- Speaker #0
Salut les boss, ici Romane et Mia, vos boss préférés. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Bille de Boss.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, on se retrouve dans un épisode qui s'appelle Syndrome de l'imposteur à la quête de légitimité. Donc ça, c'est une problématique qu'on a... toutes les deux rencontrées hyper rapidement quand on a été lancées. Et on pense toutes les deux que, en fait, plein de monde rencontre ça. C'est vrai que c'est un sujet dont beaucoup de gens ont déjà parlé. Mais du coup, on voulait en discuter ensemble et vous raconter un peu nos histoires et comment nous, on l'a expérimenté. Donc, voilà.
- Speaker #0
Let's go. C'est un très gros sujet, les affaires. Ça a été vraiment un très, très gros problème qui a duré très, très longtemps. Est-ce qu'il est vraiment terminé ? problème.
- Speaker #1
Vous verrez dans la suite de l'épisode.
- Speaker #0
C'est un gros problème qu'on a rencontré et je crois que c'est le premier.
- Speaker #1
En tout cas, c'est le premier problème sur lequel on a vraiment mis un nom. Et on s'est dit, je crois qu'on a un petit syndrome de l'imposteur. Et c'est vrai qu'on a mis du temps à capter que c'était ça et surtout à trouver des solutions. Parce que des fois, même on était en plein dedans, mais on était en mode...
- Speaker #0
Ok, bon ben... Comment je fais à du pire ? C'est pas facile, c'est compliqué.
- Speaker #1
Toi, c'est quand la première fois que t'as ressenti ça ? Vraiment, que tu t'es dit là, il y a un truc qui va pas.
- Speaker #0
Franchement, moi, la première fois que je l'ai ressenti, je crois que c'est quand j'ai donné mon premier stage de danse rémunéré. Enfin, mon premier vraiment cours de danse rémunéré. Je suis sortie de la salle et j'étais en mode, mais quoi ?
- Speaker #1
Mais quoi ?
- Speaker #0
Là, en mode, les gens ont payé pour faire ça avec moi. Pas que j'étais en mode c'est de la merde, pas du tout, mais juste, moi j'ai trop kiffé mon moment. J'étais en mode purée, c'est ma passion et je suis en train de la transmettre. Et genre les gens ont payé pour ça, j'avais l'impression de les arnaquer, de je sais pas, je me suis sentie trop mal et à la fois trop bien. Parce que je me suis dit mais je veux faire ça de ma vie en fait. C'est génial et je me suis jamais sentie aussi bien que dans une salle de danse finalement. Vraiment ça a été un déclic de ouf. Mais en même temps j'avais ce petit truc de mais mon dieu. Je suis en train de les voler, je sais pas. Ça a été vraiment la première fois que j'ai eu ce petit ressenti désagréable.
- Speaker #1
C'était quand même axé sur le fait qu'ils payaient, quoi. C'était vraiment sur le truc de l'argent.
- Speaker #0
Au début, ouais. Alors, le syndrome a évolué. On l'a bien nourri. Mais au début, c'était vraiment sur ça. C'était vraiment sur l'argent. Et après, ça a un peu dérivé sur autre chose. Et toi, c'était par rapport à l'argent aussi ?
- Speaker #1
Justement, moi, c'est bizarre parce que... Enfin, même moi, en fait, j'ai un peu du mal à l'expliquer. Mais c'était en fait une des premières fois que j'allais à un stage de danse pour filmer. Mais j'étais plus assistante. Je ne filmais pas vraiment en tant que MDJ prod. J'étais avec un autre vidéaste et du coup, j'étais à ses côtés, on va dire. Et en fait, je n'étais pas payée rien du tout. Mais c'était juste pour l'expérience, on va dire. Mais en fait, j'étais avec du coup une prof de danse qui était quand même assez réputée et tout. Et je savais très bien que mon travail, ça n'allait pas être celui-là, le produit rendu et tout. Mais je me disais, mais... Qu'est-ce que je fous là ? J'avais ma caméra et tout, et je me cachais dans la salle de danse. Vraiment, j'avais une sale habitude d'être qu'avec mon zoom, et je me mettais hyper loin de tout le monde. J'étais une petite fourmi, je voulais que personne me voit, que personne me remarque. J'avais cette croyance que la vie d'astre, il ne fallait vraiment pas la remarquer. Et du coup, j'étais vraiment dans mon coin, et je me disais, mais purée, mais...
- Speaker #0
Que personne ne me remarque. C'était vraiment en mode, mais qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi je mérite d'être là ? Qu'est-ce que les gens vont penser ?
- Speaker #1
Je pense que ça dérivite tout ça. Et surtout ce truc de, j'avais l'impression de faire chier en fait. Genre de déranger. Et je trouve ça... En fait, c'est un peu ça pour le coup dans la vidéo. C'est le paradoxe entre quand tu filmes plus des mariages et plus de la danse. Dans le mariage, tu dois te faire discrète et tout. Et pas être au milieu de tout le monde. Mais dans la danse, en fait, pas du tout. Enfin, t'es obligée. Parce que de toute façon, la salle de danse, elle n'est pas très grande en général. Du coup, forcément, tu vas passer devant les gens et tout. Et maintenant, avec l'expérience, ça va mieux. Mais au début, c'était très compliqué pour moi de passer devant les gens, de me rapprocher, d'être proche du prof et tout. Ça m'angoissait, à part quand c'était toi. Toi, avec toi, ça,
- Speaker #0
on a un petit peu des idées.
- Speaker #1
Non, mais ouais, j'étais à l'aise, mais... J'avais du mal avec les gens. Et du coup,
- Speaker #0
c'était lié... Alors, est-ce que c'est peut-être de la timidité, la peur de déranger, mais c'était aussi lié au fait de ne pas être légitime, de se dire, OK,
- Speaker #1
je suis là,
- Speaker #0
mais pourquoi je suis là ? Et du coup, je n'ai pas envie que les gens voient que je suis là parce que pour moi, je n'ai rien à faire là. C'était vraiment ça, quoi.
- Speaker #1
Oui, oui. Je me cachais derrière ma caméra et mes grosses lunettes et j'étais en mode... Non, non, mais en fait, faites votre cours, mais moins vous me voyez, mieux je me porte, quoi. Alors que maintenant, avec du recul, je me dis, en vrai...
- Speaker #0
Maintenant, tu t'en fous.
- Speaker #1
heureusement comme je danse aussi en tant qu'élève tu captes pas forcément tu vois que le vidéaste des fois il passe ou quoi devant je parle pour moi en tant que danseuse ça me dérange pas du tout je suis tellement dans mon cours tellement concentrée je l'ai tellement pris comme il fallait que ce soit une qualité chez moi je voulais trop le mettre en oeuvre ça a nourri ce manque de légitimité je me cache et je veux pas qu'on me remarque Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a déjà eu, toi, une situation où tu t'es dit, mais qu'est-ce que je fous là, quoi ? Genre, vraiment, ou...
- Speaker #0
Alors, moi aussi, c'est hyper dur à expliquer. C'est hyper paradoxal parce que, vraiment, comme je disais, à chaque fois que je m'étais impie dans une salle de danse, je ne me suis jamais autant sentie à ma place que dans mon rôle de prof de danse. Vraiment, je n'avais aucun doute là-dessus. Moi, c'était plus quand je devais dire aux gens que j'étais prof de danse et qu'on me disait, tu fais quoi dans la vie ? Ou, ah, j'ai vu que tu donnais des cours là-bas et tout. Mais j'étais en mode, ouais, ouais. Ouais, ouais, ouais. Genre, même si, en fait, pour moi, il y avait écrit sur mon front un poster. Et du coup, j'étais trop gênée de le dire. Pourtant, quand je le faisais, j'étais hyper bien. Mais vraiment, de l'assumer et de dire, ben voilà, moi, je suis prof de danse. D'affirmer et d'assumer ce que je faisais, c'était vraiment hyper dur. Et du coup, c'est pas forcément des situations où je me suis dit, qu'est-ce que je fous là ? Mais c'est plutôt quand on me demandait, j'étais en mode, qu'est-ce que je fous là ? J'ai envie de partir, j'ai pas envie qu'on me demande ce que je fais. parce qu'en fait Pour moi, je ne suis pas légitime de faire ce que je fais. Et souvent, tu te dis, mais pourquoi il m'arrive tout ça ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Et tu ne te sens pas à la hauteur, en fait. Parce que c'est vrai que ça ne fait que deux ans et demi, du coup, qu'on fait ce qu'on fait, finalement. Et on est jeunes, on a 24 ans. Donc, c'est hyper tôt. Et il y a plein de belles opportunités qui sont arrivées très vite pour chacune d'entre nous. Et très rapidement, tu te dis, mais en fait, je ne me sens pas légitime. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Est-ce que je suis à la hauteur ? Qu'est-ce que les gens vont penser ? Ça a été vraiment la plus grande partie du problème, c'est qu'est-ce que les gens vont penser de ça ? Parce qu'au final, encore une fois, quand je me reconnectais à moi-même, j'étais hyper à l'aise, hyper bien dans mes baskets quand je donnais cours. Par contre, c'était plutôt quel regard vont porter ? Qu'est-ce que les gens vont penser ? Et du coup, il y a plein de situations, quand tu te fais expliquer ce que tu fais, tu te dis mais qu'est-ce que je fous là ? Je ne veux pas dire ce que je fais, je veux le garder pour moi, je veux me faire le p... plus discrète possible, un peu comme toi derrière ta caméra. Mais en même temps, c'est hyper dur parce qu'il faut se vendre, ça reste un métier. Donc, il faut être sur les réseaux.
- Speaker #1
C'est une grosse partie de notre activité, on est obligé de se vendre.
- Speaker #0
Il faut communiquer sur ce qu'on fait, notre travail, etc. Du coup, tu mets sur les réseaux, mais est-ce que tu es vraiment à l'aise de mettre sur les réseaux ? Parce que tout le monde peut le voir, mais comme c'est derrière un écran, tu te dis, bon, je poste. Tu lâches ton tel vite, mais quand c'est dans la vraie vie, en mode...
- Speaker #1
Après, de toute façon, le syndrome de l'imposteur, dans tous les cas, c'est lié au regard des gens.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
parce que même si c'est toi avec toi-même, c'est du coup l'image que tu vas refléter pour les gens. De ouf. C'est là que tu te sens pas légitime, en fait. Mais moi, c'est pareil, franchement.
- Speaker #0
Toi aussi, tu t'es dit à un moment, qu'est-ce que je fous là ? Enfin, il y a une situation...
- Speaker #1
Là, ce que j'ai raconté de l'histoire juste avant, du coup, c'était le cas. Mais je te rejoins aussi vachement sur d'assumer, d'être professionnelle dans ton milieu. Ouais, grave. Mais ça a mis du temps. mais bon, on en parlera encore après mais c'est pas fini mais vraiment d'oser dire bah moi je suis vidéaste, genre c'est mon métier je suis professionnelle là-dedans je suis pas débuteur je suis professionnelle en fait je me justifiais tout le temps genre me justifiais ouais ouais je fais ça à côté mais du coup je fais autre chose quand même pour manger mais de toute façon à côté en fait tu te rabaises pour encore moins justifier que peut-être t'es pas la meilleure quoi
- Speaker #0
de ouf toujours en train de se justifier de dire non mais moi j'ai un taf alimentaire à côté je vis pas que de ça sinon vraiment de dire non mais je tape dans un petit truc,
- Speaker #1
c'est une petite école c'est un petit contrat pour baisser sa réussite pour pas que les gens puissent et puis même quand on venait me contacter pour des projets pour filmer des cours ou quoi En fait, c'est aussi là le truc de légitimité où du coup, même par rapport à l'argent aussi, j'avais du mal à m'imaginer être payée. Genre je mérite d'être payée pour faire ça. J'arrivais pas à l'assimiler. Pour moi, c'était pas vraiment du taf parce que c'est un travail passion comme toi. Et du coup, t'as du mal à te dire, là en fait, je vais faire un truc que j'aime trop et je vais être payée. Ouais,
- Speaker #0
au début, c'est hyper bizarre. Surtout, je pense, quand tu sors des études, etc., on a fait des parcours, bon, c'était sympa, mais c'était pas notre passion. Et du coup, d'un coup, t'arrives à gagner de l'argent grâce à ce que tu aimes. Tu te dis, mais c'est pas possible.
- Speaker #1
Ouais, genre... Et puis, comment tu peux, limite... Enfin, ça, c'était au début, mais comment tu peux oser demander... Enfin, moi, en fait, limite, j'attendais que les gens me proposent un prix, tu vois. J'étais en train de... Bon, bah, dis-moi ce que toi, tu penses que je mérite, en fait.
- Speaker #0
mais c'était dingue quand même là avec deux ans de recul au début c'était en mode moi je vais te payer tant pour ton stage ok, alors c'est ce que je mérite si tu penses me faire ça alors qu'en fait le monde est méchant pour négocier en fait mais maintenant surtout qu'on a appris qu'en fait on vend nos prestations en fait on vend nos prestations c'est un vrai travail en fait ça je pense qu'on s'en est rendu avec l'expérience qu'en fait et... Tu passes des heures derrière ton ordi en post-prod, tu passes des heures à créer et décorer, tu passes des heures à faire plein de choses autres que juste ton activité, genre filmer ou danser. Et en fait, c'est là que tu te rends compte que déjà, c'est un vrai taf. Et de deux, que tu es professionnel aussi parce que ça fonctionne. Et ça, après, il n'y a pas de secret. Et ça, on en parlera après. Mais c'est ça aussi qui fait se rendre compte que tu es légitime. Et tout ça, ça fait vraiment professionnaliser la passion et se dire que tout ça, ça mérite de l'argent finalement. parce que je vends ma prestation et je fixe mon prix à temps parce que je sais combien je vaux et je sais combien d'heures de travail ça va demander derrière. Ben oui, forcément. Rien que de l'investissement. De l'investissement, voilà, exactement.
- Speaker #1
Tu prends de l'énergie. Ah non, mais clairement. Et puis aussi, je trouve que... Enfin, toi, je ne sais pas si tu as trop vécu ça, je pense un peu moins, mais moi, j'avais aussi ce truc de... Les gens, ils ne connaissent pas mon métier, en fait. Et ils ne savent pas ce que c'est qu'être vidéaste. Et du coup, je pense que... Tu vois, j'avais ce truc aussi de me dire... Déjà, moi, je ne me sens pas légitime, mais je pense que les gens Ils doivent encore moins me trouver légitime parce qu'ils savent même pas ce que c'est. Ah oui, parce qu'en plus,
- Speaker #0
pour le coup, tu fais un métier que les gens pensent accessible parce que maintenant, tu as un iPhone, tout le monde peut s'acheter un petit trépied et des micros. En vrai, si t'as de l'argent, tu peux investir dans ça. Donc tout le monde peut faire de belles images. Mais du coup, en fait, les gens, ils comprennent pas que c'est un vrai métier parce que savoir filmer, c'est un métier, en fait. Il suffit pas juste d'avoir un iPhone 17 Pro et... de faire des plans rapprochés, des plans un peu plus loin pour se proclamer vidéaste. Oui, c'est ça. Il faut apprendre des vrais tips, il y a vraiment un vrai travail en post-prod, surtout. Ce n'est pas juste télécharger CapCut et voilà. Parce que ça, oui, on peut le faire, moi la première, mais ce n'est pas ça être vidéaste. Et du coup, je pense que c'est pour ça aussi que les gens comprennent mal ton métier. Et moi, je l'ai aussi un petit peu ressenti, mais différemment. C'est plus en mode prof de danse, genre tu es plus... Bon, désolé, je vais dire un peu un gros mot, mais tu es un peu une branleuse. Genre en mode, ah, mais tu donnes des cours de danse, ça va.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ou genre,
- Speaker #1
c'est la garderie, quoi.
- Speaker #0
Ouais, moi, c'est plus un peu ça. Moi, de, ouais, tu donnes des cours de danse, mais tu travailles que 18h semaine, mais ça va, c'est rien. Moi, c'est 40h semaine. J'ai envie de dire, oui, alors oui, 18h en temps réactif, mais après, derrière, tu travailles, déjà, tu peux le pourcréer. Le pourcréer,
- Speaker #1
puis le reste, en fait, personne ne s'en rend compte parce que c'est ce que les gens ne voient pas. mais en fait il y a tellement d'heures passées à faire plein d'autres choses bien évidemment donc forcément moi aussi on me l'a un peu dit et c'est pour ça que je trouve que ça rend encore plus dur le fait de réussir à trouver sa place et à se dire ce que je fais c'est un vrai taf c'est
- Speaker #0
galère et aujourd'hui tu as encore ce truc là il y a des fois où tu c'est toujours là ce petit syndrome je pense que quand même ça va beaucoup mieux je repense à moi au début et maintenant mais il y a un monde Un monde... l'évolution est dingue. Parfois, ça peut m'arriver de le ressentir encore un petit peu. Mais j'ai tellement fait un travail sur moi. J'ai lu un super livre sur le syndrome de l'imposteur. Je ne sais plus comment il s'appelle, je ne sais plus qui c'est l'autrice, mais on vous le mettra en description. Ce livre m'a grave aidée. J'ai aussi ma super thérapeute. Vraiment, c'est un personnage à part entière dans nos vies.
- Speaker #1
Là, on va vous le présenter aujourd'hui. Sachez qu'on va en parler très souvent.
- Speaker #0
Vraiment, c'est notre thérapeute. On a la même thérapeute. Et du coup, j'ai tellement travaillé ça avec elle que maintenant, ça va beaucoup mieux. Parfois, il y a des petites situations où quand tu es confrontée à des personnes qui ont un nom, qui ont plus d'expérience que toi, parfois, il y a un peu cette tendance à... OK, bonjour, moi aussi. En fait,
- Speaker #1
c'est des gens à qui toi, tu donnes de la légitimité. Et du coup, ça renvoie un peu ce truc de... Exactement. On donne de ouf, mais du coup...
- Speaker #0
Par contre, pour ce qui est du regard des gens, etc. Alors oui, je ne veux pas dire que c'est résolu à 100% et que maintenant, je m'en fous. Ça serait mentir, mais... Je crois que je me suis plus focus sur... Ma passion, les opportunités que j'ai eues, tout le travail que j'ai fourni. Et je me dis, en fait, tout ça, je ne l'ai pas volé. Et en fait, je me reconnecte aussi à mes élèves. Je me dis, peut-être que pour Paul, je ne suis pas légitime. En attendant, j'ai 30 meufs qui me suivent et qui sont à fond et qui me remercient et qui sont hyper reconnaissantes pour tout ce que je leur apporte. Donc, en fait, l'amour des élèves, l'amour de la danse, du partage a pris le dessus sur... toute cette illégitimité que je ressentais sur tout ce que les gens peuvent penser. Après, tu te dis que ça leur appartient et ils peuvent penser ce qu'ils veulent. Moi, je me sens légitime parce que je continue de me former. Je sais ce que je raconte. J'ai fait quand même des études pour. Je sais ce que j'ai entre les mains. Mais tu imagines le chemin quand même. Le chemin est long et périlleux. Parfois, comme je dis, il y a encore des petits résidus. Mais bon, ça va. Franchement, ce n'est plus une problématique. qui est présente vraiment au quotidien avant, c'était à s'en rendre malade. Ça va beaucoup mieux. Et vous ?
- Speaker #1
Moi, en vrai, en termes de prise d'espace et tout ça, dans les salles de danse et tout ce que je racontais, ça, ça va beaucoup mieux. Et je pense que quand je suis sur le moment T et que je filme, je me sens à ma place, je me sens légitime d'être là, etc. Ça, ça va beaucoup mieux. J'ose prendre la place et tout. Mais moi, ça va plus être sur le fait de me vendre et surtout à des gens qui sont dans le milieu depuis longtemps. Enfin, je sais que du coup, pour la petite story time, mais il n'y a pas longtemps, du coup, là, il y a vraiment quelques jours, j'étais à un concours de danse que je filmais et c'était un concours, en vrai, un big concours quand même dans le sud et tout. Et en fait, il y avait un autre vidéaste aussi qui était là pour un autre taf, enfin dans le même événement, mais voilà. Et lui, du coup, on a un peu parlé et tout ça, et il me disait que lui, ça faisait 10 ans qu'il faisait ça et tout ça, machin. Il me raconte un peu son parcours. Et en fait, il me dit « Et toi ? » Et en fait, tout de suite, c'est là que c'est revenu. J'ai eu ce truc de « Oh, mais genre lui, ça fait 10 ans et tout, et il est trop strong boss, genre. Et moi, MDR, je suis baby boss à côté. » Et du coup, je me suis trop mal vendue, mais vraiment. Je parlais, déjà je bégayais à mort et j'étais en mode moi ben en fait non mais moi ça fait que deux ans et demi vraiment je me proclame pas vidéaste mais MDR alors que...
- Speaker #0
Alors que t'es clairement... Alors que tu racontes ça, oui je suis embauchée pour être vidéaste.
- Speaker #1
Bah c'est là que je me suis rendu compte qu'en vrai ça va mieux, il y a plein de fois où ça ressort pas mais il y a des fois où ça ressort encore tu vois et j'étais vraiment... genre je m'excusais d'être là à mort quoi. Ouais c'est encore pas. toujours par rapport en face des gens en fait c'est les gens c'est vraiment face à face et tout et que le mec du coup forcément moi je lui donnais de la légitimité juste parce que ça faisait 10 ans qu'il en faisait et je connaissais même pas son travail ou quoi que ce soit mais rien que le nombre d'années d'expérience j'étais en mode ah non mais alors moi à côté c'est rien du tout et
- Speaker #0
genre vraiment j'étais je me sentais comme une merde mais je pense que c'est aussi faut qu'on prenne confiance en ce qu'on fait le rendu qu'on donne parce que Au final, toutes les vidéos que tu fais, tout le rendu que tu as fait, il est super. Ce n'est pas une question d'année, c'est juste une question de talent. Même de travail. Parfois, il n'y a pas besoin de travailler 15 ans pour apprendre à faire quelque chose. Je pense que dans la danse, c'est pareil aussi. C'est juste être confiante de ce que tu fais, aimer ce que tu proposes, ton univers, ton style, les chorés, etc. Et quand tu prends confiance dans ce que tu fais... de suite, c'est plus facile aussi pour se vendre et dire, moi, je fais ça, je le propose à tel tarif ou juste en parlant à des collègues, on se dit, moi aussi, je fais ça et regarde, je n'ai pas honte de ce que je propose. C'est bien ce que je fais, même si ça ne fait que deux ans. Et il faut s'ancrer un peu ça dans le travail. Je parle comme un livre.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Et après, petit à petit, encore une fois, ça ne fait que deux ans et demi, même si là, on vient de dire que ce n'est pas le nombre d'années qui compte, mais en vrai de vrai, on n'a pas plein de trucs encore à apprendre et tout.
- Speaker #0
Bien sûr. L'expérience est encore jeune. Je pense que vraiment dans les milieux de l'art, on ressent vite ces problèmes de légitimité. Parce que il n'y a pas vraiment de diplôme, on va dire. Ça,
- Speaker #1
c'est un des trucs qui expliquent vraiment pourquoi c'est là, ce syndrome d'imposteur.
- Speaker #0
C'est un peu le débat. Moi, de mon côté, en danse urbaine, il n'y a pas de diplôme d'État, par exemple. Donc, pour le hip-hop, etc., pour l'enseignement, Il n'y a pas vraiment de diplôme. Après, il y a un diplôme d'État dans les danses académiques. Mais bon, ça ne reste pas les mêmes disciplines. Moi, pour ma part, j'ai fait une licence STAPS éducation et motricité. Et en réalité, ça m'a grave aidée parce que du coup, dans la licence, il y a des modules de pédagogie, d'anatomie, plein de choses, d'histoire de la danse, etc. Donc forcément,
- Speaker #1
tu as appris plein de trucs avec l'ASC. À la base,
- Speaker #0
c'est pour être plus professeur d'EPS, donc professeur en collège-lycée. Mais ça reste quand même comment transmettre. Donc forcément, ça apprend. Mais ce n'est pas non plus ça qui m'a fait me sentir légitime, parce que ça n'a quand même rien à voir. Tu peux très bien enseigner. Oui, parce qu'à la base,
- Speaker #1
ton diplôme, c'était vraiment pour être prof de PS. Voilà. C'est que RAV avec prof de danse, on reçoit.
- Speaker #0
Mais c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment de diplôme. Et pareil, dans le métier de vidéaste, etc., il y a des BTS audiovisuels, il y a des formations. Oui,
- Speaker #1
tu peux faire des écoles de cinéma et tout ça, où tu apprends vraiment plein de trucs. Mais déjà, c'est des écoles qui coûtent hyper cher, ou les trucs comme ça. Et puis en vrai, tu peux faire... Genre t'inscrire à des formations et suivre un peu des formations en ligne et tout. Moi, c'est ce que j'ai fait. Mais du coup, c'est pareil, tu vois. Genre je pense, avec du recul maintenant, que la formation que j'ai suivie, c'était plus pour me donner de la légitimité qu'autre chose. Parce qu'en vrai, c'était une formation qui était très cool et en vrai, elle m'a appris plein de choses et tout. Mais bon, je pense que j'aurais pu faire sans.
- Speaker #0
T'aurais pu y arriver aussi. Après, moi, je suis très de la team. Pas autodidacte, mais en fait, si t'es curieux... Tu vas chercher, tu vas trouver. Avec tout ce qu'il y a à notre disposition, que ce soit des livres, internet, Youtube, il y a tellement de tutos, il y a plein de choses en fait. Si tu veux être bon dans ton domaine, tu juste renseignes-toi. Il y a largement de quoi en fait. Je pense surtout dans l'audiovisuel, on est allé faire, on est allé assister à une conférence sur l'audiovisuel. Sur les métiers de l'audiovisuel. Et en réalité, ils en parlaient un petit peu. Il y a plein de tutos YouTube, plein de choses pour apprendre à faire telle technique. Bon, alors là, je m'aventure dans son domaine. Mais pour apprendre plein de choses sur la post-prod, genre au montage, etc., les sound effects, il y a plein de trucs que tu peux apprendre de ton côté. Et moi, pareil, dans mon domaine, déjà, juste aller danser, se former, ça, tu vas prendre plein de cours, tu vas prendre plein de stages. Déjà, pour que ta danse, ça t'apprend, mais aussi de voir comment les profs, ils teachent, quelle est leur pédagogie. tu sors du cours, tu notes. Elle a structuré son cours comme ça, elle a fait ci, elle a fait ça. Et puis maintenant, tu veux en apprendre plus sur l'anatomie pour placer correctement tes élèves, tu ouvres un beau livre d'anatomie. Sinon, tu vas sur Internet. Pareil sur la pédagogie, surtout avec les enfants. Comment rendre ton activité ludique intéressante ? Comment gérer ton temps ? Il y a plein de choses qui existent maintenant sur Internet. Donc en réalité, un diplôme ou une formation, surtout qu'il n'y en a pas vraiment des gratuits. Le truc,
- Speaker #1
c'est qu'en plus, paradoxalement, genre je suis hyper d'accord avec ce que tu viens de dire mais je trouve que du coup il y a aussi ce truc de, il y a un truc qui s'apprend pas parce que vu que c'est de l'art il y a un peu cette part aussi de t'auras beau faire la meilleure école de ce que tu veux il y a un truc d'art tu peux être partie il y a un talent il y a du talent un truc que t'arrives à choper et ça personne te l'apprend quoi Donc c'est vrai que ça joue aussi sur le fait que c'est dur de se sentir légitime dans tout ça.
- Speaker #0
Je pense que c'est dur parce qu'il n'y a pas vraiment ce parcours classique de « Ok, tu as fait ta licence, tu as fait ton master, tu es diplômée, maintenant tu peux être embauchée, tu as ton CV, voilà. » C'est ça.
- Speaker #1
« Tu vas dans les écoles et bonjour, je suis prof de danse parce que j'ai fait ça, donc du coup je suis légitime. » Il n'y a pas trop ça. Donc il faut se le donner soi-même.
- Speaker #0
Ce qu'il y a vraiment, moi je trouve en tout cas, c'est qu'il y a énormément de comparaisons.
- Speaker #1
Ah oui, ah ben ça.
- Speaker #0
Comme personne n'a vraiment le même bagage, on arrive tous un peu en mode « bonjour » , tu te compares de ouf. Et ça, c'est terrible. Je pense que c'est dur de ne pas se comparer. Je vais sortir encore une phrase bateau, mais en vrai, on n'a pas tous la même expérience. On n'a pas tous le même parcours, on n'a pas tous le même chemin de vie. Donc en fait, ce n'est pas comparable parce qu'on est tous des êtres humains différents. Et du coup, ça ne sert à rien de se comparer en soi, mais on le fait automatiquement, et les réseaux sociaux notamment.
- Speaker #1
Ah, mais ça, c'est... Le poison ! Enfin, non, en vrai, avec des pincettes, parce qu'il y a plein de trucs trop cools avec les réseaux, parce que, justement, tu disais tout à l'heure qu'il y a plein de tips, plein de tutos. Moi, je passe ma vie sur les réseaux pour trouver de l'inspire, pour trouver des solutions à mes problèmes et tout, ça m'aide énormément. Mais c'est vrai que, pour ce côté-là de légitimité et tout, en fait, c'est le fléau de... Je me compare et elle, elle est allée faire ce stage et moi, je ne l'ai pas fait. Et lui, il a fait tant de projets vidéo et moi, je n'ai rien fait depuis deux semaines. Et tu rentres dans une boucle infernale de tout le temps te comparer et tout le temps...
- Speaker #0
Et tout le temps, je ne fais pas assez. Je ne suis pas assez, je ne participe pas à la hauteur.
- Speaker #1
Les réseaux nous montrent ce qu'ils veulent nous montrer. Et du coup, on voit plein d'infos et tout. Et on se dit, en fait, tout le monde fait plein de trucs.
- Speaker #0
et moi je fais qu'une merde parce que je fais rien du tout alors que pas du tout un jour off tu te calmes tu te calmes en fait et vraiment je pense qu'on tombe vite aussi dans cette course un peu à en fait on cherche l'approbation des gens je pense qu'on a ce petit syndrome de l'imposteur et du coup l'approbation tu la cherches via peut-être les réseaux juste en montrant ton travail et t'attendre qu'on te dise mais c'est bien ce que tu fais alors qu'en vrai je pense qu'il faut pas attendre qu'on te dise c'est bien ou c'est pas bien de toute façon après Moi, ce que j'ai appris, c'est que ça vient tout seul, en fait. Si tu fais bien ce que tu fais, on va te proposer du taf, on va te faire confiance, on va te complimenter. Et il n'y a pas besoin de poster en quantité, Ça défavorise un peu la qualité. Et parfois, tu te dis juste, mais qu'est-ce que je fais, là ? Je cherche juste à prouver que je travaille, que je fais des trucs, que ce que je fais, c'est bien. Et tu tombes dans un cercle un peu vicieux, quoi. Mais ça rejoint encore une fois, vraiment, le regard des autres. Vraiment, c'est terrible, mais c'est vraiment qu'est-ce qu'ils vont penser les autres alors qu'on s'en fout.
- Speaker #1
Et puis aussi, je trouve que très vite, avec tout ce truc de réseau, de comparaison et tout, on se retourne vers des avis de gens qu'en vrai, ce n'est pas d'eux qu'on doit attendre un avis réel. Toi, tu vois, par rapport à ton travail, en fait, les vrais avis qui comptent, c'est tes élèves. Et à la rigueur, les directeurs d'école. qui t'embauchent. Si je travaille. Voilà. En fait, c'est leur avis à eux qui compte. Et en fait, on s'en fout de l'avis de Pierre-Paul, Jacques et machin qui regardent tes vidéos et qui donnent leur avis sur deux minutes de ton travail qu'ils voient. Comme ça, tu vois. Et même moi, le vrai avis qui compte, c'est l'avis du client pour lequel je taffe. Et tout le reste, en fait, on s'en fout. Et s'ils n'aiment pas ton travail, ils ne t'embaucheront pas.
- Speaker #0
Et ce n'est pas grave. Mais je pense que c'est vraiment par rapport aux gens que nous, on estime professionnels dans notre domaine. C'est face à eux. qu'on a peur et qu'on est en mode oui, moi aussi je fais.
- Speaker #1
Et en fait, on a peur de l'assumer parce qu'on a peur qu'ils se disent, ouais mais grave, mais toi tu fais ça ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu racontes ? Et ma pire phobie. Mais oui, mais on sait que ça arrive, je mets ma main à couper que ça arrive. Il y a des gens qui doivent se dire genre elles font ça.
- Speaker #1
Oui, oui. Mais d'un autre côté, ces gens-là, c'est peut-être probable que des gens aient dit ça, jamais ils sont venus nous le dire. Mais jamais.
- Speaker #0
Ça repose sur des suppositions de peut-être qu'il se dit ça, alors qu'en vrai, il n'y a jamais personne qui nous a dit ça. En pleine gueule.
- Speaker #1
Mais pourquoi tu fais ce métier ? Mais t'es sérieuse ? T'es pas légitime. Mais jamais de la vie.
- Speaker #0
Donc en plus, c'est que vraiment des suppositions en mode je pense qu'elle a dû dire ça, ou qu'il a dû dire ça, ou qu'il pense ça. Juste parce qu'on ne se sent pas nous-mêmes légitimes et du coup, c'est là qu'on a vite quand même rebondi parce qu'on est des filles smarts. et qu'on s'est dit ok le problème on va pas aller le régler avec des gens qui n'existent même pas on va le régler avec nous même en renforçant notre confiance c'est un peu les solutions que nous on a trouvé, bon déjà aller voir une thérapeute solution numéro 1 et ce qui nous a vraiment aidé je pense à dépasser ça c'est surtout le temps en vrai, l'expérience se prouver à nous même que ce qu'on fait c'est bien, avoir des retours de personnes qui sont concernées par ce qu'on fait. Donc moi, mes élèves, toi, tes clients, tout simplement. Et ça, moi, ça m'a vraiment donné énormément confiance. À la fin de ma première année d'enseignement, j'ai reçu tellement d'amour de mes élèves et tellement de reconnaissance que je me suis dit, en fait, on s'en fout de ce que peuvent penser les meilleurs professeurs et danseurs de la région. Moi, tant que j'ai réussi à apporter du bonheur à cet élève et que j'ai réussi à lui apprendre à danser, en fait, ma mission, elle est... Mais grave, elle est réussie, quoi. Et ça, ça m'a vraiment aidée à dépasser le syndrome de l'imposteur. Et en vrai, c'est vraiment d'avoir des propositions. Et de voir que les gens, ils aiment ce que tu fais, ils te démarchent pour que tu viennes taffer chez eux, etc. Là, ça te fait prendre confiance et tu te dis, OK, en fait, on aime ce que je fais et je ne fais pas de la merde, en fait.
- Speaker #1
Et du coup, forcément, l'expérience aussi, ça joue ce rôle aussi de plus tu le fais, et plus, du coup, ça devient normal. parce que forcément quand tu commences et que tu fais un truc, t'es en mode mais qu'est-ce que je fais là ? tu sais pas ce que t'es en train de faire mais en fait tout le monde vit ça et tout le monde qui a commencé n'importe quoi dans sa vie a commencé en se disant mais qu'est-ce que je fais ? et en fait au fur et à mesure tu le fais de plus en plus et du coup c'est aussi ça qui fait que ça devient normal et je pense que c'est là aussi que il y en a plein qui peuvent tomber dans le bah du coup j'arrête et je suis sûre qu'il y a plein de gens qui, à cause de ce syndrome de l'imposteur, ont arrêté leur activité. Et c'est trop dommage parce qu'en fait, justement, c'est en faisant qu'au bout d'un moment, ça devient normal. Et moi, maintenant, par exemple, d'aller filmer dans une école de danse, pour moi, maintenant, c'est normal de passer devant le miroir, de passer devant les élèves, de me rapprocher du prof. Ça devient normal parce que je l'ai fait, fait, fait, fait et refait.
- Speaker #0
Franchement, il n'y a pas de secret. Moi, je suis grave d'accord avec ça. C'est à force de faire. Maintenant, c'est mon quotidien de donner des cours de danse. C'est tous les jours. Et je me dis même plus, ça ne me vient même plus à l'esprit. Trois secondes. de me dire, oh mon Dieu, je vais donner un cours de danse.
- Speaker #1
C'est devenu la normalité.
- Speaker #0
On s'habitue et je pense qu'il ne faut pas lâcher. Encore une fois, j'insiste sur ça, mais il ne faut pas se focaliser sur ce que peuvent penser les gens, mais plus sur ce que tu es en train de faire. Je suis en train de capturer un moment de dingue pour des personnes qui sont en train de vivre un moment de dingue et qui vont pouvoir le revisionner chez eux, avec leur famille, en couple, entre amis. Et moi, je suis en train de t'aider à apprendre à danser. développer ta confiance en toi, en faisant découvrir ce qui moi me fait vibrer. Et en fait, tu te dis mais c'est ça qui est génial. c'est pas le reste quoi.
- Speaker #1
Ouais, et puis aussi, un truc qui m'a aidée perso, c'est de me rappeler que ce que je suis en train de faire, je le fais pour aider, entre guillemets, des gens. Alors, je ne prétends pas infirmière et tout, on ne sauve pas des vies. Non, franchement, on ne sauve pas des vies. Ça, je mets un point d'honneur là-dessus. Néanmoins, les gens qui nous contactent pour travailler pour eux, en fait, on leur apporte une solution quand même à un problème. qu'ils ont. Ça peut être un manque de confiance ou juste j'ai envie de kiffer et de venir prendre une heure de cours de danse. Pour moi, ça peut être, je me marie et j'ai besoin d'avoir un film qui retrace les souvenirs de cette journée. En fait, ils nous ont quand même choisi pour les aider, pour régler un problème. Et ça, je trouve que ça donne aussi de la légitimité. Ça rejoint aussi le fait que tu dises que quand tu as des propositions... forcément quand tu vois qu'il y a des gens qui t'appellent et qui te veulent tu te dis bon en fait ils me veulent moi donc ça booste en vrai c'est un peu un truc d'ego c'est humain il y a ce truc d'ego moi ça m'a juste fait
- Speaker #0
prendre confiance c'est pas catastrophique ce que je fais sinon les gens ne sont pas complètement crazy si tu fais pas du bon niveau je pense pas que réellement On t'appelle, donc non, c'est vraiment prendre confiance en soi.
- Speaker #1
Et du coup, toi, si t'avais un conseil à te donner à ta toi, genre qui a commencé, tu vois, qui était en plein sous syndrome de l'impositeur à mort, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Moi, je me dirais à moi-même... C'est dingo, j'ai l'impression d'être un peu schizo. Je me dirais que je débute. Et que juste, je débute. Donc d'être un peu tendre et gentille avec moi-même, parce qu'en fait, il y a un moment où on commence tous quelque part. Et ça, c'est notre thérapeute qui nous l'a dit. Toi aussi, je crois qu'elle te l'a dit. On est un peu tous nuls au début.
- Speaker #1
Ouais, grave. Tu l'as un peu dit comme ça.
- Speaker #0
Bon, on n'est pas vraiment nuls, mais on est tous en train d'apprendre. Et surtout, des métiers où on ne t'apprend pas vraiment exactement comment ça fonctionne. Parce que, oui, tu peux apprendre à donner un cours de danse, mais à gérer tout ce qu'il y a derrière, tu apprends sur le temps. Et puis, parfois, gérer une élève qui va réagir de telle façon ou ça, ça, c'est des trucs de... L'instantané, c'est comment je vais les gérer ? Ça va être de l'instinct. Parfois, il faut être gentil avec soi-même et se dire « Ok, je suis en train d'apprendre, je débute. Peut-être que ma choré au début, elle ne va pas être hyper intéressante artistiquement. Peut-être qu'elle ne va pas être ouf techniquement. Mais en fait, c'est normal, c'est mes premières créations. Donc, encore heureux que c'est un petit peu nul. Vraiment, mon conseil que je me donnerais, c'est calme-toi. Sois patiente. » calme toi ma belle respire calme toi arrête de te mettre la pression arrête de te comparer tu débutes tu es en train d'apprendre donc détends toi et tu vas progresser et ça va aller et après ça roulera ça coulera de source mais détends toi parce que moi j'ai commencé je voulais direct être en mode c'est bon c'est carré mes courries sont nickel il n'y a pas de flop il n'y a pas de blanc tout se passe bien tout le monde se sent à l'aise Et après, t'apprends que déjà, tu fais pas l'unanimité. Voilà, de un. Et ça, c'est pas quelque chose qu'on peut contrôler. Parfois, y a des gens qui vont kiffer, y en a d'autres qui vont pas aimer.
- Speaker #1
Et c'est ok.
- Speaker #0
Et c'est ok.
- Speaker #1
Franchement. Ça, c'est dur de l'intégrer.
- Speaker #0
C'est hyper dur, mais là, franchement, actuellement, ça va.
- Speaker #1
Mais quand tu passes ce step, je trouve que tu passes un gros step.
- Speaker #0
Je pense que j'ai passé un gros step parce que maintenant, je suis tellement alignée avec ce que je fais que je me dis, bon, bah, en vrai...
- Speaker #1
Bah, ça va pas plaire, mais... C'est normal.
- Speaker #0
Peut-être y en a qui vont pas aimer, mais it's ok. It's ok, I'm ok. Mais vraiment je me dirais calme-toi, détends-toi, arrête de te mettre de la pression. Parce que cette pression ce n'était pas une bonne pression. Ce n'était pas la pression de... C'était vraiment la pression de... Il faut, il faut, il faut que je fasse, il faut que je sois à la hauteur, il faut, il faut. Et en fait il y a un moment tu tires sur la corde et ça craque. Ça craque et je pense que c'est ce moment de craquage qui m'a fait réaliser qu'on se détend. Donc je me conseillerais de me détendre. De me calmer, de m'offrir un massage. Je ne sais si on se bat. de vraiment me calmer et d'être patiente et toi ?
- Speaker #1
moi un conseil que je me donnerais je trouve ça dur parce que je sais pas pourquoi mais c'est dur je trouve de se donner un conseil mais c'est d'être douce avec moi même et d'être tolérante avec le fait que dans tous les cas je vais progresser parce que je vais apprendre mais de aussi me faire confiance et de, encore une fois, du coup, pas être trop dure avec moi-même. Parce que je pense que quand tu te lances dans un milieu artistique, c'est que dans tous les cas, il y a quelque chose que t'as. Genre, tu vois, que ce soit toi la danse, moi la vidéo. Si tu t'es lancée dans la danse, c'est parce que... J'aime danser, et moi j'aime la vidéo, et de garder ça, et de se dire que si t'as commencé, enfin de toujours se rattacher à pourquoi t'as commencé. C'est hyper bateau en vrai, ce que je dis, mais dans ma tête le processus je le dis vraiment avec le cœur, genre en fait à partir du moment où tu aimes ce que tu fais et que tu mets de l'amour dans ce que tu fais, mais en fait ça peut que être bien, même si c'est pas parfait. Tant que c'est fait avec amour... Non, mais j'ai l'impression de parler... Non, mais c'est super, les chroniques de bruit. Non,
- Speaker #0
mais c'est super. Mais en vrai, c'est trop bateau. Je le pense vraiment. Comme ça, ça fait un peu cul-cul, bateau, phrase TikTok. Ouais, grave.
- Speaker #1
Mais je le pense pour de vrai.
- Speaker #0
C'est vrai. Et de toute façon, on le voit quand tu fais les choses avec le cœur, que tu partages avec le cœur, que tu mets de l'amour. Ça fonctionne, en fait. Il n'y a pas de secret. Quand tu le fais pour nourrir autre chose, ton égo, pour l'argent, ça ne fonctionne pas. Mais pour moi, ça, c'est les lois de l'univers.
- Speaker #1
Pour moi,
- Speaker #0
c'est hors de notre portée. C'est someone.
- Speaker #1
Mais ça, d'ailleurs, c'est vraiment... Ça a été le sujet de mon avant-dernière consultation avec la fameuse thérapeute. Mais viens, on dit son prénom, en fait, parce qu'on va tout le temps en parler. Elle s'appelle Karine. Mais Karine, c'est un personnage à part entière de notre vie. Je vous jure, je pense qu'on va en parler au moins une fois par épisode. Mais Karine, c'est notre tauveuse. Vraiment, il y a Beyoncé, il y a Karine.
- Speaker #0
Vraiment, mais sans elle, c'est pas possible. Elle nous a tellement éclairées sur tellement de sujets.
- Speaker #1
Ah non,
- Speaker #0
mais c'est dingue. Mais tu comprends,
- Speaker #1
il y avait Karine, il y a encore deux semaines, du coup, on parlait de ça. Et en vrai, il faut être dans une dynamique où quand t'es artiste, un vrai artiste, il crée de l'art pour créer de l'art. Il n'y a pas d'objectif. Et que ce soit ni de l'argent, ni de la reconnaissance, ni de l'amour de personne. Alors forcément, on est humain, donc... quand quelqu'un nous dit que c'est bien, on est contentes, tu vois.
- Speaker #0
Bien entendu.
- Speaker #1
Mais en fait, d'être dans une dynamique de « il faut » , je trouve que du coup, ça fait que tu ne l'as pas.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Alors que quand tu es dans la dynamique de « je le fais parce que j'aime » , comme par magie,
- Speaker #0
ça revient, tu vois. Ça fonctionne.
- Speaker #1
Il y a plein de trucs qui refonctionnent, ouais. Mais voilà, encore une fois, c'est encore une preuve que ça fluctue. Même encore aujourd'hui. Il y a des fois où je me rends compte que je ne suis pas forcément sur une bonne dynamique. Et du coup, tu fais des recadrages et tout ça, tu vois.
- Speaker #0
Il y a plein de choses qu'on a apprises en deux ans et demi. Forcément, c'est une petite expérience, mais ça reste quand même une expérience. Mais il y a encore plein de moments où ça fluctue, où parfois ce petit syndrome, il va revenir en mode coucou.
- Speaker #1
Et puis même encore dans le futur, ça revient.
- Speaker #0
Mais en tout cas, c'est vrai qu'il y a quand même un monde entre nos débuts et maintenant. On est beaucoup plus affirmés dans ce qu'on fait. On a pris beaucoup de recul sur les autres et on s'est plus recentré sur soi. Et aussi, je pense qu'on a appris à bien s'entourer. Et ça, c'est aussi un conseil que je me serais donné il y a quelques années. C'est grave. C'est de bien choisir son entourage parce qu'il faut s'entourer de gens qui croient en toi, qui sont fiers de toi, qui te soutiennent en fait. Peu importe ce que tu entreprends, qui te soutiennent et qui ne vont pas... critiquer, blablater, parce qu'en soi, pour moi, l'art, c'est pas critiquable. En fait, chacun est libre de produire ce qu'il a envie. Et je pense que nous... Enfin, moi, j'essaie toujours de me dire ça, de me dire... Mais en fait, je crée parce que moi, j'aime. Après, si les gens aiment, tant mieux. On y va. On y va ensemble, les frères. Si ça vous plaît pas, ben en vrai, moi, c'est ce que j'ai sorti de moi, donc voilà. Et du coup, l'entourage, pour revenir à l'entourage, je trouve que ça aide. Parce que quand t'as des personnes, tu sais, qui te soutiennent, mais à moitié. Ou qui vont être un peu... Ah, tu vas faire ça ? Hum... Ouais... Après, attention, il faut être franc. Demain, on fait un truc, c'est un peu pété. Il faut aussi se le dire. C'est hyper important. Mais tu vois, vraiment, toujours avec la bienveillance et du soutien. Et ça, je trouve que c'est la base d'être bien entourée. Parce que même si on est un peu... Tu peux faire un peu, comment dire, route seule, être un peu solitaire. Te dire, c'est moi et moi-même. Je suis prof de danse et mon auto-entreprise en soi. Je suis centrée sur moi, moi je suis un peu de la team, l'union fait la force. Quand t'as une équipe derrière toi qui te soutient, des gens qui sont à fond dans ton taf et tout, franchement ça aide.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que, pour rebondir sur ce que tu dis, je trouve ça dur dans nos métiers. Alors peut-être que c'est dur dans tous les métiers, je sais pas parce que je connais pas les autres. Mais je trouve que dans nos métiers surtout, déjà toi parce que c'est un milieu de meufs, et du coup c'est un milieu de... De meuf, on se comprend. De meuf critique, de peste un peu, forcément, la danse. Et moi, à l'inverse, c'est un milieu d'hommes. C'est un milieu où il y a beaucoup d'égo et tout ça, de concours à la plus grosse quéquette, mais vraiment. Et du coup, c'est dur de bien s'entourer. Et c'est dur de trouver des gens, de se dire... Cette personne, vraiment, je sais qu'elle est bienveillante avec toi.
- Speaker #0
Je pense que ça peut en faire un épisode.
- Speaker #1
J'en pense,
- Speaker #0
je pense qu'on... On tient quelque chose, là. On tient quelque chose, on en parlera vraiment dans un épisode, parce que ça aussi, c'est vraiment une problématique qu'on a rencontrée. Moi, titre perso, il faudra qu'on en parle, du coup, mais...
- Speaker #1
Mais oui.
- Speaker #0
Moi, je l'ai vraiment ressenti. J'ai eu du mal à bien m'entourer pendant un moment. Et après, quand tu trouves, par contre, le bon entourage... Mais ouais, c'est dur. Après, Karine dirait aussi, c'est les énergies, quoi.
- Speaker #1
Mais grave.
- Speaker #0
Tu le sens, mais au début, quand t'es pas confiant, que tu sais pas trop, tu t'écoutes pas, t'écoutes pas ton intuition. Donc c'est compliqué. Mais ça, je pense que ça peut vraiment être un autre sujet.
- Speaker #1
On va le noter.
- Speaker #0
On va le noter quelque part, ouais. Mais en tout cas, pour revenir au syndrome de l'imposteur, c'est pas quelque chose d'évident à passer. Et surtout, s'il y en a qui nous écoutent et qui débutent dans leur activité, je pense que c'est normal de ressentir ça. Et c'est pas grave du tout, faut pas s'inquiéter. Faut pas lâcher pour autant.
- Speaker #1
Surtout, il faut pas lâcher. Genre, c'est une phase. et il faut juste avoir la patience de vivre des expériences qui vont vous donner de la légitimité parce que quand c'est dur de s'en donner à soi-même, il y a quelque chose qui fera que quelqu'un vous en donnera et du coup ça ira mieux.
- Speaker #0
De ouf et pas lâcher. Moi vraiment mon conseil ça serait de comme elle a dit, de ne pas lâcher et surtout de ne pas chercher l'approbation des gens et d'essayer de se la donner aussi par soi-même cette légitimité.
- Speaker #1
Et de, encore une fois, revenir à l'essentiel de pourquoi je fais ça et si c'est par amour. Peu importe quelle forme ou sorte d'amour, il faut continuer, parce que c'est trop beau.
- Speaker #0
Exactement, et en vrai, il faut juste taffer, être patient, faire son petit truc, toujours rester connecté à l'amour que tu portes pour ton projet, et ça le fait, juste vraiment patience. travail parce qu'après attention faut pas non plus d'amour et d'eau fraîche oui tout à fait quand même voilà si tu aimes la peinture vas-y pain et puis voilà c'est vrai que ça reste faut se former faut savoir de quoi on parle etc mais mais voilà rester connecté à cet amour être patient travailler tranquillement mais pas travailler pour les autres travailler pour soi et quand j'ai travaillé pour les autres c'est pour le regard des autres oui oui je travaille pour les autres pour des gens Mais voilà, en tout cas, moi, ça serait vraiment mon conseil. Nous, faites-vous part de votre expérience. Est-ce que vous avez vécu ce petit syndrome de l'imposteur ? Dans quelle situation ? Est-ce que ça n'appartient qu'au milieu de l'art ? Ou est-ce que dans d'autres types d'activités, vous avez pu sentir ce syndrome de l'imposteur ? Je sais qu'on a une copine qui est clinique qui nous avait dit qu'au début, elle était en mode... Genre là, je vais soigner la tendinite de Claudette. Elle était un peu en mode... il va falloir que je m'occupe de son corps bon elle c'est encore plus chaud parce qu'elle a vraiment un corps entre les mains,
- Speaker #1
ouais elle avait encore plus de poids sur les épaules,
- Speaker #0
elle était un peu en mode mais là je suis légitime genre, et pourtant études diplômes,
- Speaker #1
bac 5 enfin voilà,
- Speaker #0
tu as tout pour comment on dit, non exercer, voilà mais voilà du coup ça nous intéresse, dites nous est-ce que vous avez trouvé des solutions ouais si jamais vous l'avez plus et que vous avez l'impression de l'avoir traversé,
- Speaker #1
qu'est-ce qui vous a aidé Si vous avez d'autres tips à donner, on est preneuses. Il y a un peu des petites restes.
- Speaker #0
Ne faites pas les rats. Dites-nous. Dites-nous. Et voilà. On a fait le tour de ce sujet. Il y avait beaucoup à dire. Ça va être un peu long, cet épisode. On a dit au début de l'épisode que ça a été vraiment un problème majeur. Il a mis du temps à se résoudre. Et encore, il n'est pas...
- Speaker #1
Totalement résolu.
- Speaker #0
Totalement résolu. Mais en tout cas, on était ravis de le partager avec vous.
- Speaker #1
On a hâte d'avoir vos retours. Et puis, écoutez, on se dit à la prochaine.
- Speaker #0
À la prochaine pour un nouvel épisode. Bisous les boss !