- Speaker #0
Ça m'étonne qu'il y ait des gens qui ne voient pas ce qui est en train d'arriver. Dans ce nouveau format long sur Bref l'effondrement, j'ai le plaisir de recevoir Joseph. Joseph se qualifie lui-même de citoyen prévoyant. D'autres pourraient le désigner comme survivaliste. comme prépeur ou comme quelqu'un qui a décidé de ne plus déléguer sa sécurité à l'État, aux institutions, au système qui nous promet que tout ira bien. Il vit en France, il a une vie tout à fait commune en apparence, et pourtant, derrière cette apparence, il se prépare. Depuis combien de temps, pour quel scénario et avec quels moyens et quelles convictions, c'est ce que l'on va explorer ensemble aujourd'hui pendant près d'une heure. Alors Joseph, pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Alors, je suis informaticien, j'ai 47 ans et j'ai deux enfants.
- Speaker #0
Pour entrer en matière, je vais t'énoncer des affirmations que l'on peut lire sur internet ou entendre dans les médias traditionnels. Et tu vas pouvoir nous dire ce que tu en penses succinctement. Un survivaliste, c'est quelqu'un qui a peur de vivre.
- Speaker #1
Alors, l'être humain moderne, ce n'est pas juste un cerveau reptilien. Donc, la peur, c'est un mécanisme qui est un mécanisme naturel, qui vise à garantir la survie d'une espèce en milieu hostile, et qui est donc un mécanisme qui est nécessaire, y compris pour nous. Maintenant, ce qui est important, c'est d'avoir des peurs qui sont rationnelles. et qui sont utiles, utiles à notre survie.
- Speaker #0
La vraie survie, ce n'est pas le stock de nourriture, c'est le réseau humain.
- Speaker #1
Alors c'est tout à fait vrai, si on voit sur le long terme. Le stock de nourriture peut permettre à faire face aux premières heures, voire aux premiers jours, aux premières semaines, mais au-delà de ça, il faut s'organiser, s'organiser en groupe. L'être humain est un animal qui est un animal grégaire, donc tout seul, on ne va pas très loin.
- Speaker #0
L'État, en cas de vrai effondrement, deviendra la principale menace pour les individus, pas leur protecteur.
- Speaker #1
Alors, selon moi, soit l'État sera impuissant, soit il agira de manière irrationnelle, ce qu'on a pu voir tout à fait pendant le Covid. Et il pourra dans certains cas menacer les individus qui tenteront de s'organiser, car ils seront perçus comme une menace pour sa propre survie.
- Speaker #0
Le survivalisme, c'est un luxe de classe moyenne. Les vrais pauvres, eux, survivent déjà.
- Speaker #1
Alors ça c'est vrai. On peut dire quand même que la mode survivaliste, du moins sur le plan du consumérisme, sur le plan des influenceurs, c'est quand même un truc... qui se développe beaucoup dans les classes moyennes, voire supérieures. Alors qu'on va se retrouver avec des gens qui découvrent ce que nos grands-parents, ce que les gens qui sont déjà dans la survie tous les jours savent déjà depuis longtemps, qu'il faut avoir de la nourriture chez soi, qu'il faut avoir des espèces à disposition. Ce sont des trucs souvent qui sont évidents et on les découvre comme si c'était nouveau, mais pas du tout. Donc oui, c'est un petit peu un sport de riche. Maintenant, ça va forcément se développer en raison du contexte actuel.
- Speaker #0
Nous allons maintenant entrer dans le concret pour en savoir plus sur ta vision des choses, ton expérience personnelle. Il y a eu un moment précis dans ta vie où tu t'es dit « Le monde tel qu'il est ne tiendra pas éternellement » . C'était quoi ce moment ? Et tu te prépares à quels événements ? Alors moi, je me suis intéressé très tôt à l'histoire.
- Speaker #1
Et j'ai vite compris que le monde qu'on a connu, le monde de l'après-guerre, qui était en Europe une période d'abondance, de paix, c'était quelque chose d'assez artificiel. C'est pas quelque chose qui allait durer éternellement. La préparation, pour moi, c'est quelque chose qui est évident, en fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux me décrire une semaine type chez toi, sans rien embellir, pour qu'on comprenne ce que se préparer veut vraiment dire au quotidien ?
- Speaker #1
Alors moi, je me prépare pas au quotidien, enfin... Je ne fais rien dans ma semaine qui pourrait être qualifiée d'être de la préparation. Pour moi, la préparation, c'est quelque chose qui se vit au long cours. C'est changer un petit peu sa façon de réfléchir, changer sa façon de vivre et avoir des réflexes. Le réflexe, ça peut être par exemple s'assurer qu'il y ait toujours de l'essence dans la voiture, ne pas attendre d'être en réserve pour aller mettre de l'essence. avoir un bidon ou deux d'essence, s'assurer qu'on puisse avoir de l'électricité, avoir des batteries, avoir des lampes de poche. Mais ce n'est pas vraiment une préparation au sens de quelque chose qu'on va mettre dans l'agenda de la semaine et qu'on va faire toutes les semaines à la même heure. Est-ce que tu as un stock alimentaire et comment tu gères ça ? Oui, j'ai un petit stock alimentaire qui était prévu pour tenir environ avec toute la famille pendant trois semaines. On ne peut pas dire vraiment que j'ai une gestion qui soit terrible. Dans mon idée, c'est un stock que je vais renouveler tous les deux ans. Voilà. Simplement, je vais au supermarché dans du hard discount. Et puis, j'achète des paquets de pâtes, de l'huile, du sucre, etc. Enfin, tout ce que je juge nécessaire pour confectionner pour trois semaines de repas pour toute la famille.
- Speaker #0
Combien ça coûte vraiment de faire ce que tu fais sérieusement ? Et comment tu réponds à ceux qui te disent que c'est un hobby de privilégié ?
- Speaker #1
Alors, je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette affirmation parce qu'on voit des gens qui sont parfois osmiques, qui s'achètent des iPhone 17. Et puis après, on a des gens qui ont beaucoup de moyens et qui ne se préoccupent pas de savoir s'ils doivent avoir un stock de nourriture ou des espèces chez eux. Donc je pense que c'est une question vraiment de priorité. Pour moi, ça coule de source. Si on a des enfants, avoir un peu d'eau chez soi, à boire en cas de problème, avoir un peu d'électricité, pour moi, c'est tout simplement naturel. Il y a une sociologie du survivalisme, avec une partie des gens qui sont beaucoup sur le matériel, la consommation. Ça, ce n'est pas mon cas. L'important, ce n'est pas le matériel. Par contre, il faut avoir des compétences dans des domaines, des domaines clés, et ça, c'est vital.
- Speaker #0
Toi-même, t'es-tu déjà formé sur des compétences spécifiques ?
- Speaker #1
Alors, j'ai plusieurs hobbies qui pourraient se rapprocher du monde du survivalisme. Je pratique le tir sportif dans plusieurs disciplines. Je m'intéresse à la radio, donc radio amateur. Et après, j'ai des notions en électricité, j'ai des notions... Je me suis intéressé au solaire, je me suis intéressé à la filtration de l'eau. Donc, ça s'est devenu un petit peu des centres d'intérêt pour moi. Et voilà.
- Speaker #0
Tu as des proches, familles, amis qui ne partagent pas ta vision. Comment tu gères ça et est-ce que ça t'a isolé ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Alors ma famille proche, mes parents on va dire, mes amis proches partagent tous mon observation, qui est l'observation de regarder un petit peu ce qui se passe au dehors et de dire, ben il y a quand même des risques, donc ça tout le monde le partage quasiment. Quant aux normies, aux gens que je vais peut-être croiser au repas de Noël, qui sont complètement formatés dans le truc... Je vais éviter ces sujets-là, parce que de toute façon, pour moi, c'est vraiment de la sélection naturelle.
- Speaker #0
Est-ce qu'il t'arrive de douter, de te dire que tu te trompes, que tu prépares un scénario qui n'arrivera pas ?
- Speaker #1
Alors c'est simple, le doute, il fait partie de toute démarche intelligente. Je sais que je ne sais pas, ça c'est la maxime socratique. Celui qui doute jamais, il est forcément dans l'erreur. Vous en connaissez sûrement tous, des gens qui sont toujours comme ça, dans l'idée constante qu'ils ont tout le temps raison. Le problème, c'est que les paramètres environnementaux, surtout en situation dégradée, ils changent constamment, et que la meilleure des démarches, c'est évidemment pas de préparer un scénario X ou Y, entre l'invasion de zombies, la panne d'électricité ou l'inondation, c'est d'être dans un état d'esprit qui vise à l'adaptabilité. Être prêt, c'est être prêt à remettre en question la normalité, donc à se remettre en question soi-même. L'important, c'est pas le but en soi. L'important, c'est le chemin. Dans la vie, on fait des choix, on fait des choses, on essaie d'anticiper ce qui peut se passer demain, on essaie de protéger sa famille, et on peut regretter uniquement ce qu'on n'a pas accompli. Si demain il y a un événement et qu'on se retrouve à perdre un enfant ou un membre de sa famille parce qu'on n'a pas préparé une situation, je pense que c'est là qu'on aura des regrets. On n'aura pas des regrets parce que tout s'est bien passé et que finalement tout le monde est en sécurité.
- Speaker #0
Il y a une frontière floue entre être bien préparé et vivre dans la peur en permanence. Est-ce que tu la franchis parfois ?
- Speaker #1
Alors, je ne suis pas d'accord avec... En tout cas, personnellement, je n'ai pas l'impression de vivre dans la peur. Je pense qu'il faut aborder ce genre de sujets, qui sont des sujets graves, de manière ludique. Il faut que ça devienne un jeu, il faut que ça soit un hobby, s'intéresser à la filtration de l'eau, s'intéresser à l'électricité, s'intéresser même aux tirs, aux armes. Tout ça, ça peut être un jeu, en fait. Donc, ce n'est pas forcément... La peur n'est pas bonne conseillère. Quand on fait les choses par plaisir, en général, on les fait bien. Quand on les fait par peur, en général, on les fait mal. Si on conduit une voiture, la peur au ventre, parce qu'on a peur d'avoir un accident, on ne va pas conduire très bien. Si par contre, on aime conduire sa voiture,
- Speaker #0
tout va bien se passer. Donc, moi, je pense vraiment qu'il faut faire les choses par plaisir et pas par contrainte. Et dans tous les cas, la peur n'est jamais une bonne réponse. C'est un sujet un peu plus sensible que nous allons aborder maintenant. Parlons d'argent et de ton rapport avec la loi. Est-ce que tu as modifié ta façon d'épargner ou d'investir en fonction de tes convictions ? Tu as de l'or, des espèces, autre chose ? Et si demain les banques ferment trois semaines, tu tiens comment ? Alors je vais pas vous faire le détail de tout ce que j'ai fait, pour des raisons évidentes.
- Speaker #1
Par contre, ce que je peux dire, c'est que le maître mot, c'est la diversification. Il faut pas mettre tous ses oeufs dans un même panier, avoir des espèces, évidemment. Si demain les banques sont fermées, qu'on peut... plus retiré, qu'on ne peut plus utiliser les cartes bancaires, c'est sûr que c'est une bonne solution. Avoir des métaux, évidemment, parce que si demain, il y a une inflation et que les espèces, ça ne vaut plus rien et qu'il faut quand même de la valeur, il y a des métaux qui ne perdront jamais totalement leur valeur résiduelle, donc c'est une évidence. Avoir un compte à l'étranger, hors zone euro, c'est également ce que j'ai fait. Je pense que c'est aussi une très bonne chose. Si demain, il y a une explosion de la zone euro, on sera content d'avoir une carte bancaire qui continue de fonctionner. Voilà,
- Speaker #0
il y a des... Diversification. Je pense que c'est le maître mot. En France, la loi encadre ce qu'on peut stocker, posséder et construire. Est-ce que tu t'es déjà retrouvé dans une zone grise légale avec ta préparation ? Et est-ce qu'il y a des choses que tu prépares mais que tu ne diras jamais publiquement ? Alors oui et non.
- Speaker #1
La France est un pays de régulation, de loi. Petit à petit, on s'aperçoit que les lois sont votées au détriment des citoyens. Pour moi, il y a un contrat social qui est normalement censé être écrit dans la loi et qui est de toute façon implicite, qui est l'État a des devoirs. Tant que l'État est capable de remplir ses devoirs, ça peut être fournir de la sécurité, fournir de l'eau, de l'électricité, il est normal que les citoyens respectent les règles. Le jour où l'État est en faillite, le jour où l'État ne remplit plus ses devoirs, je pense que les citoyens doivent assumer eux-mêmes, par exemple, leur protection physique.
- Speaker #0
La survie physique, ça passe aussi par le corps. Comment tu prépares le tien et est-ce que tu as envisagé sérieusement le scénario où c'est toi qui tombes malade, où tu te blesses sans accès aux soins ?
- Speaker #1
Alors oui, je l'ai envisagé et on va dire que c'est quelque chose qui me fait quand même un petit peu peur. C'est-à-dire que tout le monde n'est pas médecin, tout le monde n'a pas quelqu'un dans sa famille qui a les compétences nécessaires pour l'aider. Alors moi, j'ai répondu à ça d'une façon qui est un petit peu, peut-être qui va paraître un petit peu bizarre. En tant qu'informaticien, je me suis demandé est-ce qu'il y avait des modèles d'intelligence artificielle qui seraient capables d'apporter une assistance en termes d'assistance technique offline, donc quand on n'est pas connecté à internet, pour pouvoir dire j'ai tel symptôme, qu'est-ce que je dois faire ? Et par rapport à ça, j'ai beaucoup apprécié l'application Le Booker, sans vouloir faire de la pub, parce qu'elle répond à ce besoin. Et ça, je pense que c'est très très malin. Vraiment, c'est très utile. Et je pense que ça peut être... Une des réponses. Une autre réponse évidente, c'est d'avoir chez soi une pharmacie avec des médicaments à large spectre qui permettent éventuellement de contrer une infection ou quelque chose comme ça. Ça, c'est notre solution. Et après, on en revient toujours au même truc, avoir un réseau, avoir peut-être dans ses amis, dans ses connaissances, des personnes qui pourraient éventuellement porter secours. Peut-être prendre des cours de secourisme. Enfin, dans tous les cas, c'est un truc qui m'interroge beaucoup et sur lequel j'ai envie de travailler. Est-ce que tu sais encore faire des choses sans électricité, sans Internet, sans GPS ? Et tu les pratiques vraiment ou c'est théorique ? Alors, moi, je ne pense pas qu'il faille renoncer à la modernité, qu'il faille renoncer aux nouvelles technologies sous prétexte qu'on vit dans un monde qui est dangereux ou dans un monde qui peut s'effondrer. Je pense qu'au contraire, ce qu'il faut faire, c'est s'assurer. que la technologie continue de fonctionner. Donc simplement, sécuriser son approvisionnement énergétique, ça passe par le solaire, ça passe par des groupes électrogènes, avec évidemment des stocks d'essence. Ça veut dire également être capable d'avoir des communications qui fonctionnent, donc de la HF, de la VHF. Pour l'Internet, on peut avoir de l'Internet par satellite, ça marche très très bien. Donc voilà, je ne pense pas qu'il faille renoncer... aux nouvelles technologies, bien au contraire.
- Speaker #0
On parle beaucoup de cyberattaques sur les infrastructures critiques. Mais toi, dans ta préparation, à quel point es-tu encore dépendant de la technologie ? Et est-ce que tu vois une contradiction là-dedans ?
- Speaker #1
Non, je ne pense pas qu'il y ait de contradiction. Je pense qu'on est tous dépendants de la technologie. Le but, ce n'est pas de dire en cas d'effondrement ou en cas de problème d'approvisionnement en électricité, je vais me chauffer, m'éclairer à la bougie. Je ne pense pas que ce soit le cas. Évidemment, on préférera avoir un poêle à bois avec des stocks de bois plutôt que d'avoir un poêle à pellettes qui a besoin d'une batterie pour fonctionner. Mais je ne pense pas que ce soit contradictoire du tout.
- Speaker #0
On va maintenant évoquer le sujet de la communauté survivaliste, en physique ou bien sur Internet. Le survivalisme est devenu un contenu populaire sur YouTube, Netflix et les réseaux sociaux. Est-ce que ça t'inquiète, que ça banalise, que ça attire les mauvaises personnes, que ça donne une image caricaturale de ce que tu fais vraiment ?
- Speaker #1
Non, ça, ça ne m'inquiète pas. Au contraire, c'est rassurant de voir que de plus en plus de gens s'intéressent à ces sujets. Ça veut dire aussi que de plus en plus de gens ont fait le constat que nous, on a fait. Voilà. Donc ça, c'est une bonne chose. Maintenant, ce qui est inquiétant, c'est que c'est un signe des temps, que c'est annonciateur de lendemain difficile. Et ça veut bien dire ce que ça veut dire.
- Speaker #0
Est-ce que tu regardes ce que font les autres survivalistes sur les réseaux ? Penses-tu que certains font du survivalisme de vitrine ?
- Speaker #1
Évidemment, on vit dans un monde capitaliste, on a des influenceurs, on a des gens qui gagnent de l'argent avec le survivalisme, on va avoir des fabricants qui veulent vendre leurs produits, donc c'est normal qu'il y ait tout un business qui se développe. Je pense que ce qui est important, c'est de comprendre que le survivalisme, c'est avant tout une démarche personnelle, on se défend, on se protège, on protège notre famille, et il faut prendre ce qu'il y a à prendre et faire le tri.
- Speaker #0
As-tu déjà rencontré physiquement d'autres personnes qui ont le même intérêt que toi dans la préparation à une rupture de la normalité ?
- Speaker #1
Alors déjà, je t'ai rencontré toi, ce qui est déjà une chose. Ensuite, j'ai dans mon groupe d'amis pas mal de gens qui partagent les mêmes inquiétudes et donc qui partagent cet attrait pour le survivalisme. Et après, sur les réseaux, sur Internet, sur les forums, voilà. Et je pense que le réseau est vraiment une chose très importante. On ne peut pas être seul. Le jour où on a besoin de faire face à une situation, on ne peut pas l'affronter seul, ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Que penses-tu des formations que l'on peut trouver en ligne, qu'elles soient théoriques ou pratiques ? Et est-ce que tu as déjà suivi une telle formation ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai suivi pas mal de tutoriels. J'ai fait appel aussi à l'intelligence artificielle pour m'aider sur des branchements électriques, sur des trucs comme ça. Et j'ai aussi été sur des forums. Donc oui, je pense qu'Internet, c'est le chemin le plus direct vers l'information.
- Speaker #0
L'actualité internationale est brûlante depuis quelques années, et encore plus depuis quelques semaines. Depuis le 28 février 2026, les Etats-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe contre l'Iran. Et l'Iran a répliqué par des salves de missiles ciblant Israël, les pays du Golfe et les bases américaines dans la région. On est en guerre ouverte au Moyen-Orient. Toi, ça a changé quoi concrètement dans ta façon de te préparer depuis le 1er mars ?
- Speaker #1
Alors absolument rien. Pour l'instant, selon moi, ce qui nous pendait, c'est vraiment une grosse crise économique. Ce que je crois, c'est une dégradation progressive des choses. que ce soit financièrement, que ce soit au niveau de la sécurité, sur plusieurs années, sur plusieurs mois, plusieurs années, avec évidemment une accélération. Et on va, selon moi encore, arriver à une sorte de tiers-mondisation de l'Europe. Ce qu'on a connu en Europe va disparaître et on va se retrouver dans ce qu'on peut voir dans des pays comme le Brésil, des pays un peu plus pauvres, voire beaucoup plus pauvres. C'est vraiment le type de signal qui indique une dégradation à court terme du niveau de vie. Évidemment avec ça, une exacerbation des tensions, des tensions sociales, à un niveau de violence sociale, économique et physique, qui risque d'augmenter. Voilà, alors ça a des implications sécuritaires, et ça veut dire qu'il va falloir peut-être se défendre, en tout cas se protéger. Ma préparation, elle est plus une préparation un petit peu du quotidien, voilà, sur le long cours, et elle dépend pas de tel ou tel événement que je vais voir au JT à la télé quoi,
- Speaker #0
même si je les prends en compte. Le détroit d'Hormuz est aujourd'hui sous tension extrême. Les prix du pétrole ont bondi. des entreprises françaises commencent à parler de pénurie ou d'explosion des prix de certains articles. C'est anecdotique pour toi ou c'est exactement le type de signal que tu surveilles en premier quand une crise éclate ?
- Speaker #1
Évidemment, c'est un signal important parce qu'une crise dans cet endroit qui est stratégique pour l'approvisionnement en énergie du monde entier, ça veut dire effectivement des problèmes d'approvisionnement en France. Ça veut dire évidemment que tout le monde a pu voir les prix de l'essence qui flambent, mais ça c'est une chose. sur le moment Effectivement, on peut constater des conséquences. Mais qu'est-ce qui va se passer dans trois mois, dans six mois, dans un an ? Quelles vont être les conséquences à plus long terme ? Cet enchaînement de crises qu'on a depuis quelques années, entre le Covid, la guerre en Ukraine, et puis ça ne s'arrête pas, ça s'amplifie, ça s'accélère, et ça commence à se généraliser. On connaît les tensions entre la Chine et Taïwan. C'est ce genre de signaux qui sont annonciateurs de crises beaucoup plus graves.
- Speaker #0
L'Ukraine, c'est maintenant quatre ans de guerre. Zelensky a déclaré depuis début avril que les États-Unis ne peuvent plus être considérés comme un allié fiable et que l'Europe doit se détacher de la relation transatlantique. Pour toi, survivaliste, c'est un signal ou c'est encore de la diplomatie de façade ?
- Speaker #1
Alors, le délitement de l'ordre international, qui a été établi après la Seconde Guerre mondiale, c'est un signal très très fort. Ça pourrait indiquer, à moyen terme ou à court terme, une Troisième Guerre mondiale. Et je pense que l'Europe doit à tout prix s'organiser pour faire face à ces défis. Mais quand on voit l'état de corruption, l'incompétence de la classe politique, il vaut mieux se préparer à des temps difficiles. En fait, on est vraiment vers une marche vers la guerre généralisée, et je pense que ce n'est pas anodin du tout. S'il y a des gens qui ne sont pas encore convaincus qu'on rentre dans une ère qui va être difficile, peut-être terrible, et qu'il faut vraiment qu'ils commencent à se préparer d'abord à l'idée, ensuite à agir, moi ça m'étonne en fait. Ça m'étonne qu'il y ait des gens qui ne voient pas ce qui est en train d'arriver.
- Speaker #0
Scénario concret, ici, maintenant. La France a déjà déployé le Charles de Gaulle en Méditerranée orientale et abattu des drones iraniens dans les premières heures du conflit. Si ça monte d'un cran, si la France est directement impliquée, pas théoriquement mais demain matin, tu fais quoi dans les six premières heures ? Alors absolument rien, voilà. Comme je l'ai déjà dit, j'essaie de me préparer au jour le jour, j'essaie de faire en sorte de pouvoir faire face, de pouvoir m'adapter. L'adaptabilité,
- Speaker #1
c'est Darwin, c'est être prêt à réagir à n'importe quelle situation. C'est pas tel scénario, la France a bombardé tel pays, etc. A l'autre bout du monde, non, c'est pas comme ça que ça marche pour moi. C'est pas d'être dans la réaction. Quand on réagit à un événement, c'est qu'on n'est pas vraiment préparé.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'es préparé à faire face aux risques naturels ?
- Speaker #1
Alors déjà, la première chose que j'ai fait, c'est que j'ai évité d'acheter un logement qui soit à côté d'un fleuve ou d'un cours d'eau. Ça, c'est un truc qui me fait vraiment peur. J'ai eu des cas dans ma famille d'inondations et de trucs assez graves. Donc voilà, ça c'est une chose. Évidemment, il faut prendre en compte tous les facteurs environnementaux. Ça peut être des facteurs d'insécurité. J'habite à côté d'une cité. Ça peut être des facteurs environnementaux. J'habite à côté d'une centrale nucléaire. Voir une cité à côté d'une centrale nucléaire, c'est pas... Moi, je pense qu'il faut tout prendre en compte. Et il faut adapter sa préparation à son environnement. Il y a de la documentation sur Internet. Il y a même des applications maintenant. Il y a une application qui s'appelle MaFrance. qui permet de savoir dans quelle zone on se trouve,
- Speaker #0
on va dire plutôt sur la sociologie de l'endroit où on se trouve. Il y a tout ce qu'il faut, en fait, je pense, pour se renseigner. Il suffit juste d'en faire la démarche. Les dépenses militaires mondiales ont atteint un record historique en 2025. En Europe, plusieurs dirigeants évoquent le retour du service militaire obligatoire. Pour toi, ce réarmement massif, c'est une bonne nouvelle parce que les États se réveillent, ou une très mauvaise nouvelle ?
- Speaker #1
Alors évidemment c'est une très mauvaise nouvelle parce que les pays européens se sont désarmés depuis des années, on nous a expliqué que c'était la fin de l'histoire, qu'il n'y aurait plus de guerre, que ça serait la paix, le règne du capitalisme, du capital, voilà. Et maintenant on nous explique, ben non finalement il faut des armes, il faut se défendre, il faut des gens pour aller à la guerre. À part que les stocks sont vides, on n'a pas de quoi se défendre s'il y a une guerre à haute intensité. Les gens, ça fait de belles lurettes que les gens n'ont plus envie de se battre, n'ont pas envie d'aller dans des tranchées mourir, et ça moi je... Je les comprends un petit peu. Et puis, la guerre est déjà à nos portes. Donc, en fait, quand on nous dit qu'il va falloir aller se battre, il faut se réarmer, alors que la guerre a déjà commencé, on est mal barré, en fait. Je pense que maintenant, c'est un peu tard pour commencer à se réveiller.
- Speaker #0
Et puis, en parallèle, les tensions entre Pékin et Tokyo ont monté d'un cran. Le Japon vient de hisser son budget militaire à 50 milliards d'euros. Penses-tu que c'est le prochain détonateur d'une 3ème guerre mondiale ?
- Speaker #1
Ça peut être le détonateur, mais en fait, les détonateurs des guerres mondiales, dans l'histoire, ça peut être des choses toutes bêtes, toutes anodines. Ça peut être l'assassinat d'un diplomate, d'un dirigeant, ça peut être un attentat, ça peut être beaucoup de choses. L'important, ce n'est pas vraiment le détonateur, l'important, c'est d'analyser les alliances, la géostratégie. On sait qu'on est dans un monde qui fonctionne beaucoup avec l'énergie, avec le pétrole. Donc ça, c'est vraiment des signaux qui sont intéressants. Maintenant, moi, personnellement, malheureusement, j'ai pas trop de doute là-dessus, en fait.
- Speaker #0
On sait que durant les périodes de tensions internationales, comme on peut en connaître aujourd'hui, on navigue dans un brouillard de guerre au niveau de l'information, entre info, intox et propagande. Tu t'informes comment, justement, pour être au fait de l'actualité géopolitique ?
- Speaker #1
Alors, actuellement, on va dire le canal, le média qui est mondialement le plus utilisé, je pense, ça doit être X. anciennement Twitter, c'est un média qui est global, qui recouvre vraiment un peu tous les courants qui existent. Pour moi, c'est comme pour l'aspect un petit peu financier, c'est la diversification. C'est à dire qu'il ne faut pas s'approvisionner en informations que sur un seul média. Si on est sur Twitter, il faut suivre beaucoup de comptes, peut-être des comptes qui sont concurrents. Il y a des canaux Telegram qui ne sont pas officiels, il y a des sites alternatifs. Pour moi, il faut faire la synthèse un petit peu de tout ce que l'on trouve. pour se forger sa propre opinion. Voilà,
- Speaker #0
on est dans une époque de désinformation, d'intelligence artificielle, des fake news, ça existe aussi. Donc il faut arriver à se faire sa propre opinion en faisant de la diversification. Question qui fâche. L'Europe tente de construire une défense autonome, mais elle reste dépendante des États-Unis pour ses codes sources, sa maintenance CF-35. Un survivaliste qui vit en France en 2026, il fait confiance à quoi comme infrastructure étatique en cas de crise majeure, et à quoi il ne fait absolument plus confiance ?
- Speaker #1
Moi je dirais qu'il fait confiance à rien. Il fait confiance à lui-même, à ses proches, à ses amis, à ses propres compétences, aux compétences de son groupe, à sa foi, à sa foi à l'avenir et l'envie de se battre. De l'aide peut venir de l'extérieur en fait, mais je ne pense pas qu'elle viendra des états. Je ne pense pas qu'elle viendra d'une classe politique qui est corrompue, qui est intéressée que par l'argent, par ses propres intérêts, par des intérêts étrangers. Je ne vais pas rentrer dans les détails. Moi, je pense qu'il faut vraiment s'organiser localement. En matière de sécurité, comment penses-tu que la police va réagir ? Alors, c'est délicat. Moi, je connais personnellement des policiers qui sont exactement dans la même dynamique, dans les mêmes opinions que nous. J'en connais plusieurs, je connais des gendarmes. Je pense qu'à titre individuel, il faut faire confiance aux autres, surtout si c'est des gens qui partagent nos convictions. Maintenant, des gens qui font partie d'une organisation avec une hiérarchie, Il suffit de voir quand il y a eu les gilets jaunes, il y avait quand même des gens qui sont sortis avec des flashballs pour tirer dans la tête des gens. Je ne dis pas que des fois ce n'est pas motivé par un besoin de sécurité publique ou autre, mais non, moi je crois aux individus, je ne crois pas aux machines de l'État. Comment on s'organise localement, concrètement ? C'est simple, c'est le réseau. Personnellement, par la pratique d'un sport ou d'activités au sein d'associations, on rencontre des gens qui partagent les mêmes les mêmes centres d'intérêt, et on se construit un ou plusieurs groupes, avec évidemment au sein de ces groupes des compétences dans différents domaines. En ce qui me concerne, moi c'est la pratique surtout du tir sportif, qui m'a permis de me constituer mon petit réseau personnel. Parlons maintenant de famille et d'éducation. Est-ce que tu as des enfants ou des proches qui en ont ?
- Speaker #0
Comment tu leur parles de tout ça ?
- Speaker #1
Alors, personnellement, je ne pense pas qu'il faille soumettre des jeunes enfants à du stress, à des angoisses. Par contre, je crois au pouvoir de la vérité, de la sincérité. Je pense qu'il faut toujours dire la vérité. Alors, on l'a dit avec les mots qui sont adaptés à l'âge de l'enfant qu'on a en face de soi. Moi, j'ai deux fils. Papa, c'est quoi la guerre ? Papa, est-ce que je vais devoir aller à la guerre ? Les enfants regardent un peu la télé, on leur dit, oui, il va falloir aller mourir en Ukraine. Voilà, je leur explique mes opinions. Il faut savoir qu'à l'école de la République, il y a quand même, on va dire, une idéologie, ce qui est logique. Moi, ce que je veux, c'est pas leur dire « ta maîtresse, elle a tort » , c'est leur dire, et de l'esprit critique, « qu'est-ce que toi, tu penses ? » « Ta maîtresse, elle a dit ça, elle t'a parlé de faire, par exemple, se sacrifier pour la nation. » Ils en parlent déjà, à des jeunes enfants, lors des commémorations, etc. « Toi, t'en penses quoi ? Est-ce que toi, t'es prêt à te sacrifier ? Pourquoi ? » Et les enfants, ils sont pas idiots. Même à 6 ans, un enfant, s'il a un peu d'esprit critique, un peu de plomb dans la cervelle, il est capable de se faire ses propres opinions. Voilà, c'est ce que j'encourage. À quel âge dit-on la vérité à un enfant sur l'état du monde tel que tu le perçois ? Pour moi, il n'y a pas d'âge. Après, on adapte son discours, on adapte les mots, on met en garde, on explique, on laisse aussi l'enfant se faire sa propre idée. Un enfant, il va être confronté au réel. On prépare notre enfant à un avenir qui n'est pas un avenir radieux. Ça va être difficile. Il faut faire des gens qui ont de l'esprit critique, qui soient combatifs, et qui soient capables de se protéger, tout simplement.
- Speaker #0
Voilà, mais je ne pense pas qu'il y ait un âge particulier pour pouvoir commencer à réfléchir. Il y a une chose que tous les survivalistes ont en tête, mais que personne ne dit vraiment. Le moment où les barrières sociales s'effondrent. Qu'est-ce que tu es prêt à faire pour protéger les tiens, et où est ta limite ? J'ai pas de limite. Est-ce que tu as déjà simulé une situation de crise, une vraie mise en condition ? Et qu'est-ce que ça t'a appris sur toi-même ou ta préparation que tu n'avais pas anticipée ? Alors, je n'ai jamais simulé une situation vraiment de manière globale. Par contre, je réfléchis beaucoup au scénario possible. Je discute avec des gens qui ont vécu des situations,
- Speaker #1
dans d'autres pays notamment. J'essaie de trouver une réponse adaptée pour chaque situation que j'estime probable. Ce que j'essaie de faire, c'est au quotidien d'avoir des habitudes qui rentrent dans le cadre de cette résilience. On va même pas appeler ça de la survie, on va dire de la résilience. C'est-à-dire, je me chauffe au bois, je bois de l'eau filtrée. Au niveau de la sécurité, je fais en sorte de garder mon domicile sécurisé. J'ai des caméras, j'ai de quoi me défendre, j'ai des amis qui ont de quoi se défendre. Je pense que c'est un mode de vie avant tout. On va sortir de la pratique pour aborder le sujet de manière plus philosophique, comprendre ta vision du monde.
- Speaker #0
Tu crois en quoi fondamentalement ? Pas en termes de survie matérielle, en termes de sens. Pourquoi survivre ?
- Speaker #1
Alors c'est une question philosophique qui peut sortir un peu du cadre de cette discussion, mais pas tout à fait. C'est-à-dire que la quête du sens qui motive nos actions, ce qu'on fait dans notre vie, nos passions, notre intérêt pour telle ou telle chose, cette quête du sens-là dépend beaucoup de notre tempérament, de notre éducation, de qui on est vraiment. Je pense que pour atteindre le bonheur, On cherche tous une forme de bonheur, c'est-à-dire une forme d'équilibre psychologique. Il faut être en accord avec soi-même. Seulement, soi-même, c'est de l'inconscient, c'est une partie qui est cachée, qui est au fond de nous, et une partie consciente, qui est plutôt notre image qu'on va montrer au monde. Et pour être bien dans sa tête et dans sa peau, il faut que ces deux parties se parlent, il faut construire des ponts, et il faut faire une unité avec tout ça. Une fois qu'on est en accord avec soi-même, C'est relativement facile de trouver sa place dans l'univers, dans le monde, et c'est à ce moment-là qu'on a envie de transmettre. Si on peut, si on a la chance d'avoir des enfants, ça nous permet de nous accomplir. Ma philosophie, c'est ça, c'est-à-dire de comprendre qui je suis et transmettre ce que j'ai appris à mes enfants. Et tout ça, de le faire de façon joyeuse, dans le bonheur. Le fait de vouloir survivre, quelque part, ça ne doit pas être quelque chose d'angoissant, au contraire, la volonté de vivre. On vit dans une époque. où c'est la pulsion de mort. C'est-à-dire, on ne veut plus faire des enfants. On nous dit, ne faites plus d'enfants, vous ne vous rendez pas compte dans quel monde ils vont grandir. Ça, c'est la pulsion de mort. On a des gens qui ne savent plus de quel sexe ils sont, s'ils sont des garçons, des filles, ils ne savent plus trop ce qu'ils veulent être, ce qu'ils ne veulent pas être. On a des gens qui remettent en question la biologie, qui remettent en question des choses qui sont des choses naturelles. Voilà. On vit dans cette époque-là. Et bien moi, ce que j'ai envie, c'est que chacun trouve sa place et que chacun trouve un sens à sa vie. Et quand on trouve un sens à sa vie et qu'on est équilibré, c'est normal d'avoir envie de vivre et d'avoir envie de protéger les siens.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que l'être humain mérite de survivre à ce qui l'a causé ?
- Speaker #1
Alors, à titre collectif, je sais pas moi si on peut parler de l'être humain à titre collectif et dire, ben voilà, vous méritez tous de mourir parce que finalement vous avez vu ce qu'ils ont fait les autres. Ça c'est injuste, déjà pour commencer. Ensuite, un individu il peut pas être tenu responsable de ce que d'autres individus ont fait, donc je pense que sur le plan collectif... On peut se poser cette question, qui est un peu philosophique aussi, sur le plan individuel, non, en fait, sur le plan individuel, je pense que tout le monde mérite de vivre, tout le monde mérite de se protéger. On en revient à la pulsion de mort, en fait. Quand on pose des questions de ce genre-là, de dire est-ce qu'on mérite de vivre, est-ce que ça vaut le coup de faire des enfants, parce qu'est-ce qu'on mérite de se reproduire avec la pollution, mais c'est comme ça qu'une espèce s'éteint. Le truc, c'est que la nature a la horreur du vide. C'est-à-dire que quand quelqu'un est en train de vous expliquer qu'il faut que vous vous éteignez, qu'il faut que vous disparaissiez de la surface de la Terre, en général, c'est parce que lui, il a un plan. C'est parce que lui, il veut mettre quelqu'un à votre place. Moi, je pense qu'il faut se battre en tant qu'espèce, qu'en tant que nation, en tant que groupe d'individus, il faut se battre. Et le plus fort l'emportera. Il y a une différence entre se préparer individuellement et agir collectivement pour changer les choses. Est-ce que le survivalisme est une capitulation politique selon toi ? Oui, parce que dans un monde où on n'a pas besoin de se poser ce genre de questions, dans un monde où l'État ne nous fait pas sentir qu'on est de trop, ou peut-être qu'on ne paye pas assez d'impôts, on n'a pas besoin de se poser ces questions-là. Alors oui, on a une classe politique qui est corrompue, jusqu'à la moelle, qui est en plus incompétente, qui ne résout aucun problème, et au contraire en crée beaucoup. Donc oui, c'est un échec de la politique. Et c'est ce à quoi nous devons nous confronter. Et je pense qu'il faut que les gens s'organisent, peut-être plus localement. Ce n'est donc pas une capitulation politique au niveau personnel,
- Speaker #0
si je comprends bien. Au contraire, une réappropriation. Tu penses qu'on peut reconstruire quelque chose après un effondrement de la société ?
- Speaker #1
Il faudra reconstruire quelque chose s'il y a un effondrement. Personnellement, comme je l'ai déjà dit, je ne crois pas qu'il y aura un effondrement intégral, global, qu'il n'y aura plus d'État. Je pense qu'il y aura toujours un État. Par contre, ce qui va se passer, comme dans d'autres pays, c'est que les gens vont se séparer en différentes communautés, qui seront parfois amies, parfois rivales, et au sein de chaque communauté. Donc ça peut être au sein d'une région, au sein d'un village, au sein d'une famille. une famille élargie, on va dire, il faut une organisation. Et la politique, elle vise à répondre à ce besoin d'organisation. En soi, la politique, c'est pas quelque chose qui est mauvais. Ce qui est mauvais, en fait, c'est la centralisation, c'est quand on a des gens qui sont souvent des gens qui font partie d'une élite, qui est corrompue, qui ont des intérêts privés, et que ces gens-là arrêtent d'agir pour le bien collectif. Donc dans ce cas-là... Si ce fonctionnement-là s'effondre, effectivement, je pense qu'il sera nécessaire de reconstruire une nouvelle organisation. Mais bien entendu, une organisation, par définition, c'est du collectif. Si tu devais reconstruire une société après un effondrement, tu commences par quoi ? Et surtout, tu évites quoi absolument ? Alors, moins de centralisation, plus de décisions prises localement. Moi, je pense que chaque citoyen doit pouvoir prendre part aux décisions pour les sujets qui le concernent. Je vois bien l'idée au niveau d'un village, peut-être d'un département, un petit peu une sorte de fédéralisme, mais je ne vois pas ça trop large, au niveau d'un continent. Maintenant, le rêve de nos dirigeants, c'est le gouvernement mondial. C'est une classe, une élite, une super élite, qui dirige la masse de la population du monde entier. Ça, c'est leur rêve. Moi, c'est le contraire. Je vais te poser des questions plutôt directes. Tu n'es pas obligé de répondre,
- Speaker #0
mais tu dois le faire rapidement. Est-ce que tu as modifié ou caché des aspects de ta préparation à tes proches parce que tu savais que ça leur ferait peur ou qu'ils changeraient de regard sur toi ?
- Speaker #1
Pas du tout. Moi, je crois beaucoup à la vérité, je crois à la sincérité, et je pense que la sincérité, c'est le préalable à la confiance. Voilà. Donc je montre l'exemple. Après, on peut être pour, on peut être contre, chacun a le droit de ne pas être d'accord. Mais non, non, j'ai rien caché du tout.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un plan si tu réalises que tu as tout raté, que le scénario arrive et que ta préparation ne suffit pas ?
- Speaker #1
Alors de toute façon, les plans sont faits pour être adaptés. Je pense qu'il vaut mieux développer des capacités techniques et humaines et s'adapter aux situations. Je ne crois pas trop aux master plans, aux trucs rigides. Moi, je crois vraiment à l'adaptation. Et dans l'histoire de l'humanité, vous connaissez tous Darwin, tu t'adaptes pas, tu disparais. Si dans 20 ans, tout va bien,
- Speaker #0
pas d'effondrement, pas de guerre généralisée,
- Speaker #1
juste la vie qui continue, est-ce que tu aurais vécu mieux ou moins bien que les autres ? On sait tous où on va, on sait tous quelle est la destination de chaque individu sur Terre, de chaque animal, de chaque plante, voilà. Et c'est la même pour nous, pour tous. Donc, pour moi, ce qui est important, c'est pas la destination, c'est pas le but, là où on arrive, l'important c'est le chemin. Notre expérience de vie est ce qu'on a réussi à transmettre. notamment à nos enfants, mais ça peut être au monde. C'est vraiment ça qui doit donner du sens. On ne peut pas avoir des regrets sur ce que l'on a accompli. Par contre, sur ce que l'on n'a pas accompli, sur ce que les rendez-vous manquaient, les choses qu'on n'a pas faites parce qu'on avait peur, parce qu'on avait peur de passer pour un idiot, là, on peut avoir des regrets. Et je pense que de toute façon, protéger sa famille, protéger ses enfants, ses amis, tout simplement, c'est un devoir. Et on ne discute pas un devoir.
- Speaker #0
Quelle est la question que personne ne t'a jamais posée et que tu aurais voulu que l'on te pose ?
- Speaker #1
Simplement, moi, je n'ai pas réponse à tout, donc il n'y a pas de question.
- Speaker #0
On a parlé pendant près d'une heure, tu as répondu à des questions difficiles, certaines que tu n'attendais pas. Je voudrais te laisser le mot de la fin. Pas une réponse,
- Speaker #1
pas une conclusion à ce qu'on a dit, juste ce que tu veux dire, toi, face à la caméra, aux gens qui nous regardent. Alors, tout d'abord, n'ayez pas peur. La peur est mauvaise conseillère. Faites les choses que vous pensez justes pour vous, pour votre famille. On parle du bunker dans le monde de la survie. Pour moi, cet endroit sûr où vous vous sentez en sécurité, où vous accueillez ceux qui vous sont chers, pour les protéger, il n'est pas à l'extérieur, il est à l'intérieur. Regardez à l'intérieur de vous et construisez-y votre bunker. Joseph, merci.
- Speaker #0
Prenez soin de vous et des vôtres.