- Speaker #0
Désir d'enfant, conception, grossesse, naissance et premier mois, nos invités nous racontent leurs petites et grandes histoires dans Aternité. Aternité, c'est le podcast autour de la naissance, de la paternité et de la maternité. Je suis Clémentine, et lui, c'est Marc.
- Speaker #1
On sait comment naissent les bébés, mais comment naissent les parents d'aujourd'hui ? Parce qu'il y a autant de réponses qu'il y a de parents, on vous propose de revenir sur ces chamboulements avec certains d'entre eux. Voici leur histoire. Merci.
- Speaker #2
Récédemment, dans Aternité, on a parlé de ma grossesse, des premières années du Petit Prince, de notre rencontre et de notre relation.
- Speaker #0
Très très beau résumé. En parlant de votre relation, à qubenuel moment vous vous êtes dit que c'était le moment pour que Vincent rencontre le Petit Prince ?
- Speaker #2
Ça a été assez vite, puisque Vincent a rencontré mon fils. trois semaines ou un mois après notre rencontre à tous les deux, Vincent et moi. Et est-ce qu'on en a vraiment parlé ? On n'en a pas parlé. On n'a pas vraiment maturé. En fait, donc Vincent savait évidemment que j'avais un enfant, que je vivais, il connaissait tout. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'évidemment, j'avais envie de présenter Mon fils a Vincent parce que je suis Coralie, mais je suis aussi Coralie, la maman de mon enfant. Et en fait, c'est arrivé parce qu'avec une histoire de maniettes.
- Speaker #1
De maniettes ?
- Speaker #2
De maniettes, ouais. En fait, sur le frigo, avec mon fils, on avait écrit des petits mots avec des lettres, tu sais, maniettes. Et un jour... Vincent était venu mon fils s'arrête devant le frigo il me dit mais maman t'as changé les lettres bah non j'ai pas touché il me dit bah c'est pas moi il me dit y'a quelqu'un qui est venu perspicace quand même très observatoire je me suis dit bah oui y'a quelqu'un qui est venu c'est mon amoureux pour lui c'est assez abstrait la notion d'amoureux tu vois à 6 ans non Il dit ah oui, tu voudrais le rencontrer, tu voudrais le connaître, tu voudrais qu'il vienne à la maison. Oui. Bon. Et en fait, ça a été vraiment le déclencheur parce que c'est pas que j'étais frileuse. Je savais que ça passerait bien, tu vois, Vincent, la personne que je découvrais. son intérêt aussi sur mon fils en fait, il posait beaucoup de questions tu vois et je me suis dit c'est peut-être le... il n'y a pas de moment idéal en fait parce que c'est lié mais je savais que Vincent était le bon je savais qu'on irait certainement loin ensemble et j'en ai discuté avec une amie Auriane si tu passes par là on l'embrasse je t'embrasse J'en ai discuté avec une amie qui m'a vraiment... En fait, j'étais sur le doute. Je m'étais dit, je vais le présenter. J'en ai parlé à mon fils, mais à un moment, j'ai eu un doute en me disant, mais peut-être que c'est trop tôt, peut-être qu'il ne faut pas, peut-être que tu as toute la question. Et elle m'a dit, écoute Coralie, il n'y a pas de bon moment. Si tu sens que c'est maintenant, c'est que c'est maintenant. Il n'y a pas... C'est tout, ça passe, et très optimiste, ça me dit que ça passera, ou ça casse, mais au moins, tu t'es fixée sur ce qui va se passer. Et effectivement, ça s'est très bien passé. Et ça a été, pas magique, mais vraiment l'idéal. La rencontre idéale entre Vincent et mon fils, qui ont été un peu timides tous les deux.
- Speaker #0
Et toi Vincent, tu le savais à l'avance que tu allais le rencontrer ?
- Speaker #3
Tu sais, à l'avance, quelques jours auparavant, elle m'a dit que le week-end où tu viens, c'est un week-end où j'ai mon fils avec moi, donc tu vas le rencontrer.
- Speaker #1
Et tu es allé pour le week-end ?
- Speaker #3
Moi, j'y suis allé. C'est engageant.
- Speaker #1
Tu t'es dit que c'est quand même engageant, je vais le rencontrer un week-end entier.
- Speaker #3
Non, je ne suis venu qu'un jour.
- Speaker #2
Tu es venu une journée.
- Speaker #3
D'accord, très d'abord, une journée. Je ne vais pas dormir à la maison pour le premier. Si ?
- Speaker #2
Oh mon dieu mais quelle mémoire d'éléphant
- Speaker #3
Désolé on va la refaire
- Speaker #2
Il devait venir simplement une journée Vincent on allait le chercher à la gare il venait en train et il devait passer la journée même l'après-midi simplement et au moment de la fin d'après-midi j'ai dit à mon fils, j'ai dit ben écoute Vincent va devoir repartir il doit reprendre le train mon fils m'a entraîné, on a une penderie Il me dit vraiment, il me dit, mais pourquoi il ne dort pas ici ?
- Speaker #1
Ah, c'est hyper mignon.
- Speaker #2
Et je me suis dit, alors ça va faire un long petit tour là, mais en fait, dans mon appartement, il n'y a qu'une chambre. Donc, il y a mon lit, le lit de mon fils. Et en fait, petit prince a très peu dormi dans ce lit pendant les trois années où on était dans l'appartement parce qu'on faisait du coup d'odo. Voilà, c'était... On était vraiment fusionnels. Et je lui ai dit, écoute, il y a mon lit et ton lit, donc où est-ce qu'il peut dormir ? Moi, je dormirai dans mon lit et toi, tu dormiras dans ton lit. Et tu vois, c'est vraiment lui qui a dit... Voilà, je veux qu'il soit là, je veux qu'il reste plus longtemps et j'accepte, en tout cas je fais le pas d'aller dans mon lit et d'intégrer Vincent dans... Ouais, et j'ai été très touchée et ça s'est très bien passé, donc Vincent a fait le week-end avec nous.
- Speaker #1
T'appréhendais cette rencontre ?
- Speaker #3
Oui et non. J'appréhendais un peu parce que je me suis dit, si l'enfant n'est pas forcément en accord avec ma présence, ça va être un peu plus compliqué. Et au fond, je savais aussi que Coralie était la bonne. Je me suis dit vraiment si c'est la perle rare. Et clairement, je me suis dit si... Si son enfant manifeste une certaine, pas hostilité, mais un certain mal-être. Moi j'avais vraiment cette peur-là. Et en même temps... Je savais aussi que je m'entends bien avec les enfants. J'ai quand même un bon feeling de part aussi mon métier. Et très rapidement, tout de suite, ça a matché. Elle est très bien entendue.
- Speaker #1
Et justement, ton métier là-dedans, tu penses que ça a aidé ?
- Speaker #3
Totalement. C'est un plus parce que quand je l'ai rencontré, il avait 6 ans. Et moi, c'est vraiment la tranche d'âge. 6-12 ans, c'est vraiment la tranche d'âge dont je suis le plus habitué. Et donc... Je ne vais pas dire que je connais toutes ses réactions et je vais pouvoir les appréhender, mais disons que je sais à peu près en globalité ce qui les intéresse à cet âge-là. Comme a pu dire Coralie juste avant, j'ai posé énormément de questions aussi. Je me suis beaucoup intéressé à lui, de savoir ce qu'il aimait, ses centres d'intérêt. Donc tout de suite, on a eu des points d'accroche. Je ne suis pas arrivé... Je ne l'ai pas pris pour un bibelot dans un coin. Je pense avoir investi la relation avec lui. Et c'est ça aussi qui a fait que ça a fonctionné. Donc les premiers temps, on s'est vus de manière épisodique, comme ça, les week-ends où il était là. Et puis on lui a posé la question à un moment donné, est-ce que tu souhaites que Vincent vienne vivre chez nous ? Qu'il soit là tout le temps,
- Speaker #2
qu'il reparte le 20 mai.
- Speaker #3
Voilà. Et il était en accord avec ça aussi. Donc on s'est dit, fin juin... En juin, c'était le bon moment. Et l'été, on va voir l'été comment ça se passe. Moi, j'ai trouvé un travail saisonnier comme animateur sur Castres pendant deux mois. Et c'était un peu le test. On va voir comment ça va se passer. Lui, il est en vacances. Donc, il y a vraiment ce côté, il est là une bonne partie du temps. Et puis, on va voir comment ça se passe. Et ça s'est tellement bien passé que je ne suis pas reparti. Je suis resté à Castres.
- Speaker #1
Magnifique. Est-ce que vous aviez discuté en amont du rôle que tu pouvais avoir, Vincent, auprès de...
- Speaker #3
ou même pendant est-ce que vous avez discuté non pas du tout vraiment pas du tout c'était au feeling et même moi je me suis pas posé la question surtout parce que ouais il y avait pas d'idée en fait de mettre
- Speaker #2
une étiquette sur Vincent et mon fils le présentera aussi beaucoup comme ça c'est l'amoureux de Coralie l'amoureux de maman et il a été présenté comme ça et en fait au début vu que c'était assez épisodique il a eu le temps tu sais de mais De se faire une place mais pas vraiment définie par un cadre, tu vois, c'est pas le beau-père, c'est pas le coparent, c'est pas le... Et en fait, on n'a pas... Je ne vais pas demander. Il n'a pas de mission. Il n'a pas un...
- Speaker #1
Il n'y a pas de rôle à titrer.
- Speaker #2
Non, ce n'est pas encadré. Il doit faire ça, il ne doit pas faire ça. Je lui demande de... Non, non, c'est vraiment... Et même, je pense qu'on ne saurait même pas... On n'aurait même pas su définir, même moi, pour qui c'est nouveau, en fait. Je n'ai jamais été célibataire avec un enfant.
- Speaker #3
et qui a un nouvel amoureux donc je ne savais même pas dans quel cadre ça allait évoluer c'est vrai que ce rôle là il n'y a pas une fiche de poste je ne suis pas arrivé avec les clés en main et il fallait que j'apprenne d'emblée pour moi je ne pouvais pas me dire c'est mon beau-fils ou je suis son beau-père ça n'avait pas de lien c'est vrai que le mot beau-père ne me plaît pas c'est pour ça que j'ai écrit sur Instagram ce terme de coparent que... Coralie m'a appris, puisque je ne le connaissais pas. Et même maintenant, à l'heure actuelle, je ne saurais pas vraiment définir mon rôle. Et c'est des moments d'introspection intense chez moi, qui peuvent mener à quelques petites discussions pas houleuses, mais qui sont un peu animées. Parce que souvent, j'ai ce... Ce truc en moi de dire mais qu'est ce que je lui amène en fait ? Je lui amène rien.
- Speaker #1
Aujourd'hui que tu lui amènes rien ?
- Speaker #3
Non, bien sûr que non. Mais des fois, j'ai une conscience en moi qui est assez relative aussi sur certains points. Et souvent, en fait, c'est pas par condescendance de dire je lui amène rien. Non, au contraire, c'est plus. Mais qu'est-ce que je lui apporte ? Il a un papa, il a une maman. Je n'ai pas le sentiment, à part de jouer avec lui, qu'est-ce que je lui apporte ? Et en fait, non, en y réfléchissant, je l'aide à grandir aussi sur beaucoup de points. J'ai l'impression d'être... Mon père a tout à fait résumé il y a deux jours quand on était chez eux. Il m'a dit, rien que le fait que tu sois là, d'être dans sa vie, tu lui apportes quelque chose. Et j'ai fait... Le padré. C'est bon. C'est incroyable. Mais voilà, c'est vrai que... Maintenant, oui, effectivement, je me rends compte que... Mais je sais que je suis encore aussi très craintif, très sur la réserve avec lui, sur beaucoup d'aspects, notamment l'émotionnel, notamment l'affectif. Là, il y a deux jours, spontanément, il m'a fait un câlin. Et j'ai été le premier surpris et je n'ai pas su comment vraiment réagir. Il y a quelques semaines de ça, un soir, c'est moi qui le couchais parce que Coralie travaillait avec ses petits jumeaux. Elle devait les garder, Gabriel et Alban. Et c'est moi qui couchais Petit Prince. Et je lui ai dit pour la première fois que je l'aimais, que je lui ai dit que je l'aimais fort, que j'étais là pour lui, qu'il fallait qu'il soit rassuré, qu'il puisse bien dormir. Et Petit Prince a une réponse incroyable. Il m'a dit, bah ouais, je sais. Je me dis, comment ça ? Tu sais que c'est la première fois que je te le dis. Il me dit, mais oui, mais tu es gentil avec moi, tu le dois avec moi, tu es là. Donc oui, je sais que tu m'aimes.
- Speaker #1
Et ça répond à tes questionnements sur ton rôle ou sur ta place ? Je ne sais pas si on peut...
- Speaker #3
Ça répond en partie parce que je me dis qu'effectivement, c'est à sa manière à lui aussi de m'exprimer son affection et son amour. Mais c'est vrai qu'il y a une part de moi où je m'interroge des fois, où je me dis est-ce qu'un jour il me dira lui aussi qu'il m'aime ? Il y a des moments comme ça où c'est très... Et puis je me dis peut-être que je ne suis peut-être pas le bon. Il y a des fois où j'ai des moments de faiblesse où je me dis, mais si ça se trouve, je ne suis pas un coparent exceptionnel non plus. Mais par contre, une chose très importante, je sais que je ne suis pas son père. Je ne prendrai jamais la place de son père. Et j'essaye dans le quotidien de ne pas avoir cette place-là.
- Speaker #0
C'est quoi la différence pour toi ? Non, c'est dégueu.
- Speaker #3
C'est de la compétence.
- Speaker #0
Il n'y a rien qui est écrit.
- Speaker #2
Oui, oui.
- Speaker #0
C'est tard. C'est quoi la différence entre un père et une figure...
- Speaker #3
Détachement, oui.
- Speaker #0
Oui, détachement.
- Speaker #3
En fait, le... Ce qui me dérange dans le terme beau-père, déjà, je sais que c'est moyen âgeux, mais déjà, il y a cette question de beau-père et que du coup, peut-être que l'autre n'est pas si beau que ça, etc. Il y a un aspect un peu...
- Speaker #1
Moi, j'avais une belle-mère, elle était à chier, moche. Si tu nous entends, Nadine,
- Speaker #3
je te déteste.
- Speaker #0
On ne va pas commencer à parler de Nadine. C'est encore...
- Speaker #1
C'est pour ça que j'ai eu peur.
- Speaker #3
Tu as beaucoup de choses à dire. Mais effectivement, là, il y a ce côté un peu, j'ai... Je n'ai pas envie qu'il y ait un côté tout blanc, un côté tout noir, un côté... Moi, je veux être une nuance là-dedans, je veux être nuancé. Mais c'est vrai que, du coup, vu que rien n'est écrit, et rien... Des fois, je marche sur des oeufs. Je ne sais pas trop ce que j'ai le droit de dire ou pas dire. Je ne sais pas ce que j'ai le droit d'amener en termes d'éducation. Il y a des choses, en termes d'éducation propre... dont je ne suis pas du tout habitué, on va dire. Moi, j'ai toujours été éduqué dans un sens un peu vertical, clairement. Où voilà, c'est les parents qui décident, qui te disent, c'est comme ça et point, en fait.
- Speaker #0
C'était normal.
- Speaker #3
C'était la norme, c'était la norme. Et ça a toujours été comme ça. Et je m'en suis plutôt bien sorti, j'ai l'impression. Mais c'est vrai que Coralie a cette relation avec...
- Speaker #0
Petit prince.
- Speaker #3
Horizontale. Où elle va vraiment le prendre comme un individu apparent. J'étais considéré comme un individu interne avec mes parents aussi, j'imagine, mais disons que j'avais moins le droit de dire certaines choses, je pense. Alors que là, son fils a le droit de s'exprimer régulièrement. Et voilà, il y a des choses sur lesquelles, moi, je tique un peu. Je me dis, mais attends, mais ça, je ne ferai pas comme ça. Et je ne dois pas justement dire, alors moi, de mon temps, ça fait vraiment le vieux con et je sais que je n'ai pas à faire ça. Donc, des fois, je ronge mon frein. Il y a des choses qui sont compliquées et notamment dans la frustration et dans la colère que peut avoir son fils. Je dois apprendre à ne pas le prendre personnellement et ne pas agir en neurone miroir et à ne pas m'énerver à mon tour et à escalader. Donc j'essaye de m'extirper, de souffler et de revenir. Sauf que j'ai un gros défaut, c'est que quand je fais ça, je me referme. Et j'ai une tendance, la loi du silence. Je me renferme et j'érige une... Une muraille, mais plus que la muraille de Chine, on peut l'avoir sur la lune, clairement. Et vraiment, c'est très compliqué après pour me faire revenir. Et ça, c'est mon défaut principal. Je sais que c'est compliqué à ce niveau. Je me referme dans ma coquille parce que je suis blessé, parce que je suis triste, parce que je ne sais pas comment agir. Et ça arrivait deux, trois fois avec son fils. Ça prend tellement dans l'émotionnel. et je veux pas exploser et hurler et dire des choses que je pense pas ou dépasser les bornes parce que je veux pas que ton inquisite mince mais en fait il est pas si gentil que ça et en fait c'est pas une si belle personne au final et voilà alors que j'essaie en plus paradoxalement il peut se permettre d'exploser dans l'émotionnel parce qu'il sait que je l'aimerai toujours au final. Ça, c'est ce que m'a expliqué Coralie, parce que je suis un bon élève. Mais voilà.
- Speaker #1
Il y a quand même une communication. Même après, en fait, souvent, on l'entend beaucoup en ce moment, on a le droit d'être en colère, on a le droit de l'exprimer. Par contre, ce qui est bien aussi, c'est d'expliquer les choses après. Garder une communication positive avec son enfant.
- Speaker #3
Et ça, j'ai encore du mal, des fois, à... Merci. Peut-être que je suis aussi très rancunier comme personne et susceptible. Mais c'est vrai que comme si le dernier été, deux heures après, alors qu'il a explosé et qu'il est passé à autre chose, il est passé à autre chose totalement. Et moi, j'ai du mal à être naturel, à revenir. Et lui voit bien que du coup, je ne suis pas comme avant et qu'il fait tout pour que je revienne. Et ça me fait mal au cœur de fois parce que je me dis réagis bon sang, réagis, réagis et puis après ça revient. Mais il y a des moments comme ça où ce n'est pas simple.
- Speaker #1
Je comprends.
- Speaker #0
Ma question de base, c'était c'était quoi la différence entre le père et le coparent ? Le père c'est écrit.
- Speaker #3
C'est ça.
- Speaker #0
Et le coparent, c'est... En fait, c'est un rôle que vous écrivez à trois.
- Speaker #3
C'est ça, en fait.
- Speaker #0
Même à quatre.
- Speaker #1
Oui, mais alors attendez, parce qu'il y a aussi des pères qui sont des coparents. Enfin, moi, j'estime que je suis père et je suis coparent, parce qu'il y a ce côté équipe. En fait, moi, le côté coparent, c'est le côté coopératif du rôle de parent.
- Speaker #0
Et s'en occuper aussi dans la vie de tous les jours.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, tu peux être père et ne pas t'en occuper. et un coparent en fait on parle de, selon moi de coparent quand le parent prend sa place oui et puis t'as aussi le fait que ce soit comme tu dis une équipe en fait c'est pas le père,
- Speaker #2
la mère dans mon idée souvent c'est ça, t'as papa maman d'un côté, t'as rarement les deux ensemble qui font front et en fait là dans notre relation à tous les deux c'est vrai qu'on est bon Vu la configuration, c'est vrai que la chef de la maison, c'est moi.
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #2
bien sûr. Mais c'est vrai que Vincent est là. Je sais qu'il est là, même s'il ne va pas s'exprimer. il y a quelqu'un à côté de moi. Et c'est au même moment. C'est pas va voir ton père, va voir Vincent. On est là en même temps quand il y a un problème ou pas de problème, justement.
- Speaker #0
Et du coup, Vincent, quelle est ta place dans le quotidien avec le petit prince ?
- Speaker #3
Alors, quelle est ma place ? J'essaye d'être... à la fois cool et distrayant, j'espère, dans le sens où on joue régulièrement. Enfin, je sais que je suis quelqu'un, une personne de ressource pour ça, pour jouer, que ce soit aux jeux de vidéo, puisqu'on adore Zelda, Mario, etc. Mais aussi pour taper dans le ballon, pour faire des batailles de guillis, etc. Je vois quand même une... Je ne dis pas une amélioration, mais une évolution, une progression, où au début, il n'y avait aucun contact physique, avec très très peu. Ouais, parce que c'est quelqu'un qui n'est pas très tactile et moi pas tant non plus. Et peu à peu, il s'est mis à me prendre la main quand on marchait dans la rue. Puis il a commencé à initier des petites parties de bagarre, des petites parties de guilis qui font que c'est à sa manière à lui aussi de me faire des câlins. Et on est maintenant dans ce côté tactile. Mais pour autant, on ne va pas se faire des bisous. On n'est pas dans un débordement de tendresse non plus. On est dans un peu ce côté. Il est peut-être aussi pudique. C'est un petit garçon, il n'a peut-être pas envie de montrer ses émotions.
- Speaker #1
C'est possible.
- Speaker #3
De manière générale, il ne montre pas trop ses émotions aussi, je pense. On l'a vu avec André. Voilà, il est très... Mais c'est vrai qu'il s'exprime de plus en plus avec moi. Et du coup, il ose aussi... les bonnes émotions comme les moins bonnes. Et c'est vrai que quand il explose et qu'il va me dire t'es méchant parce que j'ai eu le malheur de le laisser gagner à un jeu de société, parce que j'ai pas triché pour une fois, et que du coup il explose parce que mon dieu, je suis la pire personne sur Terre, je le vis très mal, et en même temps je me rends compte que c'est sa manière à lui de me dire je tiens à toi Donc non, maintenant mon quotidien, je le trouve de plus en plus... facile, il y a encore certaines choses sur lesquelles j'ai du mal à lâcher prise peut-être sur des choses, parce que j'ai été inculqué comme ça, sur le fait qu'à table je souhaite rester voilà, le fait de rester à table quand on mange quelqu'un qui est assez libre de ses mouvements qui va bouger, qui revient, qui repart et ça c'est des choses je ne dis rien des points sur l'éducation C'est des petits points sur l'éducation où je me dis, je n'ai pas ma voix au chapitre lorsqu'il a été éduqué comme ça et que ce n'est pas pour autant qu'il est mal élevé. Mais c'est vrai que moi, j'ai été éduqué autrement et je me dis que si j'avais un enfant avec Coralie qui vient de moi, peut-être que l'éducation serait différente. Et en même temps, je me pose la question, je me dis pourquoi j'ai dû créer différemment au final et pourquoi je ferais une distinction entre le... Voilà, en fait ça serait étonnant Pourquoi il y aurait cette distinction là
- Speaker #1
Mais en même temps C'est difficile comme question Il y a peut-être aussi cette idée Que ça donne vaut au chapitre Cette fois-ci parce que Ton enfant Génétiquement, biologiquement
- Speaker #2
il aura été là depuis le début c'est ce que je lui dis souvent c'est ton enfant légalement en fait parce que c'est plutôt ça même le fait d'arriver ta vie avec mon fils ça fait moins d'un an que t'es copain et c'est ce que je te dis souvent quand il y a des difficultés je dis moi ça fait 7 ans que je suis maman donc j'ai un entraînement de 7 ans j'ai mes règles depuis 7 ans c'est vraiment c'est vrai et Vincent arrive là-dedans et il doit intégrer tout ça moi je fais la distinction mais tu n'as pas d'enfant donc c'est vrai que tu vas forcément te référer à ton éducation parce que t'as que ce repère là moi je me repère beaucoup à l'éducation que je peux donner à mon fils et en général je ne me réfère pas beaucoup à mon éducation mais c'est vrai que c'est difficile aussi quand t'arrives auprès d'un enfant d'intégrer l'enfant dans son intégralité, avec, comme tu dis, toutes les émotions par laquelle il passe, les règles, sa façon de se comporter, sa façon de parler, et de tout de suite te dire, bon, il faut que je le dise, oui, j'accueille ta colère, oui, tu as le droit d'être... Non, des fois, c'est épidermique, tu ne peux pas, parce que tu n'as pas l'expérience, tu n'as pas la résistance à ça non plus.
- Speaker #0
Ou la résilience.
- Speaker #3
C'est OK.
- Speaker #2
Oui, c'est OK aussi.
- Speaker #3
J'ai aussi le... J'ai aussi le référentiel du boulot. J'ai aussi ce côté-là professionnel, où dans l'éducation spécialisée, avec mes jeunes, il y a aussi des règles à respecter. Et peut-être qu'on est un peu plus dur aussi, peut-être, à ce niveau. On est moins... La relation verticale, elle y est en plein, parce qu'il y a des choses aussi où on doit être un peu plus contenant. Peut-être dans leur... Parce qu'ils en ont peut-être aussi besoin, je ne sais pas. Et je ne dois pas faire un transfert aussi de mon boulot à la maison. Ce n'est pas simple. Mais tout ça, c'est vrai que...
- Speaker #0
je chemine et en même temps je découvre chaque jour est un nouveau jour et donc quelle est la place de chacun dans ce trio avec toi Coralie, toi Vincent et le père du petit prince petit prince je l'ai dit,
- Speaker #2
elle est là avec nous une semaine sur deux Et en fait, depuis ma séparation, le papa de mon fils a décidé que chaque semaine, si mon fils est chez lui, il n'y a pas de contact entre mon fils et moi. Il n'y a pas de téléphone, il n'y a pas d'appel, il n'y a rien du tout.
- Speaker #1
C'est quelque chose qu'il a décidé ?
- Speaker #2
Oui, actuellement, oui. Ok.
- Speaker #1
Et sans te consulter,
- Speaker #2
du coup ? Non. Ok. Oui, parce que pour lui, alors comme c'est celui qui a été quitté, je pense qu'il avait beaucoup de colère. beaucoup de rancune et en fait une séparation que je pensais être que j'aurais aimé être intelligente où on a un contact et voilà on fait une semaine sur deux c'est pas ce qui s'est passé en fait donc on a fait un jugement je pensais qu'on passerait sans jugement en fait que ce serait cordial et non c'est pas plus mal qu'un jugement c'est ce que je me dis aussi maintenant et en fait donc Si on part sur l'historique, Petit Prince et moi on est très fusionnels parce qu'il y a un moment, une semaine avant la naissance de Rue Petit Prince, j'ai appris que je n'étais pas la seule amoureuse du papa de mon fils. Donc, ça a été l'élément déclencheur. de la relation très très collée. Mon fils et moi. Au moment de la séparation, le papa de mon fils m'a beaucoup reproché ce fait-là, d'être très fusionnel, d'être en coudeau-deau à l'êtrement. On était en vase clos et petit prince et moi étions un duo, puisque le troisième élément du trio avait décidé qu'il y avait autre chose à faire à côté. Et au moment de la séparation, je pense qu'il a voulu vraiment couper net ce lien de... mère-enfant, pour récupérer sa place, de vraiment s'intégrer dans la vie de son fils en coupant quelque chose qui était là depuis trois ans, où c'était vraiment le cododo, etc. C'était quelque chose d'établi et qui a été coupé très net. ça fait des dégâts forcément. Et donc voilà, le pourquoi du comment. Une semaine sur deux, nous n'avons pas de contact, donc on disparaît. Je disparaissais de la vie de Petit Prince pendant une semaine, et je revenais, et c'est toujours le cas en fait. Petit Prince n'a pas de nouvelles de nous. On lui raconte nos semaines, etc. Depuis qu'un instant il est là. Pendant une semaine. Donc en fait, il a vraiment deux vies séparées. La vie chez son papa. Où il a tout sa jouée. Il a double côté, ça c'est l'avantage aussi. Il a ses activités, il a ses affaires aussi chez son papa. Il tient beaucoup à ses affaires, ses vêtements. Il n'y a rien, il n'y a pas de jouets qui s'échangent, il n'a pas de petite valise. Et à la maison, malheureusement, il n'a pas non plus de contact avec son papa qui a décidé que lui non plus n'aurait pas parce que c'était trop difficile pour lui.
- Speaker #1
Ah donc en fait, les décisions à chaque fois, c'est lui ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
que chez lui, ça ne communique pas. Il a décidé que ça ne se ferait pas. Et pareil pour chez toi ?
- Speaker #2
Je l'avais proposé, en fait, parce qu'au début, mon fils réclamait pour appeler son papa pour avoir un contact. Et en fait, le papa ne répondait pas, en disant que c'était trop dur pour lui. Et ça, c'est vrai que c'est assez dur. J'ai trouvé... Le... Ouais, le...
- Speaker #1
Parce qu'en fait, c'est le petit prince qui en bâtit.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Et je sais que toute cette histoire, tout cet environnement, influe beaucoup sur la relation que je peux avoir à mon fils. et l'arrivée de Vincent dans ce duo, c'est aussi quelque chose qui vient équilibrer. Tu vois, j'en doutais pas, mais qui équilibre aussi. Ça a kiffé qu'il y a toujours ce lien très fort entre nous. Et maintenant, c'est vrai que... C'est mieux réparti en fait. Le dynamisme, c'est plus réparti. J'ai Vincent comme coparent qui, à un moment donné, va trouver que tu pousses un peu les limites là. C'est un petit peu dur malgré le fait que tu sois adorable. Tu parles pas très bien de ta maman.
- Speaker #3
Des fois, c'est vrai que le petit prince a tendance dans le verbal à être vindicatif, à reprocher énormément de choses et quand je l'entends, j'ai l'impression que c'est pas lui qui s'exprime mais c'est la voix du paternel derrière et ça, ça me dérange en fait. Ça me dérange profondément parce que voilà, c'est pas lui. J'ai l'impression après, je me trompe peut-être. Donc c'est vrai que des fois, là, je me permets de dire écoute, là par contre, je trouve que c'est limite et et Donc je m'octroie ce droit des fois de recadrer ou de le rassurer aussi, d'intervenir tout simplement, de lui dire mais attends. C'est vrai que son fils a cette, c'est pas une problématique, mais cette peur de ne pas être capable de faire ce qu'il veut. Dès qu'il ne voit plus Coralie dans son champ de vision, je pense que pour lui, elle a disparu une semaine. Je ne pense pas bien de là, en fait. Clairement, je pense que pour lui, il se dit peut-être que c'est le moment où je ne vais pas la voir pendant un moment, peut-être inconsciemment. Et ces fois, c'est juste si elle est partie aux toilettes. Voilà, je lui dis, mais elle n'est pas partie loin.
- Speaker #1
Un petit côté peur de l'abandon.
- Speaker #3
Mais totalement. Et donc, les nuits, les couchers sont compliqués. Donc, c'est vrai qu'il n'est pas rare. Il est fréquent même qu'il nous rejoigne la nuit. Si c'est 6h du mat', 6-7h, ça me va. 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14 heures, c'est plus compliqué. Bien qu'il ne fasse pas de bruit, il vient et se recouche. Mais c'est juste que voilà, encore une fois, dans mon éducation, j'ai du mal à assimiler le fait que mon enfant vienne dormir avec ses parents.
- Speaker #0
Je serai au Japon ou je serai en Amérique du Nord et même en Amérique du Sud, dans mon pays natal. Je crois que c'est courant que les enfants dorment avec leurs parents pendant très longtemps. Donc c'est une question de société, de génération, etc., de culture. Mais je suis aussi, j'essaye d'être... compréhensif aussi sur beaucoup de points et souvent je je te le mange t'offre et je me dis bon c'est pas grave je comprends aussi il en a besoin et c'est pas un vécu comme mon neveu comme notre enfant lambda, il a aussi besoin de ce lien là et je suis personne pour lui dire vas-y maintenant c'est bon quoi tu vas dormir dans ton lit on s'arrête là pour aujourd'hui on vous dit à la semaine prochaine pour la suite
- Speaker #1
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- Speaker #2
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- Speaker #1
Bisous !