faut comprendre que sur ce poids, vous avez de l'eau, E-A-U, vous avez vos os, O-S, vous avez une masse musculaire, ce sont les muscles, et vous avez la masse graisseuse, c'est le gras. Il faut comprendre qu'on n'a pas tous la même composition corporelle. pour elle. Et je vous invite plutôt à avoir une balance, pourquoi pas connectée ou en tout cas qui fasse la différence entre la masse musculaire et la masse graisseuse. Je donne deux exemples très simples. Je suis des gens en consultation, des gens qui veulent perdre du poids. Qu'est-ce qui se passe ? Ils reviennent me voir en consultation. Docteur, ça va passer la cata, je sais que vous allez me gronder. Alors déjà, non, il ne faut pas gronder. Jamais, on va gronder, vous n'êtes pas des enfants. Vous êtes responsable. Vous avez un poids qui va augmenter et vous êtes déçu. Je dis pas de problème, on va regarder sur l'impédance métrie on voit ce que ça donne, je leur dis bah regardez en fait très bonne nouvelle, vous avez pris du poids mais en fait vous avez pris du muscle et vous avez perdu du gras et je leur dis comment vous êtes dans votre pantalon, il faut toujours avoir un pantalon de référence un truc qui ne se distend pas bien sûr je dis bah je suis mieux, bah ok c'est qu'en fait vous avez transformé, vous avez pris plus de muscle et vous êtes mieux dans votre pantalon et vous avez perdu de la graisse donc vous avez pris du poids mais ça me va, c'est bon alors que effectivement vous pouvez aussi à l'inverse Merci. perdre du poids. Hier, la patiente qui perd du poids et... Et en fait, ça ne va pas pour le coup. Je dis mince, non, ça ne va pas parce qu'en fait, vous avez fondu en muscles. Vous avez perdu beaucoup trop de kilos en muscles parce qu'elle n'avait plus fait de sport. Elle n'avait pas mangé assez de protéines et par contre, elle avait pris du gras. Et là, c'est à l'inverse, c'est là où ça ne va pas. 100 kilos avec un altérophile, il n'y a que du muscle, très peu de gras, il est en très bonne santé. 100 kilos, une personne qui est en surpoids, il y a trop de gras, il n'y a pas assez de muscles.
- Speaker #0
Deuxième éclairage avec le docteur Charlotte Jacoret. endocrinologue. Et dans un épisode récent sur le diabète, elle nous parlait aux côtés de Sarah d'un outil puissant, le rééquilibrage alimentaire.
- Speaker #1
Les consignes qu'on donne là, les outils qu'on veut vous donner sont des outils qui peuvent servir pour tous. Quand on parle de rééquilibrage alimentaire parce qu'on déteste, Charlotte, tu confirmais bien qu'on déteste le mot régime.
- Speaker #2
Ah oui, on ne parle pas de régime.
- Speaker #1
On ne parle plus de régime parce que le régime, dans nos esprits, c'est une restriction et à partir du moment où on est dans une thématique de restriction, on sait que c'est ultra culpabilisant pour qui que ce soit de devoir se restreindre tout le temps en permanence et qu'en fait les résultats sont pas forcément fantastiques dans l'état d'esprit des gens, de mes patients c'est, allez, le moins l'idée reçue c'est le moins je mange, le plus je vais maigrir alors qu'en fait c'est complètement faux et on trouve même des gens qui sont dans la restriction en permanence qui prennent du poids.
- Speaker #2
Tout à fait, en fait globalement ce qu'on préconise c'est la nourriture de monsieur et madame tout le monde, donc que Alors c'est vrai que dans nos sociétés ça peut paraître un peu étrange, mais néanmoins l'important c'est le plaisir, c'est prendre le temps, cuisiner le plus possible soi-même pour éviter d'avoir une alimentation trop industrialisée, riche en sel, enrichie en sucre, enrichie en plein de choses, et puis de ne pas être dans la culpabilité, d'essayer vraiment de se faire... plaisir et on peut se faire plaisir en ayant une alimentation équilibrée avec de temps en temps des choses qui ne sont peut-être pas extraordinairement diététiques mais qui font plaisir.
- Speaker #1
Dans un rééquilibrage alimentaire en effet on garde cette notion de plaisir qui doit arriver une à deux fois dans la semaine où on peut prendre un gâteau, on peut aller au restaurant, on peut prendre un ou deux verres d'alcool bien sûr. L'idée ce n'est pas de tout s'interdire. Par contre merci de le dire, tu parles de prendre le temps. Et je pense que ça c'est le meilleur conseil qu'on puisse donner à tout le monde, le sujet de la mastication. La mastication elle est complètement oubliée à l'heure actuelle parce qu'on a tendance tous à être stressé, à manger vite et on ne broie plus les aliments. Alors qu'en fait dans notre tube digestif qui commence à la bouche, qui finit à l'anus, le seul endroit où on peut avoir une action volontaire sont les dents. Et quand on pense à mâcher, on envoie un signal au cerveau qu'il va falloir commencer à digérer, qu'on va envoyer des enzymes de digestion. au niveau salivaire, au niveau de l'estomac mettre un bon péage, au niveau de l'intestin. Et si on squeeze cette étape de la mastication, si on n'y pense pas, la digestion ne se fait pas bien et puis on a une sensation de satiété qui va arriver très tardivement. Alors qu'en fait, si vous pensez à bien mâcher à chaque repas, sans travailler en même temps, vraiment être en conscience avec son alimentation, on parle beaucoup de ça, l'alimentation en pleine conscience, Vous allez voir que déjà, vous allez perdre facilement des kilos en mettant en place cette mécanique-là. Et ça sera bon aussi pour vos muscles massétaires et votre bouche, et avoir moins de problématiques dentaires quand vous allez vieillir. Et donc, il faut mastiquer pour pouvoir bien intégrer les aliments, pour vous reconnecter à votre corps, pour bien récupérer cette sensation de faim et cette sensation de satiété. Plus je vais mastiquer, Plus je vais savoir quand est-ce que j'ai assez mangé et que je dois m'arrêter de manger. Je pense que ça, c'est un sujet prioritaire, essentiel, puisque ça ne suffit pas de regarder ce qu'il va y avoir dans votre assiette, mais de quelle manière vous allez manger. L'autre chose que tu soulevais, c'était l'industrialisation des produits. Tout ce qu'on va acheter en supermarché, les gâteaux ou les repas préfets, les conserves parfois qui sont trop salées, tous ces aliments-là vont être bien sûr faits au goût de l'industrie. agroalimentaire, c'est-à-dire beaucoup de sucre et beaucoup de graisse, parce que le sucre et le gras c'est bon, et l'objectif c'est de vendre. Donc tout ce qui va être proposé en supermarché en général, c'est pas bon pour notre pancréas, c'est pas bon pour notre potentiel diabétique, donc tu fais bien de dire qu'il vaut mieux cuisiner maison et acheter des produits bruts à cuisiner et à préparer. Et ensuite, finalement, un équilibrage alimentaire, c'est de se dire qu'il y a un petit peu tout dans l'assiette.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Donc... Des légumes au quotidien, des fruits au quotidien, alors pas à l'extrême, on est bien d'accord, parce qu'il y a le sucre du fruit qui reste bien présent. Tu recommandes à tes patients un nombre de fruits max par jour, alors je ne parle pas du diabète de type 1, mais plutôt dans le type 2.
- Speaker #2
Même dans le type 1, il n'y a pas... Le type 1, il mange normalement, mais même dans le type 2, en fait, c'est une alimentation normale. Donc, on conseille trois fruits par jour. C'est juste une question de proportion. Certains fruits sont très sucrés. Alors, revient le raisin, la banane et puis les cerises. Donc, la proportion à prendre, c'est 15 cerises, une petite grappe de raisin, une banane de taille moyenne. Mais sinon, c'est trois fruits par jour avec des équivalences de clémentine égale une orange égale une pomme. une poire égale à un demi-pomelo, c'est égale à une part de... Enfin, il n'y a aucun fruit interdit, au contraire, ça amène des vitamines, ça amène des fibres, et puis les légumes à chaque repas, alors souvent les gens pensent légumes verts, mais non, légumes tout courts, carottes, on peut y aller, comme n'importe quel autre légume, et puis au contraire, ça pèse sous forme crue, cuite, enfin comme on veut, comme ça fait plaisir, voilà. Et puis apporter, donc les vitamines, les fibres, apporter des féculents, alors on dit plutôt ... d'essayer de mélanger des légumes secs, d'essayer de mélanger des féculents parfois semi-complets, parce que complet c'est un peu compliqué des fois à assimiler, mais enfin voilà. Et puis il y a des sources de protéines, et des protéines il y en a des sources végétales, comme les légumes secs, le tofu, etc. Et puis des sources animales, comme la viande, alors il faut préférer, ça ne veut pas dire ne pas. pas à s'interdire, des viandes plutôt blanches, ce qu'on dit habituellement, des parties non grasses du bœuf, etc. Et puis, toujours ajouter une petite touche de laitage ou un morceau de fromage, en essayant de manger ces 30 grammes de fromage sans dépasser cette proportion. Enfin, après, voilà. Et là, on a quasiment un repas équilibré. Et puis, la boisson, favoriser l'eau. Bien sûr, un petit verre de vin quand ça fait plaisir, etc. Et puis voilà, avec ça, c'est vrai pour tous les diamètres. Et c'est vrai en fait pour tout le monde.
- Speaker #0
Enfin, un enjeu de plus en plus préoccupant, l'explosion des allergies alimentaires, surtout chez les enfants. Le docteur Isabelle Bossé, allergologue, en décrit les causes majeures.
- Speaker #3
L'enfant est vraiment la cible de ces allergies alimentaires. Alors pourquoi ? Facteurs environnementaux, bien entendu, pollution. Extérieur, modificateur endocrinien, perturbation du microbiote, de la flore intestinale, consommation d'aliments transformés, modification des aliments transformés, pas que les aliments qui sont déjà préparés par des industriels, mais également les aliments qu'on mange et qu'on prépare nous-mêmes à la maison, qui ont reçu des pesticides, des insecticides, enfin tout ce qu'on... peut imaginer, etc. Donc toute cette évolution de notre mode de vie, de notre mode de consommation alimentaire, c'est un des facteurs principaux de l'augmentation des allergies alimentaires. L'allergène, c'est un élément que... Tout organisme doit tolérer. Pourquoi est-ce que tout le monde ne fait pas de réaction allergique alors que c'est un corps étranger, entre guillemets, quand on mange une crevette, ce n'est pas la même chose que les cellules du corps humain. Donc c'est un élément étranger. A priori, on pourrait se dire, un élément étranger, on le rejette. Le corps le rejette sur la peau, dans les bronches, dans l'estomac, etc. Non, on est fait pour tolérer. On a un système immunitaire qui est... tolérogènes vis-à-vis des aliments. Ce qui fait que normalement, on devrait pouvoir manger de tout sans avoir jamais de problème allergique. Au fur et à mesure du temps, tous ces facteurs environnementaux ont fait que... Moi, je vois des patients qui me disent « J'ai mangé des crevettes toute ma vie. J'ai 43 ans et j'ai fait une réaction allergique en mangeant des crevettes. Pourquoi ? Pourquoi j'en ai mangé jusqu'à 43 ans ? Et pourquoi aujourd'hui, j'ai fait cette allergie aussi grave ? »
- Speaker #1
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #3
Tout simplement parce que notre environnement digestif a changé sous l'influence de tous ces éléments extérieurs dont je viens de parler. Et le patient est devenu sensible. Son système immunitaire a changé de façon de fonctionner. Et le patient est devenu allergique aux protéines constitutives de la crevette, par exemple, et a déclenché une allergie alimentaire. Évidemment, pourquoi plus chez les enfants ? Parce que c'est dans l'enfance qu'on introduit les aliments. Donc forcément, quand on introduit des aliments, on a plus de risques que quand on en a mangé depuis très très longtemps. Et les gens qui ont au-delà de 40 ans, il y a 40 ans, comme je le disais, il n'y avait pas d'allergie alimentaire, ça n'existait pas. Alors il y a un autre élément aussi, c'est la mondialisation et la consommation d'aliments qui ne poussent pas, qui ne sont pas produits dans nos... contrées, dans nos contrées occidentales, locales, qui ne sont ni tropicales, ni etc. Et en fait, ces importations d'aliments auxquels notre système immunitaire n'est pas du tout habitué, on n'est pas fait pour manger des cacahuètes comme les gens qui vivent dans des pays où on mange de la cacahuète dès la toute petite enfance.
- Speaker #1
Parce que ça, moi, j'avais lu une étude qui était très pertinente concernant le microbiote. qui disait qu'en fait, pour favoriser un microbiote de qualité, il valait mieux manger local, de manière répétée, les légumes, les fruits qu'on a localement. Alors que si justement, on va aller manger américain, manger chinois derrière, manger de la nourriture de plein de pays différents, on déglinguait un petit peu le microbiote et donc tu confirmes qu'on peut déglinguer le système immunitaire aussi.
- Speaker #3
Complètement. Sachant que le microbiote, alors les études sur le microbiote ont maintenant commencé à avoir quelques années. Mais on est loin, loin, loin d'avoir compris la totalité de l'impact du microbiote digestif, cutané, respiratoire, etc. sur plein de pathologies, pas que l'allergie. Mais effectivement, de consommer des aliments pour lesquels on n'est pas fait, entre guillemets, c'est un facteur aggravant de façon absolument... évidentes. On se nourrit trois fois par jour, c'est ce qui nous permet de vivre, on s'hydrate, on consomme des protéines, des glucides, des lipides, etc. Et sans ça, on ne peut pas vivre. Si on n'absorbe pas les bons éléments, on va avoir des carences, etc. On provoque de l'inflammation.
- Speaker #1
Et c'est pour ça qu'en prévention, en fait, on peut le dire tout de suite sur le plan de l'alimentation, il vaudra toujours mieux manger des produits bruts, cuisiner au domicile, de préférence bio, en tout cas avec moins de pesticides possibles. plutôt que d'acheter des produits en supermarché qui sont déjà préparés, avec tout ce que l'agroalimentaire sait bien faire pour que ça soit très bon au niveau du goût, avec beaucoup de sucre, avec beaucoup de sel, avec des produits modifiés, avec des exhausteurs de goût et beaucoup d'additifs qui ne sont pas bons pour le microbiote.
- Speaker #0
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