- Speaker #0
Dans ce podcast, on explore l'amour sous toutes ses formes, et aujourd'hui j'avais envie de plonger au cœur des relations autour de deux dimensions intimes. Comment l'amour et la sexualité vivent-ils ensemble ou s'entrelacent-ils ? Quels sont les enjeux et les malentendus qui peuvent émerger ? On en parle sans filtre, avec ouverture et bienveillance toujours. Bienvenue dans cet épisode. Amoureusement Ventre, épisode 17, Amour et Sexe. Hello, j'espère que tu vas bien et que ces deux dernières semaines depuis le dernier épisode se sont bien passées. Je suis hyper contente de te retrouver, d'autant plus pour parler de ce sujet que je voulais traiter sur ce podcast depuis très longtemps. Honnêtement, je crois que c'est depuis le deuxième épisode que j'ai envie de parler de ça. Épisode dans lequel je dis que j'ai l'impression que le sexe n'est plus tabou, mais que les sentiments, oui. Le sexe, comme les sentiments, a toujours eu une place de manière générale dans la vie des gens, mais aussi dans les relations. Pour moi, le sexe a tout autant d'importance que les sentiments quand je vais être en couple. Et pendant mes précédentes relations, il y a eu plusieurs moments où je ne ressentais pas vraiment un accord justement entre ma vision du lien sexe et amour et celle de la personne avec qui j'étais, ce qui a pu avoir un impact au final sur la relation. En fait pour moi, si on n'avait pas la même vision à ce niveau-là, c'est que ce n'était pas normal et que ça n'allait pas. Mais on l'a bien vu dans ce podcast, notamment dans l'épisode sur les schémas amoureux par exemple, il n'y a pas de règles ou de normes en amour. Les sentiments sont vécus. ressenti et exprimé différemment selon chaque personne, donc pourquoi ça serait pas le cas également pour le sexe ? C'est justement de ça dont j'avais envie de parler dans cet épisode, et pour le faire, j'ai eu la chance de discuter avec Margot et Diane, deux sexologues qui tiennent également un podcast, Basium, dans lequel elles parlent de sexualité, simplement, et de manière accessible à tous et à toutes, et que je te conseille vraiment d'écouter. Juste avant de commencer vraiment l'épisode, L'échange avec Margot et Diane a été enregistré en visio, à distance, donc à certains moments, il y a certaines interférences ou des petits bugs. Ça n'est pas tout le long comme ça, promis, je suis désolée et j'espère que ça ne dérangerait pas trop l'écoute. Je te disais au tout début que j'avais eu l'idée de faire cette thématique depuis l'épisode 2, et justement dans cet épisode, je parlais de l'évolution des perceptions, de sentiments et de l'amour. de nos jours, en 2024, notamment avec l'ère du dating de masse. Du coup, je trouvais ça intéressant de discuter de ça aussi avec Diane et Margot, que vous allez écouter juste après dans cet ordre-là, comme ça vous savez qui est qui. Je trouvais ça intéressant d'avoir leur avis en tant que professionnels sur cette évolution des perceptions des relations, des sentiments et de l'amour.
- Speaker #1
On est les premières générations à connaître autant du confort. C'est-à-dire que Merci. Vous allez voir où je veux en venir. Il y a du confort matériel, il y a du confort, on essaye émotionnel, on parle beaucoup de bien-être, etc. Et en fait, je pense qu'il y a une peur de souffrir qui est grandissante. Tant on a l'habitude d'être confortable dans tous les aspects de notre vie. Aujourd'hui, on vit dans un monde où on peut se faire livrer un truc en 20 minutes. On a l'habitude aussi de se protéger, d'être dans le confort. Merci. Et en fait, le sexe peut être bien moins vulnérable, ça nous met dans un état moins vulnérable que les sentiments. Donc ça permet quand même de consommer, entre guillemets, des relations humaines, des relations sexuelles. Alors que quand on rentre dans quelque chose de plus engageant, dans quelque chose de sentimental et de vulnérable, alors là, on est plus exposé et ça fait plus peur.
- Speaker #2
Oui, et puis pour totalement aborder dans ton sens... On ne supporte plus la frustration, et la frustration elle est fondamentale dans la construction, dans le développement de l'enfant, parce que c'est la frustration qui va lui permettre de comprendre ses limites, et le cadre qu'il peut faire ou ne peut pas faire. Et de manière générale, dans les relations aujourd'hui, comme tu le disais parfaitement, on a tellement l'habitude d'avoir tout tout de suite à peu près n'importe où, n'importe comment, qu'en fait cet état de frustration ne le tolère plus. Et là où pourtant la construction dans la relation, forcément on est frustré parce que l'autre n'est pas nous par définition, Et ça va amener à... Et pour rebondir sur ta question, sur la surconsommation des applications dating, il y a un truc qui me gêne, putain il a mis un t-shirt vert alors que je voulais un t-shirt orange, ben en fait je swipe, je caricature, mais c'est ça, c'est cette absence de tolérance au niveau de la frustration.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant parce que ça met en avant une nouvelle vision de la société dans laquelle on est, on va dire de dating de masse, une vision en tout cas que je n'avais pas forcément. C'est-à-dire que jusqu'à maintenant, J'avais l'impression que les gens voulaient de moins en moins s'engager parce qu'on est rentré dans un truc où il y a tellement d'offres, entre guillemets. Que certains et certaines se disent, et c'est un peu ce qu'expliquait Margot avec l'idée de frustration, il ou elle n'est pas assez bien pour telle raison ou tel détail, je trouverais mieux ailleurs, sans laisser du temps pour vraiment apprendre à connaître la personne. Et c'est sûrement le cas pour certaines personnes, consciemment ou non d'ailleurs, mais on ne peut pas faire de généralité, ça ne peut pas être le cas pour tout le monde, il y a forcément aussi d'autres explications, d'autres causes. Et justement, Diane parle de confort et même de vulnérabilité. Et c'est ces notions que je n'avais pas forcément intégrées dans mes réflexions sur les rencontres de nos jours. Mais c'est vrai, comme je le disais, le sexe est devenu moins tabou que les sentiments, parce que justement, les sentiments rendent vulnérables alors que le sexe pas forcément. Donc à force, le sexe est plus facilement séparé des sentiments, plus facilement consommé sans sentiments, là où les sentiments sont éloignés, parce que comme disait Diane, on est habitué au confort, à être bien. Alors pourquoi aller mettre ce confort en péril avec des relations qui impliquent des sentiments qui nous poussent à se mettre à nu émotionnellement, alors qu'on peut se mettre à nu tout simplement, littéralement ? Ça amène une idée de peur aussi, une peur de l'inconnu et de la tristesse que peut potentiellement provoquer une relation sérieuse, alors que les relations sans engagement et sexuelles se consomment plus aisément de nos jours. Mais du coup, cette vision du sexe... Quel est son impact sur la façon dont on vit nos relations sexuelles ?
- Speaker #1
J'ai le sentiment qu'il y a quand même quelque chose de plus en plus fort sur la notion de performance, sur la notion d'être normal, sur la notion de « ah ouais ok, si on a un rapport, il faut que forcément d'un côté il y ait une érection, que ça dure » . Je parle d'un rapport hétéro, mais ça vaut aussi... Non, ça vaut plus pour les rapports hétéros, en réalité. Donc, il faut qu'il y ait une érection, il faut que ça dure longtemps, il faut que la meuf ait un orgasme. Et sinon, en fait, on n'est pas... Sinon, on ne rentre pas dans la bonne case. Et il faut être sexy aussi. Et du côté des meufs, il faut qu'elles aient envie, il faut qu'il y ait la lubrification, il faut qu'elles soient sexy, qu'elles soient un peu mignonnes, bien épilées, nanana. Mais du coup, c'est un peu vide. Dans ce cas-là, c'est du sexe mécanique, ça n'a pas vraiment d'intérêt. Donc ça revient à ce qu'on disait par rapport à l'amour. On ne laisse pas de temps ni de place à l'exploration, autant à de quoi tu as envie vraiment. Parce que derrière tout ça, derrière amour, relation, sexe, soie et consommation, on n'a pas du tout d'espace pour se poser la question de quoi j'ai vraiment envie. On se blinde, on se protège, mais du coup on a tous des masques et on avance tous et personne n'est vraiment satisfait de la situation.
- Speaker #0
Cette pression de la performance dont parle Diane, je l'ai vachement vécue, surtout ces deux dernières années, à chaque nouvelle rencontre que je faisais. Comme je l'ai déjà expliqué dans ce podcast, dans le cadre de mes précédentes rencontres, j'avais tellement envie que ça marche à chaque fois, que je voulais absolument être parfaite pour plaire au mec en question, et pour pas qu'il parte. avant même de me demander s'il me plaisait vraiment, et jusqu'à aller jouer un rôle au final, en étant une autre version de Nayeli, une version modelée en fonction du mec en question. Et c'est là que la pression de la performance jouait un rôle à tous les niveaux. Il fallait que je m'intéresse à ce qui l'intéresse, il fallait que mentalement je corresponde à la meuf idéale pour lui, il fallait physiquement aussi que je corresponde à son idéal, mais vu que, comme pour moi, le sexe est aussi important que les sentiments, Il fallait que ça soit parfait aussi sexuellement pour le mec. Pour pas qu'il parte, il fallait que je sois sexy, il fallait qu'il ait envie de moi, il fallait que nos relations correspondent à ce qui lui plaisait, etc. Sauf que c'est un rôle, et le masque de la perfection que tu portes, au bout d'un moment, quand la relation devient sérieuse, il tombe.
- Speaker #1
Il y a un moment où il faudra faire tomber le masque. Si tu veux vraiment créer une relation intime, forte, qui dit connexion, dit vulnérabilité. Il n'y a pas de connexion sans vulnérabilité. On ne peut pas se connecter profondément si on ne se montre pas vraiment qui on est. Alors évidemment, ça ne veut pas dire qu'on doit donner tout de suite tous ses secrets et tout mettre à plat. Mais il y a un moment, au bout d'un moment, quand on sort un petit peu de la phase lune de miel, où c'est youp la boum, on s'éclate, on passe un peu dans les vrais trucs. là ça peut faire peur parce que est-ce que j'ai menti sur la marchandise ? On m'a déjà dit ça en consultation. Oui, mais en fait, au début, on faisait tout le temps l'amour. Et du coup, j'ai l'impression de lui avoir menti sur les marchandises. Alors, non seulement on n'est pas une marchandise, mais en plus, évidemment qu'il y a cette première phase où on a juste envie de plaire, on a envie d'être aimé. Et j'ai écouté dans ton épisode, justement, sur ce sujet de début de relation, on se travestit presque pour offrir une version aimable, parce qu'on estime que nous, on n'est pas assez. Et ça, c'est terrible. Et je pense que le... Travailler en thérapie psycho-sexo peut aussi aider à être soi-même et d'oser pouvoir l'exposer à l'autre. Peut-être que l'autre va dire « Ouais, mais moi, cette personne-là ne me convient pas. » Mais ça ne veut pas dire que tu n'es pas assez. Ça veut dire juste que ça ne convient pas. Et ça ne se passe pas non plus comme ça dans la majorité des cas. En général, il y a une co-construction avec l'amour comme socle et comme base.
- Speaker #0
Durant mon échange, avec Diane et Margot, il y a eu une réflexion très intéressante qui a été faite sur l'idée de normes. Parce que s'il y a une pression de performance, c'est parce qu'à la base, il y a une performance de référence à atteindre, une norme dans laquelle on essaye de se situer et de faire partie.
- Speaker #2
Très souvent, globalement, à les 50% de nos consultations, les gens viennent pour avoir une vérification et en fait, au-delà d'interroger la norme, ils s'interrogent pour savoir s'ils sont dans la norme. Et c'est ça en fait, c'est pas la question de la norme, c'est juste est-ce que j'y suis, est-ce que vous pouvez me rassurer ? Et moi je leur dis mais vous savez, les statistiques en sexo n'engagent que ceux qui y répondent. On sait très bien sur l'affirmatif, c'est du bluff en sexo. Il n'y a que vraiment un livre qui s'appelle Enquête sur la sexualité en France, mais bon, dont la dernière version date de 2006, où il y a eu 15 000 personnes qui ont répondu. Et là tu peux dire ok, fine, il y a des données intéressantes. Mais le reste, il y a R en fait.
- Speaker #1
Au-delà de ça, les statistiques, c'est très bien pour avoir une idée globale.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Dans les sciences humaines, la psychologie, la sexologie, les sciences humaines personnelles, le but, ce n'est pas de faire partie de cette norme-là. On a l'habitude, on adore les sondages, on adore les chiffres, on adore les stats. Mais une des stats qui a le plus paniqué tout le monde, c'est le français moyen. à trois rapports sexuels par semaine ? Alors déjà, je pense que c'est faux. Oui, c'est du mytho. Je pense que c'est du mytho. Et en plus, ça a paniqué les gens. Et surtout, est-ce que les gens qui ont trois rapports sexuels par semaine, pendant combien de temps ? Et surtout, pas le temps du rapport, mais sur combien de temps ça dure cette histoire ? Et surtout, est-ce que ça se passe bien ? Est-ce qu'ils prennent du plaisir ? Et il faut sortir en fait de... les statistiques quand on parle individuel.
- Speaker #0
C'est justement ce point que je voulais mettre en avant dans cet épisode. En sexualité comme en amour, il n'y a pas de normes, il n'y a pas de règles. C'est propre à chacun, à nos vécus, etc. Je voulais partager un exemple, si je peux dire ça comme ça, d'une de mes anciennes relations, dans laquelle on n'avait pas la même façon de se montrer nos sentiments et notre amour, mais on n'avait pas la même façon non plus de vivre la sexualité. Comme je l'ai dit avant, pour moi le sexe est hyper important dans mon couple. C'est un moment intime, de partage, de connexion, de passion, où tu te donnes à l'autre, de plaisir commun, etc. Du coup, pour résumer, j'ai envie de la personne vu que je l'aime. Sauf que ce gars en question ne vivait pas du tout la sexualité de la même façon. Il n'avait pas spécialement envie autant que moi, ou aussi souvent que moi. Même si je mettais un petit truc sexy par exemple. En fait, il ne donnait pas autant d'importance au sexe. Sauf que du coup, j'avais l'impression qu'il n'avait pas envie de moi, et que donc, par extension, dans mon chemin mental, il ne m'aimait pas vraiment, ou pas tant que ça. Ce qui a pu me faire perdre confiance en moi, au final. Alors que le truc, c'est pas qu'il m'aimait pas ou moins, c'est juste qu'il avait pas la même vision, les mêmes envies, ou les mêmes attentes que moi au niveau de la sexualité.
- Speaker #1
Pourquoi on a des attentes différentes ? Tout simplement parce qu'on est différents, parce qu'on n'est pas les mêmes personnes, on n'a pas la même... perception de la sexualité. On n'a pas la même éducation, on n'a pas la même vision, on n'a pas vécu les mêmes expériences dans la vie. Et donc, forcément, il y a un impact au niveau du désir sur différents points. Sur le niveau de désir, plus ou moins élevé, qui d'ailleurs fluctue en permanence. S'il y a vraiment un truc à retenir sur le désir, c'est que ça bouge tout le temps en fonction d'une tonne de facteurs. C'est pas une ligne droite. Le niveau de désir, le type de désir, Est-ce qu'il est plutôt spontané ? Est-ce qu'il est plutôt réactif ? Les envies, les attentes, les limites et, quelque chose que tu as très bien expliqué, la porte d'entrée. C'est-à-dire que pour toi, ta porte d'entrée, ça va être je vais mettre de la lingerie un peu mignonne, je vais aller le voir, ça va marcher. Peut-être, parce que si lui, il se comporte de la même manière, j'imagine pas qu'il ait mis de petites tenues à friolante pour toi, mais en tout cas, une entrée par le physique, par le visuel, ça marcherait pour toi. Mais en fait, chacun et chacune d'entre nous a une porte d'entrée différente. Il y en a, ça va être des... On passe un moment de complicité ensemble et puis ça va venir déraper. Il y en a une respiration ensemble, on se détend. Il y en a, ça va être direct, ils vont adorer qu'on leur touche les fesses, paf, sans demander, ça marche. Il y en a, ça va être des je t'aime. Et en fait, il y a plein de portes d'entrée différentes. D'ailleurs, Margot Fried-Filiozza, elle vient de sortir un livre qui sort aujourd'hui sur le sujet, qui s'appelle « Les cinq langages sexuels » . Ça va vraiment traiter de ce sujet-là. les différentes portes d'entrée. Et donc, pour connaître ces portes d'entrée, il faut en parler, il faut s'informer, il faut être curieux et il faut venir nous voir, nous, les gentils sexologues, qui sont prêtes à vous accompagner sur tous ces points.
- Speaker #0
Et alors, un point très intéressant qui a été soulevé par les filles, c'est qu'en plus d'être vécu personnellement selon chaque personne, La sexualité n'est pas vécue de la même manière chez les hommes que chez les femmes. Et ça, je t'avoue que ça m'a fait comprendre pas mal de choses sur mes anciennes relations.
- Speaker #2
La sexualité n'a absolument pas la même place chez les hommes et chez les femmes pour la simple et bonne raison qu'elle ne leur est pas transmise de la même façon. J'avais un prof en sexo à l'époque qui nous disait que la sexualité hétérosexuelle c'est la plus bordélique et la plus problématique. Parce qu'on n'est pas foutus pareil, on n'a pas les mêmes désirs qui s'extraient de la même façon. En gros, pour simplifier, pour schématiser, voire vulgariser, les garçons, et je parle vraiment de garçons, ils vont apprendre la sexualité comme étant, on va dire, une sexualité très hédoniste. Ça va être limite un art de vivre, quoi. Via la masturbation, notamment, et ils vont se masturber comme ils iraient manger une frite, tu vois. C'est-à-dire que, très jeunes, même dans la pop culture, dans les films, tu vois des films où on voit une chaussette sur la porte, où ils se masturbent et ils en parlent, et c'est totalement OK. Et même quand tu regardes, et sans mauvais jeu de mots, t'as littéralement le vocabulaire, le champ lexical, sexuel, masculin, qui pénètrent le champ lexical classique. On dit « fais pas ton branleur » , « c'est de la branlette intellectuelle » , enfin vraiment, ça pénétrait toutes les sphères de la société. Là où chez les femmes, on va leur apprendre la sexualité uniquement par le prisme conjugal, c'est-à-dire qu'on ne t'entendra jamais par l'aide de masturbation chez les femmes. Et encore une fois, en plus de ça, du conjugal, il faut qu'elles soient amoureuses, par le sentiment. Et ça recoupe une de tes premières questions. Donc ce qui se passe, c'est qu'à 13-14, t'as des gamins, des hommes, des jeunes garçons hétéros. qui vont se masturber et ça va être, à la fin, ils vont utiliser la masturbation pour à peu près tout et n'importe quoi. Je suis fatiguée, je me masturbe, je suis stressée, je me masturbe, je suis en colère. Enfin bref, ça va être un mode d'expression comme un autre. Et là où les femmes, en fait, on leur a appris qu'il fallait qu'elles se réservent avec la bonne personne, etc. Enfin, ouaf, à Walt Disney. Ce qui fait que les femmes vont, elles, in fine, classiquement, de façon très stéréotypée, vont pouvoir envisager la sexualité une fois adultes que lorsqu'elles ont coché toutes les caisses. Je me sens bien dans ma vie, je me sens bien dans ma peau, je suis pas fatiguée, je suis pas stressée. Et en fait, la sexualité, ça va être un truc en plus. Là où chez les garçons qui vont devenir des hommes, la sexualité, ça va être un truc classique du quotidien. C'est-à-dire qu'il y a souvent, c'est pour ça que des enjeux autour de la pornographie. Des femmes et des couples qui viennent nous voir en consultation en disant « Mais mon mari regarde du porno, ça ne se fait pas. » Parce qu'en fait, ils ont des approches de la sexualité diamétralement opposées. Et donc en fait, en gros, avec chacun, notre historique et notre rapport à la sexualité Où là, les femmes sont plus liées à l'amour, parce qu'on leur a dit qu'il fallait qu'elles soient amoureuses pour avoir les premières fois. Et les garçons, pour qui la sexualité, c'est plus un truc comme un autre. Je t'ai dit, tu fais ça comme tu te prends une frite. Mais en fait, c'est normal qu'une fois adulte, on ait des rapports à la sexualité, et par extension au sentiment qui était ta question initiale, complètement différents. Mais ça, c'est de façon très stéréotypée, de façon très schématisée. Après, effectivement, t'as la question de la norme qui vient d'autant plus, quand t'as des femmes qui ont plus de désirs que les hommes. En disant, mais il y a un bug dans la matrice, en fait. Et là, non, parce qu'effectivement, il y a ce qu'on leur a transmis au départ, mais après, il y a leurs propres expériences, ce que Diane expliquait après, les altérités, toutes ces choses-là qui vont venir se greffer et qui vont peut-être influencer la balance. L'autre n'a pas la même place, en fait. C'est-à-dire que l'autre, avec un grand A, tu vois, en fait, chez les femmes, encore une fois, je caricature, mais c'est vraiment la poursuite du discours d'un couple. Et ça se voit, tu vois, les femmes, pour qu'elles puissent avoir du désir, il faut que la charge mentale soit réglée, enfin bref, il y a tout un tas de choses qu'on voit en consultation. Là où chez les hommes, l'autre, en fait, on s'en fout, tu vois. Enfin, c'est pas qu'on s'en fout, mais c'est que la sexualité est une façon pour eux de se décharger de leurs émotions.
- Speaker #1
Ouais, après, je serais pas... Aussi tranchée que toi, Margot, sur la différence homme-femme, même si je comprends et je pense que c'est quand même des tendances qu'on retrouve. Et surtout, j'ai surtout le sentiment que, en fait, quand on creuse un peu, les hommes aussi ont désespérément besoin profond de plus de connexion et d'émotion. Mais ils ne sont pas forcément capables d'aller chercher ce besoin-là. et donc de se montrer vulnérable, et donc de se montrer, entre guillemets, moins homme. Et je pense que c'est dommage, et que finalement, aborder la sexualité de cette manière-là, c'est encore une fois une manière de se protéger, et de rentrer aussi dans les codes qu'on retrouve dans la pornographie, qu'on trouve dans « tu seras un homme, un vrai » , etc. Et pour refaire le lien avec le fait de dire aux garçons vas-y, fonce, avance, et de l'autre côté, comme tu disais, Margot, Ophi, tiens-toi, prends pas trop de place, préserve-toi. À la fin, on a des personnes qui se retrouvent en couple, et avec un qui a l'habitude d'appuyer tout le temps sur l'accélérateur, donc il a un accélérateur hypersensible, et l'autre qui a l'habitude d'appuyer tout le temps sur le frein, donc avec un frein hypersensible. Et là, l'écart de désir vient se creuser.
- Speaker #0
Ça me tenait vraiment à cœur de traiter ce sujet en épisode, et je suis vraiment contente d'avoir pu te faire découvrir Margot et Diane. En fait, pour l'avoir vécu, en sexe et en amour, et les deux ensemble, il peut y avoir beaucoup de blocages ou de situations qui, à terme, ont de réels impacts sur la relation et sur nous-mêmes. Et pour pallier ça, il faut essayer de comprendre comment on fonctionne, comment l'autre fonctionne, prendre conscience et accepter que les fonctionnements et manières de penser peuvent être différentes, Il faut essayer de déculpabiliser si la personne en face n'a pas la même façon de vivre et d'exprimer ses sentiments et sa sexualité. Ça ne veut pas forcément dire qu'il y a un problème, ni que tu es le problème. Et en plus de se comprendre soi-même et l'autre, il faut communiquer.
- Speaker #1
Comment aborder ces différences de désirs sans briser l'équilibre émotionnel du couple ? Et je trouvais que justement, aborder ces différences de désirs... de sexualité, de fonctionnement, c'est précisément renforcer l'équilibre émotionnel du couple. Si on parle, qu'on se met en équipe, alors on peut tout affronter ensemble. Et ce qui casse au contraire cet équilibre, c'est d'être chacun, chacune de son côté, avec ses souffrances, ses croyances, ses perceptions de l'autre, sans pouvoir en parler. Et ce qui est chouette, c'est qu'il existe maintenant. plein de littérature qui n'existait pas avant. Il y a plein de livres chouettes. Il y a plein de podcasts. Il y a les sexologues comme Margot et comme moi, on est là pour ça. Et donc, il ne faut pas hésiter. Les sexologues, ce n'est pas des personnes qui reçoivent juste des couples qui sont ensemble depuis 10 ans et qui veulent pimenter leur vie sexuelle. Moi, la personne la plus jeune que j'ai eue, elle avait 19 ans. On a des couples aussi hyper jeunes. et donc voilà faut pas se tourner dans sa roue de hamster en disant merde y'a un problème, y'a un problème, je sais ce que c'est mais je sais pas ce que c'est mais je continue à courir écoutez-vous suivez votre instinct, faites-vous confiance et actionnez ce qu'il faut pour avoir une vie sexuelle épanouie et une vie de couple épanouie et une vie amoureuse épanouie parce que vous le méritez en fait ça se travaille l'amour Oui,
- Speaker #2
et ça c'est hyper important, et pas plus tard qu'hier, c'était le cas plusieurs fois dans mes consultations, on a tendance à penser qu'une fois qu'on est en couple, c'est pas que c'est fait, mais des fois on se permet des trucs avec sa moitié qu'on ne se permettrait pas avec nos potes. Genre pisser la porte ouverte. Alors moi je suis très pudique, mais il ne faut pas oublier que l'amour ça se travaille, ça se travaille comment ? En cultivant la séduction. Pour moi, la séduction, c'est vraiment le lien entre le désir et l'amour. On oublie trop souvent la séduction, on a tendance à que la laisser au premier temps de la relation. Et en fait, la séduction, c'est ce qui va permettre de reprendre mon charbon ardent. Ce truc qui va continuer et faire en sorte qu'au bout de 10 ans, 20 ans, c'est normal d'avoir du désir pour d'autres personnes, ça arrive, c'est sain en fait, on est des êtres humains. Mais par contre, c'est important aussi de cultiver ça dans sa relation. Parce qu'en fait, on aura beau changer les partenaires, une fois que la... La phase de lune de miel sera passée, on retombera dans nos travers. Et vraiment, ne pas oublier de travailler le couple. La séduction, c'est pour moi le plus important.
- Speaker #0
J'espère que cet épisode et le sujet abordé t'ont plu. Encore merci à Margot et Diane que tu peux retrouver sur le compte Instagram basium.podcast et que tu peux retrouver et écouter sur toutes les plateformes d'écoute avec le podcast Basium. Comme d'habitude, je te donne rendez-vous dans deux semaines pour un nouvel épisode. D'ici là, prends soin de toi. A très vite. Amoureusement vôtre.