- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans A travers le projecteur, le podcast où chaque invité nous partage son film préféré. Vous pouvez retrouver ce podcast dans toutes les plateformes de streaming Spotify, Deezer, Apple Podcasts, Soundcloud et même YouTube. Je suis Ciné Touga et aujourd'hui on va traverser l'océan Atlantique pour atterrir au Canada et plus précisément au Québec, à Montréal puisqu'on a l'honneur d'avoir... Marie de Yvaux de Culture. Comment tu vas ?
- Speaker #1
Salut ! Ça va très bien. Merci de m'inviter sur ton podcast.
- Speaker #0
Merci à toi déjà d'avoir accepté de te prêter au jeu du podcast en parlant de ton film préféré. Mais avant de commencer un petit peu à parler de ton film préféré, présente-toi un petit peu pour toutes les personnes qui peut-être ne te connaissent pas.
- Speaker #1
Écoute, moi, je suis Marie. connue entre guillemets, entre très gros guillemets, sous le nom de Ivre de Culture sur Instagram et TikTok. Et je fais du contenu cinéma sur mes réseaux sociaux. Donc voilà, je donne des recommandations de films à voir. Je fais des vlogs cinéma et voilà, j'essaye de parler de ma passion du mieux que je peux.
- Speaker #0
Oui, tu le fais d'une très bonne manière en tout cas. C'est un super compte. N'hésitez surtout pas à aller voir ses contenus. Elle fait des posts de fou. Et aussi, pourquoi j'ai parlé du Canada et de Montréal plus précisément ? Parce que tu es arrivée là-bas il n'y a pas si longtemps, il y a quelques mois de cela, si je ne me trompe pas. Et tu as fait part de ta vie à Montréal. Comment ça se passe un petit peu la vie de l'autre côté de l'Atlantique ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Je suis arrivée à Montréal le 1er juillet dans le cadre d'un PVT. C'est un permis voyage-travail qui me permet de vivre et de travailler sur le territoire pendant deux ans. Et puis, ça se passe super bien. On n'est pas vraiment dépaysé parce qu'ici au Québec, tout le monde parle français. Donc, l'adaptation s'est faite plutôt facilement. Et puis, j'en profite aussi pour développer mes opportunités en lien avec le cinéma. Montréal, c'est une ville qui est quand même très riche culturellement. Donc, je suis vraiment épanouie ici. Et il y a plusieurs festivals de cinéma. Là, en juillet, j'en ai fait un festival de cinéma de genre fantastique et horreur. Donc c'était super cool de découvrir un festival hors ceux qui sont déjà présents en France. Et puis là, bientôt, il va y avoir deux festivals de cinéma. Un des plus gros festivals du Québec, qui est le Festival du Nouveau Cinéma, qui arrive très bientôt. Et le Festival de Cinéma Francophone, qui aura lieu en novembre.
- Speaker #0
Parfait. Tu vas participer du coup aux deux festivals ? C'est acté ?
- Speaker #1
Alors pour le moment... Pour le moment, c'est sûr que je participe au prochain, celui qui arrive, parce que j'ai une accréditation. Pour le moment, je suis toujours en attente pour celui qui est en novembre.
- Speaker #0
Déjà, un sur deux, c'est déjà super.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
On espère, bien sûr, on croise les doigts pour que tu aies le deuxième et qu'il nous puisse nous relater ça à travers tes vlogs, tout simplement. Parce qu'elle fait aussi des vlogs où elle nous retrace justement sa vie à travers les différents festivals qu'elle fait. Donc voilà, on croise les doigts. C'est ça.
- Speaker #1
Mon objectif, c'est aussi de vous faire vivre le festival à travers mes yeux pour que tout le monde puisse en profiter, même sans être présent en physique.
- Speaker #0
En tout cas, moi, je prends un énorme plaisir à regarder ces vlogs puisque c'est quand même des festivals qui ne sont pas tout prêts. Donc, c'est très intéressant. Et ça permet aussi de voir un petit peu, peut-être, une différence de culture qu'il peut y avoir entre les différents festivals à travers le monde. Et c'est plutôt intéressant de voir ça. Et aussi, ça fait aussi un pont entre... l'épisode précédent qui était le fameux hors-série avec Love My Cinema et le Club Savoyard où on a parlé de pourquoi l'instance Ciné-FR est incroyable puisque j'ai avec moi l'une des fondatrices, on va dire, une qui a fédéré et qui a créé ce hashtag, l'instance Ciné-FR. Est-ce que tu pourrais en parler un petit peu plus de pourquoi t'es venue en fait cette idée de hashtag ?
- Speaker #1
Bah écoute, honnêtement, je marchais dans la rue et je me suis juste dit, oh mais ce serait une super idée de regrouper un peu tous les comptes cinéma français, qu'on puisse trouver facilement les publications de tout le monde, assez facilement. Et du coup, le hashtag, c'était quand même la solution la plus facile, parce que comme vous le savez, dès qu'on clique sur un hashtag, on a l'opportunité de voir tous les posts des personnes qui ont mis ce hashtag sous leur publication. Et du coup, je me disais que ça pouvait... permettre de fédérer vraiment une communauté, qu'on se retrouve tous et qu'on puisse se soutenir et se supporter grâce à ce hashtag. Et puis du coup, j'en ai parlé à Soupir en Technicolor, donc Flavien, qui était partant sur l'idée et puis du coup, qui m'a aidé à partager l'idée à notre groupe pour qu'on puisse trouver un hashtag pertinent pour regrouper tout le monde.
- Speaker #0
En tout cas, c'est une excellente initiative et en plus, c'est à l'image un petit peu de l'InstaCineFR. très solidaires. On se soutient tous pour qu'on s'élève tous et qu'on puisse être un peu plus visibles dans la plateforme Instagram qui, des fois, peut être assez compliquée en termes de visibilité. Mais justement, c'est une belle preuve qu'on se soutient et on veut justement qu'on puisse montrer le cinéma au plus grand nombre. à travers justement les différents comptes qu'on a. Vraiment, en tout cas, merci, je tiens à le dire, d'avoir eu cette initiative. Et voilà, n'oubliez pas, hashtag InstaCinéFR sur Instagram pour retrouver tous les contenus des différents comptes qui sont tous extraordinaires et qui proposent du contenu de très grande qualité sur Instagram, tout simplement. Donc voilà, petite parenthèse. C'est toujours bien d'en parler. Parenthèse fermée sur l'InstaCinéFR et on va maintenant parler... de ton film préféré, mais quel est donc ton film préféré ?
- Speaker #1
Mon film préféré, c'est Alabama Monroe.
- Speaker #0
Alors, Alabama Monroe, réalisé par Felix von Groeningen, est sorti en 2012 et nous raconte l'histoire de Didier et d'Élise vivant une histoire d'amour passionnée et rythmée par la musique country. Et Didier, lui, joue du banjo dans un groupe de Blue Grace Country et vénère l'Amérique. Quant à Elise, elle, elle tient un salon de tatouage et chante dans le groupe de Didier. De leur union fusionnelle naît une fille, Mabel. Mais je vais arrêter ce résumé ici, puisque je n'ai pas envie de trop en dire sur ce résumé. Et surtout d'aller voir ce film. Je préviens tout de suite, allez le voir avant, puisque c'est quand même un film qui mérite d'être visionné avant d'être écouté par nous et de donner notre avis. Puisque je pense que c'est un film qui doit être vu par le plus grand nombre, même si c'est un film qui est... relativement peu connu, on peut le dire.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que peu de personnes connaissent ce film. Je pense que les gens peuvent le connaître de nom sans pour autant l'avoir vu. Je pense que ce n'est pas le genre de film qui est quand même considéré comme culte. En tout cas, je ne pense pas. Mais voilà. C'est tout ce que j'allais dire.
- Speaker #0
Mais sortez les mouchoirs. Voilà, c'est ça. Ça va être un grand épisode où on va beaucoup sortir les mouchoirs. On va parler de choses qui ne sont pas drôles. qui sont quand même assez tristes et qui ont quand même des thématiques assez lourdes. Et sans trop en dire, parce qu'on en réserve pour après, mais voilà, ce film quand même marque, m'a marqué en tout cas, et m'a impacté un petit peu après ce visionnage. Mais la première question que j'aimerais te poser, pourquoi ce film est ton film préféré ?
- Speaker #1
Honnêtement, je pense que c'est parce que je trouve qu'il lit vachement bien par rapport à la mise en scène. Le film est... comment dire ? Il est construit où on raconte l'histoire de Didier et d'Élise dans le passé, présent et futur. Et du coup, il y a une mise en scène qui switch entre le passé, le présent et le futur. Et on... Enfin, plus le passé présent en soi que le futur, mais je vois ce que je veux dire.
- Speaker #0
Il y a un petit peu de futur, mais voilà, c'est très rare.
- Speaker #1
Ouais, c'est plus passé-présent, c'est vrai. Et oui, du coup, le fait qu'ils switchent très bien entre les deux, en fait, déjà, de un, ça permet de reprendre notre souffle quand le drame... arrive. Et en fait, c'est ça. Je trouve que l'histoire, déjà, est quand même très impactante, comme tu l'as cité. Moi, je connais ce sujet que trop bien. Du coup, je pense que déjà, aussi, il y a une énorme part de subjectivité. Je trouve qu'il est très bien réalisé et très bien mis en scène dans sa thématique. Il est très juste. Et puis, du coup, c'est ça, en fait, lié avec... Cette photographie, cette mise en scène et le jeu des acteurs, ça en a fait un film qui m'a vraiment marquée au fil des années et encore aujourd'hui.
- Speaker #0
Est-ce qu'il t'a marquée dès le premier visionnage ? Et aussi, autre question, comment tu l'as vue cette première fois justement de ce film ?
- Speaker #1
Eh bien, je l'ai regardé en famille. J'étais avec mes parents et on a lancé le film. Et il y avait ma petite sœur aussi. Et en fait, il m'a vraiment marquée dès le début du visionnage parce qu'il y avait vraiment un silence, mais assourdissant chez moi pendant ce visionnage. Et en fait, je pense que tout le monde essayait de se retenir, de pleurer. Et on avait tous... Tu sais, quand on n'arrive pas à pleurer, que tu veux pleurer, mais que tu te retiens et que tu as mal à la gorge. Oui,
- Speaker #0
ça irrite la gorge tellement... t'es pris en fait par l'émotion.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, moi j'avais ce sentiment-là et en fait, une fois que je suis montée dans ma chambre, j'ai tout relâché et j'ai tout pleuré. Et c'est même pas que d'habitude, j'ose pas pleurer devant mes parents parce que ça me dérange pas, mais c'est vraiment, je pense que le film, j'étais tellement ébahie par ce que je voyais que juste, j'ai pas réussi à pleurer sur le moment et c'est seulement après où vraiment, il y a eu un flot qui s'est déversé.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez reparlé un peu de ce film, de l'expérience que vous avez eue de ce film ? Ou est-ce que c'est juste une connexion qu'il n'y a eu que pendant ce visionnage-là ?
- Speaker #1
Non, ça nous est arrivé d'en reparler par la suite. Et de tous, on le recommande tous à notre entourage, que ce soit ma mère, mon père ou ma sœur. Ça nous arrive à tous de recommander ce film en tant que film drame qui peut impacter la morale et les consciences.
- Speaker #0
En effet, oui, c'est clair que ça m'a... Touché aussi, on va y revenir aussi. C'est vrai que c'est un film qui marque et qui impacte. Et c'est vrai que cette sensation de, comme tu disais, de tristesse qui monte, qui à la fois est tellement poignante, mais qui est douloureuse, qui nous met mal aussi, qui nous irrite aussi en même temps. Et c'est un des rares films qui peut provoquer ce genre d'émotion par les thèmes qui en parlent et surtout de sa justesse. Je pense que vraiment, ce film, si on a une définition à donner, ce n'est pas foncièrement dramatique. C'est plutôt de la justesse que je mettrais dans ce film. C'est quelque chose qui est très bien fait et qui surtout est très juste dans la manière dont il amène les choses. Et ça, on va y revenir. Mais est-ce que tu avais déjà vu des films de Felix von Groeningen ou est-ce que c'était ta première approche ? Et si oui, est-ce qu'après, tu as vu d'autres de ses films par la suite ?
- Speaker #1
Oui enfin non c'était le premier film que je voyais de lui mais du coup maintenant dès qu'il sort un film bah je m'intéresse à sa filmographie j'ai pas tout rattrapé je sais qu'il m'en manque comme Belgica par exemple que je n'ai pas vu mais bah récemment il a sorti enfin récemment l'année l'année passée il a sorti le film les huit montagnes si je me trompe pas Ah oui les huit montagnes oui ça j'avais ça j'enregistrais je l'avais mis en watchlist de mon côté et j'avais mis aussi en watchlist Beautiful Boy
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
avec Timothée Chalamet.
- Speaker #0
Et Timothée Chalamet, voilà.
- Speaker #1
Ouais, ouais.
- Speaker #0
Est-ce que justement, ces films, les autres films, est-ce que tu les considères aussi dans la même veine qu'Alabama Monroe ?
- Speaker #1
Honnêtement, Alabama Monroe, ça a été le film qui m'a le plus impactée de sa filmographie. J'ai vu la merditude des choses et je n'ai pas été autant touchée que ceux qui l'ont vu, mais je pense qu'il faudrait que je me fasse un second visionnage. Et les Huit Montagnes, pour le coup... je l'ai beaucoup aimé, il m'a vraiment touchée et je trouve que le film est d'une sensibilité folle mais pour autant ça a pas été aussi impactant et dur que Alabama Monroe mais d'un côté Alabama Monroe mais on le dira sûrement après mais en fait c'est adapté d'une pièce de théâtre qui a été écrite par l'acteur principal du film et du coup je pense qu'il y a un lien qui fait que les acteurs se sont vraiment donnés tellement pour cette prestation Je pense qu'ils ont vraiment donné une part d'eux-mêmes qui fait que le film a une part de réalisme mais très forte. Du coup, tout le monde peut... Je ne trouve pas le mot. On peut se comparer facilement à leur histoire.
- Speaker #0
C'est tellement réaliste qu'on peut voir à travers ce film une part de réalité à nous. Et c'est un point... que je voulais aborder juste après, tu fais extrêmement bien d'en parler, c'est le premier point que je voudrais parler tout de suite maintenant, c'est à quel point ce film est réaliste dans sa façon notamment d'amener le drame. Il n'en fait pas tout un ques, tout un pataquès que pourraient faire par exemple beaucoup de films, notamment des films américains, qui tourneraient un peu le volume. trop loin, notamment avec une musique qui accentue justement cet effet dramatique. Mais Alaba Monroe a pris ce contre-pied où on laisse justement beaucoup plus les acteurs s'exprimer et surtout la mise en scène s'exprimer. Je dirais presque que ce film alors... loin d'être le cas, mais ça pourrait quasiment être une docu-fiction, presque, quand je vois ce film, parce que, quand je vois les prestations des acteurs, je me dis quand même qu'il y a certains moments où on pourrait confondre presque le fictif de la réalité, à quel point ces situations pourraient être vécues par des personnes réelles ou pas. Est-ce que toi, tu l'as senti ? aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Je pense que tout le monde peut s'identifier au film dans le sens où, face au drame qui leur arrive, ils ont tous les deux un point de vue qu'ils vont exprimer et ressentir différemment. Et je pense que même si on ne peut pas vraiment savoir comment nous, on réagirait face à ça, on peut quand même réussir à s'identifier et s'imaginer la façon qui pourrait le plus nous toucher.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on a deux philosophies de vie complètement opposées. Ça, ça a été... expliqué dès la première scène du film entre Didier et Élise où l'un est beaucoup plus cartésien et très sur le moment présent et sur l'avenir et Élise est beaucoup plus dans le symbolisme le spiritualisme, la religion et c'est quelque chose qui va être confronté pendant tout ce film cette question de la croyance de ces symboles qui peut y avoir justement notamment, spoiler alert bien sûr si vous ne l'avez pas vu et que vous écoutez quand même, notamment avec l'oiseau qui, à travers la verrière, bien sûr qui est une scène qui est très importante au niveau du symbolisme et dont on voit justement la différence de point de vue entre Didier et Elise. Et toute cette question de religion et de symbolisme reste un peu de côté, jusqu'à ce point fatidique bien sûr, la mort de... de Mébèle, leur fille, qui va justement faire ressortir tout cela au grand jour. Et ces deux situations et deux deuils commencent à surmonter au deuil complètement différente, avec deux philosophies différentes.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
Et c'est quelque chose qui marque. Et surtout, on sent que le deuil, en fait, est beaucoup plus interne. Il y a très peu de moments, je ne sais pas si tu vas me rejoindre là-dessus, on les sent vraiment extérioriser leur peine.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Plus pour Didier que pour Élise, finalement. Parce qu'Élise va plus facilement l'exprimer, mais elle va l'exprimer d'une manière où, justement, par rapport à cette spiritualité, cette religion, elle va plus l'extérioriser par rapport à ça, en fait. Alors que Didier, il est plus renfermé sur lui-même.
- Speaker #0
Il est plus renfermé sur lui-même, ce qui va arriver, justement, à un... point de non-retour qui va être justement cette scène de représentation justement de leur groupe The Country dans cette salle où quand ils font cette représentation et que Didier prend le micro et commence à parler justement de sa vision, de comment il a perdu justement cette foi, cette croyance aux religions, etc. C'est une scène très, très marquante et dont pour moi est ma scène. préférée du film, extrêmement marquante, extrêmement impactante et surtout très déchirante et qui, en réalité, résume parfaitement tout l'état émotionnel du film après justement ces deux heures de visionnage. Est-ce que toi, c'est aussi ta scène préférée ou est-ce que tu as une autre scène préférée ?
- Speaker #1
Ça, c'est une très bonne question. Je pense que vraiment... Je pense pas avoir de scène préférée dans ce film en fait parce que c'est vraiment... Il n'y a pas une scène qui va fonctionner sans une autre. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
C'est un tout, en fait. Pour toi, c'est plus un tout qui fait la beauté du film, en fait.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Après, évidemment, la scène qui est vraiment déchirante, c'est la scène de fin, quoi, évidemment. Mais je pense que, tu vois, même sans tout ce qu'on peut voir au début, la scène de fin n'aurait évidemment pas autant d'impact, vu qu'évidemment, on s'attache au personnage. Mais je ne pense pas avoir de scène vraiment préférée dans ce film, parce que c'est ça tout. Tout fonctionne les unes avec les autres et c'est ça qui fait la beauté de ce film.
- Speaker #0
Ça s'embrouille parfaitement, mais je vais quand même revenir sur un point que tu avais dit au tout début de ce podcast. C'était cet aspect justement où la mise en scène fait qu'on ne va pas suivre de façon chronologique cette histoire. On va suivre un petit peu un bout où ils sont à l'hôpital, un autre bout où ils vont se rencontrer, un autre où on va aller un peu dans le futur, mais pas trop. C'est ça. C'est un parti-pli. Alors moi, je vais faire un peu mon chien un petit peu sur ce coup-là. Mais c'est quelque chose qui, moi, me dérange un petit peu. Ce n'est pas quelque chose que j'aime trop. Cet effet justement où on va en avant, on revient en arrière, etc. Ça peut me perdre. Moi, ça peut me perdre un petit peu sur cet aspect-là de comment on suit un peu la logique. Mais après, je peux comprendre. Parce que si on avait fait tout dans l'ordre, Le problème, c'est qu'on aurait eu les trois terres du film où ce serait juste de la dépression pure.
- Speaker #1
Ça aurait été trop lisse.
- Speaker #0
Voilà, et je pense que ça n'aurait pas eu le même impact que si on l'a décousu comme ça a été fait. Je dois dire que même en n'aimant pas trop ce schéma-là de film qui est très décousu, moi, je trouve que je l'ai bien apprécié, même s'il y a deux, trois transitions qui peuvent être un petit peu mal amenées de temps en temps. Mais vraiment, c'est... Peut-être le seul point noir, un peu négatif du film, parce qu'après cela, vraiment, moi, le film m'a attrapé et ne m'a plus jamais lâché. Est-ce que toi, ça a fait du coup cette même impression-là ?
- Speaker #1
Ouais, c'est exactement ça. Et puis, je sais qu'aujourd'hui, je ne peux pas le revoir tout le temps, en fait, ce film. Tu sais, des fois, tu as ton film préféré, c'est ton film doudou, et tu sais que ça te fait du bien quand tu le regardes. Moi, là-bas, Mammon Row, c'est quand même une expérience qui est douloureuse. Ce n'est pas un visionnage agréable. Et je sais qu'il faut vraiment que je sois dans un bon mood, on va dire, si je peux dire ça comme ça, pour le voir.
- Speaker #0
C'est rare, oui, justement, je voulais venir un petit peu à cet aspect-là, un petit peu cette rapproche de ton film préféré, parce que c'est rare les personnes qui ont justement un film préféré qui ne peuvent pas trop le regarder, puisque c'est un film qui est très badant, on peut le dire, qui n'est pas du tout un film qui permet d'être réconforté. C'est vrai que c'est une approche qui est... quand même très différent, parce que normalement, quand on apprécie un film, c'est généralement un film qu'on a envie de le revoir et qui nous remet d'aplomb. C'est vrai que toi, tu as ce contre-pied avec Alabama Monroe. Quelle est la relation que tu as un peu avec ce film ?
- Speaker #1
C'est une dur comme question. Quelle est la relation que tu as avec ce film ? En fait, c'est ça, c'est finalement un peu un amour toxique parce que d'un côté, c'est mon film préféré, mais de l'autre, il me fait mal quand je le regarde. Donc, J'adore ce film, mais c'est ça, je ne peux pas le voir tout le temps. Et c'est la relation que j'ai avec ce film. C'est que j'adore le conseiller. J'adore faire souffrir les gens pour qu'ils ressentent ce que j'ai ressenti.
- Speaker #0
C'est vrai que voilà, moi, je me suis... C'est très rare les films comme ça qui sont dans cette liste de films où je me dis que je ne pourrai plus jamais les regarder. Et ce film fait partie un peu de cette catégorie. Je l'ai mis, je l'ai regardé. C'est pas parce qu'il est mauvais, très loin de là, parce qu'il y a des films, bien sûr, que je reviens à jamais d'avis, puisqu'ils sont mauvais, mais ce film est très, très conseillé. Mais c'est surtout qu'il est très, très lourd. Il faut que vous soyez dans un bon mood pour voir ce film. Ne n'ayez pas l'esprit déjà un peu négatif quand vous voyez ce film, c'est un des conseils que je vous donnerai. Même en ayant un mood très positif, avant de démarrer ce film, à la fin du film, j'étais... vraiment pas bien. En voyant le film, notamment justement par sa justesse, c'est vrai, c'est très justement fait, pour que justement, on ait cet aspect très réaliste en nous, et qu'on se dit, voilà, en fait, on est complètement tapé par cette histoire, et qu'on pourrait se dire, voilà, que cette histoire pourrait arriver à n'importe qui. Justement, et tu disais, il y a quelques minutes, que c'était adapté d'une pièce de théâtre. Mais... Oui. fait par justement l'acteur principal, donc Didier, si je ne me trompe pas.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, Johan Eltenberg. Et avec, c'est pour ne pas éteindre le nom de la deuxième personne qui a écrit la pièce de théâtre, c'est Mickey Dobels.
- Speaker #0
Ok. Mais la question que je me posais, parce que je n'ai pas fait assez de recherches, je ne sais pas si cette histoire était adaptée d'une histoire, de sa propre histoire, ou...
- Speaker #1
Non, non, non.
- Speaker #0
Une histoire fictive.
- Speaker #1
Non, non, c'est une histoire fictive.
- Speaker #0
Ok, parce que si ça avait été inspiré d'une histoire réelle, je comprendrais à quel point, pourquoi ce film, il marche d'autant plus. Parce que voilà, toutes les scènes qui sont représentées, c'est tellement bien écrit aussi. Il faut quand même souligner l'écriture du film qui est extrêmement bonne. Justement, l'écriture de la pièce de théâtre, qui justement apporte un énorme... sorte de réalisme et de justesse. Et surtout, le point qui m'a fait un peu marrer dans ce film, oui, dans ce film même, j'ai réussi à me marrer une fois, c'est que j'ai toujours cru, en voyant le film, que ce film était fait aux Etats-Unis. Quand on voit le film, on se dit, c'est un film aux Etats-Unis, oui, il est...
- Speaker #1
Oui, mais ça, c'est parce qu'il y a Alabama dans le nom. Ça vous donne... Enfin, je ne sais plus comment on appelle ça, mais tu sais, c'est le biais cognitif où tu as l'impression que c'est fait aux Etats-Unis parce que tu as Alabama dans le titre.
- Speaker #0
Alors, oui, mais pas tout à fait. Parce que quand tu vois un peu les scènes, même la scène d'ouverture ou les scènes où ils sont dans sa ferme, tu as une esthétique qui est très américanisée, je trouve. Je ne sais pas si ça t'a fait ça. Mais en tout cas, moi, quand je voyais sa ferme et tout, Tout est tellement américanisé, avec son pick up, etc. Son drapeau. Et quand je me suis renseigné après le film et qu'on me dit non, c'est un film belge. Ah ! et que ce film a été tourné uniquement en Belgique. J'étais choqué. Mais c'est vrai qu'au début, on n'arrive pas à... Parce que des fois, on décerne que c'est en Europe. Mais je n'arrivais pas à décerner que ça n'a jamais été tourné aux Etats-Unis. Et c'est justement aussi un point qui est extrêmement fort aussi sur la vision totalement aveugle comment Didier voit les Etats-Unis. Il est tellement submergé par les Etats-Unis, il est tellement aveuglé que même son environnement est un environnement... même s'il est en Belgique, il a un environnement extrêmement amérindien.
- Speaker #1
Il est passionné de bluegrass, du coup, il forme un groupe de country. Je pense que toute sa vie tourne autour de sa passion.
- Speaker #0
Tout tourne autour de sa passion, mais jusqu'à un moment donné, jusqu'à un point où même sa propre religion se fait détruire.
- Speaker #1
Il n'a pas de religion.
- Speaker #0
De son culte, pardon, pas de sa religion, de son culte, on peut dire. Parce que c'est presque un niveau de religion, presque à ce point. Même s'il est contre tout ça, quand je vois ce film, on est presque à ce niveau-là, en fait, pour Didier. Même s'il a justement ce côté très cartésien, ou lui, il est anti-symbolisme, presque. On sent qu'il est aveuglé par ce culte de l'Amérique. Mais ce culte-là finit par s'effondrer aussi. Notamment avec l'histoire d'un remède. qui auraient pu sauver leur fille. Ça amènera justement à cette scène finale dont on a un petit peu parlé juste avant. Je trouve quand même que Didier ainsi que Élise sont quand même deux personnages, je pense que tu seras d'accord avec moi, mais qui sont déjà très complémentaires, mais surtout extrêmement touchants.
- Speaker #1
Oui, et puis encore une fois, on peut autant s'identifier à l'un que à l'autre parce que mine de rien, on a envie de se rattacher à quelque chose pour croire. et accepter le deuil et de l'autre on peut avoir aussi un esprit très rationnel et accepter la mort finalement.
- Speaker #0
C'est exactement ça et je n'avais pas d'autres points, est-ce que tu as d'autres points à énumérer un petit peu dans le film ?
- Speaker #1
Non pas tant mais je trouve ça important quand même de dire aussi que en plus d'avoir écrit la pièce de théâtre, c'est lui qui incarnait Didier pour jouer la pièce de théâtre et que du coup le réalisateur Félix Van Groeningen, il a... penser directement à lui pour reprendre le rôle de Didier pour le film. Et aussi un point qui est important pour ce film c'est que le film tourne énormément autour de la musique parce que du coup Didier est passionné de Bluegrass et c'est important de mentionner que Elise va rejoindre son groupe de musique et que du coup c'est quand même un film musical et que en fait c'est les acteurs eux-mêmes qui vont interpréter les chansons. Et une anecdote qui est super à savoir c'est que le groupe du coup avec les acteurs ont fait une tournée mondiale après le film et du coup ils ont fait quelques concerts avec la BO du film
- Speaker #0
Ah oui ça je savais pas, incroyable donc ils ont vraiment fait parce qu'en plus moi je trouve que leur musique de country était super dans le film et surtout aussi chacune des musiques ce qui est aussi important de le souligner c'est que chacune de ces musiques amène quelque chose à l'histoire parce qu'elle parle directement à un stade précis de leur vie justement. Le début, le moment de la mort de leur fille, leurs doutes, la fin bien sûr. Et justement, la musique fait aussi partie intégrante du film en fait. Et il fait partie intégrante du film sans qu'il soit jamais en fond sonore. La musique a ses propres scènes à elle. Et je trouve que... élever justement la musique à une entité à part, moi ça me touche beaucoup.
- Speaker #1
Ouais, je te rejoins.
- Speaker #0
Voilà, donc moi c'est tout ce que j'avais à dire sur ce point-là. Est-ce que tu as d'autres anecdotes à nous partager ou est-ce que c'était tout pour toi ?
- Speaker #1
Non, c'est tout ce qui me vient. Je sais que les tatouages d'Élise dans le film ont été dessinés par une... par une artiste, mais voilà, c'est les seules anecdotes que je connais autour du film.
- Speaker #0
En tout cas, c'est un film pour conclure. Allez le voir, mais allez le voir préparé. Voilà, on vous avertit. Soyez prêts. Psychologiquement. Soyez forts. Voilà,
- Speaker #1
soyez forts parce que même en étant dans un bon mood, dans un bon environnement,
- Speaker #0
vous ne ressortez pas bien. Comme moi, je l'étais à la fin. Donc, soyez prêts. C'est un film qui dure à peine un peu moins de deux heures. Mais vraiment, c'est une expérience qu'il faut vivre. Et je pense qu'il doit mériter plus de visionnage que ça. Et donc on élève un peu la parole et qu'on dise voilà, allez voir ce film. Donc et alors dernière petite question, voilà un petit peu à part. Est ce que tu as des produits dérivés peut être en rapport avec ce film ?
- Speaker #2
J'ai seulement la fiche du film, c'est tout.
- Speaker #0
D'accord. Donc la fiche du film, tu n'as même pas de DVD ou de Blu-ray de lui ou c'était déjà intégré ?
- Speaker #2
J'ai le DVD, mais qui est resté chez mes parents. Du coup, je suis partie à l'autre bout du monde. Et ouais, non, c'est tout. J'ai seulement la fiche du film.
- Speaker #0
Ok, très bien. Voilà. Parfait. Et ce sera tout pour cet épisode. En tout cas, un grand merci, Marie, d'avoir accepté justement de t'être prêtée au jeu du podcast. C'était un excellent épisode. En tout cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Et surtout aussi de parler d'un... Très bon film qui est Alabama Monroe. Voilà, allez le voir, bien sûr, en tout cas. Vous pouvez bien sûr la retrouver sur Instagram, bien sûr, avec juste Ivre de Culture et vous la trouverez. Voilà, on a déjà un petit peu parlé en long et en large à travers de son contenu. Mais voilà, c'est un grand plaisir. Et bien sûr, vous pouvez donner une note, bien sûr, à travers le projecteur, bien sûr, sous Spotify, bien sûr, voire même sur Disney, je crois que vous pouvez aussi. Donc évaluez-le, ça me fera toujours plaisir. Et suivez-vous. vous voulez bien sûr me suivre, vous pouvez me suivre sur Instagram, SineTuga ou à travers le projecteur, voilà, c'est les deux comptes que j'ai sur Instagram, et aussi sur TikTok, vous pouvez me retrouver, arrobase SineTuga, donc voilà, ça fait pas mal de pubs, mais il faut le dire, et bien sûr, si vous n'êtes pas, toujours pas au courant, vous pouvez retrouver à travers le projecteur, sur Spotify, Deezer, Apple Podcasts, Soundcloud, et même YouTube, et sur ce, je vous dis, bye tout le monde, et à la... Salut !