- Speaker #0
La France est la maison de retraite de la Silicon Valley, ça j'aime bien, ça c'est très drôle.
- Speaker #1
Bienvenue à tous sur Bullshitland, bienvenue sur ce podcast si toi aussi t'en as râle cul d'entendre des influenceurs à la con sur LinkedIn, des youtubeurs vides, des podcasteurs à l'autre bout de la planète qui essayent de t'apprendre comment fonctionne ton métier ou comment fonctionne l'intelligence en France, ou bien les politiques, les fonds d'investissement, etc. Je te souhaite la bienvenue sur ce podcast où on va te dire la vérité sur le quotidien des salariés, des entreprises, mais aussi que tu sois étudiant ou autre, tu es le bienvenu pour partager. les expériences aujourd'hui qu'on acquiert sur le terrain. Je m'appelle Arnaud Quiquenoy, je suis le fondateur d'AI Forward.
- Speaker #0
Et moi, je suis Daphné Lusnay, je suis cofondatrice d'AI Forward. On est sur le terrain tous les jours à parler d'IA, à la déployer en entreprise, à former des gens. Et effectivement, on a beaucoup de choses à dire sur le sujet, puisqu'on entend un peu tout et n'importe quoi, n'est-ce pas Arnaud ?
- Speaker #1
Tout à fait. Alors c'est bien évidemment la première captation, donc il y a un peu de... Un peu de gêne, un peu de stress. La première se fait en studio. On avait envie de faire quelque chose dans les règles de l'art. Les prochaines se feront en visio avec un ton très particulier à l'émission. Le but, c'est de vous partager la légitimité d'AE Forward. Je vais vous la donner tout de suite. C'est notre entreprise. Après, j'arrêterai d'en parler parce que ce n'est pas le but de l'émission. Le but, c'est vraiment de vous partager les insights, ce qui se passe et ce qui se passe en mal, bien évidemment, mais en bien aussi dans notre pays. AE Forward, aujourd'hui, on a quatre ans d'existence. On a formé plus de 6 000 personnes. On a plus de 120 clients. on a passé De la PME à l'ETI, de la gendarmerie à Nintendo, à la Copair, à des très gros groupes aujourd'hui industriels, on a la légitimité parce qu'aujourd'hui on a des équipes de développeurs en interne, on sait monter l'intégralité de SI et ETI sans aucun problème, on a des formateurs, on a des audits, bref. Tout ça pour vous dire que j'en parle à ce moment-là, j'en reparlerai plus après parce que ce n'est pas le but de l'émission. Le but de l'émission c'est vraiment de casser tous les mythes qu'il y a aujourd'hui autour de l'intelligence artificielle. Tout ce qu'on peut vous raconter aussi en ligne, en live ou même encore à la radio ou dans les journaux. Aujourd'hui, avec Daphné, on a fait un constat assez simple qui nous gonfle.
- Speaker #0
Ces vieilles boîtes de sas qui sont des dinosaures qui sont implantées dans des boîtes où elles les ont un petit peu gardées captives. Et aujourd'hui, on voit pas mal aussi de PME qui sont prisonnières, de vieux ERP tout pourris, des CRM pourris, qui ont mis toutes leurs données pendant des années là-dessus. Et qui aujourd'hui n'arrivent pas à passer le cap de l'IA à cause de ces boîtes-là, alors qu'à contrario, on peut aussi tout reprendre à zéro et tout refaire proprement, finalement et rapidement.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup, le but de tout ça, ce sera de vous parler de nos expériences, mais aussi de ce qu'on voit aujourd'hui au quotidien.
- Speaker #0
Ce qu'on s'est donné en fait comme fil rouge aujourd'hui, c'est de vous expliquer comment les grands cabinets de conseil coulent deux tiers des entreprises françaises. PME, ETI surtout, et pourquoi, à coup de stratégie IA bien bidon, et puis surtout en fait on a choisi ce sujet, pourquoi ? Parce que pas plus tard qu'hier, on a eu ce sujet avec un client, où Arnaud tu vas pouvoir nous parler très précisément de ce sujet-là, et c'est ça qui nous a donné envie de faire justement l'épisode là-dessus, pour démystifier tout ça.
- Speaker #1
Pour casser justement le bullshit autour de tout ça. Un exemple effectivement assez simple, hier, Un prospect m'appelle, me dit Arnaud, très grand groupe, plusieurs centaines de millions de chiffres d'affaires. Je parle du groupe, pas de moi, vous inquiétez pas. La personne me dit clairement, aujourd'hui, en deux ans, on a fait deux audits. Alors un audit avec un fils d'Oussama Ammar et un autre audit avec un cabinet de conseil. Et ressorti de ces deux audits, quand même, pour un groupe qui fait plusieurs centaines de millions d'euros, ce qu'on appelle un note-taker, c'est-à-dire une IA qui se connecte à votre Meet ou à votre Zoom, qui prend... les informations et qui vous fait une note de synthèse. Ça existe depuis 4 ans, c'est un truc basique. Donc aujourd'hui, on parle d'une entreprise qui a dépensé quand même entre 50 et 100 000 euros pour avoir deux audits et pour ressortir avec des insights complètement éclatés et complètement pourris. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, on dit que c'est un problème. Parce que c'est un problème aussi pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, il y a des DSI qui se basent sur ces audits-là pour partir sur une transfo IA de leur entreprise. C'est-à-dire des audits qui sont complètement creux, qui sont complètement vides, mais ce qui est normal, quand vous envoyez un junior qui est sorti à peine d'HEC dans une entreprise et qu'il essaie d'apprendre la messe à un entrepreneur qui a 40 ans d'expérience, forcément, ça ne marche plus. Et il suffit de voir les stats, aujourd'hui, on le sait, les McKinsey, les Capgemini, etc., chutent en bourse, ce n'est pas pour rien.
- Speaker #0
En même temps, on les comprend, ces entrepreneurs et ces DSI, parce qu'ils sont perdus dans cette jungle où... Là, on a pris les deux exemples vraiment extrêmes. Genre vraiment le grand cabinet de conseil qui fait payer vraiment une blinde pour des missions sur lesquelles en plus on va mettre des juniors. Parfois, il y a une partie qui est outsourcée. On a eu le cas de Deloitte qui s'est fait piquer déjà deux fois où maintenant, ce n'est plus les juniors, c'est l'IA qui fait les rapports. Et on a du workshop avec des fausses études qui ont été citées. Et donc ça, ça coûte un bras. Les dirigeants se retrouvent avec des roadmaps horizontaux. Trois ans où il n'y a rien d'actionnable entre-temps, alors que la tech évolue tous les trois mois. Et d'un autre côté, on a aussi les mini-audits flash, dont on a beaucoup entendu parler. Ça coûte 5 000 euros et tu es censé ressortir avec un super audit IA. Au final, il se passe quoi ? C'est souvent des POC, l'identification rapide d'un POC, parce que bon, quand même, 5 000 euros, même si c'est 14 000, donc une partie seulement qui est subventionnée. Tu te retrouves avec, finalement, quelqu'un qui a travaillé très rapidement sur le premier cas d'usage passé, sans vraiment mettre tout ce qu'il faut autour pour que ça marche. Donc on se retrouve avec un puck, le truc est plus ou moins bien bancal, et après, touf ! Et donc en fait, nous, les dirigeants, ils se retrouvent en mode, en fait, j'ai fait, tu vois, j'ai coché la liste, j'ai pris le grand cabinet, ça n'a pas marché, j'ai pris le petit cabinet. Donc c'est quoi, en fait ? Pourquoi, nous, on pense que l'approche, le sujet est vraiment pris à l'envers ? Pourquoi est-ce que l'IA, ce n'est pas de l'IA pour de l'IA, et que d'abord, en fait, on fait de l'humain, tout ça ? Parlons un peu de ça, vraiment de l'humain.
- Speaker #1
On va en parler. Déjà, il y a plusieurs problèmes. Effectivement, aujourd'hui, le premier déjà, commençons par la BPI. Aujourd'hui, la BPI finance ce qu'on appelle les audits IA, et pour bénéficier de ces sommes, de cette subvention de la BPI, En gros, il faut avoir déjà des diplômes d'ingénieur en intelligence artificielle, il faut justifier des écoles, des capacités. Déjà, à partir de ce concept-là, ça ne marche pas. Pour vous expliquer, aujourd'hui, on n'envoie pas un ingénieur dans une entreprise pour faire une transfo IA complète, quand on va commencer à parler d'organisation, quand on va commencer à parler d'humain, et qu'on va parler de système SI dans sa globalité. Ton ingénieur, là, il ne sert à rien, par contre, effectivement, il aura vendu sa DAB. Aujourd'hui, ça, c'est un vrai problème. Ça pose un problème parce qu'en entreprise, aujourd'hui, vous vous retrouvez avec des dirigeants. qui sont là, quand ils nous rencontrent, ils sont déjà en fait fatigués. C'est-à-dire qu'ils ne comprennent pas l'intelligence artificielle. Je ne vous parle pas de chat GPT, ni de cloud, etc. On parle réellement de l'intelligence artificielle comme elle doit être déployée en entreprise. Aujourd'hui, un audit, ce n'est pas une journée déjà. Ce n'est pas, tu arrives dans une entreprise en une journée, c'est bon, je t'ai fait remplir un questionnaire et je m'en vais. Non, c'est que tu parles aux équipes, tu parles aux métiers, tu vas en profondeur dans ce qui se passe dans les process de l'entreprise, tu vas comprendre leurs outils. Tu vas comprendre comment ils travaillent au quotidien. Et ça, ça fait des vrais audits. Chez nous, un audit, c'est trois personnes, six semaines. Encore une fois, je ne m'en fous pas là pour faire la pub. Vous imaginez que nous, il nous faut trois personnes, trois seniors, qui comprennent de une, l'entreprise, de deux, l'intelligence artificielle, et de trois, je vous dis, la globalité, c'est-à-dire l'humain, l'organisationnel, etc. Forcément, vous vous doutez bien que si nous, ça nous prend six semaines complètes avec trois personnes pour un audit, un gamin... ou un ingénieur qui va une journée, il y a un petit problème. Ok, il aura peut-être fait une automatisation, découvert une automatisation à Canuyten, clap clap. Nous, quand on y va, par exemple, une PME moyenne, c'est entre 100 et 150 processus qui sont détectés et automatisés. Autant vous dire que c'est le jour et la nuit. Et clairement, il y a un vrai questionnement, en fait, aujourd'hui de nos entrepreneurs, un vrai questionnement sur le futur, le futur de nos entreprises. Si aujourd'hui on arrêtait de financer ces conneries justement et qu'on se concentrait réellement sur l'entreprise, peut-être que la BPI, à la place de financer ce genre d'audit complètement bidon, de libérer de l'argent pour former les gens sur le terrain, ça sera peut-être déjà bien plus utile. Je pense qu'aujourd'hui les gens ont besoin d'être formés. Et je ne parle pas de formation au prompt, je parle de formation de qu'est-ce que c'est que l'intelligence artificielle aujourd'hui. Comment on l'utilise en entreprise ? Je ne parle pas de prompté de chat GPT. Vous avez bien compris que l'entreprise, enfin le l'IA aujourd'hui, générative, l'IA agentique. On en parlera peut-être que pour certains c'est un peu flou, mais on vous expliquera tout ça. Mais tout ça aujourd'hui, ça a des conséquences. Et d'où le fait de ce podcast d'ailleurs, il y en a plein d'autres. Là aujourd'hui on vous parle des cabinets de conseil, je vous assure que la liste des sujets est extrêmement longue.
- Speaker #0
Je pense sur le coût de la BPI, l'idée en soi de faire des audits, de se dire on va subventionner des audits, effectivement en soi l'idée n'est pas mauvaise. Le problème, c'est que... Ce n'est pas n'importe quel audit. Ce n'est pas tant le fait que ce soit ingénieur ou pas ingénieur. C'est plus que les gens pensent que l'IA, c'est de la tech, que c'est un sujet de SI. Et donc, on va aller voir que du SI. Mais finalement, nous, on s'est très vite rendu compte qu'avant de faire de l'IA, on faisait d'abord de l'humain et de l'organisationnel. Et après seulement, on répare tout ce qui ne va pas. Et après seulement, on met la couche IA. Et c'est vrai que maintenant, on a tendance à faire les raccourcis parce que ça vend, mais aussi parce que les gens sont perdus. Les DSI sur les enjeux de souveraineté, sur les enjeux de « qu'est-ce que j'ai le droit de faire ? » Enfin, ça, c'est plutôt les employés. Parce qu'au final, on se dit « les employés » , je pense que t'as aussi un mythe autour des employés qui ont la flemme, tu vois, que tout le monde est né flemmard et que les gens ont juste envie de rien faire. En réalité, on voit quand on va dans les entreprises, les gens, ils sont surtout soucieux de bien faire leur travail. Et en fait, on leur a juste pas donné le cadre comme il faut. Mais ça, c'est aussi dû un peu à cette FOMO. Et d'un côté, est-ce que cette FOMO, elle n'est pas justifiée ? Parce que nous, on voit les boîtes qui vont droit dans le mur, les boîtes qui pensent faire de l'IA parce qu'ils ont déployé Copilot, et qui, pour certaines, mettent beaucoup de temps et galèrent à déployer, ne serait-ce que Copilot, et après ont l'impression de faire de l'IA parce que les employés font de trois emails avec de l'IA. Ça, c'est un problème aussi sur toutes les études autour de l'adoption de l'IA. Dès que tu fais un email avec de l'IA, tu as adopté l'IA, alors que ce n'est pas vraiment ça. Gros problème aussi sur ça. On les comprend aussi, les entrepreneurs, parce que comment faire pour s'y retrouver là-dedans ? Mais effectivement... La vraie solution, c'est quand même déjà formation, la première. Et puis la deuxième, c'est quand même, quitte à se plonger dans l'IA. Toi, tu disais hier, alors je suis à moitié d'accord, mais tu disais hier, franchement, limite, plutôt que de dépenser des centaines de milliers d'euros dans des missions pour des cabinets de conseil qui font de pompes des trucs qui ne sont pas forcément actionnables, limite, c'est mieux d'essayer de le faire toi-même. De toute façon, le résultat, dans tous les cas, il sera bancal. Certains vont y arriver. après tu vois
- Speaker #1
nous on a aussi ce parti pris de dire que c'est bien d'être un tiers et que quelqu'un vienne de l'extérieur parce que c'est toujours tu vois là je parle surtout d'entreprises qui n'ont pas forcément les moyens parce que malheureusement ça arrive en France on a des PME qui sont en difficulté souvent je leur conseille je leur dis parce qu'on fait aussi de la conférence on en fait entre 10 et 20 par an quand je rencontre les entrepreneurs qui me disent moi j'ai pas de budget en fait pour l'IA malheureusement je sais pas quoi faire Je leur dis, si vous avez un petit peu de temps à consacrer à ça, je sais que sur YouTube aujourd'hui, si vous parlez anglais en plus, alors là, c'est bingo parce que vous avez plein de petites formations, vous pouvez vous auto-former et au moins essayer de sauver les meubles en interne et essayer de mettre des petits outils comme ne serait-ce que mettre Cloud aujourd'hui. Cloud, c'est un peu le B.A.B. aujourd'hui dans l'entreprise. Ce n'est pas ce qui va vous sauver votre boîte. Ce n'est pas non plus avec ça que vous allez gagner 30% de productivité. Ça, c'est un mensonge que vous vendent les escrocs et les influenceurs. Pour avoir ces 30 ou 40% de productivité, c'est possible en entreprise, on le sait tous les deux. Mais ça demande un chantier de développement, de formation, d'accompagnement de l'équipe SI, on en parlait, des DSI justement. Donc c'est vrai que c'est complexe. Et les entrepreneurs, bien sûr que non. Aujourd'hui, ils sont dans le flou. Ils sont dans le flou parce qu'ils écoutent aussi des podcasts soi-disant experts où on leur apprend que c'est comme ça que ça se fait, qu'aujourd'hui il ne faut pas passer par des cabinets de conseil. ou que sinon, il faut prendre des jeunes sur LinkedIn parce que tout le monde est devenu expert du jour au lendemain, ce qui m'a fait assez rire, tous les deux d'ailleurs. Moi, quand j'ai commencé en juillet 2022, c'est-à-dire que j'ai eu la chance, je vais dire le pif, pas du tout, j'ai eu juste eu la chance de commencer trois mois avant la sortie de la plateforme, enfin de ChatGPT, c'est simple, je parlais d'IA au début en entreprise, personne n'y croyait, vraiment personne. Forcément, ChatGPT est sorti en novembre 2022, 100 millions d'utilisateurs en deux mois, je crois, quelque chose comme ça. Ça a amené beaucoup d'intérêt, ça a amené aussi beaucoup de rapaces, comme je les appelle, et c'est simple, on en voit aujourd'hui énormément sur LinkedIn. Ces gens-là, aujourd'hui, ont fait beaucoup de mal à la profession, ont fait beaucoup de mal aux gens qui étaient sérieux, qui accompagnaient aujourd'hui réellement les dirigeants, et aujourd'hui, c'est là où on se bat, nous, et c'est là où on arrive à faire des entretiens ou des rendez-vous avec des marques qui pèsent des centaines de millions, et on nous dit, soit j'ai fait un audit avec pas cher, c'était une catastrophe, soit j'ai fait un audit... très très cher il y a 5 ans, j'ai entendu ça quand même, pareil cette semaine j'ai fait un audit, oui mais Arnaud j'ai fait un audit il y a 5 ans, avec un cabinet de conseil qui a coûté forcément une fortune moi je suis DSI, je m'appuie sur cet audit, et dans ma tête je me dis c'est à dire que là les gars, ils s'appuient sur un audit vieux de 5 ans pour pouvoir se projeter dans le futur et se projeter dans leur transfo de leur entreprise c'est juste catastrophique, ça va les mener dans le mur peu importe la taille que vous faites ça va vous coûter beaucoup d'argent si vous faites ça. Il y a un moment, si vous avez fait un audit il y a 5 ans, remettez-vous en question, c'est qu'il faut refaire un audit là aujourd'hui, peu importe que ce soit avec nous ou avec d'autres. Aujourd'hui, il y a quand même quelques entreprises sérieuses en France et on n'est pas les seuls, mais bizarrement, les gens pensent qu'il y en a un million, il n'y en a pas un million, je pense que ça se compte sur les doigts des deux mains, les entreprises sérieuses aujourd'hui qui accompagnent les entreprises. Donc voilà, aujourd'hui, il y a une décision à prendre, une décision entrepreneuriale, bien évidemment. Et ça, c'est intéressant ce que tu disais, parce que...
- Speaker #0
Effectivement, ce n'est pas au DSI de prendre cette décision. Ça aussi, c'est un mythe. On entreprise beaucoup de chefs d'entreprise, mais c'est normal. Ça fait 30 ans que ça marche comme ça. Il y a une nouveauté en informatique. Internet est apparu, l'ordinateur, c'est toujours été un boulot pour le DSI. Là, c'est un peu plus complexe. Là, on parle d'IA, c'est un métier qui est complètement différent. Les DSI ne sont pas formés. Les développeurs en interne ne sont pas formés, c'est simple. Nous, aujourd'hui, quand on arrive avec nos 17 développeurs, et à la fin de l'année, on en aura 45. Pour vous dire un peu l'évolution, ces 17 développeurs, quand ils vont actionner pour transformer un ERP, je vais prendre l'exemple, un ERP, on passe de plusieurs dizaines d'outils à un seul à la fin, forcément on va accompagner les DSI, on va former aussi les développeurs, etc. Donc on va faire évoluer l'ESI, mais ensemble. Mais par contre, quand on y va, c'est parce que ça a été une décision prise par le chef d'entreprise. Jamais par l'EDSI,
- Speaker #1
jamais. En fait, le problème, c'est que c'est un sujet qui est stratégique, l'IA. Ce n'est pas que de la tech, c'est de la stratégie. Et en même temps... les DSI se retrouvent avec cette espèce de responsabilité où c'est la panique à bord parce que c'est moi qui suis responsable si un outil ne marche pas bien et si nos coûts d'API explosent. Et donc du coup, qu'est-ce qu'ils font ? Ils vont se réfugier dans Copilot en se disant « Bon, on a fait du Microsoft. » Le truc classique, c'est que jamais personne ne s'est fait virer pour avoir déployé du Microsoft. Bon, il serait peut-être temps que ça change entre nous. Mais en réalité, tu vois, tu as vraiment ce truc du Merci. Bon, je vais la jouer safe, je vais prendre copilot. Alors, je ne dis pas, il y a certaines entreprises pour lesquelles ça peut être compliqué. Non, non, mais même, tu vois, des grandes sur des industries critiques, très réglementées, où effectivement, il y a des jalons à passer et c'est compliqué. Mais le vrai risque, c'est quoi ? Le vrai risque, c'est d'avoir l'impression que tu surfes sur la vague, alors qu'en fait, tu es dans le bassin des pioupious et que tous les autres sont en train vraiment de surfer sur la vraie vague. Donc les gars pensent... Être à fond. Moi, j'ai fait tout ce qu'il faut. J'ai eu mon audit. J'ai déployé Copilot. Chez certains, 365. Attention, ils ont des options en plus. Ils ont un groupe d'assistants et tout. Et alors qu'en fait, côté de ça, quand tu les fais sortir, moi, je le fais. Il y a des formations. On a la chance de pouvoir faire des formations en mode pas de contraintes. Donc, nous, on a les gars en face de nous. On leur dit alors là, on va faire comme s'il y avait vraiment zéro contrainte, souveraineté, etc. tu vas aller sur tous les outils les plus puissants comme nous on le fait évidemment en connaissance de cause assez intelligemment etc mais tu vas voir ce que peut faire vraiment l'IA et en réalité qu'est-ce qui se passe les gens à la fois ils sont tu sais c'est un mélange, un sentiment très bizarre à la fois ils sont émerveillés et à la fois t'en as plein qui flippent ils sont en mode ah ouais c'est chaud qu'est-ce que je fais quoi et le problème tu vois le vrai problème c'est que à chaque fois tu parles au aux employés et ils me disent « Ok, tu peux faire ça, mais moi, personne ne me dit ce que je peux faire avec l'IA. Est-ce que j'ai le droit de mettre telle donnée ? » Et en fait, on a un problème de responsabilité quelque part. Personne ne prend ses vraies responsabilités. Donc, tu as le DSI qui se cache derrière Copilote. Tu as le dirigeant qui se dit « De toute façon, c'est la responsabilité du DSI. » Et les employés qui sont en mode « Bon, ben... » Donc, certains... C'est pour ça, on comprend aussi... on comprend aussi le fait de AI et ça c'est quoi le résultat ? c'est qu'au final les gains de productivité plutôt que d'arriver et dire qu'est-ce qu'on fait de ces gains de productivité ? est-ce qu'on équilibre un peu mieux la vie pro-vie perso ? est-ce qu'on travaille plus ? est-ce qu'on produit plus ?
- Speaker #0
en fait c'est des gains qui sont un peu dans la nature donc au plus malin déjà c'est un sujet la souveraineté c'est un sujet on le gardera forcément On a plein de sujets à discuter, mais la souveraineté c'est un énorme sujet.
- Speaker #1
Le méga bullshit sur la souveraineté welshie.
- Speaker #0
Effectivement, la souveraineté c'est juste une catastrophe en France, et c'est juste un beau mirage qu'on vend aussi bien aux citoyens qu'aux salariés. Donc ça, ça sera un gros débat en tout cas qu'on aura tous ensemble. Déjà, copilote, effectivement, t'en parles. Un copilote, il y a plein de problèmes. Bon, déjà, c'est de la merde, mais ça c'est connu.
- Speaker #1
C'est connu des vraies pratiques. Pratiquants de l'IA ?
- Speaker #0
Ou ceux qui n'ont pas le choix. Déjà, c'est connu de ceux qui n'ont pas le choix et c'est connu de nous en tant que pratiquants et en tant que personnes qui appliquons l'IA en entreprise. Mais c'est aussi utile, c'est ce que je disais, pour les TPE, petites PME. Quand des fois tu n'as pas forcément d'argent pour transformer ton SI, ils mettent un RAG, un RAG c'est une sorte de... dans le rang où on va stocker sa data pour pouvoir communiquer avec l'intelligence artificielle, je fais ça très simple pour que les gens comprennent, mais en gros c'est centraliser ta data pour pouvoir... ton téléphone ! c'est centraliser ta data pour pouvoir communiquer avec elle, parler avec elle, échanger, c'est-à-dire tiens j'écris un mail... L'IA va voir que si je parle de M. Dupont, que je vais envoyer tel PDF, elle pourra aller chercher ça. Alors dit comme ça, ça a l'air génial, maintenant à grande échelle, et on le sait parce qu'on a fait du, je ne vais pas dire le nom de groupe de 440 chez qui on a travaillé, mais on l'a vu, en tout cas c'est aujourd'hui très mauvais. Aujourd'hui quasiment personne ne l'utilise en entreprise, tellement c'est mauvais. Et le problème c'est que les gens fuient tout de suite sur GLODE, principalement. Ceux qui connaissent, ça reste un peu l'initié quand même.
- Speaker #1
Même s'ils ont dépassé OpenAI la semaine dernière, en termes de projection de revenus en tout cas, mais ça reste un truc d'initié.
- Speaker #0
Pas en valorisation, on s'en va loin derrière, mais par contre en projection de revenus, ils vont éclater TGPT, enfin OpenAI plutôt. Et je suis persuadé moi qu'à terme d'ici un an, ce sera le leader incontesté. De toute façon, il suffit de comparer la qualité des deux outils pour comprendre qu'aujourd'hui on va utiliser Cloud en entreprise, même dans notre quotidien. Mais oui, aujourd'hui, c'est un vrai problème. Dans tous les cas, oui, les chefs d'entreprise et les DSI, quand ils prennent Copilot, c'est par défaut. Il faut savoir que pourquoi les gens, aujourd'hui, choisissent Copilot ? À 90%, c'est à cause de contrat cadre avec Microsoft. Voilà. Vous voyez la vérité, aujourd'hui, c'est pas une question de c'est génial, c'est un outil extraordinaire. Non, c'est parce que Microsoft ont des très, très bons commerciaux. Ouais,
- Speaker #1
franchement, je les ai vus à l'œuvre, ils sont vraiment très forts.
- Speaker #0
Aujourd'hui, Microsoft sont très, très forts là-dedans. On ne peut pas dire quoi que ce soit. Ils sont très bons dans le marketing, ils sont très bons dans le... dans la vente, et c'est pour ça que vous vous retrouvez avec des copilotes partout en entreprise. C'est une catastrophe parce que derrière, vous vous retrouvez aussi avec du shadow AI, où les gens partent sur cloud du coup, et là c'est là où en fait ça devient dangereux pour l'entreprise, parce qu'on parle de maîtriser là où part sa donnée. En fait le dirigeant, il n'a pas souhaité en fait, il n'a pas pris la décision que c'était cloud, que c'était AWS, donc Amazon en fait. Il n'a pas pris la décision que ces données allaient chez AWS, il a pris la décision que ça allait chez Microsoft, mais du coup les salariés sont aussi frustrés. Et ils sont un peu forcés aussi de partir sur cloud. Donc en fait, il faut comprendre aussi bien les équipes dirigeantes que le DSI qui ne sait pas quoi faire, que le salarié qui est là et qui n'a pas trop le choix d'utiliser cet outil qu'il n'a pas envie d'utiliser. Et c'est là où ça crée un vrai problème en France. Et c'est pour ça qu'on va droit dans le mur si on ne se réveille pas. Et s'il n'y a pas des gens comme nous en conférence ou même en podcast aujourd'hui qui disent attention, gros warning, réveillez-vous. Ça, c'est extrêmement dangereux pour vous, pour votre entreprise demain. Le temps que vous perdez l'argent, vous dépendez. Au passage, c'est très cher un copiate. Je vous invite à aller voir.
- Speaker #1
L'IA est chère. En réalité, la bonne IA est chère. Ce que disait André Carpati, c'est les gens qui utilisent ChatGPT gratuit versus ceux qui utilisent un code en max. En fait, on ne parle pas le même langage parce que ce n'est pas du tout la même... Ça coûte cher. On ne va pas se mentir. Quoi qu'il arrive, ça coûte cher.
- Speaker #0
Cher par rapport à quoi ?
- Speaker #1
C'est un investissement.
- Speaker #0
tous les deux, c'est-à-dire que même si tu mets je dis une connerie, même si tu investis 200 ou 300 000 euros pour une PME qui fait une belle PME, je sais pas, 30, 40 millions d'euros de chiffre d'affaires, va mettre 300, 400 000 euros pour transformer son SI former ses équipes et justement avoir de l'intelligence artificielle en interne le ROI sur 3 ans, nous on le sait parce qu'aujourd'hui, je vous le dis, on a quand même cette expérience et c'est comme sur ça qu'on s'appuie à chaque fois on a quand même un ROI qui est de x3, x4, même bien plus parce que en fait pour 400 000 euros investis, vous allez récupérer 3-4 millions d'euros de ROI sur 3 ans. Donc en soi, l'entreprise est toujours gagnante à la fin. Mais vraiment toujours. Et moi, j'aimerais, c'est ce que je dis même souvent, et tu le sais, et toi aussi, c'est qu'on ne parle pas forcément que d'argent. Aujourd'hui, quand vous arrivez avec des salariés, tu le disais tout à l'heure, il n'y a pas de feignants, en fait. C'est un mythe, les feignants dans les PME, souvent, ils dégagent, en fait. Ils ne restent pas très longtemps. On n'est pas dans le public. Donc quand tu es dans le privé, quand tu es feignant, tu dégages. Au bout d'un moment, même si tu as un CDI, etc., bref, je ne vais pas vous faire le discours, mais vous savez. Donc aujourd'hui on a plutôt des salariés, c'est plutôt l'inverse. Ils sont à 140% de charge, aujourd'hui c'est ce qu'on estime, un salarié français en moyenne à 140% de charge, c'est énorme. Si demain vous arrivez avec des outils, je parle pas de cloud ou de chat GPT, je parle de vrais outils d'automatisation. Petite tâche N8N, grosse tâche du développement sur mesure, ERP adapté avec de l'IA gentil qui est capable de générer des tickets automatiquement, d'aider le support client, etc. On va réduire la charge du salarié peut-être de 60% ou 60-70%. Mais c'est énorme pour le salarié. Donc ça ne remplace pas, mais ça va te soulager énormément. Et en fait, aujourd'hui, nous, on le voit quand on va mettre de l'automatisation, quand on va bien former les équipes derrière et qu'on va leur mettre les bons outils. En fait, les gens sont juste soulagés. Depuis faire du copier-coller 5 ou 6 fois pour créer une tâche, de ne pas remplir 18 Excel pour faire plaisir à tel ou tel service. Bref, dans tous les cas, le but, c'est de se soulager à la fin de ces tâches qui sont chronophages. Je pense que le mot est extrêmement important. Dans le sens où ça prend beaucoup de mental et de physique. C'est épuisant de faire ces tâches à répétition. Et aujourd'hui, l'IA permet d'effacer ces tâches qui nous emmerdent au quotidien. Et c'est ça qui est important. C'est pour ça que... Du coup, on en revient au cabinet de conseil et aux jeunes qui vous vendent des audits à 5 millions. C'est là où, justement, il y a une réfrustration. Parce que quand vous faites des audits comme ça, et que derrière, il n'y a rien qui s'enclenche. C'est-à-dire que, oui, c'est bien, tu as fait une automatisation, tu as réglé un problème sur 160 qui reste derrière à régler. Donc, la boîte n'a pas du tout été libérée de ses tâches chronophages. Elle n'a pas du tout pris un mois à respirer, prendre du recul. Donc ça, aujourd'hui, c'est ça qui est réellement un problème.
- Speaker #1
C'est un problème d'adoption aussi, parce que du coup, quand c'est un POC qui est isolé comme ça, on ne comprend pas bien, il y a deux, trois gars qui sont dessus, et puis au final, on ne transforme pas tout. Je voulais revenir sur ce que tu disais, parce qu'en fait, quand on parle en calcul des héroïnes, on parle vraiment de valeur créée, ce que tu disais, donc c'est la valeur créée, après on en fait ce qu'elle veut, c'est soit une valeur financière, soit un soulagement pour les salariés, et ça, en fait, ça change la donne. Et ça, c'est pareil, c'est un mythe aussi qu'il faut que... Il y a tellement de mythes à démonter. Tu parlais tout à l'heure des DSI avec Copilot, parce que oui, ça préserve ma donnée, etc. En fait, j'en parle tout le temps, parce que tu as vraiment ce mythe de si c'est sur Copilot, Secure, mes données ne sont pas entraînées, les modèles ne s'entraînent pas sur mes données. Bon, ça, en théorie, c'est quand même vrai en principe sur les autres LLM. payant, mais après, tu as le problème de la donnée, si elle fuite ailleurs, aux US, ou en fait, que ce soit sur Copilot, que ce soit juste parce que tu es sur le cloud avec AWS ou Azure, ou que ce soit parce que tu utilises ChatGPT ou Cloud, tu es exposé au même problème. Donc en fait, finalement, quand tu fais le choix sur la base de ces mythes complètement stupides, ou même de se dire en fait oui, les serveurs sont en Europe, donc c'est bon. Et donc du coup, tu fais l'arbitrage de prendre un truc qui marche moins bien, sous couvert, que soi-disant c'est plus sécure, alors qu'en fait, ça ne change rien du tout. Ça, c'est vraiment encore un méga mythe.
- Speaker #0
Vas-y, explique pourquoi le P4 Server est en Europe, pourquoi ça ne peut pas.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, on a deux choses dans tout ce qui est... On avait dit qu'on se ferait un épisode entier. Tu peux expliquer ça, parce qu'après,
- Speaker #0
on pourrait avoir énormément de choses à dire.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, sur les sujets de souveraineté, de la donnée en particulier, parce qu'il y a plusieurs niveaux de souveraineté, Tu as le risque soit que les modèles soient entraînés sur tes données d'entreprise, soit le deuxième risque, c'est que tes données fuitent à la concurrence ou dans un autre pays. Et donc pour le premier, ça dépend des CGV. Donc si tu fais confiance à une entreprise, par exemple, tu peux dire que le copilote me dit qu'ils n'entraînent pas les modèles sur ma donnée, je les crois. Mais ça devrait être le cas normalement sur tous les autres modèles payants, parce que quand c'est gratuit, c'est toi le produit. Et le deuxième sujet, c'est celui de je ne veux pas que mes données fuitent. Sauf que sur ce truc de mes données qui fuitent, dès lors qu'on a un critère de rattachement avec une entreprise américaine, donc je ne sais pas que ses serveurs sont en Europe ou pas. Si dans ta stack technique, il y a un feature ou un élément, et si ce truc en question est américain, tu as un critère de rattachement américain. Donc ça veut dire que Mistral, qui fonctionne sur des GPU, Nvidia, Tu as la loi extraterritoriale américaine qui s'applique. Donc s'il faut faciliter l'accès à des données, ils sont obligés de s'y prêter. Nvidia. Pareil pour Microsoft. Donc en fait, ton document confidentiel que tu as refusé de mettre même sur ton copilot parce que c'est hyper touchy, finalement tu l'as balancé sur SharePoint, tu l'envoies via ton Outlook. Le risque sur la fuite de données à cause des lois extraterritoriales américaines s'applique. Donc en fait, ça c'est un argument qui... qu'il faut absolument effacer de sa tête. Et je ne sais pas, ce truc de les serveurs sont en Europe, donc c'est safe, je pense que c'est un amalgame avec le RGPD, avec cette obligation d'avoir les serveurs en Europe, alors qu'en fait, ça ne change pas grand-chose. Et le problème, c'est que les DSI ne le savent pas, les dirigeants ne le savent pas, et surtout, le vrai problème, c'est quoi ? C'est qu'on entretient ce mythe, et que c'est nos décideurs politiques qui l'entretiennent. Je fais référence à Mistral. Parce qu'on a besoin d'avoir ce totem de souveraineté numérique français, alors qu'on sait très bien que c'est du bullshit derrière. Ce qui est énervant, c'est vraiment ce truc de la totemisation. Moi, je veux bien, c'est cool qu'on ait des acteurs français et tout ça, mais on ne va pas se mentir, les capitaux sont américains. Et ça ne garantirait pas la souveraineté des données.
- Speaker #0
On ne peut pas dire acteur français.
- Speaker #1
On débattra là-dessus,
- Speaker #0
parce qu'en fait, l'acteur français,
- Speaker #1
il n'a rien eu. C'est que blablabla. Et puis du coup, c'est bien, parce qu'il y a quand même toutes les subventions qui vont là-dessus. Et ça, c'est le problème avec l'Europe aujourd'hui. Et notamment la BPI qui a cette stratégie de saupoudrer des subventions sans vraie stratégie. Et donc, ça fait quoi ? Ça fait que, tu vois, par exemple, la boîte de Yann Lequin, français, expatrié, ça c'est ton pote. C'est mon pote aussi,
- Speaker #0
il prend des cartouches.
- Speaker #1
Il y a des trucs intéressants quand même.
- Speaker #0
C'est sûr, mais il prendra des cartouches aussi.
- Speaker #1
Il est parti aux Etats-Unis pendant une vingtaine d'années. Il a travaillé pour Meta et il a quitté Meta. Lui, il est convaincu, pour la faire courte, que les LLM, c'est limité. Donc, la prochaine vague, c'est les world models. Il y a des trucs vraiment intéressants là-dessus. Je sais que là-dessus, on ne s'entend pas, mais il y a des trucs vraiment intéressants là-dessus. Mais bref. Et donc, il monte Amilab. Amilab, lui, est français. Il vient juste de rentrer en France. Attention,
- Speaker #0
il est français, moi, je précise. Il a passé 40 ans. a donné tout son savoir, son savoir du coup, tout ce qui représente, toute la valeur qu'il a créée aux Etats-Unis. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
On retenait bien ça, aux Etats-Unis. Donc il n'a rien de français, en fait, il a passé une partie de sa vie en petite partie de sa vie.
- Speaker #1
Il a un passeport quand même, t'exagères.
- Speaker #0
Il a un passeport, bravo à lui. Il a passé une petite partie de sa vie, il a tout donné aux Américains et après il vient passer sa retraite en France. Pourquoi ? Moi je ne suis pas d'accord. Et c'est bien parce qu'en fait, c'est pour ça qu'on fait ce podcast ensemble, parce qu'il y a plein de sujets où moi je ne suis pas d'accord et Daphné, voilà, elle est d'accord justement. Et c'est génial parce que justement, ça vous permet aussi de vous faire un avis. Pour moi, c'est ce que j'appelle la retraite dorée, que ce soit Yann Lequin, que ce soit...
- Speaker #1
Tu dis la France est la maison de retraite de la Silicon Valley. Ça, j'aime bien, ça c'est très drôle.
- Speaker #0
Pour moi, la France est la maison de retraite de la Silicon Valley. On en parlera parce que Yann Lequin n'est pas le seul, bien évidemment. Vous doutez bien qu'il y a un paquet de scientifiques, etc. Ils sont arrivés à l'âge d'or, c'est les baby-boomers, ils reviennent, il faut aller boire le pinard avec les copains, c'est l'heure de la fête.
- Speaker #1
Il faut donner des conférences à 8000 balles pour dire de la merde.
- Speaker #0
J'en connais un autre qui va s'en prendre aussi. Pendant trois ans, il a raconté de la merde à tout le monde et tout le monde était là. Mais aujourd'hui, c'est pour ça aussi qu'on crée ce podcast, parce qu'on a besoin de rétablir en tout cas notre vérité. Après, vous en ferez ce que vous voulez, bien sûr. Aujourd'hui, c'est simple, on a un e-forward, je vous l'ai dit. On va passer le million de chiffres d'affaires cette année et on est en train de recruter. On avance, on grandit très vite. Parce qu'aujourd'hui, les entreprises nous font confiance grâce à ça. Aujourd'hui, en fait, une PME, une ETI a besoin d'avoir des gens de confiance. Par exemple, les PME, on en a marre d'être essorés, d'être pris pour des vaches allées depuis 30 ans. On les rabâche avec du sas dégueulasse qui leur coûte des dizaines de milliers d'euros chaque année. Et ça, on est d'accord tous les deux. Aujourd'hui, l'ère de l'IA, c'est un grand n'importe quoi. C'est-à-dire que là, tout le monde crée son sas avec Claude en disant que c'est le meilleur sas du monde. Ça révolutionne tout. Tu le mets en entreprise, c'est un vrai pétard mouillé. Tu l'allumes, ça s'éteint tout de suite. Autant dire que ça, c'est pareil, ça n'a pas d'utilité. Mais oui, il y a effectivement tellement de choses à dire, y compris ce qui est parti sur Yann Leclerc. Tu m'as énervé avec Yann Leclerc. Mais en même temps, ils ne vont pas dire ce nom. C'est comme Voldemort pour moi. Non,
- Speaker #1
mais en fait, je pense que le vrai sujet, et ce qui nous énerve, là-dessus, on est hyper d'accord, c'est ce problème d'honnêteté intellectuelle. Et c'est vraiment ça qui pose problème. Parce que moi, je ne suis pas contre, tu vois, parler de, oui, réfléchir à une stratégie, où... Voilà, on favorise des acteurs français dans la commande, etc. Mais soyons honnêtes, intellectuellement, on dit les choses. Sur ce plan-là, effectivement, on a au moins la souveraineté économique. Mais sur ce plan-là, attention, ce n'est pas de la vraie souveraineté, etc. Arrêtez avec cette souveraineté washing, comme on appelle ça. C'est vraiment ça, en fait. Le vrai problème, c'est l'honnêteté intellectuelle. Et c'est de ça dont on a besoin aujourd'hui. Parce qu'on est dans un monde complexe qui va très, très vite. Les décideurs, là, c'est soit leur boîte va au tapis dans 2-3 ans, ils ont la responsabilité, ils sont attachés à leur boîte, à leurs employés, et ils ne savent pas par où commencer. Les employés qui se demandent tous, est-ce que demain je sers encore à quelque chose ? Et nous, y compris, nous on se remet en permanence en question sur quelle est la pertinence de ce qu'on fait. Si demain un modèle est 10 fois plus puissant, est-ce que ce qu'on fait là a toujours la même valeur ajoutée ? Et donc pour revenir à Yann Lequin et au sovereignty washing, donc Lui pense que c'est des world models, donc ça c'est encore un autre sujet. C'est une autre forme d'IA que les LLM. Donc ça, c'est l'avenir. Et donc, il a levé récemment un milliard pour son projet qui s'appelle Amilab. Bon, je dis pas, moi, j'aurais bien aimé mettre un ticket dedans. Bon, j'ai pas réussi. Ouais, ouais, ça fait partie du truc. Tu vois, c'est aussi un peu, c'est un peu aussi le casino quelque part. Pas de produit, rien. Et là, que font aussi les médias ? Parce que c'est aussi la faute des médias. C'est, wow, regardez, une boîte française qui lève un milliard. Non, ça, c'est malhonnête intellectuellement. de rabattre les tambours en disant oui, Amilab, c'est... Alors, la boîte sera le QG et sera en France, et ça va permettre d'avoir pas mal de subventions et tout, mais c'est une boîte qui, naturellement, a vocation à être internationale. Donc c'est pas une boîte française et les capitaux ne seront pas européens à 100%, ils ne le sont pas. Et donc, il faut arrêter, juste parce que le gars est français et que le QG est en France, de se dire, ah, c'est génial, parce qu'en fait, qu'est-ce qu'on fait, nous ? Les subventions BPI, c'est quoi ? C'est tes impôts à toi et moi, c'est nos amis, toutes nos charges qu'on aime payer tous les mois, qui permettent de financer la BPI, qui fait qu'on est censé favoriser l'innovation. Moi, je ne dis pas, la BPI, quand j'ai créé ma boîte en 2018, j'ai eu une subvention et tout, c'était cool, j'étais contente, je faisais de l'IA aussi. Mais en fait, quelque part, si nous, on subventionne... l'innovation et que l'innovation dès que ça marche bien ça part à l'étranger c'est un problème et je vais même te raconter un truc moi j'ai été VC autrefois et en fait c'est vraiment le truc d'insider on a un whatsapp de femmes VC, ça va t'énerver je t'ai jamais raconté et donc dans ce whatsapp un jour il y a une meuf une fille qui dit est-ce que vous savez comment on fait quand on a une boîte américaine dans laquelle on a investi pour bénéficier des subventions des subventions BPI C'est une blague ? Et genre, elle était là, en mode, on essaie de trouver des astuces. Mais en fait, c'est quoi le délire ? Le but, c'est de s'assurer qu'une boîte qui n'est pas française bénéficie des subventions non françaises, parce que toi, tu as des subventions françaises payées par nos impôts. Je veux dire, moi, j'ai joué le jeu du Wissi, etc. Mais si ta boîte, elle n'est pas française et qu'elle a vocation, ce n'est pas la peine de venir gratter, tu vois, déjà, les pauvres subventions, déjà qu'on n'en a pas des masses. Et là-dessus... Tu vois, pour la défense des chercheurs qui sont partis dans la Silicon Valley, quand tu vois la différence de traitement entre un chercheur en France, un chercheur dans la Silicon Valley, et même un ingénieur, parce que ça apparaît, moi je l'ai vécu. Non mais c'est des fonds privés dans la Silicon Valley. Oui, c'est financé par du privé, mais même le privé, nous on n'en a pas, tu vois ? Non, nous on n'en a pas le privé, mais on n'a pas le public non plus. Oui, on n'a pas le public. Mais même moi, étant de formation ingénieure, je l'ai vu aussi, j'ai vécu dans la Silicon Valley, j'ai vécu en France, j'ai été envoyée avec un contrat français. Avec les conditions, un ingénieur dans la Silicon Valley, il est bien traité, il est bien payé, il est bien perçu.
- Speaker #0
Il est extrêmement bien payé.
- Speaker #1
Moi, avec un contrat français, tu vois, où c'était avec Business France, machin, j'aurais dit, mais les gars, vous vous rendez compte qu'avec les conditions financières que vous me proposez là, genre, je ne peux pas vivre normalement, je n'ai pas eu droit à une carte de crédit. J'ai dû attendre un an pour me construire un historique crédit parce que j'étais sous-payée. Et donc, je disais à l'administration, je disais, mais vous vous rendez compte qu'en fait, par rapport au niveau de vie, là, je suis considérée comme... Enfin, vraiment, ils sont un an, t'as ce qu'il faut pour vivre. Parce qu'en fait, ils considéraient que c'était bien traité en ingénieur français, que par rapport à un ingénieur en France, c'était bien. Je disais, mais gars, c'est quoi ça ? Et donc, je me suis retrouvée à gérer des hackers house et tout pour ne pas payer le voyage. Je me suis débrouillée, tu vois, j'ai fait le système D. Et même pour, tu vois, pour arriver à trouver un job, tu étais censée bidouiller. parce que... Et donc, c'est quoi ça ? Tu vois, genre, la Silicon Valley qui est le berceau de la technologie où on devrait justement faire en sorte que nos ingénieurs aillent là-bas, qu'ils nous ramènent des trucs et qu'on les rapatrie en France avec de super conditions, ce que fait la Chine d'ailleurs en ce moment. Tu vois, genre, ils envoient leurs ingés ailleurs, on en parlera aussi. Et après, ils font tout pour les... pour les faire revenir, tu vois, et qu'ils soient contents. Mais en France, c'est pas le cas. Je suis désolée. Et encore moins pour les chercheurs. Donc ça, c'est aussi un des problèmes.
- Speaker #0
Mais en même temps, c'est du gaspillage d'argent public. Et pour vous faire simple, le biberon doré, qu'est-ce que c'est ? Le biberon doré, c'est... Daphné... Moi qui t'ai dit si... Elle va dire que j'exagère, mais le biberon doré, c'est quoi ? C'est un gamin qui sort d'HEC, vous mettez le nom de l'école parisienne que vous voulez derrière. Tiens, j'ai une idée, doigt mouillé, je l'ai levée. Oh, j'ai une idée incroyable, je vais révolutionner le monde de l'IA, bien évidemment, parce que en ce moment, ça rapporte. Tiens, la BPI, j'ai une idée, picheur de cette école. Oui, pas de souci, tu veux combien ? 40, 50, 100 ? Ah, t'extrapoles un peu. T'extrapoles, je ne suis pas loin. Aujourd'hui, on se retrouve quand même avec des boîtes qui lèvent, en plus de fonds privés, des millions d'euros, des dizaines de millions d'euros, et qui rapportent à peu près ça. À peu près. Je n'en suis pas loin. Quelques dizaines de millions d'euros près, parce qu'elles ont deux, trois clients, parce que quand tu es subventionné, souvent tu as des grandes entreprises qui viennent te chercher, parce qu'en fait, elles sont tellement en manque d'innovation en France que... Le moindre mec qui crée sa boîte qui dit que c'est innovant, elles sont là pour après acheter un produit, même si c'est de la merde. Et c'est ce qu'on appelle du coup du biberonné.
- Speaker #1
Ouais, pour des pocs, mais ça passe jamais le passage en prod.
- Speaker #0
C'est ces boîtes-là, aujourd'hui, elles font du poc. Ouais, mais en fait, du coup,
- Speaker #1
ça marche jamais, c'est jamais mieux. C'est aussi structurel, ça c'est un problème.
- Speaker #0
Et pour moi, le biberon doré, c'est juste quelqu'un qui crée ces boîtes-là, il lève, ça dure quelques années, donc il est content, il a 30, 40 ingénieurs, il a créé sa belle petite boîte. boîte, dans les soirées cocktail, ça fait bien à Paris, un petit bourgeois du 8ème qui est bien content de sortir sa petite coupe de champagne. Désolé pour toi, mais... Voilà, un petit bourgeois du 8ème qui est bien content de sortir et dire qu'il est patron d'une start-up, mais ça c'est ridicule, c'est de l'argent public qui est dépensé. Aujourd'hui, je prends l'exemple de Carmat. Carmat, vous savez, c'est le cœur artificiel, vous ne savez peut-être pas d'ailleurs, c'est aujourd'hui une entreprise qui sauve des vies, technologie française extraordinaire, vraie entreprise française, pour le coup, la Cocorico, la sortée de tous les drapeaux, là il faut être fier. On arrive à transplanter des cœurs artificielle à des gens, des cœurs complètement mécanisés. Donc le truc, fou, fou, c'est de la science-fiction. Boîte en redressement judiciaire, la BPI. plus personne. Les fonds privés, plus personne. C'est-à-dire qu'à partir du moment où t'as une boîte qui a du sens, qui crée des choses utiles, et qui peut-être, d'ailleurs, plus tard, sera une entreprise énorme, qui fera énormément de bénéfices, l'intelligence, elle a complètement disparu. On préfère faire du biberon doré, on investit sur 10 branleurs, et peut-être que sur les 10 branleurs, il y en aura un qui va créer un truc, qui va créer de l'argent. Et c'est comme ça que ça fonctionne un VC. Ça prend la loterie, ça mélange, ça en prend 10, oh, il y en a un qui réussit. Bon, les 9 autres, ils se sont cassés la gueule. Mais celui qui a réussi, il paye pour les 9 autres. C'est extraordinaire comme métier, je ne sais pas si vous connaissez, mais c'est suspendu.
- Speaker #1
C'était mon métier avant, pendant longtemps.
- Speaker #0
Peu importe, mais ça reste le principe. Et en fait, bizarrement, le problème de ces VCs, ce n'est pas le métier qui est un problème, parce qu'en fait, encourager la Startup Nation... J'aime pas ce mot d'ailleurs. Non, c'est pas ça.
- Speaker #1
C'est investir dans des projets, tu vois, pour démarrer. Pourquoi pas ? Non,
- Speaker #0
mais ça, c'est même... Le problème,
- Speaker #1
c'est la Startup Nation. Justement, c'est des paillettes. Le problème, c'est la Startup Nation. C'est ça. Si ça brille pas, c'est pas des paillettes. Tu vois, si Karmat, ça avait été des paillettes. Je sais pas si le gars est parti manger des petits fours. S'il était à Fanfaronnet, à Vivatech, je ne pense pas. Tu vois, peut-être que ça aurait sauvé... Si, si, si. Il avait eu le fanfaronnage.
- Speaker #0
Et du coup, à place de dire, même l'État français aurait dû faire un truc. Il aurait dû dire, nous, On est capable de réinvestir en... L'État est capable de réinvestir avec la BPI une partie de la somme, mais on met un comité de gestion, de contrôle, peu importe en fait. On a quand même des boîtes aujourd'hui. Ce que je reproche à ces dix boîtes sur lesquelles on va investir, ce n'est pas un problème d'investir sur dix boîtes et qu'il y en ait une qui réussit. Le problème, c'est qu'en ces dix boîtes, le profil global, un jeune blanc-bec de 20 et 25 ans qui sort de HEC, EDEC, c'est toujours... toujours les mêmes profits. Vous voulez comprendre ? Et c'est là où je vous dirais qu'on va se lâcher. Allez écouter Tech 45. Tech 45, très gros podcast français. Écoutez-le. Il y a, je ne sais plus, 150 épisodes. Le truc, il est écouté des dizaines de milliers de fois par mois. Allez écouter. Allez écouter les chefs d'entreprise qui passent par ce podcast. et aller compter le nombre de personnes qui ne sortent pas d'école parisienne.
- Speaker #1
Ah oui, mais ça c'est... Mais ça c'est tout l'écosystème, pour avoir fait le métier. Et c'est vrai, parce que tous les vicis viennent des mêmes écoles, tous les investisseurs... Et même quand tu essayes d'investir dans d'autres profils, ça ne marche pas, parce que problème de communication, parce que des biais énormissimes... C'est ce que je voulais dire,
- Speaker #0
surtout parce que nos investisseurs ne savent pas parler à ces entrepreneurs-là.
- Speaker #1
Merci. Tu as des biais énormissimes. Et puis, on ne va pas se mentir, tu as quand même un effet de réseau. Alors ça, ça marche aussi. C'est aussi le cas quand même dans la Silicon Valley. On ne va pas se mentir. Dans la Silicon Valley, pas aux Etats-Unis. La PayPal Mafia. Oui, mais tout se passe. Enfin, je veux dire, tu as quand même quelques pôles. Tu as New York, tu as la Silicon Valley, tu as Houston.
- Speaker #0
Oui, mais on a le même problème qu'en France. En France, aujourd'hui, 80% de notre économie, c'est nos PME, nos ETI. Ils sont les HEC, les ELEC. Ça,
- Speaker #1
ce n'est pas la Startup Nation. Et en fait, toi, ce qui t'énerve, c'est ça.
- Speaker #0
Ça m'agace quand même. C'est qu'aujourd'hui, on a des chefs d'entreprise qui sont brillants partout en France. Et on maximise tout et on mise tout sur un point sur la carte en France, qui est Paris. Et les gens qui y sont et qui habitent et qui vivent... Oui,
- Speaker #1
c'est clair. En fait, les boîtes, aujourd'hui, le vrai tissu industriel français est délaissé. Et effectivement, pourquoi ? Parce que ça ne brille pas. Il n'y a pas de paillettes. Il n'y a pas de licornes. Il n'y a pas tout ça. Parce que c'est des gens qui sont dans le dieu. qui font de l'argent, qui viennent de... Ils ont de l'argent qui vient de leurs clients et pas du ciel ou des investisseurs.
- Speaker #0
Pas de l'investisseur, ouais.
- Speaker #1
Et effectivement, c'est une autre logique. Donc, c'est des mecs qui sont dans le dur. Et ça, c'est des vrais entrepreneurs que tu ne vas pas voir passer à la télé, sur BFM, ou tout ça, qui ne vont pas faire du Vivatech et tout. Parce que c'est des gens qui sont occupés... À gérer des entreprises, à faire vivre la France. Ensuite, tu vois, à créer de la valeur sur autre chose que... C'est vrai que ça, je m'en suis rendu compte aussi. Ah, tu vois. Merci. Non, mais c'est vrai. Il y a même ton sourire parce qu'il est approbateur. Non, mais parce que quand tu es en finance, moi, j'ai commencé, je suis sortie d'école. Moi, j'ai fait aussi école d'ingé et puis après, une de ces fameuses écoles de commerce. Et donc, je me suis un peu égarée en banque, finance. J'étais analyse financière. Et effectivement, ce qu'on fait, c'est qu'on tire des formules Excel. Et c'est comme ça qu'on crée de la valeur. Donc, on est capable de créer des millions comme ça en tirant une formule Excel. En plus, on le fait sans la souris, grâce à quelques... On est tellement forts, on fait avec des raccourcis. Alors qu'en fait, la France, c'est quoi ? C'est des gens qui créent de la valeur, non pas en tirant des formules Excel, mais je ne sais pas, tu as des gars, des entrepreneurs qui vont porter des parpaings, on est beaucoup dans la sécurité électronique, des mecs qui vont poser des caméras, tu as l'agroalimentaire...
- Speaker #0
Et ça pèse des milliards et des milliards, et aujourd'hui, on est là à applaudir toujours les mêmes mecs parisiens, le même entourage, le fameux cocroi. rouge là, et ça il faudrait qu'un jour ça change et c'est pareil que quelqu'un change t'as l'intérêt à jamais que c'est pas rouge, si désolé c'est pour ça qu'il y a un ras-le-bol, mais c'est pour ça qu'on a créé ce podcast, parce que moi tu le sais alors Daphné peut-être, voilà attention, moi c'est mes propos et je les tiendrai parce que je crois moi en l'entrepreneur enfin on prend l'entrepreneuriat français, le vrai entrepreneuriat, quand moi je vais voir des PME, des ETI, pourtant ils font 400, 500 600 millions de chiffres d'affaires, on parle pas de bébés, d'ailleurs ton petit start-upper avec ses 4 millions qu'il a levés et puis ses cocktails dans le 8ème Il pèse rien face à un mec comme ça. Il pèse rien. Vraiment, il a rien créé.
- Speaker #1
J'attaque pas mes startupeurs.
- Speaker #0
Si, j'attaque tes startupeurs. Parce que le mec qui a créé tout de A à Z il y a 30 ans, 40 ans, à la sueur de son front, entre guillemets, qui a parcouru la France entière pour vendre ses produits au début, qui a créé quelque chose, qui a créé un écosystème, qui a recruté chacun de ses premiers employés, machin, et qui a construit un empire derrière, ça pour moi c'est un entrepreneur. Le mec qui est sur Instagram, le mec qui fait ses formations à la con. Les Youtubers, j'en passerai ça aussi. Ça c'est encore autre chose. On en fera un épisode, etc. Mais si, parce qu'on appelle ça des entrepreneurs aujourd'hui. Et moi aujourd'hui, il y a vraiment un écosystème qu'il faut mettre en lumière et qui n'est pas assez mis en lumière. Et pour revenir au sujet de l'IA et de la BPI, parce que c'est un peu le sujet important, justement, je pense qu'à la place d'investir tout le temps dans ces startups qui aujourd'hui, la plupart, les 80-90% s'effondrent très rapidement, c'est-à-dire qu'il y a quand même des millions d'euros qui partent à la poubelle. Je parlais de l'audit, moi je ne suis pas d'accord. Enlevez cet investissement pour l'audit, vous inquiétez pas, il y a des boîtes sérieuses qui s'en occupent et ça se passe très bien. Ils n'ont pas besoin de votre retour. Par contre, si cet argent-là, plutôt que l'utiliser pour des idées aussi pareilles, on l'utilisait à former, ne serait-ce que les salariés, même les chômeurs, je sais qu'il y a des petites formations, mais il faut voir la gueule des formations aussi à la NPE. C'est encore un au-dessus. C'est Pôle emploi. Excusez-moi, je suis très vieux.
- Speaker #1
Non, ce n'est même plus Pôle emploi, c'est France Travail.
- Speaker #0
C'est France Travail, je suis vraiment très vieux. Mais en fait, il y a une mauvaise répartition, je trouve, de la partie fonds publics. Et en fait, aujourd'hui, le problème, c'est que les personnes qui décident de là où ça part, c'est des gens qui n'ont aucune réalité du terrain. Là aujourd'hui, en province, et je déteste ce mot parce que pour moi, la France, c'est 90% de province, c'est la France en fait. En France aujourd'hui, il y a tellement de salariés qui sont dans le besoin. Et je ne parle pas de formation prompte, je vous en supplie, je parle de formation à comprendre. C'est quoi cet outil ? C'est juste comprendre. Je ne comprends pas, ça me panique en plus. Nous, vous savez, le nombre de personnes, on arrive le matin en formation, les gens nous disent « j'ai peur » . J'ai peur, je ne connais pas, je ne maîtrise pas. TF1, il n'arrête pas de me dire que je vais me faire remplacer. Quand j'écoute la radio, Loth, c'est un expert de l'IA, il a dit que j'allais mourir dans trois ans, que ce serait la guerre civile à cause de l'IA. Et ce genre de conneries qu'on entend à long terme... Alors,
- Speaker #1
le lendemain, ils ont peur encore, mais au moins, ils savent quoi faire. Ils savent le gérer, tu vois. Mais non,
- Speaker #0
mais c'est surtout qu'ils comprennent que oui, forcément, il y a à savoir un impact, mais que cet impact-là, il peut être contrôlé. Aujourd'hui, on peut créer un très bel avenir à notre pays.
- Speaker #1
c'est utilisé à bon escient en fait ce n'est jamais qu'un outil il faut apprendre à le dompter, à le connaître et pour revenir sur le sujet des audits de BPI aussi je pense que le problème aussi c'est que nous on le voit, on l'a testé les entreprises même les petites qui n'ont pas beaucoup d'argent celles qui ne sont pas prêtes à vraiment investir dans l'IA et donc qui se disent ok bon 5000 ça va mais en fait ils n'auront jamais le courage d'aller au bout de la démarche c'est ça aussi Parce que même quand tu es une petite entreprise, il y a un investissement quand même à faire. Et celles qui se disent « j'y vais parce que ça ne me coûte que 5 000 balles » , en fait, ils n'ont pas perdu. Parce qu'en fait, ils auront peur d'aller plus loin. Et c'est ça le problème. Et nous, du coup, ça ne fait pas. Nous, on va qu'avec des clients qui veulent vraiment faire les choses. Parce que si c'est juste pour avoir coché la case du « j'ai lâché un petit billet, j'ai tenté, j'ai vu que c'est Veni Vedi Vici » , tu vois, ça ne marche pas. nous on veut vraiment des clients qui sont prêts à faire ce qu'il faut pour passer le cap et justement continuer à exister sur le plan économique et continuer à avoir leur mot à dire c'est vrai que encore une fois on était trop parlé d'Aifora parce que je pense que ça se transforme en podcast commercial mais
- Speaker #0
effectivement notre cible c'est la PME, l'ETI mais même la TPE aujourd'hui on réfléchit énormément en interne ensemble on le sait sur la direction et même avec les gens avec qui on travaille à faire une sorte de de mini audits, plutôt mini transfo, qui leur donnent tout de suite des insights pour pouvoir gagner déjà en productivité, etc. C'est-à-dire que les quelques milliers d'euros qu'ils ont, de pouvoir les utiliser à bon escient pour réellement gagner en efficacité quelque chose qu'on pourrait produire sur trois jours ou quatre jours. Et oui, parce que ça ne s'épanouit jamais. Même pour une toute petite boîte. Et que l'entreprise puisse derrière se projeter sur un petit avenir, déjà avec quelques outils. Et bien sûr, ils ne vont pas développer leurs propres outils, ils ne vont pas développer des utilisations. C'est ça,
- Speaker #1
mais il faut quand même avoir cette volonté de casser les choses. Parce que c'est ça aussi le problème qu'on a. Et ça, je pense qu'on peut s'en faire un podcast entier. C'est le problème de la culture, du manque d'audace et de la peur de l'échec et la peur du risque. Et je pense que vraiment, moi, si j'avais un mot de la fin, en tout cas, c'est vraiment de dire, aujourd'hui, beaucoup de dirigeants et de DSI voient l'IA comme un risque. Et donc, ils ont peur, ils restent, ils font des petits pas, et voilà. Alors qu'en fait, le plus gros risque, c'est de rien tenter et de rien faire. Et donc, il y a vraiment cette notion de risque qui s'inverse. Et ne rien faire, c'est plus risqué aujourd'hui que d'essayer de faire et de se planter. Parce que ça va tellement vite et c'est tellement puissant que si tu ne te forces pas à y aller, même si tu as peur du risque, en fait, tu mets en danger ta boîte et ton emploi. Et il ne faut surtout pas croire ceux qui disent non, non, mais parce qu'effectivement, ça ne va pas remplacer tout le monde, mais ça va quand même faire monter la compétitivité sur les très gros profils. T'es mauvais avec de l'IA, tu seras toujours mauvais. Par contre, t'es très bon, tu seras encore meilleur et tu pourras faire encore plus.
- Speaker #0
Ça va créer un vrai fossé entre les deux.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, nous-mêmes, il y a quand même beaucoup de gens qui vont se retrouver au chômage. Ça, on ne va pas se mentir parce qu'au début, c'était aussi les études qui sortaient pour rassurer le peuple. Non, non, vous en faites. pas la destruction créatrice, ça va recréer encore plus d'emplois. Ça, c'est du bullshit encore. Parce que ça n'a pas se passer comme ça. Donc là, la meilleure des choses à faire, c'est de naviguer, d'y aller et de continuer à exister sur le plan économique. En fait, c'est ce qui compte. Et après, on fait avec les cartes qu'on nous donne, mais ça, c'est la priorité numéro un parce que aujourd'hui, le fossé se creuse énormément.
- Speaker #0
Totalement. Et je pense que Je pense qu'il est important de dire la vérité. Je pense que de toute façon, même si vous êtes chef d'entreprise et que vous écoutez ça en tout cas, renseignez-vous. Se renseigner déjà, c'est gratuit.
- Speaker #1
Même étudiant.
- Speaker #0
Même étudiant, bien sûr, renseignez-vous. Aujourd'hui, si tu es étudiant, d'ailleurs, je te conseille très vite d'aller sur YouTube. Pas aller sur le YouTube français, bien évidemment, fuis ce YouTube français, mais va sur le YouTube américain. Je t'en supplie, s'il y a des sous-titres, c'est merveilleux, si tu ne parles pas anglais. Mais effectivement, aujourd'hui, il y a des gens très sérieux qui font des excellentes vidéos où ils t'expliquent. parfaitement et gratuitement. On ne va pas payer 300 balles les formations, ça aussi c'est de l'arnaque. Il y a aujourd'hui de quoi t'auto-former. Moi j'ai été autodidacte toute ma vie. Et aujourd'hui on vit dans un monde où c'est facile de faire de l'autodidactie parce que tu as tous les outils pour le faire. Je ne parle pas d'une entreprise. Tu manques c'est le temps. Tu manques c'est le temps, mais quand tu es jeune, de toute façon quand tu es jeune, le temps c'est intérêt à l'utiliser là pour ça. Parce que dans deux ans tu es mort. Clairement dans deux ans ton profil ne vaudra rien. Plutôt que de doom scroller. Ah voilà,
- Speaker #1
plutôt que de doom scroller. Tu doom vibe code.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est pareil. Par contre, tu dois aller tout le temps. Les tiktokers, c'est bien mignon de faire les tiktok là où on fait ça et puis on se transforme en Madonna, machin. C'est super, tu n'as rien appris en fait en regardant ça. Va regarder les gens qui sont professionnels et qui savent utiliser l'IA en entreprise. Là, ça va t'apprendre et là, tu vas monter en compétences. Et là, ton profil sera utile et intéressant pour un entrepreneur.
- Speaker #1
Ou monter des projets.
- Speaker #0
Tout monter le projet, oui. Arrête avec les sas parce qu'il y en a un milliard, c'est bon. Tout le monde crée son sas et tout le monde a révolutionné le monde aujourd'hui, en un an. Mais si tu es chef d'entreprise, bien évidemment, renseigne-toi. C'est la base aujourd'hui avant de dépenser un petit peu d'argent.
- Speaker #1
Il faut mettre les mains dans le cambouis en vrai. Tu n'as pas le choix. Non, mais oui, mais d'abord,
- Speaker #0
avant de mettre les mains dans le cambouis, il faut se renseigner. Tu ne vas pas prendre le premier venu sur LinkedIn et puis se dire, oui, c'est bon, c'est lui. Si déjà tu as pignon sur rue, qu'on parle de nous, qu'on parle... On a des confrères aussi qui sont là depuis plein d'années, enfin plusieurs années, qui sont aussi très respectés dans le milieu. sur lesquels ils sont reconnus aussi pour la qualité de leur travail. Ça aujourd'hui, c'est des gens qui ont pignon sur rue, c'est des gens aujourd'hui qui font plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires. Là, vous êtes plutôt sûr de ce que vous allez voir, entre guillemets, comme résultat. Déjà se renseigner, et puis après, oui, il faut y aller. Si t'es chef d'entreprise, si là t'y vas pas aujourd'hui, c'est pareil. C'est pareil que pour l'étudiant, t'es mort dans trois ans, peu importe la taille de ta boîte. Même si aujourd'hui tu fais 10, 15 millions d'euros de chiffre d'affaires, si tu fais pas des transfos aujourd'hui de ta boîte, de tes systèmes SI, etc. C'est mort. Bullshitland, ça a été créé pour ça. Ça a été créé pour ce qu'on vient de faire pendant une heure. C'est le premier épisode. Donc c'est bien, c'était un peu marrant parce que voilà, on cherche aussi, on cherche notre voix, mais je pense qu'on a tellement de choses à dire. C'est pas tracher pour tracher, c'est tracher pour éveiller les consciences. Aujourd'hui, on a des gens qui dorment, qui pensent que l'IA, c'est ce que représentent aujourd'hui les influenceurs, alors qu'en fait, l'IA aujourd'hui en entreprise et l'IA dans nos vies, c'est bien plus que ça. Donc Bullshitland, ça a été créé pour ça. Avec Daphné, on a à cœur de vous parler de tout ça, des sujets, on en a une tonne. Je pense que tous les jours, on n'a qu'un sujet parce que, encore une fois, quand tu es sur le terrain réellement, avec les gens qui travaillent en France réellement, forcément, tu les vois, les sujets, et puis ça remonte. Et puis après, nous, on est beaucoup sur LinkedIn aussi. D'ailleurs, c'est vrai qu'on n'a pas parlé de nous, mais vraiment, le podcast n'est pas fait pour ça. On a tous les deux des LinkedIn, il y a largement ce qu'il faut comme informations sur nous. Aujourd'hui, on est quand même... très actif sur ce réseau, on parle beaucoup avec le même franc-parler, moi je partage ce qui me passionne, la tech etc, toi c'est pareil, t'as énormément de choses à dire de ton côté aussi donc...
- Speaker #1
Et on n'est pas toujours d'accord, ça c'est marrant.
- Speaker #0
Non, pas toujours, c'est d'ailleurs pour ça qu'on a associé dans la vie, c'est parce qu'on n'est pas toujours d'accord, et c'est important de ne pas toujours être d'accord, si tu t'associes avec des gens avec qui t'es d'accord, déjà t'as fait une erreur, parce que tu vas te planter, clairement. Par contre, s'associer avec des gens à qui tu n'es pas d'accord, qui ont d'autres idées, qui ont une autre intelligence que toi, etc. C'est juste brillant. C'est ce qu'on fait aujourd'hui ensemble et ce qu'on fait aussi avec Jacques. Salut Jacques, on te fait un petit coucou, un petit bisou. Mais voilà, aujourd'hui, on a la chance d'avoir une belle entreprise, une belle croissance, etc. Donc effectivement, c'est facile dans notre situation aujourd'hui de s'asseoir, de prendre un micro. Merci à tous de nous avoir écoutés. Je te laisse le mot de la fin.
- Speaker #1
Merci à toutes et à tous. Niveau 1 passé, Bullshitland, bienvenue. Et suivez-nous, on va continuer. Vous pouvez partager aussi des sujets, des réactions. Peut-être aussi même, si vous avez envie, qu'on aborde un sujet en particulier sur le prochain épisode.
- Speaker #0
Je pense qu'on fera intervenir aussi des gens dans le futur. Oui, proposez-vous, proposez des gens. Ce n'est pas une radio libre non plus, mais c'est intéressant aussi, encore une fois, d'avoir d'autres avis que le nôtre. C'est ça,
- Speaker #1
et puis surtout de dire les choses.
- Speaker #0
Un bon défouloir.
- Speaker #1
Voilà. Pas un podcast de vendus, mais juste des personnes qui échangent et qui parfois débattent et parfois se mettent d'accord. Et voilà.
- Speaker #0
Oui, c'est plaisir.
- Speaker #1
Merci Arnaud.
- Speaker #0
Merci Daphné. Bye. Au revoir. Ciao, ciao.