- Speaker #0
Bienvenue sur Avant j'étais prof, le podcast des enseignants en reconversion. Ici, on parle sans tabou des doutes, des peurs et des déclics qui mènent les profs à se réinventer. Si vous avez déjà pensé à quitter l'éducation nationale, si vous avez peur de ne rien savoir faire d'autre qu'enseigner, si vous souhaitez vous informer sur vos droits ou si vous cherchez simplement des idées de métier, vous êtes au bon endroit. Chaque mercredi, je publie des témoignages de profs reconvertis, des parcours d'enseignants en reconversion et des conseils concrets pour vous aider à construire la suite de votre carrière. Je m'appelle Florence, avant j'étais prof, et j'espère que grâce à cet épisode, vous pourrez bientôt en dire autant. Bonjour Clarisse !
- Speaker #1
Bonjour !
- Speaker #0
Je te souhaite la bienvenue sur le podcast, et je suis trop contente, comme je te disais en micro, de te recevoir parce que tu exerces un métier qui utilise des compétences qu'on a en tant que prof, avec un public souvent qu'on aime en tant que prof, et... pour lequel il y a beaucoup de questions mais pas tant de réponses. Donc c'est toi qui va répondre à toutes les questions que mon audience se pose.
- Speaker #1
Je vais essayer.
- Speaker #0
C'est pas évalué, ne t'inquiète pas.
- Speaker #1
Pas de note à la fin ?
- Speaker #0
Non. En plus, on commence par une question niveau très facile. Il faut que tu te présentes.
- Speaker #1
Eh bien, je m'appelle Clarisse. Donc je suis maman de Côme. Donc petit bébé de bientôt un an. Et j'habite dans le 22 Côte d'Armor à Plélin. Et je suis... Je ne sais pas si je le dis déjà.
- Speaker #0
Vas-y, dis-le, casse le suspense.
- Speaker #1
Je suis assistante maternelle. Et avant, j'ai été prof pendant neuf ans, professeure des écoles.
- Speaker #0
Et figure-toi que sur mon compte Instagram personnel, donc pas sur celui du podcast, mais celui que j'ai depuis que Instagram existe à l'époque où j'étais jeune, je te suivais en tant que prof parce que tu publiais des ressources pour les enseignants.
- Speaker #1
Ah, c'est gentil ça, merci.
- Speaker #0
Du coup, j'étais abonnée à toi, donc j'ai vu ton nom de compte changer quand tu as changé de métier. J'étais là, oh, incroyable !
- Speaker #1
Ah bah ouais, j'ai fait un petit changement. Au final, je suis revenue à la maîtresse en basket, j'ai rajouté Etasmat, parce que c'est une partie de moi qui me définit quand même.
- Speaker #0
Je l'ai lu sur tes réseaux que c'était un métier que tu aimais quand même toujours et que tu n'es pas partie, on va dire, de ton plein gré dans le sens où tu ne t'es pas dit « en fait, je n'aime plus ce métier, j'ai envie de faire autre chose » . Ça a été un petit peu plus compliqué que ça. Donc toi, tu étais prof, tu as été en maternelle et en élémentaire, si j'ai bien vu, pendant 8 à 9 ans, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça. J'ai aussi été en foyer d'enfance, donc dans le spécialisé, pendant 3 ans, avec des enfants passés pour maltraitance par la ZEU. Donc ça, je l'ai fait en 3 ans. J'avais commencé déjà au tout début. Je te fais un petit listing de mon parcours ? Vas-y, vas-y, liste-moi tout ça. Première année, donc j'étais EFS, un TE, ensuite le premier poste. que j'ai eues. En gros, je n'avais eu aucun de mes vœux. On m'a placée sur un poste de décharge de direction avec quatre niveaux différents. J'avais les trois niveaux de maternelle et des CE2. Je changeais d'école tous les jours, d'équipe tous les jours, de classe tous les jours. Et après, j'ai eu une école en zone difficile, encore en maternelle. Ensuite, les trois ans en foyer d'enfance. Donc ça, pareil, au début, c'est un poste que je n'avais pas choisi, mais comme je n'avais pas de point. et j'ai été la dernière à choisir et c'est l'une des choses qui restait. C'était vraiment une belle expérience, une équipe géniale avec qui j'ai encore pour certains des contacts, mais c'était aussi très dur, très dur. Et je pense que c'est là que ça a commencé à m'abîmer personnellement. Donc j'ai redemandé le poste, je pouvais, parce que si je n'obtenais aucun de mes voeux, je l'avais mis quand même. Parce que c'était un poste normalement avec formation, il fallait le capui, capaïsache. Mais comme personne n'était sur ce poste, on pouvait le demander. Donc moi, je l'ai redemandé deux fois en me disant, c'est des enfants qui ont besoin d'aide et à qui on redonne une inculsion, qu'on essaie de rattacher à l'école. Donc vraiment, j'aimais bien ce principe-là. C'était très loin de chez moi, c'était à plus d'une heure de route.
- Speaker #0
Ah oui, en plus.
- Speaker #1
Ouais. Donc je l'ai fait trois ans et au bout de la troisième année, vraiment, je sentais que je commençais à avoir du mal à supporter les insultes. Je me suis fait gifler aussi, on m'a arraché des cheveux. Donc c'était vraiment des enfants avec beaucoup de troubles du comportement en décrochage scolaire. Donc voilà, je suis retournée après dans l'ordinaire pendant 3 ans, peut-être 4 même, maternelle toujours. Et les 3 dernières années, j'ai enchaîné les classes avec une inclusion de plusieurs enfants, dont à chaque fois un trouble autistique, avec une AESH, mais qui est partagée sur l'école, donc très peu de temps. Et ça, ça commence aussi à me tirer sur la corde. Et après, j'ai demandé une mutation. dans une académie, c'était l'académie de Bertheveil. Je suis restée très peu, parce qu'après j'ai fait un burn-out. Vraiment là je m'étais dit, en fait c'est peut-être la maternelle, j'arrive plus à supporter la maternelle. Et au final en arrivant dans le cycle 2, C20, je me suis rendue compte que ça allait vraiment pas.
- Speaker #0
C'est intéressant que tu le formules comme ça, parce que j'avais suivi tes posts sur tes réseaux, où justement j'avais vu le moment où tu demandais à quitter la maternelle pour passer en élémentaire. Et tu avais fait une publication en disant, si j'ai au mouvement, on verra si ça va mieux. Et dans ma tête, je m'étais dit, c'est peut-être lié au contexte d'école, puisque comme après tu es devenue assistante maternelle, je me suis dit, non, vraiment, ce qu'elle doit aimer, c'est la maternelle. Et en même temps, la maternelle, j'en ai fait très peu, mais je trouve ça épuisant, vraiment, tout mon respect aux profs de maternelle, parce que c'est une vigilance de chaque instant. La fatigue, même physique, en fin de journée, c'est vraiment quelque chose. Et du coup, je me demandais si c'était le... passage au cycle 2 qui justement t'avais un peu coupé tout ça et finalement quand on a le dessous de l'histoire c'est vraiment quelque chose qui s'est immiscé petit à petit à l'intérieur de toi, dans ta vie dans ton parcours, dans ta vie pro et c'est vrai que quand ça démarre et qu'on commence à atteindre un certain niveau d'épuisement, pas tant physique mais aussi même moral et qu'il y a des choses qui ne vont pas et qu'on voit après il n'y a plus que ça et c'est difficile je trouve de D'inverser un peu la tendance, même si c'est bien d'avoir tenté une mutation, parce que ça aurait pu, mais souvent c'est plus profond.
- Speaker #1
De base, moi, c'est une mutation pour rejoindre mon conjoint.
- Speaker #0
Ah oui, donc c'était aussi géographique, d'où Versailles.
- Speaker #1
C'est ça. Mais comme tu dis, c'est même plus que le moral, c'est vraiment la santé mentale, en fait. On ne prend pas assez soin de notre santé mentale. Et souvent, les gens qui arrivent au burnout, c'est trop tard, en fait. quand on se sent... C'est trop tard. Moi, quand je m'en suis rendue compte, j'ai dû faire, je ne sais pas, les deux premières semaines de la rentrée. C'est ma maman qui m'a dit qu'il fallait que j'aille voir le médecin. En fait, c'était déjà trop tard. Déjà trop tard. On s'en rend compte trop tard.
- Speaker #0
Et du coup, tu as été en arrêt, j'imagine, cette année-là ?
- Speaker #1
Oui, j'ai été en arrêt pendant une année. Une année entière. Et mon arrêt s'est transformé. Alors, je ne sais plus comment ça s'appelle. Ce n'est pas un arrêt classique.
- Speaker #0
Tu avais sûrement un CLM ou un CLD, je pense. Congé longue maladie ou congé longue durée, peut-être ?
- Speaker #1
C'était une congé longue maladie. Donc, j'ai dû voir plusieurs professionnels pour avoir ce congé. Et puis après, du coup, à la fin de cette année, j'ai demandé une rupture conventionnelle. Donc, il y a plusieurs moments dans l'année. Il y a un moment, en tout cas pour moi, pour demander, pour mettre en place cette rupture conventionnelle. J'ai aussi eu un rendez-vous avec quelqu'un de l'inspection pour voir un petit peu où j'en étais, qui ne m'a pas vraiment aidée parce que je n'étais pas encore dans cette optique de changement. Et on avait aussi le projet de partir en Bretagne. Je ne voulais pas rester en région parisienne. Donc, je savais déjà de base que je ne voulais pas rester. Après, c'est un métier, comme tu disais, pour moi, c'était mon métier passion. C'est le métier de mes rêves. que je pensais faire toute ma vie. Donc quand ça s'est arrêté, ça a été vraiment une grosse claque pour moi. Et réfléchir à faire autre chose, c'était très, très compliqué.
- Speaker #0
C'est toujours surprenant, je trouve, quand on voit de l'extérieur des enseignants qui créent énormément de contenu en plus de leur métier, quand c'est déjà le travail que le métier demande, avec un site internet, avec des réseaux sociaux et tout. Et quand certains me suivent et je vois qu'ils ont plein d'abonnés et tout, et puis ils m'écrivent en privé qu'ils sont contents de tomber sur le podcast parce qu'ils pensent à changer de métier, je me dis mais c'est pas possible. Moi, je vous ai suivi toute ma carrière pour vos contenus. Pour moi, vous êtes tellement passionnés que c'est pas possible que ça s'arrête. Mais en fait, être passionné, ça n'empêche pas l'épuisement, tout simplement.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et moi, c'est vrai qu'avec mon compte Insta, ça m'a aussi permis de tenir, je pense, au fil des semaines quand c'était difficile. Parce que voilà, on a un retour, on a des échanges avec d'autres profs, on a l'impression aussi d'aider les autres en partageant ce qu'on fait. Donc pour moi, c'était aussi un point positif, ce compte.
- Speaker #0
Je trouve qu'aider les autres, ça aide aussi à s'aider soi-même. C'est valorisant comme posture, c'est gratifiant, on se sent utile à nouveau quand on a un peu perdu le sens des fois de ce qu'on fait au travail parce que les conditions ou les injonctions font que c'est plus comme on l'avait imaginé. de faire quelque chose où sur ton... Sur ton site, sur tes réseaux, t'es vraiment indépendante. C'est ta ligne éditoriale, c'est toi qui décides de tout. Et c'est vrai que ça apporte quelque chose de parfois plus léger, qui sort un peu la tête de la classe, même si c'est du contenu de classe. Mais c'est la partie, j'imagine, que t'aimes, mais avec peut-être moins de contraintes aussi.
- Speaker #1
Clairement oui, c'est clairement ça.
- Speaker #0
Quand tu étais en arrêt, au départ, tu ne savais pas que tu allais devenir assistante maternelle. Donc ça a mûri au fur et à mesure ?
- Speaker #1
Au début j'étais totalement perdue. Il a fallu d'abord que je prenne un peu de temps pour aller mieux, pour réfléchir à ce que je peux faire. Vraiment j'étais perdue, j'ai pensé peut-être à faire un bilan de quoi je peux faire. de compétences, mais j'avais passé la date où il faut demander à l'éducation nationale pour pouvoir débloquer ce genre de choses. Donc, clairement, je n'avais pas l'argent pour le faire. Et en regardant un petit peu le détail, je ne me sentais pas encore capable de faire ce genre de démarche. Donc, j'ai laissé ça de côté. Et assistante maternelle, ça restait quand même un petit peu dans ma tête. Je me disais, bon, je n'ai pas beaucoup de... Selon mon point de vue, je ne voyais pas trop de possibilités avec mes études. J'ai fait une licence d'anglais, mais je n'avais pas envie de retravailler dans l'anglais. Et souvent, tout ce que les profs disent avec notre concours, qu'est-ce qu'on fait d'autre ? J'ai toujours aimé les enfants. En pesant les pour et les contre, je me disais pourquoi pas assistante maternelle. Ça reste avec les enfants. Je suis un petit peu libre de ce que je veux faire. Il y a moins d'enfants à m'occuper. En tant que parent, j'ai réussi. Je peux aussi, si ça se passe mal avec un enfant, arrêter le contrat. Donc voilà, je pesais un petit peu le pour et le contre. Et j'avais une cousine, comme toujours, ma cousine qui est assistante maternelle.
- Speaker #0
Ah, donc tu avais une idée du quotidien.
- Speaker #1
Du coup, j'ai été la voir et j'ai été en observation pendant une semaine. pour voir est-ce que je me voyais faire ce métier. Et j'ai bien aimé. Je n'étais pas encore tout à fait remise et je me sentais quand même bien dans cet environnement-là avec les enfants.
- Speaker #0
Est-ce que ta rupture conventionnelle, tu la demandais avec ce projet-là ?
- Speaker #1
Oui, en insistant un petit peu sur le fait que je voulais me former dans mon petit souris 0-3 ans. Donc voilà, j'ai rempli tout le dossier, etc. J'ai eu un entretien et au final, ça a été refusé.
- Speaker #0
Je savais puisque j'ai vu... le post où t'avais fait ta lettre de démission dans...
- Speaker #1
C'est tout ce que je dis.
- Speaker #0
Je sais tout, mais je ne dis rien parce que je me dis c'est le suspense pour les autres. Non mais j'avais vu la photo que t'avais postée sur Insta avec ta lettre de démission dans la boîte aux lettres. Parce qu'il y a pas mal de profs qui la prennent cette photo-là et qui me l'envoient du coup. Moi-même, je crois que je n'ai pas ma photo de lettre de démission, il me semble. J'ai pas pensé. Mais du coup, j'avais vu la photo et je m'étais dit, à mon avis, elle n'a pas eu sa rupture co. Mais pourtant, c'est un beau projets que t'avais, qui réutilisent des compétences que tu as déjà. La formation est pas si longue, donc tu serais pas restée deux années complètes, je pense, au chômage, il y a de l'emploi, ça se défendait bien. Je sais pas si toi, ils t'ont dit quelque chose justement par rapport à ton état de santé, est-ce que le fait que tu sois en arrêt, ils se sont dit, je sais pas, peut-être qu'ils avaient peur que t'aies pas l'énergie d'aller au bout du projet ?
- Speaker #1
Non, du tout, parce que... En soi, la formation, ce n'était pas une formation avec le compte CPF. C'était vraiment une formation qu'on m'avait proposée sur Internet avec une entreprise de matériel Montessori. En fait, ce qu'on m'avait dit, c'est que si c'était refusé, ils n'expliquaient pas pourquoi.
- Speaker #0
Oui, mais tu aurais pu peut-être sentir, peut-être dans l'entretien, certains sont un peu plus ouverts que d'autres à la conversation, on va dire.
- Speaker #1
En fait, ce n'était pas un inspecteur. Merci. C'est des employés de l'inspection, mais ce n'était pas la personne qui prenait la décision, en fait, qui a fait mon entretien. Donc après, ça passe en commission. Et je sais qu'il y en a qui l'ont eu. On avait eu, je crois que c'était quand même pas mal, je crois que c'était quasiment une personne sur deux qui avait réussi à avoir la rupture conventionnelle. Donc je n'étais pas, je crois qu'on était huit à avoir demandé. Moi, je ne l'avais pas eu, donc j'étais vraiment déçue parce que je m'étais dit... justement, je ne suis pas bien. J'avais fait une longue lettre pour expliquer tout mon parcours. J'ai été une maîtresse investie. C'était un métier que je pensais faire toute ma vie. Oui, je suis tombée malade, mais en soi, ce n'est pas à cause de moi. Oui,
- Speaker #0
je comprends.
- Speaker #1
Ça m'a fait beaucoup de mal qu'ils refusent, parce que je me suis dit qu'il n'y avait eu aucune reconnaissance pour mon travail. Ça a été assez difficile. Ce que je n'ai pas dit, c'est que je me suis fait accompagner par les syndicats. J'étais syndiquée et du coup à chaque fois dans mes étapes, je me suis fait accompagner. Ça m'a bien aidée aussi d'avoir quelqu'un qui pouvait répondre à mes questions, qui pouvait me dire « il faut faire comme ci, il faut faire comme ça » . Et le retour de l'entretien pour cette personne-là du syndicat, c'était super parce que ça s'était bien passé.
- Speaker #0
Après, il y a aussi une enveloppe budgétaire et puis tu ne sais pas qu'est-ce qu'il y a comme autre projet en face, à quel point c'est abouti. Parfois, admettons une personne qui a le même projet que toi, mais qui a déjà toute sa formation, son agrément et qui est prête à bosser dès le 1er septembre, souvent elle a plus de chances de l'obtenir parce qu'elle ne va pas du tout dépendre du chômage qui va être payé par l'éducation nationale. Donc parfois, c'est sur des détails comme ça que ça se joue. Mais oui, ça ne veut pas dire que le projet n'est pas le bon. Et toi, tu t'es accrochée à ton projet et au final, tu l'as fait par la voie de la démission. Mais je comprends ton sentiment de tu t'en vas avec rien alors que tu as tout donné. Et c'est vrai que ce n'est pas juste parce que déjà que tu n'es pas bien à cause d'eux. En plus, on te laisse un peu sur le côté. Donc, c'est vrai que c'est extrêmement désagréable et ce n'est pas évident aussi, je pense, pour se reconstruire. Après, toi, tu n'as rien lâché et au final... Tu fais ce que tu avais envie de faire et ce que tu avais prévu de faire. Donc, c'est une belle issue. Mais c'est vrai que ça laisse souvent des séquelles d'avoir été arrêté longtemps comme ça. Le burn-out, même la fatigue que ça génère, c'est difficile parfois de remonter la pente à 100%. Donc, ce n'est pas évident.
- Speaker #1
Ça a été un petit coup dur, mais j'ai eu un petit peu de rage. Je ne peux pas dire le contraire. Et surtout que quand tu es dans cette situation, tu n'as déjà pas beaucoup, l'impression de ne pas avoir beaucoup de portes de sortie. Mais le fait qu'on ne t'aide pas, c'est un petit peu découragant. Parce que tu te dis comment je vais faire, le temps d'attendre la formation, etc. Ça, c'est fait. Quand on veut faire ce projet, ce qui est bien, c'est de pouvoir, si l'on peut mettre un peu de sous de côté, le temps de commencer. Moi, j'ai eu la chance de pouvoir compter sur mon conjoint, mais je comprends que ce ne soit pas forcément possible de le faire. En soi, j'ai démissionné fin août, début septembre. C'était accepté, comme tu dis, on a l'impression qu'on ne peut pas démissionner. Alors moi, je l'avais envoyé en mi-juin, je crois, ma lettre de démission. Et on n'a pas forcément de réponse parce qu'après, il y a les vacances. La semaine de la pré-rentrée, quelqu'un m'a appelé pour me dire, mais en fait, on était en vacances, donc ce n'est pas possible. On va vous demander de venir la semaine de la rentrée. Et donc, j'ai répondu à cette personne que nous, on veut tout. De toute façon, moi, je ne viendrai pas. Et en gros, elle ne savait pas trop quoi me dire. Elle m'a dit, en gros, qu'elle me rappelait. En fait, elle s'est trompée de dire. Il y a quelqu'un qui l'a envoyé après moi. Une lettre de démission aussi après moi. Et du coup, c'était cette personne-là qui allait devoir quand même se rendre dans son école parce que pas sûre que sa démission soit acceptée.
- Speaker #0
Elle avait peut-être envoyé genre en mi-août, quoi. Donc, c'est vrai que tu n'as même pas le mois. un petit mois de préavis. Eux, ils essaient qu'ils réouvrent leur bureau dix jours avant la rentrée. Bon, si tu apprends ça de but en blanc, ça met un peu le bazar. Après, bon, quand on voit ta démission, c'est jamais de guetter de cœur non plus. Tu fais un peu ce que tu peux comme tu peux avec les moyens du bord, quoi. Mais en général, quand on la demande comme toi, vers mai, juin, pour la rentrée, généralement, c'est accepté. Toi, au final, là, ça a été accepté ?
- Speaker #1
Oui, oui, au final, ça a été accepté.
- Speaker #0
Et ta formation ? d'assistante maternelle, est-ce que tu l'avais commencé avant ou est-ce que du coup, tu l'as démarré au moment où tu as démissionné ?
- Speaker #1
Alors moi, ce qui bloquait, c'était aussi que je déménageais en Bretagne. Donc mon logement, j'ai acheté une maison. Mon logement, je l'ai eu début août. Et avant ça, je ne pouvais pas faire venir la PMI. La PMI vient, ou ça dépend si c'est le département ou la PMI qui gère les assistantes maternelles et les formations. Quelqu'un est censé venir chez nous pour valider le logement. Et moi, tant que je ne l'avais pas, ça ne pouvait pas déclencher la formation. Il faut ce début d'agrément pour faire la formation. Et donc, du coup, moi, il y avait une formation en septembre, mais qui a été remplie. J'ai loupé de très peu. J'ai dû attendre mi-novembre.
- Speaker #0
Oui, ça va, ce n'est pas une année complète à attendre, mais c'est vrai que ça retarde un peu.
- Speaker #1
Ce n'est pas partout pareil. Il y a des départements où il y a plus de demandes que d'autres. Il faut plus d'attentes. Moi, ça allait quand même, mais bon, ça laisse quand même... trois mois sans salaire, donc trois mois pour chercher du travail quand même, et se rendre disponible pour la formation qui est de deux semaines la première partie. Et j'ai commencé début décembre avec un seul contrat au début.
- Speaker #0
D'accord. Ah bah du coup, parce que moi j'ai regardé un petit peu en ligne comment ça se passe. Bon déjà la PMI, pour les personnes qui ne savent pas, parce que moi je ne savais pas, c'est Protection Maternelle et Infantile. Je me suis renseignée. Pour la formation, moi, de ce que j'avais vu, c'est qu'il y avait quatre... 80, tu vas me dire 80 heures si ça se trouve, c'est deux semaines en fait ?
- Speaker #1
Je ne me rappelle plus du total d'heures, mais moi dans mon département, c'est divisé en deux parties. Première partie de deux semaines, où là c'est vraiment le début, on voit toutes les bases du développement de l'enfant, l'alimentation, le sommeil, tout ce qui est important de savoir avant d'accueillir des enfants. Et sachant que quand on commence cette formation, on a déjà quelqu'un qui est venu chez nous pour valider notre logement.
- Speaker #0
Donc ça c'est l'agrément, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, on a déjà l'agrément, mais qui doit être... on ne peut pas commencer tant qu'on n'a pas fait la formation. Donc, on a une partie de l'agrément. En soi, ils ont dit OK, mais il faut valider la formation. À la fin des deux petites semaines, moi, il y avait un petit examen écrit et une petite épreuve en présentiel devant la formatrice. Ça, c'est la première partie. Après, on a le droit de commencer à accueillir des enfants si on a validé cette première partie. Et ensuite, on est rappelé, ou alors ça dépend des départements, mais nous, en tout cas, pour finir les heures, on est rappelé une semaine. Une semaine, une fois qu'on a commencé à accueillir des enfants. Et ça, moi, je l'ai fait cette année, donc quasiment un an après.
- Speaker #0
Ah d'accord, je pense que ça correspond à peu près à ce que j'avais vu, donc même si effectivement, par département, ça a l'air de changer. Mais globalement, ça disait qu'il y avait à peu près 120 heures de formation initiale, dont 80 qui correspondaient à tes deux semaines avant de pouvoir accueillir le premier enfant. Et ensuite, il reste 40 heures à faire, donc l'équivalent d'une grosse semaine, effectivement. Et apparemment, tu peux faire dans les trois ans. Donc toi, c'est vrai que si tu l'as fait dans l'année, ça ne doit pas poser de problème. Et l'agrément... La première partie, la partie où la personne vient dans ton logement pour vérifier si c'est OK. J'imagine qu'ils regardent l'hygiène forcément, mais peut-être l'espace, le matériel. Est-ce que toi, tu as un entretien peut-être de personnalité aussi ? Est-ce qu'ils regardent tes expériences passées ? Qu'est-ce qu'il faut cocher, on va dire, pour que ça fonctionne ?
- Speaker #1
Alors déjà, j'avais eu un rendez-vous à la PMI, parce que moi, dans mon département, la formation dépend... de la PME. Et donc du coup, j'ai eu rendez-vous avec une puéricultrice qui m'a posé des questions, qui m'a demandé un petit peu défendre mon projet d'assistante maternelle. Et après, un deuxième rendez-vous chez moi. Et là, du coup, elle regarde si c'est vraiment sécurisé pour les enfants. Alors moi, tout n'était pas encore en place. Mais voilà, il faut justifier un petit peu de ce que tu vas faire. Parce que voilà, c'est ce qu'il dit, si tu t'achètes tout et que tu mets tout en place, alors... qu'au final, ils te disent que c'est non, tu as dépensé des sous pour rien. Ils ne te disent pas de tout acheter, mais de pouvoir justifier. Ici, je mettrais une barrière pour protéger. Là, je vais changer l'aménagement. Donc, oui. La sécurité, aussi tous les objets dangereux, où sont les couteaux, toutes ces petites choses-là, les médicaments, les produits dangereux, d'autres, les accès aux fenêtres. Et puis, voilà, tous les petits objets, voir si les chambres sont adaptées, s'il y a des Legos partout. Comment est-ce qu'on fait quand on accueille un enfant ? Comment est-ce qu'on s'organise pour le coucher ? Les prises, qu'elles sont sécurisées ? Voilà, plein de petits détails auxquels on ne pense pas toujours. Après, ce n'est pas forcément négatif qu'on nous demande de changer quelque chose. Ça permet aussi, enfin c'est pour les enfants, quoi. Moi, c'était quand même bienveillant et dans l'échange. Après, j'ai reçu un courrier avec les petites choses que j'avais à changer. Par exemple, moi, j'ai une bévitrée. et elle m'a demandé de mettre dans le bas de la baie vitrée des espèces de bâtons pour pas que les baies soient coulissantes. Voilà, c'est des petits détails qu'on pense pas forcément. Et voilà, ou pas de meubles sous les fenêtres. J'avais une chambre où j'avais une petite commode, donc ça, elle m'a demandé de la déplacer. Voilà, ce genre de petits détails.
- Speaker #0
D'accord. Et toi, par exemple, tu as eu le droit d'accueillir jusque quatre enfants. Est-ce que c'est lié à la taille de la maison, j'imagine ?
- Speaker #1
Alors, Moi, dans mon départ, on peut avoir un agrément pour quatre si on le demande et que la maison est en adéquation avec l'accueil de quatre enfants. Mais oui, c'est beaucoup la taille de la maison qui compte. Après, ça peut être aussi en fonction du ressenti, je pense, de la personne. Il y en a qui ne demandent pas quatre directement. Moi, après avoir commencé, donc là, j'ai un agrément pour quatre, mais je me sens mieux avec trois enfants. Au final, en ce moment, je n'accueille que trois enfants. parce qu'ils sont en bas âge et que je trouve que 4 est vraiment difficile, pas quelque chose dans lequel je me sens épanouie.
- Speaker #0
Oui, et puis ce n'est pas le but non plus de retomber dans une hypervigilance ou quelque chose qui va te fatiguer ou qui va te coûter. Je pense que ton but aussi là, c'est d'être épanouie justement au travail et de profiter de ce nouveau métier-là.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est pour aussi les enfants en fait, parce que je trouve qu'à 4, je n'ai pas assez de temps à accorder à chacun. Le temps est divisé encore. Et oui, pour mon bien-être personnel, si je ne suis pas épanouie dans ce que je fais, c'est ce que je disais à mon conjoint, j'ai changé de métier pour me sentir mieux dans mon travail. Je ne veux pas repartir à fond la caisse pour au final ne plus être bien dans mon travail. Donc voilà, ça c'est une décision que j'ai prise.
- Speaker #0
Et tu as le droit de garder... ton propre enfant parce qu'il est en âge d'être avec une assistante maternelle du coup est-ce que t'as le droit de le garder chez toi ou est-ce que t'es obligée de l'emmener chez une autre assistante maternelle parce que parfois les logiques des métiers je sais pas trop non heureusement non ça c'est un des plaisirs que j'ai aussi c'est que je peux garder mon enfant parce que du coup j'ai le droit à 4 enfants de moins de 3 ans donc le mien compte dans mon agrément donc en soi j'ai
- Speaker #1
2 enfants que j'accueille plus mon enfant ça fait 3
- Speaker #0
C'est bien ça, parce que comme ça tu peux, bon à la fois t'es au travail, mais à la fois c'est du temps passé avec ton petit qui un jour va grandir et c'est des moments qu'on peut pas revivre une deuxième fois, donc là t'as vraiment tout le temps de ta journée à passer avec lui aussi, donc c'est chouette. Là où souvent en tant qu'enseignant, on part tôt, on finit tard, le week-end on a des préparations et il y a pas mal de gens, en tout cas moi j'ai pas d'enfant donc je vais pas dire on, mais les gens qui m'en parlent me disent... En fait, tu passes ton temps à donner toute ton énergie aux enfants des autres. Et puis quand tu rentres chez toi le soir, tu n'as plus d'énergie pour tes propres enfants. Et parfois, c'est des personnes qui sont un peu tristes d'avoir raté des moments parce que tu étais sous l'eau à ce moment-là. Et toi, du coup, tu peux aussi profiter de certains moments. Donc, c'est une bonne chose.
- Speaker #1
Oui, moi, je suis vraiment reconnaissante de pouvoir justement passer tous ces moments avec lui. Je ne me verrais clairement pas le laisser à quelqu'un. Et c'est important pour moi justement de pouvoir être là dans... dans chaque moment de le voir grandir, etc. J'ai vu la première fois qu'il a dansé. Donc, c'est des petites choses. Mais je me dis, si je l'avais laissé à quelqu'un, c'est quelqu'un d'autre qui aurait vécu ce moment. Donc, ça aurait été différent pour moi. Je ne l'aurais pas su. Ça ne m'aurait peut-être pas fait cette peine-là si c'était arrivé. Mais je suis contente de pouvoir profiter de ces moments qui, comme tu dis, n'arrivent qu'une fois. Et après, ils sont terminés. Comme tout le monde dit, ça passe très vite. Donc ouais, ça c'est vraiment un point positif du métier, de pouvoir garder son enfant.
- Speaker #0
Il y a pas mal de points positifs que tu as évoqués tout à l'heure, notamment en comparaison avec le métier de prof. Mais est-ce que tu dirais, selon ton ressenti à toi, qu'il y a aussi des points négatifs ? Et est-ce qu'ils sont genre très négatifs ou est-ce que c'est un peu négatif mais ça va ?
- Speaker #1
Non, il y a quand même des points négatifs. Je pense que dans tout métier, en vrai, il y a des points positifs, il y a des points négatifs.
- Speaker #0
Je suis d'accord.
- Speaker #1
L'un des points négatifs, après ça dépend aussi des personnes, moi ça va être mes points négatifs, mais quelqu'un d'autre va dire « Ah mais c'est un super point positif » . Au début, c'est ce que je me disais, travailler à la maison, c'est un point positif. Avec le temps, moi je trouve quand même qu'on est un petit peu isolé. Même s'il y a des activités qu'on peut faire avec d'autres assistantes maternelles, il y a des RPE, le relais petite enfance où on peut se rejoindre, il y a des activités qui sont organisées. On peut se rejoindre au parc ou autre. Moi, ça me manque un petit peu le fait de sortir de chez moi, d'aller au travail, de pouvoir couper. De croiser aussi des collègues, d'avoir des collègues sur son lieu de travail. Pour moi, c'est quand même un petit point négatif. Je suis quand même contente d'être à la maison, je n'ai pas de trajet, etc. Mais au niveau social, on est quand même un petit peu isolé. Autre chose, un point négatif pour le conjoint. Ça a été difficile aussi. pour mon conjoint au début parce qu'il y a beaucoup de choses qui changent. Il faut faire attention à la sécurité. Un couteau, on ne peut pas laisser un couteau qui traîne. Les tiroirs sont bloqués. Ça peut être pénible à chaque fois de chercher le petit aimant ou d'ouvrir la sécurité. Pas de télé quand il y a les enfants. Donc, sur son temps libre, il faut s'occuper autrement qu'avec la télé. Moi aussi, à un moment, j'avais un enfant qui dormait dans notre chambre pour les siestes. Donc, pas fort. Ni télé, ni dans la chambre.
- Speaker #0
Obligé d'aller faire du sport en extérieur, le pauvre.
- Speaker #1
Voilà. Et au début, ça peut être, pour un conjoint qui est souvent à la maison, ça peut être quelque chose de négatif. Et d'avoir les enfants qui pleurent aussi. Certains ont du mal aussi à supporter les pleurs. Eh bien, entendre les enfants pleurer une bonne partie de la journée, ça peut être difficile. Donc voilà les deux points. Et j'en rajoute un aussi, c'est... quand même le fait que c'est un métier assez précaire parce qu'il faut sans cesse chercher des contrats. Et des fois, c'est difficile de prévoir. On a un enfant qui s'en va, qui déménage, et on le sait parfois un mois à l'avance. Et le mois d'après, il n'est plus là parce que c'est un préavis d'un mois. Donc, voilà.
- Speaker #0
C'est quand même un point qui peut être négatif aussi.
- Speaker #1
Oui, parce que du coup, ton statut, en fait, les parents sont tes employeurs. Est-ce qu'ils te payent avec les fameux chèques CESU ?
- Speaker #0
Non, alors moi, je ne suis pas en CESU. Peut-être qu'il y a des assistantes maternelles qui sont payées en CESU, je ne sais pas. Moi, je ne suis pas payée en CESU. Je suis déclarée sur Page Emploi. Et puis après, voilà, c'est avec... Donc moi, j'utilise Page Emploi Plus avec mes employeurs. Merci. C'est l'argent qui est prélevé sur leur compte et qui m'est transmis. Et en gros, comme ça, ils n'ont pas besoin d'avancer les aides et tout ça. C'est un service que j'utilise qui est gratuit. Il est aussi avantageux pour les employeurs.
- Speaker #1
OK. Et les parents, comment est-ce que tu les trouves, justement ?
- Speaker #0
J'utilise quand même pas mal les réseaux Facebook. Il y a pas mal de groupes de villes, en fait. Donc, les villes aux alentours. Quand j'ai une place, souvent je mets un petit mot sur Facebook. Et puis, ça m'est arrivé de trouver des contrats comme ça, avec des mamans qui cherchent. Il y a aussi des parents, des mamans ou des papas. Il y a aussi des parents qui mettent un post sur Facebook en disant « Bonjour, je recherche une assistante maternelle pour tel moment de l'année. Avez-vous des contacts ? » Donc, ça peut être un bon moyen de trouver. Moi, pour les contrats que j'ai eus, j'en ai trouvé trois. trois comme ça. Aussi, il y a une plateforme qui s'appelle Nounou Top. Anciennement, c'était Top Asmat. Je crois que maintenant, c'est Nounou Top. Et on peut mettre une annonce. Donc moi, j'ai mon annonce d'assistante maternelle que je suis dispo, que je travaille tel jour, tel jour, ce que je fais un petit peu avec les enfants. On peut mettre des photos, etc. Et les parents, pareil, ils font leur annonce. Ils mettent qu'ils recherchent tel jour et on peut se contacter via cette plateforme-là.
- Speaker #1
Est-ce qu'en termes de prospection, c'est autorisé ou pas ? ou pas, la question est peut-être bête, de par exemple mettre des cartes ou des flyers à la sortie des hôpitaux et des maternités ?
- Speaker #0
Eh bien, je ne sais pas. Moi, j'avais essayé un cabinet de pédiatrie, mais ça n'avait pas fonctionné. Après, j'en ai déposé au début dans les commerces, coiffeurs, boulangeries, un petit peu partout. J'avais fait mes petites flyers aussi. On ne m'a pas contactée via ce biais-là. Je pense que vraiment, les réseaux, les groupes de ville, ça aide beaucoup.
- Speaker #1
J'aurais pensé, tu vois, au fonctionnement de tout ce qui est physique, parce que comme c'est très local, finalement, il y a effectivement des chances que la personne qui achète sa baguette pas loin de chez toi, vive pas loin de chez toi, donc soit intéressée par le fait de mettre son enfant chez toi. Mais peut-être qu'effectivement, les réseaux ont encore de beaux jours devant eux en 2026.
- Speaker #0
Alors, il y a un autre moyen aussi, c'est la liste des assistantes maternelles à la mairie. En fait, chaque mairie a une liste d'assistantes. assistantes maternelles. Donc, les parents peuvent se rendre à la mairie et demander cette liste. Et donc là, il y a tous les contacts de toutes les assistantes maternelles de la ville.
- Speaker #1
Sachant que toi, tu es à SMAT chez toi, mais avec ta formation, est-ce que tu aurais eu droit de travailler en MAM ?
- Speaker #0
Oui, avec ma formation, je peux aussi travailler en MAM, donc rejoindre une MAM qui est déjà construite. Parce que pour créer une MAM, il faut vraiment monter un dossier, passer en commission. C'est une commission différente. Pareil que quand on travaille à la maison, ils viennent à la mame, ils valident, etc. Donc c'est un petit peu différent. Mais j'aurais pu monter un projet mame. Il y en a qui le font seuls. Si ce n'est pas chez soi, c'est quand même une mame ou avec d'autres collègues. J'ai oublié de préciser, il y a aussi un site internet. C'est monenfant.fr. Toutes les assistantes maternelles sont répertoriées aussi sur ce site et doivent mettre régulièrement si elles ont des dispos ou pas. Ça, c'est vraiment un site... Du gouvernement, c'est pour toutes les asthmates. Les mâmes, ça peut être intéressant si on veut travailler à plusieurs. Le retour que j'ai sur les mâmes, de ce que je vois et ce que j'entends, c'est que c'est aussi difficile parce qu'il faut vraiment bien s'entendre avec la personne. Il n'y a pas de supérieur hiérarchique, donc en cas de problème, personne ne peut trancher. Il y a beaucoup de mâmes qui s'arrêtent parce qu'il y a des soucis au niveau de l'entente. Voilà, ça, il faut juste le savoir. Mais après, ça peut être aussi un joli projet. Il y en a qui font de jolies choses aussi à plusieurs.
- Speaker #1
Parce que toi qui disais tout à l'heure que ce qui peut te manquer parfois, c'est de sortir de chez toi et d'avoir des collègues. Est-ce que justement, travailler dans une MAM, ça pourrait t'intéresser ? Ou est-ce qu'il y a quand même plus de côté positif, pour l'instant en tout cas, à travailler depuis chez toi ?
- Speaker #0
Je ne suis pas fermée à travailler en MAM. Après, il y a des avantages aussi au niveau des impôts de travailler chez soi. Il y a une belle réduction d'impôts. Et aussi, il y a le fait de ne pas payer de loyer. Quand on est en mâme aussi, il y a une part qui part de ce qu'on reçoit qui part dans le loyer. Donc voilà, mais après, pourquoi pas ? S'il y a un moment, je m'ennuie un petit peu toute seule, ce serait peut-être quelque chose qui m'attirerait. Je ne sais pas encore.
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant à creuser parce que, comme tu l'as très bien dit, En début d'interview, quand tu parlais des côtés positifs, négatifs, où tu dis que c'était tes côtés à toi, selon ton ressenti à toi, peut-être qu'il y a des personnes qui, justement, préféraient mille fois être en mâme, par exemple. Donc, le fait de savoir que les deux options existent, je me dis que c'est pas mal et que c'est deux façons d'exercer un même métier de façon quand même très différente.
- Speaker #0
Oui. Alors, il faut juste savoir que le projet, il prend quand même du temps à être validé, etc. C'est un petit peu plus long comme processus que de travailler chez soi. Par contre, il y avait une fille qui a fait la formation avec moi, qui avait ce projet de mame. Mais pour commencer, elle faisait chez elle et en parallèle, elle montait le projet, elle payait en attendant que ce soit validé, de trouver le local, etc.
- Speaker #1
Et puisqu'on parle de financement, du coup, j'ai des questions financières à te poser. Je remonte déjà à la formation. Toi, tu as eu la version sans CPF, donc il existe plusieurs formations. Mais que ce soit avec ou sans, est-ce que tu te souviens à peu près des prix ? de la formation ? Est-ce qu'il y a des grosses différences peut-être entre les centres de formation ?
- Speaker #0
Alors, tu parles de la formation d'assistante maternelle ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Alors, c'est gratuit. C'est le département qui paye la... Donc, nous, dans notre département, c'est la Ligue de l'enseignement qui fait la formation et c'est le département qui paye pour cette formation qui est vraiment de qualité. D'ailleurs, moi, je suis très reconnaissante de cette formation en ayant l'habitude en tant que professeure. prof d'avoir des formations. Je m'attendais à quelque chose très léger. Et au final, pas du tout. C'était très complet, très intéressant. Je me suis même dit, mais pourquoi les parents n'ont pas ce genre de formation ? Et oui, donc ça, c'était totalement gratuit.
- Speaker #1
Ok, c'est bon à savoir pour notamment toi qui n'as pas eu ta rupture conventionnelle parce qu'il y a des formations parfois qui coûtent 3000, 6000, 8000 euros. Parfois, j'entends des trucs et parfois à juste titre. Des fois, il y en a qui durent 2 ans, 3 ans. Donc forcément, ça a aussi un coût. Mais de savoir que c'est gratuit, tu te dis que même si tu pars en démissionnant, ou même si tu le fais en étant en dispo, et que les premiers mois, tu n'as pas de salaire, le temps d'avoir des parents et donc des enfants, au moins, tu n'as pas à débourser une somme astronomique pour la formation. Donc, c'est déjà un bon point. Et elle n'est pas trop longue non plus. Donc, ça ne te fait pas non plus perdre trop de temps en formation avant de pouvoir commencer à travailler.
- Speaker #0
C'est vrai. C'est un autre point public.
- Speaker #1
Exactement. Il y en a, il y en a. et pour le côté donc toujours finance mais une fois que tu travailles donc là j'imagine c'est différent quand tu le fais en mâme et quand tu le fais chez toi et j'imagine que même si t'es pas techniquement à ton compte c'est quand même toi qui fixes tes tarifs pour les parents ou est-ce que toutes les assistantes maternelles coûtent le même prix en France par exemple ?
- Speaker #0
Alors non chacune peut fixer son tarif donc ça ça dépend vraiment de l'assistante maternelle. Soit on décide de s'aligner, on essaye de se renseigner un petit peu dans la ville, quel est le tarif. Soit on décide d'avoir son propre tarif. Et ça, c'est quand même positif parce que du coup, ça détermine aussi notre salaire. Donc, en fonction du tarif qu'on décide, on peut quand même réussir à avoir un bon salaire en tant qu'assistante maternelle. Après, ça dépend aussi s'il y a facilité ou pas à trouver des contrats. Parce que c'est vrai que si les enfants se font rares, le tarif, parfois, il faut un petit peu le baisser pour ne pas être trop élevé par rapport aux autres assistantes maternelles.
- Speaker #1
Et tu pratiques le même tarif avec toutes les familles ou est-ce qu'en fonction de l'âge ou si un enfant, je ne sais pas, a telle pathologie, ou est-ce qu'il y a des différences de tarif entre des enfants que tu accueilles en même temps, par exemple ?
- Speaker #0
Alors moi, je fonctionne un petit peu différemment, mais je sais que ce n'est pas du tout la majorité. Souvent, elles ont un tarif. à l'heure. Et c'est tout. En fait, moi, je ne fonctionne pas comme ça parce que si j'accueille un enfant par exemple que trois jours par semaine et que je ne trouve pas un autre enfant pour compléter les deux jours, je perds énormément financièrement. Donc moi, j'explique aux parents que, en fait, leur enfant, je bloque la place pour leur enfant. Ici, c'est un plus petit contrat. Mon taux, il va être plus élevé parce que financièrement, j'ai mes factures, j'ai mon... et à la fin du mois, il faut que j'ai un salaire qui me permette de payer les charges que j'ai. Si j'ai moins d'heures au contrat, le tarif est plus élevé. Si j'ai plus d'heures au contrat, le tarif est moins élevé, ce qui ne paraît pas forcément logique, mais ce qui me permet de réussir à avoir mensuellement ce dont j'ai besoin.
- Speaker #1
Oui, et que ce soit stable aussi pour toi. C'est moins stressant, j'imagine, surtout si déjà de base, le préavis est que de un mois. Si en plus, tu as tout le temps des trous et que, comme tu l'as dit, c'est hyper dur. Si tu as quelqu'un qui prend trois jours, comment tu veux trouver quelqu'un qui va prendre que deux et qui va prendre pile poil les deux jours où il y a un trou, tu vois ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est improbable.
- Speaker #0
Il y a toute la logistique aussi d'accueillir un autre enfant que deux jours, changer les draps, etc. Si on n'a pas forcément l'espace, c'est important aussi d'avoir un feeling avec les parents. que ça se fasse bien avec l'enfant, de ne pas avoir que l'aspect financier non plus. Mais oui, ça, c'est quand même un point positif aussi dans le métier. Par rapport au préavis, tu as parlé du préavis. Alors ça, ça peut se modifier dans le contrat. Au début, ça dépend depuis combien de temps l'enfant est chez toi. Au début, moi, je crois que c'était même 15 jours. Donc après, je l'ai modifié. Toujours en parlant avec les parents, c'est un contrat qu'on fait ensemble. je trouve que qu'en tant qu'employé, on peut quand même... On explique comment on travaille avec les autres et notre façon de faire. Après, ça plaît ou ça ne plaît pas aux parents qui deviennent l'employeur.
- Speaker #1
Oui, ça, malheureusement, dans tous les métiers, il y a toujours, même dans la vie, il y a toujours des choses qui plairont, qui ne plairont pas. On ne peut pas plaire à tout le monde en même temps. Je pense que certains parents se projettent très bien, comprennent parfaitement, vont trouver ça normal. Et d'autres vont peut-être se sentir un peu plus coincés, même si un mois, ce n'est pas... énorme comme préavis, je trouve. Parce que j'imagine que la plupart des départs, ah bah quoi que non, ça va dépendre de quand l'enfant naît. J'allais dire souvent, c'est à la rentrée, quand ils ont trois ans et qu'ils partent à l'école.
- Speaker #0
Souvent, les départs, c'est à ce moment-là. Après, en Bretagne, je ne sais pas s'il y a d'autres départements aussi comme ça aussi, mais il y a pas mal d'entrées à l'école en janvier.
- Speaker #1
Oui, moi, dans les écoles où je bossais, il y avait ça et j'étais en Bretagne.
- Speaker #0
Voilà. Alors qu'en région parisienne, en tout cas, moi, là où j'ai travaillé, ça ne se faisait pas. C'est un petit peu surprise, mais du coup, oui, ça peut être aussi un départ en janvier ou en septembre. Et pour les arrivées, par contre, c'est tout au long de l'année. Ça dépend des naissances. Ça, c'est pas évident non plus à gérer en fonction de son agrément, parce qu'on cherche parfois des plus grands quand on a trop de bébés. Par exemple, moi, ce que je souhaite, c'est souvent d'avoir que deux enfants non-marcheurs et le reste de prendre des plus grands pour ne pas être toujours en train de porter. Et puis voilà, il est en âge et que de bras. Donc après, il y en a qui fonctionnent différemment. Mais du coup, c'est assez difficile de trouver des contrats de plus grand. Parce que souvent, c'est que des bébés.
- Speaker #1
Tu vas être obligée d'attendre que ton enfant devienne marcheur.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Là, je vais passer à trois non-marcheurs. J'espère que le mien va bientôt marcher. Mais ouais, j'accueille un petit bébé de six mois à la rentrée. Donc je passerai à trois non-marcheurs quand même. Mais les deux sont quand même... Les deux que j'ai déjà. Je maîtrise bien le 4 pattes, donc ça va quand même.
- Speaker #1
Et côté financier, mais tu n'es pas obligée de chiffrer parce que tout le monde n'est pas à l'aise avec la question. Est-ce que tu sais, si on prend sur l'année, parce que j'imagine que tous les mois, ce n'est pas pareil, mais globalement, en moyenne, quel salaire tu arrives à te dégager mensuellement ?
- Speaker #0
Alors, pour le salaire, je ne vais pas te donner de mon temps parce que c'est vraiment différent d'un département à l'autre, d'une ASMAT à l'autre. Ça dépend du tarif horaire et aussi de la demande. de ce qu'on propose, etc. Donc, ce serait faussé que je donne un montant. Alors moi, pour mon enfant, comme j'accueille mon enfant, je ne reçois pas de salaire pour cet enfant. Si j'accueillais trois enfants sans avoir mon enfant, je pourrais, j'atteins d'ailleurs, pas aujourd'hui parce que j'ai mon enfant, mais j'atteindrais mon ancien salaire de prof.
- Speaker #1
En termes de quantité de travail et d'horaire, quelle est ton amplitude horaire ? Est-ce que tu travailles le week-end ? Comment tu fais pour prendre tes congés ? Est-ce que tu peux prendre des congés ou est-ce que tu dois te caler sur les parents, mais en même temps, eux ne vont pas prendre tous leurs congés ensemble ? Comment ça se passe un peu l'organisation de ton temps, que ce soit par semaine ou plus globalement à l'année ?
- Speaker #0
Alors souvent, les parents, ils ont déjà leur jour de garde dont ils ont besoin. Donc des fois, je m'adapte en fonction des besoins. Mais moi, j'ai défini une tranche horaire de travail. Donc quand je cherche des contrats, je dis que je travaille à partir de 7h30. 30 et que je finis au plus tard à 18h30. C'est comme ça que j'ai commencé parce qu'au début, il faut réussir à trouver des contrats mais au fur et à mesure, on peut aussi modifier. Je travaille du lundi au vendredi et là, en ce moment, mes contrats, le plus tôt, c'est 8h30, le plus tard, c'est 17h30. Donc là, en ce moment, je fais 8h30 et 17h30. Ce à quoi je fais attention, c'est aussi de respecter le plafond, le tour maximal horaire à ne pas dépasser pour permettre aux parents d'avoir les aides. lorsqu'ils font garder leur enfant.
- Speaker #1
Et toi, ça ne t'impacte pas financièrement comme t'es pas à l'heure ? mais plutôt au forfait, si on peut dire ça comme ça. Parce que sinon, faire moins d'heures dans ta journée, ça aurait un gros impact financier, alors que là, peut-être moins.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est ça aussi. C'est ça aussi le fait que j'adapte mon taux horaire au contrat pour gagner mensuellement la même chose. Ça n'impacte pas au niveau des horaires. Je ne travaille pas le week-end, mais après, il y a des assistantes maternelles qui décident de travailler le week-end. Et ça peut être aussi positif parce qu'il y a beaucoup de parents qui cherchent aussi pour le samedi, par exemple. Là, moi, mon objectif, donc j'ai des contrats sur le long terme, mais j'aimerais me débloquer le mercredi, par exemple. Parce que quand mon enfant va rentrer à l'école, j'y pense déjà. Parce que ce sera mes futurs contrats, donc si j'accepte un contrat maintenant, il faut que je le prévoie aussi. J'aimerais trouver des contrats sur le lundi, mardi, jeudi, vendredi. Mais c'est dans une seconde étape. Au début, on ne peut pas forcément toujours avoir son vœu dès le début. Et puis aussi, si c'est trop large, on peut aussi refuser. fuser des contrats parce que ça ne nous convient pas tout simplement. Il y a aussi des règles au niveau des horaires où on a besoin d'un nombre minimal d'heures de repos avant d'accueillir un autre enfant. Il y a un nombre maximal d'heures à la semaine sur l'année à ne pas dépasser. Donc c'est quand même contrôlé.
- Speaker #1
Mais ce qui est une bonne chose parce qu'en fait si tu accumules les heures, les enfants, les jours, etc. après c'est difficile de bien faire ton travail puis il y a quand même... grande sécurité qui est en jeu.
- Speaker #0
Oui, puis ça te permet de justifier aussi aux parents. Je n'ai pas le droit de dépasser tant d'heures. Parce que ça reste quand même sur des... On fait quand même beaucoup d'heures semaines et on n'a pas forcément de pause à la journée puisque l'enfant est là à la journée.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. En fait, tu n'as pas de pause midi, tu n'as pas de pause pipi, tu n'as pas de pause café. Tu as tout le temps les enfants avec toi.
- Speaker #0
Donc en soi, si j'accueille un enfant de 7h30 à 17h30, ça fait déjà 10 heures de travail à la journée. Donc sur cinq jours, c'est déjà du 50 heures, on dépasse. Donc en fait, tout ça, ça se discute avec les parents et ça se calcule pour ne pas... Pour prendre soin de soi, en fait. Il y a un haut horaire, c'est aussi ne pas s'abîmer.
- Speaker #1
Et tu peux choisir, du coup, quand tu pars en vacances et tu préviens les parents à l'avance, j'imagine que de telle date à telle date, tu ne seras pas ouverte, tu ne seras pas là.
- Speaker #0
Alors ça, ça se décide avec les parents, du coup, quand on fait le contrat. Si on n'a qu'un seul enfant accueilli, c'est les parents qui décident des vacances. Dès qu'il y en a deux, si je ne dis pas de bêtises, dès qu'il y en a deux, après, les vacances sont déjà prises, donc les autres sont obligés de s'adapter sur les vacances qui sont déjà fixées. Moi, je suis au minimum des semaines de vacances, donc c'est cinq semaines à l'année, mais après, on peut décider de prendre plus. Et du coup, ça se présente lorsque l'on fait l'entretien avec les parents. Moi, je prends. J'ai une collègue, par exemple, qui a ses cinq semaines-là. Et en plus, sur chaque petite vacance, elle a une semaine sur les deux.
- Speaker #1
OK, c'est pas mal.
- Speaker #0
Donc voilà, c'est comme ça. Et les parents savent que pendant ces semaines-là, ils n'ont pas l'assistante maternelle. Tout se décide, encore une fois. Le tarif horaire se décide, les vacances se décident. Ça, c'est quand même un confort aussi.
- Speaker #1
Et est-ce que, que ce soit pendant ta période de formation ou là, maintenant que tu es en activité, Tu dirais que justement, ton expérience de prof et tes expériences passées en tant qu'enseignante, ça t'a aidé à apprendre et à exercer ce métier. Est-ce que pour toi, c'était un plus et ça a été plus fluide que si tu avais découvert complètement le monde de la petite enfance ?
- Speaker #0
Moi, c'est quand même très différent comme métier. Je ne pense pas que tous les profs peuvent devenir assistantes ou assistants maternels. ça reste vraiment différent je pense que ça m'aide quand même peut-être au niveau de l'organisation il faut être quand même assez carré en tant que prof organisé mais en même temps c'est quand même différent parce que j'ai pas de programmation voilà si je fais de la peinture c'est juste pour faire de la peinture, si je fais de la pâte à modeler c'est juste pour faire de la pâte à modeler j'ai pas vraiment de contraintes en fait au niveau de ce que je fais donc je trouve quand même que c'est différent je peux pas dire que ça m'aide ou Alors, le côté, moi, que j'apporte de professeur, c'est je sais comment ça se passe à l'école. Donc, pour préparer les enfants à rentrer à l'école, ça, c'est intéressant.
- Speaker #1
Et la relation parent, peut-être aussi, parce que du coup, tu as déjà eu des relations parents, contrairement à quelqu'un qui débuterait et qui avant avait été, j'en sais rien, jardinière et qui peut-être n'a pas eu de relation parent.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'on a l'habitude aussi de parler aux parents. Ce n'est pas faux. Moi, j'apporte aussi, tu sais, à partir de deux ans, je crois. propose d'apprendre aux enfants le son des lettres. Donc ça, c'est souvent quelque chose qui est vu comme positif, en fait. Et puis tout ce qui est rendre l'enfant autonome avant l'entrée à l'école. Donc cette vision de l'enseignant... qui sait comment ça se passe. Voilà, c'est aussi un point positif, c'est sûr.
- Speaker #1
C'est bien. Et je n'ai pas dit tout à l'heure, parce qu'on a parlé de la PMI, mais en fait, pour les personnes qui sont intéressées par ce métier-là, j'ai lu, peut-être que tu pourras confirmer si c'est vrai ou pas, qu'en fait, on peut aller gratuitement à la PMI et qu'il y a des réunions d'information sur le métier où ils peuvent te parler justement de tout ce qu'on dit là. des horaires, du nombre d'enfants que tu peux accueillir, de l'organisation de ta maison, de la rémunération, la relation parent, tout ça. Et je trouve ça bien que ça existe pour pouvoir poser tes questions à des gens qui savent et pas juste être devant une page internet de métier avec des points à suivre, tu vois, où c'est difficile de se projeter.
- Speaker #0
Ça c'est super et ça c'est dans tous les départements. Il y a des réunions d'information et moi on m'avait demandé, d'ailleurs avant de demander l'agrément, de participer à cette réunion. toutes les questions. Ça donne une belle image de ce que c'est, en fait.
- Speaker #1
Et toi, en plus, du coup, t'avais pu faire l'immersion avec ta cousine et ça, c'est vraiment le top quand on peut avoir une immersion, un stage, enfin vraiment une vue de l'intérieur de « Ah, ok, ça ressemble vraiment à ça au quotidien. » Il y a tout le temps, tous les métiers, je pense, il y a des petits détails qu'on n'imagine pas et quand tu les vis, tu te rends compte que ce n'est pas des si petits détails que ça.
- Speaker #0
Ah oui, un truc auquel ça me fait penser, c'est le ménage. Il y a énormément de ménages dans ce métier. Donc ça, il faut le savoir aussi. Là, tous les soirs, j'aspire, je lave. Il y a des petits qui marchent à quatre pattes. Donc les poubelles de couches, voilà. Tout l'espace repas, il y en a partout à chaque fois. Donc ouais, c'est quand même pas mal d'organisation et de ménage. Si on n'aime pas faire le ménage, c'est un petit peu embêtant.
- Speaker #1
Je t'avoue. Mais par contre, je te rejoins sur un point que tu as évoqué tout à l'heure où tu disais que tu ne pensais pas que tous les enseignants pourraient être assistants de maternelle. Parce que moi, par exemple, quand tu me mets devant un bébé, je suis vraiment comme une poule devant un couteau, quoi. Je ne sais pas comment le prendre. Je ne sais pas pourquoi il pleure. Je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est un mystère pour moi, tu vois. Donc, je sais qu'assistant de maternelle, je n'aurais pas pu. Et même en classe, j'avais beaucoup de mal avec la maternelle. J'aimais vraiment à partir du CE2, quoi.
- Speaker #0
Oui, il faut vraiment quand même aimer les enfants. Après, bon, de quoi ils ont besoin, ça s'apprend aussi au fur et à mesure. Et puis, on se forme. Ce n'est pas un métier par dépit non plus. Pas se dire, je ne sais pas trop quoi faire, donc je vais faire assistante maternelle. Ça reste un métier avec une grosse responsabilité.
- Speaker #1
Toi, aujourd'hui, tu regrettes ou pas ton choix, que ce soit d'avoir quitté l'éducation nationale ou d'être devenue assistante maternelle ? Ou est-ce que c'est un peu plus zone grise que ça et tu as le droit de développer, bien sûr ?
- Speaker #0
Alors, je ne dirais pas que je regrette parce qu'en fait, je n'ai pas vraiment eu le choix. Je devais trouver autre chose. chose. Je suis contente là en ce moment d'être assistante maternelle. Je ne sais pas si je le ferai toute ma vie non plus. Je profite aussi du fait d'avoir mon petit pour être avec lui. Après, il y a quand même des parts du métier de prof qui me manquent. Mais à chaque fois, quand j'y pense, je sais aussi les points négatifs qui ont fait que je suis tombée malade. Et parfois, je me dis « Ah ouais, mais maintenant, je connais mes limites. » Je sais quand est-ce que je dépasse mes limites, puisque j'ai déjà dépassé. Et peut-être que j'y arriverai maintenant en mettant plus de limites. Quand j'ai ces petits discours-là dans ma tête, au final, je reviens à la même conclusion que non. Je ne suis plus capable de faire ce métier. Les conditions n'ont pas changé. Donc, j'ai peut-être un petit regret. C'est la démission. Mais en même temps, je n'avais pas d'autre solution. Et en même temps, je me dis, si j'ai dû démissionner, ça m'a forcé aussi à arrêter. Si j'avais eu la possibilité, donc dans mon cas, ce n'était pas possible, mais de prendre une mise à dispo, peut-être qu'un jour, j'y serais retournée parce que c'était ma passion, etc. Et j'adorais enseigner à la maternelle tout le côté créatif, l'écriture, la lecture, etc. Ça m'a forcé aussi à couper parce que dans ce moment, cette saison de vie, je n'avais pas d'autre solution que la démission. Mais c'est peut-être ce que je me dis. Peut-être qu'un jour, j'aurais voulu peut-être voir si j'étais capable d'y retourner. Mais quand je pense à tout ce qui m'a fait arrêter, je me dis que non, je n'aurais pas pu y retourner. Mon métier, en tout cas, là, maintenant que je suis à trois enfants, je suis contente de le faire, le métier d'assistante maternelle. Même si, comme dans tout métier, il y a des points négatifs, mais là, je me sens bien, je me sens épanouie. Et voilà, pour cette saison de vie, je ne sais pas si ça durera. peut-être qu'au final je finirai pour toujours assistante maternelle jusqu'à la retraite peut-être en tout cas en ce moment je suis contente de l'être
- Speaker #1
Ça fait plaisir de te l'entendre dire, en tout cas, surtout quand on sait par quoi t'es passé et c'est pas évident d'en sortir. Donc si tu peux profiter là, profite. Si c'est une saison, c'est une saison. On verra combien de temps ça dure. Si c'est pour toujours, c'est pour toujours. C'est vrai qu'il y a moins de pression parce que je pense que tu peux plus facilement arrêter si un jour tu te rends compte que tu veux arrêter. Il y a moins le côté un peu coincé qu'on peut ressentir dans l'éducation nationale. Mais pour finir le podcast, tu vas pouvoir répondre à la question signature qui est de compléter la phrase « avant j'étais prof, aujourd'hui je suis » .
- Speaker #0
Alors, pour être honnête avec toi, au début, quand j'ai lu ta phrase, j'ai répondu « avant j'étais prof, aujourd'hui » . Le premier mot auquel j'ai pensé « aujourd'hui je suis libre » . C'est horrible, hein ?
- Speaker #1
C'est horrible et c'est bien parce que tu te sens libre.
- Speaker #0
Et au final, après, j'ai ensuite réfléchi. Et vraiment, ce que je voudrais dire avec cette phrase, avant j'étais prof, aujourd'hui je suis en bonne santé. J'étais contente en fait de répondre à cette petite phrase. Je me suis dit, quand même c'est important d'être en bonne santé dans son travail.
- Speaker #1
Ah oui, même dans la vie de façon générale.
- Speaker #0
Ah oui, c'est sûr, mais on passe tellement de temps au travail et on délaisse aussi notre santé mentale. Aujourd'hui, je suis en bonne santé et ce changement de métier m'a aidée. à retrouver cette bonne santé.
- Speaker #1
Bah écoute, tout ce que je te souhaite, c'est de le rester le plus longtemps possible et même bien après la retraite parce que ce serait bien de profiter après avoir bien travaillé quand même. Je pense que je t'ai posé toutes les questions que je me posais et que l'audience se posait. Mais si jamais il en reste, est-ce que je peux te taguer sous la publication sur Instagram qui sera associée à l'épisode ?
- Speaker #0
Avec plaisir !
- Speaker #1
Bon, comme ça, ils pourront te poser des questions supplémentaires. Et en plus, sur ton compte, il y a pas mal de postes où tu parles aussi de ton métier. Je crois que c'est le poste qui est épinglé, là, qui a une couverture rouge, où justement, il y a aussi les points positifs, points négatifs. Et je trouve que si jamais quelqu'un se pose la question de ce métier, de l'entendre dans l'interview, c'est une chose, mais de se reposer après, de le lire, c'est encore une autre, puis d'aller faire un petit rendez-vous à la PMI, tout ça, tout ça. Donc, ça peut se faire en plusieurs étapes, mais c'est bien de le... De voir les choses sous différents angles, on va dire, pour avancer dans sa réflexion. Donc, merci en tout cas pour toutes les réponses à mes questions, pour le temps passé, pour ta sincérité. Et puis, je te souhaite le meilleur, que ce soit dans le pro, dans le perso, et donc surtout, la santé.
- Speaker #0
C'est super gentil. Merci à toi aussi, le meilleur. Et puis, merci à toi de m'avoir invitée dans ton podcast. C'était chouette.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Pensez à vous abonner au podcast pour ne pas rater les prochains. Pour m'aider à faire connaître l'émission, vous pouvez la noter et la commenter sur votre application d'écoute. Je vous invite également à la partager avec vos proches, vos collègues et sur vos réseaux sociaux. Retrouvez l'actualité du podcast sur Instagram et Facebook et si vous avez besoin d'aide dans votre propre reconversion, jetez un oeil à mon site internet Vous y trouverez la liste de tous les épisodes du podcast, des articles de blog, des idées de formation et mes propositions d'accompagnement. A bientôt !