- Speaker #0
C'est ce qu'un prof me disait hier, Nico, c'est que l'IA, c'est carrément la fin des devoirs. La fin des devoirs, je ne sais pas, mais en tout cas, il est temps d'apprendre à nos enfants à apprendre.
- Speaker #1
Ok, ben écoute, ça m'intrigue. AI Unboxed,
- Speaker #0
le podcast qui démystifie l'IA.
- Speaker #1
Je suis Hop,
- Speaker #0
je suis Nico,
- Speaker #1
et ensemble, on partage nos échanges sur cette révolution. Let's go ! Bon, apprendre à apprendre, ça m'a l'air un peu philosophique. Je suis sûr que tu as une bonne explication pour me faire comprendre ce concept.
- Speaker #0
Non, mais apprendre en tout cas ne sera jamais plus comme avant. Comme nous, quand... Alors nous c'est un peu tard, mais à l'UNIF on a pu commencer à voir ce que c'était l'éducation avec un accès à Internet. Apprendre avant l'accès à Internet, c'était apprendre complètement différemment. Apprendre avant les imprimantes, c'était apprendre complètement différemment. Il y avait moins de syllabus, les photocopieuses ont changé l'université. Donc chaque apport technologique a changé. la façon dont on se forme, dont on apprend. Et dans cet épisode, on va parler autant de la partie apprendre à nos enfants, tout ce qui est IA et qui nous concerne, et tout ce qui est le futur de la société et de la technologie, mais aussi comment, en entreprise, on doit envisager ce côté formation semi-permanente pour ne pas être largué dans les nouvelles technologies.
- Speaker #1
Apprendre, apprendre également. Mais ce qui est intéressant dans ce que tu racontes, c'est qu'en fait, on est inquiet que nos enfants seront tellement supportés par l'IA qu'ils n'apprendront peut-être plus à avoir cette pensée critique, etc. Alors qu'à l'opposé, en entreprise, on a peur ou on est inquiet que le staff ne pourra pas apprendre l'IA. Donc c'est vraiment une grande tension avec aussi l'arrivée de nouvelles recrues sur le marché du travail.
- Speaker #0
La vérité sera certainement au milieu. Il fut une époque euh... pour un journaliste, le plus dur, c'était de trouver l'info. Ou pour un citoyen même, en fait. C'était d'avoir un journal et de choisir le bon journal, parce qu'il n'y en avait que trois. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Ce n'est pas du tout difficile de trouver une info. Ce qui est très difficile, c'est de pouvoir vérifier si elle est vraie ou pas, si c'est une fake news, si elle a des sources vérifiables. J'allais dire,
- Speaker #1
aujourd'hui, on peut même facilement créer des infos.
- Speaker #0
On peut super facilement générer des infos, évidemment. Donc oui, je pense que voilà ce qui doit changer, notamment si on commence par le début, c'est l'éducation de nos enfants. On est tous les deux pères de famille. Ils sont un peu plus âgés que les miens, mais moi, ils sont encore dans l'éducation primaire-secondaire. Et oui, quand j'entends qu'on va certainement apprendre à ma fille à envoyer des mails en première-secondaire, j'ai l'impression qu'on a déjà un train de retard en termes de programme éducatif pour nos enfants par rapport aux nouvelles technologies. Et on m'a même dit non, c'est pas apprendre à envoyer un mail, c'est apprendre à utiliser Outlook. Dans un autre épisode qu'on a eu ici dans AI Unboxed, on a parlé de la souveraineté numérique. Donc ici, c'est carrément, on apprend à des enfants à 12 ans à comment utiliser un outil américain propriétaire.
- Speaker #1
C'est bien la première fois qu'on apprend aux enfants à être dépendants à l'école. Exactement,
- Speaker #0
exactement. Donc, il doit y avoir d'autres exemples. Mais en tout cas, au niveau technologique, c'est comme ça, c'est un choix. Et ce n'est pas un choix anodin.
- Speaker #1
Apprendre à apprendre, ça... Ça requiert quoi ? J'allais presque dire qu'est-ce qu'il faut apprendre, mais là, ça devient compliqué. Quels sont les éléments, les compétences qui sont clés, justement, pour...
- Speaker #0
C'est ce côté débrouillardise. C'est ce côté... Moi, j'ai toujours dit à mes enfants, je veux vous apprendre à pêcher et pas vous donner un poisson tous les jours. C'est un peu ça. On a tous... N'importe quel formateur, comme je peux l'être, ou n'importe quel conférencier, à un moment, il a dû apprendre aussi lui-même. donc On peut apprendre de plein de façons différentes et encore une fois, on doit démultiplier les sources autour de nous. On doit être intelligent, on doit être créatif dans son approche de la formation et de l'apprentissage. Et pas uniquement comme je l'ai déjà vu, des gens qui disent moi j'ai lu 10 bouquins sur ChatGPT, je me suis formé. Non. Il faut plonger dedans. Ou des gens qui disent moi je l'utilise tous les jours. Ben non, parce qu'en fait tous les jours tu lui poses une question, il te répond.
- Speaker #1
Tu fais tous les jours pareil.
- Speaker #0
Voilà, c'est pas ça de la formation, c'est pas ça de l'apprentissage avancé. Mais quand tu dis...
- Speaker #1
débrouillardise ou initiative, etc., il faudra aussi apprendre à lâcher les contrôles, comme d'ailleurs quand on apprend à pêcher plutôt que de donner un poisson.
- Speaker #0
À faire confiance, en fait. En fait, à faire confiance à ses outils. Donc le plus dur, c'est de bien les choisir. Si on continue sur la pêche, c'est intéressant. Tu peux avoir la meilleure technique du monde. Si ton fil de pêche n'est pas assez épais pour ton poisson, il va lâcher. Si tu utilises les mauvais outils, tu n'arriveras pas à... Mauvais appât. Oui, les mauvaises affaires. Et pour utiliser les bons outils, il faut connaître ses besoins. Donc pour moi, apprendre, c'est ça. Apprendre à apprendre, c'est ça. C'est apprendre à comprendre ce dont on a besoin et ce qui va nous aider, la boîte à outils qui va nous aider à arriver à atteindre nos objectifs.
- Speaker #1
En même temps, il ne faut pas seulement, pour moi, faire confiance aux outils, mais aussi à ses collègues. Et même dans ce cas-ci, ce sera peut-être... Là où avant, le collègue expérimenté, avec pas mal d'ancienneté, etc., avait peut-être du mal à faire confiance aux petits jeunes qui venaient de débarquer, ici, c'est carrément l'opposé. C'est qu'il va falloir trouver une façon de capitaliser sur les connaissances des générations nouvelles qui ont grandi avec... Les aéritives. Voilà. Et trouver un moyen pour qu'eux fassent confiance à leurs collègues avec plus d'expertise, pour réussir le défi quelque part.
- Speaker #0
Oui, et le mix entre les deux. On a eu le coup un peu avec la génération Internet, on va le dire, ou en tout cas numérique, qui sont nés avec Internet, avec un téléphone en main. Quand ils arrivent dans les entreprises maintenant, c'est toujours vers eux qu'on se tourne pour des montages, pour les réseaux sociaux, parce qu'ils ont ça en eux. Je pense qu'avec l'IA, je l'espère, si on met les choses en place, et on va en parler un petit peu en termes d'éducation, S'il y a des initiatives un peu plus malines que juste d'apprendre à utiliser Outlook à des enfants de secondaire, on pourrait arriver à ça évidemment. Et arriver au fait que, j'en parle dans une chronique d'ailleurs sur Media Marketing, nos enfants pour eux, l'IA est moins magique que pour nous. Puisque pour eux, l'IA c'est comme ceux qui sont nés avec Google, c'est un formulaire dans lequel on pose une question et l'ordinateur nous répond. Ça leur semble tout à fait naturel. Donc ils n'auront déjà pas cette... sorte de barrière un petit peu de l'effet waouh, de se dire waouh c'est magique et ce biais de satisfaction que nous on a en disant c'est quand même incroyable parce que pour eux c'est totalement natif dans leur manière de réfléchir par contre il faut des initiatives à l'école, il faut justement leur apprendre à pouvoir chercher des modèles de langage alternatifs à comment les tester Comment apprendre à apprendre avec ces modèles ? Justement,
- Speaker #1
tester, pour moi, c'est quelque part le troisième ou le quatrième élément. Donc il y a la créativité, l'esprit d'initiative et puis l'esprit critique.
- Speaker #0
Tout à fait. Et l'expérience. Tester, c'est de l'expérience, en fait. Un menuisier qui me dit, moi, c'est la première fois que je construis une cabane, s'il vient chez moi, je n'aurais pas trop envie. S'il me dit, j'ai construit déjà 50 cabanes dans ma vie, les trois premières, elles sont tombées, elles étaient mal faites. Il n'y a pas de problème en fait. Je suis très content d'ailleurs qu'il ait fait ses erreurs avant de venir chez moi. Donc c'est ça aussi expérimenter, c'est faire des erreurs, c'est tester. En formation dans les PME, ils me disent oui mais par où on commence ? Et je réponds toujours au management en tout cas, commencez par dégager. D'abord commencez par le début, c'est-à-dire dégagez du temps pour que vos équipes puissent l'utiliser. Parce que si vous dites à vos équipes, allez-y, utilisez ChatGPT et qu'ils doivent tout de suite le faire dans une situation et dans des circonstances pour laquelle d'ailleurs ils n'ont certainement pas été formés, dans des circonstances tendues, stressantes pour eux au niveau business, ça n'ira pas.
- Speaker #1
C'est déjà un début.
- Speaker #0
Ils ne prendront jamais de risques, ils ne découvriront jamais les choses. Et en fait là, ils ne feront que suivre le manuel et utiliser les outils de manière un peu basique.
- Speaker #1
La disposition, c'est déjà une première façon de lâcher prise et de lâcher contrôle. Est-ce qu'on peut résumer à ça ? compétence qu'il faut inculquer aux enfants, c'est-à-dire aussi pour quelque part faire en sorte qu'ils ne soient pas remplacés par l'IA, qu'on développe vraiment cette complémentarité entre l'intelligence artificielle et l'intelligence humaine, quitte à ce qu'ils ne soient pas remplacés par l'IA, mais qu'ils remplacent quelqu'un qui n'utilise pas bien l'IA ?
- Speaker #0
Oui, ça, en même temps, leur génération, ils utiliseront tous l'IA. Donc cette phrase-là... Oui,
- Speaker #1
mais... Alors, attends... Je voudrais remplacer quelqu'un qui utilise l'IA moins bien que moi. Oui, voilà,
- Speaker #0
alors c'est ça, parce que notre génération, c'est ça qu'on nous dit. On nous dit maintenant, vous êtes dans le monde du travail depuis longtemps, si vous n'utilisez pas l'IA, vous allez être remplacé par quelqu'un qui utilise l'IA. Ok, nos enfants, il n'y aura pas de si vous utilisez l'IA. Ils utiliseront tous, d'une manière ou d'une autre, quotidiennement, et ce sera encore une fois intégré dans leur nature propre, que ce soit pour le boulot ou pour la vie privée. Leur assistant au travail ou leur assistant de vie privée, d'ailleurs ce sera d'après moi certainement le même, parce qu'il pourra faire des ponts entre la vie privée et le travail, la vie professionnelle et tous les enjeux qu'on a dans notre vie. Donc pour eux, c'est plus une utilisation raisonnée et notamment aussi une forme d'esprit critique que je pense est très importante. Nous, on nous apprenait déjà en journalisme dans les écoles de communication à développer l'esprit critique, mais c'est développer un esprit critique sur un documentaire ou un petit reportage d'un journal parlé.
- Speaker #1
à l'époque la référence pour vérifier l'info était claire, bien établie. Il n'y a plus du tout le cas aujourd'hui.
- Speaker #0
Sauf que pour vérifier la référence qui était écrite en bas à droite, il fallait encore, on n'avait pas Internet, donc il fallait encore avoir les outils qui trouvaient l'endroit, l'information qui nous permet de croiser des sources. Ici, effectivement, il y a beaucoup plus de contenu, donc il y a beaucoup plus de fake, mais il y a beaucoup plus d'outils et de moyens et d'informations disponibles pour se faire sa propre idée. Voilà. Est-ce que la Terre est plate ? Il n'y a jamais eu autant de contenu sur Internet, donc dans la base de connaissances humaines, sur le fait que la Terre est plate, avec autant de gens qui essayent de prouver par A plus B que leur théorie fonctionne. Il n'y en a jamais eu autant. Et pourtant, il n'y a jamais eu autant de contenu scientifique et partagé et public qui prouve que la Terre est plate et d'expériences d'astronautes où je n'en sais rien, qui sont documentées, etc. Donc voilà, ça fait partie du jeu. Tout augmente et la connaissance, c'est la même chose.
- Speaker #1
Alors essayons d'être très concrets. Comment justement aider, éduquer, que ce soit nos enfants, les employés, les collègues, pour développer ces compétences nécessaires à l'IA ?
- Speaker #0
Je pense que l'expérience est une des seules réponses valables, c'est-à-dire, comme tout junior, la première année où tu utilises un outil, tu ne seras pas un expert. Tu vas peut-être l'utiliser de mieux en mieux, mais tu ne seras pas un expert. Et on devra faire confiance à des vieux de la vieille qui jonglent avec des modèles de langage, qui ont déjà vu tous les biais qu'ils ont, etc. Donc, d'abord l'esprit critique et puis aussi l'information. Parce que derrière un chat comme ChatGPT, on en parle aussi assez dans ces podcasts, il y a beaucoup de biais. Et être conscient de ça, être conscient qu'on peut faire dire ce qu'on veut à un modèle de langage. Ce qui n'était pas tout à fait le cas avec Google. Google, lui, nous référençait un listing de sites web un peu froid. Après, derrière, sur le site web, peut-être qu'il y avait de l'info qui n'était pas juste. Mais Google, en tout cas, nous donnait un résultat qui était concret, qui était réel, c'est-à-dire qu'on pouvait cliquer et c'était là. Les modèles de langage peuvent halluciner, peuvent créer des choses qui n'existent pas. Donc ça, il faut faire très attention et il faut que les enfants en soient conscients.
- Speaker #1
Ok Nico, peut-être qu'on peut s'inspirer de ce qui se passe ailleurs. Est-ce que tu as pu trouver quelques exemples spectaculaires de ce qui se passe ailleurs, dans d'autres pays ?
- Speaker #0
En termes d'enseignement et de formation sur l'intelligence artificielle ? On va dire sur les nouvelles technologies en général, pour ne pas être trop réducteur. Oui, la Chine, qui est un pays qui, quand il décide de bouger, bouge vite, a bien compris qu'il pouvait avoir une vraie avancée là-dessus. Et contrairement aux Etats-Unis, où en termes d'enseignement, c'est un peu plus le bazar, si je puis dire. Et c'est moins homogène qu'en Chine. Oui,
- Speaker #1
ça j'allais dire.
- Speaker #0
Moi, en Chine, quand il y a une décision qui est prise, c'est la même chose pour tout le monde. Donc en Chine, l'IA est obligatoire dès la première primaire. En tout cas, dès le primaire. Donc des enfants en dessous de 12 ans vont déjà avoir des notions d'IA et c'est très bien comme ça. Et ça, ça fait déjà un an que c'est le cas. Donc il faut imaginer que quand ils arrivent en secondaire, ils ont déjà des notions. En secondaire, ça va certainement continuer. Donc un enfant qui arrive à l'université, c'est même plus un sujet. Un enfant chinois qui va arriver à l'université, il maîtrisera tout l'univers IA. En tout cas, il aura des notions de ce qu'il y a derrière.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais te demander, est-ce qu'ils sont formés à l'utilisation de l'IA ? Ou il y a quand même, même en Chine, certains aspects d'esprit critique et de comprendre l'IA, de comprendre les mécanismes de l'IA ?
- Speaker #0
Je n'ai pas regardé les programmes, mais je sais que ce sont les fondamentaux de l'IA quand même. Donc, qu'est-ce que c'est ? Et toute cette différence aussi avec le machine learning, l'histoire de l'informatique en général, juste pouvoir situer l'IA, ce n'est pas quelque chose qui est tombé comme ça des nues par OpenAI, qui nous l'a jeté à la figure il y a quelques années. Non, l'IA, ça fait des dizaines et des dizaines d'années, voire beaucoup plus que ça, que des scientifiques de l'informatique savent que ça va arriver et prédisent que ça va arriver avec le machine learning, le deep learning, les algorithmes, etc. Et l'arrivée d'Internet qui l'a permis. Mais pour revenir sur certaines initiatives, je sais qu'aux Émirats arabes unis aussi, où tu sais qu'eux, ils ont les moyens de leurs ambitions quand ils décident quelque chose et ils savent très bien que le pétrole ne sera pas... infinie. Donc là, c'est des 4 ans. C'est encore beaucoup plus impressionnant qu'en Chine. Ils ont une vingtaine d'heures des 4 ans sur l'IA et ça porte sur comment écrire des bons prompts, quelle est l'éthique pour l'IA, l'évolution des contenus qui peuvent être générés par l'IA, etc. Ça, c'est assez impressionnant. Je me demande ce que ça va donner. C'est une moins grande ampleur que la population chinoise, mais c'est en train d'arriver.
- Speaker #1
Et chez nous ?
- Speaker #0
Chez nous, il n'y a pas grand-chose qui se fait en termes de l'État, malheureusement. Contrairement à la plupart des exemples existants en Asie, aux Etats-Unis il y a un programme qui se fait, mais encore une fois c'est un peu plus compliqué à mettre en place. Les Allemands sont en train de bouger un petit peu aussi, quelque chose qui s'appelle Open Roberta, c'est un projet qui propose aux enfants de commencer très tôt à programmer des robots, pour comprendre un petit peu cette relation qu'on a avec... Et donc en Belgique, des vraies initiatives sur l'éducation et l'IA, il n'y en a pas tant que ça. projet dont on peut parler. Il y a un petit projet qui s'appelle Studify, lancé par des jeunes qui sortent de l'UNIF ici en Belgique et qui a comme ambition d'aider les étudiants à étudier. On était dans l'apprendre à apprendre, c'est un petit peu le cas. C'est un outil qui te permet d'abord en plus du fait qu'il est belge, et on parlait de la souveraineté dans un autre épisode, et qui protège les données, etc. des étudiants. Il est capable de profiler l'étudiant. On le nourrit avec des infos, ses cours, ses thématiques. Et il nous fait un programme d'études complètement adapté. Donc, c'est vraiment un prof particulier à la maison. Chaque étudiant peut avoir le sien. C'est une belle initiative. C'est un modèle de langage aussi propre. Donc, il coche une série de cases. L'app est disponible sur les stores.
- Speaker #1
C'est peut-être par là qu'il faudrait commencer. c'est de regarder comment intégrer les professeurs dans un grand mouvement d'intégration de l'IA, parce qu'effectivement, l'exemple que tu cites, moi je ne connaissais pas la plateforme, mais c'est ce que j'ai, moi, appris, notamment de ma fille, qui ici, récemment, vient de terminer son mémoire. Et de 1... Depuis quelques temps déjà, deux, trois ans, je crois, quand il y avait un syllabus, elle balance le syllabus dans ChatGPT pour demander des questions, des examens. Donc il y a effectivement une autre façon d'étudier, de se préparer à un examen. Et puis, son mémoire en fait portait sur l'utilisation de l'IA dans l'enseignement économique, entre guillemets. Pourquoi économique ? Parce qu'elle faisait un master en économie. Mais ce qui était assez étonnant, c'est qu'il y avait une enquête et auprès des élèves et puis des interviews des professeurs. Et ce qui était vraiment frappant, que les inquiétudes, les angoisses, voire les idées arrêtaient des profs sur comment se positionner des élèves par rapport à l'IA, qu'ils n'avaient pas d'esprit critique, qu'ils n'étaient pas conscients des risques, etc. Et la réalité, peut-être même que les élèves, les étudiants, étaient plus au courant des risques. Et non, ils n'utilisaient pas ça uniquement pour complètement se remplacer parce qu'ils sont paresseux et parce qu'ils n'ont pas envie de travailler et d'étudier. Ils ont peut-être même vraiment développé une peur de l'IA, mais plutôt, si je l'utilise trop, je vais être pénalisé parce qu'on va croire que je n'ai pas travaillé, que j'ai fait du plagiat, etc. Jusqu'au point où il leur était recommandé de ne pas balancer leur mémoire. dans un outil de détection de plagiat, parce que la crainte était que du coup, le texte avait déjà été une première fois dans l'outil, et que l'algorithme aurait appris, et que donc la deuxième fois reconnaîtrait ou mettrait un label plagiat. Donc voilà, il y a toute une dynamique où il y a un défi pour les profs certainement, mais où ils peuvent peut-être aussi apprendre des élèves, et c'est très compliqué. Effectivement, je donnais l'exemple de profs qui disaient voilà, c'est la fin des devoirs. Pour moi, ce n'est pas la fin des devoirs, c'est la fin du devoir tel qu'on le connaît.
- Speaker #0
Évidemment, mais déjà dans l'enseignement, même avant l'IA, ils sont en train de dire est-ce que les devoirs, c'était vraiment quelque chose de concret et d'utile.
- Speaker #1
De toute façon, même si à notre époque, personne ne recopiait le devoir d'un autre.
- Speaker #0
Ça n'arrivait pas. Donc oui, l'apprentissage, encore une fois, que ce soit dans les écoles ou dans les entreprises, dans les formations continues, justement, il devient continu. C'est déjà ça, on ne doit pas attendre. Oui, moi, tous les premiers lundis du mois, j'ai ma formation en entreprise qui va m'apprendre ça. Et puis j'attends un mois et j'ai mon volume 2. Non, maintenant, c'est tout le temps. C'est continu. On a ça en poche. On a une question. On peut lui demander de faire une recherche, de nous expliquer quelque chose. Il est actif parce qu'on peut, du coup, comme l'exemple des étudiants, dire tu me fais un programme d'études. Tu m'envoies une notification tous les jours avec Task de ChatGPT. On peut le faire. Tous les matins, tu m'envoies un email avec ça, ça, ça et ça comme information. donc on peut créer un programme, un agent peut nous aider à créer un programme d'apprentissage et il est évidemment individualisé. Ce qu'on peut imaginer dans l'école du futur, c'est des enfants qui arrivent à l'école. Alors encore une fois, je ne dis pas que c'est ce que j'ai envie qu'il arrive, je dis que c'est ce qu'il va potentiellement arriver et certainement. Ils arrivent dans leur classe d'école, ils ont un professeur, ils sont accueillis, etc. Et puis chacun met son oreillette et chacun a accès à son prof à lui, qu'il le connaît très bien depuis le plus jeune âge, qu'il l'a suivi, qu'il connaît ses particularités, ses qualités. ses défauts ou ses faiblesses. Et sur la thématique du jour que le prof veut que les élèves apprennent, chacun a ses exercices dans ses oreilles complètement personnalisés pour lui. Avec ses problèmes, il peut demander de l'aide à son prof virtuel. Et la prof, elle, elle passe entre les bancs, elle demande, elle dit écoute, si jamais ton prof IA est un peu trop dur ou trop méchant, viens, je peux t'expliquer des problèmes. Et elle prend le relais de manière humaine. Potentiellement, ça va être ça. Et les enfants à la maison pour... ils ont un problème avec les devoirs, ils pourront vraiment avoir un accompagnement personnalisé. Alors ça n'enlève pas l'accompagnement des parents et tout, tout l'amour et l'emballage qu'on peut mettre d'accompagner son enfant et d'être présent pour son enfant. Mais ce sera quand même un plus.
- Speaker #1
Et comment intégrer ou transposer ce modèle au monde des entreprises ?
- Speaker #0
C'est un peu la même chose. Un employé qui ne comprend pas ou qui a besoin d'une formation pour un... pour un nouveau software que l'entreprise a utilisé ou qui a besoin d'une formation pour un concept qu'elle ne connaît pas, elle peut s'auto-créer, soit via évidemment le modèle de langage de l'entreprise centralisé, soit elle dans son coin, dire maintenant je vais me créer une formation pour tel secteur d'activité, dans mon rôle à moi, j'ai tel âge, j'ai telle formation, donc je veux que tout ça soit adapté, j'ai tel challenge dans ma vie de tous les jours, forme-moi à l'utilisation de cet outil.
- Speaker #1
mais là on part du principe que déjà l'ouverture à la formation la nouvelle technologie soit en place.
- Speaker #0
Mais c'est ça, apprendre, apprendre. Apprendre, apprendre, c'est ça. C'est donner le réflexe à la personne de se dire cette thématique, je ne la connais pas. Et beaucoup auraient dit non, non, mais ça, moi, je ne connais pas. Moi, je n'ai pas été formé pour ça. À l'université, moi, j'ai fait du marketing et de la pub. Donc, ne me demande pas des questions de comptabilité, de fiscalité. Je n'en sais rien. Mais non, maintenant, tout est accessible à tout le monde. Les formations vont être démocratisées, évidemment, personnalisées, évidemment, et actives. C'est-à-dire qu'elles seront toujours présentes et réactives par rapport à un problème qu'on a. ... Tu sais, maintenant, on en avait parlé, c'est pas Notebook LM, mais le Google Studio, il est capable de regarder ton écran. Il y a maintenant des navigateurs qui le font aussi. Ils le font dans Chrome, mais ils voient ton écran. Et donc, tous les services de support où on ne savait pas comment utiliser tel software ou nous, les softwares, pour monter ce podcast, eh bien, il suffit de discuter avec Google et il va t'aider mieux que l'IT qui venait en râlant pour t'aider quand tu avais un problème informatique à l'époque.
- Speaker #1
Pour créer cette ouverture, Certainement pour des employés avec plus d'ancienneté, parce qu'ils sont ancrés dans les habitudes, que ce soit l'utilisation technologique ou autre. On en a déjà souvent parlé, la confiance. Mais cette fois-ci, l'exemple ici auquel je pense n'est plus tellement la confiance dans la technologie, mais plutôt la confiance dans les nouvelles recrues fraîchement arrivées. et mettre en place un système de parrainage, par exemple, plutôt que d'avoir un collègue expérimenté qui parraine un jeune débutant. L'inverse, est-ce que ça pourrait fonctionner, justement, pour donner ce visage plus humain, cette touche plus humaine, pour outrepasser cette réticence ? Et intergénérationnel aussi,
- Speaker #0
parce que, encore une fois, l'exemple de tout à l'heure, le jeune, lui, il va arriver en entreprise, maintenant, il va dire, je ne dois pas me former à Tchad GPT, je le connais très bien, je l'utilise tous les jours, alors que son collègue de... 45 ans, il a dû suivre 4 formations, faire ses exercices, créer ses agents, machin, machin. Donc oui, c'est une bonne idée aussi de retourner. Mais c'était un peu le cas avec Internet et les réseaux sociaux en fait en entreprise maintenant. Tous les stagiaires et les juniors, idem, c'est vers eux qu'on se tourne quand on a une petite question un peu stratégique ou technique sur ces thématiques-là. Donc oui, un parrainage inversé, c'est une très bonne idée. Et puis le parrainage de notre modèle de langage aussi, si l'entreprise est bien organisée. On a un parrain permanent à côté de nous qui peut, au-dessus de notre épaule, nous donner des conseils, nous expliquer ce qui se passait les années avant, nous partager ce qui s'est dit dans les dix dernières réunions sur cette thématique, quelle est la vie globale de l'entreprise. Il y a vraiment quelque chose de positif là-dedans.
- Speaker #1
Il y a même une compétence supplémentaire à acquérir dans cette nouvelle ère qui est la traduction. Celui qui connaît le sujet pour qu'il parvienne à embarquer, que ce soit des collègues ou des amis, il va falloir qu'il parvienne à traduire ce monde technologique vers le monde réel, vers le monde de l'entreprise, vers le process existant. Ce qui est aussi un don, c'est qu'il faut de l'empathie pour ça, pour que je te traduise quelque chose, il faut déjà que je comprenne ton problème, tes réticences.
- Speaker #0
Parce que ton prompt à toi n'est pas le même que moi. On a tous les deux le même objectif, mais on ne va pas prompter de la même manière. pour y arriver. Et c'est une forme d'empathie tout à fait, et c'est ce qui va nous ramener à être humain, c'est ça, c'est ce côté je veux m'adapter pour l'autre parce que je suis empathique et que je veux partager ça avec mes collègues humains.
- Speaker #1
En plus du parrainage, je me rappelle ces proches sans être individualisés comme un parrain et un parrainé, c'est la méthodologie ou l'approche qui avait été développée lors de mon époque chez la Lorraine. où il y avait vraiment un programme avec des champions locaux. Là, c'était pour le roll-out de Teams. C'était juste avant le Covid. Donc, on avait un tout petit peu devancé ce besoin urgent. Mais où effectivement, dans chaque département, dans chaque service, dans chaque BU, on identifiait les enthousiastes de la technologie, les enthousiastes de Teams en l'occurrence. Et on essayait de diffuser au travers d'eux de bonnes pratiques. Et du coup, on a cette proximité, c'est-à-dire que ce n'est pas un helpdesk au loin, ce n'est pas un spécialiste dans un autre pays, c'est quelqu'un dans l'équipe qui peut de façon beaucoup plus organique expliquer, montrer et appliquer vraiment à la réalité les besoins de demain. Ce n'est pas non plus le grand concept, mais c'est vraiment de petites utilisations, de petites astuces qui petit à petit abattent les barrières.
- Speaker #0
Tout à fait, et la barrière technologique, c'est intéressant parce que quand je suis en train d'y penser... Pendant longtemps, les formations en entreprise, les formations technologiques, numériques, c'était souvent des formations techniques. Donc c'était souvent, il faut pouvoir maîtriser un programme comme Photoshop, un programme comme Salesforce, SAP, Odoo. C'est souvent un peu technique, il faut savoir cliquer là, il faut jongler, il y a une base de données. C'est comment utiliser un outil, c'est la complexité.
- Speaker #1
Et il faut avoir bien étudié avant de commencer à voir le retour. Tout à fait.
- Speaker #0
Et cette barrière-là est tombée. Je le répète. Jamais assez, la compétence c'est de savoir s'exprimer, savoir parler, savoir discuter et poser les bonnes questions. Encore une fois, quand on pose bien son problème, on l'a résolu à 50%. Et donc c'est ça qui change, on ne forme plus un usage, une utilisation d'un outil, mais on forme à une pensée, à une vue d'esprit, à une forme de la façon dont on structure une stratégie. Une stratégie d'un besoin, d'une demande. Une demande de quoi que ce soit comme contenu qu'on peut lui demander de générer, comme information.
- Speaker #1
Du coup ?
- Speaker #0
À t'écouter, je me dis que l'enseignement des langues, en particulier de la langue maternelle, est plus important que jamais. C'est-à-dire qu'on ne peut pas apprendre à s'exprimer, à synthétiser, à structurer, si on ne maîtrise pas ne fût-ce que sa langue maternelle.
- Speaker #1
Évidemment, ça c'est un de mes grands leitmotifs aussi. On a encore eu le débat ce week-end avec des amis, c'est compliqué, mais pour moi... Un, il est très important qu'on maîtrise sa langue maternelle. Et nous, on a le français qui a beaucoup de subtilités dedans. Moi,
- Speaker #0
j'ai le néerlandais.
- Speaker #1
Oui, je sais, mais là, on parle en français. Mais la langue française est effectivement assez riche, complexe parfois aussi. Mais elle peut permettre une forme de richesse. Et maîtriser sa langue maternelle, c'est très important. Pour nos enfants, je ne parle pas de pour nous, moi je regrette de ne pas parler aussi bien néerlandais que tu parles français par exemple. Heureusement on a l'anglais qui nous unit tous, on va dire, de notre génération c'est certain. Pour d'autres raisons l'anglais peut être important, mais je pense que nos enfants doivent, si j'avais le choix, je pousserais plus d'heures de français dans l'enseignement ou de la langue maternelle que d'heures de néerlandais, d'espagnol ou d'anglais. Parce que le temps de cerveau de mes enfants, je préfère qu'ils soient pris par la maîtrise de leur langue maternelle. et pourquoi pas par la maîtrise d'outils IA et de compréhension des modèles de langage, etc. Parce que ce sera très important pour leur futur pour communiquer avec les machines, mais aussi ils auront moins besoin des langues. Ils auront cette oreillette qui traduit instantanément avec la voix de l'autre, ils auront leur réunion Teams où chacun parle sa langue et tout le monde se comprend. Ils auront finalement moins de barrières linguistiques comme moins de barrières technologiques.
- Speaker #0
En fait, sur le long terme, on vient pour une fois de résumer cet épisode à 30 secondes. C'est que la solution... En bref, c'est l'enseignement linguistique et l'apprentissage de la langue maternelle.
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait, oui. Et quand même, c'est de vue d'esprit parce qu'il y a le fond et la forme. Le langage, c'est évidemment la forme. Le fond, c'est de comprendre son problème, de savoir découper l'éléphant en plusieurs morceaux. Exactement. Structurer, synthétiser, conclure, faire des demandes précises, etc. Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Ok. Sur ce, zoom out. Une dernière fois. On a beaucoup parlé de compétences, de connaissances, etc. Et au fil de l'épisode, je me dis, mais en fait, ce qu'il faut, ce n'est pas une formation, ce n'est pas un parrain, c'est une véritable révolution de la culture d'entreprise.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Alors c'est facile à dire, ici autour de la table, après pour l'implémenter, pour le réaliser, ça c'est tout.
- Speaker #1
C'est facile à dire, c'est très dur à implémenter parce qu'il n'y aura pas un jour zéro. Parce que, peut-être, s'il y a une vraie crise, je ne le souhaite pas, mais une vraie crise du commerce mondial et du business en général. Mais il n'y aura pas de jour zéro où on recommence tout à zéro avec que des jeunes. Donc il y aura toujours des transitions. Comme il y a eu avec Internet. Ils sont rares maintenant dans une entreprise, les vieux dinosaures, ils disent « Internet, c'est pas mon truc » . Ils sont devenus très rares. Ça a évolué très vite. Et je pense que dans quelques années, quelqu'un qui dit « L'IA, c'est pas mon truc » , ça n'aura pas de sens. C'est comme quelqu'un en entreprise qui dit « Les emails, je n'aime pas » . On ne t'a pas demandé si tu aimais bien. On t'a dit que sans ça, tu ne sais plus travailler. Donc... Oui, c'est une forme d'état d'esprit qui doit changer. Et c'est plus difficile pour des gens de notre génération, en général, que pour des jeunes.
- Speaker #0
Et on n'est en Europe pas forcément très fort. Non, non.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Mais ça, c'est un autre épisode. Je pense que cet épisode-ci, c'était peut-être un rien moins concret quant à l'application immédiate dans un contexte d'entreprise. Tout à fait. Ceci dit, c'est peut-être un épisode qui parle sur l'impact vraiment à très long terme. est-ce qu'il faut à ce niveau-là avec un impact sociétal ? Gigantesque !
- Speaker #1
Mais pour les PME, que ce soit pour les grandes entreprises, on en parle moins, mais pour les PME qui sont vraiment celles à qui on s'adresse ici, c'est un peu la même chose aussi. Une PME doit exprimer ses besoins, finalement. Elle fait des briefings tous les jours à ses partenaires, et maintenant à ses partenaires IA. Donc elle a un peu les mêmes besoins de savoir comprendre, d'avoir une vue globale un peu satellite sur le process de ses opérations et de sa stratégie, de comprendre... où est-ce qu'ils doivent faire travailler les agents IA et où est-ce qu'ils doivent exploiter leur potentiel. Donc c'est aussi les mêmes compétences qu'on dit que nos enfants ont besoin. Ils en ont besoin pour vivre dans la société, mais ils en auront besoin aussi pour travailler et pour faire évoluer nos sociétés et nos business.
- Speaker #0
Écoute, je me dis que je vais devoir redéfinir ce que j'ai toujours appelé mon besoin primaire, c'est-à-dire apprendre. Mais finalement, j'ai compris qu'il va falloir que j'apprenne à apprendre. Apprendre à apprendre. Et sur ce, Nicolas, je te remercie.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
À très bientôt. Ciao,