- Speaker #0
Aujourd'hui, la Sabam paye la réputation qu'elle avait il y a dix ans.
- Speaker #1
Tellement de musiciens, auteurs, autrices, ces gens-là aujourd'hui ne touchent pas de droits d'auteur. Par exemple, au niveau de l'online pour la musique, on est plus performant que la SACEM. Et il est vrai que dans la plupart des accords, une fois qu'il y a une période qui est passée, vous n'allez plus pouvoir toucher les droits. qui ont été créés pendant cette période.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans un nouvel épisode Big Manager. C'est toujours votre gars Fox, a.k.a. your manager's manager. Alors aujourd'hui, on va parler droit d'auteur, on va parler propriété intellectuelle, édition, l'impact de l'intelligence artificielle. Et en fait, d'habitude, je sais qu'on a souvent des personnalités ou en tout cas des carrières méconnues, mais j'avais comme volonté de tout simplement revenir à la base parce que j'ai réalisé qu'il y avait un... Petit problème de compréhension sur les droits d'auteur. Donc du coup aujourd'hui, j'ai l'honneur de recevoir Stephen DeKaiser, le CEO de la Sabam. Donc bonjour Stephen.
- Speaker #1
Bonjour Fox.
- Speaker #0
Et bienvenue dans Big Manager.
- Speaker #1
C'est un grand plaisir d'être là aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté l'invitation. Comme je disais dans l'intro, de base... Quand on parle musique, on parle beaucoup des métiers, parce que dans la musique il y a énormément de métiers, mais avec le temps j'ai réalisé aussi qu'il y avait aussi une très mauvaise compréhension sur la base, qui était les droits d'auteur. Et ici en Belgique, c'est la SABAM qui s'en occupe, donc je me suis dit pourquoi ne pas parler avec un représentant de la SABAM. Donc, merci d'avoir accepté l'invitation. On a souvent un peu la... l'habitude de laisser l'invité se présenter.
- Speaker #1
Hop, merci beaucoup. Moi, je suis depuis, je pense, entre-temps, quatre ans et demi de directeur général de la Sabam. La Sabam, une société qui est parfois un peu mal connue, méconnue même, je dirais, mais qui représente quand même 50 000 auteurs et autrices en Belgique. dans plusieurs disciplines. La musique, bien évidemment, qui est la discipline la plus importante, mais on représente aussi des auteurs et autrices dans l'audiovisuel, les arts plastiques, la littérature, et donc... Mais principalement la musique. Moi-même, avant la savane, j'étais dans toute... d'autres domaines de formation. Je suis juriste, mais je voulais vraiment rejoindre la SABAM parce que ce qu'on fait est tellement important et il y a quand même des défis importants pour nos auteurs et nos autrices. Et je voulais mettre à disposition un peu mon expérience et avec toute l'équipe, transformer notre entreprise dans une entreprise qui est vraiment là pour les auteurs et les autrices. aller défendre dans un monde qui n'est pas toujours évident aujourd'hui. Et je suis sûr qu'on en parlera.
- Speaker #0
Oui, parce que justement, la base, c'est que par exemple, moi, je vais parler dans le monde du rap en général. Le premier réflexe, la première consigne même qu'on donne à un auteur-compositeur belge, c'est OK, inscris-toi à la SABAM pour la Belgique. Et le reste, fais ça pour la SACEM. Mais ça, là, ça s'aime. Et déjà, est-ce que la SABAM, en général, est consciente un peu de cette pratique ? Et selon vous, quelle est la raison ?
- Speaker #1
La raison est historique. J'avoue que dans le passé, au sein de la SABAM, mais spécifiquement vis-à-vis de la musique rap, par exemple, on a eu quand même certaines difficultés à bien gérer ce patrimoine ou ces droits. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Je peux même dire qu'aujourd'hui, par exemple au niveau de l'online pour la musique, on est plus performant. que la SACEM. Donc, quitter la Belgique aujourd'hui pour faire gérer l'online par la SACEM, c'est pas dans l'intérêt de l'auteur. Et pourquoi c'est pas dans l'intérêt de l'auteur ? Il y a deux raisons principales. Depuis trois ans, nous travaillons avec l'Angleterre, les Suédois, les Allemands des pays scandinaves à négocier des deals avec les Spotify, Deezer de ce monde. Et donc on a une puissance, en fait on a la puissance la plus importante avec toutes ces plateformes aujourd'hui et on parvient à faire des deals qui sont les plus avantageux aujourd'hui. Ça nous permet aussi de couvrir le plus de territoires de pays et la meilleure nouvelle encore c'est qu'au sein de la Sabam on a diminué notre taux de commission, donc ce qu'on prend... aux auteurs pour gérer leurs droits. Aujourd'hui, ce n'est que 8% et on va même descendre à 7% à partir du 1er juillet. Cela combiné fait de nous, en Europe, la société de gestion collective, telle que la SABAM, la plus efficace au niveau de l'online. Donc, dans le passé, c'était tout à fait différent. Aujourd'hui, on est fiers de cette réussite. Pourquoi est-ce que les gens... partent aussi à la SACEM, c'est surtout les auteurs ou les autrices qui ont un éditeur à Paris. Les maisons d'édition à Paris trouvent ça plus facile de travailler avec la SACEM. Nous essayons de les convaincre qu'ils peuvent aussi bien travailler avec nous, et en fait c'est le cas, mais ils se connaissent, ils se voient à Paris, etc. Donc ça facilite un peu cette relation. mais aussi nous de notre côté on a investi à pouvoir avoir ces relations en France et donc certainement un autre notrice qui n'a pas une maison d'édition à Paris aujourd'hui c'est dans son intérêt de s'affilier à la Sabam pour le monde entier et certainement pour l'online mais Merci. Comme on sait tous, une fois qu'on a créé une certaine réputation à un passé, ça prend du temps pour faire évoluer. Mais je suis content d'être là aujourd'hui pour expliquer cela et d'être ouvert à toute personne qui se pose des questions. Est-ce que je ne dois pas envisager de changer ou de rester en Belgique ? Aujourd'hui, on peut vous garantir que certainement au niveau de l'online, on est les plus performants en Europe.
- Speaker #0
Parce que du coup, c'est ça, c'est en vous joignant avec l'Angleterre, l'Allemagne et tout ça, c'est une sorte de corporation, c'est ça ? Et qui ont négocié des tarifs préférentiels avec les plateformes.
- Speaker #1
Voilà, on fait ça avec ce qu'on appelle ICE. C'est cette coopération européenne. C'est la plus grande, c'est la plus puissante. Et donc, on sait que les deals qu'ils ont négociés avec Deezer et autres sont les meilleurs. et que on couvre plus de territoires, plus de pays et plus de parties aujourd'hui.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que, parce que par exemple, moi je sais que c'est quelque chose que j'ai découvert, on va dire, en travaillant le sujet, mais comment est-ce que, quelles sont par exemple les volontés de communication pour que justement les gens soient, on va dire, parce que même encore aujourd'hui, C'est le réflexe que beaucoup de gens ont.
- Speaker #1
Oui, c'est clairement toujours le réflexe. Donc, il faut qu'on s'investisse à vous rencontrer, à être là aujourd'hui, à parler de ce qu'on est aujourd'hui. Il ne faut quand même pas oublier que la Belgique, c'est un pays relativement petit. Mais ça a l'avantage aussi qu'une autrice ou un auteur chez nous ait là un interlocuteur qui a du temps. si vous êtes à la SACEM ou la PRS ou en Angleterre, il y a tellement de stars qui sont là que pour qu'ils trouvent du temps pour s'approcher de vous, ce n'est pas aussi évident. Nous, à la SAVAM, on a choisi d'être les meilleurs au niveau de l'online. C'est un premier point, mais aussi d'investir dans la relation avec nos auteurs et nos autrices. On veut être là, à l'écoute, même si vous n'êtes pas encore aujourd'hui la star mondiale, mais vous avez l'ambition de grandir dans votre carrière. Et donc, on a notamment ce que nous appelons la Sabam Academy, qui est vraiment un instrument qui permet aux jeunes talents de se rencontrer, de se parler, d'échanger. On organise aujourd'hui des writing camps. Il y en avait un la semaine passée encore à Malmédy, où on met ensemble des gens en Belgique de différents secteurs. Il inclut le rap aujourd'hui. qui permet de construire. Et donc, en fait, nous tendons la main aux gens qui sont là, sur la place. Et c'est aussi aujourd'hui un peu un appel dans nos organes. On a un conseil d'administration, on a des collèges, d'avoir des auteurs et des autrices qui viennent aussi de certains domaines qui sont peut-être moins aujourd'hui représentés, mais qui sont aujourd'hui les bienvenus. D'ailleurs, on a simplifié énormément les conditions pour que les gens se présentent en tant que candidats. Donc, sur tous les domaines, on tend la main. Et aujourd'hui, plus que jamais, on essaye de se rapprocher.
- Speaker #0
Parce que c'est exactement un point que je voulais aussi aborder. C'est un peu un constat général, c'est parfois le manque de représentation dans les phases de décideurs, où il y a un décalage entre les personnes qui vont prendre des décisions par rapport à ceux qui vont générer le plus d'argent. Et comment est-ce que, par exemple, une personne intéressée soit d'intégrer la SABAM ou les camps... peut avoir accès à ces informations ou l'inscription ?
- Speaker #1
Quelques éléments très simples. Nous ne représentons que des auteurs et des autrices. Donc il faut que vous écriviez ou que vous composez de la musique. Deux, si vous le faites aujourd'hui, et on est aussi la seule société de gestion collective en Europe, on a tellement simplifié nos règles, il n'y a pas de conditions. comme un niveau de revenu minimal pour pouvoir se présenter. Donc on a vraiment ouvert les portes, mais si vous êtes auteur ou autrice, devenez membre de la Savam. Vous achetez une action, ça coûte, si vous l'en payez en une fois, ça coûte 120 euros ou aux alentours de 120 euros, ce n'est pas énorme. Vous devenez membre et une fois que vous êtes membre et que vous déposez vos créations, c'est très important. et que vous commencez à toucher de l'argent avec ces créations, là, vous pouvez vous présenter en tant que candidat au niveau de nos organes. C'est nouveau. À nouveau à l'Assasem, il faut qu'on ait un certain niveau de revenu ou une certaine durée. Chez nous, on a simplifié cela pour, en fait, faire entrer des gens qui, avant, ne se présentaient pas. Je dois avouer aussi qu'on a encore du boulot. C'est difficile de motiver des gens à se présenter. Ils se disent « Oui, mais moi, je suis dans la création. Pourquoi participer à un conseil d'administration ou autre ? » Moi, je dis qu'en fait, il faut, parce qu'on a quand même la volonté d'être là. On n'a qu'une seule raison d'exister. C'est nos autrices et nos auteurs. Et donc, il faut qu'on ait à l'écoute qui sont là. et qui nous aide aussi à être là quand il faut les représenter. Je ne cache pas que le monde change énormément, qu'il y a des menaces, et que les auteurs et les autrices sont aujourd'hui... C'est pas évident pour maintenir leurs droits dans le monde...
- Speaker #0
Dans lequel on évolue.
- Speaker #1
Oui, et c'est à tout niveau. Je donne toujours l'exemple du monde des jeux vidéo.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Pour les jeux vidéo, il y a tellement de musiciens, auteurs, autrices, qui écrivent de la musique pour ces jeux vidéo. Il y a des scénaristes qui font les scénarios. Ces gens-là, aujourd'hui, ne touchent pas le droit d'auteur. Pourquoi ? Parce que les acteurs les plus importants qui font ces jeux vous font signer une convention comme quoi vous cédez tous vos droits. Donc, vous allez toucher pour une pièce de musique quelques milliers d'euros, très peu, mais quand même. Et puis, ils vont créer un jeu vidéo qui a un succès canon au monde entier. Ils font des millions de revenus. L'auteur ne touchera plus rien. C'est ce qu'on appelle des contrats de buy-out. Mais les buy-out, ça se fait de plus en plus avec les acteurs anglo-saxons, les Netflix et autres de ce monde. Les deals qu'ils font sont plus à l'américaine. Et donc, nos auteurs, nos autrices, en fait, La création locale risque de ne pas bénéficier ou de partager dans les succès qui s'écraient avec leur création.
- Speaker #0
Et ça, c'est la norme dans le monde du jeu vidéo.
- Speaker #1
En fait, ce monde a été raté, si j'ose dire, par les auteurs et les autrices. On essaye de s'y mettre à nouveau. Mais ça explique pourquoi c'est tellement important pour nous. d'avoir les auteurs et les autrices qui s'engagent, qui nous expliquent voilà ce qui se passe, voilà les accords qu'on fait, pour que nous on peut être là et on peut éviter que leurs droits sont méconnus. Et il faut le faire à travers une société de gestion collective, parce que individuellement, les auteurs et les autrices n'ont pas le pouvoir de négocier. Donc il faut qu'on se met ensemble, qu'il y ait une solidarité et qu'on soit clair. C'est un appel à tout le monde qui entend ceci, si vous êtes... Auteurs ou autrices, inscrivez-vous chez nous. pour le monde entier, il n'y a pas de raison de partir à Paris, sauf si votre maison d'édition est à Paris et elle le souhaite, que vous êtes à l'Assassin pour le monde entier. Deux, devenez actifs, vous êtes les bienvenus, on serait ravis de vous rencontrer, d'être à l'écoute de vos soucis, vos objectifs, et si vous avez l'envie, présentez-vous en tant que candidat pour avoir un impact sur la manière dont on continue à protéger vos intérêts.
- Speaker #0
Et en parlant de protection, il y a souvent un comportement lié à un mythe de certains compositeurs qui, je ne sais pas pourquoi, refusent de protéger leurs morceaux au début parce qu'ils disent ça ne rapporte pas, et qui disent oui on va protéger ça une fois que le son va prendre, parce que je sais que dans certains pays par exemple, il y a un délai, on va dire, de dépôt si par exemple après deux ans le morceau n'est pas déposé les droits engrangés vont être mis dans une boîte noire et redistribués aux plus performants. Est-ce que c'est vrai ? C'est pour sensibiliser l'importance de protéger
- Speaker #1
Si vous créez en tant qu'autoroutrice il faut déposer Et il faut le faire immédiatement. Aujourd'hui, c'est très très simple. On a un outil en ligne qui vous permet d'aller dessus. Vous déposez votre œuvre, vous déclarez les auteurs et les autrices. C'est fait. Ça prend, allez, une demi-heure et vous avez fait la déclaration. Donc c'est très très simple, mais il faut la déclarer. Parce que si vous ne la déclarez pas, on ne la connaît pas. Et donc, ce qui veut dire qu'on ne va pas l'identifier. quand c'est joué sur Spotify, Deezer ou autre, de dans les autres pays où la chanson ou la musique peut être utilisée, on ne va pas la découvrir non plus. Et il est vrai que dans la plupart des accords, une fois qu'il y a une période qui est passée, parfois c'est six mois, parfois c'est un an, parfois c'est deux ans, mais c'est plutôt six mois et un an, vous n'allez plus pouvoir toucher les droits. qui ont été créés pendant cette période. Bien évidemment, si vous déclarez à ce moment-là, à partir de là, vous allez toucher des droits. Mais la règle est très simple, ça ne coûte pas beaucoup de temps. Créer et déposer. Et vous serez étonné, parce qu'une fois que votre musique est jouée à la radio ou à la télé, même la télé linéaire aujourd'hui, ça rapporte de l'argent et c'est pas négligeable. C'est beaucoup plus difficile au niveau des plateformes comme Spotify et Deezer. Là, il faut vraiment avoir des niveaux d'écoute relativement importants, mais même là. Et donc, c'est hyper important.
- Speaker #0
Et comment est-ce que parfois il y a des compositeurs, enfin auteurs-compositeurs belges qui vont travailler par exemple avec des artistes américains ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce qu'aux États-Unis, il y a deux sociétés, je pense, de droits d'auteur. Et comment est-ce qu'eux peuvent s'assurer ? Parce que parfois, c'est l'artiste américain qui va dire « Ah oui, moi, je vais le déposer. » Mais donc, du coup, la personne un peu... peur de fonctionner à l'aveugle et savoir si son son est bien protégé. Dans ce cas de figure, un artiste...
- Speaker #1
Voilà. Plusieurs choses. Il faut se mettre d'accord sur le partage des droits. Deux, je vous conseille d'informer la SAVAM et de déclarer l'œuvre chez nous, de toute façon. Aux États-Unis, il y a deux sociétés principales, BMA et ASCAP. On travaille avec les deux. Donc, en principe... Si votre musique est jouée aux États-Unis, on va pouvoir toucher des droits à travers ces deux sociétés. Ce qu'il faut savoir et que les gens oublient parfois, c'est que dans chaque pays, il y a des règles spécifiques. Par exemple, aux États-Unis, vous ne serez pas payé pour votre musique si elle n'atteint pas un certain niveau. Ils ont une règle de base, de minimum, en dessous de laquelle ils ne vont pas vous rémunérer. Donc... Mais la SABAM aujourd'hui a des accords avec ces deux sociétés, et même dans ce cas-là, vous travaillez avec des gens aux Etats-Unis, déclarez l'œuvre chez nous. De plus, ce que je conseille à tous nos auteurs et autrices, c'est de parler à nous et de nous informer de ce type de coopération. Ça nous permet d'identifier de manière plus efficace vos droits à l'étranger.
- Speaker #0
Je sais que quand vous êtes arrivé à la Sabam, vous avez... réglé la situation avec Tomorrowland. Je sais qu'il y avait un... C'était long comme conflit, je pense.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Si je ne me trompe pas, c'était un problème par rapport à la rémunération qui était prise par rapport aux billets, quelque chose comme ça. Et donc, du coup, il y avait une espèce de... Comment dire ? Revue à la baisse du nombre de tickets vendus ou quelque chose comme ça.
- Speaker #1
Oui, en fait... on était en conflit avec Tomorrowland parce qu'on n'était pas d'accord sur les conditions financières de ce qui se jouait chez eux ça a été des discussions assez difficiles mais le résultat c'est qu'on ne touchait pas d'argent de Tomorrowland et donc on ne pouvait pas répartir on avait réservé nos droits bien évidemment mais l'accord qu'on a pu faire a été un accord je pense dans l'intérêt de tout le monde Merci. où depuis maintenant je pense trois ou quatre ans Tomorrowland paye comme tous les autres organisateurs, que ce soit Live Nation, Greenhouse Talent, etc., qui organisent aujourd'hui en Belgique. Avec Tomorrowland on a aussi ce qu'on appelle du fingerprinting, Ce qui veut dire qu'on met des machines lors du festival qui captent. la musique qui est jouée et qui identifie en fait les auteurs et les autrices. Cela permet aussi d'avoir une bonne idée du répertoire SABAM qui est joué et ça permet d'éviter des discussions entre nous et Tomorrowland sur ce qui a été joué et comment on fait. Ça reste assez cher ce fingerprinting lors des festivals. C'est surtout efficace dans des festivals de musique électronique.
- Speaker #0
ok
- Speaker #1
puisqu'elle est digitalisée et donc on sait mieux reconnaître les pièces. C'est moins efficace si on le fait lors d'un concert où parfois on change quelques aspects et l'identification devient un peu plus compliquée. Ah ok, d'accord. Mais pour la musique électronique, d'ailleurs on fera la même chose au niveau des discothèques et boîtes de nuit où depuis des années on a une relation relativement difficile parce que Merci. Nos tarifs n'étaient peut-être pas à la hauteur des pratiques dans ce marché. On a renégocié nos tarifs. On appliquera un nouveau tarif Nightlife qui a été discuté avec le secteur. Le résultat sera qu'ils vont payer moins, mais il y a plus de boîtes de nuit qui vont payer. Et donc le résultat sera un win-win pour tout le monde. Les tarifs sont plus adaptés aux besoins du marché d'un côté, mais les auteurs toucheront plus parce qu'il y aura plus de personnes qui vont... déclaré et payé, il y aura moins de litiges. Donc Tomorrowland nous a appris beaucoup de choses, notamment au niveau de la reconnaissance de la musique.
- Speaker #0
Et donc ça va être le même système de fingerprint que vous allez installer ?
- Speaker #1
Pas chez tout le monde, mais ils auront l'option de faire cela, ce qui permet de n'avoir plus de discussion sur quel était le reportoir qui a été utilisé. Dans certains cas, ils le feront. Dans d'autres cas, on fera un accord spécifique.
- Speaker #0
Par rapport au monde digital, je voyais aussi... La question que je me posais, c'était par rapport à tout ce qui était, par exemple, les réseaux sociaux. En Belgique, on sait que, par exemple, un créateur de contenu ne va pas toucher d'argent, par exemple, par rapport à TikTok et tout ça. Mais la question que... On se pose, par exemple, comment est-ce qu'un artiste, un compositeur, dont la chanson est utilisée là-dessus, parce que je sais qu'en plus récemment TikTok a créé un accord où on peut écouter les morceaux en entier, depuis récemment. Est-ce que c'est le même principe, la même logique pour un auteur par rapport à ce genre de plateforme ?
- Speaker #1
Le problème avec les plateformes, c'est l'identification de tout ce qui est disponible sur la plateforme. Ok. Sur un Spotify ou Deezer, c'est assez clair. Et les données qu'on reçoit de Deezer ou de Spotify sont assez claires aussi. On sait exactement le nombre de fois qu'une pièce a été écoutée, etc. Je prends l'exemple de YouTube, parce qu'on a un accord avec YouTube. Donc YouTube paye pour la musique utilisée sur son site. Mais là, obtenir les données sur ce qui est joué, comment, etc. devient de plus en plus difficile. Et donc, les défis là sont, un, arriver à un accord qui est correct, de trouver ces gens, parce que c'est pas qu'on prend le téléphone et on a le directeur général de la YouTube au téléphone, donc c'est difficile à trouver quelqu'un, et une fois qu'on les a trouvés, c'est d'avoir un accord au niveau de la rémunération, mais aussi d'obtenir l'information qui nous permet de répartir correctement. Là, il y a encore de gros défis aujourd'hui. Et c'est un bel exemple, je trouve, de la raison pour laquelle la gestion collective et des sociétés comme la SAVAM sont tellement importantes et qu'on doit se fédérer, parce que les parties avec lesquelles on doit négocier deviennent des acteurs mondiaux qui n'ont pas toujours le respect du droit d'auteur. Et ça devient même plus important, je vais vous donner le contexte, notamment de l'intelligence artificielle. ou d'autres plateformes, qu'est-ce qui se passe en Belgique et dans d'autres pays européens ? Au niveau des médias, RTL, RTBF, mais aussi en Flandre, DPG, SBS, les revenus publicitaires sont en chute. Parce que les publicités passent chez Meta, Facebook, Instagram et autres. Mais ils nous payent sur base des revenus publicitaires. Ce qui veut dire que les auteurs, quand la publicité descend, les revenus que nous touchons de ces radiodiffuseurs vont diminuer. Premier phénomène. Deuxième phénomène, tout ce qui est le câble. Je ne sais pas si vous avez encore un abonnement câble chez vous, mais les jeunes générations arrêtent le câble. Mais les câbles sont des revenus aujourd'hui encore importants pour nos auteurs et nos autrices. Donc ces revenus sont en chute aussi, descendent. Troisièmement, l'intelligence artificielle. Il y a des gens qui pensent que la musique générée par l'intelligence artificielle, c'est quelque chose qu'on peut jouer dans un magasin ou un resto. Ce qu'on sait entre-temps, c'est que les personnes qui travaillent dans ces restos et ces magasins détestent cette musique et deviennent fous de la musique générée par l'intelligence artificielle. Et donc, ils réclament assez vite qu'on a à nouveau de la vraie musique qui se joue. Mais entre-temps... il y a une menace que, là aussi, des revenus pour la Sabam risquent d'être en péril ou vont diminuer. Donc on a tous ces phénomènes-là. Mais en même temps, les plateformes comme les métas, ceux qui génèrent la musique par l'intelligence artificielle, ils ont des business models qui sont très généreux. Mais on n'arrive pas à les faire payer aux auteurs. Et donc, on change d'interlocuteurs locaux, des bars, des radiodiffuseurs locaux, etc., avec des interlocuteurs mondiaux. Ce qui gagne avec la création de nos auteurs dans la totalité ne diminue pas, mais l'argent est plutôt créé au niveau des acteurs mondiaux et moins au niveau local. Ce qui veut dire que... La manière dont on doit négocier et obtenir les accords change radicalement. Et il faut le faire ensemble. Ce que je dirais encore sur la musique générée par l'intelligence artificielle.
- Speaker #0
Aujourd'hui, si un resto ou un bar nous dit « on va manger un fournisseur de musique généré par l'intelligence artificielle » , on leur demande « mais c'est qui ? » et on leur demande, et ces gens-là, ils ont fait un accord avec nous, avec une autre société de gestion collective. Si la réponse est non, on leur dit « malheureusement, vous allez quand même devoir payer à nous, parce qu'ils se sont entraînés... » Et on le sait, il y a de la jolie expérience sur des créations de nos auteurs. Donc, si vous utilisez un fournisseur de la musique générée par l'intelligence artificielle dans un bar ou un resto, assurez-vous que ce fournisseur a au moins un accord avec nous, avec d'autres, pour pouvoir... La réalité, c'est que la plupart d'entre eux n'ont pas. Et donc, vous allez coopérer dans quelque chose qui finalement n'est pas très correct. et deux, ça ne va pas vous enlever de votre obligation de payer la sabam. Donc, un seul consigne, jouer de la vraie musique, c'est tellement plus important pour tout le monde, c'est plus important pour les auteurs, les autrices. La création en Belgique, ça fait du plaisir, et vos employés ou les gens seront beaucoup plus heureux. Donc, ne mettons pas de côté ça.
- Speaker #1
Et quand, par exemple... comment est-ce que la SABAM se positionne sur un compositeur qui lui va par exemple utiliser l'intelligence artificielle pour ses compositions on
- Speaker #0
a des règles claires là-dessus donc on conseille à tous nos auteurs et nos autrices de vraiment comprendre comment ça fonctionne de s'approprier de certains outils, de connaître Merci. ce que ça fait, comment, etc. C'est important, le monde change. Et donc, quand la musique, ou bien le texte, ou bien la composition est créée avec l'assistance de l'intelligence artificielle, pour autant que ce n'est que de l'assistance et que le composant humain reste le plus important, ils peuvent déclarer chez nous. Tout simplement, on demande, est-ce que ça a été... généré avec l'aide, oui ou non, et ils peuvent déclarer ça. Si de la musique est générée à 100% par l'intelligence artificielle, on peut la déclarer chez nous aussi, mais elle ne va pas engendrer des droits d'auteur. Pourquoi est-ce qu'on le fait ? C'est parce que, peut-être dans le futur, il y aura quelque chose qui va se passer avec cette musique générée par l'intelligence artificielle, mais ce ne sera certainement pas le cas à court terme.
- Speaker #1
Pour en revenir à avec la volonté d'un travail de proximité avec les acteurs. Je voulais aussi un peu revenir sur le principe, parce qu'on parlait tout à l'heure des auteurs-compositeurs, auteurs-autrices, qui ont des éditeurs en France.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais je sais aussi que la Sabam propose des bourses d'aide, justement pour des éditeurs ou des auteurs-autrices belges. Mais souvent, si je ne me trompe pas, c'est plus, on va dire, une dynamique de remboursement de frais, alors que, justement, ça c'est mon avis personnellement, ça pourrait être plus efficace pour intégrer, on va dire, surtout les gens du milieu rap qui ont souvent, on va dire, il y a quand même un facteur socioculturel et économique derrière ça, pour, on va dire, un investissement ou une aide réellement à la création. par exemple pour créer une structure ou un financement. Est-ce qu'il n'y a pas une possibilité peut-être de revoir, sous certains cas, ce genre de modèle pour justement impliquer un peu plus les gens qui sont talentueux, qui ont des bonnes idées, mais qui au final ne sont pas éligibles à ce genre d'aide ?
- Speaker #0
Merci pour ce point, il est vraiment important. euh... Nous travaillons avec ce qu'on appelle Sabam for Culture, qui est le fonds qui a des bourses mais aussi des partenariats. On investit plus ou moins 3 millions d'euros chaque année là-dedans. Et il est vrai qu'on a un grand nombre de bourses qui remboursent souvent des dépenses qui ont été faites. L'année passée, on a fait toute une étude avec une université pour vraiment mieux comprendre les besoins de nos auteurs et des autrices. Et on a décidé que notre vocation principale avec ce fonds, c'est d'aider nos auteurs et nos autrices à développer leur carrière professionnelle en tant qu'auteurs et autrices. Donc ça, c'est vraiment l'objectif clé aujourd'hui. Et on est en train de revoir les bourses et les aides qu'on a pour vraiment répondre à ces besoins-là. C'est aussi la raison pour laquelle aujourd'hui on finance des camps d'écriture, par exemple. Cela étant dit, je trouve que pour la scène de musique du rap, je vous inviterais peut-être avec quelques autres auteurs et compositeurs de venir chez nous, de nous rencontrer et de voir ce qu'on peut créer spécifiquement au sein de Savant Preculture. On est tout à fait ouvert à ça, mais on veut être lié à l'avancement de la carrière professionnelle des auteurs et des autrices. principalement comment peut-on les aider à avoir encore plus de succès en tant qu'auteur et autrice. Et très certainement, c'est important et aujourd'hui, il y a une vraie ouverture au niveau de Sabam for Culture de répondre à ces besoins. C'est aussi la raison pour laquelle on a créé la Sabam Academy, où des jeunes auteurs et autrices nous rejoignent et expliquent aussi les besoins qu'ils ont et ça nous fait évoluer au niveau des bourses. Donc oui, vous avez raison, il faut ou... Rester tout à fait ouvert aux besoins de nos membres à ce niveau-là. Tout commence à des membres de la Sabam et puis d'échanger avec nous. Il y a aujourd'hui vraiment une ouverture et une écoute à ce niveau-là.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, c'est un peu souvent quand je discute avec des auteurs-compositeurs, il y a, comme je disais au début, une vraie méconnaissance. Et même moi, au final, il y a parfois des sujets, je me suis dit, effectivement, je ne savais pas que ça existait. Et que je trouve un peu dommage, parce que mon grand combat, c'est d'essayer de créer une espèce de dynamique, de culture, ou en tout cas de consommation locale par rapport aux artistes, ou en tout cas créer un écosystème. Et que même, la raison pour laquelle aussi je t'ai invité, c'est parce que je voyais qu'il y avait eu des interventions du côté néerlandophone. Et je suis sûr qu'énormément de... que ce soit bruxellois ou wallons, ne sont pas au courant de tout ce qui peut se faire. Parce que moi, par exemple, j'en parlais dans l'épisode précédent, j'étais au MIAS et j'étais impressionné par, on va dire, les moyens, par l'événement en tant que tel. Et je trouvais ça dommage qu'on ne puisse pas avoir quelque chose de... plus ou moins similaire, parce que je pense que même la SABAM était sponsor de la version, mais ne pas avoir quelque chose de... un pendant plus ou moins similaire francophone.
- Speaker #0
Je partage à 100% ce sentiment. D'ailleurs, il y a deux ans, j'avais invité Jean-Paul Philippot, le CEO de la RTBF, à venir au MIAS. Il n'avait jamais vu ça, il était jaloux comme tout. Mais aujourd'hui, du côté francophone, Cet événement n'a pas encore été créé. Cela étant dit, nous avons quand même du côté francophone des auteurs et des autrices très importants. On aura bientôt l'Eurovision avec une chanson d'une autrice qui est membre de la Savum. D'ailleurs la chanson a été écrite. Lors d'un writing camp, un camp d'écriture qu'on crée pour des jeunes personnes, Dancing on the Ice, et donc oui, ce soutien, ce rapprochement, il est absolument clé. De deux côtés, tous les aspects, tous les grands domaines du pays, ça reste absolument essentiel. Je pense que du côté néerlandophone, il y a peut-être un petit peu plus de dynamisme au niveau des initiatives qui sont prises par des podcasts et autres. Mais dès qu'on a la chance d'être là, comme aujourd'hui, on est ravi et c'est hyper important.
- Speaker #1
En parlant de podcast, une question que je me pose et un peu en cherchant, quelle est la position, par exemple, d'un podcast ? Le statut est un peu flou aujourd'hui dans tout ce qui concerne nos droits d'auteur. On poste par exemple sur les plateformes, ça peut générer des centaines, parfois même des millions de streams, mais ça ne génère pas de droits d'auteur. C'est comment est-ce qu'on le protège, quelle est la position par exemple des plateformes sur ce format-là.
- Speaker #0
Le podcast génère des droits d'auteur, mais très peu. Donc il y a la composante musique dans un podcast, et il y a la composante scénario. Les deux sont rémunérés si vous les déclarez. Mais le problème avec les podcasts, c'est qu'il y a très peu d'argent qui est généré aujourd'hui avec les podcasts. Donc l'aspect financier encore aujourd'hui est très très faible. Ce qui veut dire que... aujourd'hui, nous payons des auteurs et des autrices qui ont généré de la musique ou un scénario pour un podcast, mais les revenus publicitaires et autres que nous savons facturer sont très limités. Même les Spotify qui ont des podcasts, ça ne représente que des revenus très très limités et les podcasts belges sont vraiment minoritaires dans tout ça. Donc il y a très peu d'argent aujourd'hui. qui est généré par ces podcasts et qui peuvent nous permettre de toucher des droits d'auteur. Mais le mécanisme est là, vous pouvez déclarer aujourd'hui si vous faites de la musique ou le scénario pour un podcast chez nous.
- Speaker #1
Donc uniquement si, par exemple, je fais de la musique dans mon podcast, c'est la partie musicale qui sera déclarée ?
- Speaker #0
Déclarée, ou si vous faites un scénario du podcast, il y a tout un scénario qui est vraiment... Comme des chroniqueurs, la radio ou autre, à ce moment-là, vous pouvez les déposer aussi.
- Speaker #1
Ah, donc ça veut dire que, par exemple, imaginons, je fais un épisode entier sur la discussion entre Tomorrowland et la SABAM. Par exemple. Et on raconte que demain, Netflix décide de faire un film là-dessus. Comment est-ce que la personne s'y retrouve ?
- Speaker #0
Si vous faites un podcast là-dessus, vous n'aurez pas de droit si Netflix fait un film sur le combat entre les deux. Par contre, si vous avez une idée d'une série ou d'un film là-dessus et que vous avez commencé à décrire le thème, là vous commencez à rentrer dans le domaine. mais principalement pour... podcast en tant que tel génère des droits d'auteur, il faudrait qu'il y ait vraiment un scénario. Donc, vous aurez fait des recherches assez approfondies, vous aurez fait un texte vraiment écrit là-dessus et là, vous commencez à créer une oeuvre qui peut être protégée. Mais ce n'est pas parce que vous faites un podcast que vous toucherez des droits au moment que la Netflix va faire un film là-dessus.
- Speaker #1
Ok, ça va. C'est... Dans le sens où ma réflexion, c'était avec un... Je faisais le parallèle avec quelqu'un qui fait un morceau et qui ensemble.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et essayer de voir comment est-ce que... Parce que je sais que j'ai déjà vu, par exemple, quelqu'un dans un des podcasts où une personne raconte son histoire ou raconte une histoire et qui a un succès. Et qui, après, il y a une adaptation, soit en termes de série, film ou que sais-je. Et je me posais la question, comment est-ce que... Parce que sans ce podcast-là, sans ces personnes-là, on n'aurait pas...
- Speaker #0
Oui, ce sera un débat avec les personnes autour de la table. Pour nous, la sabbade intervient une fois qu'une œuvre est déclarée. Nous n'intervenons pas dans est-ce que quelqu'un a droit, des droits d'auteur, etc. Ça, on laisse entre les auteurs et les autrices principalement. Mais voilà.
- Speaker #1
Si, par exemple... Aujourd'hui, vous devriez conseiller un auteur, enfin, auteur-autrice, compositeur, compositrice, sur sa Bible par rapport à sa carrière, par rapport à sa gestion de droits d'auteur. Qu'est-ce qu'il serait ?
- Speaker #0
Plusieurs choses, je pense. Tout d'abord... Faites ce que vous avez envie de faire dans votre vie. Rêvez, osez, faites ce que... Voilà. Premier point. Deux, si vous voulez gagner votre vie avec vos créations... Au niveau de la musique par exemple, devenez membre d'une société de gestion collective. On est là pour aider les gens qui veulent vraiment faire de l'argent avec leur création. On n'est pas là pour les gens qui se disent, je crée mais je ne suis pas intéressé à faire de l'argent. Là il y a d'autres instances. Mais vraiment si vous le faites, devenez-le. Très important. Puis déclarez bien évidemment vos œuvres. Mais quatrièmement, moi je dirais aussi, osez voir les choses beaucoup plus grand. oser réaliser un rêve et dire moi j'ai du talent pourquoi est-ce que je n'écrirai pas pour Beyoncé ou pour Rihanna parce que si on a cette ambition et on parvient à écrire pour eux les droits que ça génère c'est énorme donc il faut pas si on a du talent pas se limiter à son cercle ou devenir un singer-songwriter et écrire sa propre musique, c'est génial, faites-le, il faut surtout le faire. Mais si vous avez vraiment l'ambition et du talent, osez voir ça au niveau mondial. On sera là aussi pour vous aider là-dessus. Et ça nous manque en Belgique. Quand je vois par exemple aux Pays-Bas, il y a des auteurs et des autrices compositeurs qui écrivent beaucoup pour des... Des artistes belges aujourd'hui. Mais aussi au niveau de la musique, notamment au niveau du rap, au niveau de la musique électronique. Ils parviennent à conquérir le monde parfois. Récemment, j'étais encore avec un auteur allemand qui était parti. Il avait 18 ans. Avec sa guitare, il a pris l'avion. Il est allé aux Etats-Unis, à New York. Et aujourd'hui, il écrit pour Madonna. Il écrit pour Beyoncé. Voilà. donc si on rêve il ne faut pas avoir peur donc faites ce que vous avez envie de faire mais n'oubliez pas si vous voulez gagner votre vie avec de faire un peu les formalités ou l'administration qui est autour ça ne prend pas beaucoup de temps beaucoup est automatisé mais
- Speaker #1
déclarer vos oeuvres c'est absolument important par exemple en Belgique on a quand même pas mal d'artistes d'auteurs, compositeurs Merci. qui arrivent bien à s'expatrier. Mais ce que je trouve du coup dommage, c'est que ça part vite vers la France. C'est des grands noms. Et il y a des gens qui produisent pour Drake, pour plein de gens. Mais au final, comme aujourd'hui, la Sabam paye la réputation qu'elle avait il y a 10 ans, voire plus, au final, c'est difficile même pour la Sabam de pouvoir valoriser. C'est talent.
- Speaker #0
On a un défi. On a créé la base pour pouvoir le faire. Et je pense que, sauf si vous êtes la star la plus importante et vous allez avoir un intérêt continu en France, vous avez parfois intérêt de partir de la Belgique où le soutien sera plus... spécifique et dédié à la personne. Mais il est vrai qu'il y a eu des gens qui se sont affiliés en France parce que la France est un pays important et les éditeurs sont dans ce pays. Mais aujourd'hui, je pense qu'avec le monde qui change et que le fait que beaucoup de gens prennent plus en propre main leur destin, on a certainement des chances de... de convaincre les gens à rester chez nous ou revenir même chez nous. Et surtout, on a créé les bases pour que ce qu'on touche en termes de droits aujourd'hui en Belgique est à la hauteur, voire même mieux que dans d'autres pays. Et voilà, c'est dans la coopération, je pense, qu'il faut aussi oser réfléchir. De toute façon, on sera là pour vous accompagner, vous aider. Mais il reste vrai, si vous signez avec un éditeur à Paris, il y aura certainement cette demande-là, dans pas mal de cas, de vous inscrire aussi là-bas. Mais on voit aussi que des grands noms ne sont pas nécessairement encore affiliés avec un certain éditeur ou... commencent à nouveau à avoir le droit ou la possibilité de revenir vers nous. Et c'est important parce que chaque auteur qui reste en Belgique... S'il a du succès ou si elle a du succès, ça va aider le développement des plus jeunes talents avec Sabam Academy et d'autres. Donc ce que vous dites est très vrai. Dans cet écosystème qu'on a, il faut aussi l'alimenter. Que les gens qui ont du succès osent aussi rester, n'oublient pas leur source ou leur origine et peuvent aider d'autres personnes à faire avancer. Nous, de notre côté, à la Sabam, on doit être pro dans ce qu'on fait. et aujourd'hui, on l'est, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je suis venu à la société il y a quelques années, on a une équipe fantastique aujourd'hui qui continue à vraiment mettre ça en oeuvre
- Speaker #1
Et vous maintenant avec la SABAM en général est-ce que vous voyez une vraie différence entre la partie flamande et la partie francophone si oui, lesquelles ?
- Speaker #0
Il y a des différences mais il y a aussi des synergies Merci. Il y a des différences, c'est vrai. Les auteurs néerlandophones travaillent plus avec des auteurs aux Pays-Bas, par exemple, ou coopèrent. Et ce qu'on voit aussi, oui, c'est que les gens qui écoutent la musique ne connaissent pas nécessairement la musique à l'autre côté de la frontière linguistique. Si dans la rue vous demandez à quelqu'un qui est francophone quels sont les artistes les plus connus en Flandre, ils ont des difficultés et vice versa d'une certaine manière. Mais on voit aussi qu'il y a une influence entre les deux qui peut être parfois très intéressant. Donc je trouve que c'est une richesse, c'est la diversité, c'est un des points forts de ce pays. Mais on ne peut pas non plus perdre de vue les besoins spécifiques des deux côtés de la frontière.
- Speaker #1
Parce que les writing camps, c'est mélanger néerlandophone et francophone. Oui,
- Speaker #0
ce qu'on a eu à Malmédi la semaine passée, c'était vraiment mélanger néerlandophone et francophone. Ils écrivent beaucoup en anglais, malgré tout. Mais c'était vraiment... Et on invite aussi des gens de l'étranger pour qu'il y ait un mix. Donc voilà.
- Speaker #1
Ok. Mais en tout cas, merci. Merci à vous. Merci pour ces réponses et pour la discussion. Je pense, en tout cas, j'espère que ça éclaircit pas mal de points. En tout cas, personnellement, oui. Parce que j'avais pas mal de questions qui étaient, on va dire, issues de conversations que j'ai eues récemment. Et du coup, lorsque l'invitation a été acceptée, j'ai encore été un peu sondé. En tout cas, j'espère. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci, Fox, à toi. C'est tellement important de pouvoir expliquer ce qu'on fait, le pourquoi et comment les choses ont changé. Et si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas. Moi, mes données, mon téléphone, mon email, vous la trouverez sur Internet. Mais tous mes collègues aussi, on est là. Surtout pour tout auteur et autrice qui a envie de faire avancer sa carrière. rester en Belgique. On est un pays avec plein de possibilités et on veut soutenir cet écosystème de gens qui créent et qui font avancer les choses.
- Speaker #1
Merci à tous d'avoir regardé cet épisode. N'oubliez pas bigmanager.podcast sur toutes les plateformes. Partagez, likez et au prochain épisode.