- Speaker #0
Bonjour, je suis Ramatha Diallo, la fondatrice et rédactrice en chef de The Beauty Analyst, un média en ligne dédié à l'actualité et aux tendances de l'industrie cosmétique.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Fatou Kamara, la fondatrice de The New Brand, une agence qui accompagne des créateurs de produits cosmétiques à se lancer sur un marché ultra concurrentiel.
- Speaker #0
Beauty Insights, c'est LE podcast qui décrypte l'actualité et les tendances de l'industrie cosmétique et vous partage les insights clés. Beauty Insights. Bonjour Tiffany, donc aujourd'hui on se retrouve avec Tiffany Buattier, merci d'être avec nous.
- Speaker #2
Avec plaisir, très contente d'être là.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter rapidement ton parcours et ce qui t'a amené à te spécialiser dans l'up-wellness ?
- Speaker #2
Ok, je m'appelle Tiffany Buattier, je suis la fondatrice et le CEO de The New Well. The New Well, c'est un média qui existe depuis maintenant six ans. Et en plus, nous avons un grand événement sur Paris qui a lieu une fois par an, qui est un mélange entre un salon professionnel. qui regroupe à peu près 120 marques et 900 acheteurs, avec un festival public qui regroupe à peu près 6 000 visiteurs. Donc en fait, on est vraiment hybride entre le pro et le public. On a plusieurs autres événements au cours de l'année, des événements qui ne sont vraiment que professionnels, comme des événements publics à destination de notre communauté. Le sujet de mon parcours, j'ai toujours travaillé dans tout ce qui était la tendance, la stratégie de marque, notamment pour des marques de beauté, des cabinets de tendance en freelance ou des marques de bien-être. Et en fait... J'habitais à l'étranger, à Londres, pendant quelques années, en travaillant aussi pour des marques de beauté et de wellness là-bas. Et en rentrant en France, je trouvais que c'était important de faire un média autour de la beauté et du bien-être. Et du coup, c'est venu à moi petit à petit.
- Speaker #1
Trop bien. Et The New Well a démarré sous un autre nom, du coup, The Good Life, pendant le confinement. C'était quoi exactement ce projet au départ et qu'est-ce qui t'a poussée à le lancer à ce moment-là ?
- Speaker #2
Oui, alors en fait, c'était pendant le confinement. L'idée était d'aider vraiment les gens à mieux vivre leur confinement, leur donnant un programme de choses à faire chez eux, qu'ils soient autour de la beauté et du bien-être. Et du coup, le média s'appelait à l'époque The Good Life, et c'était un agenda qui regroupait tout ce qu'il y avait à faire dans une même journée. Petit à petit, ce média s'est transformé en une agence de stratégie de marque et de communication de marketing. Mais on a vite dévié vers tout ce qui est justement événements et notre salon professionnel.
- Speaker #1
Et justement, comment ce projet a évolué ? À quel moment, en fait, c'est devenu quelque chose de professionnel avec un vrai business model ?
- Speaker #2
Ça avait déjà un business model dans ma tête avant, au tout début, quand je l'ai créé. Mais petit à petit, on va dire au bout de trois ans, trois ans qui nous ont permis de créer du lien avec différents partenaires, avec différentes marques, de rencontrer des fondateurs de marques, de travailler avec le public, de fonder notre communauté. Ce qui m'a permis d'évaluer un gap qui existait dans l'offre professionnelle actuelle. qu'il y avait autour des salons. Et c'est quelque chose que j'avais envie de creuser en répondant à une problématique qu'avaient mes marques, qui étaient la plupart indies, qui ne trouvaient pas vraiment leur place dans l'offre actuelle de salons professionnels, et du coup, qui avaient aussi envie de parler à leur public. Donc, c'était un petit peu compliqué, parce que j'étais à la frontière entre public professionnel, marque, fondateur. Et en fait, c'était facile de remarquer qu'il y avait... Un problème, c'est-à-dire beaucoup de marques par rapport à ce que le consommateur était capable d'ingérer sur le moment, mais surtout de connaître. Et en fait, il ne les trouvait que sur Internet. Donc, la plupart étaient des marques développées sur Insta, sur Internet, qui étaient digitalisées. Et ce que les acheteurs recherchaient à ce moment-là, qui eux aussi avaient envie de nouvelles marques, donc avaient besoin d'une nouvelle offre à ce niveau-là. et d'un côté, le consommateur qui avait besoin d'être éduqué au travers des marques. Donc, en fait, il y avait tout ce pilier-là, en fait, tout ce creux qui existait et qui avait besoin, je pense, qu'on apporte quelque chose de nouveau.
- Speaker #1
Ok, super, merci beaucoup.
- Speaker #0
Au niveau de, tu as parlé de ces marques qui sont souvent digitales, qui sont souvent sur les réseaux sociaux. C'est comme si des indie brands étaient en wellness. Est-ce que tu peux nous parler un peu des spécificités de ces marques ? Qu'est-ce que tu remarques chez toi ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. En fait, la plupart du temps, les marques qui se développent, alors c'est un petit peu moins le cas quand même depuis un ou deux ans, mais la plupart des marques sont digitales. Elles sont pour la plupart fondées sur un monoproduit pour commencer et après elles se développent petit à petit sur une gamme. Elles ont besoin d'une communauté pour vivre et pour survivre. Elles commencent par la communauté pour la plupart pour après dévier vers le retail dans le but d'avoir une communauté qui leur permet de développer leur... propre CA en premier. C'est comme ça qu'elles se fondent en fait d'une certaine manière. Maintenant, la relation entre l'émotion qu'elles développent au travers de leurs consommateurs via leurs produits, leur univers de marque, leur spécificité, la confiance qu'elles génèrent, leurs ingrédients. est super importante parce qu'en fait, ça leur permet de créer tout un univers de marques qui leur permet après de se développer de façon plus globale au travers du retail ou même internationalement parlant. Mais pour ça, la différence entre, on va dire, avant Covid et maintenant, c'est qu'elles ont désespérément besoin d'une communauté pour pouvoir se développer en premier. Donc, la plupart sont digitales. Depuis deux ans, on voit quand même un vrai retour de tout ce qui est Merci. Le fait de vouloir directement être en retail, ça arrive pour certaines et elles ont aussi l'envie de, je pense par exemple à Firn, qui tout de suite est partie sur un développement directement de ses magasins en propre. Donc le développement se fait petit à petit.
- Speaker #0
D'accord, mais il y a une forte dimension dans un premier temps qui est du storytelling. Ils veulent vraiment mettre l'aspect wellness et bien-être au centre et ensuite vendre le produit.
- Speaker #2
Je pense que ça dépend des marques. Donc, en fait, il y a... Il y a des marques avec un storytelling fort et une communauté forte. Donc, c'est une culture de marque. Et à côté de ça, vous avez des marques qui ne sont basées que sur les ingrédients et sur les résultats de la marque. Et pour eux, c'est très important de partir de tout ça. Donc, ça dépend en fait de chaque marque. C'est propre à chacun. Mais oui, à l'heure actuelle, la culture de marque prône sur le développement de la marque en termes de résultats. En tout cas, c'est ce qu'on voit depuis quelques années.
- Speaker #1
C'est super intéressant ce que tu as dit, surtout au niveau du pouvoir des communautés. Parce qu'aujourd'hui, si une marque, elle veut exister, c'est par sa communauté, justement. Et c'est en créant d'abord cette communauté. Justement, moi, c'est la même chose avec les marques que j'accompagne. J'en dis toujours, moi. OK, d'accord, on veut des clients, mais ce qu'il faut chercher à bâtir, ce n'est pas une clientèle, mais une communauté qui sera là pour acheter vos produits. Lorsque vous allez annoncer que vous allez lancer une marque, qui sera là pour acheter vos produits, malgré les ruptures de stocks, malgré les petits bad-busts qu'il pourrait y avoir, ou qui sera toujours prête à vous soutenir. Donc, c'est vrai que l'importance de la communauté, c'est... par là où il faut commencer le développement de sa marque. Et tu as parlé d'un point hyper intéressant qui est maintenant la volonté d'aller directement en retail pour les marques. C'est vrai que pendant très longtemps, on disait que le digital, c'était vraiment là où il fallait être en premier et vraiment pousser sa marque digitalement pour être plus facilement repéré par les retailers ou plus facilement pouvoir approcher les retailers par rapport à tout ce qu'on aura pu produire dans le digital. Et aujourd'hui, il y a une tendance qui s'inverse. C'est vrai qu'on est sortis de tout ce qui était confinement, etc. Donc maintenant, on sort plus, on va plus en boutique, etc. Est-ce que tu peux me parler un peu plus de ce développement du digital derrière le retail qui est beaucoup plus présent maintenant.
- Speaker #2
Alors en fait, le retail, ça dépend de quel retail. Vous avez les grands magasins qui, en fait, dominent le marché, les gros retailers qui dominent le marché, et des plus petits retailers qui sont des retailers plus spécialisés, notamment dans la beauté et le bien-être. Vous avez aussi d'autres sortes de retailers qui sont hyper intéressants, notamment dans le bien-être, qui sont les clubs de sport, les studios, les cafés healthy. Ça peut être aussi des experts, ça peut être aussi des facialistes. qui sont d'autres sortes de retailers, mais vous avez aussi tout ce qui est parapharmacie et pharmacie. Il faut savoir que tous les gros retailers, les main retailers, ainsi que la pharma, demandent énormément aux marques d'argent, de développement. Donc, c'est très dur pour une marque de rentrer en retail directement chez ces gros retailers parce qu'il faut avoir la capacité financière d'assumer ce choix derrière. Donc, souvent, en fait, la culture de marque que détient une marque au début est le fait qu'elle est sa propre. communauté, déjà, et un gage de conscience pour un retailer. Donc, c'est une preuve que la marque marche, qu'elle a une communauté et aussi une fidélisation de la marque. Parce que, bien sûr, il y a tout l'aspect culture de marque et communauté, mais à côté de ça, il y a aussi le fait d'avoir des résultats. Il faut que la marque ait des résultats, il faut qu'elle ait des ingrédients. Il y a un mélange en fait savant que doit avoir une marque pour avoir les résultats qu'elle prône dans sa culture de marque, d'une certaine manière. Et, en fait, cette entrée en retail, la plupart du temps, elle se fait Merci. notamment pour les indies, beaucoup plus tardivement parce que pour pouvoir avoir la capacité de se développer souvent chez des main retailers, elle a besoin d'avoir de l'argent pour se développer. Donc à travers, par exemple, des expériences de marques directement en magasin, où ça va être le fait de pouvoir assumer des stocks, donc assumer un développement important. Il y a aussi ça aussi qui peut plomber une marque. Donc c'est important de pouvoir avoir en fait tout qui est prêt en amont pour l'introduction en retail. Après, vous avez aussi des petits retailers spécialisés. Souvent, les indies se tournent vers ces retailers en premier parce que c'est une première introduction en retail. Mais à côté de ça, on pourrait aussi parler de TikTok Shop, d'Amazon qui sont une grosse entrée en ce moment pour les indies, surtout au niveau de TikTok Shop et leur permet d'une certaine manière de rentrer par un autre biais directement dans du retail en dehors de leur... propre digitalisation.
- Speaker #0
Ce que tu dis sur le Réalisé, ça me fait penser à Anima, justement, récemment, qui a dû faire un ami collé aux États-Unis, qui aide ses... a eu le contrat avec Sephora, ils ont proposé des ouvertures dans énormément de Sephora et elle n'a pas pu suivre parce que c'était trop. Et c'est ce que tu dis, en fait. Arriver chez le retailer, ça peut des fois être un cadeau empoisonné et les marques doivent évaluer si elles sont en capacité d'absorber ça parce que c'est la chute.
- Speaker #2
De toute façon, il y a plusieurs écoles. Il y a pas mal de marques différentes, surtout des marques qui ont des développements très, très forts et très rapides. Je pense à d'autres marques françaises, comme Mimetic ou... Il y a plein de marques françaises qui ont Chloe qui est rentrée chez Sephora dernièrement, ou de nombreuses marques de chez Omaikrim aussi qui rentrent directement chez Omaikrim, ou des marques de notre salon qu'on voit par exemple comme Céonie qui est rentrée directement. On a toutes sortes de marques, mais en effet, le fait est que quand même, suivant le retailer, ça coûte cher de rentrer en retail. Donc concrètement, je pense qu'une marque, elle doit faire un choix qui est réfléchi. Souvent, en fait... La plupart de mes marques, et c'est assez intéressant, quand j'ai des rendez-vous avec elles, donc on parle à 120 marques, mais en vrai, on parle à 2000 marques à l'année et on a à peu près 120 marques sur l'événement, en fait, sur notre gros événement et sur nos autres événements. En tout, on doit parler, on va dire, au quotidien, à peu près 300 à 500 marques. Sur les 300 et 500 marques, ce qui revient le plus souvent, c'est leur choix de retail. et le choix des retailers, la plupart du temps, est soit un choix d'image, soit un choix... ça peut être d'égo, soit un choix de développement. Et souvent, le choix d'image coûte cher à une marque parce que concrètement, il n'est pas forcément prêt, malgré l'envie qu'il a d'aller dans un choix d'image, de pouvoir suivre au niveau du développement la quantité de production qu'il peut produire, souvent avec son labo et sa distribution. Il n'est pas en accord avec tout ça. Deuxièmement, souvent, sa communauté n'est pas vraiment prête et du coup... Il se retrouve chez un gros retailer, mais avec une visibilité qui n'est pas assez forte. Donc, en fait, ça lui coûte plus cher que ce que ça va lui en rapporter, et même en termes d'image. Donc, c'est un problème qui est assez intéressant et qui revient souvent au travers de mes discussions avec les marques. Et c'est toujours les mêmes retailers qui les intéressent. Malgré tout, je pense que certaines marques ont vocation à se développer directement chez des gros retailers. Et c'est un plus pour elles, vraiment. C'est génial pour elles. Et d'autres marques ne sont pas vouées à se développer chez ces retailers dès le départ, comme certaines marques ne sont pas vouées à se développer en pharma dès le départ. Et du coup, c'est assez intéressant parce qu'il y a de l'éducation de marques à avoir bien avant. La plupart des indies sont fondées quand même par des personnes assez jeunes où soit vous avez un développement de marque qui est super important, soit en fait, souvent, c'est des fondatrices qui se sont regroupées entre elles ou une seule fondatrice. ou un fondateur de marque, et ça part d'une volonté au travers des ingrédients et d'un manque au travers de lui-même. C'est-à-dire, il lui manquait quelque chose dans sa salle de bain, il va le développer. Souvent, on commence comme ça d'ailleurs. Ou il voit un problème de marché et il va développer une solution à ce problème. Mais en fait, ce produit n'est pas forcément voué plus tard à être développé dans une grande chaîne. Et du coup, c'est intéressant parce que j'ai lu un article très intéressant sur Sephora ces derniers temps, qui était que... Sephora, à l'heure actuelle, aux US sûrement, s'intéresse de plus en plus à des indie brands qui poussent énormément et plus qu'à des marques qui étaient les plus grosses marques, en fait. Et ça pose une vraie question actuelle, c'est comment les moyennes marques font pour se développer à l'heure actuelle ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question parce que, justement, c'est un sujet qui revient de plus en plus. Aujourd'hui, les consommateurs ont les grandes marques à disposition, mais il y a une perte de conscience qui se fait en ce moment vis-à-vis de ces grandes marques-là. Ils veulent plus de transparence, ils veulent des ingrédients où on sait où est-ce qu'ils sont sourcés. Et du coup, aujourd'hui, les consommateurs vont de plus en plus vers ces nouvelles marques qui vont plus les prendre en considération. Et justement, aujourd'hui, par rapport à tout ça, on a des marques qui n'ont pas plus juste focus sur la cosmétique, mais c'est vraiment la beauté en général et le bien-être de manière générale. Donc, par rapport à tout ce qu'on entend dans l'industrie aujourd'hui, toi Tiffany, quelle est ta définition du wellness ?
- Speaker #2
Alors, je pense que c'est un mot qui est... devenu très vague maintenant parce qu'il se rapporte à vraiment tout ce qui concerne le bien-être en général. Donc ça inclut le sport, ça va inclure tout ce qui est produit pour le corps qui est d'ailleurs un secteur qui est très peu développé en France, énormément développé aux US et au UK. Pas du tout développé en France, très peu de marques françaises le font à part des grosses marques ou des moyennes marques. Ce que je voulais revenir sur moyennes, grosses et petites marques, en fait... Avant, le marché était vraiment complètement dominé par les grosses marques. Ce que j'entends par grosses marques, c'est tout ce qui va être, on va dire, L'Oréal, La Mer, CeraVe et autres. Mais vous avez aussi ce qui était moyenne marque, ça va être plus Sisley, par exemple, ou des marques comme La Roche-Possée, etc., qui avant étaient des moyennes marques, et à côté, les marques Indy. Et en fait, finalement, le développement de ces grosses marques, les grosses marques ont su s'adapter justement à ce besoin de transparence, ce besoin d'ingrédients, ce besoin aussi d'avoir des nouvelles gammes. C'est-à-dire, tu parles de bien-être, c'est exactement le cas. Je veux dire, le marché était dominé par la beauté. Il est petit à petit allé vers le bien-être et la beauté dans son sens large. Maintenant, à l'heure actuelle, une marque ne peut pas se contenter de parler de beauté. C'est très rare. Ou alors, il faut qu'elle soit vraiment... très spécialisée et qu'elle ait ce créneau très spécialisé, limite beauté-make-up. Mais la plupart des marques ont tendance à aller justement vers le wellness aussi. Depuis plusieurs années, elles sont obligées de s'adapter au comportement des gens. Pourquoi ? Parce que en fait, un consommateur, maintenant, il introduit le beauté dans le bien-être d'une certaine manière. En fait, dans la façon où il va par exemple poser son produit, son sérum sur la peau, c'est aussi une forme de bien-être. Je pense notamment à une marque, Dermalogica, qui a sorti un sérum cette année, qui était un sérum neurocosmétique, où en fait, grâce à l'application des doigts, vous avez quelque chose qui passe dans la peau, des ingrédients qui passent dans la peau, mais aussi un bien-être qui se développe au niveau de tout ce qui va être neuro. C'est vraiment la preuve qu'à l'heure actuelle, les marques ont besoin de se développer vers ce secteur-là. Et du coup, des marques qui étaient très beautées, ne sachant pas comment y aller, vont développer. de nouveaux produits qui sont à la frontière entre le bien-être et la beauté. Ce qui est super intéressant.
- Speaker #1
Complètement. Aujourd'hui, quand on parle des cosmétiques, ça ne suffit plus. Ce n'est plus juste appliquer un sérum ou autre qui va venir résoudre notre problème. C'est vraiment le fait d'avoir une meilleure alimentation, de comprendre d'où vient le problème. Particulièrement, si on parle de chute de cheveux, on peut appliquer un sérum autant qu'on veut sur son cœur chevelu. Mais si on ne sait pas d'où vient la paste, si c'est par exemple une carence ou d'un problème hormonal, etc. Il faut d'abord comprendre son intérieur, puis ensuite utiliser les cosmétiques adaptés pour vraiment avoir... résoudre ce problème de manière 360 ?
- Speaker #2
En fait, maintenant, le consommateur, en vrai, il est extrêmement éclairé. En vrai, il connaît sa santé. La plupart du temps, maintenant, vous avez des montres comme Whoop, des métrics comme Oura, vous pouvez faire des tests avec Lucis, mais même en dehors de ça, une personne, n'importe laquelle, maintenant, est très au fait de sa santé. Elle a compris qu'en fait, on regardait une marque d'une manière globale. Et d'ailleurs, je trouve ça extrêmement challengeant pour une marque, parce que c'est très compliqué pour une marque de... d'aller dans l'expertise sans tomber dans le côté où en fait, maintenant le consommateur attend peut-être un peu trop d'une marque qu'il éduque grâce à son expertise. Et donc, c'est très difficile pour une marque de se développer parce que si vous n'avez pas de l'argent derrière dans votre développement ou que vous n'avez pas une team d'experts derrière, c'est très compliqué. On peut plus se contenter il y a 3-4 ans, on va dire même 5 ans, même après Covid, une marque. Par exemple, aller faire sur ses réseaux sociaux une collaboration avec une naturopathe pour parler du microbiote intestinal, par exemple. Là, maintenant, on est sortis de ça. Et la culture de marque veut qu'on ne peut plus se contenter simplement d'une simple marque qui vous explique qu'il faut faire attention à son microbiote intestinal. Non, ça va plus loin. En fait, on demande à une marque de traduire sa formulation, ses ingrédients, d'expliquer pourquoi elle fonctionne et d'avoir des spécificités. et ça c'est très compliqué dans le développement d'une marque ou alors ça peut être un gros plus. En fait, c'est à double tranchant maintenant pour une marque. Soit elle se spécialise d'une certaine manière et si elle va vers l'ultra personnalisation, c'est aussi un créneau qui est compliqué à tenir. Soit elle décide d'être plus globale et à ce moment-là, c'est là que la culture de marque apparaît. Peut-être avec d'autres choses.
- Speaker #0
Là justement, tu parlais de quelque chose qui est très important, c'est le fait qu'on arrive vraiment à traquer notre santé. Et donc, en fait, là, on observe vraiment une coexistence entre deux tendances. D'un côté, le wellness qui est ultra technologique et médical. On a vraiment cette capacité de tout traquer, tu le disais. Et en parallèle, on a cette volonté de retour à des choses plus simples, plus douces. Et donc, une volonté d'être plus dans l'émotionnel. Toi, est-ce que tu vois cette dualité dans le wellness ? Et selon toi, est-ce qu'il y a une tendance qui est en train de plus gagner du terrain ou pas ? C'est drôle que tu dis ça parce que...
- Speaker #2
Notre prochain événement qui a lieu du 4 au 6 septembre à Paris, c'est la première année qu'on organise notre Beauty Wellness Future Summit, qui met en avant des leaders d'opinion et des experts professionnels sur plusieurs questions, sur le futur de l'industrie, sur la prospective et le thème majeur de notre événement de septembre est l'émotion. Je pense sincèrement qu'en fait, ces dernières années, la recherche d'un ingrédient parfait, de résultats… tout justement cette envie de notre part et tout ce qu'on nous propose pour traquer ces métriques, que ce soit au niveau de la santé. que ce soit au niveau de notre microbiote, que ce soit au niveau de la qualité de notre peau, de notre longévité. On parle de longévité énormément depuis plusieurs années et encore plus cette année. Et toutes les marques s'y sont mises. Et clairement, ça a été un vrai switch dans notre industrie. Mais je pense qu'on est arrivé au point, au culminant, où c'est bon, on a compris, on sait où trouver les informations. On en sait plus sur notre santé. Le consommateur est plus éduqué. Et à l'heure actuelle, il est capable de revenir dans l'émotion, ce qui n'était pas le cas avant. En fait, il était dans l'émotion avant. On lui a amené et on lui a proposé un accès extrêmement pertinent, mais aussi en non-stop vers la possibilité de connaître la marque de profondeur, de savoir quels ingrédients il va poser sur sa peau, de même connaître des ingrédients dont il n'avait jamais entendu parler, de savoir comment ça marche, de savoir surtout... pourquoi cet ingrédient est fait pour lui et pourquoi il ne l'est pas. Donc, il choisit en conscience maintenant. Mais on a enlevé le côté émotionnel de la chose. À l'heure actuelle, le bien-être dominait cette émotion, notamment par tout ce qui était technique, holistique, yoga, breastwork, etc. Il a été amené petit à petit dans tout ce qui va être beauté. C'est ce dont je parlais, notamment avec certaines marques qui s'ouvrent au bien-être ou qui l'introduisent au travers des ingrédients ou de la façon d'appliquer. au travers d'expertise, mais à l'heure actuelle, l'émotion était un petit peu partie de tout ça. Et le côté émotionnel joue sur le cortisol, qui va jouer sur votre peau, le stress va jouer sur votre prise de poids, votre digestion, sur la réaction que va avoir votre peau, l'acné, ce genre de choses. Mais ça peut être une émotion haute, ça peut être juste la façon dont, par exemple... Je vais aller un petit peu plus loin et parler par exemple des Sephora Kids qui ont 16 ans, même pas, qui ont 12 à 16 ans, on va dire, et qui vont faire une sorte d'obsession totale sur certains ingrédients et sur certaines marques. Et à l'heure actuelle, en fait, la suréducation, d'une certaine manière, a été hyper intéressante et a permis à de nombreuses marques de se développer, nous a permis d'en savoir plus sur nous, mais aussi de consommer mieux. Mais on avait mis de côté l'émotion. L'émotion, ça y est, pour moi, est en train de revenir et sera le gros challenge de ces prochaines années pour les marques.
- Speaker #1
Complètement. Et justement, aujourd'hui, comme tu l'as dit, le consommateur, il est hyper informé. Et donc, tu la vois où la limite entre le wellness sérieux et le wellness washing, justement, où, comme tu l'as très bien dit, on a vu le phénomène des Sephora Kids, où aujourd'hui, en fait, on a très bien conscience que ces jeunes filles n'ont pas besoin d'autant de produits, voire de projets à l'aide des actifs, aussi puissants pour leur peau. Et c'est vraiment tout ce qui m'a lié justement aux réseaux sociaux, à tout ce qu'on peut voir, qui va entraîner ces jeunes filles à utiliser de tels produits par tendance, par envie, etc. Donc, où est-ce que tu vois la limite entre les deux, justement ?
- Speaker #2
Elle est très difficile, la limite. Elle est extrêmement difficile parce que les réseaux sociaux dominent TikTok Shop, TikTok, enfin. Et tout ce qui est Insta domine maintenant le marché de la beauté. Et en fait, d'une certaine manière, c'est, je pense, quasi un... possible de fixer une limite parce que cette limite a été dépassée depuis un grand moment et surtout que personne n'a une réelle prise en main de ce qui se passe. On peut faire ce qu'on veut d'une certaine manière sur les réseaux sociaux et une marque maintenant peut se développer. Vous avez des marques qui surperforment et dont personne n'entend parler. Vous avez des marques qui sont surperformantes, qui gagnent des millions et qui ne sont pas du tout chez Sephora ou chez Au Bon Marché ou chez Omaikri mais qui n'existent même pas. dans le spectre de femmes de plus de 40 ans. C'est impossible d'avoir un contrôle total de la situation. Donc je pense qu'en fait, la limite, elle est dans l'éducation des jeunes vis-à-vis des ingrédients, dans l'éducation grâce à des marques comme par exemple la Roche-Posay, qui sont des marques plus établies, ou des marques de parapharmac, justement, qui sont hyper intéressantes là-dessus et qui vont aller de plus en plus vers tout ce qui est l'adolescence et autres, et qui y sont déjà d'ailleurs. sur l'éducation, justement, dès le plus jeune âge, des ingrédients, des résultats, d'où on fixe sa propre limite. Mais finalement, la limite, elle est où on la fixe nous-mêmes. Si tu parles de limite au niveau professionnel, je pense que c'est hyper dur de l'avoir. En fait, je pense que le challenge pour une marque, à l'heure actuelle, il est énorme. Comment une marque qui a travaillé tout son storytelling sur ses ingrédients pendant des années, retourne à l'émotion ? Comment une marque qui a été trop émotionnelle, je pense à des marques, par exemple, Ultra Clean, qui étaient en manque d'ingrédients derrière, justement, arrivent à retourner dans cette demande de résultats. En fait, on est dans un marché qui est double. On a une demande du consommateur qui est complètement double et qui dépend. Et vous avez toutes sortes de consommateurs à l'heure actuelle. Et je pense que le challenge, il est là pour les marques. C'est de l'éducation. de son consommateur et de connaître mieux son consommateur. Parce que je pense qu'il y a des marques qui ne connaissent pas forcément leur consommateur réel et qui, du coup, ne savent pas forcément leur parler.
- Speaker #1
Et du coup, par rapport à ça, est-ce que tu penses que le marché français est mature et encore aux prémices de tout ça ?
- Speaker #2
Je pense qu'on est entre deux. Entre deux. Je veux dire, on consomme comme on consomme. On n'est pas les États-Unis non plus. Et d'ailleurs, les Sephora Kids sont un bon exemple. On n'a pas la même... On n'a pas la... autant la même problématique en France. Ma fille a 13 ans, elle s'intéresse, oui, à des gloss, mais elle n'est pas sur le rétinol. Donc, je pense que c'est l'accès à l'information aussi. Donc, est-ce que le marché est mature ou pas mature comparé à d'autres marchés ? Dans tous les cas, on a toujours été en dessous et très en retard comparé à d'autres marchés et très en avance, par exemple, sur la pharma. Donc, c'est difficile à dire.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis sur la pharma et ce que tu disais sur... les marques doivent se positionner. On a des marques aujourd'hui qui sont très pharma, très dermo et qui ne sont pas énormément dans l'aspect émotionnel et bien-être et sédate. C'est OK. C'est OK. Et à côté, on a des marques qui sont comme Neurae. Neurae, on est dans du Neuro-Oannès. Et peut-être que c'est important pour les marques aussi de se poser la question parce que oui, on est drivé par TikTok, on est drivé par une savabe, mais quel est votre persona ? Comment voulez-vous vous positionner ? Parce qu'aujourd'hui, il y a deux consommateurs, il y a plusieurs types de consommateurs et... Ce n'est pas grave si tout le monde n'est pas dans le bien-être. Donc, je voulais juste revenir sur ça. Et tout à l'heure, on parlait de cette optimisation. Dans le wellness, on voit une tendance qui est vraiment en train de grandir, donc le neuro-wellness. Donc, ça redéfinit l'approche du wellness en positionnant la régulation du système nerveux. Tu parlais de cortisone, tu parlais de stress. On est dans une société où tout va très vite. Est-ce que pour toi, c'est la prochaine grande rupture dans le wellness ? Oui, je pense qu'en effet.
- Speaker #2
régulation du système nerveux, mais ça fait un moment déjà qu'on parle de brain, de cerveau, de tout ce qui est réguler son cortisol, réguler son stress, qu'on voit des marques émerger justement autour de ça, mais aussi que de nouvelles techniques en fait, de plus en plus de nouvelles techniques sont mises en avant, de plus en plus de marques travaillent la LED et la New Tech justement à ce niveau-là. Effectivement, mais malgré tout, je trouve que quand même, est-ce que c'est un nouveau challenge ? Je ne sais pas. Parce que malgré tout, je pense que chaque marque a son challenge parce que chaque marque dépend de son persona. Et qu'en fait, le persona de chacun n'est pas le même et que chaque persona ne veut pas la même chose. Donc pour une personne, la santé mentale va être hyper importante et tout ce qui est neuro va être hyper important. Mais pour une autre personne qui a par exemple des problématiques hautes, ça va être autre chose. Alors bien sûr que l'on voit notamment, donc là on va encore parler pharma de tout ce qui va être, eczéma et autres, on voit que des marques... qui ont émergé, je pense, notamment de pommade, qui a été un gros succès de cette année et qui peut aller vers le neuro, puisque finalement, elle prône le fait de dire qu'en dehors des ingrédients, il y a aussi tout l'aspect neuro qui est hyper important. Donc, effectivement, on est là-dedans, mais pas tout le temps.
- Speaker #1
Et du coup, par rapport à le New World, donc que tu vas organiser les 4, 5 et 6 septembre 2026, alors comment est-ce que tu choisis les marques ? Sur quels critères tu les sélectionnes, ces marques ?
- Speaker #2
Alors nous, on choisit des marques Merci. Déjà, beaucoup en fonction du besoin de nos retailers et du besoin de nos consommateurs. Donc, c'est des marques avec une ADN proche pour que le consommateur se sente dans un univers qui lui est proche. Malgré tout, on essaye aussi de choisir nos marques en fonction des besoins des retailers, c'est-à-dire des marques qui sont étrangères ou françaises, qui répondent à un besoin actuel par rapport à soit une stratégie de tendance ou par rapport à un besoin de marché. C'est aussi avoir des nouveautés, c'est aussi avoir des marques qui proposent soit des ingrédients qui sont hyper intéressants, soit un storytelling qui est pertinent, soit par exemple ça va être des ingrédients, un côté clean, une façon aussi d'absorber le produit ou ça va être par exemple dans l'application. Donc en fait quelque chose qui est innovant d'une certaine manière, mais avec une ADN qui ressemble au consommateur que l'on a, mais aussi à l'acheteur que l'on a. Après, on fait un gros tour de marché quand même. On parle vraiment à 2000 marques pour 120 marques présentes. C'est beaucoup. En fait, il y a aussi une réalité qui est que chaque marque ne peut pas se payer un salon professionnel à l'heure actuelle. Complètement.
- Speaker #1
Et pour une marque qui expose en septembre, à quoi ça sent concrètement les trois jours ? Qu'est-ce qu'elle vit ? Qu'est-ce qu'on leur retire ?
- Speaker #2
Bien sûr, c'est complètement hyper intense, mais elle a une vision réelle du marché. C'est un accélérateur pour une marque énorme. Puisqu'à l'heure actuelle, on est le seul événement qui regroupe dans une même pièce acheteurs professionnels, VC.
- Speaker #0
consommateur, presse et influence. C'est-à-dire qu'en trois jours, elle va vivre tout ce dont la marque a besoin. Et qu'elle soit en début de vie, en fait, en milieu de vie ou déjà bien établie. Puisque dans tous les cas, on va répondre à une de ces problématiques. Donc, soit une problématique au niveau du consommateur d'avoir une visibilité et aussi de pouvoir échanger avec le consommateur, voir comment son produit réagit, lui vendre le produit. Donc, développer un CA. connaître en fait son consommateur. On parlait de marques pour la plupart digitales, c'est le cas pour les indies, la plupart du temps elles vendent derrière un écran, donc elles ne savent pas répondre à leur consommateur. Là c'est une façon de développer déjà des nouveaux consommateurs et un nouveau panel, mais en plus d'en savoir plus sur eux et sur comment ils réagissent à son produit. Donc ça c'est vraiment pour la partie achat et conso. Pour la partie presse et influence, ça leur permet de créer du business directement, du lien, du business, d'être visible. de travailler, pourquoi pas, avec de l'influence sur l'année, de travailler entre elles aussi, pourquoi pas, de nouvelles choses et d'avoir tout ce côté presse aussi qui leur permet de créer du lien. Et à côté de ça, vraiment, le plus important, c'est tout ce qui est retail, de leur apporter des retailers qui viennent du monde entier, qui leur permettent de travailler de manière différente, d'être visibles, de proposer aux retailers des nouvelles marques, de pouvoir les nourrir à ce niveau-là. Et donc, une marque, quand elle ressort de là, elle ressort avec La tête remplie, c'est très intense pendant trois jours, mais malgré tout, elle ressort avec de nombreuses choses qui vont l'aider dans son business et lui permettre de se développer.
- Speaker #1
Trop bien. C'est super pertinent comme une marque d'être présente lors de cet événement. Et même une marque qui n'est pas encore prête à être présente, de passer et de faire ma tour et de voir comment est-ce que ça se passe. Complètement, pour pouvoir se projeter pour la méprochaine.
- Speaker #0
Complètement. Et on a des marques d'ailleurs qui sont des marques qui viennent de se développer, c'est-à-dire qui sont vraiment en lancement chez nous, qui, par exemple, ont envie d'être... en retail peut-être l'année d'après. Mais c'est important. Le retailer, je pense, aujourd'hui, il a aussi besoin de voir comment la marque, elle se construit. Et il a aussi besoin de voir comment la marque, elle se construit face aux consommateurs. Donc, en fait, on n'est pas sur un salon traditionnel où vous allez avoir juste une table, un caquet mono derrière. C'est vraiment un univers de marques. Et en fait, ça permet, que ce soit à la presse, à l'influence ou au retail, de se positionner, mais aussi de se projeter et de voir l'expérience qu'elle peut produire. Donc, à l'heure actuelle, c'est ce qu'on demande à une marque. C'est de l'expérience, en fait, en retail. Et le fait d'avoir créé ce salon autour du consommateur, donc autour du persona, comme tu disais, ça permet, en fait, vraiment à la marque de se positionner au travers du consommateur et de lui apporter une expérience qui soit valorisante et qui l'intègre directement dans son univers de marque. Et donc, tout ça permet aux retailers de se projeter sur ce que la marque est capable de faire en magasin et comment elle va vendre le produit.
- Speaker #2
Et aussi, tu parlais d'avoir les retours des consommateurs. Il y a une marque qui vient de lancer, qui a un seul produit. Tu parles avec un consommateur qui dit, ce type de produit, j'aimerais le voir sous différentes formes. Complètement. Pour un débutant, il y a vraiment de l'intérêt.
- Speaker #0
Bien sûr, parce que...
- Speaker #2
Consommateur ou c'est consommateur déjà.
- Speaker #0
Très difficile d'évaluer aussi le prix par rapport à ton produit et d'évaluer, est-ce que même le produit en lui-même. Souvent, comme je le disais avant, il y a aussi des marques qui se développent et qui sont toutes petites et qui se développent. par rapport à une problématique qu'elles ont eue elles-mêmes, mais qui ne correspond pas à la problématique de la personne et du consommateur qu'elles vont voir. Et si elles veulent faire croître leur marque et se développer, il faut qu'elles soient capables de sortir du monoproduit. Le monoproduit est très difficile. Pendant très longtemps, on a été sur le monoproduit qui était OK. En fait, c'était OK d'avoir un monoproduit, et limite l'ultra-personnalisation était un plus pour une marque. Là, à l'heure actuelle, une marque, je pense, n'est plus capable d'être un monoproduit. Et du coup, pour ceux-là, c'est hyper intéressant d'être sur le salon parce que pour des marques qui se lancent, souvent elles n'ont que 1, 2, 3, 4 produits. Ça leur permet de voir quels produits marchent, pourquoi, qu'est-ce que le consommateur avance, qu'est-ce qui leur plaît dans leur marque, qu'est-ce qui leur plaît dans leur univers de marque. L'aspect émotionnel, toucher le produit, essayer la crème, le sentir, ce n'est pas du tout la même chose que le recevoir et s'imaginer comment il va être. De temps en temps, on teste une crème et on se rend compte qu'en fait, sur notre peau... on n'aime pas la sensation. Moi, je déteste la sensation gel, par exemple. Eh bien, ça, ça permet d'avoir un retour directement pour la marque sur tout l'aspect, en fait, du début de la chaîne jusqu'à la fin.
- Speaker #1
Donc, il n'y a pas meilleur couture que ceux de nos consommateurs.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Complètement. Et du coup, The New World sera focus, donc le focus sera mis sur l'émotion.
- Speaker #0
Oui, exactement. En fait, cette année, on a choisi, pour la première année, de construire des thèmes. Donc, ça sera le cas chaque année maintenant. The New Well, maintenant, il est construit d'une façon un petit peu différente. On a un gros événement qui a lieu en septembre chaque année. qui est notre événement, comme je le disais, B2B et B2C, avec la première fois notre Future Beauty Wellness Summit, qui aura lieu cette année durant l'événement. Mais à côté de ça, on a d'autres événements en cours. Un événement qui est un événement de learning de marque, qui aura lieu début 2027, et d'autres événements B2B, ainsi qu'un club de fondateurs de marques qui sort dans quelques mois.
- Speaker #1
Pour une marque qui hésite à exposer, qu'est-ce que je lui dirais ?
- Speaker #0
Je lui dirais qu'en fait, il y a... aucun endroit où elle est capable de se confronter à sa problématique à 360, c'est-à-dire son consommateur, son retail, sa presse. Il n'y a aucun autre endroit où en fait elle peut, à l'heure actuelle, oui, elle peut faire des pop-ups de son côté pour découvrir son consommateur. Oui, elle peut faire d'autres salons professionnels pour trouver d'autres retailers. Oui, elle peut aussi travailler avec une attachée de presse, son communiqué et autres. Mais en trois jours, il n'y a que cet endroit pour l'instant qui lui permet de... vraiment avoir une idée du marché réel et de s'y confronter.
- Speaker #2
Et pour l'aspect salon professionnel, je te rejoins sur ce que tu dis. Nous, on fait beaucoup de salons dans la beauté. Et c'est vrai qu'on ne teste pas forcément les produits. Il n'y a pas cet aspect émotion, humain. Après, c'est le milieu qui est comme ça. Mais là, je te rejoins sur ce que tu dis.
- Speaker #0
C'est vraiment quelque chose qu'on travaille. En fait, on oblige vraiment nos marques à travailler une expérience sur chaque stand. Parce que je pense que ça développe leur CA aussi. Et aussi, ça leur permet de faire transpirer, d'une certaine manière, leur marque d'une autre façon. Et en fait, cette expérience-là, les professionnels peuvent l'avoir aussi. En effet, comme tu dis, combien il y a de professionnels ? Moi aussi, je visite des salons, je regarde l'univers de marque, ça a l'air sympa, qu'est-ce qu'ils disent, etc. Mais là, en fait, le fait de pouvoir te projeter vraiment sur ce que la marque est capable de créer, c'est totalement différent. Ça te permet de la connaître d'une manière totalement différente au travers d'une expérience. Et ça peut être une expérience toute petite qu'elle soit. Ça peut être sur l'émotion olfactive que tu vas avoir. Ça peut être sur le toucher. Ça peut être sur ce qu'elle est capable, comment elle a développé sa marque. La plupart du temps, comment connaître une marque en cinq minutes, c'est impossible.
- Speaker #1
Et du coup, une marque qui nous écoute, elle est jusqu'à quand pour s'inscrire ?
- Speaker #0
Jusqu'à la dernière minute. Jusqu'à la dernière minute.
- Speaker #2
Donc, on a parlé de cette convergence entre la beauté et le wellness. On voit que les enseignes... beauté, l'héritage, l'air beauté investi de plus en plus dans ce bien-être, des espaces dédiés, des espérances. Je pense notamment à Nocibé, qui propose des soins de visage et des soins du corps, des massages surtout. Comment, toi, tu lis cette évolution et comment tu penses que le consommateur perçoit tout ça ?
- Speaker #0
En fait, je pense que cette évolution, elle existait déjà, mais qu'en fait elle avait été désertée par le consommateur. C'est-à-dire qu'en fait, finalement, il y a toujours eu chez Sephora la possibilité de faire faire ses sourcils. Il y a toujours eu la possibilité chez Marionneau. Chez Yves Rocher, de se faire épiler, de se faire des soins du visage et autres. Sauf qu'en fait, à l'heure actuelle, les consommateurs, peut-être est-ce le cas encore maintenant, mais on essaye de les ramener en boutique d'une certaine manière. Avant, le consommateur, c'est un peu le même principe que dans un hôtel. Il ne mange pas souvent à l'hôtel. Il a toujours envie d'aller voir ailleurs ce qui se passe. C'est un peu la même chose au niveau de ce qui est retail. C'est-à-dire, les gros retailers avaient du mal, en dehors de l'aspect vente de produits, à garder leurs consommateurs directement dans leur magasin pour un certain nombre de temps, en leur faisant la vente d'une certaine additionnelle, ou sinon, d'une certaine manière, en leur proposant justement, comme tu disais, des soins. Et en fait, pourquoi ? Parce que depuis Covid, il y a eu une montée énorme d'experts et de studios de massage, de facial, de tout ce que tu veux à côté. Donc, pourquoi aller ? Pourquoi on ferait confiance à un grand magasin plutôt qu'à un expert directement ? Et en fait, je pense qu'ils ont tous voulu retravailler ça. Je passe notamment aux appartements du bon marché qui sont au-dessus du bon marché, où il y a tous les mois de nouvelles marques qui développent leurs propres soins dans les salons et les appartements. Je pense notamment à Sephora, au niveau même de la Cab Beauty, j'ai vu qu'ils venaient faire un pop-up en plein châtelet pour application de Cab Beauty. Vous avez Tanocibe, dont tu parlais très justement. Merci. au MyCream qui est clairement sur ce positionnement depuis un long moment qui en dehors de son shop a quand même été une des premières à développer ses cabines justement en mettant des experts, notamment des experts très influentes qui viennent en résidence chez elle mais aussi en développant ses propres soins avec sa propre gamme ou par exemple en travaillant la LED ou le sauna infrarouge et tout ça c'est intéressant, pourquoi ? Parce qu'en fait le but de tout ça il est clairement de... consommateur et a envie de revenir dans son magasin. Pourquoi il irait plutôt chez un Sephora, plutôt chez le bon marché ? Plutôt que chez un Omacrim. Concrètement, on parle encore une fois de culture de marque. Il faut savoir que quand on parle de culture de marque, on parle de marque et la marque, Sephora est une marque. Omacrim en est une, Le Bon Marché en est un, Galerie Lafayette en est un avec sa Wellness Gallery. En fait, c'est de la culture pour déliser le consommateur et faire en sorte qu'il dépense le plus d'argent, mais aussi qu'il se rappelle. et qu'il ait envie, en passant un bon moment, de jouer sur le côté émotionnel de la chose, mais aussi sur le fait de lui proposer une réponse concrète à un besoin.
- Speaker #1
J'ai une dernière question à te poser. Est-ce que tu aurais un conseil à donner au fondateur de marque, quand est-ce qu'il compte sa place dans l'industrie en 2026 ?
- Speaker #0
Bien sûr, je pense que la priorité numéro un, c'est de sortir de sa propre problématique et de travailler son consommateur, c'est-à-dire à qui on parle. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'on va apporter de nouveau sur le marché ? En quoi on est différenciant ? Ou alors si on n'est pas différenciant, parce qu'on ne peut pas toujours être différenciant, pourquoi le consommateur viendrait plus chez nous que chez une autre marque ? Et d'avoir en fait une idée précise et une conviction précise avant un développement de marque. Je pense que c'est aussi de travailler les problématiques futures en premier. C'est-à-dire tout ce qui est distribution, tout ce qui est développement, tout ce qui est développement à l'international, tout ce qui est retail. En fait, je pense que le fondateur, souvent au début, ne se pose pas ces questions et se dit qu'il va les traiter après par la suite. Et en fait, c'est des gros problèmes qui arrivent par la suite. Pourquoi ? Parce que si vous avez un développement trop fort, votre usine ne peut pas suivre. Donc vous ne serez pas capable de nourrir vos retailers qui ne seront pas contents et vos consommateurs qui ne seront pas contents non plus. Donc en fait, c'est une vraie problématique. savoir où on se positionne. Quand on a la tête dans le guidon, il est très difficile, je pense, de prendre le recul de la situation. Quand on a déjà développé sa marque et qu'on l'a sortie trop vite, il est très difficile de se reprancher sur ces questions de retail, d'avoir un timing parfait, un calendrier parfait de développement. Je pense qu'il doit être fait en amont. Et clairement, souvent, j'entends des marques qui me disent « Non, non, mais nous, on n'a pas vocation à aller en retail, ça ne nous intéresse pas spécialement, etc. » Je ne vois pas à l'heure actuelle comment une marque peut se passer du retail à un moment dans sa vie. C'est quasi impossible. De toute façon, cette question, la réponse, elle est simple. Il est impossible de ne pas aller en retail, tout simplement parce que vous allez épuiser votre communauté. Une communauté s'épuise. Une personne ne va pas racheter quatre fois la même marque dans l'année. En fait, le consommateur à l'heure actuelle papillonne. Donc, vous avez besoin de glader de nouveaux consommateurs. Donc, à part travailler ses réseaux sociaux, faire un travail de méta. incroyable, avoir une acquisition client extrêmement pertinente grâce à un fondateur qui est extrêmement visible, le retail, c'est impossible de s'en passer. Donc, en fait, penser à ces questions dès le départ permet, je pense, au fondateur de marque, tout en travaillant tout ce qui va être, en fait, sa plateforme de marque en premier, lui permettrait d'aller plus loin plus longtemps et de, en fait, gagner, je pense, en bien-être mental pendant plus longtemps. en fait, sortir trop vite parce qu'on a peur d'être, par exemple, doublé ou autre, ou qu'on est persuadé d'avoir une bonne idée et que, en fait, d'une certaine manière, cette idée, on va nous la piquer et autre n'est pas une bonne chose parce que, malgré tout, en ce qui concerne la beauté et le bien-être, du moins, parce que je dirais autre chose en ce qui concerne ma propre façon d'être entrepreneuse, mais dans ce domaine-là, Je pense qu'il vaut mieux réfléchir son produit en avant, réfléchir sa plateforme de marque, réfléchir vers où on va, qu'est-ce qu'on veut, comment on va répondre à telle ou telle problématique. C'est aussi pour ça qu'on crée là justement notre founder membership avec de nombreux experts avec lesquels on travaille qui vont donner des tips aux marques pour se préparer en amont à cette introduction. On a énormément d'indies sur mon salon. Si je rappelle mon fichier d'il y a deux ou trois ans, j'ai 20 à 30 % des marques qui ne me répondront plus et qui n'existent plus. Et en fait, c'est extrêmement dommage parce qu'il y a des marques canons qui ont été sur mon salon il y a trois ans et peut-être qu'elles n'existent plus justement parce qu'elles n'ont pas pu répondre à ces problématiques et elles ont été dépassées par les événements. Notamment si vous mettez énormément d'argent dans vos réseaux sociaux dès le début. Vous n'arrivez pas à suivre, vous avez beaucoup de mal à suivre ou énormément d'argent sur votre com. C'est important d'avoir un budget qui est réparti et qui est réparti par rapport à des phases de marché et d'entrées de marché,
- Speaker #2
je pense. On applaudit ? On applaudit ? Merci les filles ! Quel boost de morale ce matin ! En fait, les fondateurs, il faut se mettre à leur place. Ils adorent la cosmétique. C'est souvent des nationaux qui ont dit un problème. Déjà, il faut qu'ils sortent de « j'ai un problème » . Ça fait finir de nouveau. Ici, c'est un problème. Ton consommateur, il n'a pas forcément le même problème. Donc, sortir de ça. Mais ils sont tellement passionnés qu'ils ne veulent pas réfléchir à tout ça. Et aussi, je pense qu'il faut le dire, ce n'est pas forcément sexy de penser à est-ce que j'ai assez d'argent ?
- Speaker #0
Est-ce que j'ai assez d'argent ? Comment va être la distribution ? Est-ce que je suis capable de suivre ? Est-ce que mon labo est capable de suivre ? Ça, c'est une grosse problématique que je vois dans beaucoup de mes marques. Je me rends compte que leur choix de distribution est hyper compliqué. Leur choix de partir vers d'autres pays. est mal préparée en amont, en fait, dès le départ. En fait, leur distribution est mal préparée en amont. Il y a certains marchés que certaines marques peuvent occuper ultra facilement. Comme par exemple, beaucoup de marques veulent partir sur l'US directement, alors qu'en passant par le Canada, elles arrivent à l'US plus facilement. Donc, il y a plein de choses comme ça, de petits tips, en fait, qu'un fondateur de marque a du mal à connaître. Mais c'est normal. Pourquoi ? Parce que, malgré tout, on parle d'un marché qui s'est surdéveloppé depuis le Covid. On parle en fait d'un marché où les indie brands existaient déjà avant, très peu sur le marché français, beaucoup sur l'UK et l'US, mais très très peu en France, et où tout s'est développé en cinq ans. Donc forcément, en fait, l'éducation de marque derrière n'a pas suivi et n'a pas pu répondre à tout ça. Donc c'est très dur. Et c'est pour ça que le monoproduit disparaît de plus en plus, parce qu'aucun retailer, maintenant à l'heure actuelle, à part si vous êtes sur un produit ultra innovant, ne va aller sur un monoproduit. chose qu'il était capable de faire, je pense, il y a trois ans.
- Speaker #2
Là, je réfléchis, je ne vois pas de retailer qui propose une marque avec un monoproduit.
- Speaker #0
Par exemple, Céonie, qui est une de mes marques de l'année dernière, de pommeau de douche, est rentrée directement chez Sephora et au MyCream, alors qu'elle a un monoproduit. Parce que c'est de la tech, de l'ultra tech, de l'ultra développement.
- Speaker #2
Donc, c'est complètement différent.
- Speaker #1
C'était super intéressant comme échange.
- Speaker #0
Merci. Merci les filles. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Et du coup, est-ce qu'on peut te retrouver ?
- Speaker #0
Sur The New Well, directement, et sur mes réseaux sociaux, Tiffany Buattier, sur LinkedIn surtout.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais un dernier mot ?
- Speaker #0
Non, ravi d'avoir été là et d'avoir échangé avec vous. C'est toujours hyper intéressant d'échanger sur mon métier et très envie de vous rencontrer pour tous les gens qui m'écoutent sur The New Well. C'est le temps.
- Speaker #1
Merci beaucoup,
- Speaker #0
Tiffany. Merci à vous.
- Speaker #1
Merci. C'était un épisode riche en insights pour notre audience. Et pour plus d'épisodes, n'hésitez pas à nous suivre sur nos différents réseaux sociaux, Vichy Insights, les podcasts.