- Speaker #0
Advitam, le podcast de médecine préventive.
- Speaker #1
Environ 70% des maladies sont dévitables. La médecine préventive, c'est une approche globale de la santé. Elle permet de cibler les facteurs de risque et ainsi de pouvoir limiter ou retarder l'apparition de pathologies. Dans ce podcast, avec l'expertise d'intervenants de qualité, nous décryptons sans tabou les données de la science auxquelles nous confrontons différents points de vue. Nous expliquons, avec bienveillance et empathie, Quels sont les éléments pour devenir acteur de votre santé de manière positive, quel que soit votre âge ? Je suis le docteur Sarah Longer, médecin généraliste et gériatre depuis plus de 15 ans. Bienvenue dans Advitam, le podcast de médecine préventive. Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver sur le podcast Advitam de prévention en santé, de comment améliorer votre santé et aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir le docteur Anne-Laure Capitaine. qui est ORL, qui a un parcours fort intéressant sur les problématiques liées à l'oreille, mais pas que. Bonjour Anne-Laure.
- Speaker #0
Bonjour et merci pour l'invitation.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux te présenter sur cette émission s'il te plaît, les gens ne te connaissent pas ?
- Speaker #0
J'étais ORL généraliste jusqu'à quelques années et j'ai décidé de m'installer pour pouvoir développer plus précisément l'étude et les diagnostics et les Le traitement des problèmes propres à l'oreille, donc tout ce qui est vertige, mais aussi problèmes auditifs, acouphènes. C'est pour ça qu'aujourd'hui, on va discuter plus particulièrement des problèmes de l'audition et comment on peut gérer autour de ça.
- Speaker #1
Alors oui, merci, parce que les problèmes de l'audition, c'est un problème qui est lié au vieillissement de la population, au fait qu'il y a des expositions sonores élevées. Maintenant, on fait de plus en plus attention à ça. Mais il y a un réel sujet pour moi en termes de santé publique, de prévention, c'est le fait que plus j'ai des troubles auditifs, que je laisse traîner, que je n'appareille pas quand je commence à avancer en âge, plus je vais m'isoler socialement, et ça c'est un enjeu principal. J'ai des amis autour de moi qui ont la cinquantaine, qui ne s'appareillent pas parce qu'ils ne le veulent pas, parce qu'ils ont peur du regard des autres, et qui s'isolent socialement, ils ne le voient pas. Mais clairement, ils ne participent plus aux discussions, ils n'interagissent plus. Et ça, c'est dangereux. Pourquoi ? Parce qu'on sait, en gériatrie, donc avec le vieillissement, on sait que plus on s'isole socialement, plus on va développer des troubles cognitifs, c'est-à-dire des troubles de la mémoire. Et ça, tout ça, on peut agir en prévention, puisque plus je m'appareillerai tôt, plus j'éviterai tout ça. Mais aussi, plus j'épargne mon oreille, moins j'aurai de problématiques auditives. Et donc... Moi ce que j'aimerais aujourd'hui Anne-Laure, si tu peux nous éclairer, c'est qu'en fait on comprenne au fur et à mesure des âges, qu'est-ce qui va se jouer au sein de l'oreille, aussi bien à l'enfance qu'à l'âge adulte, et ensuite sur les âges où on avance en âge et on va vieillir progressivement. Parce que si on reprend un petit peu l'histoire de l'oreille, on est en enfance et là, il peut y avoir des otites répétées, il peut y avoir plein de choses qui vont agresser l'oreille, mais pas que, il peut y avoir des bruits sonores. Très élevé. Comment ça se passe au niveau de la construction de l'oreille chez l'enfant ? Et pourquoi il faut faire attention d'une part aux infections type otite ? Pourquoi c'est important d'y prêter attention et d'aller voir le médecin ? Et pourquoi maintenant on voit de plus en plus des enfants qui, heureusement, ont des casques pour protéger les oreilles quand ils vont à des concerts ?
- Speaker #0
Oui, alors tout à fait. Donc pour revenir à ce que tu disais au départ, il y a des études qui maintenant ont prouvé statistiquement que des troubles auditifs. chez les personnes âgées, donc l'isolement social, était vraiment en relation directe avec l'apparition de troubles neurodégénératifs.
- Speaker #1
Neurodégénératifs, Alzheimer, autres problématiques de mémoire.
- Speaker #0
Exactement, donc c'est vraiment hyper intéressant de pouvoir se protéger de ça parce qu'il y a un impact social, médical direct. Alors au niveau de l'oreille, au cours de l'enfance, c'est comme beaucoup d'organes. l'oreille est un peu plus fragile, elle est en cours de construction, il y a des toutes petites cellules, je ne vais pas entrer dans les détails spécifiques, mais il faut imaginer un organe vraiment petit, délicat, avec des cellules qui sont faites pour fonctionner à un niveau sonore normal, et quand elles sont trop sollicitées, ces petites cellules, ces petites membranes peuvent se dégrader avec le temps et devenir moins performantes. et Il y a une forme d'inertie qui fait qu'on peut avoir un traumatisme à un moment donné de sa vie, traumatisme sonore. et en percevoir les conséquences plusieurs années après. Pour plusieurs raisons, mais aussi parce qu'avec les ans, naturellement, on entend un peu moins bien. C'est le vieillissement normal de l'organe. Mais si on rajoute à cela une fragilité qui s'est développée pendant l'enfance, ça va aggraver un trouble qui apparaîtra à l'âge adulte. Un petit peu en parallèle de ça, il y a quelque chose qui est très important et qui nous a énormément aidé les ORL, c'est le dépistage scolaire. Pour tester plusieurs organes... dont l'audition. Et grâce à ce dépistage, ça a amené les parents à consulter un ORL, puisqu'on avait dépisté un trouble de l'audition qu'on n'arrivait pas à identifier. En fait, c'est des enfants qui étaient en difficulté scolaire. On appelait ça des troubles de l'attention. En fait, on donnait d'autres diagnostics, alors que tout simplement, les pauvres entendaient mal. Parce que soit ils avaient une maladie spécifique de l'oreille, soit ils avaient des otites. Mais on peut avoir des otites qui ne sont pas du tout douloureuses. Donc en fait, l'enfant, lui, n'a pas de plainte. C'est un enfant, donc il n'a pas de moyens de comparaison. Et en fait, si on ne va pas chercher ça, on ne va pas réussir à le soigner.
- Speaker #1
Tu soulèves quelque chose dont on a parlé dans le podcast avec la pédiatre qu'on a reçue sur Advitam, qui s'appelle le docteur Aude Hilfiger, et qui parle que... des TDA, TDAH, les troubles de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité et elle le disait très bien. Il faut aller déjà comprendre pourquoi comme tu le dis, il y a une inattention. S'il y a une inattention, c'est pas que du TDAH, ça peut aussi être, comme tu le dis vraiment bien, un trouble de l'audition. Si je n'entends pas, si je ne vois pas ou un des sens qui est perturbé, je ne peux pas être attentif. Si je ne dors pas, je ne peux pas être attentif.
- Speaker #0
Tout à fait. Et l'enfant ? c'est un enfant, donc il n'a pas de modèle comparatif, il ne peut pas forcément exprimer ses troubles de manière évidente. Donc si on ne l'aide pas, si on ne va pas le chercher, on peut en rester là des années jusqu'à l'âge adulte.
- Speaker #1
D'où l'importance des dépistages scolaires qui sont mis en place et du rôle des enseignants, bien sûr, qui est prépondérant, qui voient les choses, qui voient s'il peut y avoir un déficit ou un trouble.
- Speaker #0
Tout à fait, parce que l'intérêt de ce dépistage, c'est que justement, la plupart des troubles sont tout à fait soit réparables, soit améliorables. Donc, il y a vraiment un intérêt de santé publique qui est évident, majeur et hyper intéressant.
- Speaker #1
Comme on parle des enfants, mais du dépistage aussi. Finalement aussi, j'ai une question à te poser en tant que parent. Quand on a un enfant qui fait des otites à répétition, on l'emmène régulièrement voir le médecin, les antibiotiques, on l'emmène voir l'ORL. mais... Est-ce qu'on doit s'inquiéter pour son audition future quand il y a eu des otites de manière répétée ?
- Speaker #0
Non. En fait, une otite bien soignée, même si elle est très répétée, elle doit pouvoir permettre de récupérer une audition tout à fait normale. Pour qu'une otite à répétition engendre des problèmes auditifs, il faudrait vraiment que ce soit un épisode vraiment catastrophique, avec une atteinte de l'oreille interne, ce qui est extrêmement rare, et ce qui souvent se soigne très bien. Ou alors qu'il y ait une dégradation de l'oreille moyenne par des otites à répétition qui dégradent les osselets. Mais ça, pareil, ça peut se réparer. Donc, à partir du moment où il y a un suivi régulier par le généraliste, par l'ORL, des otites à répétition bien soignées ne vont pas entraîner de troubles auditifs particuliers. Et si c'est le cas, en fait, on va... de toute façon tester l'audition pour savoir quelle est vraiment la performance auditive de chaque personne que ce soit un enfant, que ce soit un adulte peu importe et en fait ce test nous permet objectivement de savoir où en sont les performances et de savoir s'il y a des examens complémentaires à faire afin d'entrer un peu plus dans les détails.
- Speaker #1
Après aussi on a des patients qui ont eu des perforations tympaniques, le tympan qui est percé, c'est pour ça que nous on regarde toujours en médecine générale et toi aussi avec l'autoscope. L'autoscope, on rentre ce petit embout avec de la lumière dans l'oreille. Lui, il nous permet d'aller regarder cette petite membrane du tympan qui est très jolie, qui est nacrée. Des fois, on voit quelques cicatrices d'otite, mais c'est toujours important de bien regarder. C'est pour ça qu'on ne met jamais de gouttes dans une oreille dans laquelle on n'a pas regardé au préalable. Nous, on vérifie que tout va bien et c'est comme ça qu'on fait des diagnostics d'otite ou de perforation tympanique. Un petit mot sur ce sujet-là de la perforation du tympan.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Tu as tout à fait raison. L'examen du tympan, c'est la base. Il faut en effet vérifier l'état du tympan. Cette petite membrane. Voilà, avant toute chose. C'est une membrane qui est très fine. Elle fait un dixième de millimètre. Elle fait un centimètre de diamètre. C'est un organe qui est très important pour la transmission sonore et qui sépare. Hermétiquement, comme tu le disais, l'oreille externe de l'oreille moyenne. Donc normalement, ces deux entités ne sont pas en relation. Il peut y avoir des perforations, des trous dans le tympan, ce n'est pas très grave. Si ce n'est pas gênant, si ça n'entraîne pas plus de gêne que ça, on surveille. Mais il n'y a pas nécessité de réparer en systématique une perforation du tympan.
- Speaker #1
La perforation du tympan, elle peut du coup survenir comment ?
- Speaker #0
Elle peut venir tout simplement par un traumatisme. C'est bien un stylo au fond de l'oreille. Un blast, une baffe, une vague qui arrive avec la force de l'onde de choc. Ça peut venir par des fragilités qui s'installent à force de faire des otites. On peut avoir des rétractions du tympan. C'est-à-dire que la membrane est un petit peu aspirée vers l'intérieur et elle finit... Par se détruire ou se déliter, ça peut faire des perforations. Ou des maladies plus spécifiques qu'on appelle les cholestéatomes, qu'on a heureusement de moins en moins parce qu'on soigne de mieux en mieux les otites.
- Speaker #1
Finalement, pas d'impact spécifique de la perforation tympanique ?
- Speaker #0
Non, c'est à surveiller. Comme tu l'as dit à juste titre, il faut faire très attention parce qu'il y a des produits qui peuvent être toxiques pour l'oreille interne. Donc quand le tympan est fermé, pas d'impact. Quand le tympan est ouvert, il faut faire... Faites attention, on ne peut pas mettre n'importe quel produit, n'importe quel antibiotique dans l'oreille à partir du moment où le tympan est perforé.
- Speaker #1
Tu parlais de tester l'audition. Comment on se fait faire un audiogramme ? Comment on se fait tester l'audition, sachant que ça peut être intéressant à faire ? Pour qui et comment ?
- Speaker #0
Tout à fait. Alors il y a différents types de tests auditifs que l'on peut faire dès la naissance. À tout âge, en fait, on s'adapte. Alors il y a des tests que l'on appelle... subjectif, c'est-à-dire qu'on demande au patient de dire quand il entend un son ou quand il entend un mot. Il y a des tests objectifs où on met des capteurs et puis la personne n'a pas besoin de dire. C'est la machine elle-même qui vérifie comment fonctionne l'organe auditif. Le test le plus fréquent et que l'on fait le plus fréquemment, c'est l'audiogramme où l'on met le patient soit dans une cabine insonorisée, soit dans une pièce insonorisée. on met un casque qui permet de tester chaque oreille de manière indépendante. Dans un premier temps, on envoie des sons purs, donc on envoie des sons très aigus, des sons très graves, des sons moyens. Et on demande à la personne de dire quand elle entend le son, même s'il est très infime, ça permet de tester son niveau, le seuil le plus bas des sons qu'elle peut entendre. Et ensuite, on va tester sa capacité à répéter des mots. Et pareil, les mots, on va envoyer des mots avec des syllabes très différentes, avec des sonorités le plus différentes possibles, et on va chercher les mots les plus bas que la personne arrive à entendre. Ce qui permet de tester le niveau auditif et ce qu'on appelle l'intelligibilité, la capacité à répéter les mots. Et il faut que ces deux tests soient cohérents. Il faut que les niveaux auditifs soient cohérents, ce qui permet après d'analyser différentes choses. La dernière partie du test auditif, c'est ce qu'on appelle le test. tympanogramme. Ça permet de tester l'élasticité de la membrane du tympan. C'est un élément un peu plus spécifique qui est utile, mais qu'on fait régulièrement, mais qui a plus un intérêt dynamique, anatomique, et qui apporte des informations supplémentaires. Mais si on veut tester vraiment l'audition, c'est le test que je t'ai décrit avant, que l'on fait le plus souvent.
- Speaker #1
C'est intéressant parce que même chez la pédiatre, quand on mène ton enfant chez ce spécialiste-là, Elle peut, elle, tester l'audition très facilement. Des fois, elle se met juste à côté du petit et puis elle chuchote des choses. Est-ce que tu vois le jouet là-bas ? Ou elle essaye justement de dire des choses pour voir s'il entend déjà pour faire des diagnostics faciles.
- Speaker #0
Oui, tout à fait, parce qu'un enfant, évidemment, il ne peut pas comprendre le test auditif comme un adulte. Donc c'est pour ça que je disais au début, on peut s'adapter à chaque âge avec des tests très différents. Et chez l'enfant, on peut aussi faire ses tests à base de jeux. Plutôt que de leur faire répéter des mots, on arrive quand même à savoir s'ils ont compris. certaines choses sans qu'ils aient forcément à répéter. Mais ça permet quand même de tester leur intelligibilité. Il y a des équipes qui sont très performantes et ça permet de savoir à quel niveau en est l'enfant et de savoir s'il est... On peut être rassuré sur son audition ou s'il y a des investigations à faire.
- Speaker #1
On teste finalement l'oreille de la même manière que quand on va chez l'ophtalmologiste. On teste le côté visuel justement en mettant des petites lettres, en allant vers les plus grosses lettres. Là c'est pareil, tu commences par des sons qui sont très faibles jusqu'à des sons plus élevés.
- Speaker #0
Et on peut tester aussi, si on rentre un peu plus dans les détails, donc là je parle des sons les plus faibles, mais on peut aussi tester les sons très forts pour savoir quel est le seuil de tolérance. Parce qu'en fait, ça permet après de tester la zone de confort auditif. Parce que la zone de confort, c'est les sons faibles, mais c'est aussi les sons forts.
- Speaker #1
À partir de l'adolescence, c'est vrai qu'on a cette appétence pour la musique ou pour les lieux où il y a beaucoup de monde. Et on va progressivement, à partir de 13, 14, 15 ans jusqu'à tout l'âge adulte, participer à des ambiances festives où il va y avoir du son. Comment est-ce qu'on peut faire ? avec ces sons qui sont élevés. Maintenant, dans les salles de concert, bien sûr, on vérifie les décibels, le son qui est mis au son maximum, tolérable, justement, pour ne pas provoquer de traumatisme. Mais qu'est-ce qu'on dit à nos ados ? Qu'est-ce qu'on dit à nos amis qui écoutent de la musique à fond, qui mettent des casques et qui mettent la musique à fond tout le temps ? Qu'est-ce que l'ORL conseillerait ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Alors, en fait, effectivement, là, maintenant, depuis plusieurs années, on vérifie les niveaux sonores dans... dans les lieux qui accueillent du public, parce qu'on sait qu'il y a une relation directe entre ce qu'on appelle les traumatismes sonores. Donc soit parce qu'on a un son à une certaine intensité pendant très longtemps, soit un son à une intensité extrêmement forte, même si c'est ponctuel. Et on sait que ça peut dégrader les petites cellules que je décrivais au début, les petites cellules, les petites membranes. Et en les dégradant, l'oreille fonctionne de moins en moins bien.
- Speaker #1
Je fais une petite parenthèse. Notamment, il y avait cette étude qui était extrêmement pertinente chez les esquimaux. Les esquimaux qui vivent dans des zones extrêmement calmes et qui vont chasser, pêcher avec un fusil et qui, dans du calme plat, mettent un coup de fusil. C'est un bruit qui va être extrêmement intense mais très bref et qui finalement a des conséquences néfastes sur les oreilles puisqu'ils entendent mal étant donné ces traumatismes sonores. Donc chez eux, ce n'est pas des traumatismes répétés. mais c'est bref, brutal et ça a un impact sur l'audition.
- Speaker #0
Tout à fait. Comme pourrait l'être un traumatisme musculaire ou articulaire, entre une fracture franche ou une fracture de fatigue, finalement il y a une sorte de parallèle qui peut s'instaurer. Donc en fait, il faut vraiment respecter les niveaux sonores et les conseils que je donne, c'est vraiment de ne pas hésiter à écouter du son, de la musique avec des appareils de bonne qualité. Parce que quand on a un son de bonne qualité, on a moins envie de mettre du volume. Ce qui nous donne envie de monter le volume sonore, c'est souvent que l'appareil n'est pas d'une qualité suffisante. D'ailleurs, pour la petite anecdote, j'ai énormément de patients, des personnes âgées mais aussi des personnes plus jeunes, qui viennent me voir parce qu'elles ont l'impression de moins bien entendre. Et leur explication et leur argument, c'est de dire qu'elles n'entendent plus la télé. que quand elles regardent la télé, elles sont obligées de mettre vraiment plus fort. Et j'émettrais peut-être une petite réserve. Si vous regardez une émission ou un film d'il y a 20 ou 30 ans, vous entendrez beaucoup mieux. Parce que souvent, les films et les émissions actuelles ont une saturation sonore hyper importante, beaucoup d'informations sonores, il faut toujours qu'il y ait de la musique, il faut toujours qu'il y ait quelque chose. Le son n'est pas forcément bien enregistré. soit parce qu'il n'est pas enregistré alors là je ne suis pas du tout spécialiste mais soit parce qu'à la base il n'est pas enregistré de manière suffisamment performante soit parce que le téléviseur ou les enceintes ne le sont pas non plus et du coup ça donne envie de mettre plus fort pour comprendre ce que disent les gens ce que dit l'animateur ce que disent les acteurs alors qu'en fait ça n'est pas un problème de l'oreille c'est vraiment le son qui n'est pas d'une qualité suffisante mais regardez les films d'il y a quelques années et c'est beaucoup plus clair.
- Speaker #1
Intéressant. Et c'est vrai qu'en termes de prévention, par exemple maintenant dans les concerts, on voit beaucoup aussi d'associations d'orthophonistes qui sont là pour faire de la prévention et on les remercie, notamment pour distribuer des bouchons d'oreilles. Est-ce que c'est intéressant lors des concerts, Anne-Laure ?
- Speaker #0
Oui, c'est très important de toute façon de protéger ses oreilles des traumatismes sonores. Alors le mot traumatisme peut paraître peut-être un petit peu fort. Mais c'est quand même un traumatisme. Et même si on va dans un concert pour passer un bon moment, on peut quand même subir un traumatisme. Donc, pour profiter le plus tard, jusqu'au plus tard dans sa vie, de ses concerts et de ses bons moments, il faut protéger ses oreilles.
- Speaker #1
Il y a des solutions meilleures que d'autres en termes de protection ? Parce que moi, je n'y connais rien, mais il y a les bouchons de base peut-être ? Est-ce qu'il y a des casques ? Est-ce qu'il y a des bouchons qui sont plus adaptés ?
- Speaker #0
J'ai envie de donner une réponse de Normand à chacun de trois. trouver la solution qui lui convient le mieux. En fait, il ne faut pas hésiter à tester. Les bouchons que l'on peut trouver dans le commerce peuvent très bien convenir. Du moment qu'ils sont bien utilisés et qu'ils sont mis tout au long du concert, peuvent très bien suffire à certaines personnes. Il y en a pour qui il est plus intéressant de faire des bouchons sur mesure. Là, vous pouvez carrément aller voir un audioprothésiste. Ce sont les personnes qui vendent les appareils auditifs. Elles vont prendre votre empreinte de conduit auditif, de pavillon, enfin d'une partie du pavillon.
- Speaker #1
L'empreinte anatomique.
- Speaker #0
Anatomique, et elles vont vous faire des bouchons qui seront les vôtres, ou qui seront adaptés à la forme de votre oreille.
- Speaker #1
Et puis ça, ça se garde des dizaines d'années.
- Speaker #0
Ah, mais ça se garde des dizaines d'années, et ça permet souvent d'avoir une qualité sonore meilleure, avec une atténuation sonore suffisante. Ce qui donne envie de garder le bouchon tout au long de la circulation sonore. et de ne pas avoir envie de l'enlever et de risquer d'avoir un traumatisme sonore.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
Il peut y avoir aussi des casques qui diminuent l'intensité sonore, etc. Il y a plein de systèmes à chacun de trouver un petit peu ce qui lui convient le mieux.
- Speaker #1
Merci beaucoup, parce que là, on comprend déjà un petit peu comment les choses évoluent au fil de l'âge et au fil de ces, entre guillemets, traumatismes sonores. Donc, on arrive vers 50-60 ans, et là... gros lot effectivement de la patientèle qui consulte en général, qui a des troubles auditifs, qui entend mal, c'est la compagne qui dit qu'il n'entend pas bien ou lui, le patient ou la patiente disent qu'ils entendent moins bien, que ça peut être compliqué mais il y a un refus de s'appareiller. Un refus de s'appareiller parce qu'on a honte, parce qu'on n'a pas envie que nos amis voient les appareils auditifs alors que maintenant, au niveau de l'appareillage, on a alors... Des appareils qui ne se voient pas, quasiment pas. Les appareils sont très discrets et surtout,
- Speaker #0
au début de la perte auditive, on n'a pas besoin d'avoir des appareils très puissants. Donc, on peut se permettre d'avoir des appareils qui ont vraiment une forme et une taille très discrets. Mais c'est quand même toute une pédagogie à apporter au patient pour lui expliquer l'intérêt qu'il a à porter ces appareils. La première étape, déjà, c'est d'objectiver une gêne. Ça, c'est le travail de l'ORL avec l'audioprothésiste. Et moi, ce que j'aime bien expliquer aux patients, c'est que si j'estime qu'une aide peut lui être intéressante, il a le droit d'essayer. Et cet essai ne l'engage à rien. Cet essai, il se fait plusieurs semaines. Il se fait chez lui, dans son environnement, parce qu'il faut qu'il le teste. Parce qu'on a tous des quotidiens différents. Donc, il faut que la personne puisse le tester vraiment dans son quotidien et ça ne l'engage pas.
- Speaker #1
Est-ce que déjà, ça lui améliore la vie ? Et puis aussi, l'investissement financier, il n'est pas anodin quand même. Quand on achète des appareils auditifs, les mutuelles, elles remboursent, mais peut-être pas tout. Alors, c'est toi qui connais. Qu'est-ce que tu peux dire là-dessus ?
- Speaker #0
C'est surtout les audioprothésistes qui vont être plus à même d'expliquer ça aux patients. Mais juste pour en revenir, déjà, l'essai permet aux patients de se convaincre lui-même. Très souvent, ils sont convaincus. Ils voient bien que ça améliore leur quotidien, ce qui leur permet de passer le cap. En ce qui concerne le remboursement, il y a maintenant le reste à charge zéro. Et en fait, ça permet de prendre en charge 100% l'appareillage. Alors ce sont les appareils d'entrée de gamme, ce qui ne veut pas du tout dire bas de gamme. Ce sont les appareils qui étaient mis en vente et que les patients devaient payer il y a trois ans. Donc ce ne sont pas des appareils qui sont... d'une performance basse. Enfin, c'est des appareils déjà très bas.
- Speaker #1
De la même manière qu'on peut avoir des lunettes qui sont prises en charge complètement, avec un reste à charge zéro.
- Speaker #0
Exactement. Donc, la dépense financière n'est plus une excuse pour pouvoir bénéficier d'appareils auditifs. Maintenant, bien sûr, si vous voulez avoir des performances un petit peu plus spécifiques, si vous voulez pouvoir régler l'appareil vous-même, que ce soit lié à une application, il y a plein de choses qui font que du coup. Oui, ils deviennent payantes. Mais pour une amélioration auditive efficace... Vous n'avez à débourser rien du tout.
- Speaker #1
Alors sur l'appareillage auditif, il n'y a que des avantages ou est-ce qu'il peut y avoir une contrainte ? Est-ce que les gens te posent des questions sur un appareillage qui pourrait être trop tôt ? Est-ce que c'est une contrainte de s'appareiller trop tôt dans la vie ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. En fait, il y a des questions qui sont tout à fait justifiées, notamment une qui revient très fréquemment. Les personnes ont peur que leur oreille devienne « fainéante » . Si on l'a pareil. Or, ça n'est pas du tout comme ça que ça fonctionne. L'oreille, c'est un organe qui permet de transmettre le son, donc c'est une onde sonore qui vient de l'extérieur, pour qu'elle soit analysée par le cerveau.
- Speaker #1
C'est mécanique.
- Speaker #0
C'est d'abord mécanique et ensuite neurologique. Cette oreille, avec l'âge, elle se dégrade. C'est normal, c'est comme la vue, c'est comme tout. Mais elle ne devient pas fainéante. C'est simplement qu'elle fonctionne un peu moins efficacement. Mais du coup, le cerveau derrière, lui, reçoit moins d'informations sonores alors que lui, il pourrait rester performant. Le cerveau pourrait toujours analyser très bien tes informations sonores. Et au plus on attend pour redonner de l'information sonore au cerveau, au plus c'est difficile pour lui de s'y remettre. Donc, il ne faut pas hésiter à s'appareiller le plus tôt possible à partir du moment où on en a besoin pour que le cerveau continue à analyser les informations sonores de la manière la plus performante possible, le plus longtemps possible. ça sera plus facile pour lui d'analyser cette information tout au long de la vie.
- Speaker #1
C'est parfait pour conclure, Anne-Laure, puisqu'on retiendra ça. Ça a évité les traumatismes au mieux qu'on peut faire, et puis ça a parié le plus tôt possible pour éviter, comme on le disait en introduction, les troubles cognitifs à venir et les soucis de mémoire qui peuvent être vraiment invalidants pour le patient et pour son entourage. Merci beaucoup, docteur Anne-Laure Capitaine. Taine d'être venue sur le plateau d'Advitam et on aura le plaisir de se retrouver pour une nouvelle émission dédiée aux acouphènes puisqu'un traumatisme sonore peut entraîner des acouphènes. Ce petit sifflement que vous connaissez dans les oreilles, on en parlera plus en détail très bientôt. Anne-Laure, merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour l'invitation et à bientôt pour les acouphènes.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté Advitam, le podcast de médecine préventive. Retrouvez le Dr Sarah Longer sur les réseaux sociaux pour échanger et abonnez-vous sur votre plateforme d'écoute préférée.