- Speaker #0
Bonjour, je suis Kathleen Barlois, coach en bilan de compétences pour Blue Midlife. Après des années comme chef de projet dans la recherche clinique, je suis devenue coach et je vous accompagne pour trouver votre voie professionnelle dès maintenant. Bienvenue dans ce podcast où je partage avec vous, seul ou avec vos invités, des conseils, des expériences, du coaching dans la bonne humeur. Alors, on est parti pour l'épisode du jour. Bonjour à tous et bienvenue sur l'épisode numéro 99. du podcast Blumit Voice, où je reçois en interview Magali Barbaro. Avant de plonger dans notre interview du jour, si vous souhaitez créer la vie pro au service de votre vie perso, je vous propose d'avancer dès maintenant avec moi sur cette voie, que ce soit par du coaching ou un bilan de compétences. Je viens d'ouvrir de nouveaux créneaux pour des rendez-vous découvertes de 30 minutes offertes et je vous laisse suivre le lien Calendly que je mets dans le descriptif de ce podcast. C'est aussi simple que cela. Et donc aujourd'hui, je suis ravie de retrouver Magali Berbaro, déjà venue partager avec nous son parcours de reconversion dans l'épisode 54, et également ses connaissances autour de les danses dans les épisodes impairs de 55 à 61. Cette fois-ci, nous abordons un sujet essentiel, mais encore trop peu compris, le handicap au travail. Et donc, nous arrivons à la dernière capsule sur ce sujet. Si vous n'avez pas encore écouté les autres capsules, ce sont les épisodes... 91, 93, 95 et 97 du podcast Blumy Voice. C'est donc déjà la dernière capsule de cette série consacrée au handicap en milieu professionnel en compagnie de Magali Barbaro qui est chargée d'insertion socioprofessionnelle et référente handicap au CIDFF de l'UNEVI. Aujourd'hui, nous abordons une thématique encore taboue, l'évolution de carrière des personnes en situation de handicap et en particulier celle touchée par un handicap invisible. Pourquoi leur demande-t-on souvent plus qu'aux autres pour prouver leur légitimité ? Pourquoi tant de personnes préfèrent encore cacher leurs troubles psychiques plutôt que de risquer l'exclusion professionnelle ? Comment faire évoluer les mentalités pour ouvrir la voie à plus d'équité sans stigmatiser ? Magali nous livre un témoignage fort, ancré dans la réalité, qui rappelle combien la tolérance, la communication et la connaissance restent les clés d'un monde professionnel véritablement inclusif. Une capsule à écouter après. à partager, à méditer. Merci encore Magali pour cette série précieuse à mes yeux et je vous souhaite à tous une belle écoute. Et on est parti ! Bonjour Magali !
- Speaker #1
Bonjour Catherine !
- Speaker #0
Bienvenue dans cette dernière capsule autour du handicap au travail et donc nous allons parler du handicap et des évolutions de carrière. Voilà, et donc pour aller vraiment dans le vif du sujet, on a parlé de de l'accès aux emplois et de toutes les structures qui pouvaient accompagner. Et comment vous voyez-vous l'évolution des carrières pour les personnes en situation de handicap ? Qu'est-ce qu'il y a comme barrière ?
- Speaker #1
Alors, la barrière, ce sera toujours de prouver qu'on est très compétent. Je dis très compétent parce qu'en fait, on va demander plus de compétences. à une personne en situation de handicap qu'à une autre personne. Parce qu'il va falloir prouver par A plus B qu'effectivement, elle sera capable, pas fatigable, qu'elle sera adaptée, parce que malheureusement, on demande à la personne d'être adaptée et on n'adapte pas l'environnement, au poste qui est au-dessus au niveau hiérarchique. Donc, je ne dis pas que c'est totalement fermé parce que je n'ai pas une connaissance suffisamment accrue sur les évolutions de carrière, mais on remarque quand même qu'il y a des barrières qui sont là et qui sont difficiles à franchir.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'il pourrait y avoir comme mesures à mettre en place pour favoriser en fait ? l'égalité des chances en matière de promotion,
- Speaker #1
de progression professionnelle ? C'est toujours la communication sur le handicap. C'est vraiment dire qu'il y a des personnes qui sont en situation de handicap qui sont capables de reprendre des études pour se former, qui ont fait des études, qui sont tout à fait capables d'évoluer. Et d'avoir accès à toutes sortes d'emplois. En fait, il n'y a pas de barrière normalement parce qu'on a un handicap. Ça n'empêche pas l'évolution de carrière pour moi. C'est quelque chose qui ne devrait pas exister.
- Speaker #0
Et par rapport à certains postes, est-ce que vous voyez des discriminations particulières par rapport à l'accès aux postes ou par rapport à ces évolutions ?
- Speaker #1
Alors, je le vois surtout sur les problèmes psychiques. Sur les maladies psychiques, on va éviter... quand même de donner certains postes à des personnes qui ont un trouble psychique. Parce qu'on considère qu'elles sont instables et que du coup, ça pourrait mettre en péril le bon fonctionnement de l'entreprise. Parce qu'on a encore une vision sur le handicap psychique qui est quand même très négative. Et il y a de l'évolution de carrière qui n'est pas possible peut-être avec du handicap psychique qui ne l'est pas sur du handicap physique.
- Speaker #0
Et dans ce cas-là, en fait, on est sur ce qu'on appelle le handicap invisible.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et comme vous l'avez dit tout à l'heure, en fait, une personne qui est en situation de handicap n'a pas à dire pourquoi elle est en situation de handicap. Voilà.
- Speaker #1
Elle n'est même pas obligée de dire qu'elle est en situation de handicap. si ça se voit les personnes, de toute façon quand on parle handicap en général on parle toujours du handicap visible il faut savoir qu'il y a quand même 80% des handicaps qui sont invisibles donc ça fait quand même une énorme part et que mais on n'est pas obligé de dire qu'on a une RQTH Il faut le savoir, ce n'est pas une obligation de le dire. Si vous n'avez pas besoin de compensation et que vous n'avez pas l'intention de demander quoi que ce soit à votre employeur, ce n'est pas une obligation de le dire. On n'est pas tenu, c'est du secret médical. En plus, vous n'avez pas à dire pourquoi vous avez une RPTH. L'employeur n'a pas à vous poser cette question. On s'est fait beaucoup au handicap physique parce qu'on se disait, bon ben voilà. ses jambes ne fonctionnent pas mais sa tête fonctionne parfaitement. Là où on a du mal, c'est le handicap psychique ou cognitif parce qu'on se dit que sa tête ne fonctionne pas correctement. Donc du coup, si sa tête ne fonctionne pas correctement, elle ne va forcément pas être capable de faire les mêmes choses que nous. Alors, elle fait les mêmes choses que nous, elle les fait différemment, mais elle les fait. Voilà, c'est simplement ça qu'il faut comprendre. Mais ça, il y a encore beaucoup de travail à faire. Moi, je le vois au quotidien, les personnes avec un trouble psychique, elles n'osent même pas le dire. Elles n'osent pas dire qu'elles ont un trouble psychique. C'est quand même triste ou elles culpabilisent d'avoir un trouble psychique. Alors qu'on n'est quand même pas… Qui culpabilise d'être malade ? Personne, quoi. Et on fait culpabiliser les gens et on les montre du doigt. Et c'est des blagues quotidiennes. Je veux dire, c'est qui n'a jamais entendu, « t'es complètement schizo » ou « elle, elle est complètement bipolaire » . Ça ne nous viendrait pas à l'esprit de dire ça sur une autre maladie, en fait. Donc, c'est très discriminant et très négatif pour les personnes qui souffrent de ce genre de handicap. Et ces personnes-là, à coup sûr, elles ne diront jamais de quoi elles souffrent pour avoir un emploi. Parce que demain, vous avez un collègue qui vient, qui a toutes les compétences, il travaille depuis longtemps et un jour il vous dit « je suis schizophrène » , je suis persuadée qu'à la moitié, voire plus, de l'équipe va le regarder différemment.
- Speaker #0
Oui, c'est comme s'il a une étiquette sur le front.
- Speaker #1
Et tout ce qu'il fera sera par rapport à sa maladie. C'est-à-dire qu'il n'aura plus le droit de se mettre en colère, il n'aura plus le droit de ne pas être d'accord, parce que tout sera mis sur le dos de sa maladie. C'est là que c'est compliqué. Et pour le coup, c'est compliqué, parce que ces personnes ne vont souvent pas dire pourquoi elles ont une RQTH. Et elles ont quand même un besoin de compensation parce qu'elles ont quand même besoin de plus de temps de pause, souvent, où elles ont des fois des problèmes d'attention qui font qu'elles ne peuvent pas se concentrer plus d'une heure sur la même chose. Donc, elles vont devoir faire des pauses assez régulièrement. Alors, quand on est fumeur, ce n'est pas trop un problème. On arrive normalement à régler le problème en disant « je vais fumer une cigarette » . Quand on est non-fumeur, souvent, on n'a pas trop de pause. où c'est un peu mal perçu d'aller prendre l'air pendant un quart d'heure. Donc du coup, c'est compliqué pour elles de tenir un emploi, parce qu'elles vont être fatiguées, qu'à un moment donné, ça va jouer sur leur maladie, et du coup, elles vont replonger dans des arrêts maladie, parce qu'on ne leur a pas laissé le temps au travail de compenser leur handicap, parce qu'elles ne peuvent pas en parler en fait. C'est pour ça que je voulais insister un peu aujourd'hui sur le handicap invisible, parce que je voudrais que ce soit entendu et que ça puisse faire bouger un tout petit peu les choses sur la vision qu'ont les personnes des troubles psychiques ou cognitifs. Donc, il faut sans cesse s'adapter. La personne en situation de handicap doit sans cesse s'adapter, doit cacher ses troubles. Et il faudrait que les personnes qui n'ont pas de troubles et tout ça se mettent un petit peu à la place des personnes en situation de handicap et se disent, mais en fait, si moi j'étais obligée de cacher quand j'ai une migraine et faire comme si j'allais super bien, parce que si je dis que j'ai une migraine, mon patron, il ne va plus jamais me faire confiance. Voilà, c'est un peu ça. C'est quand même terrible de devoir cacher sa maladie, son mal-être. Parce que sinon, on ne vous fait plus confiance et sinon, vous avez une étiquette sur votre front. Donc voilà, c'est en ça qu'il y a aussi... On ne fait pas confiance à certaines personnes avec un handicap et ont leur carrière comme ça, des personnes qui pourraient être tout à fait compétentes.
- Speaker #0
Bien sûr, oui, oui, tout à fait. Et par rapport à ces personnes, quels conseils vous leur donneriez s'ils aspirent à évoluer dans leur poste ?
- Speaker #1
Je ne sais pas quels conseils je pourrais leur donner parce que ne pas en parler, c'est souvent ce qu'il y a de mieux à faire. C'est très moche. de dire à quelqu'un n'en parle pas. En parler, c'est prendre le risque d'être incompris. Donc, je n'ai pas vraiment de conseils à donner. Chacun fait comme il sent. Si on sent qu'on peut en parler ou si on a envie d'en parler. Il y a des personnes qui s'en fichent, qui le disent, et puis tant pis si elles n'ont pas le poste. Ce n'est pas grave. C'est vraiment chacun fait comme il le sent. Mais je pense que plus on en parlera, plus on pourra aussi faire tomber les barrières. Ce n'est pas en se cachant et en disant « Non, je n'ai rien » que ça fera bouger les choses non plus. Je n'ai pas de conseils à donner là-dessus. c'est vraiment chacun fait comme il a envie. Oui,
- Speaker #0
mais ça se passe.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas une obligation de le dire. Il ne faut pas se sentir obligé de dire. Parce que souvent, en plus, les personnes qui ont des troubles psychiques sont des personnes très honnêtes, qui sont très entières et qui ne mentent pas en fait. Donc on va leur dire « pourquoi vous avez une hercule tâche ? » Ils vont le dire directement parce qu'il n'y a pas de raison de ne pas le dire. et ça peut desservir mais en même temps si on n'en parle pas ça n'avancera jamais donc non, plus on en parlera je pense plus ça tombera et on pourra peut-être avancer un peu il y aura une évolution des consciences collectives les handicaps comme l'autisme on commence vraiment à accepter à vraiment travailler avec eux. Donc je me dis qu'il y a bon espoir et que le reste des maladies psychiques va suivre.
- Speaker #0
Oui, c'est... C'est vers cette voie de toute manière qu'on va dans un monde plus inclusif.
- Speaker #1
Voilà, ouais. Et accepter tout le monde, quoi.
- Speaker #0
Écoutez, Magali, si je vous laisse le mot de la fin par rapport à toutes ces capsules, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Ce serait tolérance.
- Speaker #0
En tout cas, merci beaucoup pour tous ces partages, pour toutes ces pistes. qui font évoluer et les consciences et les carrières autour du handicap en milieu professionnel. Je ne sais pas ce qu'on fera la prochaine fois comme capsule, mais en tout cas, toutes ces capsules aident les personnes qui nous écoutent et vont continuer dans les années prochaines, parce que c'est autant de graines que vous plantez.
- Speaker #1
J'espère vraiment que ça sert et que c'est utile et que ça ouvre un peu les consciences.
- Speaker #0
Merci beaucoup Magali A très bientôt Au revoir Si cet épisode vous a plu n'hésitez pas à le liker à le partager, à mettre 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée et je vous souhaite une belle semaine