- Speaker #0
Brut de Décoffrage
- Speaker #1
Bienvenue dans Brut de Décoffrage le podcast 100% BTP aujourd'hui on est avec Romain Romain présélectionné à la base quand il était jeune en équipe de France de natation et maintenant activant du bâtiment. Comment ça va Romain ?
- Speaker #0
Très bien, et toi Thomas ?
- Speaker #1
Bah nickel. Bon alors comment on passe finalement d'une carrière qui t'était presque prédestinée de sportif au ventre ?
- Speaker #0
parler mais artisans du bâtiment racontant un peu tard en parcours savent leur parcours en effet j'ai démarré très jeune par la natation un sport qui me plaisait énormément qui par la suite j'ai voulu changer de sport assez jeune à la grande déception mon père et je suis passé au football vers
- Speaker #1
13 ans ok voilà le football tu as continué du coup tu continues je continue encore ouais je vais encore
- Speaker #0
des copains et je suis également éducateur en une oeuvre avec mon fils que je suis depuis deux ans.
- Speaker #1
Ok, c'est plus facile de gérer une équipe une oeuvre ou de gérer des artisans dans le bâtiment ?
- Speaker #0
C'est pas la même chose, c'est vraiment différent. Non les enfants c'est quelque chose. C'est un côté plus éducatif, on va dire. Sympa de les accompagner. Puis le bâtiment c'est encore autre chose, très spécial.
- Speaker #1
C'est quoi qui est spécial finalement ?
- Speaker #0
C'est la gestion du quotidien, c'est la clientèle, c'est les salariés, c'est tout ce stress que ça génère.
- Speaker #1
Et aujourd'hui tu as combien de salariés là ?
- Speaker #0
Actuellement, on est trois. Donc moi plus deux employés.
- Speaker #1
Ok. Et tu fais quoi alors dans le bâtiment ? Parce que c'est large le bâtiment. Exactement.
- Speaker #0
Alors moi là-bas, je suis électricien de formation. Donc c'est un peu le cœur de notre activité. Mais on a aussi des liens sur de la maintenance multi-tech où je vais faire des travaux de plomberie et des petits travaux aussi qui peuvent accompagner un client sur de la peinture, de la plâtrerie, choses comme ça.
- Speaker #1
Et t'as plein d'expériences dans le bâtiment. On s'est appelé avant le podcast. T'as fait plein de choses finalement.
- Speaker #0
J'ai fait plusieurs activités en effet. et ça va faire maintenant bientôt 20 ans que j'y suis. Donc j'ai fait de la maintenance, j'ai fait de la menuiserie, j'étais électricien évidemment et j'ai même également été informaticien. J'ai fait de l'informatique pendant pas mal d'années sur du courant faible.
- Speaker #1
Mais informaticien dans le bâtiment ?
- Speaker #0
Pas directement, plus que des grosses marques et des concessionnaires type Yolette Packard, l'ex-marque. On est pire aussi beaucoup. Je fais de l'intégration, de la programmation et ça partait chez les clients d'arrière.
- Speaker #1
Et ton expérience entrepreneuriale finalement elle a démarré quand ?
- Speaker #0
En 2013. structure que j'ai montée seule on a fini à Troyes également au bout de quasiment 7 ans donc de 2013 à 2019 et j'ai fermé ensuite pour une autre activité que j'ai pu, j'ai reçu une occasion qu'on m'a donnée et j'ai remonté là.
- Speaker #1
structure g il ya trois ans c'est plus facile maintenant qu'en fait artisan du bâtiment ou à l'époque c'était plus un des différents parce qu'à l'époque j'aurais beaucoup de particuliers et là je couche échangé un peu la donne je pensais beaucoup trop ouais et pourquoi tu bosses avec des pros pourquoi tu me dis qu est ce que dit finalement j'ai
- Speaker #0
trouvé que l' approche du particulier à l'époque m'avait un peu déçu dans plein d'aspects sur le règlement sur l'exigence sur pas mal de conditions et j'ai voulu tenter autre chose grâce à mon réseau donc je suis par certaines portes via des connaissances. Et c'est totalement différent. On a d'autres problèmes, en fait.
- Speaker #1
Est-ce que ce que tu fais maintenant, finalement, est-ce que c'est... Quand t'étais gamin, tu disais que tu faisais beaucoup de sport.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Est-ce que t'avais une idée de ce que tu voulais faire ?
- Speaker #0
Pas du tout. Non, pas du tout. Ça s'est fait, je pense, comme ça sur... Naturellement, et puis on a tous rencontré la concert d'éducation à la fin de la troisième. Et non, non, j'ai... D'orientation pardon, excuse-moi. Et non, non, je me suis retrouvé à, comme j'aimais bien tout ce qui était manuel, vouloir tenter quelque chose dans l'électricité, donc j'ai commencé par un CAB BEP Electrotech. Et j'ai fini en bac pro. Et finalement, mon premier job, ça a été de l'intégration informatique. Donc tu vois, finalement, on a un peu dévié.
- Speaker #1
Et Louis, tu parlais de dévier, mais pourquoi t'as arrêté le sport finalement ? Qu'est-ce qui t'a fait arrêter ?
- Speaker #0
Alors je n'ai jamais vraiment arrêté. Mais on va dire que voilà, étant jeune, la natation, c'était mon premier sport de mes 6 à mes 12 ans. J'ai été vachement impliqué, j'apprécie énormément la natation. Mais à une époque, j'étais jeune, j'étais influencé par beaucoup de copains qui étaient tous du foot. m'ont dit tiens viens arrête la natation donc mon père a été désemparé parce que je commence à avoir un petit niveau je faisais des compétitions quand même assez importante passer dans les républicains on était un peu partout donc il était fou mais ça s'est fait comme ça et puis voilà toujours été proche du sport parce que mentalement c'est super important de
- Speaker #1
pouvoir aussi même aujourd'hui encore de pouvoir évacuer le stress quotidien le train train est ce que ça t'apporte quelque chose finalement le le fait d'être toujours sportif dans ton activité alors physiquement déjà oui
- Speaker #0
ça permet de conserver un petit peu la forme et oui je trouve que personnellement c'est super important de pouvoir évacuer dans un domaine que ce soit le sport ou d'autres d'ailleurs, il y en a qui font de la musique, il y en a qui font d'autres activités, moi c'est le sport, ça me permet de pouvoir justement évacuer du stress et relativiser sur plein de choses, penser à rien en fait tout simplement.
- Speaker #1
Ça te fait évacuer le stress ?
- Speaker #0
Ouais c'est super important, je me suis rendu compte qu'à une époque je faisais beaucoup moins de sport, j'avais plus trop d'activités avec mon travail et franchement tu rentres dans un système un peu... Un peu complexe et négatif.
- Speaker #1
C'est déjà un métier physique finalement ?
- Speaker #0
Tout à fait, et aujourd'hui au quotidien c'est vrai qu'on a l'avantage de pouvoir faire un peu de sport déjà.
- Speaker #1
Ok, qu'est-ce qu'il y a de physique finalement dans ton travail ?
- Speaker #0
Simplement de la manutention d'outils, d'outillage, de matériaux, le fait qu'on bouge beaucoup, parce que je fais beaucoup de petites interventions. Donc je ne suis pas forcément arrivé un matin sur un terrain, un chantier et rester jusqu'à le soir et rester à un endroit... Je bouge beaucoup. Typiquement je peux avoir une intervention à Paris 10 le matin, à 11h je dois être sur Versailles et après l'après-midi je dois encore aller sur la Défense. Ce qui fait que comme c'est des petites interventions, on bouge beaucoup. Forcément physiquement tu le sens. A la fin de la journée des fois tu rentres et t'es bien fatigué.
- Speaker #1
Et ta zone d'intervention c'est Paris mais tu me disais que t'avais des... enfin Paris la région parisienne ?
- Speaker #0
Île-de-France on va dire.
- Speaker #1
Île-de-France, donc t'as des chantiers plus loin aussi ?
- Speaker #0
J'ai eu l'opportunité de prendre un gros chantier en province. 400 km d'ici.
- Speaker #1
Tu l'as toujours ce chantier ?
- Speaker #0
Je l'ai toujours, il est un peu long, il traîne et je ne recommencerai pas personnellement mais j'ai pris l'opportunité, je l'ai saisi et sur le papier c'était rentable et au final ça ne l'est pas. D'accord. On va focus sur ce qu'on sait faire dans le secteur.
- Speaker #1
Et est-ce que tu te souviens finalement de ton premier vrai chantier ?
- Speaker #0
Alors oui, j'en ai eu les premiers en tant qu'entrepreneur. C'était en 2013, quand j'ai monté la première structure. Et forcément au début, tu as l'appréhension, tu as le stress. tu as aussi l'envie de très bien faire, voir à toi de top, mais forcément tu fais beaucoup d'erreurs. Mais ces erreurs m'ont permis aussi dans le futur de changer pas mal de choses.
- Speaker #1
Et tu as plein d'anecdotes sur des chantiers qu'on s'est eu au téléphone ?
- Speaker #0
Oui, j'en ai beaucoup, j'en ai des plus ou moins drôles, j'en ai des plus ou moins dramatiques, forcément on est plein d'entrepreneurs.
- Speaker #1
Ton client parisien, est-ce que tu peux nous en parler un peu ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. J'ai eu un client... Je tairai le nom mais qui est légèrement connu dans le milieu et qui est même très aisé. On a fait une super opération chez lui, on a rénové un appartement. Alors moi j'ai eu que de l'eau électricité et j'ai fait un petit peu de plâtrerie pour lui filmer. coup de main sur des colonnes qu'on a pu monter notamment la gagne technique électrique c'est un très grand logement donc dans un très beau quartier de paris et il s'avère qu'il a eu un petit coup de coeur pour mes salariés tu les verrouilles posté des salariés ou lui était plutôt pas mal en effet et en tout cas très à son goût non ça a été assez assez drôle on en a beaucoup rigolé au moment donné ça devenait pas lourd mais forcément mon collègue n'était pas super Il était très apprêté.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que t'as proposé ce client là justement ?
- Speaker #0
En plaisantant, alors j'ai évidemment pris sa porte de plaisanterie mais en rigolant quand il manquait à la fin le solde du chantier il m'a dit qu'on pouvait s'arranger si mon collègue... et voulait bien trouver une solution. J'ai dit non, c'est gentil, on va rester sur l'affaire financière. Pas d'arrangement entre nous.
- Speaker #1
Et ouais,
- Speaker #0
non, il a été plutôt cool. Il n'a pas été lourd, mais oui, en effet, il a fait quand même...
- Speaker #1
Il a fait des avances.
- Speaker #0
Quelques petites avances, on va dire. dire assez sympathique.
- Speaker #1
Et ton collègue il réagissait comment finalement ?
- Speaker #0
Au départ il trouvait ça drôle parce que bon être accueilli en peignoir et en slip par un client c'est plutôt atypique et puis au bout d'un moment il a vu que ça devenait un peu sérieux donc il m'a demandé de soit de calmer la chose avec le client, soit même ne plus envoyer sur place quoi. Du coup tu as payé ni l'un ni l'autre ? Non mais après on a dit qu'il ne devait plus être client, il a expliqué que c'était de l'humour évidemment quand Et puis non, c'est très bien fini. On a bien rigolé et on est resté là. Et puis j'ai même retravaillé pour lui derrière.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Donc oui, oui, oui. Et puis très sympa, franchement. J'adore.
- Speaker #1
Il y avait une motivation supplémentaire pour travailler avec toi ?
- Speaker #0
On va dire qu'il était très ouvert sur le sujet. Et il n'avait pas de souci à te dire que tu lui plaisais. Et bon voilà, c'est des petits parfums. Tant que ce ne sont pas des choses... on va dire contraignante.
- Speaker #1
T'as déjà eu des galères sur les chantiers ? Des trucs vraiment...
- Speaker #0
Ouais bien sûr, des galères on en a tous eu je pense malheureusement mais ça fait partie aussi de notre quotidien sinon on s'ennuierait.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Ouais j'ai eu des vols. ça c'est vrai que c'est à un moment donné ça devenait quand même très compliqué parce que les matraux ça coûte très cher on se retrouve avec des bloutillages aujourd'hui on va pas se mentir si tu veux être performant bah faut mettre le prix et quand t'arrives sur un chantier que t'as posé ta sacoche ou ton échafaudage télescopique enfin tout ce que tu veux tu vas boire un café que tu reviens y a plus rien waouh ça t'es déjà arrivé souvent ça ? non pas souvent mais ouais ça m'est arrivé oui bien sûr Ça m'est arrivé, ou le camion forcé aussi, c'est horrible. Tu te gardes devant le chantier et pourtant t'as un cop... enfin t'as toute une équipe de sécurité qui est sur place, donc tu penses qu'ils font leur job, toi tu t'es mis dans la zone de livraison le temps d'aller faire un déchargement avec des collègues, tu reviens, le mec il a mis un coup de cyclos sur la portière, il a ouvert la porte, il est reparti avec ton matos quoi. Ça ça me fout les boules et ça m'est déjà arrivé, le gars a stationné 15 minutes et je me suis fait dévaliser le camion.
- Speaker #1
C'est des vols opportunistes quoi.
- Speaker #0
Ouais, ah puis les mecs ils sont forts.
- Speaker #1
Tu crois qu'il t'observe avant ?
- Speaker #0
Oui. Bah t'façon, il repère les chantiers, il voit qu'il y a une zone de stationnement, que la sécurité n'est pas très présente à ce moment-là, bah qu'est-ce qu'ils se disent ? Bah t'façon, s'il me dit de charger du matériel, c'est qu'il en a dans le camion. Donc ça va très vite.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'ils en font quand on a vu de ces trucs-là ? Ils s'écartent pour eux ou ils les revendent ?
- Speaker #0
Sincèrement je sais pas, revendent sûrement. Mais je ne pense pas que c'est une utilisation personnelle. C'est une vente qui coûte cher. Aujourd'hui, tu vas sur le bon coin, c'est fou, mais tu regardes les annonces d'outillages en vente, c'est hallucinant. Et c'est forcément... Enfin, trois quarts s'y dévolent, Tu es sûr de ça ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
je pense. Vu l'état des machines quasi neuves, je pense aussi, oui.
- Speaker #1
Et du coup, comment tu fais maintenant vu que tu as cette expérience ? Mauvaise expérience finalement de vol sur tes chantiers, est-ce que tu fais des choses différemment ?
- Speaker #0
Bah déjà on fait très attention, ça je pense que c'est malheureusement aujourd'hui on laisse plus rien traîner, je demande aux gars de faire très attention à ce qu'ils laissent sur les chantiers, on laisse d'ailleurs plus rien sur les chantiers, tout ce qui va être valorisé, enfin voilà, les outillages, ces camions, pareil maintenant je leur demande aussi malheureusement quand je vois... Typiquement j'ai un salarié qui ne peut pas stationner le véhicule de service chez lui. Donc je lui dis malheureusement tout ce qui est de valeur tu le décharges tous les soirs et tous les matins. Donc tous les soirs il décharge et tous les matins il recharge.
- Speaker #1
C'est un vrai fléau quoi les vols.
- Speaker #0
C'est compliqué ouais. Alors on a beau mettre des safe logs sur les portières tu sais maintenant... On a les systèmes avec les fermetures à la clé et tout, mais même sans ça, ils arrivent à dévier, ils te mettent un coup de pied de biche sur la portière, ils te la dégonflent.
- Speaker #1
Et du coup, avec ce vol, ça t'a pas... Je reprends. Et typiquement, ce vol, ça t'a fait prendre du retard sur ton chantier ou t'as dû carrément annuler ton chantier ? Non,
- Speaker #0
parce que maintenant, aujourd'hui, tu peux très bien en urgence chez un fournisseur acheter une machine. Donc c'est pas forcément le retard qui est contraignant, c'est les finances. Parce que c'est des machines que tu as rachetées finalement deux fois.
- Speaker #1
Et tu les assures tes machines ou pas ?
- Speaker #0
Oui, elles sont toutes assurées. Je suis assuré à un montant. Typiquement, ce n'est pas cette machine-là qui est assurée, pas l'autre. Aujourd'hui, j'ai des assurances spécifiques même pour les vols de véhicules. Maintenant, j'assure un certain montant, c'est au niveau du montant en fait. Par exemple, tu veux assurer à tant d'euros le contenu de ton véhicule. Si demain je me fais fracasser le véhicule, je suis assuré à tant d'euros. Voilà, donc si j'estime que je vais vous assurer chaque véhicule à 1500 euros par compartiment, je suis assuré à ce montant-là maximum. Donc si j'ai plus, tant pis pour moi.
- Speaker #1
Ok. Et tu parlais tout à l'heure que tu as switché du particulier au professionnel dans ta carrière.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Multi-secteur ou multi... même si tu n'es pas entrepreneur, etc. Et c'était arrivé des galères avec les particuliers ? Est-ce que tu as déjà eu des retards de paiement, des impayés ? Oui,
- Speaker #0
un payé que j'ai eu sur des clients où... de mauvaises fois qui typiquement n'étaient pas forcément d'accord avec le périmètre du devis.
- Speaker #1
Ok, qui t'avait signé ?
- Speaker #0
Tout à fait ! Mais ils vont jouer sur les mots, ils vont jouer sur... ça m'est pas arrivé souvent mais ouais je suis tombé sur des clients très malhonnêtes, malheureusement.
- Speaker #1
Ok, peut-être que j'ai eu des préjudices financiers du coup ?
- Speaker #0
Ouais j'en ai déjà eu bien sûr. J'ai eu... quelques-uns payés durant ma première période d'entrepreneuriat. Et c'est toujours compliqué parce qu'ensuite, s'il ne peut pas payer aujourd'hui, qu'est-ce que tu veux faire ?
- Speaker #1
Tu n'as jamais porté plainte ? Tu n'es jamais allé... fois ça jamais abouti donc c'est trop compliqué avec un particulier c'est beaucoup plus complexe qu'avec un pro ok et du coup je rebondis là dessus le pro pour toi c'est plus fiable travailler qu'un pro c'est totalement différent en fait je veux dire un truc bête mais le pro mon
- Speaker #0
contact principal s'est passé sous en fait ses sous de son entreprise ont du coup vraiment souci à valider ou à négocier des choses qui sont pas forcément dans le périmètre du devis typiquement il ya un petit
- Speaker #1
travail en particulier va dire bah moi j'ai plus de sous j'avais prévu de mettre 3000 euros pour faire cette opération là si j'ai un autre souci dans la maison alors que c'est pas ma maison c'est la sienne d'accord il paye pas alors là en fait finalement tu es à peu près au même niveau c'est ça qui est avec le pro c'est que vraiment des grandes entreprises il l'ait aussi oui vous comprenez exactement c'est plus technique et du coup il ya moins de soucis ok il est moins à l'euro
- Speaker #0
Exactement. Après on a d'autres soucis de règlement. L'avantage du particulier c'est que t'es payé tout de suite, vulgairement au cul du camion. Tu finis l'opération, tu repars avec la facture, tu ne revois plus la personne, t'es payé. Alors que le pro t'as des conditions de facturation qui sont très complexes. Moi j'ai des services aujourd'hui, je suis à 90 jours fin de mois, ça j'ai arrêté. J'ai signé des bons de commande avec 90 jours fin de mois, c'est une catastrophe. Tu finis en janvier, t'as pas pris la compte, t'es payé une... - À 100% 3 ou 4 mois plus tard.
- Speaker #1
- Le trésor c'est le nerf de la guerre.
- Speaker #0
- C'est une catastrophe. Et c'est pour ça qu'au début ça a été très compliqué. Maintenant ça va un petit peu mieux. Mais au début quand tu démarres forcément t'as pas de trésor. Va prendre des dossiers toi à 45, 60, 90 ans fin de mois. Faut les assumer derrière. Parce que t'enchaînes les chantiers sans prendre d'argent. C'est hyper compliqué.
- Speaker #1
- Et quand tu commençais tu faisais comment alors ? Quand t'as commencé t'as fait quoi ?
- Speaker #0
Je me suis accroché, j'ai réussi au démarrage avec un petit fonds, enfin un apport personnel dans l'entreprise à jouer avec. J'ai fait une première année plus que correcte et j'ai commencé ensuite à percevoir de l'argent régulièrement. Donc ça, ça a fait du bien aussi à la trésorerie et puis après il faut faire super attention à sa gestion quotidienne.
- Speaker #1
Pour toi, il faut vraiment que tu aies un très haut démarrage ? Exactement.
- Speaker #0
Dans mon système que je voulais remonter uniquement pour du pro, pour des grands groupes, parce que justement je voulais changer un peu le système que j'ai pu connaître auparavant, tu as intérêt d'avoir un petit peu de sous le côté. Pareil pour les matos, l'avantage que j'avais c'est que j'avais déjà pas mal de matériaux et d'outillage, ce qui fait que j'ai pas eu besoin forcément de...
- Speaker #1
- Tout acheter au début ?
- Speaker #0
- Ouais, de faire de grosses dépenses financières au démarrage, ça c'est important aussi ouais.
- Speaker #1
- Et comment tu... donc vous êtes trois ? - Oui,
- Speaker #0
aujourd'hui on est trois.
- Speaker #1
- Comment tu gères tes gars finalement ? Comment tu organises tes chantiers ? Est-ce que tu...
- Speaker #0
C'est dépendant un peu de la demande du client, des semaines. Ça peut être des choses bêtes mais tu vois typiquement j'ai prévu que tel salarié, donc Nicolas, soit sur un chantier du lundi au vendredi et le jeudi soir il m'appelle et me dit Romain je te le dis c'est fini on finira pas vendredi. Donc là il faut réorganiser parce que t'as pris des rendez-vous, t'as planifié. La complexité est là. C'est comment tu gères derrière le décalage d'un chantier à un autre. Comment tu fais tout ça ? C'est plutôt ça qui est plutôt délicat à gérer. Après, les planifications sont faites plutôt simplement. Mais je sais quel gars sait quoi faire sur telle opération. Mais voilà, ce qu'il faut surtout vis-à-vis d'un client, c'est de respecter ses délais. C'est super important. Au-delà de l'aspect financier, qui est évidemment pour eux très important, les délais sont devenus aujourd'hui l'air de la guerre aussi.
- Speaker #1
Et finalement, tu as un peu une double casquette. Chef d'entreprise, artisan. Tu préfères quoi ? Tu préfères gérer ou faire finalement sur le terrain ? C'est quoi ton truc ?
- Speaker #0
ça dépend des périodes non ça veut rien aujourd'hui je suis quand t'as cette enfin malheureusement ma position tu peux pas te permettre de choisir ce que tu veux faire t'as pas le choix si tu te lèves le matin bah aujourd'hui voilà j'ai du chiffrage à faire parce que ça aussi c'est super important donc c'est du temps c'est de l'énergie c'est de la concentration Et pareil, sur un chantier c'est encore autre chose. C'est de la manutention, c'est plus physique. C'est aussi de la réflexion certes mais c'est différent. Donc non il faut savoir malheureusement jongler sur les deux, avoir deux personnalités, deux types de... Enfin c'est deux types de journées totalement différentes. Si c'est une journée bureau et une journée chantier c'est totalement différent.
- Speaker #1
Mais est-ce que des fois tu te dis finalement... Cette casquette de gestion, chef d'entreprise, etc. Tu te dis voilà, je préférais avoir mes chantiers, faire que mes chantiers.
- Speaker #0
C'est hyper délicat parce que des fois je me dis, mais à un moment donné je suis un peu indécis, quand je fais trop de terrain... dis ah des fois je suis quand même plus sympa au bureau on peut au moins prendre un peu le temps pour son cas dès quand on veut faire son petit devis on a un peu autonome et puis bah chantier me manque et vice versa du coup c'est un peu compliqué quoi ça te manque des fois les chantiers vraiment ça me manque c'est fou ce côté un peu terrain d'être avec les gars j'aime bien ce côté finition de pouvoir gérer un peu toutes ces choses là, de se satisfaire avec son client de voir que le client est content de ce qu'on a fait d'être sur le terrain,
- Speaker #1
c'est super important quand on était au téléphone la dernière fois tu me parlais des architectes aussi c'est un peu ambivalent cette profession dans le bâtiment elle est très bonne
- Speaker #0
Ah t'as l'air très très bon !
- Speaker #1
Il est très mauvais !
- Speaker #0
Ouais on va dire ça comme ça c'est surtout que je pense qu'on a eu un petit peu cette mode de vouloir être architecte sur Paris, je sais pas pourquoi. J'ai rencontré beaucoup d'archi, certains au contraire qui m'ont fait beaucoup évoluer parce que je trouvais qu'ils avaient des idées totalement sympathiques, risquées mais super intéressantes. Et d'autres malheureusement avec qui j'ai eu des désaccords assez forts sur des méthodes qu'eux-mêmes avaient inventées et qu'on ne savait pas faire.
- Speaker #1
par exemple ?
- Speaker #0
Je n'en ai tellement, mais typiquement je vais sur une intervention, il me dit : "Bon on va passer par ci, par là" et je lui explique qu'il y a des normes, mais qu'on ne peut pas forcément le faire de cette façon-là. Parce que la finition sera sympa. On a du coupe-feu à respecter, de l'acoustique, des choses comme ça. Et on a eu des obligations de fer quoi. Donc moi une fois je me suis bien protégé, j'ai demandé une autorisation à la maîtrise d'œuvre. De mal faire ? J'ai pas eu le résultat mais en tout cas ce qui est sûr c'est que vulgairement c'était pourri quoi. Donc après je sais pas ce qui est plus important aujourd'hui, si c'est normatif ou esthétique mais... Je pense pas faire n'importe quoi.
- Speaker #1
- Et typiquement tu as quand même des bons architectes qui respectent tes dents ? - Bien sûr !
- Speaker #0
J'ai bossé avec des super architectes parisiens dans des très gros projets, et oui en effet ils arrivent à jongler sur les deux. Ils ont une expérience et ils ont cette facilité de pouvoir gérer le truc. Ce qui est pas le cas malheureusement de beaucoup de jeunes qui sont arrivés dans le métier et qui avaient pas forcément les épaules. qui nous ont fait faire beaucoup de bêtises.
- Speaker #1
L'architecte est censé connaître le DTU non ?
- Speaker #0
Logiquement oui. J'en ai connu qui ne connaissait pas grand chose au bâtiment. C'est bien d'avoir la casquette d'architecte mais derrière on a l'expérience aussi.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un truc, après 20 ans d'expérience, que tu referais différemment finalement dans ton activité ?
- Speaker #0
Sûrement, évidemment. Il y a plein de choses que j'ai vécues, que ce soit des approches clients ou des dossiers que j'ai sûrement mal gérés, il n'y a pas de souci. Je pense que oui, évidemment, il y a plein de choses que je reprends différemment. Après, dans l'ensemble, je ne regrette pas parce que justement, j'ai eu l'opportunité de... de toucher un peu à tout. Et ça, je trouve ça plutôt super intéressant. Et j'en règle vraiment pas d'avoir fait. Je dis pas que je suis expert dans tous les métiers, mais j'ai l'avantage aujourd'hui de pouvoir me permettre de dire que je connais quand même pas mal de choses.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui te permet, selon toi, de durer dans ce métier-là ? parce que ça reste on l'a dit tout à l'heure mais ça reste un métier physique ça reste un métier où il faut réfléchir quand même bien sûr c'est quoi le secret je pense qu'aujourd'hui le secret il est très simple faut aimer ça j'en ai rencontré beaucoup qui disaient à le bâtiment ça a l'air cool vous
- Speaker #0
gagnez pas trop mal vos vies puis ça a l'air sympa vous bougez ou fait ceci fait cela et puis j'en connais beaucoup qui ont essayé et qui n'ont pas duré que ce soit en tant c'est pas si simple que ça. C'est super agréable, j'adore ce que je fais et je pense qu'aujourd'hui, j'aurai du mal à faire autre chose. Mais c'est pas si simple. Donc je pense qu'aujourd'hui, oui en effet avec du recul, il y a plein de choses que je referais différemment mais... Je pense que je suis quand même assez content de tout ce que j'ai pu vivre, que ce soit négatif ou positif.
- Speaker #1
Donc tu es fier finalement de ce que tu fais ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu te sens utile quoi ?
- Speaker #0
Je me sens utile et oui, tout à fait. Je trouve qu'on s'embrouille pas trop mal. Puis c'est agréable de se lever le matin et d'aimer ce qu'on fait en fait. Je pense que malheureusement, ce n'est pas donné à tout le monde. J'ai de la chance, je me sens privilégié.
- Speaker #1
Est-ce que tu as eu ou tu as des clients finalement qui parfois sous-estiment certains aspects de ton travail
- Speaker #0
arrive encore oui souvent typiquement c'est le client quand tu lui dis balles pour une bricole fin je n'ai pas de cas précis tout de suite mais voilà pour faire ça je vous prends il y en a pour deux jours non ça s'est fait en deux heures ça et ça c'est fou c'est même le client leur connaisseur maîtrise d'oeuvre chargé d'affaires en face conducteur de travaux ils ont souvent tendance à minimiser un peu la tâche quoi et pour autant que je veux garantir vous montez la tâche on la il n'y a pas plus que ça mais c'est qu'aujourd'hui si tu veux t'appliquer sur un ouvrage, tu n'as pas le choix. Il faut prendre son temps et c'est vrai que souvent pour aussi l'aspect financier... ils estiment qu'il faut aller vite.
- Speaker #1
C'est principalement que pour ça ?
- Speaker #0
Il y a plusieurs contraintes. Il y a aussi souvent, si c'est un site occupé, typiquement tu vas bloquer une zone, une salle de réunion où j'ai des petits travaux à refaire, celle-ci elle est prise tous les jours. Donc plus je vais aller vite, plus ça va ranger le client au-delà de l'aspect financier. Mais aujourd'hui moi je ne sais pas faire les travaux en 2-3 heures. Il y en a qui le font, je ne dis pas le contraire. Mais je ne sais pas faire.
- Speaker #1
Est-ce que finalement il y a des... des demandes ou des limites que tu dépasses pas dans ton activité ? Est-ce qu'il y a des trucs où tu te dis : "Voilà, ça c'est la ligne rouge, je ne vais pas
- Speaker #0
? " Tout ce que je ne sais pas faire, ça dune. Les travaux pour lesquels je ne suis pas assuré non plus, parce que je ne vais pas non plus dépasser... Je ne vais pas être dans l'illégalité si quelque chose va derrière. Mais non, non, après tout ce qui va être un peu plus structuré, les normatifs dont je n'ai pas les compétences, on va dire que ce n'est pas mon domaine, je n'y vais pas. Je vais rester vraiment sur ce que je sais faire et je suis convaincu de savoir faire, sinon je n'y vais pas. Les gros ouvrages, typiquement tout ce qui va entre la maçonnerie ou tout ce qui est normatif coupe-feu, choses comme ça je fais très attention, même si je peux faire certains ouvrages. Je peux faire un calfeutrement coupe-feu sur une cloison parce que j'ai passé des câbles électriques ou des réseaux fluides, plomberies, peu importe. Mais voilà, des choses qu'aujourd'hui je ne ferais pas. Peu importe le montant, peu importe les conditions, il faut savoir aussi rester sérieux.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a une activité, quelque chose où tu te dis moi je suis le meilleur là-dedans ?
- Speaker #0
Non, non, je ne dis pas que je suis le meilleur mais il y a des choses que je préfère faire. Typiquement aujourd'hui je préfère faire de l'électricité, c'est ce que j'ai toujours aimé faire. ton client, je vous défonce un mur pour passer des câbles et puis vous vous démerdez. Donc j'ai appris avec le temps à pouvoir aussi rendre service et lui vendre une prestation complète pour pas qu'il y ait d'autres structures à contracter.
- Speaker #1
Est-ce que t'as un chantier finalement qui t'a marqué ? Peu importe l'aspect, bien, pas bien ou... Est-ce qu'il y en a un finalement où tu te dis celui-là je l'ai encore en tête 20 ans après, 10 ans après ?
- Speaker #0
Alors oui j'en ai un qui m'a beaucoup marqué, qui m'a beaucoup appris et qui m'a beaucoup formé mais pas en tant qu'entrepreneur. C'est quand j'ai été conducteur de travaux pour une grosse structure, un contractant général parisien sur un co-working qu'on a monté en 4 mois. de A à Z. C'est un recueillage jusqu'à la réception. Donc un vieux bâtiment sur les quai de Seine, qu'on a récupéré qui faisait 12 000 m².
- Speaker #1
12 000 m² ? En 4 mois ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Pas mal. J'ai fait combien ?
- Speaker #0
Alors sur le terrain on était beaucoup, on est monté quasiment à 300 jours hommes.
- Speaker #1
Ah oui, un gros chantier quoi.
- Speaker #0
Ouais, 300 hommes par contre mais derrière on l'a livré en quelques mois, ça a été très très intense, ça a été très formateur pour moi parce que j'avais fait une opération aussi condensée, aussi courte avec un planning con... On remodelait tous les jours selon les aléas, les conditions, les modifications d'architecte. Client aussi, vers la fin. Modifier son client. Et ça, on a pu le mettre en D2 après la réception. Ça se négocie. Mais non, ça a été super intense et j'ai beaucoup appris alors que j'estimais à l'époque être quand même plutôt bien formé. J'ai pris une claque.
- Speaker #1
On apprend tous les jours finalement. Tu n'as jamais fini d'apprendre.
- Speaker #0
J'apprendrai jusqu'à la fin je pense. J'en apprends encore quotidiennement. enfin je suis ouvert à ça limite ne pas connaître quelque chose et d'apprendre sur le tas. C'est des fois où on m'annonce des choses, je ne connais pas et je suis content de l'apprendre. Je trouve que c'est super intéressant de découvrir au quotidien des choses. Puis ça évolue, le bâtiment évolue.
- Speaker #1
Justement, tu parles de technique, technologique, comment tu penses que ça va évoluer dans les prochaines années le bâtiment ?
- Speaker #0
Je ne sais pas parce qu'à l'époque je me projetais sur des choses, mais finalement ça a été autre chose. Mais quand on voit comment ça évolue, forcément aujourd'hui on se dit que ça sera encore différent demain.
- Speaker #1
ouais tu penses que le métier restera autant manuel on parle beaucoup d'y a etc est ce que tu penses qu'il ya des émissions franchement je suis pressé de voir ce que je ne sais pas du tout quand je vois ce qu aujourd'hui ce que l'ia peut proposer c'est hallucinant donc ça te sert toi il ya pas plus que ça je
- Speaker #0
regarde un jeu parce que je suis curieux mais en tout cas aujourd'hui niveau taf ça m'arrivait de poser des questions à lire c'est fou mais ça m'a rêvé sur des normes j'avais des doutes choses comme ça j'ai posé la question à lire faire attention parce que des fois les Mais en tout cas, il se creuse la tête et va chercher certaines réponses qui peuvent être intéressantes. Après, faire attention aussi à ne pas trop en jouer, parce que je pense que malheureusement aujourd'hui, je pense que l'expérience terrain est quand même plus forte que l'IA. Donc, à voir. Je demande qu'à voir. Je ne vais pas trop me prononcer dessus, parce que je suis un peu sceptique. Mais il faut voir.
- Speaker #1
On en parlait tout à l'heure, tu as commencé, tu n'étais pas indépendant. Finalement, qu'est-ce qui te plaît dans cette indépendance ? Qu'est-ce que tu aimes ? Pourquoi tu as... à ton compte finalement ?
- Speaker #0
Je pense que... plein de choses pour l'autonomie déjà. C'est vrai que de ne pas avoir quelqu'un derrière qui tire les ficelles, c'est toujours plutôt sympa. Il y a plusieurs choses. Il y a le fait qu'il soit sympa parce que tu as l'autonomie mais aussi le fait que dès que tu as un pépin, tu es tout seul. Tu n'as personne pour gérer la situation. Tu n'as pas un patron qui te dit « Typiquement, tu es malade. C'est bon, je t'appelle mon patron. Je me reprends en deux jours. Je me repose. J'ai 39 de fièvre. Ah non, là, tu te lèves le matin et puis tu n'as pas le choix. Tu as tes gars qui t'attendent. Il faut bosser. » Donc ouais, c'est ce côté-là que j'aime bien, c'est la liberté, l'autonomie. Et puis la satisfaction, je trouve qu'elle est incroyable. Quand tu réussis quelque chose et que tu sais que concrètement, même si t'es beaucoup aidé évidemment, et là-dessus je les remercie par mes salariés, t'es seul aux manettes quoi. Donc c'est toujours plus agréable que...
- Speaker #1
Ça te stresse ça ? De dire finalement j'ai pas de fusible quoi ? C'est stressant mais c'est un challenge.
- Speaker #0
Je trouve que c'est hyper stressant. Je pense que c'est bien de souligner, c'est clair, que tu dors pas forcément facilement tous les soirs. Moi je sais qu'aujourd'hui c'est des fois des litiges avec ma femme quand elle comprend pas pourquoi me couche en tôt, j'ai mal dormi. Mais c'est parce que forcément t'as toujours la tête pleine de choses quoi. De ton quotidien, de la semaine passée, de ce qui va arriver la semaine prochaine. Et forcément si tu stresses pas c'est pas naturel. T'es obligé de stresser quand t'as une structure. Mais après voilà il y a les avantages, l'indépendance et les inconvénients.
- Speaker #1
Et finalement tu préfères les avantages ?
- Speaker #0
Moi qui ai vécu les deux situations parce qu'aujourd'hui dans ma carrière j'ai fait 50/50, j'ai fait 50 ans de salarié et 50 ans d'entrepreneur. 50% par contre je dis 50 ans. 50% d'entreprenariat et 50 % de de salariat et à choisir je pense que je préfère être entrepreneur.
- Speaker #1
T'as des enfants ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que tu leur transmets cette passion de ton métier ?
- Speaker #0
Pour l'instant, je les protège un peu. Je veux qu'ils travaillent bien à l'école pour avoir des facilités un peu plus tard. Sauf que pour plein de choses, pas forcément les aiguiller vers des métiers... d'une qui leur plairont je pense que ce sera le principal mais surtout à qu'ils soient vraiment assidus sur plein de sujets sur l'éducation sur les sur l'histoire sur la culture et après plus tard moi je pourrais des aiguilles et si évidemment ils sont intéressés par le fait d'entreprendre serait là pour eux et je leur expliquerai ce qu'il faut faire et pas faire mais avec ma petite expérience ouais
- Speaker #1
pour l'instant j'ai protège un peu je veux qu'ils restent des enfants c'est bien ça vendait vite en plus exactement c'est quelques quelques années quelques générations même on En gros, je vais caricaturer mais tu n'as pas pu faire autre chose ?
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Tu as fait du bâtiment ? Finalement on se rend compte que les métiers deviennent techniques, complexes avec de plus en plus normatifs. Est-ce que finalement tu vois toi le BTP comme vraiment une filière de choix plus que par défaut ?
- Speaker #0
Moi non, forcément puisque je suis dedans et j'ai vu tout type de profils. des gens en l'occurrence comme tu dis qu'on a entre guillemets balancé parce que soit disant il n'avait pas de compétence pour faire autre chose et qui n'ont pas réussi non plus parce qu'en fait c'est des métiers très particuliers je veux dire au delà du fait en fait si tu veux dans ce métier dans le btp en général que tu sois électricien, plombier, maçon, ce que tu veux. Il faut avoir envie et être convaincu de ce que tu fais. Et c'est là où aujourd'hui tu vas pouvoir réussir. Peu importe ton niveau scolaire, peu importe d'où tu viens, qui tu es. Si t'as pas cette envie de réussir dans notre métier, c'est très compliqué. Pour moi c'est la base aujourd'hui d'un mec du bâtiment, c'est qu'il doit aimer ce qu'il fait sinon c'est pas la peine. L'électricien qui se lève tous les matins et qui a pas envie de bosser tu peux être sûr que ton chantier ça va être une cata et t'as pas aller très loin quoi.
- Speaker #1
Parce que t'as plus en plus même de nouvelles générations qui choisissent le bâtiment.
- Speaker #0
Bien sûr, il y a eu des phases en fait. Je me revois à l'époque où il y a eu une pénurie d'ouvriers dans le bâtiment aussi. On a connu ça il y a quelques années. Et puis finalement c'est revenu et aujourd'hui je ne sais pas si c'est revenu à la mode, on ne peut pas forcément dire ça comme ça. Mais je pense qu'aujourd'hui, c'est moins la honte d'être dans le bâtiment que quand on était plus jeune. Ou certains, comme tu dis, la voie de garage, c'est la voie un petit peu pour ceux qui travaillent mal à l'école, ceux qui font les pitres, qui était un peu mon cas aussi, on va dire ça comme ça. Mais ce n'était pas du tout le cas. Moi, j'ai voulu tout ce qui était manuel. Et quant à la fin de troisième, j'ai eu le choix de partir en technique. J'ai voulu vraiment faire ce métier-là.
- Speaker #1
Et pourquoi finalement, tu penses, selon toi, pourquoi ça revient, comme tu disais, à la mode ?
- Speaker #0
Pourquoi c'est mieux valorisé ? rationnelle je sais pas est ce que aussi dernièrement certains artisans qui ont plus ou moins bien réussi ont peut-être fait la fierté de leur famille je pense à mon oncle chose comme ça et on s'est dit bah finalement c'était cool le bâtiment ton oncle c'est un modèle pour toi pour le bâtiment ? ouais grave ouais parle moi un petit peu tiens j'ai eu la chance d'avoir un tonton donc le petit frère de ma maman qui est décédé paix à son âme Trop jeune en plus, mais je pense que forcément quand tu as eu la vie qu'il a eue avec le stress, il a eu une super société dans la cloison. Et en fait, il est parti de zéro. Il est parti de zéro et il a monté un super truc. Franchement, depuis tout jeune, c'était une fierté pour moi de devoir évoluer aussi bien.
- Speaker #1
C'est un modèle.
- Speaker #0
Tout à fait. Dans sa gestion de fer, dans son comportement, dans ce côté cool qu'il avait tout le temps et pourtant il réussissait. Si tu ne le savais pas, tu ne le devinais pas. Il était super mec.
- Speaker #1
Et du coup, dans ton activité au quotidien, tu penses à lui ?
- Speaker #0
Tu penses à son bonheur ? Au tout début, je lui posais énormément de questions. J'avais du stress, j'avais des appréhensions. Après, il n'était pas dans mon métier. Lui me disait à chaque fois, électricité, je ne connais pas. Moi, ce que je veux, c'est le package entrepreneur qui m'intéresse. Et donc, j'ai vu comment il faisait. J'ai pris évidemment beaucoup de... Je me suis beaucoup inspiré de ce qu'il faisait. Sa relation au client, sa façon de faire, sa joie de vivre. Donc c'est super important.
- Speaker #1
Il y a d'autres personnages qui t'inspirent comme ça dans ton métier ?
- Speaker #0
Je me suis toujours inspiré un petit peu de gens qui étaient soit au-dessus de moi, soit qui avaient réussi certaines choses, bien sûr. C'est super important de s'inspirer. Parce que finalement, quand tu démarres, t'es pas grand chose. T'as pas d'expérience, t'as pas forcément de de modèle, t'as rien. Ce qu'il faut, c'est prendre la température à droite à gauche, voir ce qui fonctionne et t'inspirer des gens qui réussissent et que tu penses pouvoir te tirer vers le haut.
- Speaker #1
T'as vécu le Covid en tant qu'artisan ?
- Speaker #0
Alors non, en tant que salarié j'ai eu la chance de travailler pendant la période Covid. On a été autorisés par la structure dans laquelle je travaillais à reprendre l'activité. partie des rares personnes que tu croisais dans le métro le matin et ouais j'avais la dérégulation de travailler quotidiennement pendant la période Covid.
- Speaker #1
Du coup t'as bien bossé pendant cette période là ?
- Speaker #0
J'ai quasiment pas été confiné, je crois que j'ai fait la première semaine comme là comme tous mes collègues et puis après une réunion de crise au sein de la société. Les structures, on nous autorisait à reprendre. Alors après, tu n'étais pas obligé, évidemment, parce qu'ils ne pouvaient pas nous l'obliger, mais moi j'ai décidé de reprendre l'activité. Parce qu'on gérait un gros bâtiment à ce moment-là, un chantier qui était en cours, qui a été stoppé forcément, mais avec des effectifs un peu amoindris et des conditions de travail assez complexes. On avait zoné, si tu veux... certains compartiments du bâtiment pour pas que les corps de métier se mélangent donc on avait des zones où j'avais deux électriciens ici, deux plombiers là, deux plaquistes à côté. Il pouvait pas être plus non plus donc sous masque tout ce que tu veux avec des conditions d'hygiène irréprochable. On avait mis des gel en hydroalcoolique à tous les étages tous les 100 mètres.
- Speaker #1
Ça te paraît presque fou maintenant ?
- Speaker #0
Ouais c'était assez... c'est assez rocambolesque. C'était assez drôle. Après forcément le chantier n'a pas bien avancé comme on l'aurait souhaité, mais ça a permis de continuer l'activité avec l'accord du client. C'était un site qui était inoccupé, c'était un chantier. Et après toute une démonstration... de gestes qu'on a mis en place, pas barrière ou hygiène. On a été un peu efficaces. C'était une belle expérience aussi.
- Speaker #1
Tu as gardé des réflexes hygiénistes ? Non.
- Speaker #0
Au début, on les avait tous et avec le temps, on les a tous perdus. Aujourd'hui, on est redevenu un petit peu comme avant à se serrer la main, à se faire la bise alors que le Covid est encore là. Il n'y a pas très longtemps, j'ai un collègue qui a eu le Covid. et donc ça a été une bonne année pour toi finalement le Covid oui je n'ai pas ressenti comme beaucoup de gens rester à la maison déprimé, à rester cloîtré dans quelques mètres carrés.
- Speaker #1
C'est à peu près. Et niveau financier ?
- Speaker #0
Cette année oui, 2025 c'est ma plus grosse année depuis que je suis entrepreneur.
- Speaker #1
Félicitations !
- Speaker #0
Merci c'est gentil.
- Speaker #1
Et selon toi pourquoi cette année ?
- Speaker #0
Parce que mon projet de remonter une boîte il y a trois ans s'est fructifié dans les dernières années et mois qui sont arrivées et j'ai réussi à faire ce que je voulais, à atteindre mes objectifs. Donc maintenant le but c'est de pérenniser l'activité, parce que là on est monté assez rapidement en 3 ans. Et du coup le but c'est de garder le même rythme, parce que sinon ça va être compliqué.
- Speaker #1
Et du coup c'est quoi tes ambitions finalement ? Garder le rythme, mais est-ce que tu vois encore plus haut, plus loin ?
- Speaker #0
Je vois les choses différemment. C'est que quand j'ai remonté la structure il y a 3 ans, j'avais des ambitions et des objectifs. Et forcément je me suis un peu trompé sur certains aspects, notamment le type de clientèle. Où je m'étais basé sur un type de clientèle qui me donnait du travail assez régulièrement. Mais avec du recul, ce n'est pas les plus rentables. Donc les chantiers ont un peu changé sur ces derniers mois et ces dernières années. J'ai privilégié certains clients un peu différents au niveau de l'activité. C'est plus petites opérations, c'est plus régulier. On est plus dans la maintenance comme je t'expliquais aussi l'autre fois. Donc si tu veux aujourd'hui j'arrête les gros chantiers, ça m'intéresse. Les grosses opérations, finalement, elles sont peut-être pérennes sur du long terme, ça c'est sûr. Ça donne de l'activité à manger pour beaucoup de... enfin, sur une longue période. Mais ce n'est pas les plus rentables. Et avec du recul maintenant, avec la troisième année qui se termine, franchement, j'ai fait le tour et je sais maintenant sur...
- Speaker #1
Donc tu préfères aller multiplier les plus petits champions, en tant que gamin ? Exactement, les plus rentables.
- Speaker #0
Les one shots, comme j'appelle ça, c'est... voilà, on arrive sur une petite opération, on n'est pas sur des gros délais, mais c'est les plus intéressants, les plus rentables et les plus simples à gérer, finalement. Ça demande plus d'organisation.
- Speaker #1
Et ça gagne combien, un entrepreneur du bâtiment ?
- Speaker #0
Ça dépend. Ça dépend de toi. Non, après, aujourd'hui, on ne va pas se plaindre. Après, il ne faut pas oublier qu'aussi, on est quand même très sollicité. C'est beaucoup d'investissement. C'est beaucoup d'énergie. Donc aujourd'hui, je ne sais pas si on peut parler en montant, mais ce n'est pas... Personnellement, je trouve qu'on limite peut-être même pas assez par rapport à ce qu'on... Autant passer par exemple ? Autant passer. J'ai été salarié et je vois bien la différence aujourd'hui. Si on devait calculer les heures, c'est juste incalculable.
- Speaker #1
Tu gagnes quand même plus que quand tu étais salarié ?
- Speaker #0
Ça dépend. J'ai plus d'avantages par contre, on va pas se mentir. J'ai plus d'avantages en étant entrepreneur. Typiquement dans la nature de sa fin de fonction, aujourd'hui j'ai pas de frais dessus, choses comme ça. Mais après au niveau du salaire net, j'étais pas mal loti non plus auparavant.
- Speaker #1
ça peut être, ou en tout cas est-ce que pour toi la rémunération c'est quand même une source de motivation dans ton boulot ?
- Speaker #0
Bien sûr, c'est super important aujourd'hui on va pas se mentir, on travaille tous ensemble pour l'argent sinon j'aurais pas l'intérêt de travailler pour la gloire
- Speaker #1
Mais tu es quand même satisfait de ce que tu gagnes ?
- Speaker #0
Oui, je ne me plains pas. Je suis assez content de tout ça. On va dire que j'ai trouvé mon confort dans ce que j'ai.
- Speaker #1
Tu parles des avantages ? Il y en a. Mais il y a quand même pas mal d'inconvénients puisque tu t'es bien fait enfler.
- Speaker #0
Oui, une fois.
- Speaker #1
Une fois ?
- Speaker #0
Plusieurs fois, mais j'en ai une belle qui me reste encore aujourd'hui à travers de la congé. J'ai retapé un restaurant sur Paris. Avec un futur entrepreneur. dans la restauration, qui était en plus un chef assez... pas reconnu mais qui avait sa petite carte de visite. Et qui m'a sollicité via un contact pour faire intégralement un restaurant qu'il récupérait, qu'il venait de racheter en fonds de commerce, pour leur mettre aux normes électriques. Et j'ai trouvé ce mec super sympa et franchement je lui faisais confiance de A à Z, je lui donnais le bon Dieu sans confection.
- Speaker #1
Trop sympa quoi !
- Speaker #0
Sans confection, exactement, trop sympa et t'y vas quoi ! Tu dis : "Le mec est super propre sur lui, il parle bien, il a l'air intelligent, il a des connaissances assez intéressantes." Donc j'y ai été. Et de fil en aiguille on a commencé à parler boulot. Au début on était sur une petite opération. Puis finalement quand j'ai démarré il m'a trouvé cool aussi, il trouvait que je bossais bien, il m'a donné plus de boulot que prévu. Donc j'ai refait son restaurant intégralement, ça a duré trois mois.
- Speaker #1
Il te payait à manger le midi quand même ?
- Speaker #0
Non mais il était fermé. Il était encore fermé. Mais on va y venir après, c'est intéressant ce que tu viens de me dire. Et donc on s'est retrouvé à faire l'opération. J'ai évidemment au démarrage reçu un compte sans problème, tout de suite rubis sur l'ongle. L'envoi de la compte le lendemain, les sous sur les comptes hyper confiant et au fil des faits. On a vu que je sentais un petit peu en difficulté. Donc je le sentais. Il passait des fois de voir et puis il était au téléphone avec soit le banquier, soit son assureur. Et puis je voyais que ça partait un peu dans tous les sens. Il était assez nerveux, monsieur. Mais encore une fois, sans tracasser. Et arrivé à la fin du chantier, on réceptionne l'opération et lui très content me demande gentiment d'attendre un petit peu pour les sous. Bon, c'est-à-dire un petit peu...
- Speaker #1
Ça peut arriver.
- Speaker #0
Je ne suis pas pressé. Lui, l'opération est terminée, on s'entend bien, tout va bien, je peux attendre un petit peu, il n'y a pas de problème. Donc je remballe mon outillage, mes matériaux et je rentre chez moi. Au bout de quelques jours, j'envoie la facture définitive. Pas de son, pas d'image. J'attends encore une petite semaine avant de le revancer. Et je leur lance, on avait fait au bout de 10 jours. Ils me disent « Ah ça tombe bien, je suis en discussion avec ma banque, mais t'inquiète pas, c'est en cours » . À cette époque-là, on est au mois d'octobre je crois, puisqu'on avait démarré le chantier, on a fait deux mois de chantier environ. « Je te paye à la fin » . Alors il m'avait déjà filé un acompte et un autre acompte sur une deuxième opération, on avait fait deux devis en tout. Et « Je te paye tout d'un coup » . ok j'attends encore une fois 10 jours 15 jours toujours rien pas de son pas d'image et là plus de téléphone plus de réponse mail plus rien donc là vite total mais tu savais où il va aller voilà le côté un petit peu humain ressort un peu il commence à me prendre pour un imbécile on va s'occuper de ça plus heureusement et je me suis déplacé sur place et arrivé devant l'enseigne je vois qu'elle Et là j'apprends qu'il a des petits soucis pour l'ouverture entre la conformité, l'hygiène et tout ce qui va bien. Donc évidemment il répond toujours pas au téléphone. J'arrive par le biais d'une personne que je croisais sur site avec qui j'avais eu des discussions et on avait échangé nos coordonnées. Il me dit tiens toi prêt ça se passe très mal apparemment il n'ouvrira jamais.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ok et donc là je m'inquiète un petit peu plus. Donc je fais appel à ma protection juridique en expliquant que j'ai un souci avec un règlement, que ça fait bientôt plus d'un mois que je n'ai pas de nouvelles de mon client. Et quels sont mes recours ? Enfin, qu'est-ce que je peux faire pour entre guillemets récupérer mes sous ? Et on parle d'une somme assez rondelette puisqu'on atteint quasiment les 20 000 euros. Et pour une petite structure que j'avais à l'époque, ça a fait beaucoup d'argent.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Et forcément, je ne comptais pas m'asseoir dessus. Et de là, on a entamé toutes les démarches. qu'il était en redressement judiciaire alors qu'il avait à peine ouvert ce qui est super enfin ce qui hallucinant il y avait calculé son coup quoi ouais je pense qu'il a été très gourmand et c'est sûrement un très mauvais gestionnaire et de là donc on attend on attend et j'apprends par quelqu'un que le restaurant ouvre lui oui le restaurant dans lequel j'ai fait des travaux pour ok moi en parallèle je trouve pas mes sous je sais pas ça tombe bien si lourd il est là on va aller le voir ouais et donc j'ai eu le culot d'y aller avec un copain entrepreneur parce qu'à l'époque j'avais fait les travaux avec une personne à qui je bosse régulièrement, qui était un ami qui s'était mis à son compte en tant qu'électricien mais un autre entrepreneur lui de son côté. Il m'avait filé un coup de main quelques jours sur le chantier et moi j'avais volontairement fait exprès de ne pas le payer pour l'avoir un peu avec moi sur le côté en disant bah on a un souci ensemble.
- Speaker #1
Vous êtes deux quoi !
- Speaker #0
Et bien on va récupérer nos sous. Il était évidemment extrêmement chaud pour se déplacer avec moi. On y a été, évidemment on l'a vu et il était très mal à l'aise. Donc nous, sans évidemment parler de pression ou de violence ou quelque chose, on s'est assis, on a dit qu'on voulait manger et il a dit je peux pas vous recevoir, tout simplement. Donc de là le ton est un petit peu monté, il a appelé la police en disant qu'on était dérangeant pour la clientèle, il y avait trois clients.
- Speaker #1
Ça marchait fort son restaurant.
- Speaker #0
Ouais, ça marchait fort, trois clients et du coup le dalan s'est fait sortir et j'ai entamé ensuite toutes les procédures de recouvrement, enfin tout ce qui... Ça va bien et j'ai malheureusement été, comme on dit, enflé d'une certaine somme d'argent.
- Speaker #1
T'as pas pu récupérer ta thune ?
- Speaker #0
Non parce que j'étais sur une liste de liquidation des clients.
- Speaker #1
Prioritaire.
- Speaker #0
Mais en fait le problème c'est pas ça, c'est qu'il a émis des douilles à tout le monde. Le cuisiniste, le mec qui s'occuait de la tireuse à bière qui venait du Nord, j'en ai un, enfin je n'ai plus trop l'enseigne, mais c'était une grosse marque de bière qui était venue faire toute son installation gratuite, enfin gratuite sous réserve que pendant un contrat. Il avait un contrat de maintenance avec eux pour la gestion des fûts, chose comme ça. Il n'a jamais payé. Donc en fait finalement avec ma petite somme, j'étais troisième ou quatrième de la liste. Donc il avait déjà d'autres créances super importantes à régler et malheureusement quand la liquidation était effective, j'ai reçu un courrier comme quoi... 0€ mais il a attribué.
- Speaker #1
Tu lui as lâché un commentaire une étoile sur Google ?
- Speaker #0
Je ne suis même pas sûr qu'il ait eu le temps de faire un site.
- Speaker #1
Il l'a fermé après quoi ?
- Speaker #0
Je crois qu'il est resté ouvert à peine 6 semaines. Et moi en plus j'ai reçu un document de la mairie de Paris du commissariat du 17ème pour ne plus approcher le restaurant au moins de 50 mètres.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Parce que j'avais été soi-disant extrêmement violent envers lui, alors qu'il est totalement faux. C'est le jeu.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'était une super anecdote et clairement qui me reste encore à faire d'aujourd'hui.
- Speaker #1
Même pas il vous a offert à bouffer quoi.
- Speaker #0
Non bah non il a pas voulu qu'on mange. On voulait goûter ses spécialités tu vois finalement en pensant que c'était la carotte mais au même pas. Donc non j'ai vécu comme je te disais une seconde expérience un peu loufoque également mais là c'est plus ce côté en tant qu'entrepreneur avec un salarié donc la relation humaine. où j'ai embauché un mec que je connaissais du passé puisque j'avais bossé avec lui dans une structure.
- Speaker #1
Une connaissance.
- Speaker #0
Ouais, une connaissance et super mec bosseur fiable à l'époque. Et je me suis dit bah tiens quand j'ai appris qu'il était en demande et à la recherche d'un travail, je l'ai contacté. Et ça s'est fait plutôt naturellement, on se connaissait, on se comprenait bien donc il est venu nous rejoindre en début d'année 2025. Et les démarrages ont été super intéressants. Je retrouvais le mec que j'avais connu il y a quelques années, donc super bosseur. Et je l'ai senti ensuite un peu trop en confiance. Il voyait qu'on était une petite structure, contrairement à l'autre, qu'on était un peu plus cadré. Il est resté un peu moins de six mois parce qu'il a commencé début janvier et avec la procédure de licenciement, il est parti au mois de mai.
- Speaker #1
D'accord. Donc dès qu'il a été titularisé, en gros...
- Speaker #0
Il a eu deux mois de préavis, oui bien sûr. et il était chef de chantier et en effet dès qu'il a eu l'opportunité d'être validé il a complètement changé de comportement alors ça a démarré par des petits retards des petites absences pour des petites raisons et puis après c'était un peu la foire mais ça s'est terminé comment ? Ça s'est terminé qu'un jour, il devait démarrer un chantier un lundi. Il n'est jamais venu. Typiquement, je me suis posé la question. Il est peut-être malade comme tout entrepreneur. On ne pense pas forcément à des choses complexes. Une absence, ça peut arriver. Malheureusement, c'est le quotidien. Mais souvent, on me prévient. J'ai soit un message la veille, soit le matin très tôt ou d'un salarié qui me dit écoute, j'ai un souci perso. Soit ma fille est malade, je n'ai personne pour garder mon enfant. Soit moi-même, je suis malade et ça peut arriver à tout le monde. Et donc, il avait son téléphone professionnel. Donc, je le contacte répondeur. Je suis pas inquiet. Et j'ai mon autre salarié, avec qui il devait démarrer le chantier le lundi matin, qui m'envoie un texto en disant « J'ai reçu un texto hyper bizarre hier d'un numéro qui me dit qu'il ne viendrait pas travailler ce matin. » J'ai dit « Mais c'est super étrange, mais qui est ce numéro ? » Il dit « Je sais pas » . Je dis « Bah envoie-moi le numéro » . Donc j'ai appelé le numéro. Je suis tombé sur une jeune fille, à la voix en tout cas, je me suis dit que c'était une jeune fille qui ne parlait pas français.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc j'étais un peu perturbé, j'ai dit waouh c'est un peu bizarre cette histoire. Puis j'ai attendu, attendu, attendu et le lundi vers 11h j'ai reçu un coaching du commissariat d'Abbeville. dans la somme, qui m'indique que mon véhicule pro il est stationné dans un parc du commissariat et que mon salarié est actuellement incarcéré. Et qu'il y a très peu de chances que je le retrouve prochainement dans les effectifs. Mais il peut vraiment dire au téléphone et il peut le mettre en place.
- Speaker #1
Ah oui, donc tu es allé dans la Somme.
- Speaker #0
Donc lundi j'avais une journée prévue évidemment. Donc elle a dû totalement être modifiée. Je me suis retrouvé dans la Somme en début d'après-midi au commissariat. Et là on m'a dit que mon salarié a été chopé avec la voiture de service. Donc évidemment ce que je n'avais pas autorisé. Ils ont un contrat de travail avec une utilisation professionnelle du véhicule. sur un parking, en compagnie d'une jeune fille rémunérée, en possession de stupéfiants et avec un taux d'alcool très élevé. Je ne savais pas qu'on pouvait atteindre ce taux-là.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et évidemment la voiture était... Il roulait quoi. Et de là, ça a été très compliqué. Il est resté très longtemps chez eux. Et donc moi, évidemment, je ne peux pas laisser passer la chose. Et donc j'ai décidé de le licencier pour faute grave. Et ça m'a même basculé en faute lourde. Parce que du coup, la saisie du véhicule non autorisé, plus tout ce qui s'est passé, j'ai réussi à le mettre dehors sans trop de problèmes.
- Speaker #1
Tu as pu récupérer ton véhicule ?
- Speaker #0
Alors j'ai récupéré le véhicule, par contre il a gardé le téléphone de fonction. Je n'ai jamais récupéré mon téléphone et les équipements qu'il a gardés.
- Speaker #1
Il a gardé quoi comme équipement ?
- Speaker #0
Les affaires du travail, tout ce que j'avais fourni.
- Speaker #1
Tout ce qui est outillage ?
- Speaker #0
Tout était dans le véhicule. C'est l'avantage que j'ai eu, c'est que quand j'ai récupéré le véhicule, il était chargé. Il était chargé parce que comme il avait prévu de passer le week-end là-bas, il n'a pas déchargé son véhicule, donc il y avait tout l'outillage et j'ai eu la chance d'occuper ma voiture.
- Speaker #1
Et tu le connais, c'est ce mec-là en plus ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
T'es un peu déçu ?
- Speaker #0
Complètement. Complètement, parce que c'est une partenaire dont j'avais confiance. J'avais confiance, je connaissais son boulot, j'avais bossé avec lui. Wow ! Comme quoi...
- Speaker #1
Tu n'attendais pas à ça ?
- Speaker #0
Pas du tout.
- Speaker #1
Ouais ouais. En même temps c'est compliqué à l'embauche de demander ce genre de trucs quoi.
- Speaker #0
Non et puis moi je suis une personne qui aime bien marcher à la confiance et si on se fait confiance après évidemment, vulgairement tu peux m'avoir mais... J'aime bien faire confiance. Après bon là il a perdu c'est dommage. Pour l'info il a tenté de revenir après, il m'a demandé une dernière chance quoi.
- Speaker #1
D'accord. C'était quoi son excuse ?
- Speaker #0
Bah c'est qu'il était pas bien.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Il avait des soucis perso et il m'a demandé de lui excuser que ça se reproduirait pas. Je pense que là avec ce qui s'est passé malheureusement j'ai beau être sympa on s'est dit stop quoi. Donc non non j'ai jamais eu de nouvelles de sa part et je l'ai relancé pour récupérer... mon téléphone et toutes ces petites affaires qui allaient bien, et ben non, jamais.
- Speaker #1
Ouais, il t'a gardé sans engage quoi.
- Speaker #0
Voilà, il a gardé un petit souci d'entreprise.
- Speaker #1
Et si je te donne 2 millions maintenant, aujourd'hui, tu fais quoi ?
- Speaker #0
Bah tiens, je réfléchis beaucoup. C'est pas dodoin, c'est une sacrée somme.
- Speaker #1
Je ne les ai pas.
- Speaker #0
Je sais. Moi non plus, je ne les ai pas. Mais ouais, forcément, aujourd'hui, je pense que comme tout bon entrepreneur, si je peux arrêter le plus tôt possible, je prends.
- Speaker #1
Tu n'investis pas, tu ne te dis pas je vais faire grossir la boîte ?
- Speaker #0
Pour l'instant, c'est mon objectif. Parce qu'on ne m'a pas proposé les 2 millions d'euros. Si on me les propose, je ne vais pas te mentir, je réfléchis. Je pense qu'arriver à un moment donné, je vais vouloir aussi me poser et profiter un peu de la vie parce que comme je vois que pour certains, et je l'ai vécu dernièrement, la vie est plutôt courte.
- Speaker #1
Tu n'as pas le sentiment de profiter assez avec ton boulot ?
- Speaker #0
Si, alors je me le permets beaucoup plus, enfin de plus en plus. C'est-à-dire qu'auparavant j'avais tendance à dire là ce week-end on pourrait faire 6 ans famille mais malheureusement j'ai une opportunité pro qui s'est mise entre les deux. Donc j'étais focus un peu sur le pro parce que je trouvais ça super important de privilégier malheureusement parce qu'on n'a pas le choix. le travail, mais là je fais je m'accorde du temps perso et des petits écarts de plus en plus
- Speaker #1
Est-ce que finalement t'as déjà loupé est-ce que ton boulot t'a déjà fait louper des moments importants ? Des anniversaires ?
- Speaker #0
Ouais bien sûr, j'ai eu des petits événements que j'ai dû annuler à plusieurs reprises typiquement le samedi, alors moi maintenant parce que j'ai les enfants, mais dans le passé j'ai dû annuler des événements le samedi parce que j'avais du boulot T'arrivais souvent de bosser le week-end quoi Ouais ça m'arrivait très bien le samedi Je le fais de moins en moins et c'est devenu très rare. Des fois, il n'y a pas le choix, mais je le fais de moins en moins.
- Speaker #1
Mais tu bosses combien d'heures par semaine ?
- Speaker #0
Tout dépend de la période, mais si j'ai une forte période avec des chantiers comme j'ai pu avoir dernièrement au mois de mai... c'était le plus gros mois qu'on a pu effectuer j'étais sur du entre 50 et 60 heures ouais c'est pas mal quoi mais tu les comptes plus tes heures finalement non en fait tu comptes plus je le je le compte parce que je sais à quelle heure je pars et quand je rentre donc si tu fais un calcul bête t'es pas obligé de répondre mais dans ton couple ça pose des problèmes des fois tes ampli de l'arrivée ouais c'est déjà arrivé typiquement tu t'as engagé à récupérer les gosses le soir et finalement tu peux pas donc madame s'est organisé différemment bas elle court pour s'occuper de récupérer les enfants c'était à ton tour finalement
- Speaker #1
c'est quand tu es en couple et que tu es artisans du bâtiment il faut s'accrocher c'est un duo c'est un duo quoi les deux doivent être d'accord finalement
- Speaker #0
Et non, ça a été justement une grande discussion que j'ai eue avec ma conjointe parce qu'on avait pris la décision, enfin j'avais pris la décision de fermer la première fois au bout d'un peu plus de 6 ans. Parce qu'on s'était aperçu justement, on avait fait le pour et le contre des avantages et inconvénients que j'avais à l'époque. Et on s'était dit que c'était peut-être plus simple de retrouver un job de salarié. Et c'est ce que j'ai fait. Du coup j'ai fermé The Coen. Alors proprement, j'ai fermé la société. malgré le gros impayé que j'ai eu, j'ai pu la fermer proprement sans devoir quoi que ce soit et je me suis remis au focus salarié pendant quelques temps mais cette table d'entrepreneur m'a beaucoup manqué et je travaillais avec ce manque un peu au fond de moi Et avant j'ai eu une grosse discussion avec elle. Je voulais avoir son avis, son accord évidemment parce que le but c'était pas de mettre mon couple en péril parce qu'elle avait vécu des années précédentes un peu complexes et je voulais qu'elle soit en accord avec ce que je voulais faire. Et j'ai l'avantage c'est qu'elle m'a toujours soutenu et fait confiance dans ce que je voulais faire. Même sur des prises de décision des fois un peu loufoques, elle m'a toujours dit je sais que tu vas tout donner, tu vas tout tenter et de toute façon tant que tu l'auras pas tenté tu vas être insupportable.
- Speaker #1
Elle te connaît bien.
- Speaker #0
J'ai cette chance, c'est qu'elle n'a pas cette crainte due au fait qu'elle me fasse beaucoup confiance. Et ça je pense que ça n'a pas de prix ça. J'ai de la chance là-dessus.
- Speaker #1
Et pour conclure finalement si tu avais un conseil à donner à ton toi d'il y a 20-30 ans, ce serait lequel ?
- Speaker #0
Si je devais me donner un conseil il y a 20 ans ? Ou un peu plus tôt ?
- Speaker #1
Comme tu veux.
- Speaker #0
Non je dirais... Crois en ce que tu fais, fais-toi confiance et n'aie pas peur de prendre des risques. Parce que finalement c'est ce qui m'a rendu beaucoup plus fort dans la vie moi. J'ai eu beaucoup de doutés à plein de reprises mais j'ai toujours été un petit peu... faut que j'aille jusqu'au bout. Parce qu'après malheureusement c'est les regrets qui me rongent et je crois que c'est le pire des sentiments qui puisse exister. Donc non non si j'ai un conseil à donner c'est croyez, faites-vous confiance, tentez et des fois les chutes elles font grandir. Donc en fait, il n'y a rien de grave. Et comme on dit, c'est tout bête, mais qui ne tente rien n'a rien. Et je pense qu'aujourd'hui, ça a fait ma force et que je suis quelqu'un qui est toujours un peu ambitieux et ça touche du bois. Ça a plus ou moins bien réussi dans certains domaines. Donc, il faut continuer à croire en ce qu'on veut faire.
- Speaker #1
Merci Romain. Bonne continuation.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
A bientôt.
- Speaker #0
A la prochaine. Salut. Salut.