Speaker #0Bonjour, je m'appelle Gilles Rossari-Langlais et vous écoutez « Au monstre que nous sommes » , le podcast d'humeur et d'opinion. L'IA, la voleuse d'âme, podcast en quatre épisodes. Le premier épisode s'intitule « L'intelligence artificielle existe-t-elle ? » IA ou AI Pour les anglo-saxons, ces deux lettres sont devenues, en moins de dix ans, le nouvel Eldorado pour certains, et le vilain, méchant, croque-mitaine pour d'autres, et comme dans toute chose. La vérité est beaucoup plus nuancée, et cela quel que soit le camp. I, Artificial Intelligence, ou pour nous francophones, IA, c'est-à-dire Intelligence artificielle est un sujet qui est omniprésent dans l'industrie. L'éducation, le médical, la création, la technologie et j'en passe. Il n'y a pas un pan de nos sociétés occidentales qui ne soit pas en lien de nos jours avec l'IA. Même dans le monde agricole ou l'écologie, on l'utilise pour les uns. Afin d'optimiser les rendements et pour les autres, d'établir, par exemple, des modèles de compréhension de nos impacts sur notre planète. L'IA est partout et ce fait tente à se développer d'une manière exponentielle. Et pour ma part, ce n'est pas un problème. Mais avant de vous développer les raisons me faisant formuler cette opinion, Il est à mon sens primordial de planter le décor. J'aborderai donc ce sujet en quatre épisodes. Premier épisode s'intitulant « L'intelligence artificielle existe-t-elle ? » Deuxième épisode s'intitulant « Ici coule le fleuve de l'humanité » . Troisième épisode s'intitulant « Pourquoi faire ? » Pour qui ? Pourquoi ? Et enfin, le... quatrième épisode s'intitulant « La cinquième colonne » . Alors commençons. Par une question qui, de prime abord, peut sembler simple et même simpliste, l'intelligence artificielle existe-t-elle ? Je me visualise ici avec amusement le flot de commentaires que je vais recevoir me traitant d'imbécile et je reste poli. considérant que de facto l'IA existe, puisque, et j'en fais partie, nous l'utilisons. C'est d'ailleurs son emploi pour la confection d'une des vidéos servant de teaser, ou bande-annonce comme on disait auparavant, afin de faire connaître mon podcast, qui a donné à une amie l'idée de me demander de traiter ce sujet loin des discours, soit techniques, soit proches du religieux. En effet. Quand on écoute les différents camps donnant leur avis sur l'IA, on est soit dans le salut, soit dans l'adamnation. Rien que ça. Ce biais plaçant l'IA sur des champs qui lui sont impropres nous rend impossible une bonne vision de ce sujet et bien entendu les justes comportements à avoir. Car oui, il va falloir apprendre à vivre avec l'IA, vu qu'elle est parmi nous. et n'a aucune raison de s'arrêter. Même si vous renaclez à utiliser les Gemini et Ausha GPT, vous interagissez déjà depuis plusieurs années avec des IA. On peut ici éclaircir un premier point de confusion, celle entre IA et algorithme. Et comprendre ceci est, à mon sens, édifiant, et surtout un point important pouvant nous permettre d'éviter des écueils. Je sais que certains vont hurler à la simplification dans mes propos à venir, voire aux inexactitudes. Mais l'important à mes yeux est qu'à la fin de mes podcasts, vous appréhendiez mieux certains sujets et surtout de vous offrir outils et armes pour Ne plus être noyé sous des flots d'incompréhension et savoir comment agir. et réagir. Donc l'image que je vais vous donner dans ce cas de figure est que les algorithmes sont les bras armés ou les employés zélés des intelligences artificielles. Certains vont objecter que les IA sont faites en trop d'algorithmes, ce qui est vrai, mais balayons cela, car ce qui compte n'est pas ce en quoi elle est faite, mais son utilisation. En somme, si une voiture a des boulons, l'important dans ce que je vais exposer n'est pas cela, mais où cette voiture nous mène et comment. Car en ce qui nous concerne, et donc nous intéresse, dans notre vie de tous les jours, nous aurons plus affaire aux algorithmes. Le dictionnaire Le Robert nous donne comme définition du mot algorithme deux points, ouvrez les guillemets, « Ensemble des règles opératoires propres à un calcul. Suite de règles formelles. » Voilà, voilà, nous voici bien avancés, car si on n'est ni mathématicien ni informaticien, cela ne nous éclaire peu ou pas sur LA question, la vraie question, dans ma vie. À quoi sert un algorithme ? Je vais vous donner deux points de vue et donc deux images. Si on se base sur notre quotidien, je dirais qu'ils sont nos valets, nos grooms, notre personnel. Et ce personnel est pléthore. Et du point de vue de l'IA, en relation avec nous, les algorithmes sont ces informateurs, ces fiches, ces espions, mais aussi ces ouvriers et même ces soldats. Il faut comprendre que bon nombre d'algorithmes qui nous sont dévolus sont mis en place pour et par l'IA. S'ils n'étaient que des courroies transmission, ce qu'ils sont majoritairement, il n'y aurait ici rien à redire. Or, certains se mettent à nous influencer directement et indirectement. Et c'est là que ce nouvel outil, que ces nouveaux outils, peuvent engendrer de graves dangers. Mais avant de s'interroger sur ces problématiques, revenons sur la question-titre de cet épisode. Peut-on dire que l'IA est une intelligence artificielle ? Pour cela, retournons à notre dictionnaire Le Robert. Quelle est sa définition de l'intelligence ? On peut lire, de point, ouvrez les guillemets, faculté de connaître, de comprendre, qualité de l'esprit qui comprend et s'adapte... facilement l'ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance rationnelle et rajouter entre parenthèses opposées à sensation et à intuition. Fermez la parenthèse, point, fermons les guillemets. Pourquoi suis-je revenu aux définitions académiques et surtout sur le mot intelligence ? Car l'importance de la connaissance, c'est la connaissance. Pourtant, dans l'IA, c'est le mot « intelligence » et non le mot « artificiel » , puisqu'il est évident qu'à l'heure où j'enregistre ce podcast, les circuits imprimés sont du domaine du manufacturé et donc ce qui compose l'objet de nos interrogations est assurément artificiel. De même, on sait que l'intelligence artificielle apprend seule ou aidée par l'homme. Cet apprentissage lui permet de connaître, comprendre notre monde, nos réalités et les humains qui interagissent avec elle. Pourtant, on dit souvent que l'important dans un contrat sont les astéries ou ce qui est écrit en petit. Ici, dans la définition que donne le Robert, à mon sens, le primordial est ce qui est écrit entre parenthèses, c'est-à-dire qu'est rattaché à l'intelligence le mot rationnel et qu'en opposition il y a les sensations et l'intuition. Or dire que notre intelligence s'est coupée de nos ressentis est de la pure connexion. Car si arbitrairement, par exemple je dis que l'intelligence est en noir et blanc et notre ressenti en couleur, il apparaît évident que nous aimons, détestons, sommes attirés comme répulsés. par les couleurs. Et cela aura un impact sur nos manières d'apprendre, de retenir et de traiter les informations. L'intelligence ne peut être séparée de l'émotion car croire que nous pouvons parfois n'être que pur esprit est un conte pour enfants et je dirais même heureusement. Car l'intelligence froide, c'est s'amputer de notre libre arbitre. Et c'est entre autres... ceux-là qui inquiètent scientifiques et commentateurs sur l'IA. Une intelligence froide, sans conscience, remords, bonté, doute. Ce qui fait de nous des humains, ce sont toutes cette panoplie de sentiments autour de l'information et de la pensée. Musique Musique Musique Musique Or donc, si le doute est absent de l'IA ? Le mot « intelligence » , peut-il être employé pour la qualifier, la définir ? C'est là une vraie question. Descartes ! Dans son discours de la méthode, nous dit Cogito ergo sum, « Je pense, donc je suis » . Il offre un ensemble de points permettant une approche réellement intelligente, scientifique, des choses de la vie. Et le doute en est un des points cardinaux. Oui, les IA apprennent, et c'est évident, de manière beaucoup plus rapide que n'importe quel humain sur cette... planète. Mais cela les rend-elles pour autant intelligentes ? Par exemple, parlons ici d'une seule IA avec qui nous interagirions. Car là aussi, nous nous méprenons. Il n'y a pas une, mais des IA et souvent d'entreprises concurrentes. Donc quand nous échangeons avec elles, ne nous retrouvons-nous pas plutôt face à un miroir ? Lorsque nous conversons avec elles, ce sont bien ces algorithmes à elle qui interviennent. Par ces outils, au fil de nos diverses interconnexions avec le monde numérique, elle apprend à nous connaître. Elle saura répondre à toutes nos questions, les anticipant même à force d'interagir avec nous. Mais elle, se connaît-elle ? En dehors d'accumuler du savoir, ces algorithmes lui offrent-ils plus que les définitions livresque d'un monde qui lui est au final très extérieur, puisqu'elle n'est pas incarnée, et que ses sens se limitent à moins de 50% des nôtres. Elle possède la vue via nos caméras, et l'ouïe via nos micros, mais qu'une partie infime de l'expérience du toucher, et je ne parle pas de l'odorat et du goût, elle n'aura vécu que peu de frustration, ni l'humiliation, la joie, le plaisir et tout le reste qui fait de nous des animaux sensibles. L'IA est pour le moment connaissance et non intelligence. Notre rapport à elle est donc biaisé par le nom qu'on lui a donné. Elle est à ce jour un puits, que dis-je, un trou noir qui dévore toutes les connaissances du monde. Connaissance cruciale, comme fut-il. Les seules limites de sa voracité sont les serveurs qui stockent ses données. Pourtant, savoir cela n'est pas qu'informatif, c'est aussi performatif, car il faut aussi comprendre que ces ouvriers ailés que sont les algorithmes qu'elles disposent sur nous et autour de nous deviennent des chevaux de Troie. Ils ne sont plus là uniquement pour comprendre. Dorénavant, ils ont la capacité de nous changer. Rien que cela, allez-vous me dire. L'impensable est à l'œuvre. On panique sur ce que l'IRA pourrait devenir à l'avenir, et à l'avenir nous retirer. On tremble dans les chaumières de l'avènement de robots ou drones tueurs à la manière de Terminator. Et j'oublie encore un nombre incalculable de... peur liée à l'évocation de l'IA. À force de jouer à se faire peur, on laisse le vrai problème, qui lui n'est pas futuriste, mais bien actuel, agir sur nous et notre société. Les fameux algorithmes nous enfermant dans des boucles qui nous coupent de toute altérité. En gros, plus on avance, plus chaque individu sur cette planète ne se confronte plus, mais sans que de ce qu'il connaît déjà, qu'il ou elle valide. Et tout le reste n'est qu'ennemis et barbarie. En dix ans, l'humanité a reculé de cinq mille ans. Nous voici à l'aube des créations des nouvelles cités de l'humanité. Nous ne faisons plus acte de civilisation sur les mêmes lois, tabous qu'avant. Oui, les algorithmes que les IA nous ont accolés détruisent le pacte faisant de nous humanité. Mais la faute ne vient ni des IA ou de leurs armées ailées, mais bien de leurs fondateurs. Vous remarquerez que je ne dis pas créateurs, car les scientifiques ne sont pas ici les vrais responsables, mais bien ceux qui paient les recherches, leur développement, et pour finir, leur application. Ces géants de la tech ont leur vision. Elles sont différentes. de l'avenir et les mettre en œuvre. Il ne faut pas bêtement les condamner, car finalement nous sommes tous aussi responsables de cette situation. Il faut comprendre, connaître et enfin décider la vision que nous voulons porter. Pour faire simple, non, les GAFAM ne sont pas un monolithe, mais une constellation. Il y a des philosophies que nous rejetons et d'autres qui sont nôtres. Et de manière raciste, c'est considéré aussi que le monde sera finalement dirigé par des entités occidentales, donc blanches, donc comme nous. Il y a bien ce genre de biais qui sont aussi à l'œuvre, car un monde dirigé par les GAFAM est un monde où nous aurions une place privilégiée. Vous savez, le bon vieux privilège blanc. Alors, sacrifier un... peu de nos libertés, si cela permet à nous, entre guillemets, les bons gros blancs dont je fais partie, si cela nous permet de surnager, ce n'est pas si cher payé. Or, et heureusement, l'avènement de l'Asie, de l'Amérique du Sud, de l'Afrique vont chambouler tout cela. Et ne doutez pas une seconde que cette saloperie de privilèges blancs que je vais traiter dans le prochain podcast. va devenir un boulet d'ici une génération. C'est donc à nous de porter les utopies convergentes et émancipatrices avec nos espérances. Car non, ni les algorithmes, ni les IA vont disparaître. Mais alors nous, dans tout cela, c'est ce que nous aborderons dans notre prochain rendez-vous qui s'intitulera « Ici coule » . Le fleuve de l'humanité. Je m'appelle Gilles Rossary-Langlais et vous venez d'écouter L'intelligence artificielle existe-t-elle ? Premier épisode de L'IA, voleuse d'âme. Podcast en quatre parties. Monstres que nous sommes, le podcast d'humeur et d'opinion. Tous mes remerciements à vous qui écoutez mes podcasts et n'oubliez pas de les partager, liker et parlez-en autour de vous. Merci pour la photo originale à Laurent d'Olivera. Montage photo sur le logiciel Imagen, création des vidéos des teasers VO3, Musique, composition et interprétation N-Dong Au monstre que nous sommes, un podcast écrit par Gilles Rossary-Langlais