Bio Is The New Black

Bio Is The New Black : Séance spéciale LONDON # Design spéculatif, biotech et algorithme prédictif #

Bio Is The New Black : Séance spéciale LONDON # Design spéculatif, biotech et algorithme prédictif #

59min |30/08/2019|

674

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Description

Pour ce premier épisode hors les murs de Bio Is The New Black, nous étions à Londres dans le petit studio secret de la bibliothèque de la Goldsmiths University. Nous avons interviewé David Benqué, chercheur et designer. Nous avons discuté du design spéculatif, prédiction du futur, rôle du design, algorithme prédictif, viande artificielle et instrumentation scientifique. Cette émission est diffusée sur radio FMR dans le programme CPU et écoutable en podcast sur ausha ici et sur cpu.pm ici. 


Dans cette release de CPU :

de la fiction

de la viande artificielle

du cauchemar planifié

des diagrammes sur la comète


Notre invité est David Benqué, chercheur et designer

l'équipe aujourd'hui : Elise Rigot et DaScritch

Et... on se lave les mains dans le labo de design !


Documentation

David Benqué 😎


Design Spéculatif 💥


Généralités (par ordre d’apparition) 📓


Références cités (auteurs, livres, films, expositions, etc.) 😱

 

⚗️🔬🌱 Paillasse du design : Des f(r)ictions dans le design fiction 🌱🔬⚗️

Élancé, au bord du promontoire, tu t'apprêtes à hisser ton corps. Tu esquisses un premier plongeon. En bas, les abysses te renvoient leur profondeur. Surface noire et réfléchissante. Tu as sauté, immergé de tout ton corps dans ce bouillon de culture. Il fait 37°C, un microcosme vole autour de toi.

Bienvenue dans Bio is the new Black.

Toi qui te demande comment les avancées des techno-sciences feront basculer l’Humanité. Toi qui regarde suspicieusement les chimistes inventer de nouvelles molécules, inconnues, par la biologie synthétique. Toi qui songe à la démesure de l’Homme, de certains hommes en particulier, qui modifient le génome humain à la manière d’un éditeur textuel. Toi qui vit dans ce moment d’incertitude généralisé : Tu te demandes certainement comment imaginer d’autres futurs alternatifs. Car, non, l’immortalité ne te fait pas rêver, et, oui ! l’Éternité doit être mortellement ennuyante.

Tu t’ennuies des scénarios de la SF Hollywoodienne qui se répètent ? C’est que tu ne connais pas encore le travail plus ténu, étrange, dérangeant, de certains designers qui spéculent le monde.

Quelques ingrédients historiques :

Le design spéculatif est né à la fin des années 1990s, on peut citer la thèse du designer anglo-saxon Anthony Dunne, Hertzian tales. Dans un ouvrage plus récent, Design, fiction, and social dreaming publié en 2013 au MIT Press par Anthony Dunne et sa compagne Fiona Raby (à ce moment-là tous les deux enseignent à la Royal College Academy de Londres). Ils proposent dans cet ouvrage une sorte de design, des outils, pour créer des idées et non plus des choses. Ils posent des questions en et si ? pour ouvrir le débat sur ce que les citoyens désirent réellement qui sont différentes de simples prédictions ou prévisions. Ils nous engagent à spéculer à propos de tout, pour rendre ainsi la réalité plus malléable.

C’est ce qu’on appelle le design spéculatif.

Dunne et Raby ont été grandement inspirés par le design italien des années 1960s et 1970s avec des studios comme Archigram, Archizoom, ou encore Superstudio. À ce moment là, ces studios, qui étaient plutôt des collectifs d’architectes, se sont battus contre l’idéologie capitaliste et ont proposé des architecture fictionnelle, critique, qui tournaient en dérision la marchandise et la standardisation de nos modes de vie.

Aujourd’hui, on entend parler du design fiction comme d’un process de créativité en entreprise permettant d’innover sur des terrains nouveaux. < Ayant une expérience passée en société de conseil, je ne jette pas tout à fait la pierre à ces sociétés de conseils qui tentent de trouver des moyens pour que les collaborateurs en entreprise sortent de leurs imaginaires et habitudes enfermantes. > Pour autant, on ne peut que déplorer l’instrumentalisation de plus en plus globalisante du design. Ce dernier est appelé partout, à innover, c’est-à-dire dans notre système économique néolibéral, à mettre sur le marché de nouveaux produits/services qui trouveront leur marché. Il y a comme une inadéquation avec les ambitions premières du design spéculatif pour qui l’objet est une forme de prototype diégétique à penser.

Si pour Leibniz, le monde réel est le meilleur des mondes possibles, au contraire, le rôle du design sera de refuser le donné comme donné, ce sera de faire accéder la conscience à d’autres mondes possibles, afin d’engager l’imaginaire dans des mondes plus souhaitables.


Introduction

Bio Is The New Black invite artistes, designers, philosophes, scientifiques et ingénieurs à explorer les multiples questions éthiques, critiques et de créations qui se posent avec les technologies de bio-fabrication. 

Aujourd’hui nous interviewons David Benqué 

  • enseignant associé à la Goldsmiths University de Londres,
  • aventurier des nouveaux imaginaires,
  • Designer et chercheur, il finit sa thèse Future.shape()  au Royal College of Art de Londres financée par Microsoft qui est une critique spéculative de la prédiction algorithmique via la pratique du diagramme
  • Et parce que sinon, ça serait trop facile, il passe du Mac à Linux

Nous sommes à la bibliothèque de la Goldsmiths University de Londres


Lecture

Jeremy Rifkin, Le siècle biotech, le commerce des gènes dans le meilleur des mondes publié en 1998.

“ Pendant plus d’un siècle, nous avons entretenu l’idée absurde, mais néanmoins profondément enracinée, que les technologies sont neutres et dénuées de tout contenu de valeur. L’idée que les innovations technologiques pourraient être la projection socialement construite d’une certaine vision du monde, alimentée par les forces du marché et légitimée par les rapports sociaux dominants, restait impensable. ” p.381, pocket, 1998

“ Pour l’instant, le débat sur les biotechnologies n’a impliqué qu’un petit groupe de chercheurs en biologie moléculaire, de représentants de l’industrie, de décideurs politiques et de critiques. Avec l’afflux de ces nouvelles technologies sur le marché et dans nos vies, il est tempsd’ouvrir un débat de plus grande ampleur sur les avantages et les risques de la nouvelles science, un débat qui doit s’étendre bien au-delà des experts et des autorités professionnelles et impliquer la société tout entière. “ p. 390, pocket, 1998


Pour cette release de la série Bio is the new black, l'équipe est composée de :

Elise Rigot, Chief Butcher Officer

DaScritch, Chief Mixer Officer


La release a été shippée avec les moyens techniques de CPU et de Bio Is The New Black. 

L'intégralité du programme, des extraits et nos sources sont disponibles sur le site cpu.pm et sur la plateforme ausha, vous pouvez commentez et partager. Les chroniques et interviewes sont en licence libre c'est donc là pour ça !

Pour écouter l'interview version longue, pour les plus curieux et ténaces, la voici sans montage ni habillage audio : ici.

Description

Pour ce premier épisode hors les murs de Bio Is The New Black, nous étions à Londres dans le petit studio secret de la bibliothèque de la Goldsmiths University. Nous avons interviewé David Benqué, chercheur et designer. Nous avons discuté du design spéculatif, prédiction du futur, rôle du design, algorithme prédictif, viande artificielle et instrumentation scientifique. Cette émission est diffusée sur radio FMR dans le programme CPU et écoutable en podcast sur ausha ici et sur cpu.pm ici. 


Dans cette release de CPU :

de la fiction

de la viande artificielle

du cauchemar planifié

des diagrammes sur la comète


Notre invité est David Benqué, chercheur et designer

l'équipe aujourd'hui : Elise Rigot et DaScritch

Et... on se lave les mains dans le labo de design !


Documentation

David Benqué 😎


Design Spéculatif 💥


Généralités (par ordre d’apparition) 📓


Références cités (auteurs, livres, films, expositions, etc.) 😱

 

⚗️🔬🌱 Paillasse du design : Des f(r)ictions dans le design fiction 🌱🔬⚗️

Élancé, au bord du promontoire, tu t'apprêtes à hisser ton corps. Tu esquisses un premier plongeon. En bas, les abysses te renvoient leur profondeur. Surface noire et réfléchissante. Tu as sauté, immergé de tout ton corps dans ce bouillon de culture. Il fait 37°C, un microcosme vole autour de toi.

Bienvenue dans Bio is the new Black.

Toi qui te demande comment les avancées des techno-sciences feront basculer l’Humanité. Toi qui regarde suspicieusement les chimistes inventer de nouvelles molécules, inconnues, par la biologie synthétique. Toi qui songe à la démesure de l’Homme, de certains hommes en particulier, qui modifient le génome humain à la manière d’un éditeur textuel. Toi qui vit dans ce moment d’incertitude généralisé : Tu te demandes certainement comment imaginer d’autres futurs alternatifs. Car, non, l’immortalité ne te fait pas rêver, et, oui ! l’Éternité doit être mortellement ennuyante.

Tu t’ennuies des scénarios de la SF Hollywoodienne qui se répètent ? C’est que tu ne connais pas encore le travail plus ténu, étrange, dérangeant, de certains designers qui spéculent le monde.

Quelques ingrédients historiques :

Le design spéculatif est né à la fin des années 1990s, on peut citer la thèse du designer anglo-saxon Anthony Dunne, Hertzian tales. Dans un ouvrage plus récent, Design, fiction, and social dreaming publié en 2013 au MIT Press par Anthony Dunne et sa compagne Fiona Raby (à ce moment-là tous les deux enseignent à la Royal College Academy de Londres). Ils proposent dans cet ouvrage une sorte de design, des outils, pour créer des idées et non plus des choses. Ils posent des questions en et si ? pour ouvrir le débat sur ce que les citoyens désirent réellement qui sont différentes de simples prédictions ou prévisions. Ils nous engagent à spéculer à propos de tout, pour rendre ainsi la réalité plus malléable.

C’est ce qu’on appelle le design spéculatif.

Dunne et Raby ont été grandement inspirés par le design italien des années 1960s et 1970s avec des studios comme Archigram, Archizoom, ou encore Superstudio. À ce moment là, ces studios, qui étaient plutôt des collectifs d’architectes, se sont battus contre l’idéologie capitaliste et ont proposé des architecture fictionnelle, critique, qui tournaient en dérision la marchandise et la standardisation de nos modes de vie.

Aujourd’hui, on entend parler du design fiction comme d’un process de créativité en entreprise permettant d’innover sur des terrains nouveaux. < Ayant une expérience passée en société de conseil, je ne jette pas tout à fait la pierre à ces sociétés de conseils qui tentent de trouver des moyens pour que les collaborateurs en entreprise sortent de leurs imaginaires et habitudes enfermantes. > Pour autant, on ne peut que déplorer l’instrumentalisation de plus en plus globalisante du design. Ce dernier est appelé partout, à innover, c’est-à-dire dans notre système économique néolibéral, à mettre sur le marché de nouveaux produits/services qui trouveront leur marché. Il y a comme une inadéquation avec les ambitions premières du design spéculatif pour qui l’objet est une forme de prototype diégétique à penser.

Si pour Leibniz, le monde réel est le meilleur des mondes possibles, au contraire, le rôle du design sera de refuser le donné comme donné, ce sera de faire accéder la conscience à d’autres mondes possibles, afin d’engager l’imaginaire dans des mondes plus souhaitables.


Introduction

Bio Is The New Black invite artistes, designers, philosophes, scientifiques et ingénieurs à explorer les multiples questions éthiques, critiques et de créations qui se posent avec les technologies de bio-fabrication. 

Aujourd’hui nous interviewons David Benqué 

  • enseignant associé à la Goldsmiths University de Londres,
  • aventurier des nouveaux imaginaires,
  • Designer et chercheur, il finit sa thèse Future.shape()  au Royal College of Art de Londres financée par Microsoft qui est une critique spéculative de la prédiction algorithmique via la pratique du diagramme
  • Et parce que sinon, ça serait trop facile, il passe du Mac à Linux

Nous sommes à la bibliothèque de la Goldsmiths University de Londres


Lecture

Jeremy Rifkin, Le siècle biotech, le commerce des gènes dans le meilleur des mondes publié en 1998.

“ Pendant plus d’un siècle, nous avons entretenu l’idée absurde, mais néanmoins profondément enracinée, que les technologies sont neutres et dénuées de tout contenu de valeur. L’idée que les innovations technologiques pourraient être la projection socialement construite d’une certaine vision du monde, alimentée par les forces du marché et légitimée par les rapports sociaux dominants, restait impensable. ” p.381, pocket, 1998

“ Pour l’instant, le débat sur les biotechnologies n’a impliqué qu’un petit groupe de chercheurs en biologie moléculaire, de représentants de l’industrie, de décideurs politiques et de critiques. Avec l’afflux de ces nouvelles technologies sur le marché et dans nos vies, il est tempsd’ouvrir un débat de plus grande ampleur sur les avantages et les risques de la nouvelles science, un débat qui doit s’étendre bien au-delà des experts et des autorités professionnelles et impliquer la société tout entière. “ p. 390, pocket, 1998


Pour cette release de la série Bio is the new black, l'équipe est composée de :

Elise Rigot, Chief Butcher Officer

DaScritch, Chief Mixer Officer


La release a été shippée avec les moyens techniques de CPU et de Bio Is The New Black. 

L'intégralité du programme, des extraits et nos sources sont disponibles sur le site cpu.pm et sur la plateforme ausha, vous pouvez commentez et partager. Les chroniques et interviewes sont en licence libre c'est donc là pour ça !

Pour écouter l'interview version longue, pour les plus curieux et ténaces, la voici sans montage ni habillage audio : ici.

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Pour ce premier épisode hors les murs de Bio Is The New Black, nous étions à Londres dans le petit studio secret de la bibliothèque de la Goldsmiths University. Nous avons interviewé David Benqué, chercheur et designer. Nous avons discuté du design spéculatif, prédiction du futur, rôle du design, algorithme prédictif, viande artificielle et instrumentation scientifique. Cette émission est diffusée sur radio FMR dans le programme CPU et écoutable en podcast sur ausha ici et sur cpu.pm ici. 


Dans cette release de CPU :

de la fiction

de la viande artificielle

du cauchemar planifié

des diagrammes sur la comète


Notre invité est David Benqué, chercheur et designer

l'équipe aujourd'hui : Elise Rigot et DaScritch

Et... on se lave les mains dans le labo de design !


Documentation

David Benqué 😎


Design Spéculatif 💥


Généralités (par ordre d’apparition) 📓


Références cités (auteurs, livres, films, expositions, etc.) 😱

 

⚗️🔬🌱 Paillasse du design : Des f(r)ictions dans le design fiction 🌱🔬⚗️

Élancé, au bord du promontoire, tu t'apprêtes à hisser ton corps. Tu esquisses un premier plongeon. En bas, les abysses te renvoient leur profondeur. Surface noire et réfléchissante. Tu as sauté, immergé de tout ton corps dans ce bouillon de culture. Il fait 37°C, un microcosme vole autour de toi.

Bienvenue dans Bio is the new Black.

Toi qui te demande comment les avancées des techno-sciences feront basculer l’Humanité. Toi qui regarde suspicieusement les chimistes inventer de nouvelles molécules, inconnues, par la biologie synthétique. Toi qui songe à la démesure de l’Homme, de certains hommes en particulier, qui modifient le génome humain à la manière d’un éditeur textuel. Toi qui vit dans ce moment d’incertitude généralisé : Tu te demandes certainement comment imaginer d’autres futurs alternatifs. Car, non, l’immortalité ne te fait pas rêver, et, oui ! l’Éternité doit être mortellement ennuyante.

Tu t’ennuies des scénarios de la SF Hollywoodienne qui se répètent ? C’est que tu ne connais pas encore le travail plus ténu, étrange, dérangeant, de certains designers qui spéculent le monde.

Quelques ingrédients historiques :

Le design spéculatif est né à la fin des années 1990s, on peut citer la thèse du designer anglo-saxon Anthony Dunne, Hertzian tales. Dans un ouvrage plus récent, Design, fiction, and social dreaming publié en 2013 au MIT Press par Anthony Dunne et sa compagne Fiona Raby (à ce moment-là tous les deux enseignent à la Royal College Academy de Londres). Ils proposent dans cet ouvrage une sorte de design, des outils, pour créer des idées et non plus des choses. Ils posent des questions en et si ? pour ouvrir le débat sur ce que les citoyens désirent réellement qui sont différentes de simples prédictions ou prévisions. Ils nous engagent à spéculer à propos de tout, pour rendre ainsi la réalité plus malléable.

C’est ce qu’on appelle le design spéculatif.

Dunne et Raby ont été grandement inspirés par le design italien des années 1960s et 1970s avec des studios comme Archigram, Archizoom, ou encore Superstudio. À ce moment là, ces studios, qui étaient plutôt des collectifs d’architectes, se sont battus contre l’idéologie capitaliste et ont proposé des architecture fictionnelle, critique, qui tournaient en dérision la marchandise et la standardisation de nos modes de vie.

Aujourd’hui, on entend parler du design fiction comme d’un process de créativité en entreprise permettant d’innover sur des terrains nouveaux. < Ayant une expérience passée en société de conseil, je ne jette pas tout à fait la pierre à ces sociétés de conseils qui tentent de trouver des moyens pour que les collaborateurs en entreprise sortent de leurs imaginaires et habitudes enfermantes. > Pour autant, on ne peut que déplorer l’instrumentalisation de plus en plus globalisante du design. Ce dernier est appelé partout, à innover, c’est-à-dire dans notre système économique néolibéral, à mettre sur le marché de nouveaux produits/services qui trouveront leur marché. Il y a comme une inadéquation avec les ambitions premières du design spéculatif pour qui l’objet est une forme de prototype diégétique à penser.

Si pour Leibniz, le monde réel est le meilleur des mondes possibles, au contraire, le rôle du design sera de refuser le donné comme donné, ce sera de faire accéder la conscience à d’autres mondes possibles, afin d’engager l’imaginaire dans des mondes plus souhaitables.


Introduction

Bio Is The New Black invite artistes, designers, philosophes, scientifiques et ingénieurs à explorer les multiples questions éthiques, critiques et de créations qui se posent avec les technologies de bio-fabrication. 

Aujourd’hui nous interviewons David Benqué 

  • enseignant associé à la Goldsmiths University de Londres,
  • aventurier des nouveaux imaginaires,
  • Designer et chercheur, il finit sa thèse Future.shape()  au Royal College of Art de Londres financée par Microsoft qui est une critique spéculative de la prédiction algorithmique via la pratique du diagramme
  • Et parce que sinon, ça serait trop facile, il passe du Mac à Linux

Nous sommes à la bibliothèque de la Goldsmiths University de Londres


Lecture

Jeremy Rifkin, Le siècle biotech, le commerce des gènes dans le meilleur des mondes publié en 1998.

“ Pendant plus d’un siècle, nous avons entretenu l’idée absurde, mais néanmoins profondément enracinée, que les technologies sont neutres et dénuées de tout contenu de valeur. L’idée que les innovations technologiques pourraient être la projection socialement construite d’une certaine vision du monde, alimentée par les forces du marché et légitimée par les rapports sociaux dominants, restait impensable. ” p.381, pocket, 1998

“ Pour l’instant, le débat sur les biotechnologies n’a impliqué qu’un petit groupe de chercheurs en biologie moléculaire, de représentants de l’industrie, de décideurs politiques et de critiques. Avec l’afflux de ces nouvelles technologies sur le marché et dans nos vies, il est tempsd’ouvrir un débat de plus grande ampleur sur les avantages et les risques de la nouvelles science, un débat qui doit s’étendre bien au-delà des experts et des autorités professionnelles et impliquer la société tout entière. “ p. 390, pocket, 1998


Pour cette release de la série Bio is the new black, l'équipe est composée de :

Elise Rigot, Chief Butcher Officer

DaScritch, Chief Mixer Officer


La release a été shippée avec les moyens techniques de CPU et de Bio Is The New Black. 

L'intégralité du programme, des extraits et nos sources sont disponibles sur le site cpu.pm et sur la plateforme ausha, vous pouvez commentez et partager. Les chroniques et interviewes sont en licence libre c'est donc là pour ça !

Pour écouter l'interview version longue, pour les plus curieux et ténaces, la voici sans montage ni habillage audio : ici.

Description

Pour ce premier épisode hors les murs de Bio Is The New Black, nous étions à Londres dans le petit studio secret de la bibliothèque de la Goldsmiths University. Nous avons interviewé David Benqué, chercheur et designer. Nous avons discuté du design spéculatif, prédiction du futur, rôle du design, algorithme prédictif, viande artificielle et instrumentation scientifique. Cette émission est diffusée sur radio FMR dans le programme CPU et écoutable en podcast sur ausha ici et sur cpu.pm ici. 


Dans cette release de CPU :

de la fiction

de la viande artificielle

du cauchemar planifié

des diagrammes sur la comète


Notre invité est David Benqué, chercheur et designer

l'équipe aujourd'hui : Elise Rigot et DaScritch

Et... on se lave les mains dans le labo de design !


Documentation

David Benqué 😎


Design Spéculatif 💥


Généralités (par ordre d’apparition) 📓


Références cités (auteurs, livres, films, expositions, etc.) 😱

 

⚗️🔬🌱 Paillasse du design : Des f(r)ictions dans le design fiction 🌱🔬⚗️

Élancé, au bord du promontoire, tu t'apprêtes à hisser ton corps. Tu esquisses un premier plongeon. En bas, les abysses te renvoient leur profondeur. Surface noire et réfléchissante. Tu as sauté, immergé de tout ton corps dans ce bouillon de culture. Il fait 37°C, un microcosme vole autour de toi.

Bienvenue dans Bio is the new Black.

Toi qui te demande comment les avancées des techno-sciences feront basculer l’Humanité. Toi qui regarde suspicieusement les chimistes inventer de nouvelles molécules, inconnues, par la biologie synthétique. Toi qui songe à la démesure de l’Homme, de certains hommes en particulier, qui modifient le génome humain à la manière d’un éditeur textuel. Toi qui vit dans ce moment d’incertitude généralisé : Tu te demandes certainement comment imaginer d’autres futurs alternatifs. Car, non, l’immortalité ne te fait pas rêver, et, oui ! l’Éternité doit être mortellement ennuyante.

Tu t’ennuies des scénarios de la SF Hollywoodienne qui se répètent ? C’est que tu ne connais pas encore le travail plus ténu, étrange, dérangeant, de certains designers qui spéculent le monde.

Quelques ingrédients historiques :

Le design spéculatif est né à la fin des années 1990s, on peut citer la thèse du designer anglo-saxon Anthony Dunne, Hertzian tales. Dans un ouvrage plus récent, Design, fiction, and social dreaming publié en 2013 au MIT Press par Anthony Dunne et sa compagne Fiona Raby (à ce moment-là tous les deux enseignent à la Royal College Academy de Londres). Ils proposent dans cet ouvrage une sorte de design, des outils, pour créer des idées et non plus des choses. Ils posent des questions en et si ? pour ouvrir le débat sur ce que les citoyens désirent réellement qui sont différentes de simples prédictions ou prévisions. Ils nous engagent à spéculer à propos de tout, pour rendre ainsi la réalité plus malléable.

C’est ce qu’on appelle le design spéculatif.

Dunne et Raby ont été grandement inspirés par le design italien des années 1960s et 1970s avec des studios comme Archigram, Archizoom, ou encore Superstudio. À ce moment là, ces studios, qui étaient plutôt des collectifs d’architectes, se sont battus contre l’idéologie capitaliste et ont proposé des architecture fictionnelle, critique, qui tournaient en dérision la marchandise et la standardisation de nos modes de vie.

Aujourd’hui, on entend parler du design fiction comme d’un process de créativité en entreprise permettant d’innover sur des terrains nouveaux. < Ayant une expérience passée en société de conseil, je ne jette pas tout à fait la pierre à ces sociétés de conseils qui tentent de trouver des moyens pour que les collaborateurs en entreprise sortent de leurs imaginaires et habitudes enfermantes. > Pour autant, on ne peut que déplorer l’instrumentalisation de plus en plus globalisante du design. Ce dernier est appelé partout, à innover, c’est-à-dire dans notre système économique néolibéral, à mettre sur le marché de nouveaux produits/services qui trouveront leur marché. Il y a comme une inadéquation avec les ambitions premières du design spéculatif pour qui l’objet est une forme de prototype diégétique à penser.

Si pour Leibniz, le monde réel est le meilleur des mondes possibles, au contraire, le rôle du design sera de refuser le donné comme donné, ce sera de faire accéder la conscience à d’autres mondes possibles, afin d’engager l’imaginaire dans des mondes plus souhaitables.


Introduction

Bio Is The New Black invite artistes, designers, philosophes, scientifiques et ingénieurs à explorer les multiples questions éthiques, critiques et de créations qui se posent avec les technologies de bio-fabrication. 

Aujourd’hui nous interviewons David Benqué 

  • enseignant associé à la Goldsmiths University de Londres,
  • aventurier des nouveaux imaginaires,
  • Designer et chercheur, il finit sa thèse Future.shape()  au Royal College of Art de Londres financée par Microsoft qui est une critique spéculative de la prédiction algorithmique via la pratique du diagramme
  • Et parce que sinon, ça serait trop facile, il passe du Mac à Linux

Nous sommes à la bibliothèque de la Goldsmiths University de Londres


Lecture

Jeremy Rifkin, Le siècle biotech, le commerce des gènes dans le meilleur des mondes publié en 1998.

“ Pendant plus d’un siècle, nous avons entretenu l’idée absurde, mais néanmoins profondément enracinée, que les technologies sont neutres et dénuées de tout contenu de valeur. L’idée que les innovations technologiques pourraient être la projection socialement construite d’une certaine vision du monde, alimentée par les forces du marché et légitimée par les rapports sociaux dominants, restait impensable. ” p.381, pocket, 1998

“ Pour l’instant, le débat sur les biotechnologies n’a impliqué qu’un petit groupe de chercheurs en biologie moléculaire, de représentants de l’industrie, de décideurs politiques et de critiques. Avec l’afflux de ces nouvelles technologies sur le marché et dans nos vies, il est tempsd’ouvrir un débat de plus grande ampleur sur les avantages et les risques de la nouvelles science, un débat qui doit s’étendre bien au-delà des experts et des autorités professionnelles et impliquer la société tout entière. “ p. 390, pocket, 1998


Pour cette release de la série Bio is the new black, l'équipe est composée de :

Elise Rigot, Chief Butcher Officer

DaScritch, Chief Mixer Officer


La release a été shippée avec les moyens techniques de CPU et de Bio Is The New Black. 

L'intégralité du programme, des extraits et nos sources sont disponibles sur le site cpu.pm et sur la plateforme ausha, vous pouvez commentez et partager. Les chroniques et interviewes sont en licence libre c'est donc là pour ça !

Pour écouter l'interview version longue, pour les plus curieux et ténaces, la voici sans montage ni habillage audio : ici.

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