- Speaker #0
Au revoir est un podcast consacré au deuil périnatal. Le deuil périnatal, c'est le fait de perdre son bébé durant la grossesse, au moment de l'accouchement, ou quelques temps après sa naissance. Par conséquent, les épisodes de ce podcast abordent des questions sensibles et douloureuses. Avec mes invités, nous parlerons notamment d'arrêt naturel de grossesse, d'interruption médicale de grossesse, de mort in utero, ou encore du décès d'un enfant quelques minutes, heures, jours. ou semaine après sa naissance. Assurez-vous de pouvoir écouter cet épisode dans de bonnes conditions.
- Speaker #1
Et surtout, n'oubliez pas.
- Speaker #0
N'oubliez pas. Et surtout,
- Speaker #1
n'oubliez pas.
- Speaker #0
Dans le mot deuil, il y a certes le D. Le D.C.
- Speaker #1
Mais il y a aussi le E. d'espoir. D'espoir.
- Speaker #0
D'espoir. Et le I. Qu'on retrouve dans le mot vie. Qu'on retrouve dans le mot vie. Je vous souhaite une bonne écoute. Bonjour, c'est Sophie, la créatrice d'Aurorevoir Podcast. Je vous propose d'écouter dès à présent un extrait d'un épisode de la saison 3. Pour l'écouter en intégralité et découvrir tous les épisodes réalisés entre septembre 2020 et juin 2024, il y en a une centaine, rendez-vous sur la plateforme Substack, sur aurorevoirpodcast.substack.com. En vous abonnant à Substack, vous pourrez prendre le temps d'écouter tous ces... témoignages hors série et entretien en version complète. Et puis vous aurez aussi accès à la newsletter, à des contenus inédits, bref, des ressources supplémentaires pour lever le voile sur le deuil périnatal, pour briser le silence, sensibiliser à cette épreuve et vous apporter du soutien. L'abonnement sur Substack est payant, c'est ce qui permet de continuer à faire vivre ce podcast. Alors si au revoir podcast ! vous a permis de vous sentir moins seul ou de mieux accompagner une personne qui traverse un deuil périnatal, soutenez à votre tour au Revoir Podcast. Je vous donne rendez-vous sur Substack et je vous souhaite une belle écoute de cet extrait. Et puis n'oubliez pas, les épisodes de la saison 5, mis en ligne à partir de septembre 2024, restent gratuits et en libre accès.
- Speaker #1
Déjà, j'ai eu la chance de faire vivre toujours Louise. Pendant les 16 mois où je n'ai pas eu Clémence, pendant ces 16 mois-là, j'ai continué de la faire vivre d'une autre manière. Je savais, en fait, quand j'ai perdu ma fille, j'essayais de chercher du réconfort et du soutien là où je n'en avais pas. Et je suis tombée sur une maman qui avait elle-même perdu sa fille, Juliette. Et à chaque fois, je dis que c'est la meilleure amie de ma fille. au paradis. Et elle m'a dit une phrase qui résonne et qui résonnera toujours, c'est « tu n'es plus sa maman-maman, mais tu peux être une maman autrement » . Et en fait, je me suis dit « bah oui, pourquoi pas l'être autrement ? Louise, elle n'aura pas besoin de veilleuse pour sa chambre, mais elle aura peut-être besoin de veilleuse au cimetière avec tout ce qui est lampes solaires, elle aura peut-être besoin… » Donc j'ai été maman autrement à ce moment-là. C'est le temps qu'il me fallait pour être une autre maman. Et du coup, quand Clémence est arrivée, il y avait déjà tout ça qui était mis en place. Donc du coup, je n'ai rien eu à changer. Je n'ai pas eu un autre équilibre à trouver. C'était déjà imposé. Et Clémence, très petite, on lui a parlé de sa sœur. Donc on l'a emmenée au cimetière. Et ce n'est pas que le chagrin était passé, mais elle n'a pas vécu les phases où on pleurait au cimetière. Elle a connu que le côté salvateur de l'emmener, lui présenter. Donc du coup, ça s'est toujours fait très facilement avec elle. lui montrer qu'il faut nettoyer les lattons, lui arroser ses fleurs. Donc Clémence, en fait, elle a fait avec nous ce chemin. Elle nous a incité à aller vers la vie, mais la vie avec Louise. Donc elle-même inclut sa sœur dans tout ça. Quand on va dans un magasin à chaque fois de fleurs et qu'elle nous dit « je veux une fleur pour Louise » , ben oui, même si nous on n'y pense pas, elle, elle y pense. Donc il y a comme une relève et on se sent… rassurée dans nos émotions quand elle est avec nous. Il y a maintenant Salome qui commence à comprendre plus de choses. Elle connaît le cimetière, elle sait quand on passe devant que c'est pour sa sœur. Donc Louise a toujours fait partie de ce paysage familial constamment, tout le temps. Elle est là au-dessus, même si au moment où on ne la voit pas, quand Clémence me pose des questions sur sa sœur, je lui réponds. le plus facilement possible et j'essaye vraiment d'apporter des mots juste pour qu'elles les comprennent. Il n'y a pas le poids du deuil qui leur est imposé sur les épaules, au contraire c'est... Toute la belle partie, celle d'entretenir quelque chose pour quelqu'un, le faire parce qu'on aime les fleurs, le faire parce qu'on pense à elle et c'est tout. Que des choses très positives en fait.
- Speaker #0
Le deuil périnatal, ça a un début et ça n'a pas de fin. Je crois qu'il faut l'entendre. On ne termine jamais son deuil. On chemine au quotidien, c'est un processus long qui dure toute une vie. Parce qu'on ne l'oublie pas, ce bébé, ce bébé qu'on attendait, qu'on aimait, avec qui on a partagé tant de choses. Quand on est frappé par la mort de son enfant, on saute à pieds joints dans cette épreuve si dure et si méconnue et si injuste, on voudrait nous faire croire que les éventuelles grossesses suivantes, que les enfants qui viendraient agrandir la famille, seraient comme le point final de ce deuil. Mais non, c'est faux. Et ce n'est pas mon invité, Laura, qui dira le contraire. L'absence, c'est pour toute la vie. Sa première fille, Louise, sera pour toujours absente, invisible aux yeux des autres, mais d'une absence très particulière. Parce que Louise, elle vit autrement. Louise, elle vit dans les dates anniversaires, dans ce mois de février qui a vu naître deux de ses trois petites sœurs, mais aussi dans ce lien que Laura et son compagnon visent entre chacune de leurs filles. Oui, Louise, elle n'est plus là, mais elle est donc là d'une autre manière. Une présence-absence donc. Elle est là pour Laura, c'est sa bonne étoile qui se révèle à elle et qui lui fait des clins d'œil. Elle est sur ses photos et ses dessins, sur ses souvenirs, qui tapissent son cœur et les murs de sa chambre. Et puis Louise, elle est là pour ses sœurs, pour Clémence, pour Salomé, pour Romu. Louise, c'est cette grande sœur avec qui elles ne peuvent pas jouer, mais une grande sœur qu'elles vont voir régulièrement. qui elles offrent des fleurs, des bougies et des dessins. Au revoir podcast épisode 32, Laura, si c'est le lien entre Louise et ses petites sœurs. Dans cet épisode, c'est la voix de Laura que vous allez entendre. Laura a 28 ans et vit dans la campagne en plein milieu de la France avec son compagnon Jordan et leurs filles. Leur petit gang de filles. Il y a Clémence, née en février 2018, puis Salomé, arrivée en juillet 2019. Et puis il y a Romy, qui a pointé par surprise le bout de son nez en 2021. Et avant elles trois, il y a eu leur grande sœur Louise. Louise, qui est née le 25 février 2016, mais qui, quelques jours après sa venue au monde, a présenté de graves problèmes de santé, nécessitant une prise en charge en réanimation, loin de la maternité où Laura avait accouché. Louise, dont la courte vie, puisqu'elle est décédée le 1er mars suivant, a bouleversé à jamais la vie de ses parents et de ses sœurs.
- Speaker #1
Notre hôpital étant un... Un hôpital de niveau 2 a été transféré automatiquement en niveau 3, donc en réanimation néonatale, au CHU de Dijon, donc à 3 heures de chez nous, en hélicoptère. C'est là-bas qu'ils ont pu réaliser des tests, voir ce qui n'allait pas. Jusque-là, on ne savait pas du tout ce qui se passait. On n'avait aucune idée de ce qu'elle avait, ni de la sévérité de la maladie. On ignorait tout, on pensait juste qu'elle allait être sauvée puisqu'elle était dans un plus grand hôpital. Et arrivé là-bas, en fait, non, ils nous ont expliqué qu'elle était atteinte, selon eux, d'une maladie rare et incurable et que malheureusement, tout ce qu'ils avaient pu mettre en place jusque-là, ça n'allait pas tenir puisque la pauvre s'affaiblissait et qu'il n'y avait rien à faire et qu'elle allait mourir.
- Speaker #0
Louise a vécu six petits jours. Louis, ce bébé tant attendu, laisse Laura et Jordan, parents orphelins. Et c'est un autre monde qu'il découvre rapidement, bien loin de ce qu'il s'était imaginé. Un monde peuplé d'émotions violentes, d'émotions jamais ressenties dans ses proportions. Un monde dans lequel vous saute au visage des mots qu'on aimerait ne jamais entendre. Test génétique, maladie métabolique, risque de transmission, de récidive et l'attente. L'attente, car six mois sont nécessaires avant que Laura puisse connaître la maladie de sa fille et en savoir plus. plus sur son impact lorsque Jordan et elle songeront à avoir d'autres enfants.
- Speaker #1
Disons qu'en fait, à l'hôpital, ils nous avaient très clairement parlé de la fratrie qui arriverait après, en parlant de la maladie de Louise. Ils nous ont expliqué que ça provait du génétique et donc du coup, on a dû faire des tests génétiques et que pendant les quelques mois qui ont suivi le diagnostic, les examens, etc., comme on ne savait rien, c'était sur pause, on ne pouvait pas avoir enfin, ils nous ont très clairement fait comprendre qu'on ne devait pas essayer d'avoir des enfants tant qu'ils ne savaient pas, on ne pouvait pas alors j'avais hâte parce que j'étais prête à être maman j'étais déjà maman en fait donc j'avais l'impression qu'on me rajoutait du délai ils préparent au fait qu'il n'y aurait peut-être pas de résultats ou que les résultats ne soient pas ceux qu'on attendait et c'est vrai que le jour où nous on a eu les résultats, la réponse Merci. Et en fait, ça ne collait pas avec ce que je l'imaginais. Je me suis pris une claque ce jour-là. J'ai eu le décès qui était très, très difficile, éprouvant. C'était la pire claque de ma vie. Mais alors, le jour où j'ai appris que, ben non, c'était pas accidentogène comme ils pouvaient l'espérer, c'est malheureux à dire, mais ils l'espéraient, que c'était pas elle qui avait contracté cette mutation toute seule en se créant ces gènes. mais que ce n'était même pas l'un de nous deux, mais nous deux, ça a été difficile. C'est là où on a compris que la course à la maternité allait être très compliquée après.
- Speaker #0
Si vous souhaitez poursuivre l'écoute de cet épisode, rendez-vous sur aurorepodcast.substac.com. Le lien direct vers cet épisode est disponible en description. À très bientôt !