Speaker #0Je m'appelle Maureen et je vis ma première grossesse. Et chaque jour, quelque chose change. Mon corps, mes pensées, mes envies, mes émotions, c'est un mélange d'émerveillement, de doute, de force, de douceur. Alors, j'ai eu envie de garder une trace. Pas pour donner des conseils, juste pour partager, sincèrement. Parce qu'en ce moment, je vis à double rythme. J'ai un deuxième cœur en moi. Je respire à deux, je rêve à deux, parfois pas. Et ça me transforme. Bienvenue dans A double cœur, le journal d'un voyage intérieur. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'A double coeur, le podcast d'un parcours de grossesse raconté pas à pas, coeur à coeur. Je suis Maureen et aujourd'hui je t'emmène dans la fin de mon premier trimestre, cette période charnière floue, mes fondatrices où mon corps, ma tête et mon coeur sont encore en train d'apprendre à accueillir. Quand je repense à ce moment-là, je me souviens d'avoir eu l'impression que tout était en train de s'installer doucement. Au début c'était un grain de sable puis un grain de riz, c'est quelque chose qui commençait à prendre un peu plus de place mais pas encore quelque chose de visible en fait. Mon corps il n'avait pas encore suffisamment changé pour que j'en prenne une réelle conscience. C'était un sentiment, quelque chose devenait différent mais c'était avant tout un changement à l'intérieur en fait. Et du coup, à ce moment-là, comme je l'expliquais dans les épisodes précédents, c'est vrai que j'ai pu me sentir assez seule, le fait que je n'ai pas encore pu le dire à grand monde et que je porte beaucoup de questions, beaucoup de doutes, de craintes, de peurs, en même temps de joie, d'excitation, toutes ces émotions qui se sont mélangées. Il y a quelque chose qui m'a, je pense, quand même un peu aidée. C'était les applis de grossesse que j'utilise encore d'ailleurs. Et du coup, je suis chaque semaine, les millimètres gagnés. Ça paraît énorme quand on voit la simulation, alors qu'en fait, c'était tout petit, tout petit. Et au début, c'est une lentille, un pois chiche, une framboise. Et du coup, chaque jour, chaque semaine. ça donne le sentiment d'avancer voilà ça fait quelque chose de presque rassurant pour avoir des repères un truc visuel quoi parce que comme dans mon corps je voyais pas encore grand chose je pense que me rattacher à quelque chose pour pour vraiment y croire sentir que ça avance correctement et tout ça avec mon mari d'ailleurs on a commencé à faire des photos de mon ventre pour pour voir... Un petit peu, on voulait garder une trace, essayer de voir un petit peu l'évolution et tout. Bon, au final, j'ai pas pris grand plaisir à me faire prendre en photo, mais ça permet de voir quand même la petite évolution, qu'on voit pas comme ça, sans comparaison. Et c'était vraiment, voilà, histoire de comparer, de voir si ça... Si ça grossissait. Et en fait, je pense que doucement, ça prend marque, ça prend forme. Mais par contre, physiquement, c'est vrai que cette fin de premier trimestre, elle est difficile. Je ne me sens pas très bien. J'avais beaucoup, beaucoup entendu parler des nausées matinales. Et c'est vrai que moi, c'est plutôt le soir que ça a lieu. Mais en continu dans la journée quand même, un truc qui est un peu diffus dans mon corps. Voilà. Il y a par face vraiment des vraies nausées qui se sont installées. Surtout, franchement, les soirs, je rentre du travail, je dors, je mange à peine. Après, j'ai trouvé des parades, je me suis renseignée. Justement, sur les fameuses applications que j'utilise, j'ai pu voir des petits conseils, des choses comme ça. Et du coup, essayer d'utiliser. Donc j'ai vu notamment le... Jus de gingembre, j'ai la chance d'aimer le gingembre à la base, mais là du coup, je me suis trouvé une nouvelle passion. Pendant ma pause déj, quand je ne suis pas en train de faire 10 minutes de pause dans les toilettes, à dormir, c'est d'aller m'acheter une bouteille de jus de gingembre au magasin bio du coin de la rue pour essayer de faire passer les symptômes. J'ai eu une phase d'obsession pour les smoothies. C'était vraiment le truc qui passait. Le plus, même pour la petite anecdote, aller au resto avec mon mari et lui il prend un plat et moi je prends un smoothie. Tellement que franchement j'étais barbouillée. Voilà, moi je suis quelqu'un qui aime faire du sport, qui aime bouger. Comme je l'avais dit, je m'étais promise d'être assez active pendant cette grossesse. Et en fait, je pense qu'il faut se promettre surtout de faire son mieux et d'être bien. Mais du coup, j'ai lâché prise. Et moi qui en fais d'habitude assez souvent et tout le temps, là mon corps ne suit plus. Et du coup, c'est vraiment quelque chose qui... Voilà, qui... qui est complexe à vivre pour moi en plus en toute honnêteté mon rapport au corps j'ai mis des années à le construire j'ai mis des années à me sentir bien dans ma peau dans mon corps et j'attendais ça de toute façon pour être capable de me lancer aussi dans une aventure de grossesse parce que c'est un bouleversement pour le corps c'est un bouleversement pour voilà pour beaucoup de choses et là je suis pas encore Pendant cette fin de premier trimestre, je ne suis pas encore à une phase où mon corps change énormément, mais quand même, ça peut amener des angoisses. Et c'est vrai que le fait de ne pas faire mon sport, bouger comme habituellement, à la fois nerveusement, moralement, et même par rapport à ce côté un peu anxiogène de la prise de poids que j'arrive quand même plutôt bien à gérer mieux que ce que je pensais, donc je suis quand même contente. Ben voilà, c'est pas forcément évident. Et du coup, je ressens comme un espèce de paradoxe, en fait, où là, à cette phase-là de premier trimestre, je me dis que j'aime pas du tout être enceinte. Et je le dis avec pudeur, mais j'essaye de pas avoir honte de le dire, parce que je pense que je suis pas la seule. Mais tout en sachant que porter la vie, c'est vraiment quelque chose que je vois comme un miracle, un honneur. Voilà, mais... Parfois ce sentiment certains jours d'être trop joyeuse, d'être trop à fond, mais aussi quand même le fait de subir tous ces symptômes-là, cette fatigue, ces nausées et tout, en fait l'impression d'être malade avec beaucoup d'empathie justement pour les personnes qui ont des maladies chroniques et qui vivent avec en fait. Je me dis les gens qui vivent avec une douleur permanente. Le pire qui a dû m'arriver, c'est d'avoir un rhume ou une grippe pendant dix jours. Bon, là, franchement, de traîner pendant presque trois mois, vraiment ce sentiment d'être mal, d'être habité, d'être pas bien, d'être... Ouais, non, franchement, quand on dit « Ouais, la grossesse, c'est pas une maladie et tout » , je suis totalement d'accord sur le principe, quand on le vit bien, quoi. Mais la période où on est malade, ben en fait, on est malade, quoi. Enfin, c'est tout. Et tout ça, c'est pas forcément évident. Mais en même temps, ce qui était super paradoxal, c'est qu'à ce moment-là, du milieu, fin de premier trimestre de grossesse, je pense qu'au fond de moi, j'étais un peu rassurée d'être mal en fait. Parce que je me disais, s'il se passe tout ça, c'est qu'il se passe quelque chose. Parce que c'est long entre les échos, franchement. parce que j'ai la chance de ne pas avoir de facteurs inquiétants pour cette grossesse et donc je n'ai pas besoin de faire de contrôle plus que ça. Mais du coup, je trouve ça long, je trouve ça abstrait. Je me rassure comme je peux dans l'appli à voir ce qui se passe pour les autres et tout. Mais au final, ce n'est pas super rassurant parce que je vois plein de personnes qui ont aussi des problèmes. Donc des fois, je la coupe pendant plusieurs jours. enfin voilà et en fait Et en fait, j'ai eu un moment dans cette fin de troisième trimestre où j'ai eu une semaine où j'avais plus de nausées. J'avais plus rien. Je peux pas dire que je n'ai pas fatigué, mais voilà, mes symptômes, d'un coup, en me disant « Ah, ça y est. Bon, en même temps, tout le monde m'avait dit « Tu verras, la fin du premier trimestre, ça va aller mieux, machin. » Mais en fait, j'ai eu une semaine de répit, on va dire, qui aurait pu marquer d'ailleurs la fin des nausées, mais... Je crois qu'en fait j'ai paniqué à ce moment-là, parce que mon corps, c'est comme s'il ne me disait plus au quotidien, bon bah c'est bon, t'es enceinte, ouais, bébé il est là, ça se passe bien, tu galères, tu galères, mais c'est bon signe. Un peu le fameux faut souffrir pour être belle, bah dans ma tête, faut souffrir pour être enceinte quoi. Et la prochaine école n'était pas tout de suite et tout, et du coup on avait rendez-vous de sage-femme. classique, mensuelle, pour faire le point. Et elle a son petit appareil pour écouter le chœur et là elle nous dit bon c'est encore tôt c'est encore super tôt mais ma machine n'est pas hyper développée, hyper au top mais si vous voulez on peut essayer d'écouter le chœur. Alors que moi je me dis trop bien ça va me rassurer et tout et en même temps c'était prendre le risque qu'elle n'y arrive pas Et en fait, elle a tenté d'écouter le chœur, elle était trop mal à l'aise parce qu'en fait, elle n'y arrivait pas. On n'a rien entendu ce jour-là. Et en fait, elle m'a dit « mais c'est sûrement trop tôt, c'est ma machine, c'est ci, c'est ça » . Et moi, j'étais déjà partie ailleurs dans ma tête. Je ne sais pas, j'étais un peu anxieuse sur cette phase-là. Enfin, je pense que je me suis dit que je ne devais pas porter de jugement sur moi-même pendant cette grossesse au maximum du maximum, même si ça n'a pas toujours été évident, parce que justement, le fait... pas aimé la grossesse sur cette phase, j'ai beaucoup essayé de me parler à moi-même en me rappelant la gratitude que je porte et tout comme si le bébé pouvait le sentir. J'avais peur de transmettre une mauvaise énergie ou je ne sais pas, ce qui n'était pas du tout ce que je voulais. Et du coup, je me suis dit non, je ne vais pas psychoter, me rendre malade, ce n'est pas bon. Je vais pas devoir attendre la prochaine écho et tout pour me rassurer, ça va. Tant pis, je tente le coup, je prends rendez-vous avec mon ancienne sage-femme, la fameuse qui m'a enlevé le stérilet mais qui fait pas les suivis de grossesse, et qui fait, elle, des échos mais qui ont rien à voir de contrôle, voilà, autre, des échos du coup vaginal. Et en fait, je prends rendez-vous et je lui explique mes angoisses et tout, et lui dire voilà... Je ne peux pas aller faire une grosse écho maintenant parce que je n'ai pas de raison. Mais est-ce que vous pourriez juste me rassurer ? Est-ce que, voilà, entre deux patients, vous pouvez me dire que tout va bien ? Je ne sais pas, je n'ai plus de symptômes. On n'a pas entendu le cœur. Franchement, je psychote un peu. Je pense que tout va bien. Je suis quasiment... Enfin, je suis hyper positive que tout va bien. Mais j'ai besoin de l'entendre, quoi. Elle accepte, adorable. Franchement... Pour la petite parenthèse, les sages-femmes, s'il y en a qui écoutent, vous êtes géniales. Enfin, moi, pour avoir eu beaucoup de mauvaises expériences avec des gynécos, depuis que je suis suivie par des sages-femmes, je trouve que c'est tellement incroyable comme profession. Vous êtes souvent tellement empathiques et gentilles pour toutes celles que j'ai rencontrées. Donc voilà, en tout cas, le peu que j'ai connu dans ma vie, ça me laisse une très bonne image. Parenthèse fermée, donc du coup, elle accepte de me faire ça. Et là, silence et j'entends son petit cœur, un son qui bat si fort, si intense, c'est incroyable. Et elle me dit, voilà, tout va bien, en tout cas, il n'y a rien d'anormal et tout. Et là, je commence enfin à lâcher prise. Je commence à me dire, OK, c'est bon, maintenant, t'arrêtes de psychoter. Il est là, il va bien. C'est juste normal, les symptômes parfois peuvent s'estomper, comme on m'a dit, ok, profites-en. Je commence à en profiter, à me dire que ça y est, ça va aller mieux et tout. Et en fait, ils sont revenus quelques jours après, même plus fort. J'étais épuisée, mais j'ai continué de vivre avec, on va dire, sur cette fin de troisième... trimestre et puis du coup, il y a l'écho, il y a l'annonce, l'annonce à la famille. J'avais vraiment hâte et envie, je n'ai pas attendu d'ailleurs la fin du troisième mois, comme on peut souvent l'entendre, pour ma famille et mes plus proches, je n'ai pas pu attendre l'occasion que c'est présenté avant et puis j'en avais marre. Une fois que j'étais suffisamment rassurée, Je me suis dit... J'ai pas envie de le cacher aux gens à qui je l'aurais dit de toute façon en fait. Après il y a des gens avec qui j'avais envie de le dire en face à face, donc j'attendais que l'occasion se présente, mais j'ai essayé de provoquer au maximum quand c'était possible, pour mes noyaux durs et notamment ma famille. Parce que je sais que de toute façon si quelque chose de grave s'était produit, je leur en aurais parlé, c'est juste qu'au tout départ j'avais besoin de gérer ça moi-même, je sais pas, je pense que... Ce n'était pas le moment, mais là, j'ai senti un moment où c'était le moment. Du coup, réunion de famille avec mes parents, ma sœur, invitée chez nous. Mon frère qui n'a pas pu venir ce jour-là, mais j'ai gardé l'émotion intacte pour lui pour plus tard. Et alors, ce moment-là, il était vraiment fort, franchement très, très fort. Parce que première grossesse, premier petit enfant dans la famille. Et surtout, on avait carrément brouillé les pistes et ça avait vraiment marché, notamment auprès de ma mère. Parce que forcément, quand vous êtes marié un an avant, moi j'étais scrutée en permanence sur mon ventre, et te dire quand est-ce qu'elle tombe enceinte, alors qu'en vrai ça aurait pu ne pas être le cas. C'était pas forcément prévu tout de suite comme ça. Et donc un petit peu de suspicion, de se dire est-ce qu'ils vont se lancer ? Et du coup, nous, c'est vrai qu'on n'était pas forcément tout le temps là-dedans. Déjà, ça s'est fait très vite. Et puis, on parlait beaucoup de nos vies pro. Donc, ça a marché. Ma mère... notamment, s'y attendaient pas du tout. Et du coup, en fait, ce que j'ai fait, c'est que j'ai préparé une vidéo récap de notre mariage que j'ai fait volontairement assez longue, de plus de 10 minutes, entre 10 et 15 minutes, pleine d'émotions, en leur disant « Voilà, vous avez pas vu le film encore du mariage et tout. » Et à la fin de la vidéo, du coup, les vidéos de l'écho. avec un coeur qui bat et la vidéo de l'annonce que j'ai faite à mon mari et là en fait ils en reviennent pas il ya des larmes et tout parce que c'était vraiment beaucoup d'émotions et du coup enfin ça m'a ça m'a beaucoup touché c'est un moment super important super fort parce que c'est un truc que j'imaginais depuis depuis toujours en fait l'annonce à mes proches et voilà ça a beaucoup compté et ça a beaucoup marqué Et j'ai aussi beaucoup de pensées pour ceux qui n'ont pas leurs proches avec eux pour annoncer ce genre de choses-là, ce qui est le cas de mon mari qui a perdu une de ses sœurs. Et voilà, donc j'ai des pensées aussi pour toutes ces personnes, parce que c'était vraiment un moment riche et que j'ai réussi à savourer, donc je suis heureuse de ça, beaucoup de gratitude. Et j'ai compris à ce moment-là, même si je le savais déjà, que ce futur bébé, c'est mon histoire, c'est ma famille qui se crée, c'est tout ça. Mais c'est aussi une dynamique familiale qui va se transformer avec des nouveaux rôles qui vont se créer. Pour moi, pour mes parents, pour mes frères et sœurs, ce petit être va rendre mes parents grands-parents, va rendre mon frère et ma sœur oncles et tantes. Enfin, tata et tonton, c'est un peu plus sympa. et voilà et je pense que c'est un petit clin d'oeil pour tous ceux qui sont déjà passés par là c'est un nouveau rôle et je trouve ça chouette quand les gens sont heureux de ce que ça représente et je sais qu'ils seront super heureux par la suite pour d'autres arrivées mais je pense que voilà ça marque quelque chose, un tournant quoi et voilà après tout ce qui concerne les symptômes que j'ai pu avoir C'est vrai que j'entendais beaucoup, du coup quand j'ai commencé à en parler, quand j'ai commencé à le dire à mes proches, à des amis, ou même à lire un peu autour encore plus, on entend, on commence à avoir les premiers conseils, les premiers avis et tout. Et c'est vrai qu'un truc que j'ai beaucoup entendu c'était « tu verras, au deuxième trimestre ça s'estompe » . Et moi j'avais franchement du mal à le croire parce que j'étais vraiment... Je ne suis encore pas hyper en joie, super mégaunante et tout, fatiguée, un peu perdue et tout. Et puis en plus, au travail, c'est encore secret à ce stade. Et pourtant, je me pose mille questions. Quand est-ce que je vais l'annoncer ? Comment ils vont le prendre ? Est-ce qu'ils vont me mettre de côté comme si j'étais déjà partie ? Je commence à me renseigner sur les réglementations. parce qu'en France, on a quand même la chance qu'il y ait beaucoup de choses qui soient balisées à ce niveau-là, même si je pense qu'il y a encore des marges de progression énormes sur certains thèmes et certains sujets. Mais en tout cas, de me renseigner et tout, et de me rendre compte qu'en fait, je suis assez libre de leur dire quand je veux. Et en plus, comme ça ne se voit pas, je ne suis pas appréciée. Et puis, je ne veux pas que ça impacte mon travail, qu'on me voit différemment. Et en fait, à un moment, je me suis dit aussi, ouais, mais en fait, t'es pas bien. Et du coup, ça peut aider à faire comprendre pourquoi t'es pas bien, si jamais il y en a qui s'en rendent compte. Puis moi, je suis quelqu'un d'assez... J'aime pas faire semblant, en fait, assez entière sur certaines choses. Et du coup, devoir prétendre, ouais, tout va bien, ça va super, alors que j'ai passé une nuit horrible ou que... Ou que je suis juste barbouillée à mort, ou que tu veux me faire manger un truc et que ça ne me donne pas du tout envie, que j'ai envie que de frais, que j'ai envie que de glace au citron, à l'eau, que j'ai envie que de salade de fruits, que juste entendre le bruit du micro-ondes, ça me dégoûte. Voilà, tout ça là, le garder pour moi, c'est bon, je commence à avoir ma dose. Et donc voilà, c'est... Franchement, c'est assez dur de rester performante quand on a l'impression que son corps est juste pour rester debout. Et je pense que ce n'est pas le cas du tout de tout le monde. Mais une petite pensée pour toutes celles qui passent par là ou qui sont passées par là. Parce que franchement, ce n'est pas super cool. Et puis du coup aussi, j'ai commencé à me dire que je suis un peu serrée dans mes jeans. Un petit peu. Voilà. Et j'avais envie de me sentir bien. C'est super important pour moi de me sentir coquette, d'aimer les habits que je mets et je commence à mettre tout le temps la même chose. Donc on a commencé à aller se dire, allez je vais m'acheter une ou deux petites chemises plus amples pour être à l'aise. Au départ j'étais dans l'idée, ben voilà, comme je dois le camoufler encore, je vais mettre plus de amples et tout. Donc voilà, dans cette phase-là, c'est vraiment ça que je commençais à expérimenter. Juste essayer de me sentir bien en fait. Et puis petit à petit, les gens qui sont dans la confidence, ils peuvent remarquer peut-être certaines choses, mais voilà, ça se fait petit pas par petit pas. Puis j'ai eu une semaine de vacances, où je suis allée du coup au Canada, rejoindre mon mari qui était déjà parti une semaine avant, et ma sœur était là-bas aussi, elle ne m'avait pas revue depuis l'annonce, du coup on était à Montréal, donc j'ai pu la voir un petit peu. On a fait un trip aussi avec mon mari à Toronto, ça faisait un moment que je voulais le faire. Et premier réflexe de ma sœur quand elle me voit à Montréal, c'est de me dire « mais ça se voit pas du tout, je suis dégoûtée ! » Enfin dégoûtée, je sais plus si c'est ça qu'elle m'a dit, mais un truc du style en mode « ah mais je pensais que j'allais déjà réaliser, voir vraiment le ventre et tout » . Et c'est fou parce que je lui ai dit le lendemain ... Je crois que tu as vexé mon bébé à l'intérieur parce que mon ventre s'était arrondi d'un coup. Après, ça s'est rebaissé, mais je ne sais pas si j'avais gonflé. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Mais le lendemain, c'était trop rigolo. J'avais un ventre vraiment de femme enceinte. Même mon mari m'a dit, ça y est. Ce qui s'est un peu estompé les jours qui ont suivi. Et puis, j'apprends à gérer avec mes... mes symptômes, avec mes envies et tout, mais l'énergie va et vient. J'apprends à la gérer, à la doser et globalement ça va. Je me repose s'il faut me reposer. Je profite de cette semaine de vacances où je peux vraiment avoir un rythme avec des siestes et tout. Et puis Toronto, c'est chouette. On profite après la malbouffe, pas dingue. Voilà pour l'anecdote, ce n'est pas une ville que j'ai suradorée, mais je suis contente de m'avoir découverte. Et c'est marrant parce que du coup dans les discussions maintenant c'est de se dire est-ce qu'on se projetterait dans un style de ville comme ça ? Et le fait d'être enceinte je me disais mais je pourrais pas mettre mes enfants dans une ville comme ça quoi. Trop de building, pas de nature, trop de problèmes de drogue et tout. Et donc voilà du coup ça a changé la complète expérience que peut-être j'aurais pu avoir quelques années auparavant. Mais bon c'était quand même très très chouette. Et cette semaine, elle nous a fait franchement du bien. On a beaucoup parlé, on rêvait. Et en même temps, je sais que mon mari, pour lui, c'est plus long à réaliser. Heureusement qu'il y a eu l'écho, mais même entre temps, c'est un peu compliqué. C'est vraiment les symptômes qui lui font comprendre. Et encore, je pense que ce n'est pas simple de comprendre cette fatigue-là, tout ça. Alors des fois pour rigoler, quand je suis vraiment fatiguée, et que je suis KO et qu'il me regarde et qu'il se dit « ah ouais » et tout, je lui dis « bah ouais, je suis en train de créer un bras et créer une jambe et tout » . Et du coup on me dit ça en rigolant pour me faire déculpabiliser aussi, parce que moi je suis quelqu'un, j'aime pas trop rester sur un canapé trop longtemps, je tiens pas trop en place, je sais me poser mais voilà, c'est pas forcément évident. Et puis on savait aussi que... Notamment pendant ce voyage, même si à l'été qui arrive, que c'est peut-être aussi des vrais derniers moments à deux de voyage, avant cette bascule en fait, même si je ne fais pas partie de ceux qui disent qu'après on ne peut plus rien faire et tout. Mais il y a une réalité, je pense, c'est que les choses sont juste différentes, parce que c'est une nouvelle page, un nouveau livre qui s'ouvre. Mais du coup, on a essayé aussi de garder des discussions normales, hors grossesse. Je pense qu'il en avait besoin parce que le rythme n'est pas forcément calé pareil. Un drôle d'équilibre qui est un peu étrange, mais qui est précieux. On a fait comme on pouvait et on continue de faire comme on peut. Voilà pour cette fin de premier trimestre entre fatigue, émotion et première grande vibration. Ce cœur qui bat en moi, ce rythme qui m'accompagne maintenant. Même quand je doute, même quand je sens rien. Merci d'avoir écouté cet épisode d'Adouble Coeur. Si tu traverses cette étape toi aussi, sache que chaque ressenti est valide. Même si tu rayonnes pas, même si tu danses pas de joie, tu fais déjà un immense travail. Tu crées un bras, une jambe. Et puis si tu écoutes juste par curiosité ou par... Voilà, par souvenir, merci pour ton écoute précieuse. Et hâte de vous retrouver pour la suite. Hâte de voir ce ventre prendre forme, grossir, la suite des annonces et tout ça. À très bientôt, merci beaucoup.