- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast du Amlili Amazir Festival. Aujourd'hui, on vous emmène à Toulouse, à la maison Amazir, pour découvrir l'univers et les coulisses de cette belle aventure collective. Avec Daya Essiam, initiatrice du projet, on vous dira tout sur le festival, ses promesses, sa programmation. Vous entendrez aussi deux artistes qui ont accepté de nous confier ce que cet événement représente pour eux. Pour commencer, je me suis donc rendue à la maison Amazir à Toulouse pour aller à la rencontre de celles qui, depuis des mois et des mois, travaillent pour faire exister ce festival. Alors je suis avec Daya et Siam, les cofondatrices d'Amlili Festival. On est à la maison Amazir. Bonjour Daya, bonjour Siam.
- Speaker #1
Bonjour Sophie.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #0
Bon alors, avant de parler du festival, est-ce que vous pouvez me dire en quelques mots ce que c'est cette maison Amazir qui a ouvert en juillet, 10 rues des Sabots à Toulouse ?
- Speaker #1
Donc en fait la Maison Amazigh, c'est un peu dans la continuité de ce qu'on avait commencé à faire avec le showroom de l'Instant Berbère, mais l'idée ici c'est vraiment de créer un tiers lieu dédié à la culture amazigh, qui regroupe plusieurs projets. Donc on y retrouve effectivement le showroom de l'Instant Berbère, c'est aussi le QG du Amelie Festival, puisqu'on va organiser une partie de nos expos ici, et puis on y retrouve aussi d'autres projets autour du voyage, autour de la direction artistique avec Team Elite Agency notamment. Voilà, et en tout cas c'est un lieu qui se veut être vivant et qui permet aux gens de se rencontrer autour de la culture amazigh.
- Speaker #0
On va parler d'Amélie Festival puisque c'est le cœur de notre épisode aujourd'hui. Qu'est-ce qui va se passer pendant ce festival, Siam peut-être ?
- Speaker #2
Alors, beaucoup de choses, un peu trop même. Il va se passer plein de choses, il va se passer des concerts, il va se passer des expositions, il va se passer un marché de créateurs pendant trois jours à la cartoucherie. Il va se passer même des sessions tatouage à la maison à Mazir, c'est un peu particulier, c'est nouveau cette année. Et encore plein de choses, des documentaires, des tables rondes, des conférences, des ateliers, en fait un peu de tout. Et en termes de lieux,
- Speaker #0
ça va se passer où concrètement dans tous les lieux ?
- Speaker #2
Alors il y aura plusieurs lieux, donc pour les concerts ça sera au Métronome, les deux premiers. Ensuite on a aussi un concert à la cartoucherie pendant le marché de créateurs. Et ensuite pour les expositions, c'est pareil, c'est un petit peu partout dans la ville. Donc on va avoir une expo aux 500. On va avoir une autre expo qui va aussi commencer un peu plus tard parce que c'est vrai que du coup le festival se prolonge après le mois d'octobre. Donc on aura au Mazade. Et très probablement aux abattoirs également.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez des noms d'artistes à nous donner qu'on va pouvoir voir d'artistes, d'artisans ? Oui.
- Speaker #2
Alors au 500 par exemple, on aura Marion qui est une de nos artistes plasticiennes qui est toulousaine. On aura Kelly Mitty qui va nous faire des tatouages qui est aussi toulousaine. J'essaie quand même de parler de ceux qui sont dans le coin parce qu'on essaye de faire quand même, de regrouper les artistes aussi qui sont dans la région, c'est important. On aura bien sûr Sina Awel au métronome. On aura... Qu'est-ce que j'ai oublié encore ? Imarhan, bien sûr. Ça, on l'a tellement dit qu'il y a Imarhan, Ayyub. Et puis après, les artisans, c'est ceux que vous pouvez retrouver à la boutique, comme Alia qui fait les bijoux. On aura très probablement, je pense, les tapis d'Amina, par exemple. Et puis des tatouages au henné, comme je pense qu'on aura très probablement une copine à moi qui s'appelle Vanessa, qui est super top, qui est de Marseille. Voilà, il y en a encore plein d'autres, il y aura moi-même comme artiste aussi, il y aura Mejda, Nébuleuse aussi qui va exposer, enfin beaucoup en fait.
- Speaker #0
C'est quoi le projet concret derrière ce festival ? C'est toujours la même chose, la promotion de la culture amazigh, j'imagine ? D'ailleurs ?
- Speaker #1
Oui, la raison d'être du festival, c'est toujours la même. C'est-à-dire que l'idée, c'est de faire la promotion de la culture amazigh à travers différents axes artistiques et en se concentrant toujours un peu sur ce qu'on a toujours porté depuis le début, à savoir les expos artistiques, le marché de créateurs, le concert et puis l'aspect culturel avec les projections documentaires, les tables rondes. Cette année, on a aussi deux belles tables rondes qui sont en train de s'organiser. Avec deux thématiques qui me paraissent importantes, je pense qu'elles vont être importantes pour pas mal de monde. Une des thématiques étant liée à la transmission de la langue. Ça c'est vraiment un sujet important qui relie un peu tous les amazighes. Le deuxième sujet, c'est un peu en avant-première, mais l'idée c'est de parler de comment faire pour transmettre ce patrimoine culturel sans tomber dans la folklorisation ou dans comment mettre ça dans un musée. Mais l'idée, oui, c'est vraiment de rester dans cette logique de transmission et de réflexion, en fait. De réflexion sur comment est-ce qu'on transmet pour que notre culture continue d'être dans la modernité, mais sans perdre son essence.
- Speaker #0
C'est pour ça que vous événementialisez, allez j'invente un mot, parce que finalement la promotion de la culture à Mazière c'est la raison d'être de la maison à Mazière, mais le festival veut aller encore un peu plus loin dans la réflexion, c'est ça le projet principal ?
- Speaker #1
Oui, plus loin dans la réflexion et puis le festival c'est un temps fort qui permet de rassembler clairement plus de monde parce qu'il y a l'aspect festif aussi derrière, pas mal de monde déjà a commencé à nous... On nous parlait sur les réseaux sociaux, nous disant on va venir en force de Barcelone, on va venir en force de Paris, on va venir en force de cet endroit. Et on s'est rendu compte que rapidement en fait l'aspect festif probablement du festival fait que les personnes se projettent comme étant un rendez-vous important. Alors de l'année, on ne sera pas là tous les ans, mais en tout cas un rendez-vous important biannuel, c'est ça ? Une fois tous les deux ans, c'est pas bien annuel. Biennal, une biennal à Mazir. La biennal à Mazir. Très bien. Mais oui, l'idée effectivement c'est de rassembler encore plus de monde qui viennent de partout et de renforcer cette logique de transmission.
- Speaker #0
Une dernière question pour les gens qui veulent des infos sur le festival, qui veulent connaître toute la programmation, qui veulent rester informés. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Ameliefestival.com Et surtout, beaucoup nous suivent sur les réseaux sociaux. Sur Instagram. Instagram, on est très actifs sur Instagram, on communique énormément. Et ensuite, toute notre programmation en détail est disponible aujourd'hui sur le site du festival.
- Speaker #0
Merci Daya, merci Siam.
- Speaker #1
Merci Sophie.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
Vous venez de l'entendre, le festival laissera une large place aux artistes amazigh dans toute la diversité de leurs talents. Pour l'occasion, deux d'entre eux ont pris le temps de partager avec nous, en quelques mots, ce que cette expérience signifie pour eux.
- Speaker #3
Bonjour et merci beaucoup pour l'invitation au Amélie Festival. Je m'appelle Ayub Rahel, je suis musicien spécialisé dans la musique guinawa, marocain et membre du groupe Ayub Rahel Trio. C'est un véritable honneur pour moi de pouvoir partager ma passion et mes rythmes avec ce merveilleux public. Bien sûr, je suis... toujours motivé à participer à ce festival parce que je veux partager ma musique qui vient à la fois de la tradition gnawa et de la culture amazigh. Pour moi, c'est une occasion de présenter mes racines et de transmettre mon énergie au public. Pour moi, la fusion est un moyen de rassembler, de donner des émotions et de faire voyager les gens à travers les sons et les chants modernes, sans oublier les traditions transmises par les anciens. Ce festival est une occasion pour partager la musique avec un public plus large. Pour moi, chaque scène est une opportunité de faire découvrir les différentes traditions. Le festival reste un espace de rencontres et d'échanges entre beaucoup d'artistes de différents styles et je crois beaucoup à la force du dialogue musical qui est dans la collaboration avec différentes personnes. et explorer de nouvelles fusions musicales.
- Speaker #4
Bonjour, je suis Sadam, membre du groupe Imran. On chante toujours dans les trois albums passés. On essaye de maximum chanter quelle est la langue de Tamashik, ou bien Tamahak, ou bien Tamazak. C'est la langue toirique originelle. Donc, pourquoi on fait ça ? Parce qu'on trouvait... Les chansons, la musique, la culture globale jouent un grand rôle pour protéger la langue avant qu'elle disparaisse. Ce qu'on a capté, c'est qu'il y a chaque génération qui arrive à perpétuer presque beaucoup de sens, ou bien beaucoup de l'art, beaucoup de paroles, beaucoup de mots tamasheks. Donc la musique est la première porte. On ne peut pas dire qu'on a essayé, mais je crois que la culture joue un grand rôle pour garder quelque chose. Par rapport au festival, je trouvais que c'était un festival très important. C'est un festival qui a essayé de présenter beaucoup la culture. Berbère ou bien culture amazigh. Pour moi, il y a des liens par rapport à ce qu'on a fait de nous. Sur scène, on habille les habits traditionnels. On chante dans la langue traditionnelle amazigh, biatoareg. Donc, ces festivals, j'espère ou je pense, ça complète mes idées et mon rêve aussi.
- Speaker #5
Bonjour à tous, c'est Sina pour le Mlili Amazigh Festival. Cette démarche, elle est juste formidable et essentielle. C'est un espace qui met en lumière la richesse de la culture amazigh, son histoire, sa langue, ses musiques et ses expressions artistiques diverses. C'est bien plus qu'un simple événement culturel pour moi. c'est une sorte de d'actes de reconnaissance et de transmission. La culture amazighère, elle fait partie intégrante de mon identité. Elle est inscrite dans ma mémoire familiale, dans ma manière de voir le monde, même de me positionner face au monde. Alors avoir un festival qui lui est entièrement dédié, c'est une façon de lui redonner de la visibilité et la dignité qu'elle mérite. Ça nous permet de rappeler qu'elle est vivante, multiple, et qu'elle continue de nourrir de nouvelles générations d'artistes. En tant que festivalière, j'attends avant tout de l'Amélie Amazigh Festival, de me surprendre et de me nourrir par la richesse des expressions artistiques de ma culture. J'ai vraiment hâte de découvrir d'autres artistes qui, chacun à leur manière, ravivent cette mémoire collective, la réinventent et la transmettent. J'attends aussi, comme tout festival, qu'il soit un lieu de rencontre, de partage, ça je l'ai déjà dit, entre générations, entre artistes et publics. Entre ceux qui connaissent déjà la culture à Mazir et ceux qui vont peut-être la découvrir pour la première fois, pour moi c'est dans ces croisements que la culture prend toute sa force et elle continue à vivre. Pour moi c'est important qu'il existe des lieux où cette culture puisse s'affirmer pleinement, être célébrée et partagée avec un large public. Donc un festival c'est exactement ce qu'il lui faut. Et encore plus, je vais me permettre d'ajouter, quand il est organisé et produit par une équipe aussi solaire et dynamique, que la vôtre. Et en tant qu'artiste, c'est d'autant plus important, parce que je ressens comme une sorte de responsabilité, presque une mission, celle de faire entendre cette voix, en fait, de tisser des ponts entre mes racines et le présent, entre la mémoire et la création contemporaine. Participer à ce festival, ça a donc une signification vraiment toute particulière. C'est non seulement l'occasion de transmettre une part de mes racines, mais c'est aussi une façon de contribuer à une dynamique collective. qui favorisent la diversité culturelle, le dialogue entre les traditions et les créations un peu plus actuelles. Y prendre part, c'est aussi affirmer que cette culture à Mazir, elle est universelle, dans ses valeurs de liberté, de résilience et de lien à la terre et au peuple. En tout cas, j'ai bien hâte, et je tiens à remercier chaleureusement toute l'équipe du Amlili Amazir Festival, tous les collaborateurs, Les salles qui nous reçoivent, les techniciens qui interviendront, j'espère n'oublier personne, tous les artistes, le public, parce que grâce à ça, on va vivre un moment formidable qui nous permettra de célébrer la vie tous ensemble avec nos identités plurielles. Je vous dis à très vite.
- Speaker #0
Merci à toutes et à tous pour votre écoute. Merci à Daya, à Siam, aux artistes qui ont partagé leurs mots et à toute l'équipe du festival. Si cet épisode vous a plu, parlez-en autour de vous, partagez-le. Et bien sûr, pour suivre les actualités du Amélie Amazigh Festival et de la Maison Amazigh, rendez-vous sur nos réseaux sociaux. A très bientôt !