- Speaker #0
Saint-Brice est arrivé par accident. Mon mari est décédé assez brutalement et je n'avais aucun moyen financier, même psychologique, de pouvoir rester. Donc j'ai fui, on peut dire ça comme ça, j'ai fui pour vivre, pour survivre. Et je considère vraiment Saint-Brice comme une ville d'accueil parce que depuis, tout se passe mieux dans ma vie.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans A l'écoute de Saint-Brice, le podcast de la ville de Saint-Brice-sous-Forêt. Aujourd'hui nous allons explorer l'art du portrait, la résilience et la création avec une artiste exceptionnelle, Annick Amable, que vous connaissez peut-être sous le nom de Pixel. Elle exposera une vingtaine d'oeuvres du 30 mars au 19 avril prochain au Centre culturel Yonel-Terret. Depuis plus de 20 ans, entre collage traditionnel, hachures mosaïques et création numérique, elle crée des portraits où chaque visage, sur fond noir, raconte une histoire et fait ressentir des émotions. Nous allons parler de son parcours, de ses inspirations, de sa technique, mais aussi de son histoire personnelle qui nourrit son art. Des émotions qui traversent ses tableaux. et de la manière dont elle transmet son savoir à travers des ateliers. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous guider dans l'univers sensible et fascinant de Pixelle. Bonjour Annick.
- Speaker #0
Bonjour Sophie.
- Speaker #1
Quel est votre parcours artistique ?
- Speaker #0
Mon parcours artistique commence depuis la plus tendre enfance. J'ai commencé à aimer les arts au collège, j'avais 10 ans. Et j'ai rencontré comme technique le pointillisme. Le prof d'art plastique nous avait demandé de faire un portrait au point. Et ça m'a, et le coup de foudre a eu lieu là. Je me suis mise à faire des points pour dessiner un visage de femme avec des ailes qui sortaient derrière son dos. Énorme. Et à partir de là, je me suis dit, c'est ça que je veux faire. Donc après, j'ai passé un bac à l'ancienne, bac A3. C'était art et philosophie. Et ensuite, malgré beaucoup d'obstacles, le fait d'être une femme noire, on ne m'avait pas destinée à faire de l'art. On m'avait même destinée plutôt dans le sanitaire et social. Et c'est ma mère qui s'est opposée aux décisions des profs et qui a dit non, ma fille ne fera pas ça. Elle fera ce qu'elle aime. Et moi, ça m'a donné du coup des ailes. Je reviens, c'est marrant, en discutant. Et ça m'a donné des ailes, ça m'a donné confiance en moi. Et je me suis dit, c'est ça que je ferai et j'irai jusqu'au bout. J'ai fait un bac à 3. Ensuite, j'ai fait la fac. Et j'étais la seule noire. Première année, deuxième année. En troisième année, il y a eu un jeune homme qui est arrivé, mais j'étais la seule noire en filière artistique à Paris 8. à Saint-Denis, et même là, j'étais vraiment un extraterrestre parce que même des personnes de mes origines ou africaines se demandaient pourquoi je faisais ça. J'étais confrontée plusieurs fois à des questions, mais pourquoi tu ne fais pas ça ? C'était hyper communautaire, comme si parce que j'étais de telle origine, je devrais plutôt faire du droit, etc. Et en fait, à chaque fois que j'étais confrontée à ce genre d'opposition de choix, ça me donnait encore plus de lagnac. Et du coup, je suis allée jusqu'en master. On dit master aujourd'hui, mais c'était en maîtrise. Et j'intègre mon premier boulot, qui était d'être médiatrice culturelle dans la servie d'archéologie. Alors aucun rapport en général. Mais il fallait que je fasse des créations, parce que l'idée, c'était de vulgariser l'archéologie pour les enfants. En créant des outils pédagogiques hyper ludiques pour qu'ils comprennent, par exemple, tout est strata, comment ça fonctionne sous terre, comment on arrive à identifier un siècle, une période, selon la couleur de la terre, etc. Et tout ça sous forme d'outils pédagogiques que j'avais créés. Dans ces missions-là, j'ai été confrontée à faire des montages, faire des fiches pédagogiques, et là, j'ai été amenée à rencontrer. Photoshop, etc. Donc après, j'ai quitté mon boulot pour faire infographiste. J'ai intégré pendant dix ans des boîtes des annonceurs. Et après, je suis partie. Et je suis revenue à mes premiers amours. Art plastique. Et j'ai intégré l'école d'art de Saint-Denis. J'ai été formatrice en art appliqué dans une école dédiée au métier d'automobile. Et puis voilà, je continue toujours avec Preuve d'art plastique. Là, je suis dans une autre vie et ça fait 30 ans que je travaille dans le milieu artistique, en tant qu'enseignante, en tant que créatrice. Depuis quelques années, je mène en parallèle des missions d'atelier à Saint-Brice, à Montmorency, à Stain aussi, où je travaille pour des associations, pour des publics divers et variés. des handicapés, pour apporter vraiment des moments artistiques de création, aussi dans une galerie d'art. J'essaye à chaque fois de proposer des concepts qui permettent vraiment d'accéder à la culture pour tous.
- Speaker #1
Depuis votre première création artistique, vous travaillez uniquement le portrait sur un fond noir. Pourquoi ?
- Speaker #0
Parce qu'il y a plein de symboles sur le noir. parce que c'est ma couleur de peau, parce que je trouve que ça fait partie vraiment de mon identité. J'ai su que j'avais des origines amérindiennes, donc là on remonte aux origines de l'île, parce que je suis martiniquais, d'origine de l'île. Derrière tout, il y a une importation des esclaves, des Africains sur l'île, il y a aussi le fait d'être amérindienne. Ça marque une histoire qui est horrible, qui est le génocide, le génocide des Indiens sur cette île. Enfin, il y a tellement d'histoires super fortes. Tout ça, je le sais et j'essaye d'amener toute cette richesse sur mes origines, ma culture, mon éducation, le fait d'avoir été élevée par une femme. Tout ça, j'essaye de le transposer dans ma peinture.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous fascine dans le portrait ?
- Speaker #0
Je suis très sensible aux émotions des autres. Parce qu'en fait, dans le regard, dans l'expression de soi, il y a une histoire et c'est ce que j'essaye de dessiner, d'exprimer au travers de ma peinture. Donc le noir, c'est à la fois lié à mon identité, mais aussi parce que je trouve que c'est vraiment sur le noir que la couleur s'illumine. Ça fait vibrer la couleur. On n'a pas besoin d'en rajouter. Le noir vraiment fait vivre les couleurs, met en lumière vraiment mes portraits. Donc j'ai commencé par la peinture à l'huile. Mes premières peintures étaient très torturées. Et c'était des peintures très impulsives et très intuitives. C'est-à-dire comme une écriture automatique. Je peignais sans croquis, sans rien, comme ça. Après je suis sortie un peu de ça. mais toujours, mais c'était très intime, c'est-à-dire que je ne montrais pas mes peintures. Ceux qui les voyaient étaient des amis de proches ou la famille proche. Après, je suis passée à... J'ai eu de nombreuses années sans créer. Et en faisant beaucoup d'ateliers avec des enfants, j'ai eu un coup de cœur pour le crayon de couleur parce que pour avoir vu énormément de musées, de galeries, le crayon de couleur était un médium très peu utilisé. Et je voyais ce que faisaient les enfants avec le crayon de couleur. Je me disais, mais pourquoi on considère ce médium comme quelque chose de médiocre ? C'est fait pour les enfants, souvent au centre de loisirs, on balance des crayons de couleur, on distribue le crayon de couleur comme l'outil facile à utiliser, qui peut être cassable, qui peut être un peu vraiment le médium du pauvre, le crayon de couleur. Et du coup, je me suis dit, moi je vais m'en servir pour le valoriser. Et j'ai commencé à faire des portraits au crayon de couleur. Et j'ai mélangé cette utilisation à une technique de la gravure qui consiste à faire des lignes, des traits, etc. J'ai associé les deux et toujours la thématique du portrait, de l'expression, l'expression de la colère, toutes les émotions humaines, sans chichi, sans arrière-plan aussi. Et puis après, autre découverte. En parallèle de l'infographie, je me suis mise à dessiner sur tablette, tablette numérique. Et toujours avec la même technique, toujours le même sujet, je suis une grande fidèle à moi-même. J'ai continué à travailler le portrait sur fond noir. Alors ce qui est différent, c'est que là, je travaille sans matériel palpable. et donc il y a une sorte de froideur en terme de d'expression physique. Parce que je suis avec une tablette, c'est assez froid, le stylet, c'est assez froid. Et c'est pour ça que je me dis, pour que ça sorte de cette froideur, je me suis dit, il faut que je les imprime. Donc je fais un choix très minutieux sur le matériel sur lequel je vais imprimer mes dessins. Il faut qu'ils soient texturés, il faut qu'ils soient de taille suffisamment visible, et surtout, moi, je veux qu'il y ait de la matière. Donc quand on voit mes dessins, De l'écran à l'impression sur toile, toile de coton, etc. Beaucoup de personnes s'approchent pour... Parce qu'en fait, de profil, il n'y a pas de surface. Mais quand on regarde de face, on voit des textures, des creux, des reliefs, etc. Et donc, ça rend le tableau à plusieurs lectures de profil. Quand on bouge, il y a aussi même les... Les couleurs changent, c'est assez magique le fait d'imprimer de l'écran à la toile de couteau. Et puis plus récemment, je me suis mise au collage, mais pareil c'est une rencontre. Je me nourris beaucoup de mes ateliers et des rencontres que je fais avec mon public. C'est eux qui m'apportent aussi beaucoup d'inspiration. Et je me suis mise à faire du collage parce que j'ai fait un gros travail autour du street art. Et le street art, il n'y a pas que de la bombe et du posca, il y a beaucoup de collages. Et voilà, en rencontrant plein d'artistes qui utilisent le collage, que les enfants utilisent aussi, pareil, beaucoup de collages dans les écoles, dans les cours d'art plastique, je me suis mise aussi à faire des portraits autour de ces collages. Alors là, c'était une innovation, parce que, pareil, ça demande énormément de temps de recherche pour trouver le bon papier. Le bon visuel qui va... Parce que derrière, ce qui change par rapport aux autres portraits, c'est que j'y intègre un message. Je ne suis plus dans l'expression, mais l'expression devient mot. Avant, c'était vraiment sur le visage et sur le corps que je faisais exprimer une émotion. Là, ça va être les mots que j'y intègre qui vont être l'émotion. Donc, le portrait se perd un peu. Il devient le prétexte. Et là, j'intègre vraiment des mots, des éléments de la nature que j'apprécie. Si on s'amuse à identifier et essayer de trouver le message, on va plus savoir qui je suis. Voilà, qui je suis, ce que je fais au moment où je fais ce collage. Tandis qu'avant, j'étais vraiment sur l'expression des autres. Tandis qu'avec le collage, maintenant, c'est moi que je me raconte.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous a amené à Saint-Briceau-Forêt ?
- Speaker #0
Saint-Brie, c'est arrivé par accident. J'étais assoisie sous mon mort aussi depuis deux ans. Mon mari est décédé assez brutalement et je n'avais aucun moyen financier, même psychologique, de pouvoir rester. Donc j'ai fui, on peut dire ça comme ça, j'ai fui pour vivre, pour survivre. Et c'est le... Je ne peux même pas dire que c'est le hasard, parce qu'en fait, ça a été le choix de mon fils, qui, dans nos recherches de maison, enfin de toit, je n'ose même pas dire maison, appartement, je cherchais juste un toit, en fait, il fallait vraiment partir de soi-même. C'est mon fils qui a eu le culot de faire ce choix à ma place, parce que je n'étais pas en état, et qui nous a trouvé un petit nid. Super et c'est son choix qui a fait que maintenant je me suis retrouvée à Saint-Brice. Et je considère vraiment Saint-Brice comme une ville d'accueil. Parce que depuis, tout se passe mieux dans ma vie.
- Speaker #1
Parmi les œuvres que le public va découvrir à l'exposition, il y a une œuvre sublime qui vous est particulière. Elle s'appelle Murmure du passé.
- Speaker #0
J'ai fait une expo à Montigny-les-Cormeilles sur la résilience. Et Murmure du passé est le point de départ de cette résilience. Donc ce visage-là représente mon mari. Alors en fait ça parle du deuil. À travers ce visage, c'est le deuil. Quand on perd une personne proche, on ne perd pas le lien. Le lien, il est intact. Enfin, pour moi, il est intact. C'est quelque chose qui vient nourrir énormément mon imagination, encore plus qu'avant. Et donc j'ai imaginé ce que j'ai peint, j'ai dessiné, ce que je ressens par rapport à mon lien avec cette perte. Donc j'ai peint mon mari, on le reconnaît par des attributs très particuliers, la barbe. Alors il n'a pas les yeux verts, mais il avait les arcades sourcières très prononcées. La main posée sur son côté de visage, pour moi ça exprime la sagesse, la quiétude, le calme, ce qu'il était. Et il n'y a pas de bouche, parce qu'en fait je ne l'entends pas, mais il est encore présent. Et c'est symbolisé par ce regard fixe, perçant. où je serais même dire et là on passe dans un côté un peu spirituel mais j'oserais dire il me regarde encore me regarde vivre et c'est comme si alors je me bats depuis qu'il est décédé tous les sens en butherbe en tant que maire en tant qu'artiste en tant que tout Et ce tableau vraiment exprime, je te regarde parce que je crois en toi, parce qu'il me disait toujours, quand on a passé 20 ans ensemble, il me disait toujours, arrête de faire comme si tu ne savais pas, tu es une guerrière. Et c'est un des mots que j'ai retenu à sa mort, c'est guerrière. Il me dit que je suis une guerrière, donc je suis capable de le faire, donc je vais le faire, etc. C'est vraiment ce mot-là qui m'amène à faire... plein de choses, à me donner une énergie surtout parce que j'aurais pu m'écrouler et j'ai choisi de vivre aussi parce qu'il y avait mon fils mais parce que résonnent encore des mots chez lui qui m'a dit que sur le moment je n'ai pas très attention et donc voilà, ce tableau vraiment exprime le chuchotement d'une personne de ce qui reste d'une personne des mots qui viennent Et cette absence de bouche, c'est vraiment ça, tout ce qui est sorti du passé a disparu par sa présence, mais est encore très imprégné dans ma mémoire.
- Speaker #1
J'ai pu voir sur votre compte Instagram que vous utilisez l'IA pour mettre en mouvement vos œuvres. Est-ce que vous pourriez nous en dire plus ?
- Speaker #0
Alors oui, j'ai fait la proposition d'avoir en plus dans l'expo un écran pour montrer comment l'IA a rendu la vie à des œuvres figées. Et ça a été une révélation. Incroyable parce qu'avec énormément d'émotions, chaque oeuvre exprime un moment de ma vie ou une émotion ou un sentiment, etc. Et d'un coup, l'IA a créé le mouvement qui est lié à cette émotion. Et en particulier sur Murmure du passé. Alors je l'accompagne évidemment, l'IA, la générative, je l'ai accompagnée par un prompt. Donc en fait, il y a l'oeuvre et je dis à l'IA, il est triste. Il est... Et en fait, il me donne le mouvement de l'œuvre. Et c'est incroyable parce que c'est exactement ça que j'imaginais en peignant. Cet aller-retour d'une pensée à une création d'un tableau et qui renvoie à l'animation du tableau qui est liée à ma première pensée, je trouve ça incroyable. L'IA donne vie à mes sentiments que j'ai voulu peindre sur mon tableau. Moi, je n'ai même pas dormi une nuit. Parce que j'ai fait ça sur toutes mes œuvres. J'ai dit, mais ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nous parler aussi d'Evanescence, qu'on peut retrouver sur les affiches qui font la promotion de Portrait Pluriel, le temps fort culturel, justement, où on retrouve votre exposition, mais aussi d'autres expositions. Il y en a deux autres, une sur Arsène Boldo et une autre sur la Kabili. Donc, en fait, on a choisi votre œuvre, Evanescence, pour illustrer l'affiche. Est-ce que vous pouvez nous parler de cette oeuvre-là ?
- Speaker #0
Parce que c'est un tableau qui a été fait à deux, avec mon fils. C'est vraiment toute une histoire. Il y a eu une oeuvre du passé, il y a eu d'autres tableaux, et ça, je l'ai dessiné à la fin de ce parcours de résilience, pour dire ça y est, je m'en suis sortie. Je me sens libre, enfin, de... Je ne peux plus porter ce deuil, ce fardeau, cette tristesse, ce chagrin, et je me libère en levant ce visage et toute cette expression, tout aussi cette gorge hyper étendue pour sortir du noir, du côté sombre de la vie. Et toutes ces petites particules, comme des petites taches qui sortent sortir du corps, c'est vraiment une reconstruction en fait, c'est pas quelque chose qui... paradoxalement c'est pas quelque chose qui s'efface mais c'est quelque chose qui se reconstruit mon visage se reconstruit, mon corps se reconstruit et pourquoi avec mon fils ? Parce que c'est lui qui m'a donné l'idée de renforcer cet aspect un peu évanescent du portrait c'est son idée et il m'a dit non mais cette oeuvre c'est celle qui te correspond le mieux aujourd'hui
- Speaker #1
Et combien de temps ça vous prend de dessiner une œuvre ?
- Speaker #0
Alors, Evanescence, par exemple, ça m'a pris une trentaine d'heures. Parce qu'il y a un gros travail, donc je travaille sur un format A4, à la base, un peu moins, une tablette, taille d'une tablette. Et donc pour faire mes petits traits, ce que j'appelle des hachures mosaïques, il faut que je zoome x300. Donc je zoome des zooms tout le temps. Donc parfois je travaille, je suis dans un état second et je me dis c'est quoi déjà ce que je fais ? Je suis obligée de dézoomer pour me rendre compte aussi par rapport aux couleurs. Parce que j'ai utilisé pour Evanescence 10 couleurs différentes. Pour donner ces effets de volume etc. Je joue vraiment sur de l'infini pourcentage pour avoir... Là on a l'impression que j'ai utilisé de loin 3-4 couleurs, mais il y en a une dizaine si ce n'est pas plus.
- Speaker #1
Vous travaillez à partir d'une photo ou alors vous le créez vraiment à partir du fond noir directement ?
- Speaker #0
Alors quand j'étais sur la peinture, oui, je partais sans modèle. Mais l'avantage, c'est un avantage majeur avec le numérique, c'est que je pars d'une photo. Cette photo me sert à... alors il y a le choix de la photo. Je passe énormément de temps de trouver l'expression idéale. C'est surtout une question de posture. Après l'expression, je peux la modifier. Mais c'est une question de posture, si quelqu'un ne profite, trois quarts, etc. Et cette photo, elle n'est jamais en couleur. Parce que le choix de mes couleurs est vraiment très personnel. Donc je pars, si c'est une photo, une photo en noir et blanc, ou je la décline en noir et blanc, en accentuant énormément les contrastes. pour presque éliminer, pour que je ne sois pas influencée par la personne. Donc ça va me servir surtout pour définir les parties sombres, claires. Mais je fais un choix de photos aussi, peut-être pour me rassurer, mais en fait je vais faire presque disparaître la photo pour avoir que les éléments de lumière, de points noirs, etc. et pour la posture, mais toujours en noir et blanc. J'ai fait des essais de partir sur du fond blanc, de la couleur, même du sépia. C'est une catastrophe.
- Speaker #1
En regardant tout ce chemin que vous avez parcouru, quelles sont les œuvres ou les artistes qui vous ont marquées ?
- Speaker #0
Toutes les peintures qui sont liées au clair-obscur. Donc Caravage, Delatour, tous ceux qui jouent avec ce contraste noir et clair me fascinent. Aussi par l'exécution de leurs œuvres, leur réalisme en fait. J'aime beaucoup Courbet aussi. Et puis d'autres peintres qui n'ont pas du tout cette sensibilité, mais qui vont être Lucien Freud pour sa représentation des corps, qui sont très torturés. Bacon aussi. Et Ausha, qui est un peintre russe, qui peint énormément aussi des visages en pleine guerre. L'expression de désespoir, etc. C'est vraiment des peintres qui me fascinent énormément. Et dernièrement, je suis allée voir, ils ont fait une rétrospective de De La Tour. Et j'étais émue, ça faisait 30 ans que je n'avais pas vu une œuvre De La Tour. Je l'ai étudiée, mais certaines œuvres, je ne l'avais jamais vue. Donc c'était très, très fort.
- Speaker #1
Et finalement, pourquoi Pixel ?
- Speaker #0
Alors, pixel, ce n'est pas écrit comme un pixel d'image sur écran. Ce n'est pas P-I-X-E-L. C'est pic, comme piquante, P-I-K. XL, parce que c'est la taille de mes vêtements.
- Speaker #1
D'accord. Toujours l'identité derrière.
- Speaker #0
L'identité derrière. Et puis, ça rappelle aussi que j'adore l'image, tout ce qui représente dans l'image, du cinéma, la peinture, la photo.
- Speaker #1
Merci, Annick.
- Speaker #0
Merci Sophie.
- Speaker #1
Je rappelle à nos auditeurs que l'exposition du Pixel se tiendra du 30 mars au 19 avril prochain au Centre culturel Lionel Theret. Voilà, c'est la fin de cet épisode du podcast de la ville de Saint-Brice-sous-Forêt. Retrouvez toutes nos actualités sur notre site internet. www.saintbrice95.fr Vous pouvez aussi nous suivre sur nos réseaux sociaux Facebook, Instagram et LinkedIn Merci de nous avoir écoutés et à très bientôt dans A l'écoute de Saint Brice