Speaker #0C'est pas parce qu'on est bon soldat qu'on doit être promu général. Il y a d'autres compétences à développer et ces compétences-là, il faut pouvoir les développer. La valorisation du travail réalisé, la valorisation des réussites. sont autant de leviers qui permettent à quelqu'un qui serre les dents de sourire quand même. Bienvenue sur All You Need To Lead, le podcast des professionnels qui veulent une vie épanouissante. Je suis Jaffar Tabi, coach, cadre, dirigeant, et j'invite des leaders inspirants qui nous partagent leurs expériences. Notre invitée aujourd'hui est absente. Alors, je voudrais vous partager quelques-unes de mes expériences, privées ou professionnelles, qui m'ont... construits et qui m'ont amené à occuper des postes de vice-président assez tôt dans ma carrière grâce à des erreurs et des opportunités que j'ai pu avoir. La première opportunité, elle vient d'un challenge. J'ai 13 ans et j'ai des besoins financiers qui ne sont pas assouvis parce que les conditions familiales ne nous permettent pas de nous offrir ce qu'on aimerait s'offrir. Alors je décide, chaque dimanche matin, très tôt, de partir au marché et de voir si quelqu'un a besoin d'aide. Je fais toujours des marchands, bonjour parce que vous avez besoin d'aide, réponse non, non merci, Et je fais ça tous les dimanches matins. Jusqu'au jour où une personne qui me dit non merci me rappelle, viens, prends ces cartons et mets-les là. Je venais de prendre mon premier poste. Alors je sais, normalement 13 ans on n'est pas censé travailler, on va dire qu'il y a prescription et de toute façon je ne donnerai pas l'identité. de la personne qui m'a rendu ce service. Rendu ce service parce que non seulement j'ai pu gagner un peu d'argent, très modestement, 4,50 euros, 30 francs à l'époque, mais le plus important, et c'est ça que j'ai réellement gagné de cette expérience, c'est l'apprentissage que le travail paye, que l'insistance a aussi une valeur. Parce que quand on montre sa détermination, au point de revenir de semaine en semaine, bonjour, est-ce que vous avez un poste, est-ce que vous avez besoin d'aide, etc. Il y a des gens. qui comprennent que la personne qu'ils ont en face d'eux est quelqu'un qui donnera tout pour faire du bon travail, par exemple. Donc si vous êtes en recherche d'emploi, si simplement vous voulez continuer de progresser, que vous estimez que les portes ne sont pas assez ouvertes, ma question pour vous c'est est-ce que vous toquez assez ? L'étape suivante que j'aimerais vous partager, c'est celle de ma première expérience après le stage. J'ai eu la malchance. d'avoir un puis deux collègues qui se sont absentés pour maladie. Et je me suis retrouvé avec une charge de travail énorme, celle de tenir trois postes. Très difficile humainement, très difficile physiquement, pas juste d'un point de vue charge de travail, mais carrément physiquement, parce que je dormais très peu. Alors, ces conditions normalement ne devraient pas exister. C'est-à-dire que la plupart des managers normaux feraient attention à répartir les charges de manière différente. J'y suis certainement pour quelque chose parce que j'ai voulu prendre, ou en tout cas j'ai accepté de prendre, pas voulu prendre, j'ai accepté de prendre la charge supplémentaire pour rendre service, et je le voyais aussi comme un challenge. L'inconvénient, c'est que j'ai poussé un peu trop fort, au point où j'ai commencé à avoir de l'eczéma, où j'ai commencé à avoir un léger strabisme, certainement le manque de sommeil. Et là, je me suis dit, ces alertes corporelles ne doivent pas être prises à la légère. Mon message pour vous, là aussi, c'est Il est important de savoir écouter son corps et savoir à quel moment il est nécessaire de ralentir, de trouver des solutions ou de se faire du bien autrement. Le point est le suivant. Les erreurs que j'ai faites là, elles sont de plusieurs natures. La première, celle de ne pas savoir dire non et de prendre plus que nécessaire. Est-ce que c'est grave ? Oui quand même. Est-ce que ça a été gravissime ? Non. Parce que j'ai pu à un moment donné, quand mon corps me l'a dit, m'arrêter de faire exactement la même chose. me reposer un peu plus le week-end, reprendre le sport qui m'a aussi fait du bien. Je pense que c'est important, même quand on est super engagé, d'avoir un autre équilibre que purement professionnel. Je parle à celles et ceux qui sont à fond dans le boulot. Je pense que c'est un bien aussi de pouvoir considérer d'autres choses, y compris quand on s'approche de la retraite et que du jour au lendemain, on perd tout. Fin de la parenthèse. La deuxième erreur que j'ai faite, et celle-là, elle est très très fréquente, C'est celle de travailler plus sur mon travail que sur moi-même. Pendant des mois, j'étais en train d'abattre du travail qui rendait service à la société, en ce sens-là, c'est tant mieux, c'est pour ça aussi que nous, salariés, nous sommes payés. Le problème, c'est que je me développais très peu, à part la résistance au stress, la capacité à être plus efficace, la capacité à développer des macros et toutes sortes de choses sous Excel qui m'ont permis de pouvoir abattre plus de travail qu'une personne normale. Le problème, c'est que si vous n'investissez pas en vous-même, vous vous plantez sur les étapes d'après. Et ça, cette erreur-là, je la vois très très souvent. Des gens qui ne comprennent pas, je travaille franchement dur et mon chef me le reconnaît, mais je n'ai pas pris sa place quand mon chef est parti. On a pris quelqu'un d'autre, un petit jeune ou une petite jeune. Il est possible que si vous ne travaillez pas sur les compétences dont vous avez besoin, sur les postes supérieurs, vous n'êtes tout simplement pas prêt. Et ce n'est pas parce qu'on est bon soldat qu'on va... être promu général. Il y a d'autres compétences à développer et ces compétences-là, il faut pouvoir les développer le long de sa carrière, même quand on est occupé. Un peu plus tard, à la fin de mon expérience chez Renault, j'ai été contacté par un chasseur de tête qui me propose d'aller en Chine. Ma décision fut clairement oui. Je me suis d'abord bien entendu entretenu avec ma copine et épouse actuelle. Pourquoi ? Parce que naturellement, ce sont des décisions qu'il faut prendre. en couple, en tout cas avec les personnes qui font votre vie au moment où vous prenez cette décision-là, et aussi parce que c'est important que l'équilibre ne soit pas seulement professionnel à titre individuel, mais qu'il le soit au niveau de la cellule familiale. J'ai pris cette décision d'aller en Chine pour le stretch culturel, pour le challenge que ça représentait. Mon conseil pour vous, et particulièrement pour celles et ceux qui sont en début de carrière, si vous avez la possibilité... prenez de gros challenges, raisonnables, et encore une fois en ayant en tête qu'il faut se préserver, pas tomber dans un burn-out ou toutes sortes de situations dont il est parfois compliqué de se sortir. À chaque fois que vous avez la possibilité d'aller sur des missions challenging, que vous avez les moyens de surmonter. Et ce que je veux dire par là, c'est que si vous avez 23 ans, que oui, vous êtes jeune, mais que vous venez d'avoir des triplés, c'est peut-être pas la bonne décision. Donc je ne suis pas en train de vous pousser à l'extrême, quelles que soient vos conditions. Par contre, quand vous, vous pouvez faire ça, je vous assure, vous gagnez énormément. Et j'ai énormément gagné. Après cette expérience, et au passage, si, il faut que je vous parle de ça. Quand je suis arrivé en Chine, quelqu'un repartait. Un ancien expatrié qui repartait, qui était en fait pas un expatrié, qui était parti 6 mois, puis reconduit 6 mois. Je lui ai demandé alors... C'est dur le chinois, et moi j'ai pas vraiment appris, parce que tu comprends, j'étais parti juste 6 mois. Et en 6 mois ça sert un peu à rien, parce que le chinois est tellement complexe, c'est tellement différent de ce qu'on apprend en français ou en anglais, que c'était pas nécessaire, pas utile finalement aux 6 mois d'essayer d'apprendre, j'aurais rien appris. Et finalement j'étais reconduit. Et là moi dans ma tête je me dis, mais mince, le monsieur en question passe un an en Chine, et sait dire quoi ? 10 mots ? Peut-être moins que ce que j'avais appris avant même d'arriver. en Chine, et je me dis c'est vraiment dommage. Quelle que soit la durée de vos expériences, essayez d'en tirer le maximum profit. Vous ne savez déjà pas si vous allez effectivement rester que 6 mois ou 6 ans, et je peux vous dire que si cette personne-là était restée 6 années de plus, je ne suis pas sûr qu'elle ait vraiment appris, parce que quand on n'a pas appris au bout d'un an, pourquoi apprendre la deuxième année ? Et ainsi de suite. C'est très très important de considérer ça. Le deuxième calcul que j'ai fait, et oui c'était un calcul, c'est que je me suis dit, la compétence de la langue chinoise En France, il y a plein de gens qui parlent chinois, mais en France, chez les professionnels, il n'y en a pas tant que ça. Et donc c'est une compétence qui va me distinguer d'une grande partie de mes pairs. A chaque fois que vous identifiez des compétences qui vous intéressent, qui sont en lien avec votre environnement, qui vous permettraient de vous distinguer, faites-le, c'est beaucoup plus simple d'être bon sur deux ou trois ou quatre matières que d'être super bon dans une seule matière. Vous avez donc la possibilité, grâce à l'acquisition de quelques compétences bien choisies, de vous distinguer et de vous ouvrir des portes que vous n'auriez pas eues ouvertes si ce n'était pas par choix tactique ou par opportunité. Je reviens donc après ma première expatriation et je rentre en plein milieu d'un plan social. Catastrophe, mais j'ai la chance qu'on me donne une mission auprès d'un expert en logistique et transport. Et là, c'est pas du tout... ma tasse de thé, la logistique ou le transport. Mais j'ai le choix entre faire le job et that's it, et c'est tout, ou bien faire le job et me dire, mais mince, j'ai quelqu'un qui a une expérience monstrueuse et qui est dans le partage. La plupart des experts sont dans le partage. Et j'ai tellement appris au contact de cette personne en termes de compétences techniques, des choses qui m'intéressaient à l'origine pas trop, mais qui m'ont là aussi ouvert de nouvelles portes. pour l'émission d'après. Vous ne savez pas de quoi demain est fait, ce que je peux vous dire, c'est qu'acquérir des compétences ne vous sera jamais nuisible. Sauf si vous faites ça au détriment d'une vie familiale, de votre santé ou autre. Mais en général, on est capable d'être au travail et d'apprendre. Donc soyez curieux, rencontrez des gens qui sont dans le partage et qui vous apprendront des choses qui vous seront particulièrement utiles. Votre valeur sur le marché de l'emploi, c'est pas votre salaire. C'est ce que vous avez là, en termes de compétences et en termes d'expérience. Une fois que j'ai fini cette mission-là, je me suis retrouvé dans une équipe recherche et développement un peu subie, c'est-à-dire que je n'étais pas encore à ce moment-là et peut-être que c'était aussi un manque de maturité de ma part pour être un peu plus dans le lead, dans le fait de prendre mon destin en main sur quel poste prendre. Je n'étais pas encore là, je n'avais pas encore ce concept d'avoir un bon réseau, de se connecter à des gens pour essayer de saisir les opportunités au moment où... Il les voit, même si je ne les vois pas encore. Tout ça, je n'étais pas encore prêt. On arrive, donc je suis en recherche et développement, et la situation de la société est telle qu'il y a besoin de refaire un autre plan social. Et là, les RH viennent me voir et me disent, écoute Jaffar, on voudrait t'informer de quelque chose. Cet après-midi, on va annoncer un plan social. Ce plan social est drastique, notamment sur les équipes recherche et développement dont tu fais partie. Dans ton équipe en particulier, il va y avoir un nombre significatif de personnes qui vont devoir quitter la société. Et les critères sont des critères objectifs. Est-ce que vous êtes handicapé ou pas ? Est-ce que ça fait longtemps que vous êtes dans la société ou pas ? Donc un certain nombre de critères pour lesquels j'étais très mal positionné. Dans les faits, 60% de mon équipe devait sortir. Donc ils ont été extrêmement bienveillants, déjà de m'informer, et de me dire que ce n'est pas parce qu'on ne t'aime pas, c'est juste que... Par contre, ils m'ont dit... Tu peux compter sur nous parce qu'on veut te garder, tu es un bon élément, on veut te garder, on veut te donner la possibilité de te reconvertir sur d'autres industries, enfin sur d'autres jobs. À ce moment-là, j'ai deux choses. Soit je me dis, je leur fais confiance et ils finiront par me trouver quelque chose et franchement, je leur faisais confiance, donc j'étais à peu près sûr qu'ils allaient faire le nécessaire pour m'offrir des possibilités, ou je me dis, ben non, un bon, un gagnant, c'est quelqu'un qui sait quand... C'est ce qu'il fait quand il perd. Et c'est ce que je décide de faire. Je me dis, qu'est-ce qui se passe si jamais il ne me trouve rien ? Ou bien s'il me trouve quelque chose qui ne me satisfait pas ? J'ai commencé à chercher un travail. J'ai cherché un travail, j'ai trouvé un travail. Il se trouve que j'ai eu un deuxième poste sur lequel j'ai pu négocier des conditions salariales bien supérieures puisque j'avais déjà le premier où j'avais un peu uplifté puisque j'étais sous-payé à ce moment-là, significativement sous-payé. Et le deuxième à qui j'ai demandé encore plus puisque de toute façon, il fallait bien que je choisisse entre les deux. j'avais déjà une offre ferme à un niveau donné. Avant de partir, je me suis dit, je vais quand même les informer. Je vais leur dire, écoutez, merci beaucoup d'avoir cherché. Ils m'avaient proposé des choses, mais qui n'avaient absolument rien à voir avec ni ce que j'avais envie de faire, ni n'était une promotion. Donc, on allait me donner des choses qui étaient encore plus basiques que ce que je faisais. Donc, oui, on me sauvait mon emploi. Mais franchement, à mon âge, à ce moment-là, compte tenu de ma situation, et bien entendu, ça dépend de chaque individu. Dans d'autres cas, ça ne serait peut-être pas la bonne chose à faire. Dans mon cas, j'étais prêt à partir, et surtout pour partir pour des postes qui me font grandir. Mon invitation, et je le réitère parce que c'est tellement important, ce qui importe, ce n'est pas tant ce que vous gagnez que ce que vous devenez. A chaque fois que vous avez l'opportunité, dans votre carrière, de prendre des directions qui vous amènent à devenir plus compétent, plus valuable, de plus grande valeur sur le marché de l'emploi, prenez plutôt celle-là que celle qui vous paye bien. et qui peut-être vous destine à un placard un peu plus tard. Vous ne voulez pas, je ne vous souhaite pas d'être surpayé. C'est une situation très handicapante, en particulier quand on est malheureux dans son poste. J'en ai connu, j'ai managé un peu plus tard des gens qui étaient trop bien payés par rapport aux responsabilités qu'ils avaient. Ces gens-là, qui sont malheureux parce qu'ils le savent, ne sont pas à la bonne place, essayent de chercher ailleurs. Mais c'est super dur de dire bonjour, je gagne ça, et je cherche un emploi lorsque mon niveau est là. Donc, je ne vous souhaite pas d'être sous-payé, je parle en particulier à mesdames, où je pense qu'au moins dans les pays dans lesquels j'ai travaillé, il y a un écart malheureusement qui ne se referme pas assez vite entre les hommes et les femmes. Donc bien entendu, défendez votre valeur, les revenus que vous méritez compte tenu de ce que vous créez pour la société. Mais dans tous les cas, mon message, au-delà de se défendre pour ne pas être significativement sous-payé, c'est... raisonner valeur sur votre marché de l'emploi plutôt que simplement essayer d'augmenter les salaires. Fin de la parenthèse salariale je préviens les RH et mon management que je vais partir que J'ai trouvé des projets qui m'intéressent beaucoup plus et je décide de partir. Et là, ils me disent « Attends, est-ce que tu peux nous laisser une semaine de plus ? » En une semaine, ils ont ouvert sur d'autres business units au sein du même groupe. Et j'ai pu passer des entretiens en toute urgence et rencontrer des gens qui m'ont séduit par qui ils étaient et par les missions qu'ils proposaient. Et c'est ainsi que je suis resté dans la même société. j'ai eu une augmentation salariale significative. Encore une fois, ça ne veut pas dire que j'étais surpayé, c'est simplement que j'étais sous-payé avant, vraisemblablement. Et j'ai pu continuer au sein du même groupe. Et là, j'avais en charge un certain nombre de sujets qui étaient extrêmement stratégiques. Par exemple, est-ce qu'il faut racheter telle ou telle société ? Comment je transforme une usine qui est en train de perdre beaucoup d'argent ? Comment je fusionne différentes usines parce qu'on a un marché qui maintenant devient beaucoup plus... plus petit et on n'est plus capable d'avoir trois usines dans le même endroit. Des sujets quand même stratégiques et derrière il y a aussi de l'humain parce qu'il y a des femmes et des hommes qui travaillent. Donc on a envie de transformer le système industriel de manière à ce que demain, ces personnes-là maintiennent leur travail soit à défaut qu'on ait quelque chose de suffisamment compétitif pour pouvoir les réintégrer à un moment ou à un autre ou générer d'autres opportunités d'emploi. Quand on a ce genre de poste qui est foncièrement différent de son expérience préalable Ma recommandation pour vous, c'est de regarder quels sont les secteurs, ou quelles sont les personnes, les experts, ce que vous voulez, mais regardez, benchmarkez pour voir d'où pouvez-vous apprendre le plus vite possible sur ces sujets-là. En l'occurrence, stratégie, si vous entendez stratégie, ce n'est pas idiot d'aller voir des gens qui sont dans des cabinets stratégiques type McKinsey, McKinsey, Boston Consulting Group, Bain, etc., qui ont des frameworks, des... manière de réfléchir, des manières de résoudre certains problèmes, on n'est pas les premiers à essayer de considérer une acquisition, on n'est pas les premiers à décider de faire une transformation majeure sur une entité qui perd de l'argent. Ce genre d'études ont été faites maintes fois par des sociétés dont c'est la spécialité. S'instruire et utiliser ces expériences-là pour être beaucoup plus performant peut faire une énorme différence. Vous ne vous rendez pas compte, vous êtes sur une... Entité qui n'a pas cette spécialité et vous apprenez de gens dont c'est la spécialité, vous revenez et vous avez l'impression ou les autres ont l'impression que vous êtes brillant. Vous n'êtes pas brillant, je n'ai pas été brillant at all. Par contre, j'ai appris de gens qui ont des décennies d'expérience et donc quand je viens et que je propose des choses de grande qualité, on me les attribue parce qu'effectivement c'est mon travail, ce n'est pas mon génie, c'est le génie des autres. Votre carrière, vous pouvez la faire soit parce que vous êtes un génie, Et ja ! une personne sur un million qui est effectivement un vrai ou une vraie génie. Mais la plupart des gens peuvent s'instruire, tirer profit d'expériences, même de podcasts comme celui-ci. Si vous pouvez prendre un petit bout de cette expérience que je vous partage et qu'elle vous sert, eh bien moi j'en suis heureux parce que c'est la mission même de ce podcast. Fin de la stratégie industrielle où donc j'ai eu l'opportunité de faire plein de choses. Et on me propose à un moment donné... de repartir en Chine pour cette fois-ci lancer plusieurs usines dans le pays. Alors le pays il est énorme. Quand je dis plusieurs usines dans le pays, en fait je voyaisais plus que ce que j'aurais voyagé si j'étais resté en Europe. Je n'aurais jamais eu le poste si je ne parlais pas le chinois. Parce que ce que je ne vous ai pas dit, c'est qu'après être revenu de Chine, je n'étais pas resté longtemps, je suis resté 14 mois en Chine, j'ai continué d'apprendre et de passer d'un niveau au niveau supérieur en langue chinoise. je le faisais on top off, personne ne me le demandait, mais précisément parce que, et je vous l'avais dit, je voulais être tactique dans les compétences que je voulais acquérir de manière à pouvoir me distinguer. Cette expérience-là, le fait que j'ai un background, des connaissances industrielles plutôt étoffées, grâce à tout ce que les experts que j'ai eu la chance de croiser m'ont appris parce que j'ai été suffisamment curieux pour passer du temps avec eux, les écouter et étudier, m'ont permis de prendre des postes qui étaient bien plus seniors. que ce que j'aurais pu avoir sinon. Très belle expérience, je reviens. Et là, on me propose un poste de productivité industrielle qui est globalement essayer de challenger tous les coûts des ventes, excluant les ventes, tout ce qui est de là, pour ceux qui sont habitués aux comptes de résultats, au P&L, du haut jusqu'à l'EBIT, Earning Before Interest and Tax. Il y a plein de choses là-dedans, il y a les coûts main-d'oeuvre, il y a les coûts matière, les... les flux logistiques, etc. Il fallait aussi qu'on travaille sur les aspects cash. Tous ces sujets-là sont des sujets extrêmement... complexe et qui requiert une très bonne intégration avec les opérations, ceux qui font le travail. Je n'étais pas le chef de tout le monde, ça c'était le PDG. Par contre, mon travail, c'était de faire en sorte que les 80 usines qu'on avait, 76 à ce moment-là, qu'on avait soient performantes sur l'ensemble de ces aspects-là dans un contexte économique particulièrement difficile, puisqu'on était après la crise subprime qui a fait beaucoup de mal à beaucoup d'industries, y compris l'industrie automobile, parce que j'étais encore à ce moment-là dans l'industrie automobile. J'ai à ce moment-là un rôle fonctionnel. Un rôle fonctionnel, c'est un rôle où on n'a pas le management des personnes directement. Par contre, on doit travailler avec eux. Et là, j'ai eu un vrai step change, je pense, dans ma carrière parce que j'ai dû user de compétences d'influence avancées. Comment j'ai fait ça ? Eh bien, en m'instruisant, oui. Il n'y a rien de mieux que l'expérience. Mais quand vous n'avez pas encore l'expérience, votre meilleur ami, c'est le livre. Votre meilleur ami, c'est la personne qui a fait ça avant vous et qui peut vous conseiller. Le knowledge, la compétence, le savoir est là. Si vous êtes suffisamment curieux, curieuse, et particulièrement dans cette période-là, ce qui manque, ce n'est pas la connaissance. Ce qui manque, c'est la volonté de prendre cette connaissance, de l'intégrer, de la comprendre. J'ai eu la chance... d'avoir eu la volonté à ce moment-là de le faire. Et c'est grâce à ça que j'ai pu développer des compétences d'influence qui m'ont été réellement utiles. Influencer des gens de très haut niveau pour qu'ils puissent aller dans les directions que j'estimais bénéfiques pour la société. Influencer les gens avec qui je travaillais. Et il y a des choses qui sont très simples, ne serait-ce que faire attention à l'autre, être respectueux. Il y a une personne qui disait... Il faut vous imaginer chaque personne avec un collier écrit dessus « Fais-moi sentir important » . Imaginez ça, vous êtes dans la rue comme ça et vous voyez une personne et vous vous dites qu'elle a ce panneau-là « Fais-moi me sentir important ou importante » . Quel comportement vous avez ? Bien, vous avez de l'attention. Vous avez, lorsque vous allez par exemple rencontrer une personne très bien placée, je ne sais où, vous rentrez, c'est là où le secrétaire, qui est la secrétaire en général, qui vous accueille. Pourquoi ne pas lui manifester de l'attention ? Pourquoi ne pas valoriser cette personne-là ? Ce genre de clés qui sont petites parmi tant d'autres, mais font vraiment la différence. La différence entre un leader inspirant et un leader pas inspirant, c'est souvent en lien avec l'amour qu'il porte à la personne qu'il a en face. Si vous voulez avancer sur ces sujets-là, un livre très simple, écrit il y a très longtemps, il y a peut-être pas loin d'un siècle, peut-être 80 ans, C'est « How to win friends and influence people » de Dale Carnegie. Fin de l'expérience productivité industrielle. Et à ce moment-là, par les résultats que j'ai obtenus et aussi par la confiance que j'ai créée avec quelqu'un qui, pour le coup, a changé de société, je suis appelé à une nouvelle mission. Une nouvelle mission, cette fois-ci, où je dois manager 700 personnes, dont 200 qui sont sur un secteur en crise. Et quelle belle expérience ! J'en ai bavé ! J'ai passé la très grande majorité de mon temps sur le secteur où il y avait ces 200 personnes-là qui étaient en difficulté majeure. J'ai beaucoup appris. J'ai beaucoup appris sur la capacité à prendre le stress et à transmettre un message enthousiaste auprès des équipes. C'était la période où j'ai le plus accéléré sur ma capacité à rendre les gens heureux, à contribuer à les rendre heureux. Je ne les rends pas heureux. Par contre... L'attention qu'on leur porte, la valorisation du travail réalisé, la valorisation des réussites sont autant de leviers qui permettent à quelqu'un qui serre les dents de sourire quand même. Et c'est ça que vous voulez. Les périodes de challenge, ce que vous voulez, c'est donner aux gens l'envie de continuer, même si c'est dur. Et si ça, vous savez le donner, je peux vous assurer que vous faites des miracles. et la chose qui est rigolote c'est que à vouloir rendre les gens heureux et contribuer à leur bien-être, j'étais moi-même meilleur. D'ailleurs, il y a une personne qui était un ancien de chez Google et qui a travaillé sur le bien-être au travail, etc. Et il a développé une formation où il parlait d'un certain nombre de choses. Et une des activités qu'il faisait, c'est qu'il disait « Pensez à deux personnes. » Et juste dans votre tête, et je vous incite, je vous invite à le faire par exemple, pensez à même une personne. Pensez à une personne et dites-vous « je lui souhaite d'être heureuse » . Ce simple exercice, quand vous le faites sincèrement, va vous rendre vous plus heureux. Pourquoi ? Parce qu'au moment où vous faites cet exercice-là, vous êtes quelqu'un de bien qui souhaite à quelqu'un d'autre du bien. Souhaiter le bonheur des autres est une belle manière de contribuer à son propre bonheur. Donc là, maintenant si je reviens, puisqu'on est là sur le leadership et le développement personnel, ce que je vous dis, c'est que faire en sorte que les gens dans vos équipes se sentent bien parce que vous savez communiquer avec eux, parce que vous leur donnez envie. de continuer parce que vous les reconnaissez, parce que vous avez vu qu'ils étaient importants, fera de vous un leader humain bien plus performant que celui qui est simplement orienté résultat exclusivement. Bravo, vous avez écouté ce podcast jusqu'au bout. Si vous avez aimé, n'hésitez pas à vous abonner, à mettre une note 5 étoiles ou un pouce vers le haut, à partager et à commenter. Si vous voulez d'autres contenus intéressants, n'hésitez pas à aller voir ma chaîne YouTube All You Need To Lead ou mon profil LinkedIn Jaffar Tabi dans lequel je partage aussi quelques idées qui pourraient vous intéresser. A bientôt !