- Speaker #0
Alors il y a une formule que j'aime bien, c'est nos emplettes sont nos emplois Et c'est vrai que l'achat de produits alimentaires, ça a un sens et ça a un vrai impact. Parce que derrière les produits SICO, derrière les étiquettes, il y a des activités économiques, il y a un tissu régional et il y a des emplois effectivement non délocalisables.
- Speaker #1
Bienvenue dans Aux sources de la qualité le podcast des produits d'excellence du terroir d'Occitanie. Ce podcast vous est proposé par l'IRCALIM. l'Institut Régional de la Qualité Agroalimentaire d'Occitanie, association dédiée à la valorisation et à la promotion des 260 filières agricoles de la région qui sont engagées dans des démarches de qualité. Ces produits d'excellence sont identifiables grâce à leur logo officiel. L'AOCAOP, l'Appellation d'Origine Protégée, l'IGP, l'Indication Géographique Protégée, le Label Rouge, l'Agriculture Biologique et la Pêche Durable. Parce que défendre la qualité, c'est aussi comprendre où elle prend sa source, nous vous emmenons à la rencontre de celles et ceux qui, chaque jour, cultivent l'exigence et le savoir-faire pour vous offrir le meilleur des terroirs d'Occitanie. Alors, je ne sais pas comment ça se passe pour vous, mais moi, quand je vais faire mes courses, j'ai toujours la même petite musique qui me trotte dans la tête. Pourquoi ? Parce qu'il y a tellement de labels, d'appellations, de médailles d'or ou de Nutri-Score sur les produits alimentaires que c'est vraiment la jungle. Pourtant, tous ces labels ne remplissent pas les mêmes critères d'exigence. Alors, à quelle appellation peut-on se fier ? Tous les experts vous le diront, il faut privilégier les produits sous le SICO. Ouh là là, au secours, un acronyme, un SICO, mais c'est quoi ça ? C'est justement ce que nous allons vous expliquer avec notre premier invité. Bonjour Pierre Ginebre.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #1
Vous êtes le directeur de l'IRCALIM, l'Institut Régional de la Qualité Alimentaire d'Occitanie, dont la mission est de valoriser et de promouvoir les filières agricoles de la région qui sont dans une démarche de qualité. Alors évidemment, je vais vous reposer la question que je me posais à moi-même en introduction, un SICO mais qu'est-ce à quoi ?
- Speaker #2
Alors derrière l'acronyme SICO, se cachent les signes d'identification de la qualité et de l'origine. On entend là les produits à appellation d'origine contrôlée, les produits à appellation d'origine protégée, les indications géographiques protégées, l'agriculture biologique, les produits en label rouge et un petit dernier, qui sont les produits issus de la pêche durable.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il y a derrière tous ces labels ?
- Speaker #2
Derrière ces labels, il y a des produits qui ont été élaborés en respectant un cahier des charges et qui certifient un savoir-faire et une origine le plus souvent. dans un secteur et dans une activité qui permet de les différencier des produits courants. Avec plus de 260 produits sous signe d'identification de la qualité d'origine, l'Occitanie est la première région en Europe en signe officiel de qualité.
- Speaker #1
Alors avant de rentrer dans le détail de ce que signifie chacun de ces labels et des garanties qu'ils nous apportent à nous, consommateurs, j'aimerais déjà savoir comment on fait pour en obtenir un. C'est facile ?
- Speaker #2
Non, ce n'est pas facile, c'est même un parcours du combattant. La première chose qu'il faut faire, c'est trouver un produit, identifier le produit et monter derrière une démarche de producteur. Donc les producteurs et les transformateurs se rassemblent pour définir des critères qu'ils vont devoir respecter, qu'ils vont devoir imposer, qui vont permettre de garantir au consommateur, puisque c'est l'objet final d'un signe officiel de qualité, un type de produit et une qualité donnée. L'autre chose, on n'a pas de SICO pour la vie en fait. Le SICO, il est contrôlé régulièrement, il subit des modifications, les signes officiels évoluent. et les cahiers des charges vont évoluer pour intégrer les nouvelles pratiques et intégrer aussi les nouvelles exigences des consommateurs.
- Speaker #1
Et il faut aussi se structurer.
- Speaker #2
C'est ça, il faut se structurer autour d'une collective qu'on appelle un organisme de défense et de gestion qui rassemble l'ensemble des partenaires qui vont permettre de définir et d'être d'accord sur le niveau qualitatif du produit.
- Speaker #1
Et ensuite, le cahier des charges doit être validé par l'État français, par l'Europe ?
- Speaker #2
Alors le cahier des charges, il est validé d'abord au niveau français, puis après au niveau bruxellois. En général, ce sont des procédures qui vont, quand c'est des produits relativement simples, autour de 5 ans. Et quand c'est des produits qui sont plus longs, on peut aller jusqu'à 15 à 20 ans pour arriver à obtenir un signe officiel de qualité.
- Speaker #1
Effectivement, je comprends mieux pourquoi c'est un vrai gage de qualité. Du coup, quand je vais faire mes courses, j'ai envie de faire beaucoup plus attention à ces labels, mais j'ai encore besoin de votre aide. Pour que vous m'expliquiez précisément ce que signifie chacun d'entre eux, on va commencer par l'AOP et l'AOC. car je ne comprends pas vraiment quelle est la différence entre les deux.
- Speaker #2
Alors l'AOC et l'AOP, il n'y a pas réellement de différence. C'est l'appellation d'origine contrôlée, c'est la reconnaissance française du produit et l'appellation d'origine protégée, c'est le même produit qui est reconnu au niveau européen. C'est le signe officiel de qualité le plus ancien, historique, il date de 1905. On a commencé à le voir apparaître sur les vins et petit à petit, c'est développé sur l'ensemble des autres produits.
- Speaker #1
Et l'IGP alors, ça signifie quoi ?
- Speaker #2
Alors c'est l'indication géographique protégée. En plus de la notion de terroir, se rajoutent les savoir-faire humains et les spécificités de production.
- Speaker #1
Et combien de filières à peu près ?
- Speaker #2
Autour de 80 à 90 filières en Occitanie.
- Speaker #1
L'autre signe de qualité et d'origine, c'est le label rouge.
- Speaker #2
Le label rouge va garantir une qualité supérieure du produit. C'est-à-dire que quand le produit est dégusté par les consommateurs, au moins deux tiers des panels des consommateurs trouvent ce produit supérieur à son équivalent courant.
- Speaker #1
Et sur le nombre de filières ?
- Speaker #2
Sur le nombre de filières, on est aussi sur des filières importantes, donc on est aux alentours de 60 à 70.
- Speaker #1
Et le logo agriculture biologique, qu'est-ce que ça me garantit alors ?
- Speaker #2
Ça garantit que les produits ont été cultivés. sans utiliser de produits d'origine synthétique ou de produits de synthèse. Donc ce sont des produits qui respectent un cahier des charges dans lequel tous ces produits-là sont exemples.
- Speaker #1
Et surtout, il faut bien vérifier que le bio vient d'Occitanie.
- Speaker #2
Exactement, il faut vérifier que le produit vient bien d'Occitanie, voire de France, mais il est important que ce produit-là soit sourcé.
- Speaker #1
Merci Pierre Ginebre pour cette leçon de SICO pour les nuls. Je rappelle pour ceux qui l'ont déjà oublié que SICO, ça signifie... signe d'identification de la qualité et de l'origine. Grâce à vous, je crois que je vais devenir une consommatrice plus éclairée et acheter en priorité tous ces produits d'excellence de la région Occitanie. Merci.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #1
Alors évidemment, j'ai envie d'en savoir encore plus. C'est pour ça que j'ai convié dans cet épisode Julien Fressigne, enseignant-chercheur à l'école d'ingénieurs de Purpan-Toulouse. Cet établissement est spécialisé en agronomie, agroalimentaire et environnement. Bonjour Julien. Bonjour. On m'a dit que vous étiez un peu le monsieur produits sous-sicots en Occitanie. Alors maintenant que j'y vois un peu plus clair dans ces labels, comme je suis curieuse et que je suis aussi attachée à ma belle région d'Occitanie, j'ai envie d'en savoir plus sur l'impact de ces filières de qualité. Si je consomme ces 260 produits sous-sicots de la région, est-ce que je vais contribuer au développement économique de l'Occitanie ?
- Speaker #0
Alors il y a une formule que j'aime bien, c'est nos emplettes sont nos emplois. Et c'est vrai que l'achat de produits alimentaires ça a un sens et ça a un vrai impact. Parce que derrière les produits SICO, derrière les étiquettes, il y a des activités économiques, il y a un tissu régional et il y a des emplois effectivement non délocalisables. Si on additionne en Occitanie les emplois agricoles et agroalimentaires, on arrive à peu près à 165 000 emplois, ce qui en fait le premier employeur de la région Occitanie, devant Airbus finalement. Et ce qui est... Et d'autant plus intéressant, c'est que ces emplois, ils ne sont pas uniquement concentrés à Toulouse, par exemple, mais ils sont disséminés partout sur le territoire, partout dans les espaces ruraux. Sur la question du prix, effectivement, des études qu'on a pu mener montrent que des producteurs qui sont sous cahier des charges SICO, Label Rouge ou autre, vont avoir un prix d'achat de leur production plus élevé. Donc récemment, j'étais dans une coopérative qui fait de l'agneau, les producteurs qui sont en Label Rouge ont une rémunération de 50 centimes supérieure par rapport à des agneaux non labellisés. Les producteurs bio, quant à eux, ils sont plus souvent en vente directe. Et donc, de ce point de vue-là, on peut supposer qu'ils ont une valorisation supplémentaire.
- Speaker #1
Ok, je comprends que dans ces filières de qualité, les producteurs sont donc mieux payés, ce qui est très important. Mais quelles garanties apportent-elles au niveau social ? Parce qu'il n'y a pas que l'argent dans la vie.
- Speaker #0
Il n'y a pas que l'argent dans la vie. Je suis d'accord. Les cahiers des charges de Soucico préservent une tradition et donc préservent des savoir-faire. Donc, c'est quand même un élément important. La dimension sociale en agriculture, c'est notamment ce qu'on a coutume d'appeler le renouvellement des générations, la capacité à installer des jeunes et à renouveler finalement cette population agricole. Alors ça, c'est un enjeu global de l'agriculture. Les SICO ne sont pas seuls dans cette affaire, tout le monde est dans le même bateau. Ce que j'ai envie de vous dire en Occitanie, c'est que les chiffres qu'on a montrent que les SICO résistent mieux. La baisse du nombre d'exploitations agricoles non SICO est plus forte que pour les autres. Donc c'est quand même un élément important. De même, les exploitations en bio sont globalement... un peu plus jeunes que les autres. Donc je trouve que, de ce point de vue-là, les psychos sont des bons outils de résistance, même s'il y en a qui souffrent, il ne faut quand même pas se leurrer. Et puis un dernier point, c'est que ce sont des outils collectifs. Tous les métiers sont impliqués dans les discussions, de façon collective, tout le monde est présent, et donc on a comme ça des actions, des réflexions qui se mettent en œuvre, dans certaines filières, sur le bien-être des salariés, dans d'autres filières... sur des partenariats avec la banque alimentaire. Donc ce n'est pas forcément parce qu'il y a un SICO, mais ça participe à mon avis d'une même philosophie.
- Speaker #1
Et au niveau environnemental, parce qu'aujourd'hui c'est quand même une question majeure, est-ce qu'on est vraiment sûr, nous consommateurs, que ces filières sont vraiment engagées en matière de développement durable ?
- Speaker #0
Nécessairement. Alors le bio, bien entendu, en premier lieu, c'est la promesse du bio. Donc la contribution du bio aux aspects environnementaux, sur les pesticides, sur la santé des sols, sur la santé des gens. c'est bien entendu quelque chose d'évident. Les autres SICO ont une promesse différente. Malgré tout, on parle aujourd'hui beaucoup de transition agroécologique, et tout le monde y va dans le monde agricole, y compris les SICO. Et je trouve que les SICO sont de bons outils, justement parce qu'ils sont collectifs, pour aller vers cette transition.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez des exemples concrets à nous donner ?
- Speaker #0
Si on prend le secteur de l'élevage par exemple, oui on a localement des initiatives très intéressantes. On a le Laguiole qui va travailler aux questions d'adaptation au changement climatique. Le roquefort et le pérail vont réfléchir au bien-être animal. Le pournord de Bigorre va quant à lui tenter de renforcer l'implantation de haies et puis renforcer l'alimentation naturelle de ces animaux. Donc les SICO, ce sont des produits traditionnels qui savent innover, et notamment aussi sur ces questions d'agroécologie, tout en gardant bien entendu un certain équilibre économique. Ça en fait d'ailleurs des démarches fragiles qu'il est important de soutenir, y compris quand on est un consommateur d'Occitanie.
- Speaker #1
Merci Julien Fressing pour ces éclairages passionnants. Merci. Après toutes ces explications, si on ne change pas radicalement notre manière de consommer, c'est qu'on y met vraiment de la mauvaise volonté. Donc dès aujourd'hui, au marché, au supermarché, on cherche dans les étals nos 260 produits d'Occitanie, AOC, AOP, IGP, agriculture biologique, la belle rouge et pêche durable. Et on devient tous des consommateurs responsables pour mieux manger et soutenir les filières d'excellence de notre région. Merci d'avoir écouté Aux sources de la qualité, le podcast des produits d'excellence du terroir d'Occitanie. Une initiative de l'IRCALIM, l'Institut Régional de la Qualité Agroalimentaire d'Occitanie, avec le soutien de la région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée et la marque régionale Sud de France. A très vite pour un nouvel épisode.