Speaker #0Bienvenue dans Beyond the Mat, un espace de conversation et de méditation pour aider à s'ouvrir et se découvrir. Je suis Victoria, professeure de yoga, thérapeute ayurvédique et une passionnée des pratiques qui nous font évoluer. Dans cet épisode, je vous propose d'expérimenter une méditation que je pratique depuis des années, la méditation de la montagne. Une méditation pour cultiver l'ancrage. Alors l'ancrage, c'est la capacité à revenir dans son corps, à revenir ici et maintenant, et à retrouver un point stable à l'intérieur de soi, un peu comme un centre de gravité. La bonne nouvelle, c'est qu'il ne faut pas forcément très longtemps pour accéder à ce calme, à cet ancrage. Alors installez-vous dans une position confortable, peut-être assise sur un coussin ou sur une chaise. Et laissez votre dos se redresser doucement, droit, mais sans être trop rigide. Les épaules relâchées, la mâchoire détendue, le visage doux. Prenez une grande inspiration par le nez et expirez lentement par la bouche. Encore, inspirez profondément et relâchez. Une dernière fois, j'inspire et j'expire. Laissez votre respiration revenir à son rythme naturel sans rien chercher à contrôler. Maintenant, portez votre attention sur les points de contact de votre corps avec le sol. Sentez le poids de votre bassin posé sur le coussin ou la chaise. Peut-être sentez-vous aussi le contact de vos cuisses, de vos genoux, de vos pieds ou de vos chevilles avec le sol. Prenez un moment pour sentir le poids de votre corps, comme si la gravité vous attirait doucement vers la terre. Le sol vous porte. Il vous soutient complètement. Vous pouvez vous laisser déposer. Respirez. Imaginez maintenant que sous vous la terre est vaste et profonde. Une terre dense, stable. Comme si vos points de contact devenaient des racines invisibles qui s'enfoncent lentement dans le sol. Vous êtes soutenue, ancrée, présente. Et laissez apparaître dans votre esprit l'image d'une montagne. Peut-être la connaissez-vous ou imaginez-la. Et laissez cette montagne devenir de plus en plus précise. Peut-être qu'elle se dresse au milieu d'une vallée ou au cœur d'une chaîne de montagne. Observez sa forme. Peut-être qu'elle a un pic ou plusieurs pics élevés, une base large enracinée dans la terre, des versants abrupts ou en pente douce. Son sommet peut être couvert de neige et le bas parsemé d'arbres. Regardez les détails. Les rochers. Les arbres qui couvrent certains versants. Peut-être apercevez-vous des sentiers, des cascades ou des rivières qui descendent le long de la montagne. Peu importe, respirez avec l'image de cette montagne. Et petit à petit, vous devenez cette montagne. Vous partagez cette solidité, cette massiveté, cette majesté. Sentez comme en vous deux. Venez la montagne enracinée. Votre tête devient le sommet. Vos épaules et vos bras deviennent les versants. Vos hanches, votre bassin et vos jambes deviennent la base larve et solide. Profondément enracinée dans la terre, sentez cette stabilité dans votre corps. À chaque respiration, transformez-vous un peu plus dans cette montagne. Et devenez consciente que le temps commence à passer, que le soleil traverse le ciel et illumine la montagne, puis des nuages apparaissent. Certains sont légers et blancs, d'autres plus sombres. Ils passent au-dessus de vous, et parfois, la pluie arrive. Peut-être sentez-vous les gouttes frapper la roche et glisser sur les arsents. Oui, le jour laisse place à la nuit, le ciel s'assombrit. La lune apparaît. Les étoiles illuminent le ciel immense au-dessus de nous. Vous, la montagne, expérimentez le changement tout en restant immobile face au changement de temps et de saison. L'été, il n'y a pas de neige sauf peut-être sur les pics très hauts. Les forêts sont vertes, on ressent la chaleur. La vie circule. Puis l'automne arrive, les fleurs changent de couleur, rouges, oranges, dorées. En hiver, le froid s'installe, la neige recouvre les sommets, parfois. Il y a même de violentes tempêtes. Parfois, à la nature, les arbres sont sans boulet. Mais le printemps revient toujours. La neige fond et s'écoule le long des pentes. Les fleurs réapparaissent. La vie renaît. Tout change. Mais la montagne reste elle-même imperturbable. Parfois, des visiteurs, des randonneurs viennent voir cette montagne et font des commentaires sur sa beauté. Certains l'admirent. D'autres trouvent que ce n'est pas forcément le bon jour pour la contempler. Certains la photographient. D'autres passent sans vraiment la regarder. Malgré ce que les gens disent, rien ne perturbe la montagne. Elle reste ce qu'elle est, stable, solide, inébranlable. Prenez un moment pour sentir cette stabilité dans votre corps. Respirez avec cette image de la montagne. Alors nous pouvons incarner la même quiétude et enracinement. Face à tout ce qui change, face à l'impermanence de notre propre vie, nous traversons la lumière et les ombres des tempêtes internes ou du monde extérieur. Notre apparence elle-même se modifie constamment, mais tout est impermanent, tout passe. Et peut-être garder cette image de la montagne comme un soutien dans notre vie. dans les moments... Nous pouvons revenir à cet endroit, de souvenir que derrière les tempêtes, il y a toujours cette stabilité, cette montagne en nous. Comme la montagne, laissez les événements vous traverser. Tout est impermanent. Tout passe. Voici ce que les montagnes ont à nous apprendre, si nous savons les écouter. Les oiseaux ont disparu. Les derniers nuages se sont évanouis. Jusqu'à ce que seule, la montagne demeure. Prenez le temps ici en gardant les yeux fermés, de placer vos deux mains sur votre cœur et de ramener un sourire, un cerf envers soi-même, de se remercier pour s'être accordé ce temps. et de se souvenir qu'on peut y revenir à n'importe quel moment.