- Speaker #0
J'ai pas besoin de tant que ça pour vivre au final, peut-être que certains mois ça va être un peu plus compliqué mais je préfère me laisser la liberté d'oser suivre mes rêves quitte à ce que je gagne moins d'argent. Au début j'ai fait beaucoup de petits travaux à côté, des saisons l'été en refuge de haute montagne, beaucoup de babysitting, beaucoup d'extra dans des cafés.
- Speaker #1
Un indien peut arriver en scooter de n'importe où et te poser la question ça va comment tu vas, t'as quel âge, tu viens d'où, t'as un youtube, t'as un...
- Speaker #0
Finalement, je n'ai plus peur. Je n'ai plus peur de l'autre. Je n'ai plus peur de l'avenir. Je n'ai plus peur de...
- Speaker #1
Cet épisode est réalisé en collaboration avec Aliber Tricking. Aliber, c'est une agence de voyage spécialiste de l'aventure pour tous. Il suffit parfois d'un déclic pour oser sortir, faire ce premier pas et vivre quelque chose de plus intense, de plus vrai. Aliber est là pour ça, vous accompagner, vous inspirer, vous ouvrir la voie. Pas pour cocher des destinations. mais pour vivre des expériences qui comptent vraiment. Alors peut-être que l'aventure qui changera tout, elle commence ici. Salut.
- Speaker #0
Salut.
- Speaker #1
Comment vas-tu ?
- Speaker #0
Très bien, très bien, je suis en forme.
- Speaker #1
En forme ?
- Speaker #0
Oui, et toi ?
- Speaker #1
Ça va, ça va. J'ai toujours de la difficulté à être dans cette capitale que je trouve très intense pour moi, mes émotions, mais...
- Speaker #0
Tu restes combien de jours quand tu viens ?
- Speaker #1
Je reste entre 48 heures et 20 jours, des fois.
- Speaker #0
20 jours ?
- Speaker #1
Mais ici, c'est un peu mon refuge, ouais. Ici, c'est un peu le moment où je peux parler avec des gens, où je peux me dire, j'ai une heure cool, mais... C'est drôle de te voir ici, ça fait...
- Speaker #0
Cinq ans.
- Speaker #1
Cinq ans ?
- Speaker #0
Ouais, je pense. Ou peut-être six, parce que t'étais vraiment dans les premiers invités de Nouvelle Allée. Je me demande si t'étais pas dans les dix premiers.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Si c'est le cas, ça fait vraiment six ans.
- Speaker #1
Donc t'avais un podcast ?
- Speaker #0
Je l'ai toujours.
- Speaker #1
Et tu l'as... C'est ça qui t'a lancé ou qui t'a donné envie déjà de rencontrer les gens ou tu avais déjà cette envie profonde de découvrir toi-même, les gens, les autres ?
- Speaker #0
C'est parce que j'avais cette envie-là que j'ai lancé. Je me posais plein de questions existentielles sur le sens de la vie.
- Speaker #1
Tu as lancé à 20 piges ?
- Speaker #0
Un peu plus quand même. 21 ans. J'avais quoi ? 21 ou 22 ? C'était en 2019.
- Speaker #1
Ce n'est pas trop près, quoi.
- Speaker #0
D'accord. J'étais... Non, mais ouais, je me posais trop de questions, en fait. Sur le sens de tout ça, pourquoi aller à l'école, pourquoi la réussite, et en fait c'est quoi la réussite, et puis c'est quoi le bonheur, et puis est-ce qu'on a besoin d'autant de relations dans une vie, et puis est-ce que vraiment le matérialisme me rend heureux, et puis je me sentais seule en fait, face à toutes ces questions-là. Précisément à un âge où on te dicte un peu le chemin à suivre, et où toi tu te connais pas personnellement, t'as pas forcément confiance en toi, et du coup t'es un peu, bah t'es paumée quoi. Donc je me suis dit, allez, je vais aller rencontrer des gens qui... aujourd'hui m'inspirent et qui ont une manière de vivre leur vie et d'habiter le monde qui rend l'âge adulte enviable. C'était vraiment mon intention et je n'ai jamais arrêté.
- Speaker #1
Tout en étant super équilibrée, parce que tu avais une famille, des amis, une vie normale. Tu étais étudiante, tu étais encore étudiante.
- Speaker #0
À ce moment-là, j'étais en troisième année d'école de commerce. Non, première année de master même. Donc, ça faisait déjà trois ans que j'étudiais.
- Speaker #1
Donc, tu avais à peu près un état d'esprit, un mental à peu près normal. Ce n'est pas parce que tu avais des problèmes psychos. Pas du tout.
- Speaker #0
Non, non, c'est juste que oui, sur le papier, tout allait bien, tout roulait. J'étais très bonne élève, majeure de promo. Le directeur de mon école avait même déjà trouvé mon job d'après master. Donc, tout était sur les rails. Mais c'est justement parce que tout était trop lisse que j'ai comme une petite voix qui s'est réveillée en me disant, attends, en fait tout le monde Peut-être que tu vas te retourner dans 50 ans si tu continues comme ça, en te disant, ils sont passés où mes rêves ? Et c'est comme si j'avais eu un pré-burnout, une pré-crise de sens. Mais du coup, c'était assez inconfortable parce que tu te sens très seule à ce moment-là, quand tout le monde ne remet pas forcément en cause l'ordre établi. Et que toi, tu rebats toutes les cartes, mais que tu ne sais pas forcément vers où tu avances et pourquoi tu avances. C'est assez vertigineux, ce n'était pas facile.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, tu es heureuse ?
- Speaker #0
Ni je suis. tellement heureuse, je suis tellement épanouie je remercie cette intuition finalement qui m'a poussée à sortir des chemins battus parce que c'est ce qui m'a permis d'avancer vers une vie beaucoup plus alignée beaucoup plus libre et pour moi la liberté aujourd'hui c'est le maître mot de ma vie et ça me permet de préserver l'émerveillement et surtout au quotidien de pouvoir rencontrer des gens passionnants comme toi qui me nourrissent en retour et de faire des projets qui ont du sens et qui peuvent quelque part aussi impacter le monde et le destin d'autres personnes. Donc, c'est juste fabuleux.
- Speaker #1
Parce que maintenant, tu as une vraie prise de parole. J'ai tapé ton nom dans une IA. C'était ta définition, la définition, le premier mot qui est venu, c'était l'émerveillement.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Jadji Piti a dit ça ?
- Speaker #1
Non, c'est Gemini, je crois. Si on pouvait la définir en un mot, ce serait la porte-parole de l'émerveillement. En France, des générations Z, je peux te l'envoyer le truc, comme ça tu vas rigoler un moment. Incroyable. Mais non, parce qu'à chaque fois, je déteste, des fois je découvre, on s'est déjà vu, mais des fois je découvre les invités comme ça, exprès, parce que j'ai besoin de ça, tu vois cet émerveillement justement, et de comprendre et apprendre des gens. Mais c'est marrant, t'as fait mille choses.
- Speaker #0
On n'a qu'une vie. C'est ça, c'est mon booster, en fait, de me dire... Je veux qu'au moment de me retourner, passer 100 ans j'espère, me dire « ouais, j'ai pas de regrets » . J'ai pas de regrets et en fait, chaque année de cette vie, je l'ai vécu comme si c'était une vie à part entière. Et donc, dès que j'hésite à faire des choix un peu vertigineux, je me pose la question de « qu'est-ce que tu voudras voir dans quelques années en fait ? » Est-ce que t'as envie de faire dérouler le chemin hyper lisse et prévisible, qui peut aussi potentiellement te rendre heureuse d'un autre bonheur, d'une autre forme de bonheur ? Est-ce que tu préférerais pas justement voir une vie cabossée avec des rebonds, des blessures, des attaches et des déchirements, des surprises de la vie, des apprentissages intérieurs et les parts cachées de la vie en fait, les parts invisibles qui sont pas palpables, qui sont pas rationnelles et c'est ça qui m'intéresse profondément dans la vie donc je tente plein de choses.
- Speaker #1
C'est quoi qui t'a amené à ça, c'est de rencontrer des personnes âgées ou c'est quoi ? Ça, ça a fait partie de ton chemin à un moment ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu t'es interviewée même, je crois, c'était quelqu'un de ta famille ou c'était des gens que tu rencontrais ?
- Speaker #0
En fait, c'était le tout début du podcast. Le créneau, entre guillemets, c'était d'aller rencontrer des personnes de plus de 60 ans qui avaient des conseils de sagesse à partager. Donc au début, c'était ça, Nouvel Oeil. Et puis en fait, je me suis très vite rendu compte que c'était vraiment compliqué d'interviewer des personnes âgées. Et puis qu'au final, tout le monde avait des bribes de sagesse à... partager au monde, même des plus jeunes. Donc j'ai un petit peu après changé. Mais oui, j'apprends beaucoup des personnes âgées, mais des gens de manière générale. Je suis hyper curieuse des parcours de vie et surtout des échecs de chacun. Je trouve que ça permet de désacraliser un petit peu le fait qu'on se plante tous, on est tous humains, on fait tous des erreurs, mais qu'au final c'est pas grave et que c'est ça qui nous permet de rebondir et de faire des choses incroyables. Mais sinon, je crois que cette force intérieure et cet émerveillement qui boue en moi, En fait, je l'ai depuis toute petite, quoi. Depuis toute petite, je suis une boule d'énergie émerveillée par la vie et je me rends compte d'à quel point c'est précieux et c'est un cadeau d'être là en bonne santé et aussi de tous les privilèges qu'on peut avoir pour la plupart vivant en France. Et donc, c'est presque une promesse que je me suis faite à moi-même en grandissant, de me dire, mais cet émerveillement-là, c'est ta plus grande force dans une société qui, aujourd'hui, essaie d'éteindre ça à tout prix, qui nous fait peur de toutes parts, qui nous écartèle les uns les autres, qui nous met dans des cases. qui nous conforme, qui nous éloigne de l'authenticité de la vie et des vrais rapports humains. Et donc, c'était comme un pacte avec moi-même, au moment où j'ai commencé à être grande, où je me suis dit, mais préserve ça, en fait. Vraiment, préserve ça. Et donc, après, c'est comme une philosophie de vie qui se muscle au quotidien, comme le sport, où tu rencontres des gens, tu t'entoures de gens qui ont cette force de vie-là. Et puis, tu le nourris aussi en faisant des choses, en osant mettre les mains dans le cambouis, en te lançant dans des projets plus grands que toi, qui... qui vont te dépasser, tu sais pas vraiment comment, tu vas retomber sur tes deux pattes, mais tu vas le faire quand même. Et après, c'est comme une spirale positive, une boucle qui s'entretient où t'es dans le bain de la vie, quoi. Plus rien ne peut t'arrêter.
- Speaker #1
C'est quoi tes derniers choses dans le bain de la vie, tes derniers projets ? Parce que t'as eu un premier bouquin il y a deux ans ? Deux ans, ouais,
- Speaker #0
le dernier. C'était le deuxième, déjà.
- Speaker #1
C'était déjà le deuxième ? Oh putain. Là, tu as sorti un troisième livre. Tu as sorti un troisième livre.
- Speaker #0
Il sort le 18 mars, donc on ne sait pas quand on écoutera notre discussion.
- Speaker #1
Trois livres à 27 ans. Tu auras 70 ans, tu auras écrit à peu près 117 livres. Ton gros projet, c'était d'aller jusqu'en Inde. Sans moyen autre qu'un train, c'est ça ?
- Speaker #0
C'était l'objectif avec Yoann Reboul. L'aventure dans l'aventure, c'est qu'avec Yoann, on ne se connaissait pas. Moi, j'étais allée en Inde une première fois quand j'avais 18 ans. Ce pays m'a complètement... On va en parler certainement, mais ça m'a chamboulée, ça m'a transformée. Tous les adjectifs qu'on peut mettre derrière et les clichés de l'Inde, vraiment, je les ai tous vécus. Et expérimenter puissance 10 000, et je suis rentrée en France, ça a marqué un point de non-retour. Et toujours, je me suis dit, retourne-y, retourne-y, retourne-y, en procrastinant, en me disant plus tard, plus tard. Et puis un matin, je me suis dit, en fait, il n'y a pas de plus tard, c'est maintenant. Et de cette envie, en fait, d'explorer chacun des pays par la route, de goûter l'aventure, de ralentir aussi, de toucher à une forme de voyage beaucoup plus lente, qui ne nous amène pas en avion d'un pays à un autre, sans qu'on ne voit rien du décalage horaire. Là, on a mis quatre mois avant de rejoindre l'Inde. Et au total, aller-retour, on a traversé 19 pays en six mois. Et il y a eu une petite entorse à Oman, où on a été obligés de prendre un avion entre Oman et l'Inde pour traverser la mer d'Arabie. Donc, c'était vraiment la dernière mer à traverser. On aurait pu nager,
- Speaker #1
quand même.
- Speaker #0
On aurait pu faire la nage, c'est clair. Franchement, on n'est pas courageux. Et aventure, mais juste unique. unique, transformatrice. Et puis j'en ai écrit un livre qui sort sur les chemins du monde, j'ai apprivoisé la liberté. Et je sais que c'est une des aventures de ma vie, mais qu'il y en aurait plein d'autres en fait. Ça m'a piqué.
- Speaker #1
Et c'est quoi qui t'a changé ? C'est le chemin ? C'est là-bas ? C'est quoi ? C'est les trains ? C'est quoi le truc ?
- Speaker #0
Ça serait tellement délicat de tout résumer en une réponse, tellement c'est vaste. Et qu'il y a même beaucoup de choses qui ont changé en moi. qui, je pense, n'ont pas encore pris forme. Et c'est encore en train de bouger à l'intérieur de moi. Des graines ont été plantées et vont germer seulement dans 20 ans, certainement. En six mois, avec Yoann, on a vécu l'intensité que peu de gens vivent à l'échelle de toute une vie. Et ce que je retiens le plus fort, c'est une confiance en la vie et en l'humain. Et je crois que j'avais perdu confiance en l'humanité, très honnêtement, en vivant en France. J'étais triste de... De sentir qu'on perdait le contact les uns avec les autres et qu'on était tous finalement un peu dans notre petite bulle individualiste dans la comparaison. Et pour moi, ça me pesait parce que l'humain, les contacts sociaux, c'est ce qu'on a de plus précieux et c'est ce qui fait qu'on est des humains. Et là, à travers ce voyage-là, dans chacun des pays sans exception, donc quand même 19 pays, avec Yohann, on a été accueillis comme si on était des leurs et comme si on avait depuis toujours fait partie. de leur famille ou de leurs amis, les bras ouverts. Et ça m'a permis de toucher à l'amour universel où j'ai vraiment intégré au plus profond de moi qu'il n'y avait qu'une seule humanité et que malgré notre passé, nos cultures et l'environnement social ou politique dans lequel chacun on évoluait, au final, on a les mêmes questions, on a les mêmes doutes, on a les mêmes envies et on a tous soif d'amour. Vraiment. Et c'est ce qui nous relie les uns les autres. Et c'est en ça qu'on trouve l'espoir. En tout cas, c'est ce qui m'a permis de rentrer en France en me disant finalement, je n'ai plus peur. Je n'ai plus peur de l'autre. Je n'ai plus peur de l'avenir. Je n'ai plus peur de ne pas exister, de ne pas être quelqu'un, de ne pas réussir. Parce que je sais que toujours, je serai soutenue par cet amour universel en l'humanité. Et il peut se passer n'importe quoi dans ma vie en France aujourd'hui. J'ai la possibilité d'aller m'inventer une vie à Oman. Aujourd'hui, c'est un peu plus compliqué que tout ce qui se passe, mais en Inde, au Népal, en Mongolie, en Chine, en fait, partout, le monde est à nous. Et j'ai eu un sentiment d'appartenance au monde que je n'avais jamais ressenti de ma vie. Et en rentrant en France, je me sentais plus française. Je me sentais vraiment habiter le monde au sens large. Et je crois que, du coup, pour répondre à ta question, ça m'a appris la liberté intérieure. C'est d'où le titre du livre. C'est que j'ai senti une espèce de relâchement en moi. En fait, c'est bon. Tout est là. Et t'es soutenue. Et les gens t'aiment. Et les gens s'aiment. Et tout n'est pas perdu.
- Speaker #1
En France aussi ?
- Speaker #0
En France aussi. Ce qu'il y a de beau, c'est que... Encore une fois, je pense que ça se cultive aussi. Et il y a de très belles personnes en France. Regarde-toi, il y a plein de gens qui font des choses merveilleuses. Qui ont les consciences éveillées. Qui essaient de... transiter vers une vie beaucoup plus sobre, beaucoup plus alignée, de préserver ces valeurs essentielles à une vie. Et je m'entoure de ces personnes-là. Et au final, on n'a pas besoin d'avoir mille et une relations. Tant qu'on a un socle de personnes sur qui on peut compter, qui nous soutient, qui nous élèvent, qui nous inspirent, et de relations saines, ça suffit. Et en France, on a quand même tellement de chance d'avoir un pays aussi beau, aussi diversifié, avec un climat hyper agréable pour vivre, beaucoup de nature. On a tellement de privilèges. et donc Donc oui, on peut trouver ça en France aussi, malgré que ça demande quand même une certaine force intérieure pour résister au chaos ambiant et pour ne pas se laisser entraîner par le défaitisme, par le négativisme. La négativité. Et ça, ça demande de s'éloigner des réseaux sociaux, de ne pas trop souvent allumer la télé, de prendre un certain pas de recul par rapport à tout ce pour lequel on nous biberonne depuis la tendre enfance. Donc ça demande quand même une certaine prise de hauteur qui s'apprend. Et c'est, je crois, en tout cas, ce que j'essaie de faire au quotidien, d'essayer d'éveiller les gens, justement. De leur tendre la main pour prendre un peu de hauteur sur... Sur cette vie-là qui peut être très aliénante alors qu'elle est merveilleuse.
- Speaker #1
Et c'est quoi la clé ? Ça serait le voyage ? C'est quoi ? C'est de partir ? C'est de faire ? C'est de rencontrer ? C'est tout ça ? Parce que je sais les réponses qu'il va y avoir. Parce que j'ai eu la face que tu as. Et je l'ai perdue parfois, cette petite lumière. Parce que quand je suis revenu du Népal la première fois, je me prenais pour le dalle et la main, clairement. Mais je pense que tout le monde a ça. Elle est éteinte un petit peu. Mais je ne sais pas si c'est la société en elle-même ou si c'est le fait de devoir aussi. Tu dois gagner ta vie, tu vois. C'est difficile parce que je sais ce que vont dire les gens qui vont essayer de critiquer. Ils vont dire, mais comment il gagne sa vie ? C'est facile de dire ça, mais... Et ça serait quoi ta réponse à ça ? On ne vit pas que d'amour et d'eau fraîche, même si on peut. J'en ai vu des gens qui vivaient d'amour et d'eau fraîche. Oui,
- Speaker #0
à mon être moine et dans un monastère, évidemment. Mais non, c'est une question très juste que je me suis évidemment posée, surtout à la fin de mes études où je voyais que tout le monde signait un CDI et moi j'étais là à rien gagner. Et à me dire, ok, peut-être que je n'ai pas le choix et que je vais devoir aussi inévitablement signer quelque chose et commencer à cotiser pour ma retraite. et à laisser ces questions existentielles de côté. Et en fait, grâce à mon podcast notamment, j'ai un jour interviewé Satish Kumar, qui est un philosophe sage indien, qui a dit « Ne cherche pas à gagner ta vie, demande-toi de combien tu as besoin pour vivre » . Jamais je ne m'étais posé cette question-là. Et en fait, aussi de par mon éducation à la campagne, j'ai appris depuis toute petite à me responsabiliser, à vivre de peu. Et je pense que dès lors qu'on commence à un peu lister nos besoins primaires, on se rend compte qu'on a besoin de peu pour vivre en réalité. Tu vois, à titre personnel, je ne fume pas, je sors très peu, je ne bois pas d'alcool, je n'achète rien de neuf, je m'habille chez ma grand-mère, je n'ai pas de voiture. Je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde et que ça ne peut pas être le cas pour tout le monde. Mais quand même, si on écarte cette idée que le matérialisme et l'avoir, la possession nous rendra heureux, ça permet quand même de faire transiter nos vies vers des choses beaucoup plus sobres et beaucoup moins... basé sur le pécunier. Et donc, moi, de conscientiser ça et d'au final me dire, OK, je n'ai pas besoin de tant que ça pour vivre au final. Peut-être que certains mois, ça va être un peu plus compliqué, mais je préfère me laisser la liberté d'oser suivre mes rêves, quitte à ce que je gagne moins d'argent, plutôt que de passer ma vie à essayer de la gagner. Et au final, ça m'a permis de me lancer. Et puis... Et puis après, il y a toujours des solutions. Dans mes débuts, j'ai fait beaucoup de petits travaux à côté, des saisons l'été en refuge de haute montagne, beaucoup de babysitting, beaucoup d'extra dans des cafés. Et puis, en fait, tu t'en sors. Et ce qu'il y a de beau, et ça, je sais que ça peut aussi être un peu compliqué à entendre pour des personnes qui, aujourd'hui, veulent se lancer ou qui sont dans leur début et qui galèrent. Mais en fait, déjà, garder en tête qu'on galère tous, que ça prend du temps. que ça n'arrive pas du jour au lendemain, même si on est dans une société où on veut tout tout de suite. Et surtout, essayer vraiment de ressentir que la vie nous aide quand on est sur le bon chemin. Et ça, c'est vraiment quelque chose de très mystérieux, qui touche à une forme de magie, mais qu'on ressent vraiment quand on est aligné, c'est que dès lors que tu fais confiance et que tu te dis « Ok, je n'ai plus peur de ne pas assez gagner, de ne pas assez bien faire, de ne pas assez réussir, je fais confiance en mes capacités, en la vie » , en fait, tout s'ouvre. C'est très facile dit comme ça, mais c'est réellement ce qui se passe. C'est qu'on a une première rencontre qui nous amène une première opportunité. De cette opportunité, une autre rencontre, et puis un premier contrat, et puis un deuxième. En fait, petit à petit, la vie se tricote et ça demande d'avoir une confiance immense en l'ordre des choses. Et c'est pas évident. C'est pas évident. Et évidemment, on reste tous humains. Moi, la première, il y a des jours où le côté très rationnel me rattrape et me fait dire... En fait, c'est trop incertain tout ça, j'en ai marre, je veux quelque chose de beaucoup plus sûr, je vais signer un CDI, c'est trop inconfortable. Et puis, le matin, je me dis, mais bien sûr que non, ce qui compte, c'est juste de vivre, d'être en vie et d'avoir chaque journée la possibilité de te réinventer. Et ce qui est beau, c'est de ne pas savoir ce qui va se passer précisément, parce que la vie te surprend toujours.
- Speaker #1
Et tu arriverais à faire ce discours à ton banquier ?
- Speaker #0
Écoute, on verra quand je le suis, si j'ai besoin de faire ce discours-là. Mais il y a toujours des solutions. Il y a toujours des solutions. Et puis, je pense que c'est aussi une question d'humain, en fait. Quand tu vois que ton projet tient la route, que de toute manière, il n'y a aucune raison que ça se passe mal. Une fois que tu es lancé, tu es lancé. Il y a toujours des façons de gagner de l'argent. Je pense que quelqu'un d'un minimum motivé qui est quand même dans l'action, parce qu'évidemment, tout ne va pas tomber du ciel. C'est sûr qu'on ne peut pas juste rester dans un canapé à dire « C'est bon, je fais confiance à la vie, tout va fleurir » . Ça ne se passe pas comme ça.
- Speaker #1
Ce que je veux dire, c'est que la vie est tellement faite de cette manière que tu dois avoir, par exemple, tu dois justifier pour avoir un crédit ou quelque chose de tel papier, d'un contrat honoré, honorable. tant de fiches de salaire, de tant d'années d'ancienneté, de tant de trucs. Et c'est sûr que c'est difficile pour toutes ces raisons de se lancer. Parce que les premières personnes à te le dire, c'est tes profs, avec tes parents, puis ensuite, les banques ou les employeurs. Et... Moi, je comprends exactement ce que tu veux dire, parce que cette liberté, je l'ai touchée du doigt. Après, des fois, je la perds un petit peu et puis en fait, je vieillis. Et puis, j'ai tellement pris de coups dans la gueule que je me dis que c'est pas grave. Non, mais je me dis, j'ai pas mal en fait. Et c'est comme quand t'as des merdes en voyage, parce que je pense que t'as dû en avoir.
- Speaker #0
Mais tout le temps, mais même dans ma vie, on a toutes des merdes, quoi, tu vois.
- Speaker #1
Mais tu les prends différemment. Je pense que quand tu es plus libre, déjà, tu prends les messages différemment. Mais on a eu cette discussion rapidement en off juste avant. Comment tu arrives à être apaisé dans un pays qui peut être vu de l'extérieur comme un chaos total, quand même ? Donc l'Inde. L'Inde. Comment tu y arrives ?
- Speaker #0
Ça, c'est une question à laquelle je n'ai vraiment pas de réponse. c'est Je ne sais pas ce que ce pays a qui me fait sentir aussi bien. Comme un poisson dans l'eau, comme si j'y avais déjà vécu. J'ai besoin d'Inde. Comme on a besoin d'eau pour vivre, c'est viscéral, c'est vital pour moi. J'ai besoin d'y aller souvent. Et en fait, c'est vraiment l'opposé de ce que je supporte en temps normal. Parce que je suis clairement hypersensible. Moi, dès qu'il y a un bruit de sirène à Paris, je pète un câble. Quand il y a trop de monde, j'étouffe. Dès que mes sens sont sursollicités, je suis en panique totale. J'ai besoin de fuir. Et en Inde, c'est tout ça, mais démultiplié. Et en fait, je ne le ressens pas comme quelque chose d'oppressant. Au contraire, je trouve qu'il y a une forme d'émulsion, de magie, dans tout ce mélange d'odeurs, de couleurs, de bruits, qui fait que quand j'y suis, je suis juste ébahie. Et je me dis, waouh, la vie est trop belle. Et je me sens portée par quelque chose de plus grand. Et ça ne me... Je ne dirais pas que ça ne me pèse pas, parce que c'est vrai que sur du long terme, les klaxons, etc., au bout d'un moment, je suis là, stop là, vous me saoulez avec vos... Parfois, c'est vrai que ça joue un peu sur mon système nerveux.
- Speaker #1
Il y a une certaine agressivité quand même. J'adore tous ces pays hindouistes et bouddhistes, mais je l'ai traversé dans mon dernier projet, pas longtemps, mais sur 700 ou 1000 bornes, juste avant de rentrer au Népal.
- Speaker #0
Et à vélo.
- Speaker #1
Oui, à vélo. Mais j'étais en vélo et c'est vrai qu'il y a beaucoup moins de filtres chez un indien que chez un français. Si tu fais du vélo dans le Cantal, j'utilise exprès un désert humain que peut être le Cantal, un indien peut arriver en scooter de n'importe où. Et te poser la question, ça va, comment tu vas ? T'as quel âge ? Tu viens d'où ? T'as un YouTube ? Viens manger à la maison ! Et en 5 minutes, il t'a proposé de manger chez lui, mais il est 17h. Là, il va être bientôt l'heure de manger le soir et tu peux dormir chez moi. Et ça, c'est...
- Speaker #0
Et puis toute sa famille débarque et son cousin.
- Speaker #1
C'est un laps de temps de 5 minutes, quoi. Ça, ça te... Tu prends ça positivement ?
- Speaker #0
J'adore. J'adore parce qu'en fait, pour moi, ça te reconnecte à la magie de la vie. la bonne rencontre au bon moment, ce que tu n'avais pas prévu pour ta journée.
- Speaker #1
Il y en a beaucoup en l'occurrence, tes bonnes rencontres.
- Speaker #0
Il y en a tout le temps, mais c'est ce qui fait que ta vie est riche aussi. C'est qu'en fait, tu te couches le soir et tu te dis, mais improbable cette rencontre qu'on vient de faire. Et tu apprends des choses de dingue, tu vis des moments authentiques avec des gens profondément humains et gentils, bienveillants, qui n'attendent rien en retour.
- Speaker #1
Tu dormais chez les gens ?
- Speaker #0
Beaucoup. On faisait beaucoup. Alors là, je suis retournée en Inde toute seule. Je suis rentrée il y a un mois. Mais pendant Ausha, le projet qu'on a fait avec Johan, on en a même fait un documentaire. Là, on voyageait à deux. Et on en faisait justement un documentaire. Donc, on ne dormait pas toujours chez l'habitant parce qu'on avait besoin aussi, nous, de se reposer émotionnellement. En six mois, c'est quand même fort en émotion de toujours faire des rencontres, de dire bonjour, de s'attacher. Et puis après, de se dire au revoir et se détacher, c'est dur. Et aussi, nos caméras, elles avaient besoin de se recharger. Il fallait qu'on mette les plans sur Internet, qu'on se pose un peu. Donc, on jonglait entre hôtels. Airbnb, petit appart chez l'habitant,
- Speaker #1
c'était un équilibre qu'on a essayé de trouver sur l'échelle des 6 mois mais sinon quand je voyage tout seul être à deux c'est pas pareil sur un voyage comme ça, notamment un homme, une femme quoi que un homme, une femme, peut-être c'est plus facile de rentrer chez les gens que deux femmes ou encore pire deux hommes je sais pas,
- Speaker #0
on disait toujours qu'on était en couple avec Johan, ça nous aidait quand même dans pas mal de cas même si on ne l'est pas. Mais j'ai quand même le sentiment qu'en voyageant, les fois où je voyage seule, il y a quand même plus de portes qui me sont ouvertes et plus de rencontres. Parce que malgré tout, même toi, tu es dans une disposition différente parce que tu es plus ouverte aux rencontres étant seule. Alors que quand tu es deux, c'est aussi plus confortable parce que tu peux malgré tout te reposer sur l'autre quand ça ne va pas ou pour des questions logistiques ou quoi. Tu te dis, j'ai moins besoin de faire des rencontres pour... pour y arriver, pour avancer sur mon chemin. On peut se reposer l'un sur l'autre. Donc, puis les gens, je trouve, ont quand même plus cette approche de tu es qui ? Pourquoi tu voyages seul ? Ah ben viens chez moi. Alors que quand tu es avec quelqu'un, on a peut-être moins envie de déranger.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a un peu plus de recul. Après, les Indiens, comme je le dis, un peu moins de filtre. Ils sont assez fonceurs. J'ai la même chose avec... Avec ceux qui sont de l'autre côté de la frontière au Népal, il y a un truc de... Tu es déjà leur pote avant même d'arriver dans leur life. Et c'est vrai, quand tu n'as pas l'habitude, ma copine est tyrannienne, au début, elle regardait comme ça, du genre, c'est safe. Bah oui, oui, c'est des gens gentils. Mais pour elle, c'était... Mais toi, tu trouves toujours les gens bien, Stéphane, tu trouves toujours les gens positifs, mais ça se trouve, ce monsieur était dangereux.
- Speaker #0
bah non je crois pas on est tellement méfiant pourquoi on est autant méfiant ? bah parce que on voit des choses oui ouais on voit des choses je crois je sais pas si toi il t'est arrivé des moments un peu plus touchy mais je crois que l'intuition elle sait nous dire quand il faut pas y aller à plein de reprises il y aurait pu m'arriver quand même des grosses galères et mon intuition me disait non là tu vas pas en fait et tu le sens dans l'énergie des gens etc parfois des gens te proposent des choses ça m'est arrivé de dire non parce que je sentais pas le truc Merci.
- Speaker #1
Moi, j'ai par exemple absolument refusé de dormir dans les camps des talibans en Afghanistan et au Pakistan. J'ai refusé de dormir et chez la police, chez les militaires et chez les talibans. Les talibans, c'est les mêmes personnes qui dirigent le pays. Mais je ne voulais pas dormir dans ces camps parce que les discussions allaient déjà trop loin. Ça allait déjà trop loin sur la religion. pourquoi t'es pas musulman, etc. Comment on ne peut pas être musulman dans ce monde, voilà. Et moi, j'avais ce truc de... Je voulais garder ma liberté. De pouvoir partir à 3h, 4h du matin, et pour eux, c'était insupportable. Ils contrôlent le pays, ils sont au millimètre sur tout, et ils voulaient mettre des soldats avec moi, etc. Et ça, j'ai refusé. Mais sinon... Ouais, India, India, j'allais pas dormir chez les gens parce que... J'étais dans une fatigue. J'étais tombé malade au Pakistan, à Lahore. Et je me suis dit, si j'arrive chez des gens et je remange un dien là-dessus, là, je suis proche de la mort dans cinq jours. Donc, on va y aller tranquille, mec. Alors, je suis désolé, ça remènera. On va reporter ça la prochaine fois que je viendrai te voir. Mais là, j'ai besoin d'un peu de repos au niveau de l'estomac. Et on en reparle une autre fois. Oui, des épices, parce que Spicy or not Spicy, c'est vraiment pas du tout Spicy. C'est la même chose. Tu dis no Spicy,
- Speaker #0
c'est déjà Spicy. Alors si tu dis Spicy, c'est fini.
- Speaker #1
Et ce nouveau livre, qu'est-ce qu'il a de plus que celui d'avant ? Il y a une évolution, parce que là, la fille que je vois d'aujourd'hui, ce n'est pas la même fille qu'il y a cinq ans.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a changé alors ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, tu n'avais pas l'air perdu. Mais t'avais l'air... En fait, je t'avais dit, je me souviens de...
- Speaker #0
Les réponses, t'inquiète. Je t'avais dit en gros, ne t'inquiète pas, les réponses vont être sur le chemin. Et je te voyais comme une enfant qui a énormément d'énergie, qui va aller dans tous les sens pour arriver là où elle veut, mais elle y arrivera. Et là, je vois une femme déjà qui a vécu des trucs, qui n'a pas des certitudes sur tout, mais tu as touché au bonheur et tu as compris que c'était possible. Et t'as compris ta mission. En gros, t'as déjà pris confiance en toi et tout. Et la prise de parole n'est pas la même. Tu vois, entre quelqu'un qui interview les gens et qui leur laisse le droit de parler, même si t'avais tes idées, tes bonnes questions, t'étais très scolaire, très carré. Là, on est sur une fille qui prend la parole, qui guide des gens, qui donne des idées à d'autres, des filles, des garçons, la génération Y, Z, ou ce qu'on veut, comment on les appelle, mais à des jeunes, de se lancer. Et à se dire, barrez-vous, quoi. C'est pas grave, voilà. Et tu l'as, quoi. Tu vois, tu l'as et tu l'incarnes. C'est ça, le truc. Parce qu'il y en a plein qui ont... Ils ont plein d'outils dans leur caisse à outils, mais ils les utilisent pas, du coup. Bah, ils sont pas crédibles, quoi. Et toi, tu le fais, quoi. C'est ça que je vois devant moi. Après, est-ce que t'as la vérité ? Je ne sais pas, mais la vérité, je pense, c'est déjà de vivre des trucs, quoi. Pour moi, la vérité, c'est dans le mouvement.
- Speaker #1
Et de ne pas se laisser influencer, je pense aussi, par l'ordre des choses et par ce que les autres pourraient attendre de toi. Je crois que ce qui a beaucoup changé entre la Victoria que tu décrivais et celle que je suis aujourd'hui, c'est que, bon, évidemment, je suis la même personne, mais avant, j'étais quand même très attachée au regard des autres. J'avais quand même peur de mal faire, de ne pas avancer comme il faut. J'avais peu confiance en moi. Et aujourd'hui, c'est comme si je me sentais beaucoup plus à... peser parce que je pourrais pas dire que j'ai plus peur, mais j'ai beaucoup moins peur en tout cas. J'ai moins peur du regard des autres. J'ai moins peur que quelqu'un me dise « je suis pas d'accord avec ce qu'elle dit » . Et oui, je sais que tout le monde ne sera pas d'accord avec ce que je prône, mais ça pourra aussi aider d'autres gens à éclairer leur chemin. Donc en fait, je cherche plus à plaire à tout le monde. J'ai moins peur de manquer. Il y a ça aussi. J'ai moins peur de... de ne pas être aimée, de ne pas trouver l'amour, parce que je sais que je l'ai en moi. Et j'ai beaucoup appris à me sécuriser de l'intérieur, en fait, à vraiment aller cultiver, faire grandir cette joint intérieur, comme je l'appelle, qui au final n'est complètement indépendante des paramètres extérieurs. Et ça, c'est une force inébranlable qui va me suivre toute ma vie et qui était encore en construction quand on s'est rencontrés il y a six ans, où je mettais à peine le doigt sur ce que pouvait être le développement personnel, entre gros limés. J'étais dans cette phase d'exploration et aujourd'hui, j'ai vraiment l'impression d'avoir ancré quelque chose en moi qui fait qu'aujourd'hui, la vie est plus douce. J'ai plus confiance en moi, en l'ordre des choses. Et donc, je me sens inévitablement plus libre.
- Speaker #0
Et puis, tu as expérimenté. Je pense que quand tu remplis ta vie d'amour, de gens, de sagesse, d'apaisement, de moments aussi, de vie, d'intensité aussi, de rencontres, comme tu as vécu, de diversité, d'émerveillement, de lumière, de voiture aussi, de bruit. Tu peux facilement, plus facilement te remettre au silence, comme tu le fais, comme tu l'as fait à l'écriture et à raconter. Je pense que tu as trouvé aussi ton rythme et ton équilibre de je fais, je promeux, en tous les cas, je transmets. je fais, je transmets, je fais, je transmets. C'est des clés, tu vois, c'est important. Parce que des gens qui transmettent des choses aujourd'hui, tu en as des milliards sur Instagram, mais des gens qui... Parce que l'inspiration, je ne sais pas si ça veut dire encore aujourd'hui quelque chose, que tu peux être inspiré par un gars qui fait du bodybuilding, qui soulève 200 kilos développé couché, et par une fille comme toi qui va te raconter que... Ne rien faire, c'est faire quelque chose. Donc, je pense que tu as compris. Après, est-ce que le sens de l'existence, c'est de comprendre ça ? Je le pense très fortement. Mais moi, pour parler personnellement, je suis revenu aussi à un truc de... J'ai envie d'avoir une petite maison, j'ai envie d'avoir une normal life, parce que je suis allé trop loin dans la douleur, dans mon sport, j'ai voulu prouver au monde que j'existais, etc. De me dire, ça c'est pas grave, ça je l'ai fait, voilà. Et toi, je pense que t'as plus ce truc de prouver. Après, t'écris des livres, donc faut les vendre.
- Speaker #1
Ouais, mais je suis plus attachée aux chiffres, vraiment. Mais ça résonne ce que tu dis, parce que... Quand on s'est rencontré pour la première fois, j'étais dans une phase où je voulais me prouver des choses à moi et aux autres. Et j'ai été aussi très extrême dans plein de choses et j'en parle dans mon livre. Dans le sport, j'étais hyper extrême, dans le contrôle de tout, parce que je voulais être la fille parfaite, parce que je voulais qu'on soit fiers de moi, parce que quelque part, j'étais insécurisée à l'intérieur de moi-même aussi. Et c'était une période où j'étais beaucoup dans le faire et je ne savais pas juste être et laisser de la place pour le vide, pour le silence. Et aujourd'hui, ces temps de décantation, c'est ce qui me permet après de mieux agir et d'être plus disponible aux autres. Et avant, je n'avais pas cet équilibre entre le faire et l'être. Et aujourd'hui, de plus en plus, comme toi, je me dis mais je n'ai plus rien à prouver à personne. Moi, ce qui compte, c'est d'avoir du temps libre, c'est d'avoir du temps avec mes proches, c'est d'avoir du temps dans l'océan, dans la nature, de pouvoir écrire quand je veux et de me sentir libre. et si en faisant ça je peux impacter le monde et les gens, c'est merveilleux mais c'est là conséquence de tout ça. Et vouloir impacter les gens, ce n'est pas le but premier. Tu vois, c'est vraiment la conséquence. Et c'est ça qui a changé aussi, je crois, ces dernières années.
- Speaker #0
Tu prends du plaisir à écrire et à te remémorer aussi certainement des moments. Je pense que tu as dû vivre des très belles choses d'apaisement. Après, les trains de nuit. indien, ça doit être quelque chose, couchette ou même de journée parce que là on parle de trains qui font 1 km de long des trains de ferraille mais c'est fou que ça j'arrive pas même si tu m'en parles pendant 10 ans j'ai du mal à te voir totalement apaisé dans ce pays qui moi à chaque fois que je vais au Népal parce que c'est tout petit c'est plus apaisé le Népal c'est une toute petite Inde Et la moitié du pays, pas la moitié, en superficie, on va dire que c'est un tiers du pays. C'est un territoire qui s'appelle l'Himalaya, qui est un peu connu. Et c'est là où je me sens le mieux. Parce qu'il y a moins d'habitants, il y a moins de trucs. Mais Katmandou, je peux, 10 jours, 20 jours. Mais tu me mets à New Delhi. Là encore, je suis passé à New Delhi.
- Speaker #1
Je serais pas à te dire, parce que même moi je comprends pas, et je me sens plus apaisée en Inde qu'en France.
- Speaker #0
T'étais où ? T'as fait Bombay ?
- Speaker #1
Là j'ai été, donc je suis rentrée il y a deux mois, j'ai fait Varanasi, donc je m'appelle Kosovo Varanasi, et je me suis jamais sentie aussi heureuse et apaisée de toute ma vie. Alors que c'est une des villes les plus chaotiques du monde, enfin...
- Speaker #0
Polluée...
- Speaker #1
Comment t'expliques ça ? Mais je sais pas, je suis... C'est énergétique ? C'est énergétique, ouais, c'est dans l'air. En fait, maintenant, aujourd'hui, j'en viens à me dire que je pourrais jamais poser des mots et que tenter de l'expliquer, ça serait presque déjà ôter la magie à ce qui se passe. C'est que c'est des ressentis, il n'y a pas à verbaliser ce qui s'y passe. J'ai l'impression d'être un poisson dans l'eau, c'est comme ça. Faut que tu le gardes,
- Speaker #0
ça. C'est précieux. Je l'ai un peu perdu avec le Népal, malheureusement. En fait, j'avais cette même sensation quand j'arrivais au Népal, ce qui m'est arrivé encore quand je passe la frontière indienne en Népal.
- Speaker #1
À Lombini, tu l'as passé ?
- Speaker #0
Ouais, un peu plus à l'aise, mais je suis passé à Lombini. En fait, je suis arrivé complètement du nord du Népal. Du nord-ouest, je suis arrivé de la Bretagne du Népal, parce que je voulais passer par les Chitouanes, les parcours. où il y a les animaux un peu dangereux, tigres et tout ça, en vélo. Et j'avais envie de ça. Mais dès que je suis arrivé au Népal, j'ai pris le gars des passeports, je pense que personne ne l'avait fait ça, dans les bras. Parce que je me suis senti libéré d'un truc. Parce qu'en fait, en Inde, et en plus, j'ai arrêté d'être malade dès que j'ai passé la frontière Inde-Népal. Parce que je me sentais... Après, attention, je suis en vélo sur des autoroutes. Tu as vu les autoroutes là-bas ? Oui, oui. monstreux le nom d'automobiliste et j'étais comme ça toute la journée et un gars toutes les 15 secondes Hello, my name is Sarbendra du coup toutes les 5 minutes j'avais un gars que my name is Sarbendra how are you ? how are you my friend ? how are you ? donc des fois ça durait 30 kilomètres, il était avec sa mobilette et des fois il avait un ou deux potes derrière et des fois un enfant sur ses genoux comme ça, et moi j'étais sur le vélo comme ça. M. Steven. Steven from France. Yes, why you visit my country ? Paris,
- Speaker #1
Paris.
- Speaker #0
Paris Saint-Germain, Mbappé. Donc ça, c'était... C'est tellement fait. Oui, c'est exactement ça. You look like Griezmann. Donc c'était ça à peu près 300 fois pendant 5 jours. Du coup, quand je suis sorti de là, j'ai dit, voilà, bon, en fait, finalement, ça a été rebelote pendant 400 bornes de Népal. Mais je me dis comment elle, toi, en l'occurrence, arrive à se dire « Oh, je suis bien ici ! » « Oh, je me sens plutôt pas mal ! » « Je suis à Bombay, je suis tranquille ! » « Tu vois, il n'y a que 4 milliards de personnes ! » « Tu vois, c'est quand même... » « Ah ouais, putain, moi je... » « Tout de suite, j'ai une espèce d'angoisse qui vient en moi, mais... » « Peut-être parce que je l'ai pris du mauvais côté, hein ! »
- Speaker #1
Après, franchement, à chaque fois que j'y reviens, j'ai ce même choc. Quand j'arrive, je me dis, ça ne va pas être possible. Et j'ai trois, quatre jours tampon. Au bout de deux ans, ça va mieux. Les premiers jours, je me dis vraiment, je ne vais pas tenir. Ce n'est pas possible. C'est trop haut. C'est trop intense. Je ne suis pas bien. Je rentre en France. J'ai vraiment toujours, à chaque fois, quatre jours où je suis au plus bas. J'envoie mes amis. Je prends un vol. Je rentre. Pourquoi je suis revenue ici ? Pourquoi je me réinflige ça ? C'est toujours ce que je dis.
- Speaker #0
Ah ouais, d'accord.
- Speaker #1
Et passer quatre jours, je ne sais pas. J'ouvre une porte. Je m'abandonne au truc. Et là, bam, c'est parti. Et là, c'est comme si je m'étais un peu en veilleuse tous les mauvais côtés de ça et que j'arrivais à toucher à l'essence du côté spirituel de l'Inde. Parce que pour moi, c'est ça qu'il y a. Je me connecte à quelque chose de plus grand là-bas.
- Speaker #0
Tu peux l'expliquer parce que pour les gens, je comprends ce que tu veux dire, mais pour moi, le spirituel, c'est l'esprit. Donc, quelque chose qui revient à... quelque chose qui n'est pas forcément palpable, mais qu'on a tous en commun. Est-ce que tu peux l'expliquer, la spiritualité selon toi, et qu'est-ce qu'il y a de plus là-bas qu'ici, dans ces pays de cette Asie ? Moi,
- Speaker #1
je détache vraiment la spiritualité de quelconque forme de religion. Je n'ai même pas une religion, je ne me dis pas religieuse, je ne crois pas en un dieu ou en quelque chose de précis, de palpable. Mais par contre, je crois en quelque chose de plus grand qui nous dépasse. Il y a un truc. C'est évident. Plein de fois en Inde, j'ai été habitée par quelque chose. Et là, notamment au cours de ces deux derniers mois où j'ai voyagé seule, il s'est passé des trucs que jamais je ne pensais expérimenter de toute ma vie. Où vraiment je me suis dit, ok, donc là, j'accepte complètement le fait qu'on est porté par quelque chose de plus grand, qu'on n'explique pas, qu'on ne contrôle pas, et qui est là. Et ce qu'il y a en Inde, c'est qu'en fait, tu le ressens à plein de moments, au fond de toi. Et il y a toujours, évidemment, ta petite voix rationnelle qui essaie de te dire « Mais non, mais c'est pas possible. Comment, truc, machin ? » Là, en fait, non. Et c'est pas expliqué. Ce n'est pas explicable. Et c'est une forme de... C'est comme si t'étais habité par le sacré, quoi. Je sais pas comment le décrire.
- Speaker #0
Dans tes prises de décision, dans...
- Speaker #1
Dans les rencontres, dans les synchronicités. En fait, c'est beaucoup dans l'ordre du ressenti. Plusieurs fois, j'ai eu des sortes de fulgurances, et surtout à Varanasi, où vraiment un sentiment de bien-être intérieur qui me prenait tout le corps. Mais presque, je ne faisais plus partie de mon corps. Et où en fait, je me disais, je pourrais mourir là maintenant, que c'est ok. Et en fait, tu es dans une forme de détachement de tout. Plus rien n'importe, plus rien n'est grave. Et tu as le sentiment de toucher à une autre part de la vie. De la vie avec un grand V, quoi. Et du coup, ce qui est violent pour moi, c'est que quand je rentre en France, j'ai l'impression que d'un coup d'un seul, on me coupe de ce sacré-là et que je reviens à quelque chose de très plombant, très concret, très OK. Donc, t'anticipes et truc et machin. Et au final, ça te replonge dans une vie très matérielle, mais qui n'est pas la vie pour moi. Et c'est comme si, du coup, je voyais tout comme une immense pièce de théâtre où on avait tous un peu des rôles et on s'agitait dans tous les sens, spectateurs, pour se... donner bonne conscience, pour jouer des rôles, pour paraître bien, pour être bien. Et au final, on est constamment en train de brasser de l'air, de brasser du vent, comme si tout était important, alors qu'en fait, on passe littéralement à côté de ce qu'est la vraie vie. Et ça, c'est très perturbant parce qu'en fait, tu as le sentiment toujours d'avoir deux vies en parallèle et qui ne peuvent pas vraiment se joindre. Donc, je n'ai pas de réponse à ça. C'est toujours des chocs immenses quand je reviens en France. Pour moi, c'est plus dur de revenir en France que d'aller en Inde. à chaque fois. Et là, ma grande question, c'est comment essayer de faire cohabiter les deux et comment tenter de ramener justement ce sacré ici, en France. Parce que pour moi, c'est cette prise de conscience qui va nous amener à évoluer en tant qu'humanité. et à faire transiter nos sociétés vers beaucoup moins de richesses matérielles, mais plus de richesses intérieures. Et on a tous en nous des pans de subconscient qu'il faut qu'on explore. Et pour moi, le futur de l'humain, il est là. Il est dans l'exploration profonde de toutes ces choses impalpables et invisibles qu'on a écartées complètement depuis des années et des années, précisément parce qu'on ne sait pas l'expliquer. Et quand on parle d'écologie aujourd'hui, et c'est pour ça que moi je ne veux plus mettre le mot écologie, en fait c'est ça qu'il s'agit d'aller creuser. C'est tout ce qui n'est pas de l'ordre du fer, de l'économique, de la rentabilisation, du monétaire, mais c'est comment est-ce qu'entre humains on arrive à se connecter spirituellement à des choses beaucoup plus subtiles en fait. C'est très compliqué d'en parler parce que c'est vraiment des sujets qui sont intimes, personnels et qui demandent, je pense, beaucoup de confiance, encore une fois, en quelque chose de plus grand. En fait, je prends beaucoup l'exemple d'Avatar à chaque fois quand je parle de ça. C'est que tu vois très visuellement que des tribus se connectent au sacré à travers la nature, à travers des formes invisibles. Le lieu où tu peux puiser l'énergie. Et pour moi, le futur de l'humanité, il est dans l'exploration de ça.
- Speaker #0
L'acceptation. Et pour ça, il faut la rencontrer, la nature. Pour la rencontrer, il faut se donner le temps. Et pour se donner le temps, il faut en avoir. Et pour en avoir, il faut se le donner. Et on ne te le donne pas, tu vois. En gros, il faut le payer, le temps. C'est réservé aux riches, il ne faut pas se mentir.
- Speaker #1
Je ne suis pas d'accord avec ça, pour le coup, parce qu'il est quelle heure ? Il est 43,
- Speaker #0
tu vas le faire.
- Speaker #1
Sur une journée, on a tous le même temps et je crois que le temps est un choix. Et en réalité, on n'a jamais eu autant de temps libre dans nos vies, c'est juste qu'on le remplit de mauvaises priorités. On n'a jamais autant gaspillé notre temps sur les réseaux sociaux, à faire des choses qui ne sont pas forcément utiles à nos vies. Et toute une question, encore une fois, de priorité, c'est de se dire, plutôt que de passer deux heures sur Instagram par jour, est-ce que je n'irais pas plutôt aller visiter un des parcs dans Paris que je n'ai jamais vu, et puis regarder ces arbres grandir et ces oiseaux chanter, ou aller dans ce café où je n'ai jamais été, et puis oser parler à mon voisin de table ? Je crois que c'est vraiment une posture par rapport au monde qui se cultive, et on met notre énergie là où on veut la mettre. Et c'est une phrase que m'avait dite une femme un jour en Inde, justement. dans un ashram. Une femme qui avait eu un grave accident, elle était passée sous un camion. Par miracle, elle est revenue vivante, mais bon, elle est tétraplégique aujourd'hui, donc elle se déplace en fauteuil roulant. Et donc, son énergie chaque jour est comptée. C'était une femme hyper active qui faisait beaucoup de choses, qui était profondément amoureuse de la vie. Et elle m'a dit, en fait, cet accident a été mon plus beau cadeau, parce que j'ai réalisé que je dispersais mon énergie partout avant, parce que je ne savais pas ce qui comptait vraiment pour moi et que... Au final, m'agiter dans tous les sens comme je le faisais, c'était une manière de me sentir vivante alors que je passais à côté de tout. Et aujourd'hui, j'en fais beaucoup moins, mais quand je le fais, je le fais plus lentement. Je sais pourquoi je le fais et je décide de à qui et pourquoi je donne mon énergie. Et elle m'a dit, il y a une seule chose sur laquelle tu as véritablement le contrôle dans ta vie. Une seule. Tout le reste, tu ne contrôles rien. C'est ta jauge d'énergie. Tous les matins, tu te lèves, tu as un certain quota d'énergie. Tu décides de à qui, à quoi et pourquoi tu le dédies. Les gens qui te drainent de l'énergie, tu peux choisir d'arrêter de voir ces gens-là. Les activités qui te drainent de l'énergie, tu peux... Et l'inverse, pareil, tout ce qui t'élève, qui te fait grandir, qui te nourrit, tu peux décider d'y consacrer plus de temps. Tout n'est qu'une question de choix. Et de ces choix, s'en suivent évidemment une certaine discipline, parce que c'est sûr qu'on veut aller à la facilité. C'est quelque part très mécanique d'aller vers des choses qui ne nous font pas forcément du bien sur le long terme, mais à court terme, ça nous procure de la dopamine. Donc, aller chercher des likes sur les réseaux sociaux, manger du sucre, voir un tel, même si on sait que c'est une relation toxique, faire ça, même si on sait qu'au final, c'est juste pour de la reconnaissance sociale et que ça va nous éloigner de la paix intérieure. Donc, au fond de nous, on sait ce qui compte vraiment, mais on n'a pas forcément le courage d'y aller.
- Speaker #0
Et parfois l'idée, je pense que... Je pense que tu es ce genre de clé. Je ne sais pas si je l'ai encore, ce truc-là, cette lumière, mais tu es ce genre de clé. Tu peux être ce genre de clé pour les gens parce qu'il faut des gens comme toi. Il faut des gens qui ont la foi de ça. J'avoue que j'ai perdu un peu, puisque je passe trop de temps ici. Mais c'est important. J'ai fait exprès de te dire ça, mais on conclura là-dessus. Je pense que la clé de l'apaisement, elle est justement de s'autoriser à ne rien faire. Parce que ne rien faire, c'est faire quelque chose. Je pense que c'est une des choses que tu as appris et construit là-bas. C'est que t'as appris à regarder.
- Speaker #1
Et à ne pas rentabiliser le temps.
- Speaker #0
Ouais, bah il est pas très rentable, de toute façon, on va tous au même endroit, à peu près.
- Speaker #1
Mais apprendre à ne rien faire, je crois que c'est la plus grande et belle forme de résistance contemporaine aujourd'hui. S'ennuyer.
- Speaker #0
Donc on cuira là-dessus, merci. Mademoiselle.