- Speaker #0
Bonjour, je suis Ramatha Diallo, la fondatrice et rédactrice en chef de The Beauty Analyst, un média en ligne dédié à l'actualité et aux tendances de l'industrie cosmétique.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Fatou Kamara, la fondatrice de The New Brand, une agence qui accompagne des créateurs de parcs de cosmétiques à se lancer sur un marché ultra concurrentiel.
- Speaker #0
Beauty Insights, c'est LE podcast qui décrit l'actualité et les tendances de l'industrie cosmétique et vous partage des insights clés. Beauty Insights ! Alors aujourd'hui, on se retrouve avec Sandrine Lecointe. Sandrine, merci d'être avec nous.
- Speaker #2
Merci beaucoup, merci de m'avoir invitée. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter et nous parler de ton parcours ? Mon parcours dans la cosmétique ? Alors déjà, moi je suis entrepreneur, et on va dire que je suis tombée dans un pot de crème il y a déjà 13 ans. Et depuis 13 ans, je crois que j'ai qu'un objectif, c'est de transformer notre industrie pétrochimique vers quelque chose d'un petit peu plus vertueux. De voir ce gros bateau, un petit peu j'ai l'image du Titanic, de se dire comment là on voit l'iceberg qui arrive, de se dire comment on emmène une industrie, ce paquebot, à avoir tout de suite le réflexe de virer à droite ou à gauche, mais en tout cas de prendre un autre chemin.
- Speaker #0
D'accord, tu peux nous parler un peu des activités aujourd'hui que tu as dans le domaine pour justement aller vers cette industrie plus éco-responsable ?
- Speaker #2
En fait, effectivement, je fais pas mal de choses. Mon fil rouge, c'est l'éco-conception. C'est de se dire comment on développe des produits cosmétiques aujourd'hui. Et Impact, on le sait, a bien des niveaux, notre santé, l'environnement, etc. Donc j'organise des... enfin je forme les écoles, les industriels, ces méthodes d'éco-conception. J'accompagne aussi des marques, des laboratoires, à travailler avec l'éco-conception. J'accompagne des marques, du coup, à formuler. aussi leurs produits avec un sourcing qui soit qualitatif mais aussi durable. Bon, je fais énormément de choses, j'organise des événements, je fais des conférences, j'écris des livres, enfin bref, je crois qu'il n'y a rien qui... Je crois qu'on a passé les freins de se dire « qu'est-ce qui me freine aujourd'hui ? » Je crois que quand on a cette envie d'aller plus loin,
- Speaker #0
on pousse les portes et on n'a pas peur de les pousser. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qui t'a menée et à quel moment tu as... pris consciente de l'importance de l'éco-conception ?
- Speaker #2
Quand j'ai démarré, c'était il y a 13 ans, quand j'ai démarré mon propre projet cosmétique, où je me suis dit, je vais regarder ce qu'il se passe du côté de chez moi. Moi, je suis franco-malgache, donc je vais regarder du côté de mon île, qu'est-ce qu'il se passe, quelle biodiversité on a. Je savais qu'à l'époque, la biodiversité, les forêts étaient mal en point, on vivait la déforestation, on a une déforestation grandissante. On a des problèmes d'eau, on a des problèmes de climat. Enfin bref, tout le monde est au courant que tout est chamboulé actuellement. Et donc, je me suis posé la question, et si je montais une marque, si je créais une marque de cosmétiques qui soit réellement bénéfique pour l'humain et l'environnement.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cette marque de cosmétiques ?
- Speaker #2
C'est vieux, alors je n'en parle plus beaucoup. Mais oui, mais effectivement, le point de bastille, il a été là, c'est de se dire... Déjà, prendre conscience des produits cosmétiques qui nous entourent aujourd'hui. Aujourd'hui, c'était moi quand j'ai monté ça, donc c'était il y a 13 ans. Donc beaucoup de pétrochimie, pas forcément très vert, pas forcément très positif pour notre santé, pour l'environnement notamment. Et donc l'idée, ça a été de se tourner vers des plantes qu'on avait, qui étaient vraiment endémiques de Madagascar, et de se dire comment on les cultive, qu'est-ce qu'elles nous apportent réellement. Et donc mon premier contact avec la cosmétique, ça a été par le sol. de se dire, quand je vais au marché, je prends une carotte, on me dit qu'elle est bio, je vais aller plus loin. À Madagascar, à cette époque-là, on n'avait pas encore le bio, il y avait beaucoup d'intrants chimiques, mais souvent les paysans me disaient, on n'a pas d'argent pour acheter des intrants chimiques. Donc ils nous disaient que c'était bio comme ça. Je liais les points, je me disais, mais c'est bizarre. Bref, j'ai pas mal étudié la question, je suis allée voir des agriculteurs directement sur le terrain. à leur demander comment est cultivé. Parce que j'avais déjà une idée assez précise des plantes que je voulais utiliser dans mes produits. Je me formais en parallèle, je me suis formée pendant deux ans en cosmétologie, en aromathérapie, en phyto. Et plus j'approfondissais ces sujets-là, plus je comprenais le discours des agriculteurs sur place qui me disaient comment, quelle méthode, ils cultivaient telle ou telle plante. Souvent, on a des cultures, à Madagascar en tout cas, c'est des méthodes de culture sur brûlis. Donc c'est sur une parcelle. On va mettre le feu, tout simplement. Sauf que du coup, ça tue tout un écosystème. Et la biodiversité n'allant déjà pas très bien à l'époque, je me suis dit, en fait, il y a un problème dans le système. Pourquoi vous cultivez comme ça ? Voilà, donc de fil en aiguille, moi j'ai juste fait des choses avec ce que j'appelle juste le bon sens paysan. Et au final, voilà, Madagascar a été une belle aventure entrepreneuriale. On a développé de chouettes produits, j'ai développé des belles filières. J'avais 11 ingrédients. Avec mes 11 agriculteurs des 11 filières, du coup, on travaillait des méthodes de culture qui étaient saines, sans intrants chimiques. avec leurs méthodes certaines ancestrales, etc. Donc ça, je ne voulais pas y toucher, c'est leur croyance aussi. Mais il y avait quand même cette conscience de se dire, il n'y aura pas d'intrants chimiques sur mes plantes. Et ça, déjà, il y a 13 ans. Et puis de suite en aiguille, après, c'est de se dire, OK, on a travaillé un sol, comment on les transforme ? Bon, alors certes, ça prenait l'avion. C'était transformé à Aix, je suis allée à un laboratoire à Aix-en-Provence. Le carbone, etc. Du coup, j'étais loin d'être bas carbone. Mais je n'avais juste pas conscience. Après, je conditionnais dans du plastique. Tout n'était pas recyclé, même pas recyclable. Et moi, ça, à l'époque, je le comprenais, mais je faisais juste confiance. On me disait, t'inquiète pas, c'est pris en charge dans les filières. Mais je ne suis pas allée vérifier. Et à partir du moment où je suis allée vérifier en France, je me suis dit, en fait, on nous ment. Donc moi, je... propose des produits avec une formulation Niken, des ingrédients où j'ai travaillé la culture avec toutes mes filières. Si derrière, je fais mal les choses avec mes emballages, il y a peut-être des choses autres à faire. Je n'avais pas d'alternative. Pour plein de raisons aussi, j'ai arrêté la marque en 2019. Et puis très bien, c'était le confinement. 2020 est arrivé vite. Du coup, c'était peut-être une bonne idée que d'arrêter cette marque et de me projeter sur d'autres projets un petit peu plus responsables et durables. Parce qu'au final, avec Durcube, tout ce que j'ai fait avec Madagascar, c'était rien de bon. C'était que du... Là, pour le coup, on peut le dire clairement, c'était un peu du greenwashing. Même si derrière, je replantais des arbres, j'avais cette volonté de participer au reboisement de Madagascar. Un produit vendu en Europe, c'était un arbre planté à Madagascar. Au final, on a dû faire des choix. La sécheresse est arrivée en 2021. On a dû déplacer des populations. Et voilà, la forêt, elle est ce qu'elle est aujourd'hui. Mais c'est aussi ça qui t'a menée à la création de OM. Exactement. C'est de se dire de mes échecs, de mes erreurs. Mais moi, je ne le vis même pas en fait comme un échec. J'ai appris de ça. J'ai pris conscience de l'impact à tous les niveaux sur toute la chaîne de valeur de la création d'un produit qu'on peut mieux faire. Mais vraiment à tous les niveaux. donc du sol jusqu'à la transformation, jusqu'à le voyage d'un produit. Là, je parle du climat. Il y a toute la partie aussi du choix du matériau, de notre emballage, l'impact de ce matériau choisi, les interactions qu'il y a entre notre formule et le matériau. Moi, ça, c'était tellement loin de ma tête en 2013. Je ne sais même pas s'il y avait encore des études à cette époque-là sur le choix de nos matériaux et l'interaction avec nos formules. Plus on va vers des produits naturels, avec un matériau qui est aussi vivant, je parle de plastique, vous mettez deux êtres vivants ensemble, qu'est-ce qu'ils font ? Ils parlent, ils communiquent. Donc le plastique, il relargue des choses. Et bon, voilà, mais ça j'ai pris conscience un peu tardivement. Donc le choix d'arrêter cette marque, ça a été juste, de mon sens, tout simplement, encore une fois, de se dire que ça ne sert à rien de continuer, de trouver des alternatives qu'il n'y a pas. Autant les créer, ces alternatives-là, autant faire en sorte que justement d'être... ce moteur de changement pour une industrie qui n'a pas encore tous les outils pour s'équiper, pour être plus durable.
- Speaker #0
D'accord, donc pour expliquer un petit peu, Ouan, aux auditeurs qui ne comprennent pas, on comprend bien que là tu as une démarche d'éco-conception qui est beaucoup plus poussée, justement par rapport à tout ce que tu as appris. Aujourd'hui, tu en es où et comment concrètement tu essaies de développer tout ça ? Tu nous as un peu parlé du packaging, des ingrédients, du sourcing, il y a d'autres aspects ?
- Speaker #2
Il y en a plein, mais pour revenir sur Ouan, effectivement ça a été le point de départ en 2020 de se dire comment on peut être une industrie plus positive plus durable du coup je me suis dirigé vers le l'emballage parce que je pour moi c'était ça le frein c'est soit on innove aujourd'hui on va plus innover en termes de formulation je pense qu'on est arrivé on a fait plein de choses etc mais là l'innovation et puis on le voit depuis depuis 2020 même avant ça a commencé mais l'innovation elle ne peut arriver que par les ingrédients ou dans l'embadable. dans l'avalage, donc les packagings. Après, la distribution, la gestuelle aussi, c'est des choses qui sont en train de changer dans la consommation du citoyen normal, lambda. Donc, c'est des choses qui arrivent, mais il y a encore du chemin, mais que sur ça. En tout cas, c'est ma vision.
- Speaker #1
Est-ce que je peux donner un peu plus de vitesse sur OAN ? Qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #2
Alors OAN, déjà, il faut savoir que c'est la chronique d'offrir un avenir à nos enfants. Et le projet OAN, c'est un matériau qui est hydrosolible, qui est issu de nos vergers européens. Peut-être un jour, tout sera focus sur la France. Mais aujourd'hui, nos ingrédients sont issus de la France et de l'Europe. On est parti sur l'idée de concevoir un emballage qui est hydrosoluble. Donc c'est déjà un ingrédient connu en cosmétique. Et nous, on a juste développé un procédé pour en faire un emballage. Donc ça ressemble à de l'unidose, de la petite dose, comme des petites dosettes de lessive qu'on met dans la machine à laver, et elle vient se dissoudre automatiquement au contact de l'eau. Donc il faut imaginer une petite dosette de gel douche. de shampoing, ça peut être un démaquillant pour le visage, on est en train de faire des tests aussi pour d'autres typologies de produits, mais avec un usage immédiat. On vient le mettre au contact de l'eau, on frotte légèrement entre les paumes de la main, et la membrane se casse, libère le produit, se mélange, et on a un usage du coup instantané. Et là, on a quelque chose qui est véritablement biodégradable, parce que ça reste un ingrédient naturel. Je ne dirais pas... Ce que c'est exactement, on est en mémoire d'écriture du brevet là, donc vous n'allez pas en savoir plus, c'est sauf. Mais voilà, c'est un beau projet, les tests sont longs, on développe ça déjà, donc on a déjà notre recette, elle est finie depuis un an. Et là, depuis à peu près un an, on teste vraiment l'emballage avec différentes marques en hygiène, en soins.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous expliquer un peu comment est-ce que tu as pensé au WAN ? Parce que finalement, fin 2019, tu termines de cosmétiques. 2020, tu lances OAN. Et du coup, c'est quoi le process ? Donc, j'ai terminé la marque, j'ai cette conscience au niveau de l'éco-conception, etc. Maintenant, je lance OAN, le déclic. Tu m'as expliqué le déclic, mais le passage maintenant, vers où ?
- Speaker #2
Là, ce n'est pas une marque de cosmétiques. Là, c'est un matériau pour l'industrie de la cosmétique. De se dire, moi, mon objectif, c'est de faire bifurquer ce grand bateau. ce paquebot. Donc du coup, c'est proposer des solutions, certes innovantes, mais surtout durables, et qui pensent un petit peu à tout. Quand je dis tout, je pense surtout aux limites planétaires, de nous dire qu'on doit faire attention à notre eau, faire attention à notre biodiversité, choisir des ingrédients qui ont une filière durable, qui vont perdurer dans le temps, c'est pas juste dans cinq ans, c'est plutôt de se dire, ok, c'est quoi l'horizon 2050 ? Est-ce que ma molécule, elle sera encore là ? avec les températures qui vont augmenter, avec le réchauffement, enfin bref, tout ça. Donc c'est prendre conscience des limites planétaires, comment tu construis un produit, parce que ça reste un produit, mais dans les conditions là de 2026 à 2030, qui sont en train de changer. Et aujourd'hui c'est ça, c'est se dire aux gens on ne peut plus concevoir des produits, quels qu'ils soient, si je veux, je ne sais pas, concevoir une crème ou un autre emballage, ou que sais-je, un t-shirt ou... on doit prendre conscience de nos limites planétaires.
- Speaker #0
Donc déjà, c'est ça.
- Speaker #1
Et donc, quand tu as pensé Owen, tu as pensé directement matériaux pour ces industries, mais pas pour créer une deuxième marque. Non.
- Speaker #2
C'est un matériau. Si je veux vraiment que ça transforme, je ne peux pas lancer une marque aujourd'hui. Je serais trop petite et j'aurais fait la même chose que Madagascar. C'est compliqué aujourd'hui d'être une marque dans l'univers qu'on a aujourd'hui, très concurrentiel. On a, je crois... Les chiffres 2024, c'était plus de 1000 marques qui se créaient en France.
- Speaker #0
Je ne suis pas sûre de l'année 2027, c'était la Fébéa, mais on attend.
- Speaker #2
Mais voilà, donc c'est hyper concurrentiel, encore plus quand moi j'ai lancé en 2013. J'ai eu le projet en 2013 et la marque, je l'ai lancée en 2016. Mais voilà, donc c'est des sujets qui sont... Il faut se projeter beaucoup plus loin. Et pour moi, lancer une autre marque, pour moi, c'est une histoire très courte. Pour l'avoir déjà vécu, je me suis dit, bon, voilà, ça serait plus durable et plus impactant si je lance un emballage et que d'autres marques vont pouvoir l'utiliser. En tout cas, la vision qu'on a aujourd'hui, c'est ça. Si on doit toucher le marché de l'emballage et proposer une offre différenciante aux marques qui veulent être réellement abattantes.
- Speaker #0
Alors, ça revient un peu à ce que tu disais précédemment. Tu as dit qu'on est à nos limites en termes de formulation, c'est ça ? Ou d'individu ?
- Speaker #2
Je pense qu'en termes de galinique, on a un petit peu tout vu. On a du solide, on a de la poudre, on a du liquide, du gel, très bien. Mais l'innovation, elle doit vraiment venir de nos ingrédients et des emballages. Mais c'est en train d'arriver, on le voit. Après, l'innovation, elle arrive aussi dans les procédés. Mais tu vois, c'est lié à l'ingrédient. Et c'est en ça où je me dis, là, on le voit, il y a quand même un... Si on parle de biotech, c'est hyper dynamique. Donc, il y a des belles choses qui se créent. On le voit chaque année sur les salons. Voilà. Mais après, en termes de texture, en termes de galénique, on a déjà fait le tour. J'ai un préçu.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi là-dessus. C'est qu'aujourd'hui, quand des porteurs de projets viennent me voir en me disant qu'ils veulent créer leur maladie cosmétique et que je leur demande quelles sont les moins différentes en sion, Souvent, je leur explique que ce n'est pas justement en copiant un produit qui marche sur le marché que vous allez vous différencier, que vous allez servir à quelque chose. Innovez par les ingrédients que vous allez apporter. Il y a la recherche derrière. Sinon, il n'y a pas forcément d'intérêt à lancer de l'endécosmétique pour faire ce qui existe déjà sur le marché.
- Speaker #2
Oui, ça ne sert à rien d'avoir les mêmes produits tout le temps. On le voit sur les étagères, c'est toujours les mêmes. Donc, il faut sortir de l'eau, il faut la science, la recherche, il faut aller dedans. L'autoroute est très grande.
- Speaker #1
Et davantage de produits naturels aussi.
- Speaker #2
Oui, après c'est à double tranchant, parce que quand on voit que la biodiversité s'effondre, c'est de se dire, voilà, on y va, mais commun. Donc oui, bien avec la naturalité. Il ne faut pas oublier aussi, il y a quand même d'autres choses, et la biotech, il faut la regarder de près. Ça s'accélère et il y a des très belles choses qui sont en train d'émerger.
- Speaker #0
Et tu penses quoi des paysages agricoles, des nouveaux paysages agricoles ? Parce que si on a une limite de la naturelité, peut-être que les nouveaux paysages agricoles, ça peut aussi être une alternative.
- Speaker #2
C'est exactement le sujet. C'est de se dire aujourd'hui, on a une pénurie énorme sur les ingrédients. Moi, je le constate depuis 2021, ça a démarré avec des producteurs en Espagne qui me disaient « non Sandrine, je ne peux plus vous fournir tel ingrédient » . Et moi, je ne comprenais pas, 2021, pourquoi ? Dibannant va prioriser 7. On était sur les agrumes à l'époque. Et j'avais une marque, j'accompagnais une marque qui me demandait des agrumes européens. Et donc moi, j'avais un contact en Espagne, donc naturellement, j'appelle mes contacts. Et là, ils me disaient, maintenant, en fait, on va prioriser le marché alimentaire, donc vous nous oubliez, notre marché, c'est plus la cosmétique. Et là, il y a des petites alarmes qui s'allument. Et on se dit, bon, ok, là, j'en ai fait 10 en Espagne, ils me disent tous non, j'ai vraiment pas... de possibilités que de trouver un autre pays pour cet ingrédient-là. Donc, il dit trouver un autre pays, moi, me dit d'autres. Enfin, il faut calculer l'impact du produit, etc. Donc, c'est d'autres faits de cité. C'est redémarrer un sourcil d'ingrédients, d'autres filières, donc c'est encore plus long. Mais derrière, c'est de se dire que voilà, on a quand même des pénuries qui augmentent. Et comment on padille à ça ? Comment on fait pour pérenniser, nous, nos formules ? Parce que si on a une formule qui est basée sur, je ne sais pas, du millet, de la lavande, de l'orange ou que sais-je, et qu'on n'a plus de millet là où on l'a toujours pris, on n'a plus d'orange là où on l'a toujours pris, tout change. Et voilà, donc les premières, mes petites alarmes, elles ont démarré déjà en 2021 de se dire, il y a un gros souci côté agriculture, il va falloir s'orienter et trouver d'autres solutions. Et donc effectivement, là aujourd'hui, je suis vraiment dans les sujets agri. Parce qu'il y a cette compréhension du secteur. Déjà, moi, j'ai pris conscience de la cosmétique à travers nos sols, à travers des plantes à Madagascar. Et c'est comme ça qu'au final, je commence à être, entre guillemets, éduquée sur ces sujets de méthode d'agriculture, d'impact aussi dans nos choix. Si on prend, je ne sais pas, une lavande plutôt qu'une autre lavande, ben oui, mais comment elle a été cultivée ? Où elle a été cultivée ? Et ça, ça va diriger nos choix. Et aujourd'hui, vous demandez ça à une marque cosmétique, elle est incapable de vous donner la réponse. Elle ne sait pas comment ça la vende, elle a été cultivée. Mais ça, c'est des choses qu'à un moment donné, on va devoir mettre en avant. Alors, il y a des marques qui le font déjà très bien, et force à elles, et vraiment, j'ai plein d'améliorations parce qu'elles le font depuis longtemps, mais elles sont encore trop peu. Et ça, on va devoir changer. Enfin, nos sourcings. L'industrie doit travailler vraiment ce sourcing et la communication avec les marques. De se dire qu'on ne peut plus, aujourd'hui, continuer à croire que le sourcing de nos ingrédients doit passer à travers des intermédiaires comme un laboratoire ou un ingrédientiste, un ingredient.
- Speaker #0
Mais au niveau du Cosmagri, on avait vu des très beaux projets d'entreprises, vraiment, qui étaient impliquées dans ce meilleur sourcing, en fait, et cette connaissance plus fine du produit d'origine. Et ça, c'est super intéressant.
- Speaker #2
Oui. Alors c'est vrai que tu étais là à notre premier événement, c'était à Bordeaux en mai 2025. Donc ça a été la première journée de rencontre entre le monde agricole et les industriels de la cosmétique. Et c'était chouette parce que justement, on avait ce double discours. Les agriculteurs avaient besoin d'entendre les besoins cosmétiques et les attentes de la cosmétique. Et inversement, il fallait que les industriels, les marques, comprennent les galères aujourd'hui des agriculteurs. C'est bien beau de les voir là dans les médias, etc. Mais il faut comprendre qu'il y a quatre mondes d'agriculteurs. C'est très complexe leur univers, mais ça... Il n'y a qu'une solution pour le savoir, il faut parler avec son exploitant. Il faut communiquer, il faut dire pourquoi on les met en avant, pourquoi on utilise tel plan plutôt qu'une autre. Et ça, c'est méga important. Aujourd'hui, le consommateur veut entendre des nouveaux récits. Il a envie d'authenticité, il a envie de plus de transparence, de se dire comment je peux être sûre que mon ingrédient ne comporte pas des pifasses, des micro-plastiques et tout ça. Donc il faut le rassurer. Et pour ça, il faut lui dire d'où ça vient, comment ça a été cultivé. Voilà. Donc ça, c'est un peu notre cheval de bataille de se dire qu'on doit absolument rapprocher ces deux mondes, faire en sorte que l'industrie côtoie vraiment le monde agricole.
- Speaker #1
Je crois que tu as une véritable casquette au niveau de la sensibilisation. Tu es formateur dans des écoles, tu es mentor dans des incubateurs, tu es consultante, etc. Est-ce que tu peux nous... expliquer comment est-ce que tu mets justement en place tous ces événements-là, toutes ces actions-là pour sensibiliser différentes personnes, que ce soit dans les écoles, dans les incubateurs, etc.
- Speaker #2
Les écoles, souvent, c'est les écoles qui me... Enfin, c'est même les étudiants qui me contactent en premier, qui me disent, Madame, voilà, on a eu, je ne sais pas, vent de vos cours, ou j'en ai discuté avec un tel, bref, ou j'ai vu des posts, ou je ne sais pas, enfin bref, j'ai assisté à une conférence, ou j'ai lu votre livre, ou peu importe. C'est les étudiants qui me contactent. en me disant « Venez dans notre école » . Donc en fait, je réponds juste à des sollicitations.
- Speaker #1
Donc c'est quand même que ton expertise va intéresser autant les étudiants que les agriculteurs, que typiquement, tu m'entends d'un incubateur. Est-ce que je peux m'en dire plus aussi ?
- Speaker #2
Lequel d'incubateur ? J'en ai beaucoup !
- Speaker #1
J'ai Hector, moi, j'ai noté Hector.
- Speaker #2
Oui, alors Hector, ça a démarré avec Hector en 2020. On m'a proposé d'accompagner justement... les jeunes agriculteurs dans leur transformation, pour parler de diversification en cosmétique. Et pour moi, ça faisait sens. Je me dis, génial, ce nouvel incubateur. En tout cas, c'était un nouveau paysage pour moi. De 2020, je sortais de Madagascar. Ça me faisait un petit comeback au sol, etc. Donc c'était chouette. Mais au fur et à mesure où je discutais avec eux, ça a été là le déclic de se dire aussi, mais en fait, il va falloir leur parler aux agriculteurs, de leur dire. qu'on a des besoins et que, je ne sais pas, dans un verger, sur de la pomme par exemple, on va avoir besoin des fleurs. Quand ils essaiment un arbre, ils font tomber des quantités de fleurs. Et en parfumerie, on a besoin des fleurs. On a besoin d'eau, on a besoin de... Enfin bref, on peut en faire plein de choses, les fleurs de pomme. Donc voilà, le déclic, il a été là aussi, de prendre conscience qu'il y avait un besoin côté agri. Et je suis aussi ambassadrice. pour l'incubateur qui s'appelle la Fabrique de la Beauté à Chartres. Du coup, j'ai fait la première partie, la première promo en 2021. Et aujourd'hui, l'incubateur a eu pas mal de promos, etc. Et aujourd'hui, on a quelques anciennes Valminis qui sont ambassadrices de cet incubateur, justement pour aider les jeunes projets. à travailler différemment, à innover, etc. Donc c'est une belle aventure aussi.
- Speaker #1
Et c'est quoi la maison de cet incubateur ?
- Speaker #2
De la fabrique de la beauté, c'est accompagner justement les porteurs de projets qui arrivent dans l'industrie.
- Speaker #1
Ok, mais avec une manière beaucoup plus éco-consciente.
- Speaker #2
Pas forcément, c'est déjà des accompagnés de se dire aujourd'hui on ne peut plus travailler ça, enfin ça fait longtemps de se dire ça, mais là c'est d'avoir cet écosystème qui est vraiment 100% dédié à leur projet. Et on a, moi, sur l'éco-conception, on peut avoir aussi un accompagnement sur le financement, sur la recherche, en termes de brevets, par exemple, sur la propriété intellectuelle. Tout est de fil en aiguille. Moi, je réponds à des sollicitations, je fais du conseil auprès des agricoles, comme auprès des marques, du coup.
- Speaker #0
Mais tu vois, je me souviens quand tu m'as... parler de Cosmagri, je me souviens t'avoir dit « Je comprends pas pourquoi ça a pris autant de temps cet événement. » Parce que lorsque t'as expliqué l'événement, il avait tellement de sens. connecter la cosmétique à l'agriculture. Donc, selon toi, comment ça se fait que ça a pris autant de temps ? Est-ce que tu penses que du côté cosmétique, on a encore trop peu de... Comment dire ? On a encore trop peu conscience de l'importance de se connecter avec ces acteurs, par exemple ? Enfin, selon toi, qu'est-ce qui...
- Speaker #2
Non, mais le sujet, il est simple. C'est que ça fait 40 ans ou 50, je ne sais plus, qu'on évolue sur des routes qui sont parallèles. Et jamais elles se croisent. Ou elles se croisent que par le biais d'un laboratoire. Si moi je suis une marque, on a une marque à droite et un agriculteur à gauche, les chemins ne vont jamais se croiser. Je suis marque, je parle avec un laboratoire directement qui va formuler le produit et je suis un ingrédientier qui fabrique des actifs, je parle avec la marque directement pour lui vendre les actifs qui vont être formulés avec le laboratoire. Mais l'ingrédientier et le laboratoire sont les premiers. les premières personnes, quelque part, qui sont en direct avec leur distributeur. Et souvent, il y a encore d'autres intermédiaires. Donc, au final, on repousse la base, l'exploitant premier. Et aujourd'hui, l'idée, c'est de rapprocher les deux directement. Aujourd'hui, ils ont de plus en plus d'agriculteurs, transforment sur place. Et donc, à partir du moment où ils ont des alambics pour faire des hydrolats, des huiles essentielles ou que sais-je, sur des filières PAM, PAM, c'est... Je dis, ces PPAM, c'est des plantes à parfum médicinal, pardon, aromatiques et médicinales. PPAM. Donc ces filières de pâmes, souvent les agriculteurs, ils se disent, ça, les pâmes, c'est que pour la cosmétique. Et ce n'est pas vrai. Aujourd'hui, on a autant besoin de la betterave dans nos parfums, pour l'alcool, que je ne sais pas, ça peut être du blé aussi, pour de l'alcool de blé, pour les parfums qui veulent se transformer aussi. On peut avoir aussi... des oléagineux, on peut avoir le chanvre, c'est une très belle plante aussi. Mais tout ça, ce n'est pas de la pomme. Mais aujourd'hui, dans la tête des agriculteurs, il faut aussi qu'ils comprennent que l'industrie de la cosmétique, ce n'est pas que du parfum et de rouge à lèvres. On a besoin d'autres ingrédients.
- Speaker #0
Récemment, tu as été modératrice au Salon de l'agriculture. Qu'est-ce que tu as pu remarquer en rapport avec ces sujets-là ?
- Speaker #2
Alors effectivement, j'ai été invitée sur le salon de l'agriculture par mon partenaire, le Co-Farming. Et ensemble, avec qui j'organise aussi, avec Elisia Biosciences, on organise ces journées de rencontres, les Cosmagri. Et l'objectif sur cette table ronde, c'était de montrer l'étançant hydrique de notre industrie. Donc montrer au monde agricole que nous aussi, on souffre de l'eau, qu'il n'y a pas que. Mais justement, c'est trouver des... des synergies, trouver des solutions ensemble, de se dire, voilà, on parlait de PAM sur ces filières-là, de leur montrer aussi qu'on a besoin d'autre chose et pas que de la PAM sur des filières type, on a parlé du chanvre, mais il peut y avoir aussi la cameline, il peut y avoir d'autres belles plantes comme ça. Mais c'est mettre en avant peut-être l'avenir de se dire si demain on n'a plus d'eau. Vraiment mettre sur le... C'était ça l'objectif de cette table ronde, c'était de montrer qu'on a un souci au niveau des tensions aédriques en France, mais qu'il faut le regarder en face, qu'il faut trouver des solutions rapidement. Ce n'est pas, encore une fois, d'être confronté là à une sécheresse brutale. On le sait que ça va arriver, on le sait qu'on aura des inondations. Il faut comprendre le pourquoi et comment on peut... réduire peut-être toutes ces inondations qui... C'est un désastre. On a des pertes économiques monstrueuses, en termes de vie humaine, etc. C'est catastrophique. Mais il faut comprendre que ça, ce n'est que le début. Donc comment on anticipe tout ça ? En tant qu'industrie, comment on peut aider aussi ? Et là, du coup, cette table ronde montrait qu'il y a des solutions. Mais peut-être que nous, en tant qu'industrie, c'est ce que je disais, on pourrait peut-être demander... On pourrait peut-être rechercher des nouveaux ingrédients, des ingrédients qui demandent moins d'eau. Ou à l'inverse, des ingrédients qui poussent. Je ne sais pas, on prend des... Là, on parlait du chanvre. Le chanvre n'a pas besoin de beaucoup d'eau comparé à du coton, du maïs, etc. Donc, c'est peut-être que l'industrie va faire des choix d'un point de vue hydrique différents qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, les markets ne sont absolument pas conscients de ça. Enfin, très peu encore. Il y a des pionniers sur ces sujets. Donc voilà, je parlais beaucoup avec la marque Cadalis, qui est un très bel exemple. Elle extrait...
- Speaker #0
de l'eau de banane, déjà de ses coproduits de banane. Toute l'ADN de la marque Cadalis, c'est de travailler sur cette économie circulaire. Et donc à chaque fois, elle met le curseur plus loin dans la recherche et dans la science de se dire comment on peut pousser le truc et comment on peut avoir des nouveaux actifs. Il suit de nos déchets. On ne peut plus se permettre, on n'a plus le luxe de jeter. Ce n'est pas possible en 2026 de se dire aujourd'hui j'achète pour jeter. On ne doit plus penser comme ça. Donc, il faut mettre cette idée-là dans l'industrie et de se dire que c'est exactement pareil. On ne peut plus jeter. Donc, comment on transforme ? Peut-être qu'on arrivera, je ne sais pas, à capter l'eau dès l'évaporation des plantes et de se dire que là, on va déjà capter une eau possible. Je ne sais pas, ça pourrait être ça. Il y en a déjà qui travaillent dessus, j'en suis certaine. Mais voilà, c'est de se dire qu'on va trouver l'eau ailleurs. Donc l'eau des feuilles, l'eau d'un... Et Cadalys fait déjà ce travail-là, au niveau de la banane.
- Speaker #1
Alors là, on parle d'économie circulaire sur les plantes, mais il y a aussi maintenant l'économie circulaire sur le packaging. Je pense notamment à des initiatives comme la boucle beauté. Qu'est-ce que tu en penses de ça ?
- Speaker #0
Déjà, ça c'est la loi AGEC 2020, donc c'est pas nouveau. Et la loi AGEC aujourd'hui, c'est la loi... qui prônent justement l'anti-gaspillage. C'est exactement ce que je dis. Si à un moment donné, on ne peut plus consommer, enfin, extraire, produire, consommer et jeter. Et dans l'industrie, effectivement, on a deux sources. Même, je pense qu'on peut en trouver plein à tous les niveaux. On peut mettre de l'économie circulaire, que ce soit dans les plantes, dans les procédés de la fabrication, dans les laboratoires, comment on fabrique. On peut travailler aussi différemment. Je pense dans les laboratoires sur l'eau, l'eau qu'on utilise dans les procédés, d'être en circuit fermé et qu'on ne peut plus rejeter l'eau. Donc ça, il y a des nouvelles initiatives qui vont arriver. On a l'usine Pierre Fabre, la première usine sèche qui travaille justement l'eau en circuit fermé, qui va sortir, je ne sais pas, je crois, en 2027. Si on continue, on arrive sur de l'emballage. Mais là, c'est pareil, il y a du vrac, il y a de la consigne. Donc oui. à fond sur le réemploi. Et c'est comme ça. Et on a juste, on a quelque part, on n'a pas trop le choix. C'est comme ça que se dessine demain. Par contre, c'est du réemploi intelligent. Pour moi, c'est travailler le verre différemment. C'est évidemment, si on doit consigner le verre, il a déjà été produit et vu que ça coûte cher à l'environnement, etc., du coup, c'est de consommer déjà le verre et de le remettre sur un circuit de distribution, laver. tu vois, propre, etc. Mais vraiment d'aller sur la continuité, sur le matériau du verre ou de l'inox. Après, le plastique, moi, j'y crois un peu moins, voire pas du tout. Mais c'est une autre question. Et donc là, je prépare le prochain Cosmagri. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Alors effectivement, là, on le programme pour le 9 juin. On sera à Lyon. On a de nouveaux partenaires et notre fil rouge, il est Focus sur l'eau. Donc ça va être mes gros sujets, parce que c'est les sujets actuels, et qu'il faut le regarder en face, de se dire, ça va arriver à tout le monde. De se dire que ce qui arrive aux autres, les inondations côté Angers, etc., c'est des choses qu'on va devoir aussi vivre, peut-être en région parisienne, peut-être en Alsace demain, j'en sais rien. Mais il faut anticiper tout ça. Et donc pour ça, c'est travailler des sols différemment. c'est de mettre en face de l'agroécologie. Moi, c'est mes réponses. C'est d'emmener nos agriculteurs à voir des transitions aussi dans leur méthode de culture. Et ça, je discutais avec pas mal d'agriculteurs, justement, sur le salon de l'agriculture, de comprendre justement pourquoi ils restaient en conventionnel. Donc, sur certaines plantes, maintenant, je comprends. OK, pas de choix. Mais par contre, dès qu'ils peuvent, ils sont tous en transition. Enfin, tous, en tout cas, ceux avec qui j'ai discuté, sont déjà en transition et travaillent des sols différemment. Sans intrants. vraiment sur une culture de conservation des sols, en bio, etc. Donc ça, c'est hyper motivant. Et c'est de voir comment ils se battent aussi, qui moi me motive à pousser l'industrie vers eux.
- Speaker #1
Et montrer à l'industrie cosmétique que de leur côté, ils ont aussi leur challenge, qu'il faut que l'industrie cosmétique prenne en compte pour pouvoir les accompagner, parce que c'est grâce à l'industrie agricole, finalement, que la cosmétique vit.
- Speaker #0
Oui, on peut dire ça comme ça. C'est surtout qu'on a besoin de vivants. Oui, aussi, de manière générale. Et je crois que j'avais vu, on était dépendants de 73% du vivant dans notre industrie. Donc, ce n'est pas rien quand même. Donc, si demain, on a... Là, si on suit tous les chiffres, on vit la sixième extinction du vivant. C'est énorme. Donc, c'est trouver vite des solutions. Donc oui, dire aux agriculteurs qu'on peut être une aide, pour moi, c'est un chemin qu'on doit tous prendre. Aller vers eux, discuter avec eux, comprendre leurs défis, leurs objectifs, les aider, les soutenir. C'est primordial. Si eux ne sont plus là, je ne sais pas où est-ce qu'on sera demain. Mais oui, et puis il y a peut-être un autre truc aussi qui est important de comprendre, c'est que beaucoup d'industriels aussi prennent conscience de ça et commencent à acheter des terres. Et ça, c'est aussi une aide qu'on peut apporter. C'est de se dire, j'en avais quelques-uns qui me disaient, moi je vends, j'ai... 87 hectares, je crois qu'ils me disaient encore, voilà j'ai 87 hectares, je vous les dédie. Mais moi j'en ai beaucoup, des agris qui me disent des choses comme ça. Donc j'ai des surfaces, vous voulez en faire quoi ? Je vous dédie ces sols-là, vous voulez quoi ? Et je réponds à votre demande. Et plus on a de surfaces comme ça, qui sont dédiées à une industrie, forcément ça doit être intéressant pour les marques de se dire, en fait on peut travailler main dans la main. Phoenix en Provence, c'est un très bel exemple. T'étais là, tu écoutais l'histoire de Leïla Falcao avec Phoenix en Provence. Elle a une très belle histoire sur l'avenir de la tomate dans cette région. Et elle s'est dit, on va coopérer carrément avec des agriculteurs de la région et travailler main dans la main. Donc elle travaille avec eux sur des superbes actifs à base de tomates. Là, on est à 2000% sur l'économie circulaire aussi. Ils travaillent même vers d'autres industries. Donc, c'est l'industrie cosmétique, elle a démarré avec ça, mais elle arrive aussi sur l'industrie du cuir, donc du textile. Donc, c'est génial de voir aussi comment des entrepreneurs, aujourd'hui, emmènent des agriculteurs sur d'autres industries. Nous, on peut très bien pousser aussi sur l'industrie d'emballage. Il y a énormément de choses à faire côté emballage, donc il faut aussi creuser. Je pense que l'innovation, elle est là. On vit cette transformation à tous les niveaux. Il faut saisir sa chance et il faut innover vers des choses qui ont du sens. Et pas créer juste le prochain produit qui ressemble à
- Speaker #1
XYLED. Mais c'est là où la recherche et l'innovation, elle sera aussi centrale. Les deux seront au cœur, en fait. Parce que c'est à travers ça qu'on va pouvoir se challenger et dépasser ce qui se passe aujourd'hui. Et tu parlais de la biotech. Typiquement, la biotech, aujourd'hui, on en entend énormément parler. Mais ce n'est pas pour rien.
- Speaker #0
Ça, c'est tous les procédés qu'il y a qui sont en train d'exploser. C'est chouette. L'innovation dans la cosmétique, elle est riche, elle est dynamique. Mais il faut aller vers ça et il faut les soutenir.
- Speaker #1
Et pour ceux qui veulent assister à Cosmagri, comment ça se passe ?
- Speaker #0
Contactez-moi.
- Speaker #1
Aussi simple, est-ce qu'on peut te contacter, du coup ?
- Speaker #0
Sur LinkedIn.
- Speaker #1
Oui, bien. Ok, c'est bien.
- Speaker #0
Sandrine Lecointe, sur LinkedIn.
- Speaker #2
Merci beaucoup, Sandrine, pour cet échange et pour clôturer cet épisode. peux nous faire un mot de la fin.
- Speaker #0
Un mot, alors je n'aurai pas un mot. Non, ça serait peut-être plus un message de se dire qu'on soit dans l'industrie de la cosmétique, peu importe à quel niveau, c'est de mettre en avant et de penser tout le temps à l'éco-conception, parce que de toute manière, ça ne sera plus une démarche volontaire. Là, ça va être, on va vers des réglementations, des lois qui vont nous obliger à passer à l'éco-conception. Et donc, en fait, on n'aura plus le choix. donc travailler son sourcing parler directement aux agriculteurs travailler son pack le choix des matériaux aller plus loin vérifier travailler son écotoxicologie vérifier les impacts qu'il y a enfin bref c'est travailler un produit cosmétique en conscience des limites des
- Speaker #2
limites planétaires Merci beaucoup tu nous as partagé tes réseaux du coup donc si vous voulez suivre l'actualité de Sandrine ce sera sur LinkedIn Sandrine Lecomte Merci d'avoir écouté cet épisode et n'hésitez pas à nous suivre sur nos différents réseaux sociaux Pitch Insight le podcast Merci à toi Sandrine.