Speaker #0Bonjour, c'est Caro Caro et bienvenue dans cet épisode du podcast à l'ombre du Bagnan. Et oui, vous avez vraiment entendu. À l'ombre du Bagnan, c'est le successeur d'Au fil du Yoga. Et l'histoire que je vais vous raconter a un lien avec la thématique de l'épisode. À la fin de l'année scolaire 2024-2025, au mois de mai-juin, j'ai été très fatiguée et pour moi ça a été très difficile de sortir les deux derniers épisodes de la saison 5 du podcast Au fil du Yoga. Et puis en même temps, parallèlement, une grande fatigue à la fois physique et puis aussi mentale, émotionnelle, intellectuelle, comme vous voulez. Et je me suis posé la question de savoir si j'allais continuer le podcast ou pas. J'ai décidé de ne pas décider, d'attendre et de voir comment ça allait un peu se passer pendant cet été où je me suis reposée et où surtout j'ai pu me reconnecter avec ma propre pratique personnelle que j'avais dû mettre. de côté pendant de très, très, trop longs mois. Et puis j'ai eu envie de continuer, parce que je trouvais que le podcast au fil du yoga est un peu différent des podcasts qui existent, en tout cas de ceux que je connais. Et je me disais que cet éternel partage, en fait, des réflexions ou des tribulations d'une personne dans le monde du yoga et du bouddhisme. pouvait être intéressant, en tout cas pouvait permettre à d'autres personnes de réfléchir. Mais j'ai souhaité changer de nom, parce qu'en fait, depuis assez longtemps, je me suis mise à la pratique, c'est assez difficile de verbaliser ça, mais à la pratique du bouddhisme, et je me suis aperçue que depuis au moins une année, J'ai tendance à parler parallèlement aussi bien du yoga que du bouddhisme. Et je me suis dit pourquoi te limiter ? Pourquoi limiter à une seule chose alors que tu aimes deux choses ? Et parce que j'aime être précise et pour moi c'était aussi répondre à la thématique de l'honnêteté. Et parce que je... Je me contrefous en fait de tout ce qui pourrait être commercial et avoir du public. Je me suis dit qu'il fallait que je change de nom et que j'inclus le yoga et le bouddhisme dans le titre. Et puis au fil du yoga, c'est un nom qu'on retrouve dans d'autres associations de yoga. Et moi, mon association de yoga, elle ne s'appelle pas au fil du yoga, elle s'appelle Banyan Yoga. Pourquoi Banyan ? Parce que Banyan, c'est l'arbre sous lequel Bouddha Chak Yamuni a atteint l'éveil. Pour moi, c'était très important dès le départ. Et puis, c'est un joli arbre. C'est un arbre parce qu'il a un tronc qui est multiple, parfois un peu torturé. Et je me suis dit que ça présentait bien en même temps le chemin que l'on prend à partir du moment. où on aborde le yoga et où on aborde son chemin d'éveil avec le bouddhisme. Et puis c'est un arbre qui pousse en Inde. Et j'avais aussi envie de rendre hommage aux racines du yoga et du bouddhisme. Racines, arbres, on s'y retrouve toujours. Ce qui veut dire que, aussi dans les épisodes, je continuerai, parce que c'est quelque chose que j'ai toujours fait, mais peut-être un peu moins sur les derniers épisodes, à utiliser les mots sanskrit, voire maintenant aussi les mots en pali ou en tibétain pour le bouddhisme, parce qu'en fait, on a cette tendance terrible en Occident de vouloir absolument tout mettre sous notre propre prisme. Alors la traduction est importante, certes, parce qu'elle nous permet de comprendre, mais... À tout prendre, on en oublie les racines. Et ensuite, on transforme tout à notre sauce. C'est ce qui se passe avec le yoga. De plus en plus, tout ce que je vois sur les réseaux sociaux, mais aussi de visu, c'est que de la posture, des asanas, des asanas, des asanas, que des postures. Et on dit que c'est le yoga. Ce n'est pas le yoga. Absolument pas. Le yoga c'est Un tout petit peu d'asanas, mais pas que. C'est même pas de l'anatomie. Ça tend mieux s'il y a de l'anatomie pour que vos professeurs comprennent et vous engagent dans des postures sans que vous vous fassiez mal. Mais c'est pas ça. Et parce que du coup, on en oublie ce que c'est. On en oublie aussi même de parler des yogasutras, de... partager la philosophie. Et la philosophie, elle est indienne, quoi qu'on en dise. Elle n'est pas européenne, elle n'est pas occidentale, elle n'est pas américaine. Et peut-être que ma façon à moi, en tout cas, de toujours rappeler que les racines sont issues de l'Asie du Sud-Est, c'est d'utiliser les termes, les termes non traduits. C'est-à-dire que je continuerai d'utiliser le terme en sanscrit, par exemple. suivi de sa traduction en français, en tout cas au départ. Ceci étant dit, notre sujet, c'est l'impermanence. Oui, l'impermanence, c'est-à-dire la nature transitoire des phénomènes, le changement constant. L'impermanence, c'est Anitya en sanscrit. C'est Anitsha en Pali. L'impermanence, vous la voyez tous les jours en fait. On change tout le temps. Changement physique. Vous avez... Vous étiez bébé, vous êtes devenu des adultes. Vous étiez jeune, vous êtes un tout petit peu plus vieux. Vous avez peut-être des cheveux blancs. Ou vous vous voûtez peut-être un tout petit peu, ou vous avez peut-être un tout petit peu mal. C'est un changement. Des changements émotionnels et aussi des changements mentaux. Alors là, c'est le tourbillon constant des idées qui nous assaillent. Le changement avec les expériences. J'ai commencé avec le yoga persuadée que c'était vraiment la voie qu'il me fallait pour aller vers je ne sais pas quoi, pour être très honnête. Et puis maintenant, je me dis que c'est plus le bouddhisme qui correspond plus à mon idée. La principale, c'est que le yoga est un chemin de libération personnelle qui a énormément de valeur. Mais je pense que pour moi, par exemple, la voie de libération, c'est celle du bouddhisme avec sa composante compassion, qui est très importante pour moi. Et puis aussi les changements dans les relations et les conditions extérieures. Vous pouvez le voir, les amis que vous aviez à la maternelle ne sont pas forcément les amis que vous aviez quand vous aviez 20 ans, les amis que vous avez au bureau, les amis que vous avez à la salle de sport ou dans votre association, les amis que vous avez sur le tapis de yoga. Tout change. Le yoga et le bouddhisme, les deux, ont fait une constatation. c'est que l'idée de permanence conduit à la souffrance. C'est d'ailleurs la première noble vérité, ou vérité des nobles, du Bouddha, que de dire que nous souffrons à cause de nos attachements, et parce que nous pensons, nous restons attachés à cette idée que les choses... ne change pas. Avec le yoga, ça sera l'idée qu'en fait nous ne mourrons pas. Et c'est Abhivinesha, c'est vraiment l'idée de la peur de la mort et cet attachement à cette peur qui nous fait souffrir. Mais pas que, c'est très complexe, mais c'est un des aspects. Et les deux, La philosophie nous demande en définitive de cultiver l'observation, le détachement que l'on appelle Vairagya en yoga. En bouddhisme, ça ira sur l'idée de vacuité. On se rejoint sur l'idée du karma, c'est-à-dire la causalité. Une action passée va définir une action présente, puis future. Et il s'agit de vivre en conscience afin de briser le cycle du samsara. Mais c'est quoi le cycle du samsara ? C'est cette idée que, en fait, non. On ne recherche pas la réincarnation, je le redis, on ne recherche pas la réincarnation. Surtout, surtout, sortez de votre tête cette idée du New Age qu'on voit partout, qui est l'effervescence par excellence de la représentation de l'ego. L'ego qui nous fait penser qu'on va se réincarner, mais surtout pas dans une fourmi ou un batracien, mais plutôt dans un être supérieur, comme Shiva, comme un Bouddha, ou bien comme une autre star. Bouddhisme et yoga ne recherchent qu'une seule chose, c'est sortir de ce cycle de réincarnation. C'est mettre fin au cycle des souffrances. Pour vous faire prendre la mesure de ce qu'est le changement perpétuel, le plus simple, c'est de regarder le changement perpétuel de la nature. Et cette idée d'impermanence, elle existe déjà avec la science. Et c'est très intéressant parce que la science était extrêmement liée aussi à la philosophie et, on va dire, à la spiritualité. Si on monte au Vème siècle avant Jésus-Christ, dans la philosophie grecque, on a eu Héraclite. qui regardait le ciel. Et Héraclite a écrit que l'univers était en perpétuel devenir, en mouvement et en écoulement. Il n'y avait ni commencement ni fin. Dans le même temps, on a eu Parménide, qui lui a dit exactement l'inverse. Il a complètement rejeté la notion d'évolution. Parce qu'elle était incompatible avec cette idée de l'être qui était un, immuable, continu et éternel. On voit déjà l'affrontement entre la science et la spiritualité. L'être un, le Dieu, se trouvait dans le ciel et lui, il ne pouvait pas bouger. Il était là depuis le départ, il sera là encore après nous. L'immuabilité de l'être. Il faut attendre le IVe siècle après Jésus-Christ. Non, toujours avant Jésus-Christ, pardon, avec Aristote. Aristote qui a combiné en fait les deux idées. C'est-à-dire qu'on a un univers centré sur une terre qui, elle, est immobile. Un non-changement qui est associé en même temps au ciel où Dieu réside, parfait et permanent. Tout changement est associé au monde imparfait de la terre et de la lune. Donc vous avez cette dichotomie entre le ciel et la Terre. Au XVIe siècle, ça commence à changer. Pourquoi ? Au XVIe siècle, on voit visuellement l'apparition de supernovas qui sont bien au-delà de la Lune, donc dans ce ciel immuable. En fait, l'homme ne pouvait pas imaginer qu'après la Lune, il y avait un espace infini. mais qui changeaient tout le temps. On était plutôt dans la visualisation d'un univers qui s'arrêtait juste à un écran noir à la limite de nos yeux et surtout qui ne bougeait pas, un écran noir. Au XVIIe siècle, avec Newton et la théorie de la gravité, le ciel est devenu aussi changeant que la Terre. Tout change. Tout bouge. C'est ce qu'on appelle le balai cosmique. Et pour vous donner le vertige, parce qu'à chaque fois que je vois cette description, j'en ai le vertige. Donc l'idée c'est que nous nous prenons comme point de référence. Et on se voit, on ne bouge pas, c'est la Terre qui bouge, mais nous on ne se voit pas bouger. Donc le changement il est là, c'est quand on regarde à l'infiniment grand. Si on regarde l'infiniment grand, on voit la Terre. La Terre qui fait déjà une rotation sur elle-même. Et puis qui tourne autour du Soleil à une vitesse de 30 km. par seconde. Et tout cela s'articule vers la voie lactée à la vitesse de 220 km par seconde. Et la voie lactée et tout l'ensemble tombent vers Andromède à une vitesse de 600 km par seconde. Et cette... Je ne sais même plus comment expliquer ça, mais toute cette... « Ensemble » est attiré par l'ama de la Vierge et le super-ama de l'hydre et du centaure. Eux-mêmes attirés par ce qu'on appelle le grand attracteur. C'est vertigineux, il n'y a pas de fin. Mais ça change, ça bouge tout le temps, du mouvement perpétuel. Donc vous voyez déjà l'idée de « c'est sans fin, donc c'est constant parce que c'est sans fin » . Mais non, en même temps, ça change tout le temps. À chaque fraction de seconde, l'univers, le multivers, puisque l'univers, c'est nous, c'est la Terre, avec le système solaire, mais ça va bien au-delà de ça, ça bouge, ça bouge tout le temps. Maintenant, on peut voir de l'autre côté, au niveau microscopique. C'est exactement la même chose. Vous pénétrez dans la matière, vous avez les atomes, vous allez un tout petit peu plus loin, jusqu'à remonter à la brique que l'on pense être la brique fondamentale. de la matière, le quark. Mais le quark lui-même change. La structure qui est juste au-dessus change aussi. Tout change. Donc, quand vous regardez, par exemple, vos écouteurs ou votre téléphone, en fait, ils sont constitués d'atomes qui bougent tout le temps. La matière change. La nature d'un objet change constamment. Les saisons, les rythmes des années vous permettent d'appréhender qu'il y a un changement constant. Et pour autant, on reste scotché sur l'idée que tout est permanent. On oublie parce qu'on oublie qu'un jour notre vie va s'achever. Alors, pour nous, quand on meurt, c'est une fin. Dans le bouddhisme, dans l'hindouisme... Ce n'est pas une fin, c'est juste une transformation. Par exemple, dans le bouddhisme, le corps matériel, lui, effectivement, va mourir. Mais il y a une espèce de particule de notre esprit qui, lui, va s'échapper du corps, si vous voulez, va être là tout le temps. Une espèce de particule qui est tout le temps présente. Vous allez me dire, mais alors c'est permanent. Oui et non, puisque ce germe va se retrouver quelque part et va donner naissance à une autre personne. Donc il y a un changement constant. C'est un peu aussi l'idée avec la trimourdie. Donc là je vous renvoie à, je crois, l'avant-dernier podcast ou le dernier podcast que j'ai fait au fil du yoga où j'ai parlé de la trimourdie. La trimourdie c'est quoi ? C'est les trois dieux de l'Inde, Brahma, Vishnu et Shiva. Brahma qui est le créateur, Vishnu qui est la continuité et Shiva qui est le destructeur. Mais parce que c'est un mouvement perpétuel qui ne s'arrête pas. Donc bien garder en tête cette idée. Alors, quelle est la cause de cette idée que tout est permanent ? Et que donc, on devrait aussi, en Occident c'est devenu cette idée, c'est que non seulement tout est permanent, mais en plus, quand on est dans un état, ça sera permanent. Et en fait, je voulais en venir à l'idée qu'il y a des hauts et des bas dans la vie. Parce que rien n'est permanent. Il y a des hauts et des bas. Vous avez certainement dû en connaître. Vous en connaîtrez peut-être encore. Et l'idée, avec le yoga et le bouddhisme, c'est en fait de reconnaître que non seulement il y a des hauts et des bas, mais que l'on peut, par contre, faire en sorte de ne plus être attaché à ce terrible yo-yo, ce qu'on appelle en yoga les vrittis. notamment cette fragmentation issue du mental On pourra voir que tout ceci est lié à nos attachements. L'attachement à la vie, l'attachement à des idées. Bien sûr, nous recevons une éducation. Bien sûr, nous évoluons et vous vous apercevrez que vous évoluez. Mais il y a des petites évolutions, il y a les grandes évolutions. Et sur les grandes évolutions, on a plutôt du mal. On pense qu'on ne peut pas changer, comme on pense que l'on peut être mauvais ou que l'on est très bon. mais c'est surtout parce qu'il y a l'intervention de l'ego. Cet ego qui masque la réalité de ce que nous sommes réellement. Je parle avec une certaine prudence parce qu'en fait, il y aurait une immense différence entre yoga et bouddhisme sur la question du soi. Mais si vous voulez bien, j'aborderai cette question beaucoup, beaucoup, beaucoup plus tard parce que ce n'est pas simple déjà pour moi à comprendre et en plus à... transmettre. Il faut s'ouvrir au changement. Le changement par exemple en yoga c'est Parinama. Vous retrouvez cette notion dans le deuxième chapitre des yoga sutras, la Sadhanapada de Patanjali, au sutra numéro 15. Et là je vais vous donner en fait la lecture cette fois-ci dans notre bon vieux français directement. La première traduction issue du livre de Françoise Mazet, les Yoga Sutras de Patanjali, qui nous dit, qui traduit le Sutra de cette façon, l'ignorance de la réalité, c'est prendre l'impermanent, l'impur, le malheur, ce qui n'est pas le soi pour le permanent, le pur, le bonheur, le soi. Et puis nous avons une deuxième traduction de Jean Bouchard d'Orval. qui nous dit qu'on nomme errance l'incompétence à distinguer le mortel de l'éternel, l'impur du pur, la souffrance de la joie et le non-soi du soi. Donc vous voyez que la permanence, l'idée que tout est permanent nous conduit à l'errance, à méconnaître les choses, à ne pas distinguer les choses, parce que nous avons comme une espèce, un voile. Un voile d'illusion qui s'appelle l'ignorance, avidya, qui nous aveugle. Cette ignorance, elle existe aussi en bouddhisme. Et l'idée, c'est d'aller au-delà de cette ignorance, en purifiant notre façon de penser, d'être, de nous considérer, en observant, en étant l'observateur de soi. et en méditant jusqu'à atteindre, alors en bouddhisme forcément ça sera l'éveil, mais donc cette libération. La libération elle existe aussi bien dans le yoga que dans le bouddhisme. Tout ce qu'on fait c'est se libérer de nos attachements, de nos aveuglements, pour voir les choses telles qu'elles sont. Voir les choses telles qu'elles sont ça s'appelle le... discernement, viveka en yoga. Le discernement c'est quoi ? C'est donc voir quels sont nos attachements. Pourquoi je suis réticent face à certaines situations ? Pourquoi je ne veux pas que ça change ? Parce que nous avons des habitudes, les habitudes qui nous confortent, nous réconfortent en définitive, même si cette habitude nous fait mal, nous fait souffrir. Parce que nous anticipons la peur. En fait, l'être humain est dans l'anticipation. C'est un peu comme si on vous disait que c'est le cerveau de nos ancêtres, le cerveau reptilien, ce qui n'est pas forcément faux d'ailleurs, qui nous conditionne, qui nous dit attention, là, changement, je ne sais pas où je vais, donc j'ai peur par avance. Donc je ne suis pas confortable. Donc, je n'y vais pas. Et on préfère rester, ok, j'ai peur, mais en fait, je connais cette peur. Donc, je suis familier avec cette peur. C'est l'inconnu, en fait, qui nous dérange. L'inconnu de changer de travail, l'inconnu de changer, j'allais dire, de partenaire, ou de changer simplement nos habitudes, se lever une demi-heure plus tôt ou pas. Parce que l'être humain recherche la stabilité. En fait, il faut oser. D'abord, il faut savoir que la stabilité, on peut la trouver après l'inconfort. Parce qu'effectivement... Ce que nous demande le yoga, ce que nous demande le bouddhisme, c'est d'aller en fait observer ce qui se passe en nous, le comprendre, le décrypter pour l'assimiler, puis ensuite pour couper ce qui ne convient pas, couper les fils de l'illusion. En bouddhisme par exemple, sachez que le symbolisme est extrêmement important. Et donc, vous verrez sur beaucoup de représentations picturales des différentes déités qui existent, qu'on appelle par exemple les tankas, vous verrez souvent certaines déités porter un sabre ou une hache pour couper les voiles de l'illusion, les fils qui nous retiennent, nos attachements. On associe beaucoup, parce qu'on est dans la stabilité, on associe beaucoup l'impermanence à la perte de stabilité. à quelque chose de négatif. Oui, quand on entreprend le chemin du yoga, le chemin du bouddhisme, parce qu'on se pose beaucoup de questions, il faut être honnête, du coup, on vit ses hauts et ses bas. Là, l'idée, c'est qu'en fait, on peut vivre ses hauts et ses bas sans pour autant rentrer dans ses hauts et ses bas et en fait, être dans une certaine neutralité. Cette neutralité... C'est celle justement de l'impermanence. Mais il faut aller au-delà de cette absence de confort, aller vers cet inconnu. Vous savez, en fait, parce que je relisais mes notes, souvenez-vous, parce que vous devez tous connaître, la chanson des Rolling Stones, I Can't Get Satisfaction. De fait, l'être humain ne peut jamais avoir de satisfaction. On croit qu'on peut avoir de la satisfaction. Je crois que j'ai parlé une fois, quand je discoursais sur les yogas sutras de Patanjali, quand je parlais de la fragmentation du mental, donc des vrittis du citta, et qu'on voulait y mettre fin. C'était cette idée qu'en fait, on se nourrissait de désirs parce que chaque désir n'était jamais satisfait. L'exemple le plus bateau, c'est celui de dire « je veux absolument ça » . Par exemple, je veux acheter ce sac à main. Je le veux, je le veux, j'en rêve, j'en rêve, des jours et des jours. Je n'ai pas suffisamment d'argent, mais je continue d'en rêver jusqu'au jour où je vais l'acheter. Et là, de fait, on l'a. Et pendant un temps, on pense être satisfait, puis tout d'un coup, on voit autre chose et on a envie de cette chose-là. Eh bien, c'est ça, en fait. C'est le désir, c'est l'attachement à ces désirs. Jamais, jamais satisfait. Qu'est-ce que nous conseille le yoga ? Qu'est-ce que nous conseille le bouddhisme ? En très gros, parce qu'en fait, c'est tout le chemin du yoga et c'est tout le chemin du bouddhisme, c'est de retrouver cette espèce de paix mentale, cette libération. On parle même d'isolation kaivalya en yoga, parce qu'en fait, il s'agit de se couper de toute cette souffrance qui se trouve autour de nous, de ne surtout pas se réincarner, puisque nous revivrions cette souffrance par, oui, un peu d'asanas, beaucoup de méditation, et de même dans le bouddhisme, et puis de comprendre. De comprendre, par exemple, en bouddhisme, c'est la vacuité. l'interdépendance. En yoga, ça sera l'éveil du soi, mais du soi qui se confond avec l'absolu, ce qui est là la grande différence avec le bouddhisme. Donc, juste pour revenir à l'instant, au tout départ, le seul message aujourd'hui, parce qu'il n'est pas question d'étudier, d'aller au-delà de ce podcast, mais en tout cas de se rendre compte que La vie, oui, elle est faite de haut et de bas. Quoi est-elle faite de haut et de bas ? Eh bien, parce que nous sommes attachés à des choses et quand nous ne pouvons pas satisfaire nos désirs, forcément, nous avons nos bas. Et quand nous avons satisfait nos désirs, nous avons nos hauts. Après, les désirs, ce n'est pas que le sac à main. C'est encore beaucoup de choses. Donc, l'idée, c'est de s'observer. de prendre le temps de ralentir et de voir. Alors à l'échelle de notre vie humaine, peut-être que ça ne sera pas suffisant. Parce que pour les bouddhistes, ça peut prendre plusieurs vies par exemple. Je pense que, je connais moins en fait, mais je pense que pour le yoga et l'hindouisme qui est derrière, c'est la même chose. Mais on forge petit à petit chacun notre chemin et l'idée c'est d'observer ce qui se passe et notamment ce qui se passe dans nos têtes. Merci beaucoup d'avoir écouté ce premier épisode du podcast à l'ombre du Bagnan, Yoga et Bouddhisme. Je suis vraiment encore une fois ravie d'avoir repris le micro pour parler avec vous et longue vie à ce nouveau podcast. Et je vous dis à très bientôt pour un épisode très certainement lié aux émotions.