- Speaker #0
On a la chance en Guadeloupe d'avoir une pluviométrie très importante, même si elle a tendance à diminuer avec le changement climatique, mais elle est encore assez importante pour subvenir à nos besoins. Bonjour, c'est Elodie Soupama et vous écoutez Au fil de l'eau, le podcast de l'Office de l'eau Guadeloupe réalisé par RCI.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans ce premier épisode du podcast Au fil de l'eau, ressource vitale qui vaut à la Guadeloupe l'appellation d'île aux belles eaux, même s'il vient à manquer bien trop souvent dans les robinets. Aujourd'hui, nous allons poser les bases en parlant des cycles de l'eau, mais aussi de qui s'occupe de quoi en ce qui concerne ce précieux liquide en Guadeloupe.
- Speaker #2
Au fil de l'eau.
- Speaker #1
Pour cette première, j'ai le plaisir de recevoir Cédric Vincent, directeur adjoint de l'Office de l'eau Guadeloupe. Bonjour Cédric.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Alors avant de nous expliquer quel rôle joue l'office de l'eau Guadeloupe, rappelons le B.A.B.A. de ce que j'ai envie d'appeler le parcours de l'eau avec d'abord le grand cycle de l'eau. Ça va peut-être nous plonger dans nos souvenirs de classe.
- Speaker #0
Oui tout à fait. Alors le grand cycle de l'eau c'est le parcours de l'eau à l'état naturel. Donc depuis les précipitations, avec les ruissellements le long des montagnes, le transfert par les rivières jusqu'à la mer. C'est ce qu'on appelle le grand cycle de l'eau, le cycle naturel de l'eau.
- Speaker #1
Très bien. Et donc, c'est grâce à ce grand cycle de l'eau qu'on a également le cycle appelé domestique, le petit cycle de l'eau. Est-ce que vous pouvez nous dire en quoi cela consiste ?
- Speaker #0
Alors, le petit cycle de l'eau, donc le cycle domestique de l'eau, c'est celui qui a été mis en place par l'homme pour pouvoir venir à ses besoins. Donc, effectivement, à ce moment-là, on va capter l'eau dans les rivières, on va l'emmener dans des usines de pot. de potabilisation. Ensuite, cette eau va passer dans tout un circuit, un réseau de distribution jusqu'aux habitations. Et une fois que cette eau sera utilisée, elle sera transférée vers des stations d'épuration qui vont la nettoyer, la rendre à nouveau naturelle et elle sera renvoyée vers le milieu.
- Speaker #1
Et du coup, tout cela vient donc du grand cycle de l'eau. Et on peut dire qu'en Guadeloupe, on est assez bien doté.
- Speaker #0
Alors, on a la chance en Guadeloupe d'avoir une pluviométrie très importante, même si elle a tendance à diminuer avec le changement climatique, mais elle est encore assez importante. Pour subvenir à nos besoins, on a la chance d'avoir des rivières, d'avoir des forages et des nappes souterraines.
- Speaker #1
Parce que justement, tout cela est lié à l'évaporation de l'eau qui existe déjà dans les rivières, dans les sols, qui se transforme et qui donne lieu à la condensation qui revient en précipitation, et ensuite le ruissellement et ensuite la captation peut-être dans les sources pour notre cycle domestique.
- Speaker #0
Tout à fait. Et effectivement, l'homme a besoin... d'utiliser cette eau pour son usage personnel, pour sa consommation. Et donc, à ce moment-là, il essaie de domestiquer cette eau. Et donc, c'est pour ça que les deux cycles, le grand cycle et le petit cycle, sont étroitement liés.
- Speaker #1
Oui, ils se complètent finalement. Ils se complètent.
- Speaker #2
Au fil de l'eau.
- Speaker #1
On le sait, l'eau est une question sensible en Guadeloupe. Et de nombreux acteurs sont pointés du doigt dans sa gestion. Et parfois, on s'y perd, tant ils sont nombreux sur cette question. Production, distribution, assainissement, gouvernance. Alors, qui fait quoi ? C'est la question qu'on pose aujourd'hui. D'abord, nous avons les collectivités locales, c'est bien cela ?
- Speaker #0
Effectivement, il faut se rappeler que la compétence en termes d'alimentation en eau potable de la population, c'est une compétence à la base communale, qui a ensuite été transférée aux intercommunalités et maintenant à des syndicats. En Guadeloupe, on a deux autorités organisatrices du service public d'eau potable, le syndicat mixte d'eau et d'assainissement de la Guadeloupe, le SMJG, et la communauté de communes de Marigal. Pour la partie distribution.
- Speaker #1
D'accord, donc le SMJESG qui s'occupe de tout ce qui est assainissement et aussi distribution de l'eau.
- Speaker #0
Tout à fait. On a deux autorités organisatrices et après gravitent autour de ces deux autorités organisatrices, comme vous l'avez dit, d'autres partenaires, d'autres acteurs du domaine de l'eau. Alors ça peut être à la fois des institutionnels, des établissements publics ou des services de l'État.
- Speaker #1
Il y a aussi des opérateurs techniques en ce moment qui opèrent sur la Guadeloupe ?
- Speaker #0
Alors effectivement, les deux autorités organisatrices peuvent passer ce qu'on appelle des délégations de services publics, et donc confier, les fameuses DSP, et confier sur une partie du territoire la mise en place et l'organisation du service.
- Speaker #1
Et donc ensuite, comme vous le disiez, les services de l'État, parmi eux la préfecture, l'ARS et aussi la DAL, quel est le rôle de ces trois acteurs ?
- Speaker #0
Alors on va commencer peut-être par l'ARS. Effectivement, l'ARS, c'est l'organisme qui a pour mission de contrôler la qualité de l'eau par rapport à des seuils et des valeurs pour la consommation humaine. Donc ça, c'est son rôle. Et effectivement, il y a des prélèvements qui sont faits très régulièrement par l'ARS. Ensuite, l'ADA a plus un rôle, on va dire, de contrôle. Et effectivement, ce rôle de contrôle avec... Le positionnement effectivement de l'ADL et de la préfecture pour voir effectivement si le service est bien rendu à la population.
- Speaker #1
Dans tous les cas, en tout cas, ces trois structures sont liées et travaillent étroitement.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et donc, on retrouve également les agences et établissements publics liés à l'eau, comme vous, à l'Office de l'eau Guadeloupe. Qu'est-ce que l'Office de l'eau ?
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que l'Office de l'eau ? L'Office de l'eau, c'est un établissement public administratif qui a été créé par la loi d'orientation pour l'eau première des années 2000. Et donc, à l'instar des agences de l'eau en métropole, l'Office de l'eau a pour mission de suivre la qualité de l'eau, la qualité écologique dans les milieux aquatiques, donc dans les masses d'eau souterraines. dans les masses d'eau dites superficielles, ce sont toutes les rivières et tous les plans d'eau que l'on a en Guadeloupe, mais aussi dans les masses d'eau souterraines et littorales.
- Speaker #1
Donc c'est différent de ce que fait l'ARS ?
- Speaker #0
C'est différent de ce que fait l'ARS. L'ARS est plutôt sur une mission par rapport à la santé humaine. Nous, on est plutôt par rapport à la thématique de l'écologie, la santé du milieu.
- Speaker #1
La santé du milieu et de la ressource donc. Et du coup, qu'est-ce qu'on fait de ces analyses de vos travaux ?
- Speaker #0
L'Office de l'eau, chaque année, réalise des suivis des différentes masses d'eau. Et effectivement, ces suivis sont transférés à des laboratoires, ce qui nous permet ensuite d'évaluer, d'expertiser et de voir si, effectivement, on a une amélioration de la qualité écologique du milieu aquatique ou une dégradation de ces milieux. Et c'est à partir de ces éléments-là que l'on peut mettre en place des plans, des plans d'action, des plans d'orientation pour pouvoir... améliorer la situation quand on constate effectivement des impacts des pollutions sur les milieux aquatiques.
- Speaker #1
Donc des plans qui sont suivis par qui ? A qui ça sert ? Comment sont utilisés ces travaux par la suite ?
- Speaker #0
Ces travaux sont utilisés sur différents points. D'abord, on a ce qu'on appelle le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux, le SDAJ. C'est un document de planification qui pose des orientations sur des cycles de 6 ans. Alors, il est réalisé... dans le cadre de la mise en œuvre de ce qu'on appelle le Comité de l'eau et de la biodiversité, le CEB. C'est le Parlement de l'eau sur chaque territoire hydrographique. Et donc au sein de ce Parlement de l'eau, on a tous les acteurs de l'eau, tous les usagers qui sont représentés. Et effectivement, la loi prévoit que ce Comité de l'eau et de la biodiversité réalise tous les six ans le SDAJ pour poser les orientations qui vont amener vers des actions concrètes pour améliorer... et reconquérir effectivement une bonne qualité écologique des milieux aquatiques. Ça, c'est le s'dage. Ensuite, l'Office de l'eau, pour le compte du CEB, fait ce travail de suivi annuel et peut, dans le cadre de ce qu'on appelle le programme pluriannuel d'intervention de l'Office de l'eau, accompagner les collectivités, accompagner les autorités organisatrices, mais aussi d'autres acteurs, pour mettre en place des actions opérationnelles pour effectivement reconquérir cette bonne qualité des milices d'eau.
- Speaker #1
Justement, vous parliez d'actions opérationnelles. Est-ce que ces plans sont toujours suivis à la lettre ? Est-ce qu'il y a des freins parfois rencontrés pour pouvoir appliquer vos recommandations ?
- Speaker #0
Alors, ces plans sont suivis, oui, puisqu'effectivement, après, on est sur des pas de temps différents. Effectivement, comme je vous le disais, le sdage, on est sur des cycles de 6 ans. L'Office de l'eau aussi a un programme pluriannuel sur 6 ans, mais des actions plus faciles à mettre en œuvre, puisqu'on est là dans l'opérationnalité, on est vraiment sur le terrain. Et effectivement, on suit chaque année ces différents programmes d'action. On a dans le cadre de la loi d'orientation pour l'outre-mer, mais aussi dans le cadre du Code de l'environnement, l'obligation de mettre en œuvre les directives européennes. Donc la Guadeloupe est un territoire européen. On met en place ce qu'on appelle la directive cadre sur l'eau, donc la fameuse DCE, qui va nous permettre effectivement de cadrer Merci. les protocoles de suivi des différentes masses d'eau. Et donc effectivement, dans ce cadre, chaque année, on fait des rapportages au niveau européen pour montrer l'évolution des masses d'eau en Guadeloupe.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut avoir un exemple, Roland, de recommandations que vous avez déjà faites ou de choses que vous aviez déjà constatées et qui a donné lieu ensuite à des rectifications ou à une mise en place de vos recommandations ?
- Speaker #0
Alors effectivement, sur les recommandations, on associe étroitement Comme je vous le disais, les services de l'État, puisqu'ils ont aussi cette part de contrôle, un exemple qu'on peut prendre, c'est celui de l'utilisation, l'usage de l'eau de puits. Effectivement, on a tendance à penser que l'eau de puits, quand on la récupère, on peut l'utiliser pour tous les usages, alors que ce n'est pas tout à fait exact. Il faut aussi faire attention. Et donc, effectivement, l'Office de l'eau a pu mettre en place des programmes d'action dans ce cadre pour améliorer la récupération d'eau de puits. en accompagnant effectivement les collectivités dans la mise en place de ce qu'on appelle des citernes de récupération d'eau de pluie. Et dans ce cadre, avec l'ARS, on a pu mettre en place des recommandations qui ont été transmises aux collectivités, mais aussi à la population pour informer la population des différents usages possibles de cette eau de pluie.
- Speaker #1
Oui, parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'usagers qui installent des systèmes pour récupérer l'eau de pluie et s'en servir. grâce à vous, on sait qu'on ne peut pas tout faire avec l'eau de pluie.
- Speaker #0
Tout à fait. On avait aussi, comme vous l'avez dit, cette crise de l'eau que l'on connaît en Guadeloupe. Dans ce cadre, on a mis en place ce qu'on appelle des citernes de stockage d'eau potable. On savait que dans certains territoires, il y avait ce stockage qui était fait de manière informelle. Donc on a pu mettre en place des citernes de stockage d'eau potable dans les écoles pour éviter les fermetures d'écoles et éviter aussi... des agréments, puisqu'on sait que quand une école ferme, ça désorganise tout le territoire puisque les parents sont obligés de venir récupérer les enfants. Donc on a mis en place ce type de dispositif en partenariat étroit et avec l'ARS. Et dans ce cadre aussi, on a pu mettre en place des recommandations. C'est-à-dire qu'on ne peut pas stocker de l'eau potable dans n'importe quel contenant. On est parti sur des citernes qui disposent d'attestations de conformité sanitaire, donc les fameuses ACS, qui permettent effectivement de conserver cette eau potable dans les meilleures conditions.
- Speaker #2
En Guadeloupe, l'eau raconte bien plus qu'un paysage. Elle parle de climat, de biodiversité, d'usage et d'avenir au fil de l'eau.
- Speaker #1
Alors là, vous nous avez expliqué le rôle de l'Office de l'eau Guadeloupe et quelle est la différence avec l'Office français de la biodiversité,
- Speaker #2
l'OFP.
- Speaker #0
Alors, l'Office de l'eau de la biodiversité a un rayonnement beaucoup plus grand. C'est-à-dire que les agences de l'eau et les offices de l'eau sont si on construit à des... bassin hydrographique. Un bassin hydrographique, c'est un ensemble de rivières sur un territoire donné. L'OFB, lui, a un rayonnement beaucoup plus important. Il a un rayonnement au niveau national. Et effectivement, l'OFB dépend, lui, directement du ministère de l'Environnement. Et il accompagne, effectivement, que ce soit les agences de l'eau, les offices de l'eau, mais aussi les autres opérateurs de terrain à mettre en place la politique de l'eau nationale.
- Speaker #1
Vous parlez un peu financeur et partenaire. J'espère ne fâcher personne avec cette question. Qui finance l'Office de l'eau Guadeloupe ?
- Speaker #0
L'Office de l'eau Guadeloupe est financé par ce qu'on appelle le système des redevances sur l'eau et l'assainissement. La loi sur l'eau et les milieux aquatiques instaure la mise en place de ce qu'on appelle des redevances. C'est-à-dire que quand... Une personne, un usager, utilise de l'eau, on considère qu'il a un impact sur cette eau qu'il a prélevée. Et donc effectivement, la loi prévoit un certain nombre de redevances que vous retrouvez sur les factures d'eau payées par les usagers. Et donc ces redevances sont collectées par les deux autorités organisatrices, le SMU GING et la communauté de communes de Maraglalente, et sont renversées à l'Office de l'eau pour mettre en place le programme pluriannuel d'intervention et le sdage.
- Speaker #1
Parce que c'est vrai qu'il y a aussi dans ces acteurs de l'eau, donc les financeurs, on a l'Union Européenne, l'État français, l'Agence française de développement, la Banque de territoire, mais aussi la région Guadeloupe et le département Guadeloupe qui chacun à leur niveau, à un moment ou à un autre, attribuent des financements aux différents acteurs de l'eau.
- Speaker #0
Tout à fait. Il faut savoir que quand une autorité organisatrice souhaite réaliser des travaux, elle peut faire appel à des financements extérieurs. Donc effectivement, un certain nombre d'opérateurs ou d'acteurs sont en capacité d'accompagner ce type de travaux. On le fait dans le cadre de plans d'action, on le fait dans le cadre aussi de contrats de progrès, effectivement. Et donc ça permet à l'opérateur, à l'autorité organisée de réaliser les travaux dans les meilleurs délais.
- Speaker #1
Et donc aujourd'hui, ce ne sont pas les communes ou les inter- communautés qui financent l'eau ?
- Speaker #0
Je dirais qu'à la base, ce sont les usagers qui financent l'eau.
- Speaker #1
Le fameux low pay low.
- Speaker #0
Le fameux low pay low, effectivement. Ce sont les usagers qui financent en grande partie les opérations que ce soit en eau, table ou en assainissement par le paiement de la facture d'eau.
- Speaker #1
Très bien. Merci Cédric, Vincent. Je pense que maintenant on y voit tous plus clair. Grand cycle de l'eau ou cycle naturel, petit cycle de l'eau ou cycle domestique, qui relève de la captation, son traitement avant et après notre utilisation, avant un retour dans la nature. Et puis enfin, qui gère quoi ? Merci à vous et puis dans le prochain épisode, nous allons nous intéresser au changement climatique et à la montée des eaux, une problématique qui nous concerne directement en tant qu'archipel. A très vite.
- Speaker #0
Vous venez d'écouter Au fil de l'eau, le podcast de l'Office de l'eau Guadeloupe réalisé par RCI.