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Amnésie traumatique et inceste : témoignage d'une levée d'amnésie traumatique

Amnésie traumatique et inceste : témoignage d'une levée d'amnésie traumatique

32min |02/07/2024
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Description

Qu'est ce qu'une amnésie traumatique ? Comment se passe une levée d'amnésie ? Comment la vivre au mieux quand ça nous arrive et surtout pourquoi notre cerveau "efface" certaines informations traumatiques ?

Je vous témoigne ici d'un bout de mon histoire, et d'un traumatisme qui m'a causé énormément de souffrances : l'inceste, mais surtout la remontée d'amnésie traumatique, que j'ai vécu à 30 ans, et qui a été un nouveau trauma en tant que tel. Pour vous dire que vous n'étes pas seul(e), et vous redonner du courage, de l'espoir, et des clés, si vous traversez une levée d'amnésie traumatique.


Je précise que je parle ici d'un point de vue de personne concernée, et non d'un point de vu médical. Une interview arrive prochainement avec un médecin sur ce sujet, qui l'expliquera d'un point de vue beaucoup plus scientifique.

Il n'y aura pas de détail concernant l'agression, pour conserver mon intimité mais aussi pour vous préserver de ces souffrances.

Merci beaucoup pour votre confiance & à bientôt :)

Marie-Alix

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Transcription

  • Speaker #0

    Aligner les étoiles, le podcast des gens qui ont l'impression d'être des extraterrestres et qui se demandent ce qu'ils font sur cette planète. Je vous donne rendez-vous tous les mardis pour partager avec vous des témoignages, des réflexions et des idées qui, je l'espère, pourront vous aider à trouver et prendre votre place dans le monde. Bonjour à tous, je suis très contente de vous retrouver aujourd'hui pour un sujet pas très facile à aborder, qui est un sujet dont on parle de plus en plus, et pour autant je trouve qu'on n'en parle pas assez. On parle de plus en plus d'inceste, d'agression sexuelle, on parle moins d'amnésie traumatique, de ce que c'est, et surtout du traumatisme que c'est d'en sortir, parce qu'en fait on revit la violence. Et donc aujourd'hui, il me tenait vraiment à cœur de parler de ce processus que j'ai vécu. Pas tant pour raconter mon histoire, mais juste parce que c'est un témoignage comme un autre, et que pour moi, la sortie d'amnésie traumatique a été extrêmement violente et douloureuse. Et finalement, le processus d'inceste que j'avais oublié du coup, et je vais en parler après, et bien quelque part, c'était plus facile pour moi d'avoir l'information de l'inceste que de vivre le doute atroce que vient poser la sortie d'amnésie traumatique. Donc ici, je vais en parler principalement pour les personnes qui vivent ça. Les personnes qui se questionnent aussi parce qu'il y a beaucoup de gens qui se demandent s'ils ont vécu quelque chose et qu'ils ont fait une amnésie. Mais aussi pour toutes les personnes que ce sujet intéresse de près ou de loin, que ce soit des accompagnants, parce que pas assez de personnes sont au courant de ce processus-là, que ce soit des proches ou tout simplement que ce soit des personnes dans la société qui veulent connaître ce sujet-là, qui s'y intéressent, etc. Alors j'en parle de mon point de vue d'adulte, donc c'est différent du point de vue des personnes qui parlent des enfants qui sont... en train de vivre ces violences. Moi j'en parle en tant qu'adulte qui s'est rappelé sur le tard en fait, puisque je m'en suis rappelé en 2020, donc en 2020 j'avais 30 ans. Donc un petit peu pour vous faire le scénario de la manière dont ça s'est passé pour moi, disons que j'ai vécu toute ma vie aux côtés d'un père qui était mon père adoptif, puisque j'ai été adopté, mais j'ai été adopté tout bébé, donc pour moi c'était mon père, qui était très menaçant, qui était dans l'abus de pouvoir permanent, qui était ce qui rentre aujourd'hui dans les cases du père vert narcissique etc, mais je... Pour moi, c'est même encore un cran au-dessus. Et c'est vrai que ça a été très douloureux pour moi de grandir à ses côtés. Et ça a créé de nombreux traumatismes, déjà, de grandir auprès de lui. Et j'ai toujours eu ce sentiment, en fait, de menace près de lui. Donc le rôle pour moi des parents, c'est en priorité de protéger leurs enfants et de leur donner un sentiment de sécurité. Moi, j'ai vécu dans l'insécurité la plus totale aux côtés de mon père toute ma vie. Mais j'avais occulté cette histoire d'inceste. J'ai grandi sans me rappeler de ça. Donc il faut savoir que c'est quand même un phénomène très commun. Je crois que c'est 60% des enfants qui vivent une agression sexuelle qui vont l'oublier par la suite. C'est fréquent parce qu'en fait, il faut bien comprendre qu'un enfant ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Moi, ça m'est arrivé, j'avais 4 ans, donc clairement, je n'avais pas les codes pour comprendre ce qui se passait. Mais par contre, l'enfant ressent la terreur, ce qui fait que ça crée un phénomène de dissociation et que ça coupe au niveau cérébral certains circuits. Et donc, l'information ne s'enregistre pas correctement. J'ai pas les bons mots pour vous expliquer ça avec l'amidale, l'hippocampe, etc. Il y a beaucoup d'informations sur ça et notamment des personnes qui en parlent très bien. Et beaucoup mieux que moi d'un point de vue médical ou psychiatrique. Mais en gros, disons qu'au niveau du cerveau, pour un peu grossir le trait, il y a un truc qui disjoncte. Et donc la mémoire n'enregistre pas les faits dans la mémoire classique. En fait, dans la mémoire, je crois que je sais plus si c'est l'imbique ou l'autre. Bon, clairement, là je suis pas dans du technique, on est d'accord. Mais voilà, ça s'enregistre pas normalement, et donc c'est comme pour moi la manière dont je me le représente, une espèce de petite boîte noire dans laquelle l'information est mise sous clé, verrouillée, dans un coin de la tête, mais c'est occulté. Donc c'est ce qui se passe très fréquemment lors d'agressions sexuelles quand on est petit, mais ça peut aussi arriver plus tard. Ça veut dire qu'on peut vivre des amnésies traumatiques sur d'autres sujets, et d'ailleurs les premières fois où on a parlé du phénomène d'amnésie traumatique, c'était pour parler de personnes qui revenaient de la guerre et qui avaient oublié des moments de guerre en fait. tellement ça avait été traumatisant pour eux. Donc il faut bien comprendre que là, le cerveau, son objectif, c'est de nous protéger. Et pour ma part, sincèrement, je suis très contente d'avoir fait cette amnésie parce que ça m'a permis de vivre ma vie avec un très très gros mal-être, certes, mais à peu près normalement. Et surtout quand on est enfant et qu'on est agressé par un parent ou par quelqu'un de la famille, en fait, on a au niveau cognitif, disons, quelque chose qui vient complètement déconner parce que, bah, en fait, c'est les personnes de qui on dépend. Je veux dire que moi, à 4 ans... Je pouvais pas rejeter mon père. J'étais obligée d'aimer mon père, ou en tout cas d'être avec lui de manière normale, pour pouvoir continuer à vivre et à survivre. Donc en fait c'est aussi pour ça que le cerveau met en place ce mécanisme qui est hyper intelligent. pour nous permettre de continuer à vivre au sein de notre famille, ou si c'est des gens proches, de continuer à les voir, etc. Donc globalement, ce qui se passe, c'est que j'ai vécu ça pour ma part quand j'avais 4 ans, je l'ai occulté, et donc j'ai continué à vivre un peu, j'ai envie de dire, normalement, sauf que j'avais énormément de symptômes, et notamment un très très fort mal-être, dès mon plus jeune âge, et le sentiment vraiment de pas du tout être à ma place, et de surtout pas être en sécurité. Donc j'avais un système nerveux qui était vraiment complètement dérégulé, Ce qui est très souvent le cas dans le cas de traumatismes. C'est pas que les victimes d'inceste, c'est tous les traumatismes. Et j'étais donc en hypervigilance en permanence. J'ai toujours eu peur de mon père. Il a toujours été une figure pour moi menaçante. Et j'avais toujours remarqué, j'avais toujours été très mal à l'aise avec son côté pervers, puisque mon père avait l'habitude de reluquer un peu toutes les nanas, et notamment les nanas de mon âge, et même des copines à moi parfois. Alors que mon père m'a adoptée, il avait 50 ans, donc on a 50 ans d'écart. Donc c'est vrai que c'était pour moi quelqu'un qui, même dans son regard, ça m'a... toujours mis un peu, enfin, très mal à l'aise. Voilà, j'ai toujours eu un sentiment avec mon père de pas être du tout en sécurité. Je n'osais pas porter de jupe trop courte, ou alors je ne me sentais pas bien quand il me regardait. Enfin, voilà, je n'ai jamais eu, en fait, un père on va dire réconfortant, rassurant, etc. Donc, j'ai toujours eu un malaise, mais j'étais loin de m'imaginer que j'avais pu vivre un truc pareil, parce qu'en fait, bah, surtout à l'époque, on n'en parlait pas. Aujourd'hui, on commence beaucoup plus à en parler, et c'est absolument génial. Mais voilà, toutes les dernières années, moi, j'ai grandi sans connaître le phénomène de l'amnésie, et donc c'était absolument... impossible pour moi d'accéder à ça. La chance que j'ai eue, entre guillemets, c'est que j'ai commencé à bosser sur moi très jeune. J'ai commencé mes thérapies, j'avais 19 ans, entre autres à cause de l'adoption, puisque pour moi, j'avais une très très grosse blessure d'abandon, dont je parle dans d'autres épisodes de podcast, qui était assez maladif chez moi, et qui créait beaucoup de dépendance dans mes relations, beaucoup de difficultés, etc. Donc très tôt, j'ai commencé les thérapies, et je pense que c'est ce travail, et puis après, moi-même, je me suis formée à des méthodes, ce qui fait que je pense que c'est tout ce travail qui a été fait en amont. qui a fait qu'à un moment donné, mon système nerveux, mon cerveau, etc., ont dû se dire, ok, là, elle est assez solide, elle est assez stable pour qu'on lâche l'info, et donc l'info est remontée. Il faut savoir aussi, pour les personnes qui sont en sortie d'amnésie, il y a énormément de gens qui souffrent beaucoup du fait qu'ils se disent, putain, c'est un moment de ma vie où je vais super bien. Donc ça peut être un mariage, ça peut être la naissance d'un enfant, ce qui est très fréquent d'ailleurs, ou alors je sais pas, un moment, vous allez hyper bien. Et ce qui se passe, en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'effectivement... Le cerveau va donner les infos souvent dans des moments où on se sent bien, parce qu'il considère qu'on est assez stable, qu'on est assez sécurisé pour pouvoir envoyer l'information et qu'en gros, on va pouvoir la gérer. Si c'est votre cas, si vous êtes en train de sortir d'amnésie, je vous le dis du plus profond de mon cœur, vous êtes en capacité de le gérer. Le cerveau est intelligent. Il ne lâcherait pas l'information si vous n'avez pas les armes. Pour autant, c'est un processus qui est hyper douloureux, qui nécessite d'après moi un accompagnement. j'en parlerai mais moi je n'ai pas été accompagnée parce que je n'ai pas trouvé de professionnel qui comprenait ce phénomène et qui respectait surtout ce phénomène j'ai eu affaire à des phrases et des choses hallucinantes et j'en parlerai donc après mais essayez de ne pas rester seule avec ça aujourd'hui il y a de plus en plus d'associations qui parlent de ce sujet, il y a de plus en plus de gens qui en parlent allez vers des gens qui connaissent ce sujet allez vers des groupes de parole ne vous isolez pas avec ça, il y a des bouquins là-dessus qui sont très bien, notamment les livres de Muriel Salmona qui sont excellents sur ce sujet là Vraiment, ne restez pas seuls avec ça, écoutez des témoignages, parlez-en à des gens qui peuvent entendre et qui peuvent comprendre, mais en tout cas si vous sortez d'amnésie naturellement, c'est que vous êtes en capacité de le gérer. Je fais une parenthèse parce que je pars du principe qu'il y a un vrai danger, en tout cas moi je n'encourage pas les gens à forcer la mémoire traumatique. Ça veut dire que si aujourd'hui vous avez des doutes et vous vous dites j'entends beaucoup de témoignages, ça me parle un peu, je me demande si j'ai pas vécu quelque chose Peut-être que c'est un avis erroné et ce n'est que le mien, ça n'engage que moi, ça ne vous empêche pas d'aller voir des spécialistes sur ce sujet. Pour ma part, j'ai tendance à dire que si l'information ne remonte pas d'elle-même, s'il n'y a pas eu déjà des bribes d'informations qui remontent, à partir du moment où ça commence à remonter, effectivement, il faut le traiter. Mais s'il n'y a pas eu des bribes et qu'entre guillemets, dans votre vie, vous vous sentez plutôt bien, mais que vous avez des doutes, honnêtement, j'aurais tendance à pas trop aller fouiner là-dedans. Parce que la mémoire traumatique, c'est quelque chose qui est extrêmement violent quand ça se réactive. Ça peut créer, enfin moi ça a été mon cas, ça a causé plein de symptômes physiques, clairement une dépression hyper sévère, etc. Franchement, je pense que le cerveau, s'il lâche pas l'info, c'est que c'est peut-être pas le moment. Maintenant, si vous avez quand même envie de le creuser, et que vous avez un vrai appel, écoutez-vous. Mais ne forcez pas le truc, parce qu'en ce moment, beaucoup de gens en parlent, et que peut-être ça serait intéressant de le savoir. Si ça n'a pas plus d'impact que ça dans votre vie, honnêtement, attendez, si ça doit émerger, ça émergera, et peut-être que vous avez rien vécu, et donc faut pas forcer les choses. C'est une petite parenthèse et ça n'engage que moi. Peut-être qu'il y a des personnes qui ne seront pas d'accord avec moi, mais moi je crois qu'il ne faut pas forcer la mémoire traumatique. Pour revenir un peu à mon histoire, j'ai grandi aux côtés de ce père et ça a été très dur pour moi. Au final, j'ai entamé les thérapies très jeunes sur le sujet de l'adoption, mais aussi sur le sujet de mon père, parce que je souffrais énormément à vivre à ses côtés. C'était quelqu'un qui était dans un mal-être terrible et qui était extrêmement agressif, dans l'abus de pouvoir permanent, dans l'humiliation permanente. Et donc j'ai développé beaucoup de blessures. à son contact. J'avais aucune confiance en moi. Enfin bon, il y a eu un très très gros chemin pour que j'en arrive là où j'en suis aujourd'hui. Mon père a toujours été un gros sujet dans ma vie. Donc dans beaucoup de thérapies, j'ai traité la relation à mon père, j'ai traité le fait que moi je me positionnais un peu en sauveur, j'avais envie qu'il change, je pensais que ça allait devenir un gentil papa, et j'ai dû faire un peu le deuil de tout ça. Et finalement c'est quand j'ai réussi à faire le deuil de mon père complètement, un jour où je me suis écroulée, j'étais par terre à pleurer, je n'arrivais plus à respirer. Et ce jour-là ça a marqué le deuil de je peux sauver mon père l'acceptation de l'état dans lequel il était. parce qu'en fait quand on grandit auprès de quelqu'un d'aussi malade, on a tendance à penser que c'est nous le problème et donc c'est difficile de se dire que bah non c'est notre parent qui est malade en fait et que c'est pas nous qui sommes malades et donc à ce moment là le truc s'est effondré, je me suis écroulée, ça a été un moment extrêmement difficile pour moi mais à partir de là je n'ai plus jamais eu d'attentes envers mon père et il n'a plus eu d'emprise sur moi en tout cas d'un point de vue émotionnel, il en avait bien évidemment sur d'autres plans mais pas dans l'émotionnel et c'est je crois un an plus tard ou deux ans plus tard que j'ai commencé à sortir d'amnésie, parce que je pense que le fait d'avoir fait ce pré-travail avec lui permettait à mon système nerveux d'accepter l'information que, en plus de tout le mal qu'il m'avait fait, il m'avait abusé quand j'étais petite. Donc pour vous resituer un peu les événements, le moment où je commence à avoir des flashs, où je commence à avoir des infos, ça a mis à peu près 7 ans. Dans mon cas, j'avais tous les signes cliniques, et beaucoup même de médecins, etc. me le disaient, mais dans la mesure où moi, en fait, j'avais pas de souvenirs, bah j'arrêtais pas de dire que c'était pas possible, mais que, comme je ne connaissais pas mes parents biologiques, potentiellement j'étais issue d'un viol. Voilà, donc je m'étais construit avec ce truc-là, et donc pendant 7 ans ça remontait, ça remontait un peu comme ça, mais j'arrivais pas à intégrer l'information. Jusqu'au jour où finalement j'ai été voir quelqu'un qui faisait de la... C'était un micro-kiné qui m'examine pour des douleurs de dos, et en fait je me revois cette scène comme si c'était hier, j'étais sur le dos, il pose ses mains au niveau de mon bas-ventre, il était hyper bienveillant, hyper doux, il me regarde avec un regard plein de compassion, il me dit là il y a eu quelque chose à cet endroit, non ? Et au moment où il me dit ça, j'explose... explose en larmes. Je ne comprends pas que j'explose en larmes, c'est ça qui est dingue avec les sorties d'amnésie. Mais c'est compulsif, et ça sort, et ça sort, et ça sort, et je pleure. Et là, je me rends compte moi-même que vu mon état, il y a sûrement quelque chose. Mais en fait, c'est hyper étonnant ce qui se passe dans ce genre de moment, parce qu'en fait, c'est le corps qui parle, c'est les émotions qui se révèlent, mais nous, on ne comprend pas trop ce qui se passe, en fait, parce que rationnellement, on ne comprend pas, en fait. C'est pareil quand on regarde, je ne sais pas, un film où il y a quelqu'un qui va se faire agresser, on peut exploser en larmes, et on ne comprend pas pourquoi. On va lire un article dans un journal de quelqu'un qui parle d'agression et on va exploser en larmes. Quand il se passe ce genre de choses, ça veut dire que ça vient résonner avec nous à un niveau. Et donc, en fait, effectivement, il est possible qu'on ait vécu quelque chose de cet ordre-là. À partir de là, j'ai commencé un peu à partir au charbon en me disant, OK, cette fois, je suis prête à y aller, on va y aller. Donc, j'ai rencontré des personnes qui étaient spécialisées là-dedans. Toutes m'ont confirmé, effectivement, que les signes cliniques, etc. étaient là. Quand je faisais le portrait de mon père... Bah globalement, il cocha un peu les cases de ce que pourrait être un agresseur. Et donc j'ai commencé à mener ma petite enquête. Le truc, c'est qu'à partir du moment où on ouvre cette porte, il faut s'attendre à ce que le corps parle. Et donc moi, dans mon cas, j'ai eu des douleurs que je ne décrirai pas sur ce podcast, mais qui ont été des douleurs gynéco absolument abominables pendant des mois que je n'avais jamais eues avant. Et vraiment, c'était l'information qui remontait en fait au niveau corporel. Et je pense que si vous vivez une sortie d'amnésie, probablement que vous vivez des choses comme ça. C'est très difficile parce qu'en fait, on aurait tendance à croire qu'en libérant l'info et en libérant la parole et en se disant que ça y est, on a conscientisé qu'on avait vécu un abus, on n'allait plus souffrir. Sauf qu'en fait, l'info repasse par le corps puisqu'elle a été vécue par le corps. Et très souvent, en tout cas dans mon cas, il y a eu énormément de souffrance physique. Donc mon adénomiose à ce moment-là s'est déclenchée extrêmement fort. J'avais comme des coups de poignard au niveau de l'utérus et du bas d'eau. Donc c'est des douleurs que les personnes qui ont de l'endométriose ressentent, c'est les mêmes. Et j'ai eu plein plein d'autres symptômes, beaucoup plus subtils que j'ai pas envie de décrire ici, mais ça a été extrêmement violent pour ma part, et là j'ai commencé à avoir des flashs. Donc les flashs en fait c'est des souvenirs qui popent dans la tête comme ça d'un coup, et en général mes douleurs venaient en même temps que les flashs. Parce qu'en fait le corps se rappelle, c'est comme si on revivait en fait l'agression. C'est hyper violent, c'est hyper douloureux, c'est des moments qui sont atroces à vivre, et c'est pour ça que j'en parle, parce que si vous vivez ça je veux vous dire que vous n'êtes pas seul. que ça va s'arrêter, ça va finir par s'arrêter à un moment donné. Dans mon cas, ça a été extrêmement long, parce que j'ai sombré en dépression, pour d'autres raisons aussi, il n'y avait pas que ça. Mais j'ai sombré en dépression à ce moment-là, j'ai eu une énorme crise existentielle qui s'est accompagnée de ça. C'est pour ça que je parle de nuit noire de l'âme dans mon cas, parce que derrière, il y a eu vraiment une sorte de réveil à beaucoup de choses pour moi. Ça a été un petit peu ma... J'ai un peu porté ma croix, on va dire, sur ce chemin-là. Mais derrière, la libération que j'ai acquis, la stabilité intérieure que j'ai acquis, est... absolument incroyable. Je sais pas comment le dire, mais pour ma part, le fait de revivre ce trauma qui repasse par mon corps, de tout faire remonter, de le traiter, d'en parler, de libérer un peu ce truc-là, a expulsé un poison qui était dans mon corps depuis toujours et que je n'arrivais pas à déterminer. C'est-à-dire qu'en fait, toute ma vie, je me suis construite en étant très très mal dans ma peau. Comme j'avais vécu cette blessure de l'abandon à la naissance, on a toujours tout mis là-dessus et la majorité des thérapeutes que j'ai rencontrés... Mettez l'accent là-dessus alors que j'arrêtais pas de dire oui mais au bout d'un moment il y a autre chose, je sens qu'il y a autre chose. Il y a des personnes effectivement maintenant que j'y repense qui m'avaient un petit peu demandé s'il y avait eu quelque chose avec mon père. Parce que quand je parlais de mon père, il sentait en fait qu'il y avait un problème. Mais il était tellement difficile à vivre en fait émotionnellement parlant que ça suffisait entre guillemets et que du coup les thérapeutes allaient là-dessus et se rendaient pas forcément compte qu'il y avait quelque chose derrière. Il faut savoir que pour moi aujourd'hui j'ai... tellement une lecture en fait de ce que c'est que ce traumatisme-là et des symptômes qu'on peut développer, que quand je vois quelqu'un qui potentiellement peut l'avoir vécu, je trouve que ça se voit. Pour autant, je ne vais pas le dire parce que je pense que si la personne n'est pas prête à le savoir, je ne dirai rien, mais il peut m'arriver parfois de rencontrer des personnes qui se rendent compte en fait qu'elles ont vécu quelque chose, et donc à ce moment-là, on en parle, et c'est vrai qu'il y a des personnes qui le portent un petit peu, en tout cas les gros traumatismes, je trouve, qui ont des points communs aux personnes qui ont vécu des gros traumas. Et donc tout ce qui peut être effectivement difficulté sur un plan gynéco, etc., très souvent ça peut être lié à ça. Il y a des médecins qui en parlent beaucoup mieux que moi, et il y en aura qui interviendront sur ce podcast à ce sujet, c'est pas mon métier, et j'ai pas les compétences pour le faire. Moi ici je fais que un témoignage, mais il n'empêche que j'observe, pour avoir rencontré beaucoup de gens qui avaient vécu ça, qu'il y a en général énormément de conséquences dans le physique. Encore une fois, c'est pas parce que vous avez une endométriose ou que vous avez des difficultés, etc., que c'est lié à ça. Mais ça peut l'être en fait. Donc voilà un petit peu pour ce que j'ai pu vivre. Le plus dur pour moi finalement, je crois, pendant cette période-là, ça n'a pas tant été le fait de savoir que j'avais vécu l'inceste, parce qu'au final ça, ça m'a libérée et ça m'a soulagée. Et si c'est votre cas, je ne sais pas ce que vous ressentez par rapport à ça, mais souvent les personnes que je rencontre me disent que ça leur fait du bien d'enfin savoir, parce qu'elles sentaient bien qu'il y avait un mal-être à l'intérieur qu'elles n'arrivaient pas à identifier en fait. Donc ça, c'était la partie pour moi entre guillemets où je me disais, ah bah ça y est, je sais pourquoi je portais ce mal-être. Donc ça, c'était cool. Ce qui a été très dur pour moi, c'était le doute permanent. Parce qu'en fait, quand on sort d'amnésie, qu'on soit bien clair, les souvenirs, ils datent de notre petite enfance en général. Les souvenirs sont un peu flous au départ. Enfin, je veux dire qu'un souvenir, quand on se rappelle de quelque chose, même de manière générale, rappelez-vous de vos vacances il y a 5 ans ou il y a 10 ans, c'est pas complètement clair dans votre tête, en fait. Vous n'êtes pas en train de le vivre avec tous vos sens dans l'instant présent. Et surtout, en fait, c'est vrai qu'aujourd'hui, dans la société, il y a énormément d'injonctions qui nous font douter de notre mémoire traumatique. Pour moi, ça, c'est atroce, parce qu'il faut savoir qu'une mémoire qui remonte par elle-même, Et quasiment jamais un faux souvenir en fait. Les faux souvenirs sont extrêmement rares. Votre mémoire ne va pas créer des souvenirs de trucs aussi traumatiques. Si votre mémoire vous fait remonter des choses comme ça, c'est qu'il y a quelque chose à creuser. Pour autant, on entend que les souvenirs ont pu être un petit peu déformés, on entend beaucoup de choses, mais une mémoire ne revient pas comme ça par hasard. D'un coup, vous n'allez pas rêver qu'il s'est passé ça avec votre père, votre mère, votre frère, votre sœur, comme ça, juste comme ça, par hasard. Si ça revient, faites-vous confiance. Essayez de trouver quelqu'un qui... qui comprend ça et qui peut vous accompagner dans ce processus, je sais que c'est assez rare, mais il faut vraiment que vous puissiez vous faire confiance. N'en parlez pas à n'importe qui, parce que la majorité des gens ne connaissent pas ce processus, vont vous créer encore plus de doutes, alors que vous doutez déjà de vous-même. D'autant plus que, et là je mets vraiment l'accent dessus, quand on a été victime d'agressions sexuelles, déjà on a un déficit de confiance en soi, déjà on a tendance à se remettre beaucoup en question, et en plus de ça, et alors là j'insiste énormément, on prend des responsabilités qui ne sont pas les nôtres, Donc on a en général énormément de culpabilité, énormément de honte, alors que la honte devrait changer de camp. Je ne sais plus où j'ai lu ça, mais cette phrase m'a presque sauvé la vie au moment de ma sortie d'amnésie. Donc aujourd'hui, c'est à mon tour de vous le dire. Si aujourd'hui, vous vous sentez mal, vous vous sentez coupable, vous vous dites que non, mais bon, on n'est pas sûr, et le pauvre papa ou la pauvre maman ou le pauvre cousin, si ça se trouve, je mens, et je suis en train de défoncer ma famille et d'exploser ma famille, toute la responsabilité est sur mes épaules, alors que je ne suis même pas sûre de ce que j'avance. pitié. Prenez soin de vous tout seul. Évitez peut-être d'en parler tout de suite avec votre famille. Attendez peut-être que les choses soient plus claires pour vous. Prenez du temps pour digérer l'information, pour vous faire accompagner, pour regarder des témoignages, pour voir ce qui remonte pour vous, etc. Avant peut-être de vous confronter au regard des autres. Parce qu'en fait tout ça, moi dans mon cas, ça a été ma plus grosse erreur. J'en ai parlé à ma mère tout de suite, parce que ma mère et moi on est très proches. Et donc quand j'ai commencé à me souvenir de ce qui se passait, Je ne voulais pas lui en parler. Elle a beaucoup insisté pour que je lui explique ce qui n'allait pas. Je lui ai expliqué ce qui s'est passé. Et honnêtement, ça m'a complètement polluée dans mon travail. Parce que du coup, je voulais à la fois rassurer ma mère. Donc en fait, j'espérais que ce soit faux. Donc je n'arrêtais pas de dire, oui, mais ça se trouve, c'est pas vrai, maman, tu sais, peut-être que je délire. Donc accessoirement, et bah hop là, on remet une couche sur le manque de confiance, sur la culpabilité, etc. Et en fait, ma mère, ça l'a mis dans une détresse aussi. Enfin bref, ça n'allait pas du tout. Si c'était à refaire, je ne lui aurais rien dit. tant que moi, je n'avais pas fait mon processus. C'est un processus que vous devez faire pour vous-même. Ça ne regarde pas votre famille au départ. C'est vraiment important que déjà vous, avec vous-même, vous viviez le processus. et vous puissiez ensuite en parler à tête reposée et sans risquer de vous faire déstabiliser par les émotions des autres. Parce que forcément, effectivement, ça va un petit peu recadrer les choses dans la famille. Il est tout à fait probable que ça engendre des ruptures. Il est probable que ça réveille aussi des souvenirs chez d'autres personnes. Donc si j'ai un conseil à vous donner, et c'est peut-être le plus important pour moi, prenez soin de vous. Parlez-en à des personnes qui sont soutenantes, qui ne vous jugent pas. Au premier signe de jugement, écartez-vous le temps de votre guérison, sincèrement. parce que c'est déjà un processus qui est trop violent, qui est trop difficile, vous n'avez pas besoin des doutes des autres. Vous êtes déjà en doute vous-même. Donc vraiment l'objectif, c'est de vous permettre d'avoir un espace sécurisant parce que vous êtes en train de revivre un traumatisme. Ça c'est vraiment très important à entendre. Vous revivez votre traumatisme. Donc il faut absolument être en sécurité au moment où vous le revivez. Moi pour ma part, j'avais mon conjoint qui était là, qui m'a laissé l'espace de me guérir sur cet espace-là et ça pour toujours je lui serai reconnaissante. et qui m'a créé une sorte de sécurité parce qu'il était là, et que lui ne doutait pas de ma parole. C'est très important d'avoir au moins une personne qui vous croit, c'est pour ça que si vous n'en avez pas autour de vous, allez dans des cercles de parole, allez voir un thérapeute qui connaît ce sujet, ne restez pas seul avec ça. Vraiment c'est important, j'insiste là-dessus, parce qu'on a tellement besoin en fait dans ces moments-là d'être soutenus, qu'en fait des fois on va aller vers les mauvaises personnes, vers les personnes qui sont nos proches de d'habitude, et potentiellement des membres de notre famille, qui peuvent en fait mal réagir parce qu'ils sont aussi impliqués. Par rapport à la personne qui vous a agressé, si c'est votre père comme moi ou quelqu'un de votre famille ou quelqu'un qui est encore en vie et avec qui vous pouvez avoir un contact. Selon moi, c'est important à un moment donné d'avoir un dialogue avec cette personne. Encore une fois, ça n'engage que moi, vous n'êtes pas obligé de le faire. Vous pouvez aussi le faire de manière invisible. Vous imaginez la personne en face de vous, vous vous mettez seul dans un endroit et là vous lâchez tout ce que vous avez à dire. Mais ce qui est très important, c'est de rendre les responsabilités. Quand vous aurez la mémoire qui vous est revenue. Quand vous aurez un petit peu plus de billes et que vous vous souviendrez de ce qui s'est passé, sachant que ce sera toujours un petit peu flou. Alors ça ne l'est pas complètement, moi les images me sont revenues de l'agression complètement à un moment donné, mais ça reste des souvenirs. Donc c'est encore une fois, quand vous repensez à vos vacances d'il y a dix ans, ça reste un peu flou, c'est votre mémoire un petit peu passée. Quand vous aurez reconstitué l'histoire, vous imaginez cette personne en face de vous et vous lâchez. tout ce que vous avez à lâcher, vous criez votre colère. C'est extrêmement important d'exprimer votre colère parce qu'en fait, c'est l'enfant à l'intérieur de vous qui a besoin d'expulser sa colère. Vous pouvez le faire en imaginant la personne en face de vous et en lui rendant ses responsabilités. C'est extrêmement important de poser les mots en disant je te rends ta responsabilité, je ne suis pas coupable de ce qui s'est passé, tu as toute la responsabilité parce qu'un adulte a toujours toute la responsabilité, ça c'est très important à entendre. Toutes les personnes qui disent oui, mais l'enfant, il était un petit peu... aguicheurs, etc. Il faut arrêter les conneries. Un enfant ne sait pas ce que c'est que la sexualité, il ne comprend pas. Donc quand bien même un enfant est un peu avenant, il ne sait pas ce qu'il fait. C'est aux parents de recadrer, c'est aux parents de poser des limites et c'est aux parents de sécuriser l'enfant. A aucun moment c'est une invitation de la part de l'enfant et c'est délirant de dire des choses pareilles. Donc c'est à vous à ce moment-là de rendre la responsabilité, et ce terme il est très important, à la personne qui vous a agressé. Vous n'êtes pas responsable de ce que vous avez vécu, ce n'est pas votre faute. C'est votre faute. Ce n'est pas votre faute. Cette phrase, elle m'a mis en larmes la première fois qu'on me l'a dit. Parce qu'en fait, intrinsèquement, on est convaincu que c'est de notre faute. On est convaincu qu'on est la mauvaise personne. On est convaincu qu'on l'a cherché. On est convaincu qu'on ne mérite pas d'être aidé, qu'on ne mérite pas d'être aimé, et qu'en fait, on n'est qu'une merde. En fait, c'est ça qui se passe quand on est agressé. Donc, on grandit, on se construit avec cette croyance. Déconstruire cette croyance, c'est difficile. Encore une fois, c'est un travail. Mais pour moi, c'est très important de vous le dire. Vous n'êtes en rien coupable de ce qui s'est passé. En rien du tout. Et c'est très important de rendre la faute à qui est fautif. Et c'est l'adulte qui est fautif. Ou c'est le grand frère, la grande sœur, le cousin, etc. Qu'importe, ce n'est pas vous, en fait. Ce n'est jamais l'enfant. Donc, à partir de là, si vous avez la possibilité de le faire en face à face avec cette personne, c'est absolument extraordinaire. Pour ma part, je l'ai fait avec mon père par lettres. Je lui ai même dit que j'étais en capacité de pardonner s'il reconnaissait ses erreurs et qu'on pourrait en parler. Il n'a jamais reconnu les faits. Je suis retournée le voir malgré ça. À un moment donné, j'avais besoin de moi pour valider la fin de ma guérison. de le revoir, ça m'a simplement permis de voir qu'il n'avait plus aucune emprise sur moi, et c'était peut-être la plus grosse libération de ma vie. Pour autant, il n'a jamais rien reconnu, donc j'ai fini par définitivement couper les ponts, puisque pour moi, il n'y a pas de possibilité aujourd'hui d'être en lien avec lui. Voilà, dans mon cas, c'est mon histoire. Mais il y a des histoires où il est possible d'avoir une réparation. Il y a des cas où il y a des personnes qui arrivent à renouer avec leur agresseur, quand l'agresseur... s'excusent platement et fait en sorte de réparer les choses. Vous n'êtes pas obligé d'accepter les excuses, vous n'êtes pas obligé d'accepter la réparation, mais vous pouvez le faire. Libre à vous de le faire. Donc là-dessus, il n'y a aucun jugement, et moi je trouve au contraire que chaque histoire est unique. Mais c'est tout un chacun qui décide. Pour autant, dans votre processus, à un moment donné, il faudra rendre la responsabilité à l'agresseur. Que ce soit par lettres, que ce soit comme je disais un petit peu dans l'invisible, ou que ce soit en confrontant la personne. Il y a aussi un moment où effectivement, vous pourrez en parler aux membres de la famille, vous pourrez en parler aux proches, etc. C'est à vous de sentir le bon moment. Mais moi, je vous conseille de le faire quand vous avez déjà vous-même processé un peu l'histoire et que donc vous êtes assez stable pour vous confronter au regard des autres. Voilà un petit peu ce que je pouvais dire par rapport à tout ça. Ce que je peux dire par rapport à mon histoire, et c'est probablement un sujet dont je reparlerai, et je suis aussi très peineuse de vos retours d'expérience et de vos questions aussi sur ce sujet, je pourrais y répondre. Je trouverai un moyen peut-être, parce que ça reste un des sujets que j'ai vraiment besoin d'aborder ici. Pour moi, ce qui est important de vous dire, c'est que si vous avez vécu ça, et si vous êtes en train de sortir d'amnésie, encore une fois, puisque là, je parle à des personnes qui ont fait une amnésie. Il y a des personnes qui ont vécu l'inceste et qui ont grandi en se rappelant de l'inceste. Ce n'est pas mon cas, donc je n'ai pas les armes pour vous parler de ça. J'ai envie de vous envoyer plein d'amour, très sincèrement. C'est un sujet qui me touche énormément. Je vois beaucoup trop de gens qui vivent ça. Je vois beaucoup trop de gens se tourner vers moi qui vivent ça aussi, parce que je pense qu'une fois qu'on l'a guéri, il y a quelque chose en nous qui résonne, et donc les gens se sentent assez sécurisés pour le dire. On en parle énormément, enfin de plus en plus en tout cas dans les médias, etc. Donc c'est normal d'avoir de plus en plus de remontées. Vous n'êtes pas seul, vous n'avez pas à rester seul avec ça. Je vous encourage vraiment à suivre des personnes qui en parlent. Vous pouvez vous abonner à mon compte, vous pouvez en parler avec des personnes sur les réseaux sociaux. Il y a des groupes, il y a des choses là-dessus. Il ne faut pas rester seul avec ça. Vous n'êtes pas seul, vous n'êtes pas fou, loin de là. Ce n'est pas vous qui avez un problème de santé mentale, c'est la personne qui vous a fait ça. Ce sont des gens malades, ce sont des gens qui pour la plupart sont vraiment très malades et ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. Il y en a qui sont foncièrement diaboliques. Et il y en a beaucoup qui reproduisent des schémas qu'ils ont vécu. C'est encore une autre histoire et ça n'excuse rien. Mais c'est eux qui ont un problème, ce n'est pas vous, en fait. Donc l'important, c'est déjà de travailler sur votre culpabilité. Vous n'êtes pas coupable, ce n'est pas de votre faute. Vous êtes des belles personnes à qui il arrivait des choses mauvaises. Et c'est extrêmement important que vous repreniez votre pouvoir plus que jamais. C'est pour ça que sur ce podcast, je n'ai pas voulu le tourner sur ce sujet-là, qui est un sujet très important pour moi et qui a été un des déclencheurs de, on va dire... ma stabilité intérieure, parce qu'une fois que j'ai évacué ce poison, d'un coup, il y a quelque chose en moi qui a lâché, et depuis, je me sens extrêmement stable. Ça fait deux ans maintenant que je suis sortie de cette amnésie, donc j'ai terminé ce processus, on va dire, qui a duré un an et demi pour ma part. Mais il y a eu plein d'autres choses dans ma vie qui m'ont menée là où j'en suis aujourd'hui. C'est pour ça que je ne mets pas l'accent que sur ce sujet d'amnésie et sur le trauma. Pour autant, je crois que le sujet du trauma est très, très central, notamment pour les personnes comme celles sur mon podcast qui se sentent un peu extraterrestres sur cette planète. qui ont l'impression de venir d'ailleurs, etc., et qui se demandent ce qu'ils foutent sur une planète aussi malsaine, avec des personnes aussi malveillantes, c'est normal, quand on a vécu des gros traumatismes, d'avoir un peu cette vision du monde en se disant que le monde est menaçant. Il peut l'être, par bien des aspects, effectivement, et qu'en fait, on vient d'ailleurs, etc. Donc si c'est votre cas, je vous invite à suivre ce que je fais, ça peut peut-être vous faire du bien et vous donner des billes, à rentrer en contact avec des personnes, à commenter peut-être sur les posts, etc., pour pouvoir parler avec d'autres personnes de ce que vous ressentez. Vous n'êtes pas seul, et c'est très important. que vous puissiez trouver des ressources qui vous apaisent et qui vous font du bien sur ces sujets. Je veux aussi vous dire qu'il y a une vraie, vraie, vraie lumière au bout du tunnel, et là, vraiment, je vous le dis du plus profond de mon cœur, à partir du moment où vous enclenchez ce processus de sortie d'amnésie, en fait, vous avez énormément de chances de pouvoir vous en sortir, et de pouvoir vous rendre stable à l'intérieur de vous, et de pouvoir vous libérer du plus gros poison qu'on vous a probablement infligé. Vous avez peut-être vécu d'autres traumatismes, il y en a peut-être des encore plus graves que ça, si ça peut être encore plus grave que ça, mais vous avez vraiment l'opportunité de lâcher ça. Et encore une fois, si vous le vivez, c'est que vous avez les armes. En tout cas, c'est vraiment ma perception des choses. Et donc, c'est vraiment une opportunité pour vous d'enfin aller partir sur le front. On y va et on lâche le truc et on se libère. Et après, cette libération, elle est à vie. Et vous allez acquérir à l'intérieur de vous une force et une stabilité qui sera là à vie. Et quelque part, j'ai le sentiment, et c'est peut-être complètement un biais de l'esprit, mais que les personnes qui, moi, m'inspirent le plus dans cette vie et que je trouve les plus belles, les plus rayonnantes, les plus humaines, les plus... Les plus incroyables et qui font des choses incroyables sont souvent des gens qui ont vécu des gros traumatismes. Et pour ma part, c'est vrai qu'il y a quelque chose qui a émergé en moi après la sortie de cette amnésie. Donc si vous avez l'envie comme moi de partager sur les réseaux sur ces sujets-là, allez-y, témoignez, c'est extrêmement important. Il y a plein de plateformes aujourd'hui en plus qui permettent de témoigner sur ces parcours de vie, etc. Vraiment, je vous encourage à prendre ça comme quelque chose que vous pourrez retransmettre aux autres. Mais avant de retransmettre aux autres, il faut bien sûr penser à vous. Soyez égoïste pendant votre guérison. Pensez à vous. Regardez des gens qui vous font du bien. Entourez-vous de gens sains. Et si vous n'avez pas de gens sains autour de vous, trouvez un thérapeute qui peut vous accompagner sur ces sujets. Je crois profondément que chaque personne qui sort d'amnésie a les capacités de s'en sortir. Je crois en vous. Et je vous garantis que derrière, il y a des choses très belles qui peuvent se passer parce qu'en fait, même si vous étiez en amnésie, vous avez vécu toute votre vie avec ce mal-être. Moi, j'ai vécu toute ma vie avec un mal-être que je ne comprenais pas. Et même si on allait sur d'autres traumas, puisque l'abandon à la naissance est un trauma bien évidemment, il y avait quelque chose qui était plus fort, il y avait quelque chose qui était plus grave, auquel je n'avais pas accès. À partir du moment où j'ai eu accès au truc, oui, j'ai plongé. Oui, j'ai fait une dépression. Oui, ça a été très dur. Après, j'ai pas bien joué parce que je n'ai pas trouvé de thérapeute à l'époque en capacité de gérer ça. J'ai eu des thérapeutes qui, au contraire, m'ont énormément remis en doute. Des thérapeutes spirituels New Age qui m'ont dit que mon âme avait choisi ça, etc. J'ai eu des phrases absolument délirantes. Et c'est pour ça que je mets beaucoup en garde aussi sur la spiritualité New Age. notamment quand on a vécu des traumas parce que parfois c'est pas du tout adapté et au contraire ça peut nous plonger dans les ténèbres, c'est encore le sujet d'un autre podcast, mais vraiment il y a des personnes qui peuvent vous aider maintenant, il y a de plus en plus de gens qui sont sensibilisés à ces sujets, je suis sûre que vous trouverez quelqu'un qui pourra vous accompagner et faites-vous confiance parce que vous avez aussi des ressources à l'intérieur de vous qui sont en train d'émerger. Voilà, je pense que j'ai dit ce que je voulais dire mais c'est un sujet qui est tellement important que je reparlerai probablement, je verrai aussi vos retours et s'il y a des parties de ce sujet que vous avez besoin que j'aborde. Mais en tout cas, je tenais vraiment à vous dire que j'ai confiance en vous, je vous crois, vous n'êtes pas fous, personne n'est fou quand on se réveille de ça. Vous avez les armes, vous allez vous en sortir, prenez soin de vous et vraiment essayez d'aller vers des choses qui vous font du bien. Et éloignez-vous pendant cette période-là de toutes les personnes qui peuvent être toxiques pour vous. C'est encore un autre sujet que j'aborde pas mal sur ce podcast au niveau des personnes toxiques, des personnes qui peuvent un peu nous pomper notre énergie. Vous n'avez pas d'énergie à accorder à ça quand vous êtes en train de sortir d'amnésie. Vous avez besoin de préserver votre énergie pour votre propre guérison, c'est extrêmement important. Je vous fais d'énormes bisous et je vous dis à très bientôt.

  • Speaker #1

    Si cet épisode vous a plu, je vous invite à vous abonner au podcast, à laisser une note si vous avez envie de le soutenir ou peut-être même un commentaire, et à vous abonner au compte Instagram alignerlesetoiles.podcast. Il y a également un compte Telegram que vous pouvez suivre,

  • Speaker #0

    je mettrai le lien dans la description de l'épisode. Merci encore beaucoup et à très bientôt.

Description

Qu'est ce qu'une amnésie traumatique ? Comment se passe une levée d'amnésie ? Comment la vivre au mieux quand ça nous arrive et surtout pourquoi notre cerveau "efface" certaines informations traumatiques ?

Je vous témoigne ici d'un bout de mon histoire, et d'un traumatisme qui m'a causé énormément de souffrances : l'inceste, mais surtout la remontée d'amnésie traumatique, que j'ai vécu à 30 ans, et qui a été un nouveau trauma en tant que tel. Pour vous dire que vous n'étes pas seul(e), et vous redonner du courage, de l'espoir, et des clés, si vous traversez une levée d'amnésie traumatique.


Je précise que je parle ici d'un point de vue de personne concernée, et non d'un point de vu médical. Une interview arrive prochainement avec un médecin sur ce sujet, qui l'expliquera d'un point de vue beaucoup plus scientifique.

Il n'y aura pas de détail concernant l'agression, pour conserver mon intimité mais aussi pour vous préserver de ces souffrances.

Merci beaucoup pour votre confiance & à bientôt :)

Marie-Alix

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Transcription

  • Speaker #0

    Aligner les étoiles, le podcast des gens qui ont l'impression d'être des extraterrestres et qui se demandent ce qu'ils font sur cette planète. Je vous donne rendez-vous tous les mardis pour partager avec vous des témoignages, des réflexions et des idées qui, je l'espère, pourront vous aider à trouver et prendre votre place dans le monde. Bonjour à tous, je suis très contente de vous retrouver aujourd'hui pour un sujet pas très facile à aborder, qui est un sujet dont on parle de plus en plus, et pour autant je trouve qu'on n'en parle pas assez. On parle de plus en plus d'inceste, d'agression sexuelle, on parle moins d'amnésie traumatique, de ce que c'est, et surtout du traumatisme que c'est d'en sortir, parce qu'en fait on revit la violence. Et donc aujourd'hui, il me tenait vraiment à cœur de parler de ce processus que j'ai vécu. Pas tant pour raconter mon histoire, mais juste parce que c'est un témoignage comme un autre, et que pour moi, la sortie d'amnésie traumatique a été extrêmement violente et douloureuse. Et finalement, le processus d'inceste que j'avais oublié du coup, et je vais en parler après, et bien quelque part, c'était plus facile pour moi d'avoir l'information de l'inceste que de vivre le doute atroce que vient poser la sortie d'amnésie traumatique. Donc ici, je vais en parler principalement pour les personnes qui vivent ça. Les personnes qui se questionnent aussi parce qu'il y a beaucoup de gens qui se demandent s'ils ont vécu quelque chose et qu'ils ont fait une amnésie. Mais aussi pour toutes les personnes que ce sujet intéresse de près ou de loin, que ce soit des accompagnants, parce que pas assez de personnes sont au courant de ce processus-là, que ce soit des proches ou tout simplement que ce soit des personnes dans la société qui veulent connaître ce sujet-là, qui s'y intéressent, etc. Alors j'en parle de mon point de vue d'adulte, donc c'est différent du point de vue des personnes qui parlent des enfants qui sont... en train de vivre ces violences. Moi j'en parle en tant qu'adulte qui s'est rappelé sur le tard en fait, puisque je m'en suis rappelé en 2020, donc en 2020 j'avais 30 ans. Donc un petit peu pour vous faire le scénario de la manière dont ça s'est passé pour moi, disons que j'ai vécu toute ma vie aux côtés d'un père qui était mon père adoptif, puisque j'ai été adopté, mais j'ai été adopté tout bébé, donc pour moi c'était mon père, qui était très menaçant, qui était dans l'abus de pouvoir permanent, qui était ce qui rentre aujourd'hui dans les cases du père vert narcissique etc, mais je... Pour moi, c'est même encore un cran au-dessus. Et c'est vrai que ça a été très douloureux pour moi de grandir à ses côtés. Et ça a créé de nombreux traumatismes, déjà, de grandir auprès de lui. Et j'ai toujours eu ce sentiment, en fait, de menace près de lui. Donc le rôle pour moi des parents, c'est en priorité de protéger leurs enfants et de leur donner un sentiment de sécurité. Moi, j'ai vécu dans l'insécurité la plus totale aux côtés de mon père toute ma vie. Mais j'avais occulté cette histoire d'inceste. J'ai grandi sans me rappeler de ça. Donc il faut savoir que c'est quand même un phénomène très commun. Je crois que c'est 60% des enfants qui vivent une agression sexuelle qui vont l'oublier par la suite. C'est fréquent parce qu'en fait, il faut bien comprendre qu'un enfant ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Moi, ça m'est arrivé, j'avais 4 ans, donc clairement, je n'avais pas les codes pour comprendre ce qui se passait. Mais par contre, l'enfant ressent la terreur, ce qui fait que ça crée un phénomène de dissociation et que ça coupe au niveau cérébral certains circuits. Et donc, l'information ne s'enregistre pas correctement. J'ai pas les bons mots pour vous expliquer ça avec l'amidale, l'hippocampe, etc. Il y a beaucoup d'informations sur ça et notamment des personnes qui en parlent très bien. Et beaucoup mieux que moi d'un point de vue médical ou psychiatrique. Mais en gros, disons qu'au niveau du cerveau, pour un peu grossir le trait, il y a un truc qui disjoncte. Et donc la mémoire n'enregistre pas les faits dans la mémoire classique. En fait, dans la mémoire, je crois que je sais plus si c'est l'imbique ou l'autre. Bon, clairement, là je suis pas dans du technique, on est d'accord. Mais voilà, ça s'enregistre pas normalement, et donc c'est comme pour moi la manière dont je me le représente, une espèce de petite boîte noire dans laquelle l'information est mise sous clé, verrouillée, dans un coin de la tête, mais c'est occulté. Donc c'est ce qui se passe très fréquemment lors d'agressions sexuelles quand on est petit, mais ça peut aussi arriver plus tard. Ça veut dire qu'on peut vivre des amnésies traumatiques sur d'autres sujets, et d'ailleurs les premières fois où on a parlé du phénomène d'amnésie traumatique, c'était pour parler de personnes qui revenaient de la guerre et qui avaient oublié des moments de guerre en fait. tellement ça avait été traumatisant pour eux. Donc il faut bien comprendre que là, le cerveau, son objectif, c'est de nous protéger. Et pour ma part, sincèrement, je suis très contente d'avoir fait cette amnésie parce que ça m'a permis de vivre ma vie avec un très très gros mal-être, certes, mais à peu près normalement. Et surtout quand on est enfant et qu'on est agressé par un parent ou par quelqu'un de la famille, en fait, on a au niveau cognitif, disons, quelque chose qui vient complètement déconner parce que, bah, en fait, c'est les personnes de qui on dépend. Je veux dire que moi, à 4 ans... Je pouvais pas rejeter mon père. J'étais obligée d'aimer mon père, ou en tout cas d'être avec lui de manière normale, pour pouvoir continuer à vivre et à survivre. Donc en fait c'est aussi pour ça que le cerveau met en place ce mécanisme qui est hyper intelligent. pour nous permettre de continuer à vivre au sein de notre famille, ou si c'est des gens proches, de continuer à les voir, etc. Donc globalement, ce qui se passe, c'est que j'ai vécu ça pour ma part quand j'avais 4 ans, je l'ai occulté, et donc j'ai continué à vivre un peu, j'ai envie de dire, normalement, sauf que j'avais énormément de symptômes, et notamment un très très fort mal-être, dès mon plus jeune âge, et le sentiment vraiment de pas du tout être à ma place, et de surtout pas être en sécurité. Donc j'avais un système nerveux qui était vraiment complètement dérégulé, Ce qui est très souvent le cas dans le cas de traumatismes. C'est pas que les victimes d'inceste, c'est tous les traumatismes. Et j'étais donc en hypervigilance en permanence. J'ai toujours eu peur de mon père. Il a toujours été une figure pour moi menaçante. Et j'avais toujours remarqué, j'avais toujours été très mal à l'aise avec son côté pervers, puisque mon père avait l'habitude de reluquer un peu toutes les nanas, et notamment les nanas de mon âge, et même des copines à moi parfois. Alors que mon père m'a adoptée, il avait 50 ans, donc on a 50 ans d'écart. Donc c'est vrai que c'était pour moi quelqu'un qui, même dans son regard, ça m'a... toujours mis un peu, enfin, très mal à l'aise. Voilà, j'ai toujours eu un sentiment avec mon père de pas être du tout en sécurité. Je n'osais pas porter de jupe trop courte, ou alors je ne me sentais pas bien quand il me regardait. Enfin, voilà, je n'ai jamais eu, en fait, un père on va dire réconfortant, rassurant, etc. Donc, j'ai toujours eu un malaise, mais j'étais loin de m'imaginer que j'avais pu vivre un truc pareil, parce qu'en fait, bah, surtout à l'époque, on n'en parlait pas. Aujourd'hui, on commence beaucoup plus à en parler, et c'est absolument génial. Mais voilà, toutes les dernières années, moi, j'ai grandi sans connaître le phénomène de l'amnésie, et donc c'était absolument... impossible pour moi d'accéder à ça. La chance que j'ai eue, entre guillemets, c'est que j'ai commencé à bosser sur moi très jeune. J'ai commencé mes thérapies, j'avais 19 ans, entre autres à cause de l'adoption, puisque pour moi, j'avais une très très grosse blessure d'abandon, dont je parle dans d'autres épisodes de podcast, qui était assez maladif chez moi, et qui créait beaucoup de dépendance dans mes relations, beaucoup de difficultés, etc. Donc très tôt, j'ai commencé les thérapies, et je pense que c'est ce travail, et puis après, moi-même, je me suis formée à des méthodes, ce qui fait que je pense que c'est tout ce travail qui a été fait en amont. qui a fait qu'à un moment donné, mon système nerveux, mon cerveau, etc., ont dû se dire, ok, là, elle est assez solide, elle est assez stable pour qu'on lâche l'info, et donc l'info est remontée. Il faut savoir aussi, pour les personnes qui sont en sortie d'amnésie, il y a énormément de gens qui souffrent beaucoup du fait qu'ils se disent, putain, c'est un moment de ma vie où je vais super bien. Donc ça peut être un mariage, ça peut être la naissance d'un enfant, ce qui est très fréquent d'ailleurs, ou alors je sais pas, un moment, vous allez hyper bien. Et ce qui se passe, en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'effectivement... Le cerveau va donner les infos souvent dans des moments où on se sent bien, parce qu'il considère qu'on est assez stable, qu'on est assez sécurisé pour pouvoir envoyer l'information et qu'en gros, on va pouvoir la gérer. Si c'est votre cas, si vous êtes en train de sortir d'amnésie, je vous le dis du plus profond de mon cœur, vous êtes en capacité de le gérer. Le cerveau est intelligent. Il ne lâcherait pas l'information si vous n'avez pas les armes. Pour autant, c'est un processus qui est hyper douloureux, qui nécessite d'après moi un accompagnement. j'en parlerai mais moi je n'ai pas été accompagnée parce que je n'ai pas trouvé de professionnel qui comprenait ce phénomène et qui respectait surtout ce phénomène j'ai eu affaire à des phrases et des choses hallucinantes et j'en parlerai donc après mais essayez de ne pas rester seule avec ça aujourd'hui il y a de plus en plus d'associations qui parlent de ce sujet, il y a de plus en plus de gens qui en parlent allez vers des gens qui connaissent ce sujet allez vers des groupes de parole ne vous isolez pas avec ça, il y a des bouquins là-dessus qui sont très bien, notamment les livres de Muriel Salmona qui sont excellents sur ce sujet là Vraiment, ne restez pas seuls avec ça, écoutez des témoignages, parlez-en à des gens qui peuvent entendre et qui peuvent comprendre, mais en tout cas si vous sortez d'amnésie naturellement, c'est que vous êtes en capacité de le gérer. Je fais une parenthèse parce que je pars du principe qu'il y a un vrai danger, en tout cas moi je n'encourage pas les gens à forcer la mémoire traumatique. Ça veut dire que si aujourd'hui vous avez des doutes et vous vous dites j'entends beaucoup de témoignages, ça me parle un peu, je me demande si j'ai pas vécu quelque chose Peut-être que c'est un avis erroné et ce n'est que le mien, ça n'engage que moi, ça ne vous empêche pas d'aller voir des spécialistes sur ce sujet. Pour ma part, j'ai tendance à dire que si l'information ne remonte pas d'elle-même, s'il n'y a pas eu déjà des bribes d'informations qui remontent, à partir du moment où ça commence à remonter, effectivement, il faut le traiter. Mais s'il n'y a pas eu des bribes et qu'entre guillemets, dans votre vie, vous vous sentez plutôt bien, mais que vous avez des doutes, honnêtement, j'aurais tendance à pas trop aller fouiner là-dedans. Parce que la mémoire traumatique, c'est quelque chose qui est extrêmement violent quand ça se réactive. Ça peut créer, enfin moi ça a été mon cas, ça a causé plein de symptômes physiques, clairement une dépression hyper sévère, etc. Franchement, je pense que le cerveau, s'il lâche pas l'info, c'est que c'est peut-être pas le moment. Maintenant, si vous avez quand même envie de le creuser, et que vous avez un vrai appel, écoutez-vous. Mais ne forcez pas le truc, parce qu'en ce moment, beaucoup de gens en parlent, et que peut-être ça serait intéressant de le savoir. Si ça n'a pas plus d'impact que ça dans votre vie, honnêtement, attendez, si ça doit émerger, ça émergera, et peut-être que vous avez rien vécu, et donc faut pas forcer les choses. C'est une petite parenthèse et ça n'engage que moi. Peut-être qu'il y a des personnes qui ne seront pas d'accord avec moi, mais moi je crois qu'il ne faut pas forcer la mémoire traumatique. Pour revenir un peu à mon histoire, j'ai grandi aux côtés de ce père et ça a été très dur pour moi. Au final, j'ai entamé les thérapies très jeunes sur le sujet de l'adoption, mais aussi sur le sujet de mon père, parce que je souffrais énormément à vivre à ses côtés. C'était quelqu'un qui était dans un mal-être terrible et qui était extrêmement agressif, dans l'abus de pouvoir permanent, dans l'humiliation permanente. Et donc j'ai développé beaucoup de blessures. à son contact. J'avais aucune confiance en moi. Enfin bon, il y a eu un très très gros chemin pour que j'en arrive là où j'en suis aujourd'hui. Mon père a toujours été un gros sujet dans ma vie. Donc dans beaucoup de thérapies, j'ai traité la relation à mon père, j'ai traité le fait que moi je me positionnais un peu en sauveur, j'avais envie qu'il change, je pensais que ça allait devenir un gentil papa, et j'ai dû faire un peu le deuil de tout ça. Et finalement c'est quand j'ai réussi à faire le deuil de mon père complètement, un jour où je me suis écroulée, j'étais par terre à pleurer, je n'arrivais plus à respirer. Et ce jour-là ça a marqué le deuil de je peux sauver mon père l'acceptation de l'état dans lequel il était. parce qu'en fait quand on grandit auprès de quelqu'un d'aussi malade, on a tendance à penser que c'est nous le problème et donc c'est difficile de se dire que bah non c'est notre parent qui est malade en fait et que c'est pas nous qui sommes malades et donc à ce moment là le truc s'est effondré, je me suis écroulée, ça a été un moment extrêmement difficile pour moi mais à partir de là je n'ai plus jamais eu d'attentes envers mon père et il n'a plus eu d'emprise sur moi en tout cas d'un point de vue émotionnel, il en avait bien évidemment sur d'autres plans mais pas dans l'émotionnel et c'est je crois un an plus tard ou deux ans plus tard que j'ai commencé à sortir d'amnésie, parce que je pense que le fait d'avoir fait ce pré-travail avec lui permettait à mon système nerveux d'accepter l'information que, en plus de tout le mal qu'il m'avait fait, il m'avait abusé quand j'étais petite. Donc pour vous resituer un peu les événements, le moment où je commence à avoir des flashs, où je commence à avoir des infos, ça a mis à peu près 7 ans. Dans mon cas, j'avais tous les signes cliniques, et beaucoup même de médecins, etc. me le disaient, mais dans la mesure où moi, en fait, j'avais pas de souvenirs, bah j'arrêtais pas de dire que c'était pas possible, mais que, comme je ne connaissais pas mes parents biologiques, potentiellement j'étais issue d'un viol. Voilà, donc je m'étais construit avec ce truc-là, et donc pendant 7 ans ça remontait, ça remontait un peu comme ça, mais j'arrivais pas à intégrer l'information. Jusqu'au jour où finalement j'ai été voir quelqu'un qui faisait de la... C'était un micro-kiné qui m'examine pour des douleurs de dos, et en fait je me revois cette scène comme si c'était hier, j'étais sur le dos, il pose ses mains au niveau de mon bas-ventre, il était hyper bienveillant, hyper doux, il me regarde avec un regard plein de compassion, il me dit là il y a eu quelque chose à cet endroit, non ? Et au moment où il me dit ça, j'explose... explose en larmes. Je ne comprends pas que j'explose en larmes, c'est ça qui est dingue avec les sorties d'amnésie. Mais c'est compulsif, et ça sort, et ça sort, et ça sort, et je pleure. Et là, je me rends compte moi-même que vu mon état, il y a sûrement quelque chose. Mais en fait, c'est hyper étonnant ce qui se passe dans ce genre de moment, parce qu'en fait, c'est le corps qui parle, c'est les émotions qui se révèlent, mais nous, on ne comprend pas trop ce qui se passe, en fait, parce que rationnellement, on ne comprend pas, en fait. C'est pareil quand on regarde, je ne sais pas, un film où il y a quelqu'un qui va se faire agresser, on peut exploser en larmes, et on ne comprend pas pourquoi. On va lire un article dans un journal de quelqu'un qui parle d'agression et on va exploser en larmes. Quand il se passe ce genre de choses, ça veut dire que ça vient résonner avec nous à un niveau. Et donc, en fait, effectivement, il est possible qu'on ait vécu quelque chose de cet ordre-là. À partir de là, j'ai commencé un peu à partir au charbon en me disant, OK, cette fois, je suis prête à y aller, on va y aller. Donc, j'ai rencontré des personnes qui étaient spécialisées là-dedans. Toutes m'ont confirmé, effectivement, que les signes cliniques, etc. étaient là. Quand je faisais le portrait de mon père... Bah globalement, il cocha un peu les cases de ce que pourrait être un agresseur. Et donc j'ai commencé à mener ma petite enquête. Le truc, c'est qu'à partir du moment où on ouvre cette porte, il faut s'attendre à ce que le corps parle. Et donc moi, dans mon cas, j'ai eu des douleurs que je ne décrirai pas sur ce podcast, mais qui ont été des douleurs gynéco absolument abominables pendant des mois que je n'avais jamais eues avant. Et vraiment, c'était l'information qui remontait en fait au niveau corporel. Et je pense que si vous vivez une sortie d'amnésie, probablement que vous vivez des choses comme ça. C'est très difficile parce qu'en fait, on aurait tendance à croire qu'en libérant l'info et en libérant la parole et en se disant que ça y est, on a conscientisé qu'on avait vécu un abus, on n'allait plus souffrir. Sauf qu'en fait, l'info repasse par le corps puisqu'elle a été vécue par le corps. Et très souvent, en tout cas dans mon cas, il y a eu énormément de souffrance physique. Donc mon adénomiose à ce moment-là s'est déclenchée extrêmement fort. J'avais comme des coups de poignard au niveau de l'utérus et du bas d'eau. Donc c'est des douleurs que les personnes qui ont de l'endométriose ressentent, c'est les mêmes. Et j'ai eu plein plein d'autres symptômes, beaucoup plus subtils que j'ai pas envie de décrire ici, mais ça a été extrêmement violent pour ma part, et là j'ai commencé à avoir des flashs. Donc les flashs en fait c'est des souvenirs qui popent dans la tête comme ça d'un coup, et en général mes douleurs venaient en même temps que les flashs. Parce qu'en fait le corps se rappelle, c'est comme si on revivait en fait l'agression. C'est hyper violent, c'est hyper douloureux, c'est des moments qui sont atroces à vivre, et c'est pour ça que j'en parle, parce que si vous vivez ça je veux vous dire que vous n'êtes pas seul. que ça va s'arrêter, ça va finir par s'arrêter à un moment donné. Dans mon cas, ça a été extrêmement long, parce que j'ai sombré en dépression, pour d'autres raisons aussi, il n'y avait pas que ça. Mais j'ai sombré en dépression à ce moment-là, j'ai eu une énorme crise existentielle qui s'est accompagnée de ça. C'est pour ça que je parle de nuit noire de l'âme dans mon cas, parce que derrière, il y a eu vraiment une sorte de réveil à beaucoup de choses pour moi. Ça a été un petit peu ma... J'ai un peu porté ma croix, on va dire, sur ce chemin-là. Mais derrière, la libération que j'ai acquis, la stabilité intérieure que j'ai acquis, est... absolument incroyable. Je sais pas comment le dire, mais pour ma part, le fait de revivre ce trauma qui repasse par mon corps, de tout faire remonter, de le traiter, d'en parler, de libérer un peu ce truc-là, a expulsé un poison qui était dans mon corps depuis toujours et que je n'arrivais pas à déterminer. C'est-à-dire qu'en fait, toute ma vie, je me suis construite en étant très très mal dans ma peau. Comme j'avais vécu cette blessure de l'abandon à la naissance, on a toujours tout mis là-dessus et la majorité des thérapeutes que j'ai rencontrés... Mettez l'accent là-dessus alors que j'arrêtais pas de dire oui mais au bout d'un moment il y a autre chose, je sens qu'il y a autre chose. Il y a des personnes effectivement maintenant que j'y repense qui m'avaient un petit peu demandé s'il y avait eu quelque chose avec mon père. Parce que quand je parlais de mon père, il sentait en fait qu'il y avait un problème. Mais il était tellement difficile à vivre en fait émotionnellement parlant que ça suffisait entre guillemets et que du coup les thérapeutes allaient là-dessus et se rendaient pas forcément compte qu'il y avait quelque chose derrière. Il faut savoir que pour moi aujourd'hui j'ai... tellement une lecture en fait de ce que c'est que ce traumatisme-là et des symptômes qu'on peut développer, que quand je vois quelqu'un qui potentiellement peut l'avoir vécu, je trouve que ça se voit. Pour autant, je ne vais pas le dire parce que je pense que si la personne n'est pas prête à le savoir, je ne dirai rien, mais il peut m'arriver parfois de rencontrer des personnes qui se rendent compte en fait qu'elles ont vécu quelque chose, et donc à ce moment-là, on en parle, et c'est vrai qu'il y a des personnes qui le portent un petit peu, en tout cas les gros traumatismes, je trouve, qui ont des points communs aux personnes qui ont vécu des gros traumas. Et donc tout ce qui peut être effectivement difficulté sur un plan gynéco, etc., très souvent ça peut être lié à ça. Il y a des médecins qui en parlent beaucoup mieux que moi, et il y en aura qui interviendront sur ce podcast à ce sujet, c'est pas mon métier, et j'ai pas les compétences pour le faire. Moi ici je fais que un témoignage, mais il n'empêche que j'observe, pour avoir rencontré beaucoup de gens qui avaient vécu ça, qu'il y a en général énormément de conséquences dans le physique. Encore une fois, c'est pas parce que vous avez une endométriose ou que vous avez des difficultés, etc., que c'est lié à ça. Mais ça peut l'être en fait. Donc voilà un petit peu pour ce que j'ai pu vivre. Le plus dur pour moi finalement, je crois, pendant cette période-là, ça n'a pas tant été le fait de savoir que j'avais vécu l'inceste, parce qu'au final ça, ça m'a libérée et ça m'a soulagée. Et si c'est votre cas, je ne sais pas ce que vous ressentez par rapport à ça, mais souvent les personnes que je rencontre me disent que ça leur fait du bien d'enfin savoir, parce qu'elles sentaient bien qu'il y avait un mal-être à l'intérieur qu'elles n'arrivaient pas à identifier en fait. Donc ça, c'était la partie pour moi entre guillemets où je me disais, ah bah ça y est, je sais pourquoi je portais ce mal-être. Donc ça, c'était cool. Ce qui a été très dur pour moi, c'était le doute permanent. Parce qu'en fait, quand on sort d'amnésie, qu'on soit bien clair, les souvenirs, ils datent de notre petite enfance en général. Les souvenirs sont un peu flous au départ. Enfin, je veux dire qu'un souvenir, quand on se rappelle de quelque chose, même de manière générale, rappelez-vous de vos vacances il y a 5 ans ou il y a 10 ans, c'est pas complètement clair dans votre tête, en fait. Vous n'êtes pas en train de le vivre avec tous vos sens dans l'instant présent. Et surtout, en fait, c'est vrai qu'aujourd'hui, dans la société, il y a énormément d'injonctions qui nous font douter de notre mémoire traumatique. Pour moi, ça, c'est atroce, parce qu'il faut savoir qu'une mémoire qui remonte par elle-même, Et quasiment jamais un faux souvenir en fait. Les faux souvenirs sont extrêmement rares. Votre mémoire ne va pas créer des souvenirs de trucs aussi traumatiques. Si votre mémoire vous fait remonter des choses comme ça, c'est qu'il y a quelque chose à creuser. Pour autant, on entend que les souvenirs ont pu être un petit peu déformés, on entend beaucoup de choses, mais une mémoire ne revient pas comme ça par hasard. D'un coup, vous n'allez pas rêver qu'il s'est passé ça avec votre père, votre mère, votre frère, votre sœur, comme ça, juste comme ça, par hasard. Si ça revient, faites-vous confiance. Essayez de trouver quelqu'un qui... qui comprend ça et qui peut vous accompagner dans ce processus, je sais que c'est assez rare, mais il faut vraiment que vous puissiez vous faire confiance. N'en parlez pas à n'importe qui, parce que la majorité des gens ne connaissent pas ce processus, vont vous créer encore plus de doutes, alors que vous doutez déjà de vous-même. D'autant plus que, et là je mets vraiment l'accent dessus, quand on a été victime d'agressions sexuelles, déjà on a un déficit de confiance en soi, déjà on a tendance à se remettre beaucoup en question, et en plus de ça, et alors là j'insiste énormément, on prend des responsabilités qui ne sont pas les nôtres, Donc on a en général énormément de culpabilité, énormément de honte, alors que la honte devrait changer de camp. Je ne sais plus où j'ai lu ça, mais cette phrase m'a presque sauvé la vie au moment de ma sortie d'amnésie. Donc aujourd'hui, c'est à mon tour de vous le dire. Si aujourd'hui, vous vous sentez mal, vous vous sentez coupable, vous vous dites que non, mais bon, on n'est pas sûr, et le pauvre papa ou la pauvre maman ou le pauvre cousin, si ça se trouve, je mens, et je suis en train de défoncer ma famille et d'exploser ma famille, toute la responsabilité est sur mes épaules, alors que je ne suis même pas sûre de ce que j'avance. pitié. Prenez soin de vous tout seul. Évitez peut-être d'en parler tout de suite avec votre famille. Attendez peut-être que les choses soient plus claires pour vous. Prenez du temps pour digérer l'information, pour vous faire accompagner, pour regarder des témoignages, pour voir ce qui remonte pour vous, etc. Avant peut-être de vous confronter au regard des autres. Parce qu'en fait tout ça, moi dans mon cas, ça a été ma plus grosse erreur. J'en ai parlé à ma mère tout de suite, parce que ma mère et moi on est très proches. Et donc quand j'ai commencé à me souvenir de ce qui se passait, Je ne voulais pas lui en parler. Elle a beaucoup insisté pour que je lui explique ce qui n'allait pas. Je lui ai expliqué ce qui s'est passé. Et honnêtement, ça m'a complètement polluée dans mon travail. Parce que du coup, je voulais à la fois rassurer ma mère. Donc en fait, j'espérais que ce soit faux. Donc je n'arrêtais pas de dire, oui, mais ça se trouve, c'est pas vrai, maman, tu sais, peut-être que je délire. Donc accessoirement, et bah hop là, on remet une couche sur le manque de confiance, sur la culpabilité, etc. Et en fait, ma mère, ça l'a mis dans une détresse aussi. Enfin bref, ça n'allait pas du tout. Si c'était à refaire, je ne lui aurais rien dit. tant que moi, je n'avais pas fait mon processus. C'est un processus que vous devez faire pour vous-même. Ça ne regarde pas votre famille au départ. C'est vraiment important que déjà vous, avec vous-même, vous viviez le processus. et vous puissiez ensuite en parler à tête reposée et sans risquer de vous faire déstabiliser par les émotions des autres. Parce que forcément, effectivement, ça va un petit peu recadrer les choses dans la famille. Il est tout à fait probable que ça engendre des ruptures. Il est probable que ça réveille aussi des souvenirs chez d'autres personnes. Donc si j'ai un conseil à vous donner, et c'est peut-être le plus important pour moi, prenez soin de vous. Parlez-en à des personnes qui sont soutenantes, qui ne vous jugent pas. Au premier signe de jugement, écartez-vous le temps de votre guérison, sincèrement. parce que c'est déjà un processus qui est trop violent, qui est trop difficile, vous n'avez pas besoin des doutes des autres. Vous êtes déjà en doute vous-même. Donc vraiment l'objectif, c'est de vous permettre d'avoir un espace sécurisant parce que vous êtes en train de revivre un traumatisme. Ça c'est vraiment très important à entendre. Vous revivez votre traumatisme. Donc il faut absolument être en sécurité au moment où vous le revivez. Moi pour ma part, j'avais mon conjoint qui était là, qui m'a laissé l'espace de me guérir sur cet espace-là et ça pour toujours je lui serai reconnaissante. et qui m'a créé une sorte de sécurité parce qu'il était là, et que lui ne doutait pas de ma parole. C'est très important d'avoir au moins une personne qui vous croit, c'est pour ça que si vous n'en avez pas autour de vous, allez dans des cercles de parole, allez voir un thérapeute qui connaît ce sujet, ne restez pas seul avec ça. Vraiment c'est important, j'insiste là-dessus, parce qu'on a tellement besoin en fait dans ces moments-là d'être soutenus, qu'en fait des fois on va aller vers les mauvaises personnes, vers les personnes qui sont nos proches de d'habitude, et potentiellement des membres de notre famille, qui peuvent en fait mal réagir parce qu'ils sont aussi impliqués. Par rapport à la personne qui vous a agressé, si c'est votre père comme moi ou quelqu'un de votre famille ou quelqu'un qui est encore en vie et avec qui vous pouvez avoir un contact. Selon moi, c'est important à un moment donné d'avoir un dialogue avec cette personne. Encore une fois, ça n'engage que moi, vous n'êtes pas obligé de le faire. Vous pouvez aussi le faire de manière invisible. Vous imaginez la personne en face de vous, vous vous mettez seul dans un endroit et là vous lâchez tout ce que vous avez à dire. Mais ce qui est très important, c'est de rendre les responsabilités. Quand vous aurez la mémoire qui vous est revenue. Quand vous aurez un petit peu plus de billes et que vous vous souviendrez de ce qui s'est passé, sachant que ce sera toujours un petit peu flou. Alors ça ne l'est pas complètement, moi les images me sont revenues de l'agression complètement à un moment donné, mais ça reste des souvenirs. Donc c'est encore une fois, quand vous repensez à vos vacances d'il y a dix ans, ça reste un peu flou, c'est votre mémoire un petit peu passée. Quand vous aurez reconstitué l'histoire, vous imaginez cette personne en face de vous et vous lâchez. tout ce que vous avez à lâcher, vous criez votre colère. C'est extrêmement important d'exprimer votre colère parce qu'en fait, c'est l'enfant à l'intérieur de vous qui a besoin d'expulser sa colère. Vous pouvez le faire en imaginant la personne en face de vous et en lui rendant ses responsabilités. C'est extrêmement important de poser les mots en disant je te rends ta responsabilité, je ne suis pas coupable de ce qui s'est passé, tu as toute la responsabilité parce qu'un adulte a toujours toute la responsabilité, ça c'est très important à entendre. Toutes les personnes qui disent oui, mais l'enfant, il était un petit peu... aguicheurs, etc. Il faut arrêter les conneries. Un enfant ne sait pas ce que c'est que la sexualité, il ne comprend pas. Donc quand bien même un enfant est un peu avenant, il ne sait pas ce qu'il fait. C'est aux parents de recadrer, c'est aux parents de poser des limites et c'est aux parents de sécuriser l'enfant. A aucun moment c'est une invitation de la part de l'enfant et c'est délirant de dire des choses pareilles. Donc c'est à vous à ce moment-là de rendre la responsabilité, et ce terme il est très important, à la personne qui vous a agressé. Vous n'êtes pas responsable de ce que vous avez vécu, ce n'est pas votre faute. C'est votre faute. Ce n'est pas votre faute. Cette phrase, elle m'a mis en larmes la première fois qu'on me l'a dit. Parce qu'en fait, intrinsèquement, on est convaincu que c'est de notre faute. On est convaincu qu'on est la mauvaise personne. On est convaincu qu'on l'a cherché. On est convaincu qu'on ne mérite pas d'être aidé, qu'on ne mérite pas d'être aimé, et qu'en fait, on n'est qu'une merde. En fait, c'est ça qui se passe quand on est agressé. Donc, on grandit, on se construit avec cette croyance. Déconstruire cette croyance, c'est difficile. Encore une fois, c'est un travail. Mais pour moi, c'est très important de vous le dire. Vous n'êtes en rien coupable de ce qui s'est passé. En rien du tout. Et c'est très important de rendre la faute à qui est fautif. Et c'est l'adulte qui est fautif. Ou c'est le grand frère, la grande sœur, le cousin, etc. Qu'importe, ce n'est pas vous, en fait. Ce n'est jamais l'enfant. Donc, à partir de là, si vous avez la possibilité de le faire en face à face avec cette personne, c'est absolument extraordinaire. Pour ma part, je l'ai fait avec mon père par lettres. Je lui ai même dit que j'étais en capacité de pardonner s'il reconnaissait ses erreurs et qu'on pourrait en parler. Il n'a jamais reconnu les faits. Je suis retournée le voir malgré ça. À un moment donné, j'avais besoin de moi pour valider la fin de ma guérison. de le revoir, ça m'a simplement permis de voir qu'il n'avait plus aucune emprise sur moi, et c'était peut-être la plus grosse libération de ma vie. Pour autant, il n'a jamais rien reconnu, donc j'ai fini par définitivement couper les ponts, puisque pour moi, il n'y a pas de possibilité aujourd'hui d'être en lien avec lui. Voilà, dans mon cas, c'est mon histoire. Mais il y a des histoires où il est possible d'avoir une réparation. Il y a des cas où il y a des personnes qui arrivent à renouer avec leur agresseur, quand l'agresseur... s'excusent platement et fait en sorte de réparer les choses. Vous n'êtes pas obligé d'accepter les excuses, vous n'êtes pas obligé d'accepter la réparation, mais vous pouvez le faire. Libre à vous de le faire. Donc là-dessus, il n'y a aucun jugement, et moi je trouve au contraire que chaque histoire est unique. Mais c'est tout un chacun qui décide. Pour autant, dans votre processus, à un moment donné, il faudra rendre la responsabilité à l'agresseur. Que ce soit par lettres, que ce soit comme je disais un petit peu dans l'invisible, ou que ce soit en confrontant la personne. Il y a aussi un moment où effectivement, vous pourrez en parler aux membres de la famille, vous pourrez en parler aux proches, etc. C'est à vous de sentir le bon moment. Mais moi, je vous conseille de le faire quand vous avez déjà vous-même processé un peu l'histoire et que donc vous êtes assez stable pour vous confronter au regard des autres. Voilà un petit peu ce que je pouvais dire par rapport à tout ça. Ce que je peux dire par rapport à mon histoire, et c'est probablement un sujet dont je reparlerai, et je suis aussi très peineuse de vos retours d'expérience et de vos questions aussi sur ce sujet, je pourrais y répondre. Je trouverai un moyen peut-être, parce que ça reste un des sujets que j'ai vraiment besoin d'aborder ici. Pour moi, ce qui est important de vous dire, c'est que si vous avez vécu ça, et si vous êtes en train de sortir d'amnésie, encore une fois, puisque là, je parle à des personnes qui ont fait une amnésie. Il y a des personnes qui ont vécu l'inceste et qui ont grandi en se rappelant de l'inceste. Ce n'est pas mon cas, donc je n'ai pas les armes pour vous parler de ça. J'ai envie de vous envoyer plein d'amour, très sincèrement. C'est un sujet qui me touche énormément. Je vois beaucoup trop de gens qui vivent ça. Je vois beaucoup trop de gens se tourner vers moi qui vivent ça aussi, parce que je pense qu'une fois qu'on l'a guéri, il y a quelque chose en nous qui résonne, et donc les gens se sentent assez sécurisés pour le dire. On en parle énormément, enfin de plus en plus en tout cas dans les médias, etc. Donc c'est normal d'avoir de plus en plus de remontées. Vous n'êtes pas seul, vous n'avez pas à rester seul avec ça. Je vous encourage vraiment à suivre des personnes qui en parlent. Vous pouvez vous abonner à mon compte, vous pouvez en parler avec des personnes sur les réseaux sociaux. Il y a des groupes, il y a des choses là-dessus. Il ne faut pas rester seul avec ça. Vous n'êtes pas seul, vous n'êtes pas fou, loin de là. Ce n'est pas vous qui avez un problème de santé mentale, c'est la personne qui vous a fait ça. Ce sont des gens malades, ce sont des gens qui pour la plupart sont vraiment très malades et ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. Il y en a qui sont foncièrement diaboliques. Et il y en a beaucoup qui reproduisent des schémas qu'ils ont vécu. C'est encore une autre histoire et ça n'excuse rien. Mais c'est eux qui ont un problème, ce n'est pas vous, en fait. Donc l'important, c'est déjà de travailler sur votre culpabilité. Vous n'êtes pas coupable, ce n'est pas de votre faute. Vous êtes des belles personnes à qui il arrivait des choses mauvaises. Et c'est extrêmement important que vous repreniez votre pouvoir plus que jamais. C'est pour ça que sur ce podcast, je n'ai pas voulu le tourner sur ce sujet-là, qui est un sujet très important pour moi et qui a été un des déclencheurs de, on va dire... ma stabilité intérieure, parce qu'une fois que j'ai évacué ce poison, d'un coup, il y a quelque chose en moi qui a lâché, et depuis, je me sens extrêmement stable. Ça fait deux ans maintenant que je suis sortie de cette amnésie, donc j'ai terminé ce processus, on va dire, qui a duré un an et demi pour ma part. Mais il y a eu plein d'autres choses dans ma vie qui m'ont menée là où j'en suis aujourd'hui. C'est pour ça que je ne mets pas l'accent que sur ce sujet d'amnésie et sur le trauma. Pour autant, je crois que le sujet du trauma est très, très central, notamment pour les personnes comme celles sur mon podcast qui se sentent un peu extraterrestres sur cette planète. qui ont l'impression de venir d'ailleurs, etc., et qui se demandent ce qu'ils foutent sur une planète aussi malsaine, avec des personnes aussi malveillantes, c'est normal, quand on a vécu des gros traumatismes, d'avoir un peu cette vision du monde en se disant que le monde est menaçant. Il peut l'être, par bien des aspects, effectivement, et qu'en fait, on vient d'ailleurs, etc. Donc si c'est votre cas, je vous invite à suivre ce que je fais, ça peut peut-être vous faire du bien et vous donner des billes, à rentrer en contact avec des personnes, à commenter peut-être sur les posts, etc., pour pouvoir parler avec d'autres personnes de ce que vous ressentez. Vous n'êtes pas seul, et c'est très important. que vous puissiez trouver des ressources qui vous apaisent et qui vous font du bien sur ces sujets. Je veux aussi vous dire qu'il y a une vraie, vraie, vraie lumière au bout du tunnel, et là, vraiment, je vous le dis du plus profond de mon cœur, à partir du moment où vous enclenchez ce processus de sortie d'amnésie, en fait, vous avez énormément de chances de pouvoir vous en sortir, et de pouvoir vous rendre stable à l'intérieur de vous, et de pouvoir vous libérer du plus gros poison qu'on vous a probablement infligé. Vous avez peut-être vécu d'autres traumatismes, il y en a peut-être des encore plus graves que ça, si ça peut être encore plus grave que ça, mais vous avez vraiment l'opportunité de lâcher ça. Et encore une fois, si vous le vivez, c'est que vous avez les armes. En tout cas, c'est vraiment ma perception des choses. Et donc, c'est vraiment une opportunité pour vous d'enfin aller partir sur le front. On y va et on lâche le truc et on se libère. Et après, cette libération, elle est à vie. Et vous allez acquérir à l'intérieur de vous une force et une stabilité qui sera là à vie. Et quelque part, j'ai le sentiment, et c'est peut-être complètement un biais de l'esprit, mais que les personnes qui, moi, m'inspirent le plus dans cette vie et que je trouve les plus belles, les plus rayonnantes, les plus humaines, les plus... Les plus incroyables et qui font des choses incroyables sont souvent des gens qui ont vécu des gros traumatismes. Et pour ma part, c'est vrai qu'il y a quelque chose qui a émergé en moi après la sortie de cette amnésie. Donc si vous avez l'envie comme moi de partager sur les réseaux sur ces sujets-là, allez-y, témoignez, c'est extrêmement important. Il y a plein de plateformes aujourd'hui en plus qui permettent de témoigner sur ces parcours de vie, etc. Vraiment, je vous encourage à prendre ça comme quelque chose que vous pourrez retransmettre aux autres. Mais avant de retransmettre aux autres, il faut bien sûr penser à vous. Soyez égoïste pendant votre guérison. Pensez à vous. Regardez des gens qui vous font du bien. Entourez-vous de gens sains. Et si vous n'avez pas de gens sains autour de vous, trouvez un thérapeute qui peut vous accompagner sur ces sujets. Je crois profondément que chaque personne qui sort d'amnésie a les capacités de s'en sortir. Je crois en vous. Et je vous garantis que derrière, il y a des choses très belles qui peuvent se passer parce qu'en fait, même si vous étiez en amnésie, vous avez vécu toute votre vie avec ce mal-être. Moi, j'ai vécu toute ma vie avec un mal-être que je ne comprenais pas. Et même si on allait sur d'autres traumas, puisque l'abandon à la naissance est un trauma bien évidemment, il y avait quelque chose qui était plus fort, il y avait quelque chose qui était plus grave, auquel je n'avais pas accès. À partir du moment où j'ai eu accès au truc, oui, j'ai plongé. Oui, j'ai fait une dépression. Oui, ça a été très dur. Après, j'ai pas bien joué parce que je n'ai pas trouvé de thérapeute à l'époque en capacité de gérer ça. J'ai eu des thérapeutes qui, au contraire, m'ont énormément remis en doute. Des thérapeutes spirituels New Age qui m'ont dit que mon âme avait choisi ça, etc. J'ai eu des phrases absolument délirantes. Et c'est pour ça que je mets beaucoup en garde aussi sur la spiritualité New Age. notamment quand on a vécu des traumas parce que parfois c'est pas du tout adapté et au contraire ça peut nous plonger dans les ténèbres, c'est encore le sujet d'un autre podcast, mais vraiment il y a des personnes qui peuvent vous aider maintenant, il y a de plus en plus de gens qui sont sensibilisés à ces sujets, je suis sûre que vous trouverez quelqu'un qui pourra vous accompagner et faites-vous confiance parce que vous avez aussi des ressources à l'intérieur de vous qui sont en train d'émerger. Voilà, je pense que j'ai dit ce que je voulais dire mais c'est un sujet qui est tellement important que je reparlerai probablement, je verrai aussi vos retours et s'il y a des parties de ce sujet que vous avez besoin que j'aborde. Mais en tout cas, je tenais vraiment à vous dire que j'ai confiance en vous, je vous crois, vous n'êtes pas fous, personne n'est fou quand on se réveille de ça. Vous avez les armes, vous allez vous en sortir, prenez soin de vous et vraiment essayez d'aller vers des choses qui vous font du bien. Et éloignez-vous pendant cette période-là de toutes les personnes qui peuvent être toxiques pour vous. C'est encore un autre sujet que j'aborde pas mal sur ce podcast au niveau des personnes toxiques, des personnes qui peuvent un peu nous pomper notre énergie. Vous n'avez pas d'énergie à accorder à ça quand vous êtes en train de sortir d'amnésie. Vous avez besoin de préserver votre énergie pour votre propre guérison, c'est extrêmement important. Je vous fais d'énormes bisous et je vous dis à très bientôt.

  • Speaker #1

    Si cet épisode vous a plu, je vous invite à vous abonner au podcast, à laisser une note si vous avez envie de le soutenir ou peut-être même un commentaire, et à vous abonner au compte Instagram alignerlesetoiles.podcast. Il y a également un compte Telegram que vous pouvez suivre,

  • Speaker #0

    je mettrai le lien dans la description de l'épisode. Merci encore beaucoup et à très bientôt.

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Description

Qu'est ce qu'une amnésie traumatique ? Comment se passe une levée d'amnésie ? Comment la vivre au mieux quand ça nous arrive et surtout pourquoi notre cerveau "efface" certaines informations traumatiques ?

Je vous témoigne ici d'un bout de mon histoire, et d'un traumatisme qui m'a causé énormément de souffrances : l'inceste, mais surtout la remontée d'amnésie traumatique, que j'ai vécu à 30 ans, et qui a été un nouveau trauma en tant que tel. Pour vous dire que vous n'étes pas seul(e), et vous redonner du courage, de l'espoir, et des clés, si vous traversez une levée d'amnésie traumatique.


Je précise que je parle ici d'un point de vue de personne concernée, et non d'un point de vu médical. Une interview arrive prochainement avec un médecin sur ce sujet, qui l'expliquera d'un point de vue beaucoup plus scientifique.

Il n'y aura pas de détail concernant l'agression, pour conserver mon intimité mais aussi pour vous préserver de ces souffrances.

Merci beaucoup pour votre confiance & à bientôt :)

Marie-Alix

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Transcription

  • Speaker #0

    Aligner les étoiles, le podcast des gens qui ont l'impression d'être des extraterrestres et qui se demandent ce qu'ils font sur cette planète. Je vous donne rendez-vous tous les mardis pour partager avec vous des témoignages, des réflexions et des idées qui, je l'espère, pourront vous aider à trouver et prendre votre place dans le monde. Bonjour à tous, je suis très contente de vous retrouver aujourd'hui pour un sujet pas très facile à aborder, qui est un sujet dont on parle de plus en plus, et pour autant je trouve qu'on n'en parle pas assez. On parle de plus en plus d'inceste, d'agression sexuelle, on parle moins d'amnésie traumatique, de ce que c'est, et surtout du traumatisme que c'est d'en sortir, parce qu'en fait on revit la violence. Et donc aujourd'hui, il me tenait vraiment à cœur de parler de ce processus que j'ai vécu. Pas tant pour raconter mon histoire, mais juste parce que c'est un témoignage comme un autre, et que pour moi, la sortie d'amnésie traumatique a été extrêmement violente et douloureuse. Et finalement, le processus d'inceste que j'avais oublié du coup, et je vais en parler après, et bien quelque part, c'était plus facile pour moi d'avoir l'information de l'inceste que de vivre le doute atroce que vient poser la sortie d'amnésie traumatique. Donc ici, je vais en parler principalement pour les personnes qui vivent ça. Les personnes qui se questionnent aussi parce qu'il y a beaucoup de gens qui se demandent s'ils ont vécu quelque chose et qu'ils ont fait une amnésie. Mais aussi pour toutes les personnes que ce sujet intéresse de près ou de loin, que ce soit des accompagnants, parce que pas assez de personnes sont au courant de ce processus-là, que ce soit des proches ou tout simplement que ce soit des personnes dans la société qui veulent connaître ce sujet-là, qui s'y intéressent, etc. Alors j'en parle de mon point de vue d'adulte, donc c'est différent du point de vue des personnes qui parlent des enfants qui sont... en train de vivre ces violences. Moi j'en parle en tant qu'adulte qui s'est rappelé sur le tard en fait, puisque je m'en suis rappelé en 2020, donc en 2020 j'avais 30 ans. Donc un petit peu pour vous faire le scénario de la manière dont ça s'est passé pour moi, disons que j'ai vécu toute ma vie aux côtés d'un père qui était mon père adoptif, puisque j'ai été adopté, mais j'ai été adopté tout bébé, donc pour moi c'était mon père, qui était très menaçant, qui était dans l'abus de pouvoir permanent, qui était ce qui rentre aujourd'hui dans les cases du père vert narcissique etc, mais je... Pour moi, c'est même encore un cran au-dessus. Et c'est vrai que ça a été très douloureux pour moi de grandir à ses côtés. Et ça a créé de nombreux traumatismes, déjà, de grandir auprès de lui. Et j'ai toujours eu ce sentiment, en fait, de menace près de lui. Donc le rôle pour moi des parents, c'est en priorité de protéger leurs enfants et de leur donner un sentiment de sécurité. Moi, j'ai vécu dans l'insécurité la plus totale aux côtés de mon père toute ma vie. Mais j'avais occulté cette histoire d'inceste. J'ai grandi sans me rappeler de ça. Donc il faut savoir que c'est quand même un phénomène très commun. Je crois que c'est 60% des enfants qui vivent une agression sexuelle qui vont l'oublier par la suite. C'est fréquent parce qu'en fait, il faut bien comprendre qu'un enfant ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Moi, ça m'est arrivé, j'avais 4 ans, donc clairement, je n'avais pas les codes pour comprendre ce qui se passait. Mais par contre, l'enfant ressent la terreur, ce qui fait que ça crée un phénomène de dissociation et que ça coupe au niveau cérébral certains circuits. Et donc, l'information ne s'enregistre pas correctement. J'ai pas les bons mots pour vous expliquer ça avec l'amidale, l'hippocampe, etc. Il y a beaucoup d'informations sur ça et notamment des personnes qui en parlent très bien. Et beaucoup mieux que moi d'un point de vue médical ou psychiatrique. Mais en gros, disons qu'au niveau du cerveau, pour un peu grossir le trait, il y a un truc qui disjoncte. Et donc la mémoire n'enregistre pas les faits dans la mémoire classique. En fait, dans la mémoire, je crois que je sais plus si c'est l'imbique ou l'autre. Bon, clairement, là je suis pas dans du technique, on est d'accord. Mais voilà, ça s'enregistre pas normalement, et donc c'est comme pour moi la manière dont je me le représente, une espèce de petite boîte noire dans laquelle l'information est mise sous clé, verrouillée, dans un coin de la tête, mais c'est occulté. Donc c'est ce qui se passe très fréquemment lors d'agressions sexuelles quand on est petit, mais ça peut aussi arriver plus tard. Ça veut dire qu'on peut vivre des amnésies traumatiques sur d'autres sujets, et d'ailleurs les premières fois où on a parlé du phénomène d'amnésie traumatique, c'était pour parler de personnes qui revenaient de la guerre et qui avaient oublié des moments de guerre en fait. tellement ça avait été traumatisant pour eux. Donc il faut bien comprendre que là, le cerveau, son objectif, c'est de nous protéger. Et pour ma part, sincèrement, je suis très contente d'avoir fait cette amnésie parce que ça m'a permis de vivre ma vie avec un très très gros mal-être, certes, mais à peu près normalement. Et surtout quand on est enfant et qu'on est agressé par un parent ou par quelqu'un de la famille, en fait, on a au niveau cognitif, disons, quelque chose qui vient complètement déconner parce que, bah, en fait, c'est les personnes de qui on dépend. Je veux dire que moi, à 4 ans... Je pouvais pas rejeter mon père. J'étais obligée d'aimer mon père, ou en tout cas d'être avec lui de manière normale, pour pouvoir continuer à vivre et à survivre. Donc en fait c'est aussi pour ça que le cerveau met en place ce mécanisme qui est hyper intelligent. pour nous permettre de continuer à vivre au sein de notre famille, ou si c'est des gens proches, de continuer à les voir, etc. Donc globalement, ce qui se passe, c'est que j'ai vécu ça pour ma part quand j'avais 4 ans, je l'ai occulté, et donc j'ai continué à vivre un peu, j'ai envie de dire, normalement, sauf que j'avais énormément de symptômes, et notamment un très très fort mal-être, dès mon plus jeune âge, et le sentiment vraiment de pas du tout être à ma place, et de surtout pas être en sécurité. Donc j'avais un système nerveux qui était vraiment complètement dérégulé, Ce qui est très souvent le cas dans le cas de traumatismes. C'est pas que les victimes d'inceste, c'est tous les traumatismes. Et j'étais donc en hypervigilance en permanence. J'ai toujours eu peur de mon père. Il a toujours été une figure pour moi menaçante. Et j'avais toujours remarqué, j'avais toujours été très mal à l'aise avec son côté pervers, puisque mon père avait l'habitude de reluquer un peu toutes les nanas, et notamment les nanas de mon âge, et même des copines à moi parfois. Alors que mon père m'a adoptée, il avait 50 ans, donc on a 50 ans d'écart. Donc c'est vrai que c'était pour moi quelqu'un qui, même dans son regard, ça m'a... toujours mis un peu, enfin, très mal à l'aise. Voilà, j'ai toujours eu un sentiment avec mon père de pas être du tout en sécurité. Je n'osais pas porter de jupe trop courte, ou alors je ne me sentais pas bien quand il me regardait. Enfin, voilà, je n'ai jamais eu, en fait, un père on va dire réconfortant, rassurant, etc. Donc, j'ai toujours eu un malaise, mais j'étais loin de m'imaginer que j'avais pu vivre un truc pareil, parce qu'en fait, bah, surtout à l'époque, on n'en parlait pas. Aujourd'hui, on commence beaucoup plus à en parler, et c'est absolument génial. Mais voilà, toutes les dernières années, moi, j'ai grandi sans connaître le phénomène de l'amnésie, et donc c'était absolument... impossible pour moi d'accéder à ça. La chance que j'ai eue, entre guillemets, c'est que j'ai commencé à bosser sur moi très jeune. J'ai commencé mes thérapies, j'avais 19 ans, entre autres à cause de l'adoption, puisque pour moi, j'avais une très très grosse blessure d'abandon, dont je parle dans d'autres épisodes de podcast, qui était assez maladif chez moi, et qui créait beaucoup de dépendance dans mes relations, beaucoup de difficultés, etc. Donc très tôt, j'ai commencé les thérapies, et je pense que c'est ce travail, et puis après, moi-même, je me suis formée à des méthodes, ce qui fait que je pense que c'est tout ce travail qui a été fait en amont. qui a fait qu'à un moment donné, mon système nerveux, mon cerveau, etc., ont dû se dire, ok, là, elle est assez solide, elle est assez stable pour qu'on lâche l'info, et donc l'info est remontée. Il faut savoir aussi, pour les personnes qui sont en sortie d'amnésie, il y a énormément de gens qui souffrent beaucoup du fait qu'ils se disent, putain, c'est un moment de ma vie où je vais super bien. Donc ça peut être un mariage, ça peut être la naissance d'un enfant, ce qui est très fréquent d'ailleurs, ou alors je sais pas, un moment, vous allez hyper bien. Et ce qui se passe, en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'effectivement... Le cerveau va donner les infos souvent dans des moments où on se sent bien, parce qu'il considère qu'on est assez stable, qu'on est assez sécurisé pour pouvoir envoyer l'information et qu'en gros, on va pouvoir la gérer. Si c'est votre cas, si vous êtes en train de sortir d'amnésie, je vous le dis du plus profond de mon cœur, vous êtes en capacité de le gérer. Le cerveau est intelligent. Il ne lâcherait pas l'information si vous n'avez pas les armes. Pour autant, c'est un processus qui est hyper douloureux, qui nécessite d'après moi un accompagnement. j'en parlerai mais moi je n'ai pas été accompagnée parce que je n'ai pas trouvé de professionnel qui comprenait ce phénomène et qui respectait surtout ce phénomène j'ai eu affaire à des phrases et des choses hallucinantes et j'en parlerai donc après mais essayez de ne pas rester seule avec ça aujourd'hui il y a de plus en plus d'associations qui parlent de ce sujet, il y a de plus en plus de gens qui en parlent allez vers des gens qui connaissent ce sujet allez vers des groupes de parole ne vous isolez pas avec ça, il y a des bouquins là-dessus qui sont très bien, notamment les livres de Muriel Salmona qui sont excellents sur ce sujet là Vraiment, ne restez pas seuls avec ça, écoutez des témoignages, parlez-en à des gens qui peuvent entendre et qui peuvent comprendre, mais en tout cas si vous sortez d'amnésie naturellement, c'est que vous êtes en capacité de le gérer. Je fais une parenthèse parce que je pars du principe qu'il y a un vrai danger, en tout cas moi je n'encourage pas les gens à forcer la mémoire traumatique. Ça veut dire que si aujourd'hui vous avez des doutes et vous vous dites j'entends beaucoup de témoignages, ça me parle un peu, je me demande si j'ai pas vécu quelque chose Peut-être que c'est un avis erroné et ce n'est que le mien, ça n'engage que moi, ça ne vous empêche pas d'aller voir des spécialistes sur ce sujet. Pour ma part, j'ai tendance à dire que si l'information ne remonte pas d'elle-même, s'il n'y a pas eu déjà des bribes d'informations qui remontent, à partir du moment où ça commence à remonter, effectivement, il faut le traiter. Mais s'il n'y a pas eu des bribes et qu'entre guillemets, dans votre vie, vous vous sentez plutôt bien, mais que vous avez des doutes, honnêtement, j'aurais tendance à pas trop aller fouiner là-dedans. Parce que la mémoire traumatique, c'est quelque chose qui est extrêmement violent quand ça se réactive. Ça peut créer, enfin moi ça a été mon cas, ça a causé plein de symptômes physiques, clairement une dépression hyper sévère, etc. Franchement, je pense que le cerveau, s'il lâche pas l'info, c'est que c'est peut-être pas le moment. Maintenant, si vous avez quand même envie de le creuser, et que vous avez un vrai appel, écoutez-vous. Mais ne forcez pas le truc, parce qu'en ce moment, beaucoup de gens en parlent, et que peut-être ça serait intéressant de le savoir. Si ça n'a pas plus d'impact que ça dans votre vie, honnêtement, attendez, si ça doit émerger, ça émergera, et peut-être que vous avez rien vécu, et donc faut pas forcer les choses. C'est une petite parenthèse et ça n'engage que moi. Peut-être qu'il y a des personnes qui ne seront pas d'accord avec moi, mais moi je crois qu'il ne faut pas forcer la mémoire traumatique. Pour revenir un peu à mon histoire, j'ai grandi aux côtés de ce père et ça a été très dur pour moi. Au final, j'ai entamé les thérapies très jeunes sur le sujet de l'adoption, mais aussi sur le sujet de mon père, parce que je souffrais énormément à vivre à ses côtés. C'était quelqu'un qui était dans un mal-être terrible et qui était extrêmement agressif, dans l'abus de pouvoir permanent, dans l'humiliation permanente. Et donc j'ai développé beaucoup de blessures. à son contact. J'avais aucune confiance en moi. Enfin bon, il y a eu un très très gros chemin pour que j'en arrive là où j'en suis aujourd'hui. Mon père a toujours été un gros sujet dans ma vie. Donc dans beaucoup de thérapies, j'ai traité la relation à mon père, j'ai traité le fait que moi je me positionnais un peu en sauveur, j'avais envie qu'il change, je pensais que ça allait devenir un gentil papa, et j'ai dû faire un peu le deuil de tout ça. Et finalement c'est quand j'ai réussi à faire le deuil de mon père complètement, un jour où je me suis écroulée, j'étais par terre à pleurer, je n'arrivais plus à respirer. Et ce jour-là ça a marqué le deuil de je peux sauver mon père l'acceptation de l'état dans lequel il était. parce qu'en fait quand on grandit auprès de quelqu'un d'aussi malade, on a tendance à penser que c'est nous le problème et donc c'est difficile de se dire que bah non c'est notre parent qui est malade en fait et que c'est pas nous qui sommes malades et donc à ce moment là le truc s'est effondré, je me suis écroulée, ça a été un moment extrêmement difficile pour moi mais à partir de là je n'ai plus jamais eu d'attentes envers mon père et il n'a plus eu d'emprise sur moi en tout cas d'un point de vue émotionnel, il en avait bien évidemment sur d'autres plans mais pas dans l'émotionnel et c'est je crois un an plus tard ou deux ans plus tard que j'ai commencé à sortir d'amnésie, parce que je pense que le fait d'avoir fait ce pré-travail avec lui permettait à mon système nerveux d'accepter l'information que, en plus de tout le mal qu'il m'avait fait, il m'avait abusé quand j'étais petite. Donc pour vous resituer un peu les événements, le moment où je commence à avoir des flashs, où je commence à avoir des infos, ça a mis à peu près 7 ans. Dans mon cas, j'avais tous les signes cliniques, et beaucoup même de médecins, etc. me le disaient, mais dans la mesure où moi, en fait, j'avais pas de souvenirs, bah j'arrêtais pas de dire que c'était pas possible, mais que, comme je ne connaissais pas mes parents biologiques, potentiellement j'étais issue d'un viol. Voilà, donc je m'étais construit avec ce truc-là, et donc pendant 7 ans ça remontait, ça remontait un peu comme ça, mais j'arrivais pas à intégrer l'information. Jusqu'au jour où finalement j'ai été voir quelqu'un qui faisait de la... C'était un micro-kiné qui m'examine pour des douleurs de dos, et en fait je me revois cette scène comme si c'était hier, j'étais sur le dos, il pose ses mains au niveau de mon bas-ventre, il était hyper bienveillant, hyper doux, il me regarde avec un regard plein de compassion, il me dit là il y a eu quelque chose à cet endroit, non ? Et au moment où il me dit ça, j'explose... explose en larmes. Je ne comprends pas que j'explose en larmes, c'est ça qui est dingue avec les sorties d'amnésie. Mais c'est compulsif, et ça sort, et ça sort, et ça sort, et je pleure. Et là, je me rends compte moi-même que vu mon état, il y a sûrement quelque chose. Mais en fait, c'est hyper étonnant ce qui se passe dans ce genre de moment, parce qu'en fait, c'est le corps qui parle, c'est les émotions qui se révèlent, mais nous, on ne comprend pas trop ce qui se passe, en fait, parce que rationnellement, on ne comprend pas, en fait. C'est pareil quand on regarde, je ne sais pas, un film où il y a quelqu'un qui va se faire agresser, on peut exploser en larmes, et on ne comprend pas pourquoi. On va lire un article dans un journal de quelqu'un qui parle d'agression et on va exploser en larmes. Quand il se passe ce genre de choses, ça veut dire que ça vient résonner avec nous à un niveau. Et donc, en fait, effectivement, il est possible qu'on ait vécu quelque chose de cet ordre-là. À partir de là, j'ai commencé un peu à partir au charbon en me disant, OK, cette fois, je suis prête à y aller, on va y aller. Donc, j'ai rencontré des personnes qui étaient spécialisées là-dedans. Toutes m'ont confirmé, effectivement, que les signes cliniques, etc. étaient là. Quand je faisais le portrait de mon père... Bah globalement, il cocha un peu les cases de ce que pourrait être un agresseur. Et donc j'ai commencé à mener ma petite enquête. Le truc, c'est qu'à partir du moment où on ouvre cette porte, il faut s'attendre à ce que le corps parle. Et donc moi, dans mon cas, j'ai eu des douleurs que je ne décrirai pas sur ce podcast, mais qui ont été des douleurs gynéco absolument abominables pendant des mois que je n'avais jamais eues avant. Et vraiment, c'était l'information qui remontait en fait au niveau corporel. Et je pense que si vous vivez une sortie d'amnésie, probablement que vous vivez des choses comme ça. C'est très difficile parce qu'en fait, on aurait tendance à croire qu'en libérant l'info et en libérant la parole et en se disant que ça y est, on a conscientisé qu'on avait vécu un abus, on n'allait plus souffrir. Sauf qu'en fait, l'info repasse par le corps puisqu'elle a été vécue par le corps. Et très souvent, en tout cas dans mon cas, il y a eu énormément de souffrance physique. Donc mon adénomiose à ce moment-là s'est déclenchée extrêmement fort. J'avais comme des coups de poignard au niveau de l'utérus et du bas d'eau. Donc c'est des douleurs que les personnes qui ont de l'endométriose ressentent, c'est les mêmes. Et j'ai eu plein plein d'autres symptômes, beaucoup plus subtils que j'ai pas envie de décrire ici, mais ça a été extrêmement violent pour ma part, et là j'ai commencé à avoir des flashs. Donc les flashs en fait c'est des souvenirs qui popent dans la tête comme ça d'un coup, et en général mes douleurs venaient en même temps que les flashs. Parce qu'en fait le corps se rappelle, c'est comme si on revivait en fait l'agression. C'est hyper violent, c'est hyper douloureux, c'est des moments qui sont atroces à vivre, et c'est pour ça que j'en parle, parce que si vous vivez ça je veux vous dire que vous n'êtes pas seul. que ça va s'arrêter, ça va finir par s'arrêter à un moment donné. Dans mon cas, ça a été extrêmement long, parce que j'ai sombré en dépression, pour d'autres raisons aussi, il n'y avait pas que ça. Mais j'ai sombré en dépression à ce moment-là, j'ai eu une énorme crise existentielle qui s'est accompagnée de ça. C'est pour ça que je parle de nuit noire de l'âme dans mon cas, parce que derrière, il y a eu vraiment une sorte de réveil à beaucoup de choses pour moi. Ça a été un petit peu ma... J'ai un peu porté ma croix, on va dire, sur ce chemin-là. Mais derrière, la libération que j'ai acquis, la stabilité intérieure que j'ai acquis, est... absolument incroyable. Je sais pas comment le dire, mais pour ma part, le fait de revivre ce trauma qui repasse par mon corps, de tout faire remonter, de le traiter, d'en parler, de libérer un peu ce truc-là, a expulsé un poison qui était dans mon corps depuis toujours et que je n'arrivais pas à déterminer. C'est-à-dire qu'en fait, toute ma vie, je me suis construite en étant très très mal dans ma peau. Comme j'avais vécu cette blessure de l'abandon à la naissance, on a toujours tout mis là-dessus et la majorité des thérapeutes que j'ai rencontrés... Mettez l'accent là-dessus alors que j'arrêtais pas de dire oui mais au bout d'un moment il y a autre chose, je sens qu'il y a autre chose. Il y a des personnes effectivement maintenant que j'y repense qui m'avaient un petit peu demandé s'il y avait eu quelque chose avec mon père. Parce que quand je parlais de mon père, il sentait en fait qu'il y avait un problème. Mais il était tellement difficile à vivre en fait émotionnellement parlant que ça suffisait entre guillemets et que du coup les thérapeutes allaient là-dessus et se rendaient pas forcément compte qu'il y avait quelque chose derrière. Il faut savoir que pour moi aujourd'hui j'ai... tellement une lecture en fait de ce que c'est que ce traumatisme-là et des symptômes qu'on peut développer, que quand je vois quelqu'un qui potentiellement peut l'avoir vécu, je trouve que ça se voit. Pour autant, je ne vais pas le dire parce que je pense que si la personne n'est pas prête à le savoir, je ne dirai rien, mais il peut m'arriver parfois de rencontrer des personnes qui se rendent compte en fait qu'elles ont vécu quelque chose, et donc à ce moment-là, on en parle, et c'est vrai qu'il y a des personnes qui le portent un petit peu, en tout cas les gros traumatismes, je trouve, qui ont des points communs aux personnes qui ont vécu des gros traumas. Et donc tout ce qui peut être effectivement difficulté sur un plan gynéco, etc., très souvent ça peut être lié à ça. Il y a des médecins qui en parlent beaucoup mieux que moi, et il y en aura qui interviendront sur ce podcast à ce sujet, c'est pas mon métier, et j'ai pas les compétences pour le faire. Moi ici je fais que un témoignage, mais il n'empêche que j'observe, pour avoir rencontré beaucoup de gens qui avaient vécu ça, qu'il y a en général énormément de conséquences dans le physique. Encore une fois, c'est pas parce que vous avez une endométriose ou que vous avez des difficultés, etc., que c'est lié à ça. Mais ça peut l'être en fait. Donc voilà un petit peu pour ce que j'ai pu vivre. Le plus dur pour moi finalement, je crois, pendant cette période-là, ça n'a pas tant été le fait de savoir que j'avais vécu l'inceste, parce qu'au final ça, ça m'a libérée et ça m'a soulagée. Et si c'est votre cas, je ne sais pas ce que vous ressentez par rapport à ça, mais souvent les personnes que je rencontre me disent que ça leur fait du bien d'enfin savoir, parce qu'elles sentaient bien qu'il y avait un mal-être à l'intérieur qu'elles n'arrivaient pas à identifier en fait. Donc ça, c'était la partie pour moi entre guillemets où je me disais, ah bah ça y est, je sais pourquoi je portais ce mal-être. Donc ça, c'était cool. Ce qui a été très dur pour moi, c'était le doute permanent. Parce qu'en fait, quand on sort d'amnésie, qu'on soit bien clair, les souvenirs, ils datent de notre petite enfance en général. Les souvenirs sont un peu flous au départ. Enfin, je veux dire qu'un souvenir, quand on se rappelle de quelque chose, même de manière générale, rappelez-vous de vos vacances il y a 5 ans ou il y a 10 ans, c'est pas complètement clair dans votre tête, en fait. Vous n'êtes pas en train de le vivre avec tous vos sens dans l'instant présent. Et surtout, en fait, c'est vrai qu'aujourd'hui, dans la société, il y a énormément d'injonctions qui nous font douter de notre mémoire traumatique. Pour moi, ça, c'est atroce, parce qu'il faut savoir qu'une mémoire qui remonte par elle-même, Et quasiment jamais un faux souvenir en fait. Les faux souvenirs sont extrêmement rares. Votre mémoire ne va pas créer des souvenirs de trucs aussi traumatiques. Si votre mémoire vous fait remonter des choses comme ça, c'est qu'il y a quelque chose à creuser. Pour autant, on entend que les souvenirs ont pu être un petit peu déformés, on entend beaucoup de choses, mais une mémoire ne revient pas comme ça par hasard. D'un coup, vous n'allez pas rêver qu'il s'est passé ça avec votre père, votre mère, votre frère, votre sœur, comme ça, juste comme ça, par hasard. Si ça revient, faites-vous confiance. Essayez de trouver quelqu'un qui... qui comprend ça et qui peut vous accompagner dans ce processus, je sais que c'est assez rare, mais il faut vraiment que vous puissiez vous faire confiance. N'en parlez pas à n'importe qui, parce que la majorité des gens ne connaissent pas ce processus, vont vous créer encore plus de doutes, alors que vous doutez déjà de vous-même. D'autant plus que, et là je mets vraiment l'accent dessus, quand on a été victime d'agressions sexuelles, déjà on a un déficit de confiance en soi, déjà on a tendance à se remettre beaucoup en question, et en plus de ça, et alors là j'insiste énormément, on prend des responsabilités qui ne sont pas les nôtres, Donc on a en général énormément de culpabilité, énormément de honte, alors que la honte devrait changer de camp. Je ne sais plus où j'ai lu ça, mais cette phrase m'a presque sauvé la vie au moment de ma sortie d'amnésie. Donc aujourd'hui, c'est à mon tour de vous le dire. Si aujourd'hui, vous vous sentez mal, vous vous sentez coupable, vous vous dites que non, mais bon, on n'est pas sûr, et le pauvre papa ou la pauvre maman ou le pauvre cousin, si ça se trouve, je mens, et je suis en train de défoncer ma famille et d'exploser ma famille, toute la responsabilité est sur mes épaules, alors que je ne suis même pas sûre de ce que j'avance. pitié. Prenez soin de vous tout seul. Évitez peut-être d'en parler tout de suite avec votre famille. Attendez peut-être que les choses soient plus claires pour vous. Prenez du temps pour digérer l'information, pour vous faire accompagner, pour regarder des témoignages, pour voir ce qui remonte pour vous, etc. Avant peut-être de vous confronter au regard des autres. Parce qu'en fait tout ça, moi dans mon cas, ça a été ma plus grosse erreur. J'en ai parlé à ma mère tout de suite, parce que ma mère et moi on est très proches. Et donc quand j'ai commencé à me souvenir de ce qui se passait, Je ne voulais pas lui en parler. Elle a beaucoup insisté pour que je lui explique ce qui n'allait pas. Je lui ai expliqué ce qui s'est passé. Et honnêtement, ça m'a complètement polluée dans mon travail. Parce que du coup, je voulais à la fois rassurer ma mère. Donc en fait, j'espérais que ce soit faux. Donc je n'arrêtais pas de dire, oui, mais ça se trouve, c'est pas vrai, maman, tu sais, peut-être que je délire. Donc accessoirement, et bah hop là, on remet une couche sur le manque de confiance, sur la culpabilité, etc. Et en fait, ma mère, ça l'a mis dans une détresse aussi. Enfin bref, ça n'allait pas du tout. Si c'était à refaire, je ne lui aurais rien dit. tant que moi, je n'avais pas fait mon processus. C'est un processus que vous devez faire pour vous-même. Ça ne regarde pas votre famille au départ. C'est vraiment important que déjà vous, avec vous-même, vous viviez le processus. et vous puissiez ensuite en parler à tête reposée et sans risquer de vous faire déstabiliser par les émotions des autres. Parce que forcément, effectivement, ça va un petit peu recadrer les choses dans la famille. Il est tout à fait probable que ça engendre des ruptures. Il est probable que ça réveille aussi des souvenirs chez d'autres personnes. Donc si j'ai un conseil à vous donner, et c'est peut-être le plus important pour moi, prenez soin de vous. Parlez-en à des personnes qui sont soutenantes, qui ne vous jugent pas. Au premier signe de jugement, écartez-vous le temps de votre guérison, sincèrement. parce que c'est déjà un processus qui est trop violent, qui est trop difficile, vous n'avez pas besoin des doutes des autres. Vous êtes déjà en doute vous-même. Donc vraiment l'objectif, c'est de vous permettre d'avoir un espace sécurisant parce que vous êtes en train de revivre un traumatisme. Ça c'est vraiment très important à entendre. Vous revivez votre traumatisme. Donc il faut absolument être en sécurité au moment où vous le revivez. Moi pour ma part, j'avais mon conjoint qui était là, qui m'a laissé l'espace de me guérir sur cet espace-là et ça pour toujours je lui serai reconnaissante. et qui m'a créé une sorte de sécurité parce qu'il était là, et que lui ne doutait pas de ma parole. C'est très important d'avoir au moins une personne qui vous croit, c'est pour ça que si vous n'en avez pas autour de vous, allez dans des cercles de parole, allez voir un thérapeute qui connaît ce sujet, ne restez pas seul avec ça. Vraiment c'est important, j'insiste là-dessus, parce qu'on a tellement besoin en fait dans ces moments-là d'être soutenus, qu'en fait des fois on va aller vers les mauvaises personnes, vers les personnes qui sont nos proches de d'habitude, et potentiellement des membres de notre famille, qui peuvent en fait mal réagir parce qu'ils sont aussi impliqués. Par rapport à la personne qui vous a agressé, si c'est votre père comme moi ou quelqu'un de votre famille ou quelqu'un qui est encore en vie et avec qui vous pouvez avoir un contact. Selon moi, c'est important à un moment donné d'avoir un dialogue avec cette personne. Encore une fois, ça n'engage que moi, vous n'êtes pas obligé de le faire. Vous pouvez aussi le faire de manière invisible. Vous imaginez la personne en face de vous, vous vous mettez seul dans un endroit et là vous lâchez tout ce que vous avez à dire. Mais ce qui est très important, c'est de rendre les responsabilités. Quand vous aurez la mémoire qui vous est revenue. Quand vous aurez un petit peu plus de billes et que vous vous souviendrez de ce qui s'est passé, sachant que ce sera toujours un petit peu flou. Alors ça ne l'est pas complètement, moi les images me sont revenues de l'agression complètement à un moment donné, mais ça reste des souvenirs. Donc c'est encore une fois, quand vous repensez à vos vacances d'il y a dix ans, ça reste un peu flou, c'est votre mémoire un petit peu passée. Quand vous aurez reconstitué l'histoire, vous imaginez cette personne en face de vous et vous lâchez. tout ce que vous avez à lâcher, vous criez votre colère. C'est extrêmement important d'exprimer votre colère parce qu'en fait, c'est l'enfant à l'intérieur de vous qui a besoin d'expulser sa colère. Vous pouvez le faire en imaginant la personne en face de vous et en lui rendant ses responsabilités. C'est extrêmement important de poser les mots en disant je te rends ta responsabilité, je ne suis pas coupable de ce qui s'est passé, tu as toute la responsabilité parce qu'un adulte a toujours toute la responsabilité, ça c'est très important à entendre. Toutes les personnes qui disent oui, mais l'enfant, il était un petit peu... aguicheurs, etc. Il faut arrêter les conneries. Un enfant ne sait pas ce que c'est que la sexualité, il ne comprend pas. Donc quand bien même un enfant est un peu avenant, il ne sait pas ce qu'il fait. C'est aux parents de recadrer, c'est aux parents de poser des limites et c'est aux parents de sécuriser l'enfant. A aucun moment c'est une invitation de la part de l'enfant et c'est délirant de dire des choses pareilles. Donc c'est à vous à ce moment-là de rendre la responsabilité, et ce terme il est très important, à la personne qui vous a agressé. Vous n'êtes pas responsable de ce que vous avez vécu, ce n'est pas votre faute. C'est votre faute. Ce n'est pas votre faute. Cette phrase, elle m'a mis en larmes la première fois qu'on me l'a dit. Parce qu'en fait, intrinsèquement, on est convaincu que c'est de notre faute. On est convaincu qu'on est la mauvaise personne. On est convaincu qu'on l'a cherché. On est convaincu qu'on ne mérite pas d'être aidé, qu'on ne mérite pas d'être aimé, et qu'en fait, on n'est qu'une merde. En fait, c'est ça qui se passe quand on est agressé. Donc, on grandit, on se construit avec cette croyance. Déconstruire cette croyance, c'est difficile. Encore une fois, c'est un travail. Mais pour moi, c'est très important de vous le dire. Vous n'êtes en rien coupable de ce qui s'est passé. En rien du tout. Et c'est très important de rendre la faute à qui est fautif. Et c'est l'adulte qui est fautif. Ou c'est le grand frère, la grande sœur, le cousin, etc. Qu'importe, ce n'est pas vous, en fait. Ce n'est jamais l'enfant. Donc, à partir de là, si vous avez la possibilité de le faire en face à face avec cette personne, c'est absolument extraordinaire. Pour ma part, je l'ai fait avec mon père par lettres. Je lui ai même dit que j'étais en capacité de pardonner s'il reconnaissait ses erreurs et qu'on pourrait en parler. Il n'a jamais reconnu les faits. Je suis retournée le voir malgré ça. À un moment donné, j'avais besoin de moi pour valider la fin de ma guérison. de le revoir, ça m'a simplement permis de voir qu'il n'avait plus aucune emprise sur moi, et c'était peut-être la plus grosse libération de ma vie. Pour autant, il n'a jamais rien reconnu, donc j'ai fini par définitivement couper les ponts, puisque pour moi, il n'y a pas de possibilité aujourd'hui d'être en lien avec lui. Voilà, dans mon cas, c'est mon histoire. Mais il y a des histoires où il est possible d'avoir une réparation. Il y a des cas où il y a des personnes qui arrivent à renouer avec leur agresseur, quand l'agresseur... s'excusent platement et fait en sorte de réparer les choses. Vous n'êtes pas obligé d'accepter les excuses, vous n'êtes pas obligé d'accepter la réparation, mais vous pouvez le faire. Libre à vous de le faire. Donc là-dessus, il n'y a aucun jugement, et moi je trouve au contraire que chaque histoire est unique. Mais c'est tout un chacun qui décide. Pour autant, dans votre processus, à un moment donné, il faudra rendre la responsabilité à l'agresseur. Que ce soit par lettres, que ce soit comme je disais un petit peu dans l'invisible, ou que ce soit en confrontant la personne. Il y a aussi un moment où effectivement, vous pourrez en parler aux membres de la famille, vous pourrez en parler aux proches, etc. C'est à vous de sentir le bon moment. Mais moi, je vous conseille de le faire quand vous avez déjà vous-même processé un peu l'histoire et que donc vous êtes assez stable pour vous confronter au regard des autres. Voilà un petit peu ce que je pouvais dire par rapport à tout ça. Ce que je peux dire par rapport à mon histoire, et c'est probablement un sujet dont je reparlerai, et je suis aussi très peineuse de vos retours d'expérience et de vos questions aussi sur ce sujet, je pourrais y répondre. Je trouverai un moyen peut-être, parce que ça reste un des sujets que j'ai vraiment besoin d'aborder ici. Pour moi, ce qui est important de vous dire, c'est que si vous avez vécu ça, et si vous êtes en train de sortir d'amnésie, encore une fois, puisque là, je parle à des personnes qui ont fait une amnésie. Il y a des personnes qui ont vécu l'inceste et qui ont grandi en se rappelant de l'inceste. Ce n'est pas mon cas, donc je n'ai pas les armes pour vous parler de ça. J'ai envie de vous envoyer plein d'amour, très sincèrement. C'est un sujet qui me touche énormément. Je vois beaucoup trop de gens qui vivent ça. Je vois beaucoup trop de gens se tourner vers moi qui vivent ça aussi, parce que je pense qu'une fois qu'on l'a guéri, il y a quelque chose en nous qui résonne, et donc les gens se sentent assez sécurisés pour le dire. On en parle énormément, enfin de plus en plus en tout cas dans les médias, etc. Donc c'est normal d'avoir de plus en plus de remontées. Vous n'êtes pas seul, vous n'avez pas à rester seul avec ça. Je vous encourage vraiment à suivre des personnes qui en parlent. Vous pouvez vous abonner à mon compte, vous pouvez en parler avec des personnes sur les réseaux sociaux. Il y a des groupes, il y a des choses là-dessus. Il ne faut pas rester seul avec ça. Vous n'êtes pas seul, vous n'êtes pas fou, loin de là. Ce n'est pas vous qui avez un problème de santé mentale, c'est la personne qui vous a fait ça. Ce sont des gens malades, ce sont des gens qui pour la plupart sont vraiment très malades et ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. Il y en a qui sont foncièrement diaboliques. Et il y en a beaucoup qui reproduisent des schémas qu'ils ont vécu. C'est encore une autre histoire et ça n'excuse rien. Mais c'est eux qui ont un problème, ce n'est pas vous, en fait. Donc l'important, c'est déjà de travailler sur votre culpabilité. Vous n'êtes pas coupable, ce n'est pas de votre faute. Vous êtes des belles personnes à qui il arrivait des choses mauvaises. Et c'est extrêmement important que vous repreniez votre pouvoir plus que jamais. C'est pour ça que sur ce podcast, je n'ai pas voulu le tourner sur ce sujet-là, qui est un sujet très important pour moi et qui a été un des déclencheurs de, on va dire... ma stabilité intérieure, parce qu'une fois que j'ai évacué ce poison, d'un coup, il y a quelque chose en moi qui a lâché, et depuis, je me sens extrêmement stable. Ça fait deux ans maintenant que je suis sortie de cette amnésie, donc j'ai terminé ce processus, on va dire, qui a duré un an et demi pour ma part. Mais il y a eu plein d'autres choses dans ma vie qui m'ont menée là où j'en suis aujourd'hui. C'est pour ça que je ne mets pas l'accent que sur ce sujet d'amnésie et sur le trauma. Pour autant, je crois que le sujet du trauma est très, très central, notamment pour les personnes comme celles sur mon podcast qui se sentent un peu extraterrestres sur cette planète. qui ont l'impression de venir d'ailleurs, etc., et qui se demandent ce qu'ils foutent sur une planète aussi malsaine, avec des personnes aussi malveillantes, c'est normal, quand on a vécu des gros traumatismes, d'avoir un peu cette vision du monde en se disant que le monde est menaçant. Il peut l'être, par bien des aspects, effectivement, et qu'en fait, on vient d'ailleurs, etc. Donc si c'est votre cas, je vous invite à suivre ce que je fais, ça peut peut-être vous faire du bien et vous donner des billes, à rentrer en contact avec des personnes, à commenter peut-être sur les posts, etc., pour pouvoir parler avec d'autres personnes de ce que vous ressentez. Vous n'êtes pas seul, et c'est très important. que vous puissiez trouver des ressources qui vous apaisent et qui vous font du bien sur ces sujets. Je veux aussi vous dire qu'il y a une vraie, vraie, vraie lumière au bout du tunnel, et là, vraiment, je vous le dis du plus profond de mon cœur, à partir du moment où vous enclenchez ce processus de sortie d'amnésie, en fait, vous avez énormément de chances de pouvoir vous en sortir, et de pouvoir vous rendre stable à l'intérieur de vous, et de pouvoir vous libérer du plus gros poison qu'on vous a probablement infligé. Vous avez peut-être vécu d'autres traumatismes, il y en a peut-être des encore plus graves que ça, si ça peut être encore plus grave que ça, mais vous avez vraiment l'opportunité de lâcher ça. Et encore une fois, si vous le vivez, c'est que vous avez les armes. En tout cas, c'est vraiment ma perception des choses. Et donc, c'est vraiment une opportunité pour vous d'enfin aller partir sur le front. On y va et on lâche le truc et on se libère. Et après, cette libération, elle est à vie. Et vous allez acquérir à l'intérieur de vous une force et une stabilité qui sera là à vie. Et quelque part, j'ai le sentiment, et c'est peut-être complètement un biais de l'esprit, mais que les personnes qui, moi, m'inspirent le plus dans cette vie et que je trouve les plus belles, les plus rayonnantes, les plus humaines, les plus... Les plus incroyables et qui font des choses incroyables sont souvent des gens qui ont vécu des gros traumatismes. Et pour ma part, c'est vrai qu'il y a quelque chose qui a émergé en moi après la sortie de cette amnésie. Donc si vous avez l'envie comme moi de partager sur les réseaux sur ces sujets-là, allez-y, témoignez, c'est extrêmement important. Il y a plein de plateformes aujourd'hui en plus qui permettent de témoigner sur ces parcours de vie, etc. Vraiment, je vous encourage à prendre ça comme quelque chose que vous pourrez retransmettre aux autres. Mais avant de retransmettre aux autres, il faut bien sûr penser à vous. Soyez égoïste pendant votre guérison. Pensez à vous. Regardez des gens qui vous font du bien. Entourez-vous de gens sains. Et si vous n'avez pas de gens sains autour de vous, trouvez un thérapeute qui peut vous accompagner sur ces sujets. Je crois profondément que chaque personne qui sort d'amnésie a les capacités de s'en sortir. Je crois en vous. Et je vous garantis que derrière, il y a des choses très belles qui peuvent se passer parce qu'en fait, même si vous étiez en amnésie, vous avez vécu toute votre vie avec ce mal-être. Moi, j'ai vécu toute ma vie avec un mal-être que je ne comprenais pas. Et même si on allait sur d'autres traumas, puisque l'abandon à la naissance est un trauma bien évidemment, il y avait quelque chose qui était plus fort, il y avait quelque chose qui était plus grave, auquel je n'avais pas accès. À partir du moment où j'ai eu accès au truc, oui, j'ai plongé. Oui, j'ai fait une dépression. Oui, ça a été très dur. Après, j'ai pas bien joué parce que je n'ai pas trouvé de thérapeute à l'époque en capacité de gérer ça. J'ai eu des thérapeutes qui, au contraire, m'ont énormément remis en doute. Des thérapeutes spirituels New Age qui m'ont dit que mon âme avait choisi ça, etc. J'ai eu des phrases absolument délirantes. Et c'est pour ça que je mets beaucoup en garde aussi sur la spiritualité New Age. notamment quand on a vécu des traumas parce que parfois c'est pas du tout adapté et au contraire ça peut nous plonger dans les ténèbres, c'est encore le sujet d'un autre podcast, mais vraiment il y a des personnes qui peuvent vous aider maintenant, il y a de plus en plus de gens qui sont sensibilisés à ces sujets, je suis sûre que vous trouverez quelqu'un qui pourra vous accompagner et faites-vous confiance parce que vous avez aussi des ressources à l'intérieur de vous qui sont en train d'émerger. Voilà, je pense que j'ai dit ce que je voulais dire mais c'est un sujet qui est tellement important que je reparlerai probablement, je verrai aussi vos retours et s'il y a des parties de ce sujet que vous avez besoin que j'aborde. Mais en tout cas, je tenais vraiment à vous dire que j'ai confiance en vous, je vous crois, vous n'êtes pas fous, personne n'est fou quand on se réveille de ça. Vous avez les armes, vous allez vous en sortir, prenez soin de vous et vraiment essayez d'aller vers des choses qui vous font du bien. Et éloignez-vous pendant cette période-là de toutes les personnes qui peuvent être toxiques pour vous. C'est encore un autre sujet que j'aborde pas mal sur ce podcast au niveau des personnes toxiques, des personnes qui peuvent un peu nous pomper notre énergie. Vous n'avez pas d'énergie à accorder à ça quand vous êtes en train de sortir d'amnésie. Vous avez besoin de préserver votre énergie pour votre propre guérison, c'est extrêmement important. Je vous fais d'énormes bisous et je vous dis à très bientôt.

  • Speaker #1

    Si cet épisode vous a plu, je vous invite à vous abonner au podcast, à laisser une note si vous avez envie de le soutenir ou peut-être même un commentaire, et à vous abonner au compte Instagram alignerlesetoiles.podcast. Il y a également un compte Telegram que vous pouvez suivre,

  • Speaker #0

    je mettrai le lien dans la description de l'épisode. Merci encore beaucoup et à très bientôt.

Description

Qu'est ce qu'une amnésie traumatique ? Comment se passe une levée d'amnésie ? Comment la vivre au mieux quand ça nous arrive et surtout pourquoi notre cerveau "efface" certaines informations traumatiques ?

Je vous témoigne ici d'un bout de mon histoire, et d'un traumatisme qui m'a causé énormément de souffrances : l'inceste, mais surtout la remontée d'amnésie traumatique, que j'ai vécu à 30 ans, et qui a été un nouveau trauma en tant que tel. Pour vous dire que vous n'étes pas seul(e), et vous redonner du courage, de l'espoir, et des clés, si vous traversez une levée d'amnésie traumatique.


Je précise que je parle ici d'un point de vue de personne concernée, et non d'un point de vu médical. Une interview arrive prochainement avec un médecin sur ce sujet, qui l'expliquera d'un point de vue beaucoup plus scientifique.

Il n'y aura pas de détail concernant l'agression, pour conserver mon intimité mais aussi pour vous préserver de ces souffrances.

Merci beaucoup pour votre confiance & à bientôt :)

Marie-Alix

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Transcription

  • Speaker #0

    Aligner les étoiles, le podcast des gens qui ont l'impression d'être des extraterrestres et qui se demandent ce qu'ils font sur cette planète. Je vous donne rendez-vous tous les mardis pour partager avec vous des témoignages, des réflexions et des idées qui, je l'espère, pourront vous aider à trouver et prendre votre place dans le monde. Bonjour à tous, je suis très contente de vous retrouver aujourd'hui pour un sujet pas très facile à aborder, qui est un sujet dont on parle de plus en plus, et pour autant je trouve qu'on n'en parle pas assez. On parle de plus en plus d'inceste, d'agression sexuelle, on parle moins d'amnésie traumatique, de ce que c'est, et surtout du traumatisme que c'est d'en sortir, parce qu'en fait on revit la violence. Et donc aujourd'hui, il me tenait vraiment à cœur de parler de ce processus que j'ai vécu. Pas tant pour raconter mon histoire, mais juste parce que c'est un témoignage comme un autre, et que pour moi, la sortie d'amnésie traumatique a été extrêmement violente et douloureuse. Et finalement, le processus d'inceste que j'avais oublié du coup, et je vais en parler après, et bien quelque part, c'était plus facile pour moi d'avoir l'information de l'inceste que de vivre le doute atroce que vient poser la sortie d'amnésie traumatique. Donc ici, je vais en parler principalement pour les personnes qui vivent ça. Les personnes qui se questionnent aussi parce qu'il y a beaucoup de gens qui se demandent s'ils ont vécu quelque chose et qu'ils ont fait une amnésie. Mais aussi pour toutes les personnes que ce sujet intéresse de près ou de loin, que ce soit des accompagnants, parce que pas assez de personnes sont au courant de ce processus-là, que ce soit des proches ou tout simplement que ce soit des personnes dans la société qui veulent connaître ce sujet-là, qui s'y intéressent, etc. Alors j'en parle de mon point de vue d'adulte, donc c'est différent du point de vue des personnes qui parlent des enfants qui sont... en train de vivre ces violences. Moi j'en parle en tant qu'adulte qui s'est rappelé sur le tard en fait, puisque je m'en suis rappelé en 2020, donc en 2020 j'avais 30 ans. Donc un petit peu pour vous faire le scénario de la manière dont ça s'est passé pour moi, disons que j'ai vécu toute ma vie aux côtés d'un père qui était mon père adoptif, puisque j'ai été adopté, mais j'ai été adopté tout bébé, donc pour moi c'était mon père, qui était très menaçant, qui était dans l'abus de pouvoir permanent, qui était ce qui rentre aujourd'hui dans les cases du père vert narcissique etc, mais je... Pour moi, c'est même encore un cran au-dessus. Et c'est vrai que ça a été très douloureux pour moi de grandir à ses côtés. Et ça a créé de nombreux traumatismes, déjà, de grandir auprès de lui. Et j'ai toujours eu ce sentiment, en fait, de menace près de lui. Donc le rôle pour moi des parents, c'est en priorité de protéger leurs enfants et de leur donner un sentiment de sécurité. Moi, j'ai vécu dans l'insécurité la plus totale aux côtés de mon père toute ma vie. Mais j'avais occulté cette histoire d'inceste. J'ai grandi sans me rappeler de ça. Donc il faut savoir que c'est quand même un phénomène très commun. Je crois que c'est 60% des enfants qui vivent une agression sexuelle qui vont l'oublier par la suite. C'est fréquent parce qu'en fait, il faut bien comprendre qu'un enfant ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Moi, ça m'est arrivé, j'avais 4 ans, donc clairement, je n'avais pas les codes pour comprendre ce qui se passait. Mais par contre, l'enfant ressent la terreur, ce qui fait que ça crée un phénomène de dissociation et que ça coupe au niveau cérébral certains circuits. Et donc, l'information ne s'enregistre pas correctement. J'ai pas les bons mots pour vous expliquer ça avec l'amidale, l'hippocampe, etc. Il y a beaucoup d'informations sur ça et notamment des personnes qui en parlent très bien. Et beaucoup mieux que moi d'un point de vue médical ou psychiatrique. Mais en gros, disons qu'au niveau du cerveau, pour un peu grossir le trait, il y a un truc qui disjoncte. Et donc la mémoire n'enregistre pas les faits dans la mémoire classique. En fait, dans la mémoire, je crois que je sais plus si c'est l'imbique ou l'autre. Bon, clairement, là je suis pas dans du technique, on est d'accord. Mais voilà, ça s'enregistre pas normalement, et donc c'est comme pour moi la manière dont je me le représente, une espèce de petite boîte noire dans laquelle l'information est mise sous clé, verrouillée, dans un coin de la tête, mais c'est occulté. Donc c'est ce qui se passe très fréquemment lors d'agressions sexuelles quand on est petit, mais ça peut aussi arriver plus tard. Ça veut dire qu'on peut vivre des amnésies traumatiques sur d'autres sujets, et d'ailleurs les premières fois où on a parlé du phénomène d'amnésie traumatique, c'était pour parler de personnes qui revenaient de la guerre et qui avaient oublié des moments de guerre en fait. tellement ça avait été traumatisant pour eux. Donc il faut bien comprendre que là, le cerveau, son objectif, c'est de nous protéger. Et pour ma part, sincèrement, je suis très contente d'avoir fait cette amnésie parce que ça m'a permis de vivre ma vie avec un très très gros mal-être, certes, mais à peu près normalement. Et surtout quand on est enfant et qu'on est agressé par un parent ou par quelqu'un de la famille, en fait, on a au niveau cognitif, disons, quelque chose qui vient complètement déconner parce que, bah, en fait, c'est les personnes de qui on dépend. Je veux dire que moi, à 4 ans... Je pouvais pas rejeter mon père. J'étais obligée d'aimer mon père, ou en tout cas d'être avec lui de manière normale, pour pouvoir continuer à vivre et à survivre. Donc en fait c'est aussi pour ça que le cerveau met en place ce mécanisme qui est hyper intelligent. pour nous permettre de continuer à vivre au sein de notre famille, ou si c'est des gens proches, de continuer à les voir, etc. Donc globalement, ce qui se passe, c'est que j'ai vécu ça pour ma part quand j'avais 4 ans, je l'ai occulté, et donc j'ai continué à vivre un peu, j'ai envie de dire, normalement, sauf que j'avais énormément de symptômes, et notamment un très très fort mal-être, dès mon plus jeune âge, et le sentiment vraiment de pas du tout être à ma place, et de surtout pas être en sécurité. Donc j'avais un système nerveux qui était vraiment complètement dérégulé, Ce qui est très souvent le cas dans le cas de traumatismes. C'est pas que les victimes d'inceste, c'est tous les traumatismes. Et j'étais donc en hypervigilance en permanence. J'ai toujours eu peur de mon père. Il a toujours été une figure pour moi menaçante. Et j'avais toujours remarqué, j'avais toujours été très mal à l'aise avec son côté pervers, puisque mon père avait l'habitude de reluquer un peu toutes les nanas, et notamment les nanas de mon âge, et même des copines à moi parfois. Alors que mon père m'a adoptée, il avait 50 ans, donc on a 50 ans d'écart. Donc c'est vrai que c'était pour moi quelqu'un qui, même dans son regard, ça m'a... toujours mis un peu, enfin, très mal à l'aise. Voilà, j'ai toujours eu un sentiment avec mon père de pas être du tout en sécurité. Je n'osais pas porter de jupe trop courte, ou alors je ne me sentais pas bien quand il me regardait. Enfin, voilà, je n'ai jamais eu, en fait, un père on va dire réconfortant, rassurant, etc. Donc, j'ai toujours eu un malaise, mais j'étais loin de m'imaginer que j'avais pu vivre un truc pareil, parce qu'en fait, bah, surtout à l'époque, on n'en parlait pas. Aujourd'hui, on commence beaucoup plus à en parler, et c'est absolument génial. Mais voilà, toutes les dernières années, moi, j'ai grandi sans connaître le phénomène de l'amnésie, et donc c'était absolument... impossible pour moi d'accéder à ça. La chance que j'ai eue, entre guillemets, c'est que j'ai commencé à bosser sur moi très jeune. J'ai commencé mes thérapies, j'avais 19 ans, entre autres à cause de l'adoption, puisque pour moi, j'avais une très très grosse blessure d'abandon, dont je parle dans d'autres épisodes de podcast, qui était assez maladif chez moi, et qui créait beaucoup de dépendance dans mes relations, beaucoup de difficultés, etc. Donc très tôt, j'ai commencé les thérapies, et je pense que c'est ce travail, et puis après, moi-même, je me suis formée à des méthodes, ce qui fait que je pense que c'est tout ce travail qui a été fait en amont. qui a fait qu'à un moment donné, mon système nerveux, mon cerveau, etc., ont dû se dire, ok, là, elle est assez solide, elle est assez stable pour qu'on lâche l'info, et donc l'info est remontée. Il faut savoir aussi, pour les personnes qui sont en sortie d'amnésie, il y a énormément de gens qui souffrent beaucoup du fait qu'ils se disent, putain, c'est un moment de ma vie où je vais super bien. Donc ça peut être un mariage, ça peut être la naissance d'un enfant, ce qui est très fréquent d'ailleurs, ou alors je sais pas, un moment, vous allez hyper bien. Et ce qui se passe, en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'effectivement... Le cerveau va donner les infos souvent dans des moments où on se sent bien, parce qu'il considère qu'on est assez stable, qu'on est assez sécurisé pour pouvoir envoyer l'information et qu'en gros, on va pouvoir la gérer. Si c'est votre cas, si vous êtes en train de sortir d'amnésie, je vous le dis du plus profond de mon cœur, vous êtes en capacité de le gérer. Le cerveau est intelligent. Il ne lâcherait pas l'information si vous n'avez pas les armes. Pour autant, c'est un processus qui est hyper douloureux, qui nécessite d'après moi un accompagnement. j'en parlerai mais moi je n'ai pas été accompagnée parce que je n'ai pas trouvé de professionnel qui comprenait ce phénomène et qui respectait surtout ce phénomène j'ai eu affaire à des phrases et des choses hallucinantes et j'en parlerai donc après mais essayez de ne pas rester seule avec ça aujourd'hui il y a de plus en plus d'associations qui parlent de ce sujet, il y a de plus en plus de gens qui en parlent allez vers des gens qui connaissent ce sujet allez vers des groupes de parole ne vous isolez pas avec ça, il y a des bouquins là-dessus qui sont très bien, notamment les livres de Muriel Salmona qui sont excellents sur ce sujet là Vraiment, ne restez pas seuls avec ça, écoutez des témoignages, parlez-en à des gens qui peuvent entendre et qui peuvent comprendre, mais en tout cas si vous sortez d'amnésie naturellement, c'est que vous êtes en capacité de le gérer. Je fais une parenthèse parce que je pars du principe qu'il y a un vrai danger, en tout cas moi je n'encourage pas les gens à forcer la mémoire traumatique. Ça veut dire que si aujourd'hui vous avez des doutes et vous vous dites j'entends beaucoup de témoignages, ça me parle un peu, je me demande si j'ai pas vécu quelque chose Peut-être que c'est un avis erroné et ce n'est que le mien, ça n'engage que moi, ça ne vous empêche pas d'aller voir des spécialistes sur ce sujet. Pour ma part, j'ai tendance à dire que si l'information ne remonte pas d'elle-même, s'il n'y a pas eu déjà des bribes d'informations qui remontent, à partir du moment où ça commence à remonter, effectivement, il faut le traiter. Mais s'il n'y a pas eu des bribes et qu'entre guillemets, dans votre vie, vous vous sentez plutôt bien, mais que vous avez des doutes, honnêtement, j'aurais tendance à pas trop aller fouiner là-dedans. Parce que la mémoire traumatique, c'est quelque chose qui est extrêmement violent quand ça se réactive. Ça peut créer, enfin moi ça a été mon cas, ça a causé plein de symptômes physiques, clairement une dépression hyper sévère, etc. Franchement, je pense que le cerveau, s'il lâche pas l'info, c'est que c'est peut-être pas le moment. Maintenant, si vous avez quand même envie de le creuser, et que vous avez un vrai appel, écoutez-vous. Mais ne forcez pas le truc, parce qu'en ce moment, beaucoup de gens en parlent, et que peut-être ça serait intéressant de le savoir. Si ça n'a pas plus d'impact que ça dans votre vie, honnêtement, attendez, si ça doit émerger, ça émergera, et peut-être que vous avez rien vécu, et donc faut pas forcer les choses. C'est une petite parenthèse et ça n'engage que moi. Peut-être qu'il y a des personnes qui ne seront pas d'accord avec moi, mais moi je crois qu'il ne faut pas forcer la mémoire traumatique. Pour revenir un peu à mon histoire, j'ai grandi aux côtés de ce père et ça a été très dur pour moi. Au final, j'ai entamé les thérapies très jeunes sur le sujet de l'adoption, mais aussi sur le sujet de mon père, parce que je souffrais énormément à vivre à ses côtés. C'était quelqu'un qui était dans un mal-être terrible et qui était extrêmement agressif, dans l'abus de pouvoir permanent, dans l'humiliation permanente. Et donc j'ai développé beaucoup de blessures. à son contact. J'avais aucune confiance en moi. Enfin bon, il y a eu un très très gros chemin pour que j'en arrive là où j'en suis aujourd'hui. Mon père a toujours été un gros sujet dans ma vie. Donc dans beaucoup de thérapies, j'ai traité la relation à mon père, j'ai traité le fait que moi je me positionnais un peu en sauveur, j'avais envie qu'il change, je pensais que ça allait devenir un gentil papa, et j'ai dû faire un peu le deuil de tout ça. Et finalement c'est quand j'ai réussi à faire le deuil de mon père complètement, un jour où je me suis écroulée, j'étais par terre à pleurer, je n'arrivais plus à respirer. Et ce jour-là ça a marqué le deuil de je peux sauver mon père l'acceptation de l'état dans lequel il était. parce qu'en fait quand on grandit auprès de quelqu'un d'aussi malade, on a tendance à penser que c'est nous le problème et donc c'est difficile de se dire que bah non c'est notre parent qui est malade en fait et que c'est pas nous qui sommes malades et donc à ce moment là le truc s'est effondré, je me suis écroulée, ça a été un moment extrêmement difficile pour moi mais à partir de là je n'ai plus jamais eu d'attentes envers mon père et il n'a plus eu d'emprise sur moi en tout cas d'un point de vue émotionnel, il en avait bien évidemment sur d'autres plans mais pas dans l'émotionnel et c'est je crois un an plus tard ou deux ans plus tard que j'ai commencé à sortir d'amnésie, parce que je pense que le fait d'avoir fait ce pré-travail avec lui permettait à mon système nerveux d'accepter l'information que, en plus de tout le mal qu'il m'avait fait, il m'avait abusé quand j'étais petite. Donc pour vous resituer un peu les événements, le moment où je commence à avoir des flashs, où je commence à avoir des infos, ça a mis à peu près 7 ans. Dans mon cas, j'avais tous les signes cliniques, et beaucoup même de médecins, etc. me le disaient, mais dans la mesure où moi, en fait, j'avais pas de souvenirs, bah j'arrêtais pas de dire que c'était pas possible, mais que, comme je ne connaissais pas mes parents biologiques, potentiellement j'étais issue d'un viol. Voilà, donc je m'étais construit avec ce truc-là, et donc pendant 7 ans ça remontait, ça remontait un peu comme ça, mais j'arrivais pas à intégrer l'information. Jusqu'au jour où finalement j'ai été voir quelqu'un qui faisait de la... C'était un micro-kiné qui m'examine pour des douleurs de dos, et en fait je me revois cette scène comme si c'était hier, j'étais sur le dos, il pose ses mains au niveau de mon bas-ventre, il était hyper bienveillant, hyper doux, il me regarde avec un regard plein de compassion, il me dit là il y a eu quelque chose à cet endroit, non ? Et au moment où il me dit ça, j'explose... explose en larmes. Je ne comprends pas que j'explose en larmes, c'est ça qui est dingue avec les sorties d'amnésie. Mais c'est compulsif, et ça sort, et ça sort, et ça sort, et je pleure. Et là, je me rends compte moi-même que vu mon état, il y a sûrement quelque chose. Mais en fait, c'est hyper étonnant ce qui se passe dans ce genre de moment, parce qu'en fait, c'est le corps qui parle, c'est les émotions qui se révèlent, mais nous, on ne comprend pas trop ce qui se passe, en fait, parce que rationnellement, on ne comprend pas, en fait. C'est pareil quand on regarde, je ne sais pas, un film où il y a quelqu'un qui va se faire agresser, on peut exploser en larmes, et on ne comprend pas pourquoi. On va lire un article dans un journal de quelqu'un qui parle d'agression et on va exploser en larmes. Quand il se passe ce genre de choses, ça veut dire que ça vient résonner avec nous à un niveau. Et donc, en fait, effectivement, il est possible qu'on ait vécu quelque chose de cet ordre-là. À partir de là, j'ai commencé un peu à partir au charbon en me disant, OK, cette fois, je suis prête à y aller, on va y aller. Donc, j'ai rencontré des personnes qui étaient spécialisées là-dedans. Toutes m'ont confirmé, effectivement, que les signes cliniques, etc. étaient là. Quand je faisais le portrait de mon père... Bah globalement, il cocha un peu les cases de ce que pourrait être un agresseur. Et donc j'ai commencé à mener ma petite enquête. Le truc, c'est qu'à partir du moment où on ouvre cette porte, il faut s'attendre à ce que le corps parle. Et donc moi, dans mon cas, j'ai eu des douleurs que je ne décrirai pas sur ce podcast, mais qui ont été des douleurs gynéco absolument abominables pendant des mois que je n'avais jamais eues avant. Et vraiment, c'était l'information qui remontait en fait au niveau corporel. Et je pense que si vous vivez une sortie d'amnésie, probablement que vous vivez des choses comme ça. C'est très difficile parce qu'en fait, on aurait tendance à croire qu'en libérant l'info et en libérant la parole et en se disant que ça y est, on a conscientisé qu'on avait vécu un abus, on n'allait plus souffrir. Sauf qu'en fait, l'info repasse par le corps puisqu'elle a été vécue par le corps. Et très souvent, en tout cas dans mon cas, il y a eu énormément de souffrance physique. Donc mon adénomiose à ce moment-là s'est déclenchée extrêmement fort. J'avais comme des coups de poignard au niveau de l'utérus et du bas d'eau. Donc c'est des douleurs que les personnes qui ont de l'endométriose ressentent, c'est les mêmes. Et j'ai eu plein plein d'autres symptômes, beaucoup plus subtils que j'ai pas envie de décrire ici, mais ça a été extrêmement violent pour ma part, et là j'ai commencé à avoir des flashs. Donc les flashs en fait c'est des souvenirs qui popent dans la tête comme ça d'un coup, et en général mes douleurs venaient en même temps que les flashs. Parce qu'en fait le corps se rappelle, c'est comme si on revivait en fait l'agression. C'est hyper violent, c'est hyper douloureux, c'est des moments qui sont atroces à vivre, et c'est pour ça que j'en parle, parce que si vous vivez ça je veux vous dire que vous n'êtes pas seul. que ça va s'arrêter, ça va finir par s'arrêter à un moment donné. Dans mon cas, ça a été extrêmement long, parce que j'ai sombré en dépression, pour d'autres raisons aussi, il n'y avait pas que ça. Mais j'ai sombré en dépression à ce moment-là, j'ai eu une énorme crise existentielle qui s'est accompagnée de ça. C'est pour ça que je parle de nuit noire de l'âme dans mon cas, parce que derrière, il y a eu vraiment une sorte de réveil à beaucoup de choses pour moi. Ça a été un petit peu ma... J'ai un peu porté ma croix, on va dire, sur ce chemin-là. Mais derrière, la libération que j'ai acquis, la stabilité intérieure que j'ai acquis, est... absolument incroyable. Je sais pas comment le dire, mais pour ma part, le fait de revivre ce trauma qui repasse par mon corps, de tout faire remonter, de le traiter, d'en parler, de libérer un peu ce truc-là, a expulsé un poison qui était dans mon corps depuis toujours et que je n'arrivais pas à déterminer. C'est-à-dire qu'en fait, toute ma vie, je me suis construite en étant très très mal dans ma peau. Comme j'avais vécu cette blessure de l'abandon à la naissance, on a toujours tout mis là-dessus et la majorité des thérapeutes que j'ai rencontrés... Mettez l'accent là-dessus alors que j'arrêtais pas de dire oui mais au bout d'un moment il y a autre chose, je sens qu'il y a autre chose. Il y a des personnes effectivement maintenant que j'y repense qui m'avaient un petit peu demandé s'il y avait eu quelque chose avec mon père. Parce que quand je parlais de mon père, il sentait en fait qu'il y avait un problème. Mais il était tellement difficile à vivre en fait émotionnellement parlant que ça suffisait entre guillemets et que du coup les thérapeutes allaient là-dessus et se rendaient pas forcément compte qu'il y avait quelque chose derrière. Il faut savoir que pour moi aujourd'hui j'ai... tellement une lecture en fait de ce que c'est que ce traumatisme-là et des symptômes qu'on peut développer, que quand je vois quelqu'un qui potentiellement peut l'avoir vécu, je trouve que ça se voit. Pour autant, je ne vais pas le dire parce que je pense que si la personne n'est pas prête à le savoir, je ne dirai rien, mais il peut m'arriver parfois de rencontrer des personnes qui se rendent compte en fait qu'elles ont vécu quelque chose, et donc à ce moment-là, on en parle, et c'est vrai qu'il y a des personnes qui le portent un petit peu, en tout cas les gros traumatismes, je trouve, qui ont des points communs aux personnes qui ont vécu des gros traumas. Et donc tout ce qui peut être effectivement difficulté sur un plan gynéco, etc., très souvent ça peut être lié à ça. Il y a des médecins qui en parlent beaucoup mieux que moi, et il y en aura qui interviendront sur ce podcast à ce sujet, c'est pas mon métier, et j'ai pas les compétences pour le faire. Moi ici je fais que un témoignage, mais il n'empêche que j'observe, pour avoir rencontré beaucoup de gens qui avaient vécu ça, qu'il y a en général énormément de conséquences dans le physique. Encore une fois, c'est pas parce que vous avez une endométriose ou que vous avez des difficultés, etc., que c'est lié à ça. Mais ça peut l'être en fait. Donc voilà un petit peu pour ce que j'ai pu vivre. Le plus dur pour moi finalement, je crois, pendant cette période-là, ça n'a pas tant été le fait de savoir que j'avais vécu l'inceste, parce qu'au final ça, ça m'a libérée et ça m'a soulagée. Et si c'est votre cas, je ne sais pas ce que vous ressentez par rapport à ça, mais souvent les personnes que je rencontre me disent que ça leur fait du bien d'enfin savoir, parce qu'elles sentaient bien qu'il y avait un mal-être à l'intérieur qu'elles n'arrivaient pas à identifier en fait. Donc ça, c'était la partie pour moi entre guillemets où je me disais, ah bah ça y est, je sais pourquoi je portais ce mal-être. Donc ça, c'était cool. Ce qui a été très dur pour moi, c'était le doute permanent. Parce qu'en fait, quand on sort d'amnésie, qu'on soit bien clair, les souvenirs, ils datent de notre petite enfance en général. Les souvenirs sont un peu flous au départ. Enfin, je veux dire qu'un souvenir, quand on se rappelle de quelque chose, même de manière générale, rappelez-vous de vos vacances il y a 5 ans ou il y a 10 ans, c'est pas complètement clair dans votre tête, en fait. Vous n'êtes pas en train de le vivre avec tous vos sens dans l'instant présent. Et surtout, en fait, c'est vrai qu'aujourd'hui, dans la société, il y a énormément d'injonctions qui nous font douter de notre mémoire traumatique. Pour moi, ça, c'est atroce, parce qu'il faut savoir qu'une mémoire qui remonte par elle-même, Et quasiment jamais un faux souvenir en fait. Les faux souvenirs sont extrêmement rares. Votre mémoire ne va pas créer des souvenirs de trucs aussi traumatiques. Si votre mémoire vous fait remonter des choses comme ça, c'est qu'il y a quelque chose à creuser. Pour autant, on entend que les souvenirs ont pu être un petit peu déformés, on entend beaucoup de choses, mais une mémoire ne revient pas comme ça par hasard. D'un coup, vous n'allez pas rêver qu'il s'est passé ça avec votre père, votre mère, votre frère, votre sœur, comme ça, juste comme ça, par hasard. Si ça revient, faites-vous confiance. Essayez de trouver quelqu'un qui... qui comprend ça et qui peut vous accompagner dans ce processus, je sais que c'est assez rare, mais il faut vraiment que vous puissiez vous faire confiance. N'en parlez pas à n'importe qui, parce que la majorité des gens ne connaissent pas ce processus, vont vous créer encore plus de doutes, alors que vous doutez déjà de vous-même. D'autant plus que, et là je mets vraiment l'accent dessus, quand on a été victime d'agressions sexuelles, déjà on a un déficit de confiance en soi, déjà on a tendance à se remettre beaucoup en question, et en plus de ça, et alors là j'insiste énormément, on prend des responsabilités qui ne sont pas les nôtres, Donc on a en général énormément de culpabilité, énormément de honte, alors que la honte devrait changer de camp. Je ne sais plus où j'ai lu ça, mais cette phrase m'a presque sauvé la vie au moment de ma sortie d'amnésie. Donc aujourd'hui, c'est à mon tour de vous le dire. Si aujourd'hui, vous vous sentez mal, vous vous sentez coupable, vous vous dites que non, mais bon, on n'est pas sûr, et le pauvre papa ou la pauvre maman ou le pauvre cousin, si ça se trouve, je mens, et je suis en train de défoncer ma famille et d'exploser ma famille, toute la responsabilité est sur mes épaules, alors que je ne suis même pas sûre de ce que j'avance. pitié. Prenez soin de vous tout seul. Évitez peut-être d'en parler tout de suite avec votre famille. Attendez peut-être que les choses soient plus claires pour vous. Prenez du temps pour digérer l'information, pour vous faire accompagner, pour regarder des témoignages, pour voir ce qui remonte pour vous, etc. Avant peut-être de vous confronter au regard des autres. Parce qu'en fait tout ça, moi dans mon cas, ça a été ma plus grosse erreur. J'en ai parlé à ma mère tout de suite, parce que ma mère et moi on est très proches. Et donc quand j'ai commencé à me souvenir de ce qui se passait, Je ne voulais pas lui en parler. Elle a beaucoup insisté pour que je lui explique ce qui n'allait pas. Je lui ai expliqué ce qui s'est passé. Et honnêtement, ça m'a complètement polluée dans mon travail. Parce que du coup, je voulais à la fois rassurer ma mère. Donc en fait, j'espérais que ce soit faux. Donc je n'arrêtais pas de dire, oui, mais ça se trouve, c'est pas vrai, maman, tu sais, peut-être que je délire. Donc accessoirement, et bah hop là, on remet une couche sur le manque de confiance, sur la culpabilité, etc. Et en fait, ma mère, ça l'a mis dans une détresse aussi. Enfin bref, ça n'allait pas du tout. Si c'était à refaire, je ne lui aurais rien dit. tant que moi, je n'avais pas fait mon processus. C'est un processus que vous devez faire pour vous-même. Ça ne regarde pas votre famille au départ. C'est vraiment important que déjà vous, avec vous-même, vous viviez le processus. et vous puissiez ensuite en parler à tête reposée et sans risquer de vous faire déstabiliser par les émotions des autres. Parce que forcément, effectivement, ça va un petit peu recadrer les choses dans la famille. Il est tout à fait probable que ça engendre des ruptures. Il est probable que ça réveille aussi des souvenirs chez d'autres personnes. Donc si j'ai un conseil à vous donner, et c'est peut-être le plus important pour moi, prenez soin de vous. Parlez-en à des personnes qui sont soutenantes, qui ne vous jugent pas. Au premier signe de jugement, écartez-vous le temps de votre guérison, sincèrement. parce que c'est déjà un processus qui est trop violent, qui est trop difficile, vous n'avez pas besoin des doutes des autres. Vous êtes déjà en doute vous-même. Donc vraiment l'objectif, c'est de vous permettre d'avoir un espace sécurisant parce que vous êtes en train de revivre un traumatisme. Ça c'est vraiment très important à entendre. Vous revivez votre traumatisme. Donc il faut absolument être en sécurité au moment où vous le revivez. Moi pour ma part, j'avais mon conjoint qui était là, qui m'a laissé l'espace de me guérir sur cet espace-là et ça pour toujours je lui serai reconnaissante. et qui m'a créé une sorte de sécurité parce qu'il était là, et que lui ne doutait pas de ma parole. C'est très important d'avoir au moins une personne qui vous croit, c'est pour ça que si vous n'en avez pas autour de vous, allez dans des cercles de parole, allez voir un thérapeute qui connaît ce sujet, ne restez pas seul avec ça. Vraiment c'est important, j'insiste là-dessus, parce qu'on a tellement besoin en fait dans ces moments-là d'être soutenus, qu'en fait des fois on va aller vers les mauvaises personnes, vers les personnes qui sont nos proches de d'habitude, et potentiellement des membres de notre famille, qui peuvent en fait mal réagir parce qu'ils sont aussi impliqués. Par rapport à la personne qui vous a agressé, si c'est votre père comme moi ou quelqu'un de votre famille ou quelqu'un qui est encore en vie et avec qui vous pouvez avoir un contact. Selon moi, c'est important à un moment donné d'avoir un dialogue avec cette personne. Encore une fois, ça n'engage que moi, vous n'êtes pas obligé de le faire. Vous pouvez aussi le faire de manière invisible. Vous imaginez la personne en face de vous, vous vous mettez seul dans un endroit et là vous lâchez tout ce que vous avez à dire. Mais ce qui est très important, c'est de rendre les responsabilités. Quand vous aurez la mémoire qui vous est revenue. Quand vous aurez un petit peu plus de billes et que vous vous souviendrez de ce qui s'est passé, sachant que ce sera toujours un petit peu flou. Alors ça ne l'est pas complètement, moi les images me sont revenues de l'agression complètement à un moment donné, mais ça reste des souvenirs. Donc c'est encore une fois, quand vous repensez à vos vacances d'il y a dix ans, ça reste un peu flou, c'est votre mémoire un petit peu passée. Quand vous aurez reconstitué l'histoire, vous imaginez cette personne en face de vous et vous lâchez. tout ce que vous avez à lâcher, vous criez votre colère. C'est extrêmement important d'exprimer votre colère parce qu'en fait, c'est l'enfant à l'intérieur de vous qui a besoin d'expulser sa colère. Vous pouvez le faire en imaginant la personne en face de vous et en lui rendant ses responsabilités. C'est extrêmement important de poser les mots en disant je te rends ta responsabilité, je ne suis pas coupable de ce qui s'est passé, tu as toute la responsabilité parce qu'un adulte a toujours toute la responsabilité, ça c'est très important à entendre. Toutes les personnes qui disent oui, mais l'enfant, il était un petit peu... aguicheurs, etc. Il faut arrêter les conneries. Un enfant ne sait pas ce que c'est que la sexualité, il ne comprend pas. Donc quand bien même un enfant est un peu avenant, il ne sait pas ce qu'il fait. C'est aux parents de recadrer, c'est aux parents de poser des limites et c'est aux parents de sécuriser l'enfant. A aucun moment c'est une invitation de la part de l'enfant et c'est délirant de dire des choses pareilles. Donc c'est à vous à ce moment-là de rendre la responsabilité, et ce terme il est très important, à la personne qui vous a agressé. Vous n'êtes pas responsable de ce que vous avez vécu, ce n'est pas votre faute. C'est votre faute. Ce n'est pas votre faute. Cette phrase, elle m'a mis en larmes la première fois qu'on me l'a dit. Parce qu'en fait, intrinsèquement, on est convaincu que c'est de notre faute. On est convaincu qu'on est la mauvaise personne. On est convaincu qu'on l'a cherché. On est convaincu qu'on ne mérite pas d'être aidé, qu'on ne mérite pas d'être aimé, et qu'en fait, on n'est qu'une merde. En fait, c'est ça qui se passe quand on est agressé. Donc, on grandit, on se construit avec cette croyance. Déconstruire cette croyance, c'est difficile. Encore une fois, c'est un travail. Mais pour moi, c'est très important de vous le dire. Vous n'êtes en rien coupable de ce qui s'est passé. En rien du tout. Et c'est très important de rendre la faute à qui est fautif. Et c'est l'adulte qui est fautif. Ou c'est le grand frère, la grande sœur, le cousin, etc. Qu'importe, ce n'est pas vous, en fait. Ce n'est jamais l'enfant. Donc, à partir de là, si vous avez la possibilité de le faire en face à face avec cette personne, c'est absolument extraordinaire. Pour ma part, je l'ai fait avec mon père par lettres. Je lui ai même dit que j'étais en capacité de pardonner s'il reconnaissait ses erreurs et qu'on pourrait en parler. Il n'a jamais reconnu les faits. Je suis retournée le voir malgré ça. À un moment donné, j'avais besoin de moi pour valider la fin de ma guérison. de le revoir, ça m'a simplement permis de voir qu'il n'avait plus aucune emprise sur moi, et c'était peut-être la plus grosse libération de ma vie. Pour autant, il n'a jamais rien reconnu, donc j'ai fini par définitivement couper les ponts, puisque pour moi, il n'y a pas de possibilité aujourd'hui d'être en lien avec lui. Voilà, dans mon cas, c'est mon histoire. Mais il y a des histoires où il est possible d'avoir une réparation. Il y a des cas où il y a des personnes qui arrivent à renouer avec leur agresseur, quand l'agresseur... s'excusent platement et fait en sorte de réparer les choses. Vous n'êtes pas obligé d'accepter les excuses, vous n'êtes pas obligé d'accepter la réparation, mais vous pouvez le faire. Libre à vous de le faire. Donc là-dessus, il n'y a aucun jugement, et moi je trouve au contraire que chaque histoire est unique. Mais c'est tout un chacun qui décide. Pour autant, dans votre processus, à un moment donné, il faudra rendre la responsabilité à l'agresseur. Que ce soit par lettres, que ce soit comme je disais un petit peu dans l'invisible, ou que ce soit en confrontant la personne. Il y a aussi un moment où effectivement, vous pourrez en parler aux membres de la famille, vous pourrez en parler aux proches, etc. C'est à vous de sentir le bon moment. Mais moi, je vous conseille de le faire quand vous avez déjà vous-même processé un peu l'histoire et que donc vous êtes assez stable pour vous confronter au regard des autres. Voilà un petit peu ce que je pouvais dire par rapport à tout ça. Ce que je peux dire par rapport à mon histoire, et c'est probablement un sujet dont je reparlerai, et je suis aussi très peineuse de vos retours d'expérience et de vos questions aussi sur ce sujet, je pourrais y répondre. Je trouverai un moyen peut-être, parce que ça reste un des sujets que j'ai vraiment besoin d'aborder ici. Pour moi, ce qui est important de vous dire, c'est que si vous avez vécu ça, et si vous êtes en train de sortir d'amnésie, encore une fois, puisque là, je parle à des personnes qui ont fait une amnésie. Il y a des personnes qui ont vécu l'inceste et qui ont grandi en se rappelant de l'inceste. Ce n'est pas mon cas, donc je n'ai pas les armes pour vous parler de ça. J'ai envie de vous envoyer plein d'amour, très sincèrement. C'est un sujet qui me touche énormément. Je vois beaucoup trop de gens qui vivent ça. Je vois beaucoup trop de gens se tourner vers moi qui vivent ça aussi, parce que je pense qu'une fois qu'on l'a guéri, il y a quelque chose en nous qui résonne, et donc les gens se sentent assez sécurisés pour le dire. On en parle énormément, enfin de plus en plus en tout cas dans les médias, etc. Donc c'est normal d'avoir de plus en plus de remontées. Vous n'êtes pas seul, vous n'avez pas à rester seul avec ça. Je vous encourage vraiment à suivre des personnes qui en parlent. Vous pouvez vous abonner à mon compte, vous pouvez en parler avec des personnes sur les réseaux sociaux. Il y a des groupes, il y a des choses là-dessus. Il ne faut pas rester seul avec ça. Vous n'êtes pas seul, vous n'êtes pas fou, loin de là. Ce n'est pas vous qui avez un problème de santé mentale, c'est la personne qui vous a fait ça. Ce sont des gens malades, ce sont des gens qui pour la plupart sont vraiment très malades et ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. Il y en a qui sont foncièrement diaboliques. Et il y en a beaucoup qui reproduisent des schémas qu'ils ont vécu. C'est encore une autre histoire et ça n'excuse rien. Mais c'est eux qui ont un problème, ce n'est pas vous, en fait. Donc l'important, c'est déjà de travailler sur votre culpabilité. Vous n'êtes pas coupable, ce n'est pas de votre faute. Vous êtes des belles personnes à qui il arrivait des choses mauvaises. Et c'est extrêmement important que vous repreniez votre pouvoir plus que jamais. C'est pour ça que sur ce podcast, je n'ai pas voulu le tourner sur ce sujet-là, qui est un sujet très important pour moi et qui a été un des déclencheurs de, on va dire... ma stabilité intérieure, parce qu'une fois que j'ai évacué ce poison, d'un coup, il y a quelque chose en moi qui a lâché, et depuis, je me sens extrêmement stable. Ça fait deux ans maintenant que je suis sortie de cette amnésie, donc j'ai terminé ce processus, on va dire, qui a duré un an et demi pour ma part. Mais il y a eu plein d'autres choses dans ma vie qui m'ont menée là où j'en suis aujourd'hui. C'est pour ça que je ne mets pas l'accent que sur ce sujet d'amnésie et sur le trauma. Pour autant, je crois que le sujet du trauma est très, très central, notamment pour les personnes comme celles sur mon podcast qui se sentent un peu extraterrestres sur cette planète. qui ont l'impression de venir d'ailleurs, etc., et qui se demandent ce qu'ils foutent sur une planète aussi malsaine, avec des personnes aussi malveillantes, c'est normal, quand on a vécu des gros traumatismes, d'avoir un peu cette vision du monde en se disant que le monde est menaçant. Il peut l'être, par bien des aspects, effectivement, et qu'en fait, on vient d'ailleurs, etc. Donc si c'est votre cas, je vous invite à suivre ce que je fais, ça peut peut-être vous faire du bien et vous donner des billes, à rentrer en contact avec des personnes, à commenter peut-être sur les posts, etc., pour pouvoir parler avec d'autres personnes de ce que vous ressentez. Vous n'êtes pas seul, et c'est très important. que vous puissiez trouver des ressources qui vous apaisent et qui vous font du bien sur ces sujets. Je veux aussi vous dire qu'il y a une vraie, vraie, vraie lumière au bout du tunnel, et là, vraiment, je vous le dis du plus profond de mon cœur, à partir du moment où vous enclenchez ce processus de sortie d'amnésie, en fait, vous avez énormément de chances de pouvoir vous en sortir, et de pouvoir vous rendre stable à l'intérieur de vous, et de pouvoir vous libérer du plus gros poison qu'on vous a probablement infligé. Vous avez peut-être vécu d'autres traumatismes, il y en a peut-être des encore plus graves que ça, si ça peut être encore plus grave que ça, mais vous avez vraiment l'opportunité de lâcher ça. Et encore une fois, si vous le vivez, c'est que vous avez les armes. En tout cas, c'est vraiment ma perception des choses. Et donc, c'est vraiment une opportunité pour vous d'enfin aller partir sur le front. On y va et on lâche le truc et on se libère. Et après, cette libération, elle est à vie. Et vous allez acquérir à l'intérieur de vous une force et une stabilité qui sera là à vie. Et quelque part, j'ai le sentiment, et c'est peut-être complètement un biais de l'esprit, mais que les personnes qui, moi, m'inspirent le plus dans cette vie et que je trouve les plus belles, les plus rayonnantes, les plus humaines, les plus... Les plus incroyables et qui font des choses incroyables sont souvent des gens qui ont vécu des gros traumatismes. Et pour ma part, c'est vrai qu'il y a quelque chose qui a émergé en moi après la sortie de cette amnésie. Donc si vous avez l'envie comme moi de partager sur les réseaux sur ces sujets-là, allez-y, témoignez, c'est extrêmement important. Il y a plein de plateformes aujourd'hui en plus qui permettent de témoigner sur ces parcours de vie, etc. Vraiment, je vous encourage à prendre ça comme quelque chose que vous pourrez retransmettre aux autres. Mais avant de retransmettre aux autres, il faut bien sûr penser à vous. Soyez égoïste pendant votre guérison. Pensez à vous. Regardez des gens qui vous font du bien. Entourez-vous de gens sains. Et si vous n'avez pas de gens sains autour de vous, trouvez un thérapeute qui peut vous accompagner sur ces sujets. Je crois profondément que chaque personne qui sort d'amnésie a les capacités de s'en sortir. Je crois en vous. Et je vous garantis que derrière, il y a des choses très belles qui peuvent se passer parce qu'en fait, même si vous étiez en amnésie, vous avez vécu toute votre vie avec ce mal-être. Moi, j'ai vécu toute ma vie avec un mal-être que je ne comprenais pas. Et même si on allait sur d'autres traumas, puisque l'abandon à la naissance est un trauma bien évidemment, il y avait quelque chose qui était plus fort, il y avait quelque chose qui était plus grave, auquel je n'avais pas accès. À partir du moment où j'ai eu accès au truc, oui, j'ai plongé. Oui, j'ai fait une dépression. Oui, ça a été très dur. Après, j'ai pas bien joué parce que je n'ai pas trouvé de thérapeute à l'époque en capacité de gérer ça. J'ai eu des thérapeutes qui, au contraire, m'ont énormément remis en doute. Des thérapeutes spirituels New Age qui m'ont dit que mon âme avait choisi ça, etc. J'ai eu des phrases absolument délirantes. Et c'est pour ça que je mets beaucoup en garde aussi sur la spiritualité New Age. notamment quand on a vécu des traumas parce que parfois c'est pas du tout adapté et au contraire ça peut nous plonger dans les ténèbres, c'est encore le sujet d'un autre podcast, mais vraiment il y a des personnes qui peuvent vous aider maintenant, il y a de plus en plus de gens qui sont sensibilisés à ces sujets, je suis sûre que vous trouverez quelqu'un qui pourra vous accompagner et faites-vous confiance parce que vous avez aussi des ressources à l'intérieur de vous qui sont en train d'émerger. Voilà, je pense que j'ai dit ce que je voulais dire mais c'est un sujet qui est tellement important que je reparlerai probablement, je verrai aussi vos retours et s'il y a des parties de ce sujet que vous avez besoin que j'aborde. Mais en tout cas, je tenais vraiment à vous dire que j'ai confiance en vous, je vous crois, vous n'êtes pas fous, personne n'est fou quand on se réveille de ça. Vous avez les armes, vous allez vous en sortir, prenez soin de vous et vraiment essayez d'aller vers des choses qui vous font du bien. Et éloignez-vous pendant cette période-là de toutes les personnes qui peuvent être toxiques pour vous. C'est encore un autre sujet que j'aborde pas mal sur ce podcast au niveau des personnes toxiques, des personnes qui peuvent un peu nous pomper notre énergie. Vous n'avez pas d'énergie à accorder à ça quand vous êtes en train de sortir d'amnésie. Vous avez besoin de préserver votre énergie pour votre propre guérison, c'est extrêmement important. Je vous fais d'énormes bisous et je vous dis à très bientôt.

  • Speaker #1

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  • Speaker #0

    je mettrai le lien dans la description de l'épisode. Merci encore beaucoup et à très bientôt.

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