- Speaker #0
Bonjour, avec Banlieusard, nous nous retrouvons pour les 15 ans du service civique au salon de l'engagement à APAC, un événement organisé par l'union départementale des MJC de Moselle. On est venu micro en main poser des questions. C'est quoi s'engager en 2025 ? Qu'est-ce que ça change vraiment et pour qui ? Parce qu'au final, l'engagement ça commence souvent, là on ne l'attend pas. Dans une société où les jeunes sont parfois stigmatisés et qualifiés injustement d'individualistes, nous avons réussi à échanger autour d'une passion commune qu'est l'engagement. Des échanges intéressants autour de leur passion qui montrent que la jeunesse engage.
- Speaker #1
Et bien je vais vous laisser vous présenter tour à tour, votre nom, votre prénom, du coup votre rôle dans votre asso et pourquoi en fait vous vous y êtes engagé.
- Speaker #2
Moi c'est Arthur Fagbo, j'ai 23 ans et je suis président de la MJC depuis 3 ans. La MJC d'un quand je bricolange. Et on a commencé comment ? C'était dans le temps où il y avait AMJC. Pendant une bonne dizaine d'années, il n'y avait plus rien. Il y a des personnes du village qui ont repris. Il y a 4 ans, qui ont recommencé, qui ont essayé. Après, moi j'étais dedans déjà, j'étais déjà engagé dedans. Et au fur et à mesure, ça n'a plus suivi. Et j'ai pris la présidence et j'ai demandé à tout notre groupe de potes. Et on a commencé. En plus de temps, ça aurait pu.
- Speaker #1
Et du coup, vous, la notion d'engagement, qu'est-ce que ça veut dire pour vous, un petit peu s'engager ? Et qu'est-ce que ça vous a apporté aussi ?
- Speaker #3
Nous, c'était plutôt pour redynamiser un peu tout le village, etc. Parce que depuis qu'on a toujours vécu dans le même village, et donc la sauce, elle existe depuis le début. Ça fait plus de 30 ans que ça existe. Et à un moment, elle était morte. Donc quelqu'un avait repris la sauce pendant un an. ça n'a pas marché de ouf et du coup Arthur il s'est chauffé et nous a demandé si on voulait le rejoindre et puis on s'est chauffé pour refaire bouger tout le monde, que ce soit les vieux, que ce soit les jeunes.
- Speaker #4
Du coup c'est Romain Friche, j'ai 22 ans. Du coup je fais également partie de la MJC d'un camp, Bréclange, avec mes copains Arthur et Adam. A la base... On a toujours vécu les événements en dehors sans faire partie de l'association parce que c'était une sorte de rituel. On a toujours été aux fêtes du village, même en dehors de notre association, des villages aux alentours. Et puis un jour, Arthur a repris la présidence et nous a proposé de faire partie de l'asso. Ça nous a tout de suite plu et on a tout de suite dit oui. Il faut savoir que dans le village, on a un bon groupe d'amis. On est une quinzaine de jeunes. Et on fait pas tous partie de l'association, malgré ça quand il y a besoin de coups de main, tout le monde est toujours là pour donner un coup de main. Et le fait de toujours avoir vécu tout ce qui est fête de village, nos événements phares ça va être le feu de la Saint-Jean, le marché de Noël et toutes ces choses là, et ben ça donne tout de suite envie de, comment dire, de participer. Personnellement, c'est pour ça que ça me plaît de faire perdurer un peu les traditions, si on peut dire. Parce qu'on a toujours vécu ça, mes parents, mon père faisaient partie à l'ancienne de la MJC aussi. Donc de faire perdurer les choses là, c'est vraiment sympa.
- Speaker #1
Et du coup, justement, à travers tout ce que vous faites, il y a j'imagine des gens qui y adhèrent. Et justement, est-ce que... Alors je ne connais pas bien le village. Mais je compatis parce que j'ai aussi un tout petit village et la population est jeune. Est-ce qu'elle est aussi amenée à s'engager régulièrement avec vous quand il y a des événements, des projets que vous mettez en place ?
- Speaker #2
Oui, parce qu'après, il y a toujours tout le monde qui vient tout le temps nous aider. Tout le village, que ce soit jeune, moins jeune, ils viennent tous nous aider. Par exemple, on avait fait le fait de la Saint-Jean, il y a eu du monde qu'on ne pensait pas avoir, donc compliqué. Mais tous les gens du village sont venus derrière le bar, derrière le barbec et tout pour venir nous aider, pour donner un coup de main parce qu'ils voyaient qu'on était débordés.
- Speaker #1
Est-ce que justement le fait d'avoir tout l'usage, de ce que j'ai pu comprendre, juste avant vous il y a quelqu'un d'autre qui a repris la MJC, c'était pas top top. Est-ce que le fait justement que vous l'ayez repris ensuite, il y a eu un élan justement d'engagement vis-à-vis de la MJC comme tu dis, parce que le village vient donner des coups de main ?
- Speaker #4
Bien sûr, mais... pas forcément de bénévoles qui ont signé dans la MJC, mais de bénévoles extérieurs qui viennent nous aider sans forcément vouloir s'engager. à quelque chose, mais parce que par faute de temps ou pas envie d'être obligé de faire quelque chose, mais des bénévoles extérieurs qui ont l'opportunité de venir, bien sûr, tout le temps. Que ce soit jeune ou moins jeune, on a la chance d'avoir des personnes comme nos parents qui ont su tenir une MJC il y a quelques années. D'avoir des conseils de personnes avec de l'expérience, c'est toujours sympa.
- Speaker #2
Ouais parce que en gros mon père avant c'était Presque un des premiers présidents de l'AMJ.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a aussi des liens avec des partenaires extérieurs ? Est-ce que vous travaillez avec d'autres associations ?
- Speaker #4
Alors oui, on peut dire qu'on travaille avec d'autres associations comme l'association de l'AMJC de Volmerange. On a des événements entre guillemets en commun, enfin on se donne des coups de main en tout cas. Ils ont un gros événement, la fête de la rivière. Tous les ans, on s'associe pour les aider. Ça a toujours été comme ça. pour que l'événement soit au mieux. Oui,
- Speaker #2
c'est vrai. Et après, à un camp, j'ai aussi un country club. Et on fait un événement, on fait un week-end, le samedi et dimanche, ensemble. Enfin, un gros bac de village.
- Speaker #1
On voit souvent des jeunes se remettre à reprendre des associations dans leur ville, village respectif. Est-ce que justement, cette notion d'engagement-là, vous l'avez obtenue déjà avant ? Est-ce qu'avant, vous étiez engagé dans d'autres... associations ou d'autres choses, même associations étudiantes.
- Speaker #3
C'est juste un plaisir de partager en fait notre... En fait c'est notre côté festif, on souhaite le faire communiquer à tout le monde. Parce que quand nous on fait énormément de fêtes, que ça soit entre nous, que ça soit aux extérieurs, enfin sans organiser mais juste participer, en fait c'est ça qu'on aime bien retrouver et c'est surtout la convivialité. Le fait qu'il y ait les moins jeunes et les plus jeunes qui soient mélangés ensemble. Et il n'y a pas ce... Ouais c'est ça, en fait il n'y a pas ce... Alors oui, on fait partie d'une assos culturelle, mais on est beaucoup axés sur la festivité. Non, on a fait une fois une animation, c'était quand il y avait les Jeux Olympiques à Paris. Du coup, on a fait les mini-Olympiques. En gros, c'était avec tous les jeunes du village, un tournoi sur toute une journée avec les légères sports.
- Speaker #4
Je te coupe, et pas que du village. Et qui ? On a contacté un peu les MJC aussi aux alentours, pour faire bouger. pas que notre village, mais essaye de regrouper un entourage un peu plus grand.
- Speaker #3
Et du coup, j'imagine que ça doit vous prendre pas mal de temps et qu'on essaye de façon à ce que ça nous prend du temps forcément, mais que ça nous ne nous lasse pas de faire que ça.
- Speaker #1
Est-ce que justement cet engagement-là, il vous suit aussi dans vos projets personnels, le fait d'avoir quand même redonné vie à l'MJC de votre village ? Est-ce que justement ça vous donne envie de vous engager dans d'autres projets associatifs ou non ?
- Speaker #4
Il faut savoir que c'est quelque chose que personne ne nous a forcé à le faire et c'est quelque chose qu'on aime faire. Alors on ne le fait pas forcément que pour l'MJC. On va donner souvent des coups de main. Par exemple, il y a eu l'Octoberfest à Boulet il y a deux ou trois semaines, je ne sais plus maintenant. c'est des événements qu'on ne fait pas partie forcément du... l'organisation et malgré ça on va quand même donner des coups de main parce que on connaît on connaît on connaît un petit peu de monde qui est là dedans et puis on demande et puis on apprécie le faire et donc on essaye de donner le plus de coups de main possible aux alentours.
- Speaker #1
C'est vraiment ouais c'est festif franchement c'est cool et du coup ça redonne vraiment de la vie en fait à votre village.
- Speaker #2
On fait un arévoir faire sortir tout le monde du village dans quelques années, il n'y a plus personne qui se parait vraiment. Parce qu'il n'y avait plus de points à rassembler. Et là, avec, par exemple, le feu de la Saint-Jean, c'est notre plus beau événement, on arrive à refaire bouger tout le monde. Et toujours que des bons retours,
- Speaker #3
quoi. Ce qui est bien de voir, c'est que sur des fêtes comme ça, il y a des gens, ils se croisent dans la rue, ils ne se disent pas bonjour, dans la vie de tous les jours, et ils se croisent à la fête là, ils se parlent comme s'ils étaient les meilleurs potes.
- Speaker #4
C'est vrai que c'est un vrai plaisir, sur notre dernier feu de la Saint-Jean, On s'attendait vraiment pas à voir autant de monde Comme on l'a dit tout à l'heure on était vraiment débordé Ça a été vraiment de voir Du haut de la scène, autant de personnes dans le village, c'était quelque chose. Et puis même le fait de voir, par exemple, nos parents rencontrer des anciens amis à eux qui ont entendu parler de l'événement, qui sont venus, et de les voir se reparler. J'ai pu voir mon parrain qui habite à Strasbourg revenir à un camp. J'ai parlé avec des anciens copains du foot à l'époque où ils jouaient ici. Franchement, ça rassemble vraiment. C'est quelque chose qui nous fait vraiment plaisir.
- Speaker #1
Oui, ça brise la glace entre les gens. Et puis là, on avait du monde comme ça. Est-ce que du coup, parce que vous vous êtes engagé, mais est-ce que du coup il y a d'autres personnes de votre village, que ce soit les jeunes ou des personnes avec un âge plus avancé, qui se sont aussi lancées du coup après la remise sur pied de la MGC,
- Speaker #2
ou nous depuis qu'on a repris, on est neuf ? Et les neufs, ça n'a pas bougé. Ça fait trois ans, ça n'a pas bougé. On n'en a pas eu en plus, on n'en a pas eu en moins. Mais après, de plus en plus de monde qui viennent, quand on est en train de préparer, on a plus en plus de personnes. C'est des petits coups de main,
- Speaker #3
mais dans la sauce. Après, en dessous de plus jeunes que nous, il n'y en a pas tant que ça. En fait, on est les derniers jeunes. Vous êtes les derniers ? Il y a une dizaine de jeunes, mais ils ne sont pas du tout intégrés. il y en a 1 sur 10 qui est intégré au village les autres ils sortent pas, ils viennent pas, on les voit pas.
- Speaker #1
Justement, ça pourrait être l'idée d'aller les chercher justement et d'assurer une relève.
- Speaker #3
En fait, on l'a déjà fait, on a déjà fait. Quand on a relancé la sauce, on a fait le tour complet du village, porte à porte, justement pour avoir des adhérents, savoir s'il y en a qui étaient intéressés à faire partie justement de la sauce. On a eu beaucoup d'adhérents pour un soutien. Mais à part ça... Personne n'était réellement intéressé.
- Speaker #1
Il n'y a pas de suivi ? Non. Il n'y a pas de relais vraiment assuré ? Vous savez que quand vous allez partir...
- Speaker #3
Pour l'instant, non.
- Speaker #1
Est-ce que vous savez un peu pourquoi ? Parce que tu parles de la question de l'intégration.
- Speaker #3
Est-ce que ça risque qu'ils ne soient plus intéressés comme nous ? C'est juste l'intérêt qu'ils portent au village.
- Speaker #4
Je pense qu'il y a une forte question de mentalité aussi là-dedans. Après, on a beaucoup parlé de fêtes. C'est vrai que... Je pense qu'ils pourraient potentiellement être intéressés mais peut-être pas par ce qu'on fait nous. Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire, parce que c'est vachement ciblé, alors c'est peut-être pas bien entre guillemets, mais c'est ce qu'on aime amener, et puis c'est un peu l'esprit du village, c'est comme ça chez nous. Et je pense que ces jeunes-là sont peut-être pas axés sur la fête, peut-être sur autre chose et on pourrait peut-être aller essayer de les chercher sur autre chose, mais c'est moins... Moins notre tasse de fêtes.
- Speaker #1
Après, moi je trouve ça super qu'il ait fête, parce que le fait du village c'est vraiment cool, et puis comme vous l'avez dit, ça brise la glace, et puis il y a des gens qui reviennent depuis des années qui ne sont pas venus, et puis qui reviennent et qui se retrouvent ensemble dans un côté festif, mais justement ça peut être une fenêtre aussi pour les jeunes, de se dire que si on a réussi à mettre en place des fêtes, on peut peut-être mettre en place plus, et le fait que vous ayez participé un peu à d'autres événements aux alentours du village, peut-être même plus loin, je ne sais pas, mais... ça peut aussi être une fenêtre pour eux. Est-ce que vous avez des... J'imagine que, en tant qu'asso, vous vous réunissez pour planifier les choses. Mais est-ce que, justement, dans vos réunions, il y a ce côté d'aller chercher les jeunes pour qu'ils puissent assister, pour qu'ils puissent voir comment ça se...
- Speaker #2
Oui, après, on en parle, mais après, faute de temps, comme on l'a dit, c'est faute de temps, parce que soit on travaille, soit après, ils font du hand, donc il y a nos activités encore à côté, on ne va pas... Tout va arrêter pour la MJC. J'ai ça, je travaille toute la semaine. Après le week-end, je travaille avec l'entreprise. Comme à peu près tout le monde là. C'est faute de temps. Nous, on a toujours fait des fêtes. On a toujours su faire des fêtes. En vrai, on fait une réunion, on se voit une fois. On dit on fait ça, ça, ça. Et après, on sait comment ça part pour la soirée. Mais c'est un autre événement. Il faudrait qu'on ait plus de temps pour réussir à en faire bien.
- Speaker #1
Est-ce que dans le village, parce qu'il y a la MJC qui a l'air d'être super présente, Est-ce qu'aux alentours où il y a d'autres personnes qui ont des associations, enfin moi j'essaie de voir là, il y a l'association de la pétanque, des trucs comme ça, est-ce que vous avez d'autres associations qui tournent aussi comme ça ? Ou vous êtes vraiment la seule présente ? Il y a aussi la country.
- Speaker #2
Oui, la country et après le conseil des fabriques, ceux qui s'occupent de l'église et tout. Ça aussi par exemple, vous pouvez aussi leur donner un coup de main, ils font des fêtes. On s'entraide en fait, on a trois assos dans le village et les trois assos s'entraident tout le temps.
- Speaker #1
Oui, du coup, à travers votre engagement, en fait, il y a un nouveau vent d'entrée dans le village.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #4
Avec la mairie aussi.
- Speaker #2
Avec la mairie. Avec la mairie. La mairie, elle se suit aussi bien.
- Speaker #1
Oui, c'est toujours bien d'avoir la mairie derrière soi dans ses projets. C'est cool. Vous mettez en place beaucoup de choses. Ça peut arriver qu'une mairie, elle a envie aussi, à travers les associations de sa ville, de chercher l'engagement auprès des gens. Est-ce qu'elle vous sollicite pour faire d'autres choses ?
- Speaker #3
Là où on travaille bien, clairement. On n'est pas sollicité pour faire des choses en particulier, mais par exemple, le marché de Noël qu'on fait, on travaille avec la mairie pour les enfants de l'école. En fait, les bénéfices sont reversés à l'école, pour qu'ils puissent financer un voyage scolaire. Ça ne représente pas grand-chose, mais c'est un soutien pour qu'ils puissent financer.
- Speaker #1
Oui, et puis j'imagine, du coup, un petit village,
- Speaker #3
ça fonctionne encore différemment. Oui, ce ne sont pas du tout les mêmes proximités. La proximité entre tout le monde, entre la mairie, les gens du village, les assos, ça n'a rien à voir avec un grand village. Merci,
- Speaker #1
c'était super les gars.
- Speaker #3
Merci à toi.
- Speaker #5
Bonjour à tous, je m'appelle Di Gregorio Mathieu. Je suis en service civique à la mission locale du Nord-Moselland depuis 6 mois, 5 mois. Ce que je fais là-haut, c'est que je fais de la boxe anglaise. Du coup, j'entraîne des jeunes à leur faire les classiques, gauche, droite, esquive. Et ensuite, j'essaie de leur parler, de savoir ce qu'ils font à peu près dans leur vie, leur parcours, pour voir si c'est un peu similaire au mien. Parce que c'est vrai que depuis que je suis là-haut, je vois que les jeunes, ils ont à peu près le même parcours que moi. Parcours très compliqué, très dur. C'est pour ça que je fais de la boxe aussi. C'est tout le temps...
- Speaker #1
Ça permet de se défouler aussi.
- Speaker #5
De lâcher prise. Ouais, c'est ça. Lâcher prise, de montrer ce qu'on veut. Parce qu'en boxe, je suis quand même bon. Parce que je me suis beaucoup, beaucoup, beaucoup entraîné. Donc aujourd'hui, j'ai un bon niveau. Parce que voilà, j'ai fait des sacrifices. Donc j'aimerais aller loin dans le sport. Plutôt aller comme Monsieur Astana. Aller au championnat de France comme lui. Parce que j'aime beaucoup ce boxeur. J'aime beaucoup comme il boxe. Comment ils se déplacent ? Je pense que c'est un exemple pour certaines personnes qui sont en l'intérêt.
- Speaker #1
Tu parles de discuter avec les jeunes, etc. Souvent, c'est des jeunes de quel âge à peu près ?
- Speaker #5
Alors, c'est de 16 à 25 ans. C'est vrai que généralement, c'est vraiment ceux qui quittent l'école et qui viennent directement s'inscrire à la mission locale. Mais c'est vrai que certains jeunes qui viennent, c'est vraiment parce que c'est leurs parents. Comme moi, par exemple. Moi, sinon, moi de moi-même, je ne me serais jamais inscrit. C'est ma mère. qui m'a dit inscris-toi, fais parce que tu fais rien, tu fais rien, tu fais rien. Du coup, je me suis inscrit et moi, j'avais une mauvaise image de la mission locale, comme on peut tous l'entendre, je pense. Et en fait, finalement, c'est bien, il t'accompagne de tout ce que tu veux faire, tous les projets. Par exemple, je sais pas, tu veux monter, par exemple, moi, une salle de boxe, ils peuvent t'aider à la monter.
- Speaker #1
Et du coup, c'est grâce à ta mère que tu t'es engagé. Ouais, voilà, ouais. Et donc, en fait, l'engagement, il venait pas de toi directement. Non. Mais ensuite, c'est devenu quelque chose que tu as nourri au fur et à mesure de ta présence là-bas.
- Speaker #5
J'ai pu, du coup, m'exprimer, mieux parler et aussi combattre un peu le stress des gens. Parce que moi, comme je t'ai dit, j'étais que dans ma chambre. Je faisais que du sport, du sport. Et les gens, clairement, je m'en foutais. Que parler avec un patron, je ne savais pas. Parler avec des collègues, je ne connaissais pas. Et ça, ça m'a beaucoup aidé.
- Speaker #1
Maintenant, est-ce que tu t'engages aussi de par toi-même ? Tu le dis, tu parles avec des jeunes. Il y a un peu cette posture de grand frère aussi. Tu as ton propre parcours, tu es passé par là et tu les incites un peu comme ta mère l'a fait à s'engager. Et est-ce que du coup aujourd'hui, il y a d'autres choses dans lesquelles tu t'engages ? Parce que maintenant, tu as connaissance réellement de ce que c'est de s'engager, de ce que ça peut t'apporter.
- Speaker #5
Oui, pour la mission locale, j'essaie de leur dire ce que moi, ça m'a apporté. Notamment, c'est vrai que les jeunes qui viennent dans mon atelier boxe sont déjà inscrits. Ils sont déjà inscrits à la mission locale. Et moi, ce que je leur apporte, c'est faire du sport, ce que ça peut apporter, niveau musculation, hygiène de vie, nutrition et les bienfaits.
- Speaker #1
Et du coup, pour toi maintenant, comme la boxe est devenue un objectif clair, est-ce qu'en parallèle, il y a quelque chose d'autre qui t'anime, un métier, une autre passion, quelque chose comme ça ?
- Speaker #5
Moi, j'ai toujours aimé l'armée, la police. En fait, j'ai toujours aimé le mouvement, mais surtout le sport. C'est un fond. En fait, il pousse un fond et moi, j'ai toujours eu besoin qu'on me pousse. C'est ce que ma mère faisait un peu.
- Speaker #1
Tu te retrouves dans ce côté discipline, sportif, et le fait d'être poussé. Et du coup, ça rejoint l'engagement, puisque tu t'engages, mais là, pour une cause plus grande, qui est celle de ton pays, de cette sécurité. Et franchement, c'est cool. J'espère que ça se passera bien pour toi. J'espère aussi. En tout cas, merci beaucoup. Merci. Ça, c'est le micro au collègue.
- Speaker #6
Alors, moi, c'est Floriano Marion. Je suis à la mission locale depuis que j'ai 16 ans. Parce qu'en fait, comme il disait, c'est mes parents qui m'ont poussé parce que j'ai arrêté l'école à 16 ans. Et j'ai toujours voulu travailler à l'extérieur, dans l'agricole, tout ça. Et la mission locale m'a aidé à trouver un travail. Donc là, actuellement, je suis en contrainte déterminée d'insertion à l'Arc-Moselland. Donc on s'occupe des espaces verts et des communes. Et en fait, moi, plus tard, j'aimerais investir dans une exploitation avicole, c'est-à-dire toutes les volailles et tout ça. Ok. Et faire un élevage et de la vente directe.
- Speaker #1
D'accord. Et justement, un petit peu comme ton collègue Mathieu, je ne me suis pas trompé cette fois, tu as découvert, enfin tes parents t'ont incité à l'engagement.
- Speaker #6
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Et est-ce qu'aujourd'hui, de par ta personne, de toi-même, est-ce qu'elle... Donc il y a cette volonté de créer une exploitation avicole.
- Speaker #6
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Mais franchement, c'est super. Et du coup, ça nourrit cette volonté de s'engager.
- Speaker #6
Oui, ça nourrit, mais aussi il nous pousse. Moi, de mon point de vue, j'ai trouvé qu'il nous pousse à se développer, à vraiment chercher de nous-mêmes des expériences et tout ça. Donc, j'ai pu vraiment, comme je l'ai dit, trouver un travail. Donc, pour avoir un salaire et avoir du financement pour plus tard l'exploitation. Donc ça aide beaucoup.
- Speaker #1
Ok. Et est-ce qu'un peu comme Mathieu, parce que du coup Mathieu rencontre d'autres jeunes, est-ce qu'il y a d'autres jeunes à qui tu discutes aussi de ce que t'as permis, l'engagement et le fait de s'engager quelque part ?
- Speaker #6
Actuellement, pas trop. Ok. Parce que moi je suis plus dans le travail et tout ça, donc...
- Speaker #1
T'es vraiment axé sur ton travail, mais tu vois, l'engagement, enfin je reviens souvent sur l'engagement, mais du coup ça t'a aidé aussi dans ton job ? Et moi j'aimerais bien savoir, vous posez la question justement, parce que je l'ai posé avant, mais pour vous, comme vous avez été à cette place-là de ne pas s'engager, et vous l'avez découvert par vos parents, qu'est-ce qui fait que les jeunes, alors de manière générale ou des cas que vous connaissez, s'engagent de moins en moins ou sont freinés à l'engagement justement ?
- Speaker #6
Je pense que les jeunes n'ont pas la volonté de s'engager, ou tout simplement ont peur de s'engager, ça peut arriver aussi. Après, je pense que ce qui pourrait être bien, c'est, ils le font déjà à la mission locale, mais c'est vraiment d'essayer de trouver ce qui motive la personne pour la tirer vers le haut.
- Speaker #1
Écoutez, merci les gars. Franchement, c'est un super échange. J'espère que ça marche pour vous dans le futur et que l'engagement restera toujours au quotidien de votre vie. Merci et bon après-midi.
- Speaker #6
Merci à vous.